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dimanche 29 mai 2011

Barnave 26310 : enquête artistique....

"LIBERTÉ / CONTRAINTE - ENQUÊTE ARTISTIQUE AUPRÉS DE LA
POPULATION DU DIOIS"
AU TEMPLE DE BARNAVE
DATES: dimanche 29 mai –samedi 03 juin
HEURES: 17H – 19H
DEBAT avec l'artiste - ELISABETH CIESLAR
SAMEDI 04 JUIN À 10 H suivi d'un apéritif
Soutenu par la Municipalité de Barnave et la Cie Etincelle.
ELISABETH CIESLAR
Infos: elzbieta.cieslar@gmail.com

Fukushima continue...

Fukushima : 70 000 personnes trop exposées à la radioactivité
Deux mois et demi après la catastrophe de Fukushima, des dizaines de milliers de Japonais sont exposés à des doses de radioactivité inquiétantes, et une partie de la nourriture (thé et produits de la mer) n'est pas consommable. Quand l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et ses homologues étrangers proposent leur collaboration aux autorités japonaises, ils essuient un « refus poli ». Seuls les Etats-Unis, en raison de leur importante présence militaire, se sont imposés pour relever et cartographier la radioactivité.
Quand Greenpeace a envoyé son Rainbow Warrior sur place, l'association n'a pas été autorisée à pénétrer dans les eaux territoriales japonaises. Elle s'est donc contentée de prélèvements sur la côte et à 22 km au large de la centrale nucléaire accidentée.
Malgré le peu d'information indépendante disponible, des relevés sont supérieurs aux doses limites.
L'eau de mer est gravement contaminée
Sur les algues prélevées par Greenpeace, le niveau de radioactivité (iode et césium) est 50 fois supérieur à la limite autorisée à la consommation. Certes, aucun bateau n'est autorisé à pêcher dans cette zone, mais il est possible que cette pollution se prolonge pendant des années, voire des décennies.
Jamais depuis les débuts du nucléaire civil la contamination de la mer n'a été d'une telle ampleur. Didier Champion, directeur de l'environnement à l'IRSN, commente :
« On ne sait pas comment évolue l'iode radioactif à moyen terme. Il y a aura un impact peut-être jusqu'à 100 km de la centrale. »
D'où vient cette radioactivité ? L'eau, envoyée à grand peine pour refroidir les réacteurs et contaminée par le combustible, a fui en mer, entre le 21 mars et le 7 avril. Il y en avait de telles quantités qu'elle n'a pas pu être contenue dans l'enceinte de la centrale.
Une fois en mer, ces « panaches marins » se dispersent au large au gré des marées, et plus on s'éloigne de la côte, plus la contamination est faible.
Pour Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace, « les brèches des tranchées de stockage étaient censées avoir été colmatées, mais vu les doses mesurés, il y a probablement eu de nouvelles fuites ». Tepco a d'ailleurs reconnu cette semaine une fuite radioactive de 57 tonnes d'eau.
Des rayonnements émis au-delà de la zone d'évacuation
La centrale n'est plus la cocotte-minute qu'elle fut juste après l'accident, quand Tepco avait le choix entre laisser la pression monter dans les réacteurs et risquer l'explosion ou dégazer volontairement. Ces rejets importants de radioactivité ont terminé leur course dans le sol.
Très peu d'informations proviennent du Japon sur la dispersion atmosphérique, regrette l'IRSN. En revanche, Didier Champion explique :
« Le 15 mars, le vent a soufflé vers la terre, il a plu et des particules d'air radioactif ont contaminé le sol. Ces dépôts radioactifs diffusent des rayonnements gamma, comme un coup de soleil invisible. Sur une journée, ces doses sont très faibles.
Mais l'exposition sur une année correspond à 10 mSv, la dose à partir de laquelle il est souhaitable d'évacuer les populations. »
Justement, pour éviter de devoir évacuer trop de monde, les autorités japonaises ont augmenté le seuil légal, le faisant passer à 20 mSv/ an. Un seuil qui équivaut à celui des travailleurs du nucléaire en France, et qui est jugé criminel par certains experts indépendants. Rappelons qu'en France, la population ne doit pas être exposée à plus de 1 mSv/an.
Selon les estimations de l'IRSN, quelque 70 000 personnes pourront être exposées à des doses de 10 mSv/an et « il serait souhaitable de les évacuer ». Le gouvernement japonais, qui a déjà sur les bras 80 000 sans abris évacués de la zone, se refuse à augmenter l'aire d'évacuation.
Cette carte des dépôts en césium, réalisée le 29 avril à partir des données officielles japonaises, montre que la zone d'évacuation autour de la centrale (30 km depuis le 11 avril, le deuxième cercle sur le plan) est de taille largement insuffisante.
Las, le Japon n'a pas demandé d'aide au G8 de Deauville, et est resté dans le club des pays riches aidant le printemps arabe et l'Afrique démocratique.
Côté aliments, attention au thé et aux champignons
Si la pêche est interdite, Sophia Majnoni de Greenpeace dénonce une « absence de gestion de la contamination marine, car c'est la première fois que ça arrive. Ils essaient de noyer le poisson. » Elle précise :
« Les algues sont consommées et il n'y a pas de campagne de prélèvements sur les coquillages et les crustacés. Le 10 mai, quand on a demandé aux autorités s'il y avait des contrôles de prévus, ils nous ont répondu que non. »
Pour le reste de la chaîne alimentaire, on sait à peu près à quelle vitesse baisse la contamination : l'iode 131 a une demi-vie de huit jours, c'est-à-dire que sa radioactivité baisse de moitié tous les huit jours. Mais pour le césium 137, la demi-vie est de trente ans.
Trois denrées végétales sont encore contaminées par les retombées radioactives datant du mois de mars : les pousses de bambou, les champignons et les feuilles de thé.
Pour le thé, la concentration en césium reste supérieure aux doses limites, y compris dans des feuilles prélevées le 12 mai, et ce jusqu'au sud de Tokyo. Les autorités locales ont suspendu les ventes de thé et demandé le rappel des produits déjà expédiés, assure RFI.
(Photo : Habitants du village Kawauchi évacués en bus (Issei Kato)
Sophie Verney-Caillat 

La démocratie en danger ....en Europe


La police matraque des manifestants en Espagne
Ce 27 mai, place de Catalogne à Barcelone (Espagne), les forces de l'ordre matraquent des manifestants visiblement pacifiques : ils sont à genoux et lèvent les deux bras en signe d'apaisement. Mais les policiers anti-émeutes semblent soucieux de les déloger de l'endroit…Avoir sur
Mais la population se met encore plus du côté des manifestants.
Hier soir, dans tout Barcelone, les gens sont sortis sur leur balcon pour taper dans des casseroles.
Familles, jeunes, mais aussi de nombreuses personnes âgées, toutes classes sociales confondues (ou presque...) ont marqué la ville d'une percussion étrange pendant près d'une heure. La démonstration de brutalité des « mossos d'esquadra »( police nationale espagnole en Catalogne) n'a pas dissuadé les mécontents. Hier dans la nuit la Plaça Catalunya et ses alentours étaient aussi pleins que la semaine passée (pas l'ombre d'un keuf).
Des "indignats" studieux.
Chaque jour, des commissions, divisées en sous commissions (social, justice, audiovisuel, droit des femmes, logement, immigration...) organisent des débats. Ces "Xerrades" ayant pour but de mettre sur le papier des propositions.
Les participants qui le désirent viennent exposer leurs idées en quelques minutes à l'aide d'un mégaphone, les autres débattent et votent à main levée.
Au final, ça ressemble un peu aux commentaires de rue89, en "live", la place a des airs de démocratie populaire. Ça étonne un peu, forcément, on n'est pas habitués.
Hier, lors de l'introduction au débat, un participant fustigeait le Parti Socialiste, réclamant "un vrai parti de gauche, avec des gens nouveaux". "Ces gens-là, on ne veut plus les voir!"
Ánimo!

