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vendredi 2 juillet 2010

La société précarise la paysannerie...


Les paysans aussi mangent aux Restos du coeur

Les restaurants du coeur ont vu arriver des producteurs agricoles aux ressources désormais insuffisantes. Ils viennent grossir les rangs des bénéficiaires, toujours plus nombreux.

Le pire est à venir

La campagne d'hiver des restaurants du coeur vient de se terminer. En Loire-Atlantique, ils ont accueilli 17 000 personnes, dont un millier de bébés. C'est 2 500 bénéficiaires de plus. Dans les 33 centres du département, ils ont distribué 1,354 millions de repas en quatre mois. « Les retraités et les moins de 25 ans sont de plus en plus nombreux », témoigne un bénévole. Il a vu arriver aussi des agriculteurs et autres producteurs, comme des viticulteurs. C'est la grande nouveauté soulignée par les responsables : ceux qui sont à la base de la production alimentaire ne peuvent plus se nourrir. Ils ont vu s'effondrer leurs revenus. Eux aussi viennent grossir les rangs du restaurant de Coluche, y rejoignant familles monoparentales, travailleurs pauvres, commerçants ou artisans en faillite.

D'où « l'inquiétude » de Michel Guéry, l'administrateur délégué, pour les mois à venir. Car les Restos, comme les autres associations attendent l'arrivée des chômeurs en fins de droits. « Compte tenu de ce que nous venons de vivre cet hiver, on peut s'attendre au pire », pronostique Michel Guéry.

Se serrer la ceinture

Pendant les huit mois qui conduiront à la prochaine campagne d'hiver, les restos du coeur ne ferment pas leurs portes. Mais ils diminuent le nombre de repas par personne, et limitent fortement le nombre de bénéficiaires. Pour cela, ils divisent par deux les seuils de ressources donnant accès. Résultat : 2 700 familles gardées pour l'intercampagne l'an dernier. « C'est dur de dire non à des gens qui ont déjà des ressources très basses, mais nous ne pouvons faire autrement », explique un bénévole. L'association manque de ressources et de marchandises. En été, elle ne reçoit pas d'aide de la structure nationale. Pour mémoire, en hiver elle tourne avec 130 tonnes par semaine pour la seule Loire-Atlantique.

A la recherche de locaux

Le message ? « Nous avons besoin de donateurs et de locaux. » Une nouvelle prospection a été lancée en direction des entreprises, « trop peu nombreuses ». La ressource grande distribution se tarit. Une partie des marchandises retirées des rayons part vers le second marché, ou sont vendues à moitié prix quand approche la date de péremption. Les locaux ? L'association voudrait ouvrir un quatrième grand centre dans l'agglomération nantaise. Le resto du boulevard Dalby accueille 1 100 personnes. C'est trop. Quant à l'actuel centre de Saint-Herblain, une opération urbaine le conduira à déménager. L'association ne sait où.

Accueil de jour

Il n'y a pas que l'aide alimentaire. Les dispositifs d'insertion professionnelle, de logement, d'hébergement d'urgence, d'aide à la personne, ne connaîtront aucune interruption. L'association de Coluche, qui a ouvert à Nantes un accueil de nuit (30 chambres) pour les personnes accompagnées de chiens, cherche toujours à recréer un accueil de jour. Celui-ci fournira un repas chaud trois fois par semaine, et un colis pour les autres jours.

Marc LE DUC.

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