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samedi 8 août 2009

Nature

Une rivière-cascade, « La Pissarotte » saccagée
"Et alors, c'est quoi, la Pissarotte ? La Pissarotte, c'est le plus joli ruisseau des environs, à Establet" : s’ exclame Marc Finand agriculteur à Establet.
Ce ruisseau, alimenté par une résurgence d'eau fraîche, débouchant dans une cascade, frappe d'emblée le visiteur par sa beauté. Magnifique mais en cours de destruction, tout près de Marivieille, à la limite entre le Haut-Diois...
L'observateur plus ou moins averti aura tôt fait de détecter ou imaginer la présence de nombreuses espèces animales et végétales liées dans leur destinée à ce cours qui se jette dans l'Establet au bout de quelques centaines de mètres.
« Dans un milieu ouvert par les castors, de vasques calcifiées, algues, crustacés, papillons rares, libellules, truites, etc. trouvent, trouvaient encore ici un hâvre favorable à une existence devenue impossible ailleurs » complète Jean Paul Vieron, scientifique de la FRAPNA , (Fédération de Protection de la Nature).
« Au mois de juillet 2008, ce milieu a été partiellement détruit à la pelleteuse, sans aucune autorisation ( le Conseil Municipal n’ avait pas donné son feu vert ), envers et contre toutes mesures légales( loi sur l’ eau ) et minimales de protection, sous des prétextes d’ atteindre le captage qui alimente une partie de la commune » pestent les riverains qui commencent à se mobiliser (une pétition circule sur le Net)
« Conscient des enjeux environnementaux, qu'ils concernent la planète ou mon lieu de vie, soucieux d'un rapport à la nature plus respectueux que celui qui permet de telles dérives, j'en appelle à la responsabilité environnementale » avance Mr Finand : « Je demande la protection intégrale de la Pissarotte en tant qu'habitat de très nombreuses espèces (dont certaines protégées), en tant que symbole, fleuron de l'identité de la région, élément incontournable de l'âme de son territoire ».
« Je demande, en attendant, que les différentes dispositions légales concernant ce type de milieu humide, fragile et riche, soient mises en application par qui de droit (Loi sur l'eau, Directive sur la responsabilité environnementale, arrêté ministériel sur les cours d'eau à écrevisses à pattes blanches, etc.), afin que ce type d'intervention sauvage n'ait plus lieu » pointe le délégué de la FRAPNA. La gendarmerie, la Police de l’eau , l’ Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) . et la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt (DDAF) qui officie sur le département sont venues constater les destructions. La société de Pêche se sont portée Partie Civile, aini que la FRAPNA. Il y a trois semaines (Juillet 2009) une réunion regroupait de nouveau tous les partenaires drômois autour de la Pissarotte. Des solutions sont recherchées pour évaluer comment le captage pourrait être accessible pour son entretien sans détruire l’objet du patrimoine. Deux visions du monde se disputent aussi ici la vision du futur : « une approche sensible afin de préserver la biodiversité, l’eau et in fine la planète et… les vieilles habitudes de saccage et de peur de la nature et du sauvage qui ont prévalues depuis 50 ans à la campagne » conclut une habitante. Une affaire à suivre…
Claude Veyret pour APIS

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