samedi 28 mai 2011

La France bouge...un peu


Vu sur le site
http://reelledemocratie.com/
le site de celles et ceux qui occupent l'espace public pour faire entendre la voix des indignés qui se joignent au mouvement lancé par la jeunesse espagnole
la liste des rassemblements aujourd'hui en France
SAMEDI 28 MAI :
AIX EN PROVENCE : 18h, Rotonde/Mirabeau
AMIENS : 15h, Campement devant le rectorat
AVIGNON : 18h, Place de l'horloge
BAYONNE : Campement permanent place Chaho-Pelletier
BELFORT 14h place Corbis
BESANçON : 18h30, Place Marulaz
BORDEAUX : 14h place de la Victoire
BREST : 19h, Place de la Liberté
CARCASSONNE : 17h30, Square Gambetta
CARHAIX : 10h, Place du champ de foir
CHERBOURG :19h, place du théatre
CLERMONT FERRAND : 18h Place de Jaude
GRENOBLE : 20h, Place Victor Hugo
LE HAVRE : 15h, Préfecture
LILLE : 12h, Place de la République
LORIENT : 18h Place Aristide Briand (Fnac)
LYON : Campement permanent Place Bellecour
MANOSQUE : 12h, Place Marcel Pagnol
MONTPELLIER : 18h, Place de la Comédie
NANCY : 19h30, Place Maginot, contact 0659827367
NANTES : 18h Place Royale
NIMES : 19h, Maison Carrée
PARIS : 19h à la Bastille
PAU : Place de Verdun : 9h
PERPIGNAN : AG 19h Place République
RENNES : 19h, Place de la Mairie
REIMS : 15h30, Place Herlon
ROUEN : 17h, Place de l'hôtel de ville
STRASBOURG : 19h, Place de la République
TOULON 17H place de la liberté
TOULOUSE : 19h Place du Capitole
TOURS : 19h, Place Anatole
A noter: une forte action policière hier matin, en Espagne, pour dégager la place à Barcelone.
Résultat: une évacuation par la force, 131 blessés, et une réoccupation immédiate le soir même (c'est la photo d'en haut hier à 19h) par des manifestants déterminés à ce que l'on ne les fasse pas taire. En complément une indigation redoublée en Espagne et partout dans le monde.
Jean-Noël Chassé pour A.P.I.S.

Saint Dizier en Diois : La Paysannerie innove....

L’agriculture bouge...
PARLONS-EN !

Terre de Liens Rhône-Alpes, Trèfle et le CLD du Diois vous invite à échanger autour du thème de l’agriculture dans le cadre d’un cycle de projections-débats.
Composé de cinq projections gratuites, le cycle abordera trois problématiques majeures : l’alimentation et les filières, l’installation en agriculture et les politiques agricoles locales et européennes. Des personnes ressources seront présentes à chaque projection afin d’apporter leur expérience.
La démarche ne s'arrête pas là ; un événement sera organisé à l'automne à Die où les questions soulevées lors des projections seront approfondies.
Nous vous accueillons à partir de 19h30. Les projections commenceront à 20h30. Sur place, une buvette et une   petite restauration seront assurées par les structures organisatrices.
Les projections se dérouleront aux dates et lieux suivants :
31/05/11 – Ferme du Col, St Dizier en Diois – Herbe de Mathieu Levain et Olivier Porte
« Herbe »
  Un road movie paysan
Au cœur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier d’éleveur laitier se confrontent.
Alors que des Hommes se sont engagés depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, le courant majoritaire de la profession reste inscrit dans un modèle de production industriel, fortement dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires…
France - 2008 - 1H16 - Genre : Documentaire
Date de sortie : 18/02/2009
Un film de : Matthieu Levain, Olivier Porte
Vous savez ce que mangent les vaches ?
En êtes-vous vraiment sûr(e)…?
HERBE (www.herbe-lefilm.com)
Au cœur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier d’éleveur laitier se confrontent.
Alors que des Hommes se sont engagés depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, le courant majoritaire de la profession reste inscrit dans un modèle de production industriel, fortement dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires…
Les objectifs du film sont multiples. Si les questions relatives aux dérives de la PAC (choix politiques et répartition des aides) sont centrales, il est aussi question des dérives des systèmes coopératifs agricoles. HERBE met alors en lumière les alternatives au modèle productiviste dominant. HERBE désire interroger de manière globale le monde dans lequel nous vivons par l'intermédiaire de l'élevage laitier breton.
En effet, la question agricole devient centrale dans les problématiques politiques actuelles. Alors que l'alimentation d'une partie de la population mondiale est remise en cause, et qu'apparaît toujours plus pressante la nécessité de repenser nos modèles de production et d'approvisionnement, la crise énergétique semble nous pousser à agir vite quant à développer des moyens autonomes de subsistances.
HERBE n'est pas seulement le constat de la fin d'un temps, il rend visible le possible d'un autre moyen de vivre et de construire le monde, un monde autre...
Depuis quelques années, les documentaires sur l'écologie ou le monde paysan se multiplient. Signe que la planète tourne de moins en moins rond et/ou que les cinéastes, enfin, s'en inquiètent. A mi-chemin entre l'alar­misme de We feed the world et l'humanisme de Depardon (sa trilogie Profils paysans), voici un documentaire en forme de road-movie sur les éleveurs laitiers bretons, où l'on apprend que, contrairement à l'idée ­reçue, les vaches ne mangent presque plus d'herbe !
Selon l'absurde modèle productiviste imposé dans les années 1970, au lieu de brouter des pâturages gratuitement, 90 % de nos vaches sont nourries au maïs et au soja brésilien génétiquement modifié, ce qui a pour conséquence de ruiner leurs propriétaires (en engrais, machines, semences, pesticides...), de les rendre dépendants des subventions de Bruxelles, et surtout de polluer nos rivières par l'azote et autres produits chimiques.
Partisans de la minoritaire fi­lière herbagère, à la fois plus durable et plus rentable, les auteurs font passer leur mes­sage sans manichéisme et sans illusions.
- Également ci-joint, un descriptif plus détaillé du projet ainsi qu’une présentation des structures organisatrices.
N’hésitez pas en parler autour de vous et à diffuser l’information dans vos réseaux !
Pour plus d’informations, vous pouvez nous contacter à :
Juliette Pinault (Trèfle) : 09 51 82 67 88,
Lydéric Motte (Terre de Liens) : 09 70 20 31 22,
l.motte@terredeliens.org
"PARTICIPER, POUR ÊTRE ACTEURS DE NOTRE AVENIR...."
Le Conseil Local de Développement (CLD) du "Pays Diois"
NOUS JOINDRE....
Adresse : 21, Rue Neuve, Châtillon en Diois 26410
Courriel : cldpaysdiois@gmail.com
Téléphone : 04 75 21 00 56
et 09 54 74 41 72 au Local
Fax : 09 59 74 47 72



Ecouter le chant des baleines...

