Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

dimanche 24 février 2013

Passé recomposé...

Passé recomposé

MARIANNE FAITHFULL, «BROKEN ENGLISH»
Une ligne de basse synthétique jouée en boucle, un beat métronomique, des accords de guitare évanescents et cette voix, brisée, revenue d’entre les damnés. «What are you fighting for?» – «pour quoi te bats-tu?» interroge- t-elle sur «Broken English». Lorsqu’elle déboule sur les ondes fin 1979, cette chanson accomplit un triple tour de force: elle met fin à une dérive junkie de plusieurs années qui a conduit Marianne Faithfull à vivre à la rue; elle rompt avec l’image de muse blonde romantique des Stones qui l’emprisonnait et frustrait ses aspirations artistiques; enfin, elle invente une icône new-wave dans un univers musical qui a complètement changé avec l’irruption cubiste et tranchante du punk. La musique, le business, l’esthétique... Marianne Faithfull a bien l’intention d’assumer ses rides (33 ans, une éternité) et ses ratures. Broken English est donc plus qu’un disque pop, c’est le manifeste d’une artiste en pleine affirmation. Musicalement – cette version Deluxe remastérisée et augmentée de divers bonus et du mix original le confirme –, l’album a su capturer un son et une énergie qui devaient tout à leur époque: terrorisme (la chanson titre s’adresse à Ulrike Meinhof de la RAF), féminisme («Witches’ Song», ode aux «sorcières» honnies) et lutte des classes (reprise du «Working Class Hero» de Lennon). Si la production a par endroits pris un coup de vieux (le funk noctambule de «Guilt» et son sax strident), des chansons comme «Broken English» et la synthétique «Ballad of Lucy Jordan», popularisée des années plus tard par le film Thelma et Louise, suscitent toujours la même adhésion admirative.
Roderic Mounir

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire