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samedi 30 novembre 2013

Montlaur en Diois : marché à la ferme...



Petit marché à la ferme ce 12 décembre 2013 à Montlaur en Diois
Bonjour !
Pour info un tout petit marché de noël de produits artisanaux, jolis et/ou délicieux ... Mes petites cousettes y seront !
Merci de faire passer l'info à vos réseaux !
Cordialement
 Sylvaine Mauplot
sylvaine.mauplot(@)gmail.com

Noyaret 38 : Rencontres Nomades en Vercors...



15e Rencontres Nomades à Noyarey, salle de l'école maternelle (la coccinelle) samedi 7 décembre 2013 à partir de 9h
« Paysages industriels »
(Compter 2 heures et 110 kms de Die par le Trièves et 2h20 et 150kms par Romans sur Isère...A coté de Sassenage)
Paysages industriels : un programme de coopération interparc
 Les Parcs naturels régionaux de Lorraine, des Monts d’Ardèche, du Pilat et du Vercors ont décidé de mener une réflexion collective sur l’histoire industrielle de leurs territoires, ses mutations et ses ruptures, son impact sur les paysages et la vie quotidienne des populations d’aujourd’hui. Cette démarche prend la forme d’un programme artistique auquel s’adjoint une recherche action en sciences sociales sur les territoires concernés.
Une commande artistique
Huit commandes d’œuvres réparties sur huit sites ont été adressées à quatre artistes. La direction artistique a été confiée à Valérie Cudel de l’association À demeure, également médiatrice de l’action Nouveaux commanditaires proposéé par la Fondation de France. Les artistes plasticiens Michel Aubry, Élisabeth Ballet, Susanne Bürner et Lani Maestro ont été choisis pour leur capacité à réagir à une commande et à son contexte social, historique et humain. Chacun intervient sur deux sites. En Vercors les artistes sont Susanne Bürner, qui relie deux sites industriels : les carrières de l'Echaillon (St Quentin) et l'ancienne fonderie de canon de St-Gervais et Michel Aubry qui intervient dans le Royans drômois et isérois, sur la thématique des métiers et usines de transformation du bois (tournerie tabletterie).
Des « paysages industriels » dans un parc ?
Si chacun des Parcs impliqué dans ce programme est unique par ses paysages, ses patrimoines, sa faune et sa flore, certains d’entre eux sont confrontés à une dévitalisation d’une partie de leurs espaces ruraux, un effritement continu du volume des emplois locaux, des phénomènes localisés de déprise et de pression urbaine et une volonté de maintien des services publics. De manière concomitante, ces territoires font face à la mutation et au déclin de certaines filières industrielles, leurs paysages peuvent être marqués par la présence d’anciens sites désormais à l’arrêt. Ces évolutions ont leur place dans les perceptions individuelles et dans les représentations collectives des paysages, influencées par les traces visibles et invisibles des outils de production et de la vie quotidienne au travail. Si ces représentations sont parfois chargées d’affects, elles sont aussi porteuses d’initiatives. Dès lors, que transmettre aux générations futures ? Que faut-il préserver et pour quels nouveaux usages ? Comment agir, et à quel niveau, pour perpétuer et dynamiser les savoir-faire ? Comment faire vivre les mémoires des sites tout en favorisant leur ouverture au monde.
Des paysages industriels en Vercors ?
Le massif du vercors et ses piémonts abritent d'anciens sites industriels : établissements métallurgiques, industries du bois (tournerie tabletterie, injection de poteaux) et du textile (de la laine à la soie artificielle et aux tissus techniques), carrières de pierre et cimenteries, dont certains sont encore en activité (composants électroniques). Les ressources forestières de la montagne ont récemment été utilisées par le secteur de la papeterie ou l'industrie du meuble. De nouvelles « zones d'activité » sont installées de nos jours aux confins des agglomérations, lesquelles témoignent de formes inédites d'aménagement du territoire. Certains sites protégés ou labellisés (ENS, réserves, etc) portent l'empreinte de ses anciennes activités (atelier de taille de meule, etc), ce qui ne va pas sans susciter des question quant aux « représentations du sauvage ».
Pourquoi Noyarey ?
Cette commune possède un double visage. Elle est à la fois rurale sur ses hauteurs (Ezy Petit hameau où se maintient une agriculture de montagne) et urbanisée dans la vallée (lotissements, immeubles et sites industriels). Si elle fait désormais partie du Parc, elle est également rattachée à la communauté d'agglomération de Grenoble, qui s'étire le long de la vallée de l'Isère, voie de passage fluviale et routière, par laquelle ont transité (et transitent encore de nos jours) des biens, denrées et autres populations migrantes.
Programme samedi 7 décembre 2013 à partir de 9h

Nos amiEs de Crest s' engagent... en décembre



L'arrêt public en décembre 2013
Oyez, oyez... Le café est ouvert le vendredi de 10h à 14h30.Le samedi de 9h à 13h, toute personne adhérent-e voulant aider est la bienvenu-e. Un panneau est à votre disposition pour s'inscrire aux permanences du samedi matin préciser votre téléphone au cas où. Et toujours le repas partagé vers 13h.
En vente à l’arrêt public
Le café Zapatiste ; l'huile d'olive de Palestine ; un livre sur le jardinage; un livre sur la cuisine sans moyens (les anges gardins).
Plus d'infos pour les livres ci-dessus sur: http://terredopale.fr/manuel.;Le manuel de transition ; les BD l'Intruse sur la Palestine de Roannie et Oko; possibilité d'acheter badges et autocollants (collectif non au gaz de schistes val de Drôme)
Votre avis nous intéresse
Pour une meilleure lisibilité du lieu, nous pensons en dessous de l'enseigne écrire :- café citoyen
- café associatif
- café associatif et citoyen
Venez nous dire votre avis au café...
Nous attendons aussi vos suggestions pour la rénovation de la façade en projet. Un dossier auprès de la mairie va bientôt être déposé.
Toujours d'actualité et brûlant...
Projet de ressourcerie à CREST <ressourceriecrest@gmail.com>
La NEF, société de finance éthique, vient de lancer une plate-forme de financement local : http://www.pret-de-chez-moi.coop/
A G E N D A
Avec l'Arrêt Public ...
Les mercredis de 19h00 à 20h30
Atelier d'apprentissage de CHANTS de LUTTE et de TRAVAIL apprentissage, révision, composition.
Le Vendredi 13 Décembre Atelier de médiation artistique par Marianne Merle art thérapeute et professeur d'art.
Mercredi 4 décembre après midi
rencontre pour envisager le partage d'un local à Crest. Plusieurs associations sont à l'étroit dans un local trop cher... des pistes existent...
Horaire et lieu à préciser.
Information : Lionel au 06 83 35 73 60.
Jeudi 5 décembre de 19h à 22h
Réunion d'information sur le projet du Hameau le Chemin se situe à Saillans, dans la vallée de la Drôme, sur un terrain à 5 minutes à pieds du centre du village.
Le projet est de créer et de construire sur ce terrain un lieu de vie dans lequel les habitants pourront expérimenter et nouer des rapports sociaux solidaires, respectueux et conviviaux et aussi partager, coopérer, mutualiser des compétences, des espaces, des idées,du matériel... de manière écologiquement responsable, en restant attentifs aux conséquences de leurs actes sur les générations à venir. Quelques foyers supplémentaires sont à pourvoir.
Renseignement : Emilie Mendes 06 82 32 49 66 ou 09 52 95 52 20
Vendredi 6 décembre 2013
Comité d’étique de Ecologie au Quotidien
Nous proposons d'inviter le Comité d'Ethique le vendredi 6 décembre à 17h suivi d'un apéro dînatoire. Les membres du CA sont invités à participer  à ce Comité d'Ethique.
Ecologie au Quotidien
Le Chastel 26150 DIE, Rhône-Alpes, France
Tel : 04 75 21 00 56       
Lundi 9 décembre a partir de 18h00
Le groupe local de la Nef (coopérative de finance solidaire et éthique) fête la création du groupe local en présence de responsables de la Nef qui viennent pour l'occasion. Amenez votre spécialité culinaire et vos questions.
Un repas partagé à thème ça vous dit ? Samedi 21 décembre
Un repas crêpes est organisé. Une liste est disponible à l’arrêt public pour savoir qui apporte quoi ou vous pouvez envoyer un mail pour nous informer de ce que vous amener.
Crêpes salés, crêpes sucrés, et boissons sont les bienvenus.
Renseignement : Caroline 04.75.83.08.16 (le matin)
Mardi 10 décembre 2013 à 19h
Nous vous invitons à participer à la réunion d'organisation des Rencontres de l'Ecologie qui aura lieu le : (Merci de nous informer de votre présence ou pas) Mardi 10 Décembre 2013, Salle Fond Giraude-Beauvoisin (sous la salle
Municipale Polyvalente)
- 19h: Repas partagé
- 20h : Réunion ouverte à tou-te-s
- Ordre du Jour : 
- Point sur le programme 2014
- Mise en place des  commissions 
Au plaisir de vous retrouver, Belle journée,
Anne Tesson, Pour Ecologie au Quotidien, 26150 Die, 0475210056
Ateliers et activités permanents de l’Arrêt Public
Mardi de 13h00 à 14h30
Conversation en Anglais
Jeudi de 14h00 à 16h00
Atelier de tricot
Un vendredi par mois de 14h30 à 16h30
Atelier de médiation artistique
1er vendredi du mois de 18h à 20h
Permanence des Colibris
Samedi de 10h00 à 11h00
Conversation en Espagnol
Samedi à 12h
Permanence du SEL
Événements locaux en lien avec l'écologie, la citoyenneté et la solidarité
« La ville est à nous » Ciné débat Vendredi 6 décembre à 20h30 au Café de l’Oignon – SAILLANS Val de Drôme
A l’invitation de « Autrement pour Saillans… tous ensemble » (Liste collégiale et participative), projection d’un documentaire de 30 m sur le budget participatif de Porto Alegre (Brésil) « La ville est à nous »
Ou comment à Porto Alegre , ils ont lancé le Budget Participatif, (BP) quartier par quartier, en exprimant leurs besoins prioritaires. Comment ils ont géré l ‘essentiel de ce budget à des dizaine de milliers de personnes, depuis l’affectation des crédits jusqu’aux contrôles des réalisations finales Dans quelques cités de Rhône Alpes le « BP » se réduit à quelques % du budget proposés aux Comltés de quartier déjà institués.
Discussion et présentations à l’occasion d’initiatives différentes (Vandoncourt, Marinaleda, Mouans Sartoux, Ungershein, Montdidier…)
Lundi 9 décembre de 19h à 21h
A la salle polyvalente de Mirabel et Blacons
Le CLD vous convie à son assemblée plénière : une rencontre pour partager le bilan d'activité et envisager avec vous les projets à venir dans les prochains mois. Un moment incontournable de la vie du CLD... Rejoignez-nous pour une soirée d'information et d'échanges:
Au programme:
- Le bilan d'activités : retour sur les dernières actions du CLD qui vous seront présentées par les membres des commissions
- Les projets à venir: les commissions du CLD qui travaillent dans l'ombre vous présentent et mettent en débat les projets qui feront leur actualité dans les prochains mois
- La fin d'une présidence: après 5 ans de présidence, Bernard Farigole arrive à la fin de son mandat et laisse sa place. Une partie du bureau sera également renouvelée. Dès aujourd'hui, faites-vous connaître si vous souhaitez candidater (par mail ou courrier aux coordonnées ci-dessous)!
- Le pot de la convivialité
Jeudi 12 décembre à 19h00
Biovallée - Le Campus, Écosite du Val de Drôme, Eurre (26)
Dans le cadre des «Controverses : discussion argumentée, engendrée par l'expression d'une différence d'opinion ou d'une critique quant à un problème, un phénomène ou un état de choses» du Campus,
L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : NOUVELLE ALTERNATIVE ?
avec Philippe Frémeaux - Alternatives Économiques et Christophe Chevalier - Groupe ARCHER
Renseignements : Pôle Solidarités - Amandine BELLAH - abellah@val-de-drome.com – 04 75 25 43 82
Samedi 14 décembre à Crest
Le groupe colibris du cœur de Drôme vous réchauffe quelque part sur le marché de Crest avec boissons chaudes et exotiques. Une bonne occasion de faire connaissance avec ceux qui font leur part !
Également le mercredi 4 décembre sur le marché de Die.
En Janvier 2014
En Drôme dans la Biovallée® du 18 janvier au 9 février 2014
A Die dans la Salle Polyvalente du 24 janvier au 03 février 2014
Les 12èmes Rencontres de l’Ecologie au Quotidien
« Biodiversité, Cultivons la Vie»
La biodiversité, c’est le passage de « l’homme et la nature » à « l’homme dans la nature », voire « l’homme est la nature».
C’est l’ensemble des êtres vivants avec leur diversité et leurs relations.
C’est le tissu vivant du phénomène que l’on appelle la vie.
Ce tissu inclut l’être humain et les centaines de microbes qui vivent dans son tube digestif. L’homme et ce qui a fait sa civilisation, à savoir l’agriculture avec toutes ses variétés de plantes cultivées et d’animaux élevés, partie intégrante de la biodiversité.
La biodiversité est bien plus qu’un catalogue d’espèces, la vie est partout, elle interagit avec notre atmosphère, le climat, les paysages, ce que nous mangeons, le pétrole et le charbon que nous consommons.
Tout ceci repose sur le vivant et sa diversité.
La biodiversité vivifie les activités humaines, comme l’épuration des eaux, la décomposition des déchets ou encore la pollinisation des cultures.
Les écosystèmes naturels maintiennent la vie humaine sur terre, purifient l'air et l'eau, atténuent les sécheresses et les inondations…La biodiversité constitue une ressource capitale : alimentation, médicaments…
Nous sommes, les humains, de plus en plus nombreux à être saisis par la crise écologique et en particulier par l’extinction des espèces. La dégringolade continue.  En milliers, plantes et animaux disparaissent
Après des dizaines d’années de palabres…Nous sommes la biodiversité.
Sauf indication contraire, les conférences, films et ateliers se déroulent à la Salle Polyvalente (Bd du Ballon) ou dans des salles municipales ou privées  à Die-26 et dans ce cas, elles sont précisées).
Dimanche 19 janvier
*Livron sur Drôme –Salle Aragon, Mairie de Livron
17h30 Film/Débat : Welcome to Fukushima d’Alain de Halleux
Prolongation des réacteurs nucléaires français jusqu’à 50 ans : un projet inconscient et irresponsable !
FRAPNA-StopTricastin-SDN26/07-Ensemble Livron-CRIIRAD
Jeudi 23 Janvier : Début des Rencontres de l’Ecologie au Quotidien
à la Salle Polyvalente de Die - Bd du Ballon
Buvette et Restauration Biologique et Locale sur place
La suite sur le site et le blog de Ecologie au Quotidien, ou de Transition Diois ou des Incroyables Comestibles Diois…
Ecologie au Quotidien
Le Chastel 26150 DIE, Rhône-Alpes, France
Tel : 04 75 21 00 56       
« Réseau Diois Transition Biovallée de la Drôme »
« Les Incroyables Comestibles du Diois »
incroyablescomestiblesdiois.blogspot.com
Et les copains
Radio Saint Ferréol 94.2
Trois émissions à ne pas manquer:
- Biotop : Tous les derniers jeudi du mois de 18h à 19h.
Rediffusion le dimanche à 12h ; produit par RSF avec le soutien du CCVD et de la Biovallée.
- Soleil vert : Tous les 4ème mercredi du mois à 21h.
Rediffusion le dimanche à 21h, Coproduit par Les Amis de la terre Antenne Drôme.
- Libertaria
Tous les 1er mercredi du mois à 21h. Rediffusion le dimanche suivant à 19h.
Les autres cafés associatifs et culturels de Crest
Archijeux : ici !
Sur les Quais : par !
L'arrêt public
1 rue de la République
26400 CREST
04.75.83.08.16
Webmestre : Nelly Rivat



Avatar... ou la Planète consciente

Avatar ou la planète consciente 

Avatar – tree of souls
Voici un article sur le film Avatar qui date de 2010 et que j’ai trouvé sur le site Max Lane, un marxiste australien, spécialiste de l’histoire indonésienne et traducteur de l’écrivain Pramoedhya Ananta Toer (prononcez Tour), qui a passé des longues années dans un camp des généraux putschistes et génocidaires indonésiens de 1965. En voici la traduction.
Selon Miranda Devine, commentatrice australienne de la droite toquée, regarder Avatar c’est comme « recevoir une massue gauchiste sur la tête ». Il paraît qu’aux Etats-Unis la droite sonnée a été également fortement irritée par l’immense popularité du film de James Cameron, une épopée de science-fiction high-tech. Devine ôte son chapeau pour le talent visuel et la qualité technologique du film mais ne supporte pas son idéologie. Les réactions de la droite américaine relèvent du même syndrome. Devine nous donne une liste de ce qu’elle appelle des clichés gauchistes comme « Les humains mauvais », « Le capitalisme mauvais », « L’Amérique mauvaise » et « Les sauvages bons». Un exemple américain est fourni par le commentateur de droite toqué John Podhoretz, le critique cinéma du Weekly Standard, qui se plaint que la « conclusion demande à l’audience d’applaudir la défaite des soldats américains devant une rébellion. C’est donc l’expression profonde d’anti-américanisme. »
Je crois qu’il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce film est tellement populaire, et peut-être un des films les plus populaires de l’histoire. Il est mirobolant du point de vue de l’image, des couleurs, beau et réaliste malgré son aspect fantastique. Dans le contexte de l’impérialisme du XXIe siècle c’est une représentation fondamentalement réaliste de la manière dont opère le pouvoir et par quoi il est motivé. Certains critiques, même au sein de la gauche, ont remarqué comment la phrase « faire peur et imposer le respect » (shock and awe) lancé au moment que l’armée privée de la société minière décide d’attaquer l’habitat du peuple Na’vi de la planète Pandora peut sonner trop rude. Mais faire peur et imposer le respect – le déploiement d’une puissance de feux écrasante à tous les niveaux contre un ennemi – EST la caractéristique par excellence de l’impérialisme contemporain, même dans les jeux vidéo qui servent à conditionner les enfants.
Le film n’est pas une contestation directe bien qu’il contient des contestations indirectes camouflées. L’intrigue est familière : dans d’innombrables films l’entreprise corrompue et violente est le méchant, tout comme le héros renégat – quelqu’un qui déserte les rangs de l’oppresseur pour le combattre. La représentation de l’opprimé aussi fait partie de la romantisation compréhensive d’un peuple pré-technologique, toujours en union organique avec Mère Nature et (plus ou moins) avec ses individus. L’œuvre de Cameron sur le plan de l’intrigue ne surpasse que modestement les normes hollywoodiennes. C’est son imagerie qui le met sur un niveau supérieur.
En même temps le film contient quelques métaphores, ou plutôt une métaphore doublée, où sont situés les points idéologiques forts et faibles du film. Il ne s’agit pas de la partie de l’intrigue où le renégat humain prend le leadership des Na’vi, puisque cela n’est pas le résultat d’une qualité supérieure à celle des Na’vi, mais plutôt de sa découverte qu’il ne peut être réellement humain qu’en devenant réellement un des leurs, en lutte contre l’oppression et en défendant la solidarité. Sa conversion, sa prise de parti quand il devient physiquement un des leurs et qu’il n’y a pas de retour possible le confirment. De ce point de vue, le point avancé par Devine comme quoi les « humains sont mauvais » est à côté de la plaque. Dans le film de Cameron aussi bien les humains que les extraterrestres sont en fait humains – ce sont les humains assimilés par la culture capitaliste qui ont perdu leur humanité.
La métaphore plus contradictoire – et plus intéressante – est incarnée dans la matérialité de Pandora, équivalent de Gaia – une mère nature en tant que « divinité ». Je mets divinité entre guillemets parce que dans le film cette « divinité » n’est ni un esprit, ni une personne surnaturelle. La planète sortie de la fantaisie de Cameron est en effet physique, unifiée par un réseau de tendons et de fins tentacules qui ressemblent à des neurones. Tout est relié spirituellement parce que relié matériellement C’est une merveilleuse métaphore imaginée de la réelle réciprocité physique dans l’habitat humain terrestre. La nécessité d’une solidarité spirituelle parmi les humains et avec la Terre, qui ne peut se manifester dans une action collective de défense de l’habitat humain, sera détruite et l’humanité avec elle. Un monde naturel d’une grande beauté et sa capacité de conserver sa beauté, disparaîtra si les humains disparaissent ou sont réduits à la barbarie. À travers la métaphore visuelle d’un réseau physique unifié neural, Cameron donne une signification matérielle à la « Terre Mère ».
Simultanément, cette métaphore rend possible une logique qui fournit la solution du conflit entre la compagnie minière moins qu’humaine et les Pandoriens pleins d’humanité, qui contient un élément camouflé et dangereux. Les Na’vi unis se mettent en action, prennent les armes pour combattre leur ennemi quand celui-ci les attaque pour les anéantir définitivement. Le film se range du côté de la résistance unie, collective, militante et même armée (voilà pour l’idéologie bancale et lourdingue dont Divine et ses semblables accusent Avatar.)
Cependant, et malgré les scènes finales où l’audience savoure la satisfaction de voir les humains militaristes réduits à des entrepreneurs éconduits de la planète par les Na’vi et leurs alliés humains, le film montre vivement la rébellion des Na’vi et de quelques alliés humains comme une défaite. Il est important de ne pas manquer ce point. Les entrepreneurs militaristes étaient par leur puissance de feu et leur brutalité terrorisante sur le point de casser la résistance des Na’vi. La victoire n’est pas venue de cette résistance. A la dernière minute, c’est l’intervention de la planète elle-même qui a assuré la victoire quand elle a dirigé par sa conscience physique réelle la vie animale contre les mercenaires.
Dans notre XXIe siècle cependant, l’humanité ne sera pas sauvée par la nature – c’est bien le contraire. Le film de Cameron capte la réalité de surface d’un impérialisme « shock and awe » de notre temps et de la connexion entre la matérialité de l’habitat terrestre humain et de la spiritualité – humanité et solidarité – nécessaire à sa protection, aussi bien que la volonté de se battre. Mais on peut nier tout cela quand on représente la victoire finale comme dépendant de ce que nous appelons dans notre monde réel un miracle.
Max Lane
image du film Avatar de James Cameron

vendredi 29 novembre 2013

Livron : Financer des Projets innovants...CréaZoé.