Le chant des baleines repris aux quatre coins du monde
Chaque population de baleines produit un son qui lui est propre.
Les chercheurs pointent un bel exemple de transmission culturelle
Chaque année, elles entonnent en chœur un chant différent qui se déplace mystérieusement d'ouest en est dans le Pacifique Sud, d’ après des enregistrements sous-marins effectués par des chercheurs australiens de l'université du Queensland.
Transmission culturelle
Ces mammifères marins, qui peuvent peser plus de 35 tonnes, sont d'ailleurs d'excellents chanteurs ! Cette particularité émerveille les spécialistes car les mâles font entendre, à la saison des amours, un son caractéristique de chaque population, produit d'une manière encore inconnue. L'étude a porté sur plusieurs populations qui remontent de l'Antarctique vers le Pacifique Sud pour se reproduire l'hiver entre l'Australie et la Polynésie française dans des sites répartis sur plus de 6 000 km. En comparant les chants enregistrés pendant onze ans sur ces zones, les chercheurs ont découvert que les nouvelles mélopées naissent au large des côtes australiennes pour se retrouver, un an ou deux après, aux environs de Tahiti. «Nous pensons que ces sons, qui s'entendent sur quelques dizaines de kilomètres, sont transmis le long des flux de migration», précise Claire Garrigue, membre de l'organisation « Opération Cétacés » à Nouméa et coauteur de l'étude.
De longues sérénades qui comptent parmi les plus complexes connues chez les mammifères et qui sont finalement adoptées par tous en quelques semaines. Une transmission qui ne semble pas liée à l'origine génétique ni aux contextes écologiques distincts de ces diverses populations de baleines, mais qui se révèle être un bel exemple de transmission culturelle et propre à des mammifères très évolués, concluent les chercheurs.
APIS

Assemblée plénière du Conseil Régional Rhône-Alpes

Création d'un pass-contraception et d'un conseil consultatif de la laïcité
Assemblée plénière du Conseil de la Région  Rhône-Alpes
- Les 156 élus du conseil régional ont adopté jeudi 26 mai le pass-contraception qui créditera à la rentrée scolaire prochaine la carte M'ra des lycéens et apprentis de la région. Un moyen de les aider à accéder à une information et à des moyens de contraception. Le compte administratif 2010 a également été adopté. Enfin, vendredi matin, les élus ont voté la création d'un conseil régional consultatif de la laïcité. 
VENDREDI 27 MAI 
12h40 : Le voeu déposé par le groupe Europe écologie - les Verts, relatif au soutien à l'initiative "Un bateau français pour Gaza" à Lyon est adopté sous un tonnerre d'applaudissements.
Votes pour : FDG, EELV, PSEA, FN
Abstentions : UDC et Yann Crombecque (PSEA)
11h35 : Alexandra Cusey (EEV) demande à ce que la Région apporte son soutien à l'initiative engagée par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens : "Un bateau français pour Gaza". Le voeu prévoit que la région engage des actions de partenariats avec les territoires palestiniens : jumelages, coopérations, délégations, échanges, etc. Le groupe aimerait notamment que la Région demande à ce que "le Gouvernement français facilite cette action et agisse pour la levée du blocus de Gaza". Et que " les collectivités territoriales rhônalpines s'engagent dans des actions de partenariat avec Gaza et plus largement les territoires palestiniens".
10h40 : Adoption du conseil régional consultatif de la laïcité 
Votes pour : EEV, PRG, FDG, PSEA
Votes contre : FN et UDC
10h30: Philippe Meirieu (EELV) : "la laïcité est au centre du pacte républicain"
"Notre groupe votera cette proposition car nous pensons que la laïcité est au centre du pacte républicain. Oui, M. le Président, un conseil de la laïcité. Mais pas pour protéger une France frileuse mais pour promouvoir une France généreuse".
10h15 : Bruno Gollnisch (FN) : "Le problème c'est de savoir si Yannick Noah a la France comme pays préféré, notamment au niveau fiscal"
"M. Braillard interprète selon ses fantasmes les propos de mon collègue. Dire qu'en France il y a un péril pour notre identité, ça oui ! Mais nous ne sommes pas les seuls à le penser. Le problème c'est de savoir si Yannick Noah a la France comme pays préféré, notamment au niveau fiscal". 
10h10 : Thierry Braillard (PRG) : "Noah, Zidane, Roselmack, … C'est parce que nous voulons conserver cette France là que nous voulons ce conseil"
"Je vais répondre au FN. Depuis des années, ce parti nous propose le spectacle d'un pays frileux. Non, la France ne ressemble pas au portrait que vous venez de nous dessiner. Les personnalités préférées des Français : Noah, Zidane, Roselmack, … C'est parce que nous voulons conserver cette France là que nous voulons ce conseil". 
10h05 : Fabienne Lévy (UDC) : "Justifier la création d'un conseil par les réponses de Nicolas Sarkozy est injustifié"
"Merci d'avoir mis ce sujet à l'ordre du jour. Cela permet de lever un certain nombre de voiles. Je rend hommage aux radicaux qui se sont engagés dans la batailles des idées au siècle dernier. Cet héritage est précieux. Nous devons le faire vivre. Mais sans vous vexer, justifier la création d'un conseil par les réponses de Nicolas Sarkozy est injustifié. Pourquoi ne pas créer simplement des lieux de discussion sur le sujet. A l'inverse de vous, radicaux de gauche, je ne crois pas qu'un conseil changera l'adhésion à cette valeur. On le voit bien à travers l'intervention basique du FN. Nous n'avons pas le pouvoir de veille et de sanction. La laïcité ne saurait s'accommoder de l'existence de corps intermédiaires proposant une vision locale de la laïcité. Et dans ce projet, il est question d'apporter son soutien à l'organisation d'évènements. Mais comment choisir parmi les multiples associations, à qui apporter son soutien. Le conseil apportera t-il son soutien à Riposte Laïque ?"
10h : Belkacem Lounès (EEV) : "Le religieux revient (...) Ainsi va la République : à reculons" 
"Cette délibération nous semble être une des réponses à la montée des inquiétudes des citoyens. Comme chacun peut le constater les coups proviennent de toutes parts, notamment du chef de l'Etat. En tant qu'élus nous avons à être à l'écoute de nos citoyens. Ils sont nombreux à s'inquiéter de la montée du communautarisme. Le religieux revient (...) Ainsi va la République : à reculons. Plus la République montrera ses états d'âmes, plus elle ouvrira des brèches dans lesquelles s'engouffrent ceux qui nous préparent des lendemains qui ne chanteraient pas. Il me semble que nous devons réaffirmer que les remises en causes de nos libertés individuelles et collectives sont inacceptables. La République doit rester résolument et courageusement ferme sur nos valeurs. N'oublions pas qu'il s'agit d'acquis de siècles de combats".
9h55 : Jérôme Safar (PSEA) : "toute tentative de récupération doit être combattue"
"Nous nous prononcerons pour. Mais pour bien faire nous devons nous entendre sur ce que nous entendons par laïcité. La laïcité, c'est un corpus de valeur. Cela induit que toute tentative de récupération doit être combattue. Nous voulons que la laïcité soit bien expliquée et défendue devant ceux qui l'utilisent et l'instrumentalisent pour en faire une arme d'exclusion massive. Aucune approche restrictive n'est une réponse adaptée. Aucune naïveté non plus. Si nous ne faisons pas attention, les extrémistes utiliseront ce manque de clarté. Il faudra un travail de fond pour trouver ce juste équilibre. Notre groupe appuie donc cette demande".
9h50 : Christophe Boudot (FN) : "La laïcité a été instaurée au siècle dernier sous la pression des radicaux et des francs-maçons, allant à l'encontre de la foi de 85% des personnes"
"La laïcité a été instaurée au siècle dernier sous la pression des radicaux et des francs-maçons, allant à l'encontre de la foi de 85% des personnes. Depuis les choses ont pu trouver un certain équilibre, des relations entre la sphère politique et la sphère religieuse ». « Le FN dénonce depuis longtemps ces nouvelles revendications qui remettent en cause notre laïcité. Vous vous faites les chantres de valeurs que vous voulez combattre, à savoir la mondialisation et le communautarisme. Tous les vendredi ce sont des milliers d'espaces publics qui sont occupés pour des prières à mêmes le sol. Des exemples, il y en a des centaines ». « Vous instrumentalisez ces nouvelles populations pour en faire des électeurs potentiels. » « Créer un conseil ne changera rien à la dérive actuelle de la laïcité. Votre commission sera un machin de plus, ruineux et inutile. Votre modèle de société ne marche plus et vous le savez"
9h45 : Elisa Martin (FDG) : "On peut pointer la stratégie de Nicolas Sarkozy qui considère le curé comme plus important que l'instituteur"
"La laïcité, concept absolument formidable". Et qui n'a pas besoin d'adjectifs : ouverte ou fermée. D'ailleurs la laïcité fermée est un outil du Front National (...) Loin d'être neutre, la sphère publique est consciente. Elle n'est pas un interdit, un couperet qui tombe. C'est une pierre fondamentale qui permet à tous de grandir. Elle permet à chacun d'exercer sa liberté de conscience (..) On peut pointer la stratégie de Nicolas Sarkozy qui considère le curé comme plus important que l'instituteur. On voit le projet de société fondé sur la guerre de tous contre tous". 
9h40 : Thierry Braillard (PRG) : "La République protège la liberté de culte"
"La laïcité fait débat mais un mauvais débat. Pour les radicaux la laïcité reste la garantie de la démocratie. En protégeant l'exercice libre des cultes et en n'en favorisant aucun, la République protège la liberté de culte. En Rhône-Alpes plus qu'ailleurs peut-être la laïcité doit apparaître comme un impératif. C'est pourquoi le groupe PRG propose la création d'un conseil de la laïcité". 
9h35 : Création d'un conseil consultatif régional de la laïcité, proposé par le groupe PRG.
Le groupe Parti Radical de Gauche et Apparentés (PRG) a proposé ce vendredi matin la création d'un Conseil Régional Consultatif de la Laïcité (CRCL). Celui-ci aura des missions de défense et de promotion de la laïcité et d'organisation d'actions et de réflexions sur ce sujet. Cela devrait passer par la mise en place d'une cellule de veille, d'un centre documentaire mais aussi par le soutien à l'organisation d'évènements, colloques, manifestations.   
JEUDI 26 MAI 
18h30 : Le pass-contraception est adopté 
Les 156 élus du conseil régional ont voté jeudi 26 mai pour le pass-contraception qui sera lancé en septembre sur la carte M'ra des lycéens, apprentis et jeunes des missions locales de Rhône-Alpes. Le groupe Union de la droite, du centre et apparenté (UDC) s'est fortement divisé sur le sujet. Le FN a voté contre. 
Les 156 élus votent nominativement et en public à la demande du groupe FN fermement opposé au projet. 
Votes pour : 118
Votes contre : 35
Abstentions : 3 
Les groupes PS, Front de gauche, Parti radical de gauche, Europe écologie-les Verts votent pour le pass-contraception. Le groupe FN vote contre et le groupe UDC se scinde en deux : 19 contre, 18 pour et trois abstentions, dont celle de Françoise Grossetête en tant que présidente de groupe. 