Un projet CréaZoé sur Ulule !
Quand la création en carton rejoint le financement participatif...
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CréaZoé - Car le design est aussi une question d'éthique !

Drôme : Manifestation contre les racismes...


26 Drôme : Valence : Manifestation le 30 novembre 2013 à 10h, au Champ de Mars
« Marchons contre le racisme »
Appel unitaire à manifester le 30 novembre 2013
Un climat nauséabond s’installe dans notre pays. La garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de « guenon », sont une souillure pour la République.
Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.
Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.
Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle.
C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013 à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14h30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom-Com.
Signataires :
Collectifdom - CM 98 - Ligue des droits de l’Homme - Licra - Mrap - SOS Racisme - CFDT - CFTC - CGT - FSU - UNSA - Union syndicale Solidaires
UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT FCPE, Ligue de l’enseignement, France Terre d’asile, EGAM, FNASAT, R=(Respect), Banlieues du Monde, Ni Pute Ni soumise, Collectif des écrivains nègres, Association ultramarine de France, Les amis du PPM en France, Haut Conseil des Maliens de France, Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) Association culturelle de musulmans de Drancy, Conseil de Coordination des organisations arméniennes La Maison des potes, Mémorial 98, Le Syndicat des Avocats de France (SAF), Le Syndicat de la Magistrature, Les Marianne de la diversité, RESF, Fédération des Mutuelles de France, Mouvement de la paix, Fondation Copernic, SNES, CIMADE, SNEP, SNUEP, Droit au logement - DAL,SNUIPP, Le 93 au cœur de la République, Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Harkis et droits de l’Homme, Convergence services publics, Fédération initiatives des femmes africaines de France et d’Europe (Fédération Ifafe), Les sans voix, Paroles de femmes, Union syndicale de la psychiatrie, Collectif national pour les droits des femmes, Osez le féminisme, Comité Laïcité République, Collectif Urgence Darfour, Asiagora, Association réunionnaise « Noutkabar », ADEN, ACTEUR’S, ASSOUEVAM (Association de soutien aux étrangers du Val de Marne), Association Antillo-Val d’Oisienne des amis du Gosier, An Paj Bélè média promotion bélè, Nutricréole, Le Planning Familial, Paroles de Femmes, La Fabrique, GISTI, Solidarité laïque, le CRAN, Collectif des États généraux de l’outre-mers (CEGOM), Fédération Léo Lagrange, Cercle Frantz Fanon (Fondateur Marcel Manville), Cifordom, La Génération Gagnante, Fédération Total Respect, Association Tjenbé Rèd Prévention, LGBT/OM, Fédération lesbienne, gaie, bi & trans des outre-mers, ISOM (Initiative Sida Outre-Mers), Onzième Dom, Amicale des Français/es d’outre-mers du XIe arrondissement de Paris, OME | Outre-Mers Environnements, Black Caucus France, Union française des étudiant/e/s & diplômé/e/s africain/e/s & ultramarin/e/s, Rainbow Caucus France, Union française des étudiant/e/s & diplômé/e/s LGBT, Collectif VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme), Syndicat national des arts vivants (SYNAVI), la Confédération syndicale des familles (CSF)
Le Délégué Diois de la Ligue des Droits de l'Homme.
http://www.ldh-france.org/
Ligue des droits de l'Homme
LDHrhonealpes@aol.com
Section Dioise
Chastel et Bassette
26150 Die


Vive la chasse aux chasseurs...



DRÔME Montclar-sur-Gervanne : auteur de 425 infractions, le chasseur risque la prison ferme
Les chevreuils ou les sangliers qu'ils poursuivaient sont morts, transpercés par des plombs. Aujourd'hui c'est eux qui sont poursuivis… par la justice. Un père et son fils, propriétaire d’une chasse privée sur les communes de Montclar-sur-Gervanne et Egluy-Escoulin, ont comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de plus de 425 infractions.
Chasse à l’aide de moyen prohibé, prélèvements d’animaux au maximum par un plan de chasse, absence de marquage ou transport de gibiers morts non identifié, chasse sur terrain d’autrui, transport d’une arme non déchargée ou encore menace de morts sur agent de l’ONCFS, la liste des délits constatés par les agents de l’ONCFS qui ont surveillé pendant un an les chasseurs, est longue. Des actes qui sont formellement interdits par le plan de chasse et répréhensibles par la loi.
Le procureur a requis 4 mois de prison ferme pour le père, déjà condamné pour d’autres faits, et l’interdiction de chasser pendant 5 ans ainsi qu’une lourde amende pour son fils et plusieurs actionnaires de la chasse privée. Mis en délibéré, le jugement sera rendu le 6 décembre prochain.

Ces agriculteurs innovants et optimistes...

Révolution « open source »

Ces agriculteurs et ingénieurs qui veulent libérer les machines

Ils fabriquent des machines libres de droits, sans brevet. Des engins à construire soi-même, sorte de meccano géant, écologique et à moindre coût. Pour bâtir des maisons, produire de l’énergie, faire cuire des aliments, extraire des matériaux ou cultiver la terre. De quoi construire un village. Ou une civilisation. Leur objectif : éditer plans et modes d’emploi, construire des prototypes, expérimenter, partager et diffuser à tous, pour faire vivre cette révolution industrielle d’un nouveau genre. Des États-Unis à l’Isère, bienvenue dans l’univers des pionniers de « l’écologie open source ».
Et si on créait une civilisation en « open source » ? Un monde sans brevets. Des objets, des appareils, des machines, reproductibles à l’infini par tous ceux qui le souhaitent, grâce à la diffusion « libre » de leurs plans. C’est ce que propose Marcin Jakubowski : ce jeune diplômé de physique nucléaire, habitant du Missouri (États-Unis), devenu agriculteur-bricoleur, cherche à constituer et diffuser un kit de 50 machines industrielles – tracteur, bulldozer, moissonneuse-batteuse, four, éolienne, moteur hydraulique, bétonnière ou machine à compacter des briques de terre – pour bâtir, en toute autonomie, l’infrastructure d’un village. Ou les bases d’une civilisation !
Le principe est simple : il s’agit de fabriquer artisanalement des machines industrielles, à très bas coût (en moyenne 8 fois moins que celles fabriquées industriellement), et d’expliquer à ceux qui le souhaitent comment les reproduire eux-mêmes. Un guide de construction, le « Global Village Construction Set » offre le mode d’emploi de ces innovations. Sur une ferme de 12 hectares dans le Missouri, Marcin Jakubowski et son équipe travaillent à la construction de prototypes, et sur la documentation pour diffuser ces innovations. Avec un mode de fabrication assisté par ordinateur et des imprimantes 3D, « les produits peuvent être conçus comme des Legos », explique Marcin Jakubowski. L’objectif est de penser des outils modulables et adaptables, les plus simples possibles pour pouvoir être reproduits facilement. Une sorte de meccano à taille humaine, permettant de construire des maisons (grâce aux machines fabriquant des briques de terre), de créer un système économique et agricole diversifié, des machines pour répondre aux besoins de base, et même offrir tout le confort moderne possible.
Recensement et adaptation des outils, réalisation et diffusion des plans
La démarche s’inscrit dans le courant de l’Open source ecology. Une utopie et des pratiques que veut faire vivre l’association Adabio autoconstruction, en Rhône-Alpes. En se basant cette fois davantage sur les savoir-faire issus d’un métier, celui d’agriculteur, que sur la co-construction d’outils ex nihilo par des ingénieurs et bricoleurs. Objectif de ce projet : la création d’outils agricoles, à construire soi-même, à partir de plans libres de droits. L’idée est née du constat que des agriculteurs font de nombreuses trouvailles en bricolant, en adaptant des outils pour leur travail quotidien, de manière intuitive. L’association s’est donc donnée pour mission de recenser ces inventions, d’en tracer les plans et de les diffuser. En 2009-2010, une quinzaine d’outils sont répertoriés : outils de planches permanentes pour décompacter la terre dans la culture de légumes bio, cadre de vélo utilisé pour désherber, dispositif de traction animale, poulaillers mobiles... Une seule exigence : que ces outils soient reproductibles. Et qu’on puisse les construire avec peu de matériel.
Le projet est porté par des maraichers bio et des techniciens d’ADABio Autoconstruction (association des producteurs biologiques). « On part d’une recherche empirique, qui valorise le savoir-faire des paysans, explique Julien Reynier, chargé de développement de l’association. On va à l’inverse du modèle des chambres d’agriculture qui veulent diffuser des savoirs dans une démarche descendante ». L’enjeu est de mutualiser et co-produire des outils, pour renforcer l’autonomie des exploitations agricoles. « Car l’agriculture bio, ce n’est pas celle de nos grands-pères, c’est au contraire quelque chose de très technique », poursuit Julien Reynier. Il faut notamment réussir à s’affranchir des intrants chimiques, engrais, pesticides.
Créer des farm-labs, ateliers ouverts et coopératifs
Après le recensement, vient l’étape de la « recherche et développement » par les salariés d’Adabio Autoconstruction [1]. Du « toilettage », pour rendre diffusables les outils bricolés sur le terrain. Ces outils créés sont souvent le fruit de la récup’, il faut donc voir comment les fabriquer avec un matériel accessible à tous, notamment des barres de métal « standard ». A partir de là est rédigé un guide avec les recettes de construction, les côtes, références, plans 3D, plans éclatés... « Comme les modes d’emploi d’Ikea ! », sourit Julien Reynier. 600 exemplaires de ce guide sont vendus. Une centaine de paysans participent à des formations, pour apprendre à construire ces outils « open source ».

Pour les agriculteurs, le jeu en vaut la chandelle. Avec ce système, les outils de planches permanentes, utilisés pour éviter le compactage de la terre, coûtent environ 2000 euros en matière première, plus une semaine de travail. Dans le commerce, c’est trois fois plus cher. Les commandes groupées de barres de métal de 6 mètres permettent aussi de réduire les coûts. Reste à trouver un lieu pour que chacun puisse venir créer ses outils. « Pour les formations, on loue des ateliers dans des lycées agricoles, on vient avec notre camion plein de matériel pédagogique », explique le chargé de développement. L’association s’est installée dans une ancienne papeterie près de Grenoble et recherche des financements pour y aménager 600 m2 d’ateliers. « Dans l’idéal, il faudrait des ateliers communaux, où chacun peut venir travailler le métal. Des farmlabs, sur le modèle des fablabs qui se développent en ville surtout ».
Une manufacture open source
Les outils créés, les plans et modes d’emploi, sont sous licence Creative Commons By-NC (pas d’utilisation commerciale), pour éviter une « récupération » par le secteur marchand. « Mais le débat est ouvert, précise Julien Reynier. Avons-nous quelque chose à craindre ? Nous souhaitons une diffusion large des pratiques d’auto-construction » [2]. L’association est en lien avec le réseau états-unien FarmHack, qui développe, documente et construit des outils pour une « agriculture résiliente ». Au sein de ce collectif, agriculteurs, ingénieurs, architectes ou designers s’allient pour créer des outils libres de droits, dont les modes d’emplois sont répertoriés dans un annuaire sur le site web. Il est possible de prendre conseil ou de suivre les tests effectués avec les prototypes, via un forum (voir la présentation vidéo ci-dessous).
Ce type de projet essaime, notamment aux États-Unis. Près de Denver, d’anciens associés de Marcin Jakubowski ont créé Open Tech Forever, sur un site agricole en permaculture. Leur objectif est de créer une « fabrique open source », sorte de manufacture pour ceux qui veulent créer des outils. Ce qui les anime ? Relocaliser la production. Car c’est « l’une des étapes les plus importantes pour préparer aux effets déstabilisateurs du changement climatique, et pour rendre les communautés locales capables de construire des systèmes économiques résilients et autonomes », expliquent les fondateurs.
Appropriation technologique et révolution du travail
En développant la capacité des communautés locales à créer des machines avec lesquelles il sera possible de fabriquer des produits, la démarche favorise également le recyclage. « Pour le moment, nous achetons les matériaux en magasin. Mais dans le kit de construction, il y a un four à induction et les procédures de roulage à chaud du métal. Donc vous pouvez prendre de l’acier de récupération, le fondre et en sortir de l’acier neuf, explique Marcin Jakubowski. Ce qui fait que chaque décharge de métal est par essence un endroit où l’on peut reconstruire une civilisation. »

Ces démarches s’inscrivent dans l’histoire du « mouvement des technologies appropriées », né dans les années 1960, lié à la contre-culture américaine, et conceptualisé par l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher [3]. Ce mouvement revendique une technologie soucieuse de l’environnement, mieux adaptée aux ressources locales, moins coûteuse. Et surtout facilitant l’appropriation : les outils créés, quel que soit leur degré de complexité, devraient pouvoir être compris, contrôlés et entretenus facilement par les populations locales. Une technologie issue de la demande sociale, en quelque sorte, que l’usager peut contribuer à améliorer, et qui permet aux communautés, notamment dans les pays les moins développés économiquement, d’accroître leur autonomie. Dans cette tradition vient aussi s’inscrire le mouvement de l’open source hardware (« matériel open source »), parallèle du mouvement des logiciels libres (« software ») en ce qui concerne les matériaux « en dur ». Comme avec les logiciels, la conception de l’objet, ses plans, son mode d’emploi sont libres, pour que chaque utilisateur puisse étudier, modifier, diffuser, fabriquer, et vendre la conception de cet objet ou le matériel basé sur cette conception.
Derrière ces nouvelles façons de produire et d’échanger, se dessine aussi pour les promoteurs de l’Open source ecology une révolution du travail et des sociétés. « Pour le moment, nous commençons avec des infrastructures simples. Viendra ensuite l’éducation, la santé, un système financier, une gouvernance. Le matériel médical sera probablement le plus dur à obtenir, s’enthousiasme Marcin Jakubowski. Notre but est de montrer qu’avec 12 hectares et 30 personnes, on peut créer ou recréer un standard de vie moderne saine, jusqu’à avoir des semi-conducteurs (utilisés pour les transistors et micro-processeurs) et du métal, le tout à partir des ressources du site. » Et qu’il est possible de créer une société relativement abondante, avec les bases du confort moderne, dans laquelle les gens travailleraient moins de deux heures par jour... Utopie ? Quoi qu’il en soit, la révolution de l’open source ecology est en marche.
Agnès Rousseaux
Pour aller plus loin :
- Adabio autoconstruction, la coopérative des savoirs paysans (Rhône-Alpes)
- Farmhack (Denver, États-Unis)- Open source ecology, le site de Marcin Jakubowski, et le Global Village Construction Set (Missouri, États-Unis). A lire sur Framablog, une interview de Marcin Jakubowski à propos du projet Open source ecology / Factor e Farm.-  Projet OS, OpenStructures (États-Unis).
- Présentation du projet Open source ecology de Marcin Jakubowski (en anglais) :
- Présentation du réseau Farmhack (en anglais) :

jeudi 28 novembre 2013

Crest : Rencontre pour construire un éco-hameau à Saillans...