17h45 : Sarah Boukaala, parti socialiste et apparentés (PSEA) : "Si on a choisi la carte M'RA, c'est parce que c'est le seul support que le jeunes ont aujourd'hui déjà en main. Avec ce dispositif, nous cherchons à aller vers les jeunes qui sont le plus loin, que ce soit pour des raisons géographiques, familiales, financières ou sociales (...) Nous n'avons pas parlé pour les jeunes. Nous les avons écoutés".
 17H50 : Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional : "La carte M'RA ouvre un droit, pas une obligation. Nous le faisons sans esprit partisan et sans imposer une sexualité aux jeunes" 
"Le pass-contraception était un engagement électoral. On a mis du temps car on voulait qu'il y ait un temps d'écoute et un respect des positions. Sur ces sujets-là, nous devons avancer avec prudence et intelligence. C'est une réponse à un besoin social. Tout comme les lois Neuwirth et Veil ont été adoptées parce qu'on avait un besoin social (...) Il y a une responsabilité des pouvoirs publics. L'Etat fera peut-être mieux. En tout cas, on a travaillé avec le rectorat. Il n'y a pas d'opposition à ce niveau là (...) La famille a son rôle à jouer. Mais est-ce qu'elle le joue toujours ? Vous le savez, la question de la sexualité est parfois difficile à aborder dans les rapports entre parents et enfants. Et on a des situations familiales très variées. Je ne pense pas qu'on se substitue aux parents (...) La carte M'RA ouvre un droit, pas une obligation. Nous le faisons sans esprit partisan et sans imposer une sexualité aux jeunes. C'est une démarche de responsabilité et de prévention". 
17h32 : Fabrice Marchiol (UDC) : "Au nom de Lucien Neuwirth, le père législatif de la pillule originaire de notre région, de Saint-Etienne. Je vais voter ce rapport en tant que gaulliste social"
"J'assume les désaccords que va susciter mon vote au sein de mon groupe Union de la droite, du centre et apparentés (UDC), mais je demande à l'exécutif une évaluation sans concession et la plus rapide possible de ce pass-contraception. Nous ne voulons pas que ce projet soit gâcher en arrosant vos amis habituels, comme le laisse penser l'avant dernière ligne de ce rapport (elle fait référence à des partenariats renforcés avec le planning familial, l'Association de lutte contre le sida notamment, ndlr). La seule querelle qui vaille est celle de l'homme et donc égalitairement, aussi celle de la femme", termine l'élu.  
17h28 : Patrick Louis (UDC) : "Vous ne voulez pas de l'avortement, alors ne mettez pas en place les outils qui y poussent".
"Le pass-contraception se propage dans toute la France et ouvre une voie royale à la contraception des mineurs. Le projet fait trois constats réalistes, l'aveu d'échec de l'éducation sexuelle en milieu scolaire, l'intention louable de faire baisser les IVG. Mais si le pass-contraception répond à quelques préoccupations ponctuelles, il présente aussi des risques. Il pénalise le jeune en banalisant l'acte sexuel en le résumant à un acte hygiénique. Cela va à l'encontre de la demande des jeunes. Deuxième point, le pass dénigre l'autorité des parents. Ils seraient contournés par l'autorité régionale. Il est grave et injuste de ne pas respecter la subsidiarité sur les droits de l'enfant. Troisième point, le support, la carte M'ra : imaginez le regard des parents sur cette carte, ils y verront l'ouverture à la culture, la carte de transport et le droit à contourner leur autorité. Vous ne voulez pas de l'avortement mais alors ne mettez pas en place les outils qui y poussent ! ".  
17h20 : Françoise Grossetête (UDC-UMP) : "il ne s'agit pas là d'une compétence régionale"
"Notre groupe UDC est un groupe de rassemblement et après une discussion sur le sujet nous avons décidé, nous sommes unanimes à penser qu'il ne s'agit pas là d'une compétence régionale et que celui-là[le pass-contraception] mériterait d'être traité dans d'autres enceintes". 
17h15 : Catherine Pidoux, parti radical de gauche (PRG) : "Nous nous apprêtons à voter une délibération certes d'une portée limitée. Mais qui sert un but noble, celui qui vise à promouvoir le droit des femmes à disposer de leur corps". 
17H : Maryvonne Boileau (EEV) : "Les IST sont en constante augmentation"
"Les études montrent que les IST sont en constante augmentation chez les jeunes, notamment les infections à chlamydias (...) 3000 jeunes ont été interrogés sur le Net, on peut donc dire que cette délibération a fait l'objet d'un débat citoyen. Les jeunes sont tous concernés par la question de la lutte contre l'avortement, filles et garçons. Grâce à ce pass-contraception, ils auront accès à des moyens de préventions des risques (...) Le premier de nos partenaires sur cette question, c'est l'Education nationale (...) Tous les collèges et lycées doivent augmenter le temps de présence des infirmières scolaires. Notre deuxième partenaire : ce sont les centres de planification géré soit par les hôpitaux, soit par le planning familial".  
16H50 : Sophie Robert (FN) : "La carte M'ra va se substituer à la famille" 
"Le pass-contraception est arrivé plus vite qu'on ne l'attendait et sans même avoir été voté. Il était déjà inscrit au budget. Merci M. Chabrolle et Mme Boukaala. On généralise l'assistanat financier jusque dans un sujet qui touche les jeunes dans leur intimité (...) La carte M'ra va se substituer à la famille. Plutôt que de donner une éducation hygiènique et technique de l'éducation sexuelle, pourquoi ne pas apporter une parole d'adulte qui relie la sexualité à l'amour ? C'est une question d'ambition pour une région qui se veut à l'écoute des jeunes. Envisager l'avortement comme un simple enjeu de contraception sans comprendre qu'il met en jeu la vie d'un être. Vous proposez un rendez-vous au planning familial qui, de toutes façons, ne proposera qu'un avortement humain. Nous ne voterons pas ce projet la carte M'ra puisqu'elle ne se limite plus à l'accès à la culture pour les jeunes générations". 
16h40 : Sarah Boukaala, parti socialiste et apparentés (PSEA) porteuse du projet de pass-contraception, conseillère régionale déléguée à la Jeunesse
"Nous avons consulté 4 000 personnes sur Internet dont 3 000 jeunes et 800 ont été rencontrés sur le terrain". "Nous lutterons également contre les violences homophobes". 
16h28 : Alain Chabrolle, vice-président Europe Ecologie-les Verts (EEV) à la Santé et à l'Environnement, a porté le projet avec Sarah Boukaala.
"Nous voulons contribuer au respect entre jeunes femmes et jeunes hommes (...) réduire les grossesses non désirées. Nous nous attacherons à la réduction des IVG"
15h20 - 16h20 : Voeux sur les transports déposés par les groupes Concernant le tracé du futur contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (CEFAL), les élus de l'Ain se font entendre. 
13h30 : Compte administratif 2010 adopté
Votes pour : PS, FG, RDG et EEV
Votes contre : FN et UDC
Les groupes Front national et Union de la droite, du centre et apparentés (UDC) vote contre le compte administratif établi en fin d'exercice, et retraçant les mouvements effectifs de dépenses et de recettes de la collectivité. Ils s'opposent par principe, en tant que membres de l'opposition, au document qui résume la gestion du président socialiste jean-Jack Queyranne en 2010. La majorité plurielle (PS, FG, RDG et EEV) vote pour. Le compte administratif 2010 est adopté.
- La droite reproche notamment à l'exécutif, par la voix de Thierry Kovacs (photo), de ne pas avoir fait apparaître cette année "la part du budget liée aux transfert de compétences" dans le budget. Thierry Kovacs précise que cette information "permettait depuis 2005 de dresser le bilan du coût des transferts de compétences, en faisant apparaître la TIPP et le Fonds régional de rémunération des Personnel d'Internat perçus par la région". Depuis 2005, la Région aurait ainsi touché : "plus de 60 millions d'euros de plus que le coût réel des compétences transférées" selon l'UDC. 
Un collaborateur du vice-président au budget, Jean-François Debat, répond qu'une "mission d'information et d'évaluation sur les incidences des décisions de l'Etat depuis 2005" a été mise en place suite aux élections régionales de 2010 et qu'elle rendra son rapport dans six mois. "La question ne sera donc pas réglée en dix lignes [sur le compte administratif], mais elle fera l'objet d'un rapport complet, remis en fin d'année".
La gauche s'inquiète de la stagnation des recettes de la région. "2010 aura été une année atypique, avec le plein transfert des compétences de l'acte 2 de la décentralisation, mais aussi avec les recettes de fonctionnement qui enregistrent malheureusement pour la première fois une légère diminution". Aurélien Ferlay fait référence à la disparition de la part de la taxe professionnelle (TP) et de la part de la taxe foncière perçue par la région. "La capacité de désendettement est elle au niveau raisonnable de 4,3 années".
La droite déplore enfin par la voix de Vincent Chriqui (UDC) que "depuis 2004, le rythme d'évolution des dépenses de l'Etat a été de 1% par an, celui de la région de 6% par an, hors transferts (….) la région n'a jamais été empêchée par l'Etat de laisser filer ses dépenses ou sa dette... et elle ne s'en est pas privée".
Chacun se renvoie le refrain habituel : pour la droite, les socialistes gaspillent l'argent public, et pour la gauche, les dotations de l'Etat ne sont pas suffisantes. 
Lucie Blanchard et Leïla Piazza

vendredi 27 mai 2011

L' éleveur et le Loup..."Comprendre une ruralité complexe".

Après la publication de Roger Mathieu de Beaufort sur Gervanne 26400 du 11 janvier 2011 sur :
Et des sommes affichées du 07 janvier 2011 sur :
recherchés sur :
Nous publions la réponse de Marc Finand de Establet 26.
Élevage, loups et aides publiques
Marc Finand 26470 Establet
0475272302
m.finand@shdnet.fr
Éleveurs, vaches, moutons et autres
Il faut répondre au citoyen R. Mathieu de Beaufort sur Gervanne !
Oui, bien sûr, vos questions sont légitimes : Par quel absurde se fait-il que les éleveurs (de zone montagne), qui se plaignent, mais aussi qui cristallisent leurs haines sur le loup, continuent une activité qui, s'ils ne l'avaient pas, leur permettrait de bien vivre, à subventions égales ?
Pourquoi, malgré ces subsides publics qui peuvent paraître considérables, auxquels s'ajoutent les mesures spécifiques liées à la présence du loup, focalisent-ils tant sur le loup, sont-ils si intolérants ?
Je tente de répondre à partir de mon expérience et mes interrogations sur le sujet, en tant qu'éleveur, éleveur mais pas moins citoyen pour autant.
Il y a deux types de réponse, qui se rejoignent pour expliquer la situation. La situation:
une présence des loups qui ne peut que se renforcer dans les conditions actuelles de déprise rurale, s'accompagnant, hélas, du maintien de l'absurde recherche de productivité en élevage ovin , pratiqué selon une logique industrielle dans des régions qui ne s'y prêtent pas : une grosse ferme plutôt que deux, trois, quatre, dix, abandon des zones non mécanisables, mono élevage ( tous les oeufs dans le même panier) avec augmentation incessantes des effectifs ( de brebis, même si les institutions ont parfois discrètement enjoint les éleveurs à freiner leurs béliers) , maîtrise de la filière par des techniciens institutionnels, pratiques d'élevage semi industrielles (mortalité, relations hommes-animaux, soins véto, etc) …
D'un coté, de plus en plus d'espace pour les loups, et, de l'autre, de plus en plus de gros troupeaux, difficiles à surveiller et à manoeuvrer, rentrer dans des abris , de moins en moins de personnel, ne serait-ce le petit + de bergers salariés, sur les subsides européens/loup .
Et, face à cela, dans cette situation, qui correspond à l'extinction massive des paysans dans les pays développés, les éleveurs qui restent, qui ont tenu, de plus en plus en tendus, jusqu'à la violence, dès lors qu'il s'agit du loup, et oui, c'est vrai, même chez ces gens que l'on pourrait présumer porteurs de valeurs écologiques et non violentes.
Explications, malaise :
Ces éleveurs, ils ont fait ce qu'on leur a conseillé de faire ; bien souvent, ils ont hérité de leurs parents, puis ils ont accepté les aides, la DJA, puis les aides PAC ; Ils ont aussi bien souvent, profité de l’arrêt des voisins pour s'agrandir : développer le cheptel, acquérir les tracteurs et les accessoires de fenaison, rationaliser les bâtiments. Il fallait 80 brebis il y a 40 ans, 160 brebis il y a 20 ans pour dégager un semblant de revenu, le double aujourd'hui : qu'à cela ne tienne, on peut très bien se mettre à considérer les bêtes comme des produits, des machines à viande et les élever comme telles : en même temps, des voisins prennent leur retraite et ne seront pas repris, exploitation non viable, trop petite, allez, ça tombe bien ! La PAC permettra de faire un autre crédit pour prendre un tracteur plus gros, on laissera tomber les petites parcelles ou trop éloignées, puisqu'on peut faucher ce que fauchait le voisin qui a arrêté …
A ce niveau du tableau, vous posez la question de l'efficacité des aides publiques, en regard des difficultés financières régulièrement, structurellement pointées par la profession :
C’est que, oui, faire de la monoculture d'ovins, en zone de montagne sèche, sur un mode industriel, (course à l'agrandissement et mécanisation, spécialisation, abandon de la main d'oeuvre au profit d'une consommation d'énergie gigantesque), oui, cela est totalement absurde, économiquement et agronomiquement ! Plus, bien plus sans doute que ce que vous n'osiez l’imaginer ! Oui, cela coûte très cher à la communauté, européenne ou nationale, d'une manière générale, le loup rajoutant encore un petit surcoût … d'une manière générale, le maintien de l'agriculture, en dehors des zones super productives en mode industriel (plaines alluvionnaires) coûte très cher et ne se justifie aucunement par des besoins de production, que ce soit clair; Les enjeux sont ailleurs : politiques, stratégique et environnementaux.
Soyons sérieux : avez vous essayé de chiffrer le capital travail d'une exploitation conventionnelle de la région, c'est à dire de quoi élever plus ou moins trois cent brebis par éleveur ?
Sans parler de l’habitation, qui a un coût, quand on s'installe, pas pour ceux qui en héritent, il faut des terres : entre 500 et 2000€ l'Ha (ça, ça flambe, avec le résidentiel et les droits de chasse), entre 80 et 500 Ha …, + en GAEC ...
Les bâtiments : bergerie et grange, de quoi nourrir les bêtes de novembre à mai sans sortir...
Le tracteur, ho pardon ! Les tracteurs, un 80cv, un autre plus vieux, un 100cv, un peu plus récent; la faucheuse cinq disques, le faneur andaineur, la presse; pour l'avant du tracteur, une fourche, puis une pince hydraulique, une remorque à fourrage, une autre pour le grain, une autre pour le reste; un épandeur à fumier, une charrue, un vibroculteur, un cylindre, une herse; le reste, pour s'arranger la vie, pas perdre de temps : fendeuse de bûches, benne arrière, épandeur d'engrais, bétonnière, machine à planter les piquets, machine pour ci ou pour ça , un quad, une remorque pour quad; le matériel de contention, filets, postes clôtures, barrières, parcs de tri
Le cheptel, hérité et/ ou acheté …
On en est à combien déjà ? 500 000€, un million ? Oui, d'accord, mais ça , ce n'est que la mise de fond , on a pas encore compté les frais de fonctionnement , la maintenance, le matériel qu'il faut remplacer en permanence, le fuel, les assurances, les cotisations MSA et autres....
Alors, oui, c'est sûr, si on compte tout, ça fait cher le prix de revient de l’agneau, plus grand chose pour l'éleveur, même ayant hérité, par ce que ses pratiques sont tellement différentes de celles de ses parents, et au final, de grosses sommes englouties pour produire pas grand chose et voir les fermes disparaître quand même !
Dans ces conditions, il lui reste quoi à l’éleveur, qui a suivi cette logique, n'a plus que ses moutons, ses chiens et ses paperasses à remplir, en termes d'identité, de considération de soi ? Il ne maîtrise pas ses techniques de production, il a fait ce qui se fait, il ne maîtrise pas la commercialisation de ses produits, ni l’origine, il ne vit pas de la vente de sa production mais survit à 82% des subsides publics (moyenne nationale en 2008).
Et là, on leur met des loups, pour amuser les touristes ! (je résume exagérément: cela est faux mais encore une idée très répandue dans le milieu)
Parlez leur du loup, vous verrez : il ne s'écoulera pas une minute avant que vous n'entendiez le mot touriste, généralement suivi ou précédé de « écologistes » (de la ville) ;
Je crois que c'est précisément l'impression de jouer les utilités pour satisfaire une société par ailleurs coupée de la ruralité, de leur ruralité ,qui leur est le plus insupportable - Sans le loup et ce regard post moderne sur notre ruralité, on peut encore se faire croire qu'éleveur, c'est une activité sérieuse, rationnelle, consistant à produire des produits carnés; avec le loup et l'émergence d'une vision glamour de la rude montagne, l'éleveur se sent perçu comme un nain de jardin , un élément du décor, un acteur rémunéré, à jouer son rôle …
C'est déjà pas très glorieux de survivre de subventions alors que l'on est sensé vivre d'une production , c'est carrément vexant d'être considéré comme un second rôle du décor montagne, tel est le sentiment, normal, lié à la situation décrite plus haut.
Un retour en arrière, ou une évolution, dans les mentalités, semblent difficiles, ne serait-ce la disparition vraisemblable de ceux-ci, des éleveurs conventionnels, au fil du temps, inexorablement.
Savez vous aussi que dans notre situation, un gros propriétaire a intérêt d'arrêter l'agriculture et à tout mettre en droits de chasse ? Le rendement à l'hectare est dix fois supérieur !
Pourtant , la question des mentalités, la question du paradigme est au centre du problème : seul un changement de paradigme agronomique permettrait de sortir de la situation en forme d'impasse: Pas de mono culture élevage, des petits troupeaux divers et variés, à taille humaine, de la polyculture élevage, des petites fermes plus nombreuse et plus peuplées, la maîtrise de leur production et commercialisation par les paysans (circuits courts), etc., et les loups, prudents naturellement , n'auraient qu'à bien se tenir !
Peut-être, dans le même temps, serait-il sain de rétablir des plans de chasse plus responsables, par exemple laisser des chamois et mouflons aux prédateurs naturels), des pratiques de chasse plus correctes (sans agrainage), et ne pas vendre nos montagnes à n'importe quel prix, pour des raisons électorales !
Faut-il le rappeler, et l'asséner dans nos milieux : le loup s'intéresse d'abord aux hectares non peuplés et à la quantité d'ongulés sauvages qu'ils recèlent, ils ne font pas les comptes de ce qui va sortir de la bergerie …
J'ai parlé des éleveurs, conventionnels, en ne m'y incluant pas : je n'ai pas hérité ni suivi les conseils institutionnels liés à la profession: je me suis installé en partant d'une question : qu'est qu'on peut faire ici, de raisonnable, pour tirer des protéines ?
Je savais en m'installant que seule la structure familiale de polyculture élevage , foresterie si il y a lieu est rentable agronomiquement , l'agriculture vivrière en étant la base : je n'ai pas un gros troupeau mais plusieurs petits, les vaches pouvant jouer le rôle de répulsif anti loup , de races très rustiques- je suis aussi très présent au niveau des bêtes , je calcule les itinéraires selon la saison aussi , en fonction de la présence du loup; je maîtrise ce que je fais , la façon de faire , jusqu'à la commercialisation, je n'ai pas de problème d'identité.
Un loup a attaqué mes brebis, il y a trois ans, je m'en suis voulu, c'était prévisible et je me suis considéré imprudent, mauvais berger, dans un drôle de monde quand -même ! Je fais plus attention maintenant, question éloignement, et je mets un âne, des boeufs, si il faut.
Bien sûr, je ne compte pas sur les brebis pour vivre , et j'ai moins de besoin en énergie qu'un conventionnel ; je me pose vraiment la question de la rationalité économique de la mécanisation qu'implique la fenaison ( + matériel céréales en général) en mode d'élevage conventionnel : tant d'investissements pour quelques dizaines d'agneaux !
Je n'oublie jamais non plus que la biodiversité n'est pas un gadget mais une nécessité vitale pour l'espèce humaine plus encore que pour toutes les autres, c'est simple !
Ce qui m'étonne le plus sur le sujet, c'est l'incohérence des prises de position du syndicat agricole connu pour ce slogan de « trois petites fermes, plutôt qu'une grande », puisque une grande partie de la solution se trouve là énoncée. Et, également, le discours biaisé des organismes para agricoles qui s'occupent de nous, prompts à prendre faits et causes pour ces éleveurs, prisonniers et aliénés par leurs choix, ou d'une époque qu'ils n'ont pas choisie ….
Bien sur, la situation en certains lieux fait que le maintien du pastoralisme passe par la possibilité pour les éleveurs de défendre leurs troupeaux, et en cela, se trouver dans la situation ancestrale, qui est celle de certains pays, pas si loin : il ne s'agit pas d'éradiquer, mais de cohabiter, de se partager le territoire en bonne intelligence - N'y aurait-il qu'en France où l'on serait incapable de cela ? Si le loup n'est plus menacé d'extinction , il faut adapter la législation en fonction, travailler à l'apaisement, défaire la frontalité, la rigidité des positions , apprendre la tolérance, changer le paradigme agronomique des éleveurs de montagne …
En attendant, il nous faudra aller répétant et répétant encore que c'est bien l'homme qui a le plus besoin de la nature et de sa diversité, et non l’inverse.
Marc Finand
Eleveur-cultivateur
26470 Establet
04 75 27 23 02