Éco hameau à Saillans
Jeudi 5 décembre à 19h à l'Arrêt Public, café citoyen de Crest, 1 rue de la République,
Réunion d'information sur le projet d'éco Hameau à Saillans.
Ce sera l'occasion d'un échange convivial en présence des membres du groupe et des architectes.
Le groupe n'étant pas complètement constitué, ce moment pourra permettre la rencontre de nouveaux foyers.
Le projet est de créer et de construire sur un terrain de 7000m², un habitat groupé intergénérationnel et écologique où 9 foyers pourront partager, coopérer, mutualiser des compétences, des moyens, des espaces et des idées dans le respect, la convivialité et la solidarité.
Les habitants réunis dans ce projet se rassemblent autour de valeurs communes :
· Simplicité matérielle (mutualisation d'espaces et de moyens)
· Simplicité relationnelle (outils de communication non violente)
· Et un mode de construction le plus respectueux possible de la nature
Le terrain est situé à 10 minutes à pied du centre de Saillans, village dynamique de la vallée de la Drôme.
L'écohameau comportera à terme 9 logements individuels ainsi que les parties communes suivantes : pièce de vie/cuisine, chambres d'ami, sanitaires, buanderies, espaces de jeu, abri vélo, lieux de stockage, potager.
Les tâches communes seront partagées et les décisions collectives ordinaires prises avec la méthode du consensus.
N’hésitez pas à nous contacter au 06 82 32 49 66 ou à l'adresse suivante : ecohameaulechemin@yahoo.fr
Hélène Barthelemy

Biovallée de la Drôme , d' abord un projet partagé par des habitantes et des habitants...



« Avec "Biovallée®" nous partons des 4 piliers du développement durable : l'économie, l'environnement, le social, la gouvernance.
Ce territoire dispose de ressources naturelles exceptionnelles. La démarche de Biovallée nous permettra de les utiliser au mieux, de les transformer, tout en les respectant, pour répondre aux besoins d'aujourd'hui en protégeant et préparant l'avenir.
La liberté des hommes s'arrête aux limites de la terre.
Nous n'avons pas été assez attentifs aux impacts de nos actions. Nous devons ajuster nos modes de développement, changer parfois nos pratiques. La qualité de notre cadre de vie en dépend.
Certains acteurs du territoire montrent le chemin depuis trente ans. Nous sommes tous les acteurs de Biovallée. Nous pouvons tous construire la
Biovallée. Les premiers résultats sont là, très encourageants.
D'un pari, d'un défi, nous faisons une réalité ».
Jean SERRET, Président de la communauté de communes du Val de Drôme et du comité de pilotage de Biovallée.

Génèse : Biovallée un territoire 30 ans de pionniers du bio sur ce territoire ont induit la"Biovallée ®" d'aujourdh'ui.
La Communauté de communes du Val de Drôme engage une stratégie de développement durable dès 1991.
La marque "Biovallée®" est déposée en 2002, le projet "Biovallée®", porté par 4 communautés de communes (Val de  Drôme, Diois, Pays de Saillans et Crestois.  Hors Crest, soit 102 communes) prend son essor en 2006.
Le Conseil régional Rhône-Alpes le valide sous forme d'un contrat "Grand
Projet Rhône-Alpes" en juillet 2009.
Biovallée® s’inscrit dans une démarche de transformation des ressources naturelles du territoire en vecteurs de développement durable pour répondre aux besoins de la population (alimentation, habitat, énergie, santé...).
Elle met en œuvre les actions nécessaires pour :
- Couvrir dès 2020 les consommations énergétiques des ménages, hors transports par la production locale d’énergie renouvelable.
- Atteindre 50% d’agriculteurs et de surfaces en agriculture biologique en 2015. (Chiffre 2012 Biovallée : 29% pour 4% au niveau national)
- Proposer 80 % d’aliments biologiques ou locaux en restauration collective en 2015. (Moyenne nationale en 2012 : – de 20%)
- Diviser par deux d’ici 2020 les déchets acheminés vers des centres de traitement.
- Inscrire dès 2015 dans les documents d’urbanisme de ne plus détruire de sols agricoles pour l’urbanisation.
- Développer des formations de haut niveau dans le domaine du développement durable (dès 2011).
- Créer 1 000 emplois dans les éco-filières entre 2010 et 2015.
- Développer la formation et la recherche en lien avec le développement durable.
-Aide aux techniques de transition agricoles : Bineuse, matériel de substitution aux produits chimiques, etc
Tel est le programme des 4 responsables de Biovallée : Jean Serret président de la CC du Val de drôme, Alain Matheron , président de la CC du diois, Marie-Christine Darfeuille, présidente de la CC du pays de saillans, Gilles Magnon président de la CC du Crestois.
La Biovallé de la Drôme : C’est
1 territoire,
1 projet,
1 contrat, (grand projet Rhône-Alpes)
1 marque une méthode pour voir loin et agir maintenant.
 « À travers les Grands Projets Rhône-Alpes, la Région accompagne  des démarches de développement ambitieuses, porteuses d’exemplarité,  d’innovation et susceptibles de rayonner sur l’ensemble du territoire  régional, voire national. Elle inscrit également son action dans une  recherche constante de l’équilibre entre ses territoires qu’ils soient  urbains, semi-urbains, ruraux ou de montagne.
« Le Grand Projet Rhône-Alpes / Biovallée, conclu entre la Région  et 4 communautés de communes, fait la démonstration que tous  les territoires, quelles que soient leurs caractéristiques, ont une  remarquable capacité d’innovation et peuvent préfigurer les modes  de développement de demain. C’est en ce sens que la Région s’est  engagée à accompagner, par un soutien financier de 10 M€ sur cinq  ans, cette vallée audacieuse qui ambitionne de devenir un territoire  de référence en matière de développement humain durable.
La mise en œuvre de ce Grand Projet, qui se déploie maintenant  depuis plus de trois ans, concilie des réflexions de long terme qui font  si souvent défaut à l’action publique : prospective BIOVALLEE  2040 sur l’aménagement du territoire, Plan Climat / Énergie  Territorial, partenariats universitaires et de recherche, Campus
Biovallée et des réalisations concrètes, au plus près des habitants de  la vallée, dont il faut souligner l’exemplarité et le caractère innovant.
Pour l’ensemble de ces actions, comme pour celles déjà engagées  en matière de réduction de la consommation énergétique ou de  développement des éco-filières, le territoire de la Biovallée ® fait  œuvre de laboratoire et de terre d’expérimentation qui nourrit l’action  de la Région » écrit Hervé SAULIGNAC, Vice-président de la Région Rhône-Alpes délégué à l’aménagement des  territoires et aux Grands Projets, Premier Vice-président du Conseil Général  de l’Ardèche.
Biovallée construit un éco-territoire de référence sur le plan national en matière de développement durable, par la synergie d’actions et de compétences.
Biovallée : C'est déjà du Concret
Nous sommes à 14 mois de la fin du contrat "Grand Projet Rhône-Alpes.
Dossier bâtiment de la pépinière d'entreprises de l'Écosite du Val de drôme energie pour les habitants : le défi des familles à énergie positive energie pour les artisans : le dispositif dorémi Valoriser les bioressourcesà travers les écoparcs et écoactivités
Dès aujourd'hui l'économie prend en compte les pratiques du développement durable.
• L'aménagement des écoparcs d’activités :
Le premier écoparc situé à Eurre n'est qu'une étape, les autres sont à venir (Livron, Loriol,...).
Un écoparc est une zone d'activités qui intègre les dimensions économiques, environnementales et sociales.
• La pépinière d’entreprises du Val de Drôme sur l'Écosite.
• La pépinière d'installation agricole
(PIAF) pour faciliter l'installation de jeunes en agriculture biologique.
• L'aide à l’achat de matériel de substitution aux produits chimiques dans l'agriculture.
• La valorisation de l'utilisation du pin noir: (une ressource du territoire pour l' écoconstruction), par des conseils et formations gratuits pour les entreprises de la filière, et des subventions sur le coût du bois.
• La restauration collective : des produits bio et locaux dans les cantines...
Colloque : "universités et territoires" panneaux photovoltaïques du lieu multi-accueil de bourdeaux ; Journées citoyennes et solidaires
La conférence "Un jardin des abeilles" de Jean Marie Pelt à Biovallée - le campus accueil de stagiaires en biovallée ®
Construction d’un hôtel de formations : biovallée – le Campus
Les Chiffres Clefs à ce Jour
Pour l’ensemble de la vallée : 100 projets présentés;  un coût de 20 M € dont 7 M €  de subventions
Des exemples de réalisation
Développer un écoterritoire : écoquartiers, énergies renouvelables
L'objectif est de réduire la consommation énergétique, tout en développant la  production locale d'énergie renouvelable.
• Les Écoquartiers : un aménagement à Loriol, d’autres sont à l'étude  à Livron, Grâne, Poët-Célard. Un écoquartier est un quartier qui s'inscrit  dans un objectif de développement durable et de réduction de l'empreinte  écologique.
• L'Énergie économe pour les habitants : "le défi des familles à énergie positive" : Les familles participantes ont  économisé 60 000 kWh, 7,6 tonnes de CO2, soit l’équivalent d’un tour du  monde en voiture !
• 2 000 kits d’économie d’eau et d’énergie Biovallée®  pour permettre  d'économiser l’eau et l’énergie pour un montant de 177 € par an (estimation  réalisée pour une famille de 4 personnes).Une nouvelle distribution de Kits  d'écomonomie aura lieu en décembre.
• Le doublement de l’aide régionale  à l’achat de chauffe-eau solaires  portée à 600 €.
• L’énergie pour les habitants et par les artisans : Opération DORéMI Basse Energie Biovallée
Le Dispositif Opérationnel de Rénovation de la Maison Individuelle
(DORéMI) a pour but de former 5 groupements d’artisans à la rénovation  basse énergie. Déjà 50 professionnels ont suivi les formations DORéMI et les  10 premiers chantiers pilotes sont en cours de sélection.
• L'appui aux Énergies renouvelables et déplacements doux
Accueillir des formations supérieures, des événements nationaux
L'ambition est de faire de Biovallée un " territoire école". C'est la mise en pratique  de l'enjeu de la formation au développement durable par l'expérimentation et  l'échange de savoirs.
• Biovallée – Le Campus : c'est la construction d’un hôtel de formations  et de rencontres
• La création d'une bourse d'installation pour les stagiaires
• L'accueil de manifestations nationales et de sensibilisation (Journées TEPOS, Journées citoyennes et solidaires...).
Biovallée est le début d’une transition économique, énergétique, environnementale, sociale et démocratique pour un développement humain soutenable…Temps où les grandes mutations doivent êtres anticipées…
Sans quoi nous pourrions êtres « fort dépourvus ».
Tiré en grande partie du journal de la CCVD  