La journée de la Femme c'est tous les jours

Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent
Pour signer l’appel ci-dessous :
http://www.osezlefeminisme.fr/artic...
Près de 3000 personnes ont participé au rassemblement à Paris ce dimanche 22 mai et à l’heure actuelle, plus de 15 000 personnes ont signé l’appel. Le succès de cette opération-éclair montre bien que cette initiative répondait à une attente forte face au déferlement de propos machistes de la semaine.
Cela prouve que le ras-le-bol du sexisme est profond dans notre société. Ce dernier est si ancré dans l’inconscient collectif qu’il revient au galop au moindre prétexte, y compris de la part de personnalités se revendiquant progressistes.
Cette mobilisation montre également une exaspération face à la déconnexion dont font preuve certains de nos responsables publics. Il s’agit le plus souvent de mâles, blancs, hétérosexuels, issus de milieux aisés : manifestement, un grand nombre de ces gens-là sont dépassés par notre soif d’égalité !
Nous souhaitons que cette initiative, relayée par de nombreuses associations, collectifs féministes et personnalités, marque un cap. L’indignation qui nous a toutes et tous saisies et saisis nous pousse à remettre en cause fondamentalement ces modes de pensée d’un autre âge et à faire bouger cette société dans le sens d’une véritable égalité des femmes et des hommes.
Nous appelons donc l’ensemble des citoyennes et des citoyens à continuer de signer l’appel. Nous appelons également l’ensemble de nos dirigeantes et dirigeants (politiques, économiques ou culturels) ainsi que toutes celles et ceux qui se revendiquent comme intellectuels à s’interroger et à remettre en cause leurs façons de penser. Nous souhaitons que ce moment pose un jalon pour que soit enfin reconnue la dimension éminemment politique du féminisme et de l’égalité femmes - hommes.
Nous avons assez attendu. Nous ne nous satisferons plus des déclarations d’intention. Nous voulons des actes pour faire reculer définitivement le sexisme et les inégalités dans notre société.
Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent
Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes, du « il n’y a pas mort d’homme » au « troussage de domestique » en passant par « c’est un tort d’aimer les femmes ? » ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent.
Nous sommes en colère, révoltées et révoltés, indignées et indignés.
Nous ne savons pas ce qui s’est passé à New York samedi dernier mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises.
Ces propos illustrent l’impunité qui règne dans notre pays quant à l’expression publique d’un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination.
Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage. Ils envoient un message simple aux victimes présentes et futures : « ne portez pas plainte ». Nous le rappelons : le viol et la tentative de viol sont des crimes.
Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d’élites qui prétendent diriger notre société, c’est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d’être des femmes. Le seul point commun des agresseurs, c’est d’être des hommes.
Enfin, ces propos font apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes. Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d’une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes. Faire ce parallèle est dangereux et malhonnête : ils ouvrent la voie aux partisans d’un retour à l’ordre moral qui freine l’émancipation des femmes et des hommes.
Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu’on croyait d’un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l’égalité femmes – hommes.
SIGNEZ L’APPEL !
Dimanche, à 9h, cet appel avait déjà été signé par 10 000 personnes
Ce matin lundi 23 mai, cet appel avait déjà été signé par plus de 16 000 personnes.
Cet appel a été signé vendredi 20 mai par plus de 1500 personnes dont Audrey Pulvar, Florence Foresti, Clémentine Autain, Françoise Héritier, Christine Ockrent, Florence Montreynaud, Isabelle Alonso, Marie-Françoise Colombani, Agnès Bihl, Annie Ernaux, Geneviève Fraisse, Julien Bayou, Patric Jean, Dominique Méda, Annick Coupé, Caroline Mecary, Giulia Foïs...
Plusieurs associations féministes soutiennent également l’appel comme le Planning Familial, Mix-Cité, l’inter-LGBT, le Laboratoire de l’Egalité, les Chiennes de Garde, la Maison des Femmes de Montreuil, Le Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures », le Réseau Féministe « Ruptures », Bagdam Espace lesbien, SOS Les mamans, Association la Lune, l’ANEF, l’Espace Simone de Beauvoir, La Ligue du Droit International des Femmes

L' Europe en révolte....