Un nouveau modèle agricole...


Afterres 2050 : le scénario qui imagine l’autre modèle agricole de demain

Imaginez un pays où chacun mange sainement, avec une eau de qualité, un usage réduit des pesticides, des émissions de gaz à effet de serre divisées par quatre... Science fiction ? Pour le moment, sans aucun doute. Mais en 2050, pas forcément, si l’on en croit Afterres, un scénario d’utilisation des terres agricoles résolument novateur, imaginé par l’association Solagro, et actuellement à l’étude dans plusieurs régions de France. En modélisant les besoins alimentaires et les pratiques agricoles, Afterres dessine un autre paysage agricole français pour 2050. Et les changements nécessaires pour y parvenir.
Pays de la Loire, 2050. Dans les champs, le maïs a cédé la place aux prairies, avec des légumineuses (comme les haricots, les lentilles, le trèfle ou la luzerne) [1]. Les vaches qui y pâturent sont de race « mixte » : ce sont de bonnes laitières et elles peuvent aussi fournir de très bons steaks. Le nombre de haies dans les champs a doublé, entourant des parcelles agricoles couvertes en permanence par l’une ou l’autre culture, ce qui ralentit l’érosion. La moitié des terres sont cultivées selon le cahier des charges de l’agriculture biologique (contre 4,4% dans les années 2000). L’eau qui coule dans les rivières, et se niche dans les nappes phréatiques, est redevenue « propre », les pesticides ayant quasiment disparus. Et les agriculteurs sont plus nombreux.
À Notre-dame-des-Landes, définitivement débarrassée du projet d’aéroport, les végétariens de la zone à défendre (ZAD), et autres adeptes de la sobriété heureuse, ont fait des émules. Dans toute la région, la consommation de viande a diminué de moitié. Idem pour les produits laitiers. Personne n’a pour autant de carence en calcium. Le lait de vache (avant tout adapté à la croissance des veaux) n’ayant pas le monopole des apports en calcium, contrairement aux croyances répandues au début du 21ème siècle ! Épinards, brocolis, noix, amandes, dattes, sardines, notamment, sont d’excellentes sources de calcium, de même que l’eau.
+ 600% de légumes en 40 ans
Dans les cantines scolaires, au restaurant ou à la maison, les seules denrées venues de loin sont les épices et certains produits de la mer. Oubliées les tomates d’hiver, ou les fraises du mois d’avril. Bienvenue aux fruits et légumes de saison ! Ils permettent de renouveler les saveurs au fil de l’année et de faire d’importantes économies d’énergies, en cessant de chauffer des milliers d’hectares de serres maraîchères. La quantité de légumes cultivés a néanmoins beaucoup augmenté : + 600 % en quarante ans ! On compte également 25% de vergers en plus, et le nombre de vignes a plus que doublé. De quoi embaucher les salariés mis sur le carreau par le secteur agro-alimentaire ou automobile chez les voisins de la péninsule bretonne. Mais qu’est-il donc arrivé ?

Retour en 2013. Le thermomètre s’emballe, le nombre d’affamés et de personnes malades de ce qu’elles mangent augmente, tandis que celui des agriculteurs ne cesse de diminuer. Ces derniers étant de plus en plus nombreux à ne plus vivre de leur métier. La raréfaction des ressources fossiles et les crises climatiques risquent de faire grimper les prix des aliments indéfiniment, les inégalités entre riches et pauvres se creusent... Serions-nous condamnés ? Pas forcément. A condition d’engager dès aujourd’hui un changement radical de nos pratiques agricoles et alimentaires. C’est ce que propose le « scénario de transition » sur lequel a planché Solagro, une association spécialisée dans la réalisation d’éco-bilans et d’études sur les énergies renouvelables. Baptisé Afterres2050, leur réjouissant programme s’étale sur les 40 prochaines années.
Les Pays de la Loire, région test
Afterres2050 décrit l’utilisation possibles des terres en 2050 en France. Ce scénario est le fruit de plusieurs années de recherche, pour modéliser les besoins et comportements alimentaires, les pratiques et les systèmes agricoles, avec leurs multiples variables... L’objectif : montrer « de manière chiffrée » qu’il est possible de nourrir la population française en 2050 (71 millions de personnes), tout luttant contre le changement climatique et en respectant la fertilité des sols, la qualité des eaux, la biodiversité. A condition d’amorcer les changements dès maintenant. L’association s’est appuyé sur une modélisation mathématique (intitulée MoSUT) qui permet de croiser de nombreuses données et hypothèses : « des tonnes de céréales, de foin, des rendements, des hectares, des assolements, des vaches, des poules, des cochons, des protéines, des glucides, des lipides, des habitants, des tonnes équivalent pétrole, des flux d’import-import, pour ne citer que les paramètres les plus évidents ».
Quatre conseils régionaux prévoient pour le moment de décliner le scénario national à l’échelon local. Dans les pays de la Loire, c’est une association, Virage énergie climat, qui s’est lancée. Deuxième région agricole de France en termes de production, avec notamment 51% de la production de viande, les Pays de la Loire, c’est un peu la France agricole en modèle réduit. A ceci près que l’agriculture biologique y est un peu plus développée. Reste que pour parvenir aux objectifs d’autonomie imaginés par Afterres, qui permettent une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole, cette terre d’élevage va devoir traverser de grands chamboulements. Le cheptel global de bovins sera divisé par deux. Celui des vaches à viande par six !
« Le fait de privilégier les races à viande est très récent dans l’histoire de l’agriculture, et directement lié à l’agriculture industrielle d’après-guerre », explique Mathieu Doray, de Virage énergie climat. « Les races anciennes qui servaient à tracter les engins ont été sélectionnées pour cela, puisqu’elles étaient robustes et pleines de muscles, ajoute Christian Couturier, l’un des co-penseurs du scénario Afterres. Mais c’est une production de luxe, qui consomme énormément de ressources et d’espaces. C’est donc une parenthèse qui doit se refermer. Il faut revenir à des races mixtes, qui donnent du lait, et que l’on peut manger. » Et pour rendre l’élevage bovin moins dépendant du prix des céréales, il faut les remettre au régime herbager. Des vaches qui mangent de l’herbe, donc.
Des besoins nutritionnels au paysage agricole
Cette diminution du bétail est une conséquence directe du changement de régime alimentaire. « Nous sommes partis des besoins nutritionnels (les nôtres et ceux des cheptels) avant d’envisager les moyens de production », détaille Christian Couturier. Et de prévenir : « Il sera impossible de nourrir et d’alimenter en énergie et en matériaux les 70 millions de français(es) prévu(e)s en 2050, en conservant nos habitudes de consommation actuelles ».
Est-ce problématique ? Pas forcément, si l’on en croit l’Organisation mondiale de la santé, qui estime que notre alimentation, trop riche, joue un rôle clé dans l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques telles que l’obésité [2], le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers et l’ostéoporose [3]. Sans oublier les méfaits sanitaires liés aux pesticides, épandus dans les champs puis ingérés.
Dans l’assiette de 2050, la consommation journalière de protéines passerait de 90 à 55 grammes pour un adulte, selon le scénario Afterres. Un chiffre proche de celui recommandé par les nutritionnistes [4]. En plus de diminuer, les apports en protéines seront diversifiés. Ils ne proviennent plus exclusivement des animaux, mais aussi de sources végétales (à 62 %), telles que les fèves, pois et lentilles. Et le sucre diminuerait de 14 à 11% de nos apports énergétiques quotidiens, soit l’équivalent de 4 morceaux de sucre par jour en moins sur les 20 ingérés aujourd’hui.
Manger, mais pas seulement
Afterres2050 considère l’agriculture comme une source d’alimentation, mais aussi d’énergie et de matériaux. C’est pourquoi les scénarios Afterres et négaWatt – scénario de transition énergétique – fonctionnent ensemble. « Ils sont imbriqués l’un dans l’autre », explique Christian Couturier. En 2050, une grande partie des déjections animales sera transformée par la méthanisation, ce qui permet à l’agriculture de produire l’énergie dont elle a besoin pour fonctionner, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Un processus de méthanisation qui peut commencer dès à présent.

Toutes ces évolutions permettront, selon le scénario, de « libérer » 5 à 8 millions d’hectares de terres, qui pourront être utilisées, dès 2025, pour d’autres usages que la production d’aliments. En Pays de la Loire, environ 14 000 ha de terres arables seraient ainsi alloués à la production de matériaux bio-sourcés (chanvre, lin...), afin d’alimenter les filières bâtiment et textile. La production d’agro-carburants (sur environ 25 000 hectares) commencerait sur des terres arables libérées en 2035, lorsque la triple transition – nutritionnelle, agricole et énergétique – « sera suffisamment engagée pour rendre à nouveau légitime l’utilisation de terres arables pour des productions non alimentaires ». Afterres2050 s’est par ailleurs penché sur une gestion alternative de la forêt française, source importante d’énergie.
Que vont dire les paysans ?
Comment les professionnels du secteur vont-ils accepter ce nécessaire changement de pratiques ? « Il est évident que le dossier que l’on pose sur la table est plutôt lourd, concède Mathieu Doray. Dans une région laitière telle que la nôtre, on a d’emblée un désaccord avec les producteurs de lait intensifs. Moins avec les éleveurs bio qui sont déjà une logique de désintensification ». Afterres2050 peut aussi être pris comme une occasion unique de sortir par le haut d’une crise du secteur laitier qui n’en finit pas de ruiner les agriculteurs, et de susciter leur colère. « Les éleveurs laitiers veulent avoir des perspectives. Ils voient bien que le fait de taper sur la grande distribution ne va pas suffire », rebondit Christian Couturier.
« La diminution du nombre d’animaux ne signifie pas que l’on va réduire le nombre d’agriculteurs », précise Mathieu Doray. Côté emploi, Afterres2050 n’a encore rien défini. Tout reste à chiffrer. « Dans notre scénario, on a 50% d’agriculture bio et 50% d’agriculture intégrée. Si cette méthode ne supprime pas totalement le recours aux pesticides de synthèse, elle en réduit fortement l’utilisation, en les utilisant uniquement en derniers recours, explique Mathieu Doray. Ces deux systèmes demandent plus de main d’œuvre que l’agriculture intensive. Donc, on suppose que globalement, on va plutôt créer des emplois. On a aussi chez nous une grosse industrie agroalimentaire, notamment en Mayenne. Mais on peut très bien imaginer transformer des protéines végétales... » Ou de mettre en route des filières de conserves sans pesticides ni bisphénol A...
« Plusieurs secteurs agricoles sont en crise, et ce n’est pas le scénario Afterres qui a provoqué ces crises, poursuit Christian Couturier. L’agriculture va de toute façon être obligée de se réorganiser. Et les mutations à venir vont être sévères. Il nous faut définir de nouvelles perspectives, en fonction du changement climatique et de ses impacts. En tenant compte des nécessités de stockage du CO2 (dans la biomasse, ndlr), et de production d’énergie à partir de ressources renouvelables. La question, c’est donc : comment on accompagne ce changement ? Avec une fuite en avant, et des marchés mondiaux de plus en plus compétitifs totalement incertains ? Ou en imaginant un autre modèle de développement agricole ? » Un modèle dont Afterres veut poser les bases. Et montrer que des changements sont possibles.
Nolwenn Weiler
Photo : CC Lars Heidemann / CC Charles Knowles
Infographies : Association virage énergie Climat
Le scénario Afterres2050