Les enfants sages de la révolte espagnole
Le mouvement espagnol, dit «du 15M», est significatif de la situation économique du pays et de sa jeunesse. Au cours des années de croissance et d’abondance, cette dernière ne s’était mobilisée que pour défendre le botellon (pratique de consommation d’alcool en groupe sur la voie publique) et contre les attentats de 2004. Personne ne comprenait pourquoi la jeune génération ne descendait pas dans la rue pour dénoncer ses problèmes persistants d’emploi, de précarité et de logement.
Depuis la crise de 2008, une ambiance d’inquiétude et d’insécurité sociale s’est installée : parents licenciés brutalement, membres de la fratrie au chômage, diminution voire suppression des aides de l’Etat providence, et difficultés grandissantes d’accès au travail et au logement. Les jeunes, accusés à tort d’être des «ni-ni» (ni travaillant ni faisant des études) ont vu le paysage social changer, ce qui les a poussés enfin à se mobiliser. Leur mouvement montre qu’il s’agit plutôt d’une génération «sans» : sans parti, sans leader, sans logement et sans emploi.
Dans tous les cas, ce sont des «enfants sages», majoritairement étudiants ou nouveaux diplômés de la classe moyenne, qui ont réussi à se rassembler sans violence et dans une ambiance bon enfant. Il serait probablement impossible de réunir autant de personnes de façon aussi pacifique dans la majorité des pays européens. Les jeunes ont montré par ailleurs qu’ils savent s’autocontrôler et se gérer. Ils ont interdit l’alcool pour éviter les troubles à l’ordre public, mis en place un service de propreté, une crèche, de la distribution de nourriture, une bibliothèque… Ils sont volontaires et organisés, peut-être même trop pour être considérés vraiment contestataires.
Ce n’est pas un mouvement de la jeunesse contre les aînés dans une «guerre» des âges. Au contraire, les générations sont mélangées, solidaires et communément indignées. La société espagnole est intégrée et profitant d’une vraie cohésion sociale, intergénérationnelle et familiale. Les parents soutiennent en temps normal leurs enfants en les laissant habiter tardivement sous le même toit, en les aidant à payer leur logement, en gardant les petits enfants… Ils sont présents une fois de plus à la Puerta del Sol madrilène et dans les autres villes où il y a des campements. Inquiets pour l’avenir des leurs, ils soutiennent le mouvement.
Qu’elle que soit l’issue de la mobilisation, aujourd’hui imprévisible, elle a permis de témoigner publiquement que les jeunes souhaitent s’intégrer, travailler et avoir un emploi stable, fonder une famille, se loger et surtout ne pas rester en marge de la société. Il ne s’agirait finalement pas d’un embryon du «printemps européen de la jeunesse», mais tout simplement, et pour une grande majorité, de jeunes gens sages souhaitant rentrer dans le moule le plus rapidement possible. Finalement, il pourrait s’avérer décevant, pour de nombreuses personnes, qu’il ne s’agisse pas d’une remise en question profonde de la société.
SANDRA GAVIRIA Sociologue université du Havre-Cirtai-CNRS

Le libéralisme, ça ne marche pas
Une révolution sourd en Europe. Elle n’est pas violente mais pacifique, n’aspire pas à conquérir le pouvoir mais à contester les logiques économiques qui font du marché une puissance devant laquelle les gouvernements doivent plier. A défaut de savoir ce qu’elle veut, elle sait, autrement dit, qu’elle ne veut plus du marché roi, de ce monarque anonyme dont les «craintes» ou la «confiance» décident du sort du monde.
Aussi confuse que profonde, elle s’entend sur tout le continent et, d’abord, sur cette Puerta del Sol, la grande place de Madrid, où quelques centaines de jeunes gens ont planté leur tente il y a dix jours pour crier la colère d’une génération qui compte près d’une moitié de chômeur parmi les moins de 25 ans.
Porté par la sympathie immédiate de familles qui ne peuvent pas admettre que l’avenir de leurs enfants soit à ce point bouché, ce mouvement de protestation a vite grandi, attiré toujours plus de gens et essaimé dans une soixantaine d’autres villes - si bien pris, en un mot, que ces «indignés» comme ils se sont nommés en référence au best-seller de Stéphane Hessel ont créé une nouvelle réalité politique.
Ce que dit le succès de cette nouvelle place Tahrir, c’est qu’une économie qui n’offre plus que des perspectives de régression sociale et condamne un gouvernement socialiste à des mesures d’austérité draconienne pour éviter une «panique» des marchés, «ça ne marche pas». «Le libéralisme, ça ne marche pas», constate ce rassemblement sur le même ton d’évidence tranquille avec lequel Margaret Thatcher avait, en son temps, lancé : «Le communisme, ça ne marche pas». Et ce constat est la cause de bien des évolutions politiques.
C’est lui qui a fait mordre la poussière aux socialistes espagnols arrivés dix points derrière la droite aux élections municipales et régionales de dimanche et lui qui a fait perdre, depuis le début de l’année, un Land après l’autre à la droite allemande. C’est lui qui a précipité la disgrâce de Silvio Berlusconi aux élections locales italiennes d’il y a dix jours et fait descendre aux enfers les libéraux démocrates britanniques, coupables de s’être ralliés aux restrictions budgétaires voulues par leurs alliés conservateurs.
Ce constat justifié met à mal les majorités en place qui, de droite ou de gauche, ont dû se soumettre aux injonctions du marché mais ce n’est pas tout. C’est ce même constat d’inefficience de «la main invisible du marché» qui suscite un désir de nouvelles offres politiques ; relègue les sociaux-démocrates, derrière les Verts, au second rang de l’opposition allemande ; redonne une place aux gauches de la gauche ; confond toutes les élites dans un même opprobre et ressuscite l’extrême droite aux quatre coins de l’Europe.
Disqualifiée depuis la guerre, l’extrême droite est ressortie de l’ombre parce que les effets pervers de la mondialisation que sont la désindustrialisation européenne, le chômage et le recul du niveau de vie ont remis au goût du jour le cocktail empoisonné des débuts du fascisme en permettant de marier la nostalgie de l’Etat providence et la défense des frontières nationales dans lesquelles il s’était épanoui, le nationalisme et le «tous pourris», la bataille pour le maintien des acquis sociaux et le rejet des étrangers.
L’Europe vit un moment inquiétant où une colère sans horizon et des attentes sans espoir tangible peuvent la faire basculer dans une crise politique majeure. Si elle ne trouve pas ses repères, cette révolution qui sourd peut se perdre dans le pire des marécages et le danger en est si grand qu’il y a urgence.
Il y a urgence à marteler que si, les gauches elles-mêmes doivent s’incliner devant les marchés, ce n’est pas parce qu’elles seraient achetées ou aveugles mais parce que le rapport de forces ne leur laisse pas le choix. Entre la démocratie et le marché, le rapport de forces s’est renversé car la puissance publique d’un Etat-nation, son Etat et son gouvernement, ne peuvent plus grand-chose face à un argent qui peut aller chercher les meilleurs rendements là où il le veut.
Pour les Européens, seule une puissance publique de taille continentale pourrait faire poids face au marché mondialisé et c’est pour cela qu’il faut construire une Europe politique à même de réguler le marché - non pas de l’abolir car «le communisme, ça ne marche pas» mais de dompter sa force et de le canaliser car «le libéralisme, ça ne marche pas» non plus.
Le krach de Wall Street l’avait montré mais, après avoir trouvé son salut auprès des Etats, l’argent s’est relancé à leur assaut car ils se sont un peu plus épuisés et ruinés à parer ses méfaits. Pour être, la gauche doit être européenne. C’est ce qu’il faut vouloir aujourd’hui.
BERNARD GUETTA