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lundi 31 janvier 2011
Où va la Tunisie ?
Tunisie : Entretien avec Sana Ben Achour
Présidente de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates le jeudi 27 janvier 2011 pour le journal d’actualié critique Diagonal
Diagonal : Depuis plusieurs jours il y a des manifestants qui campent devant le siège du gouvernement. Quelle est la position de votre association par rapport à ce gouvernement ?
Sana Ben Achour : Pour l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, vous savez, comme toute association, nous sommes plurielles tout d’abord, nous n’avons pas toutes la même position par rapport à la composition de ce gouvernement d’union nationale. Par contre il y a un certain nombre de critiques que nous faisons toutes à ce gouvernement. Nous pensons qu’il aurait mieux valu parler d’un gouvernement de transition ou d’un gouvernement provisoire et non pas d’un gouvernement d’union nationale puisque toutes les tendances et toutes les sensibilités ne sont pas représentées dans ce gouvernement. Qu’il est absolument nécessaire que tous les symboles et tous les représentants, tous ceux qui ont été dans l’ancien système de Ben Ali soient évacués de ce gouvernement. Ce n’est pas un problème de personnes mais c’est un problème de système. Quand on a été ministre de Ben Ali, quand on a été 1er Ministre de Ben Ali, bien sûr que la suspicion est grande, surtout que le régime de Ben Ali a utilisé un peu les mêmes techniques, c’est-à-dire que le RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique – parti de l’ex-Président Ben Ali) est devenu un des appareil, le plus grand appareil de répression du rémige de Ben Ali. L’autre idée, l’espoir qui est en nous toutes en tant que féministes, c’est véritablement d’aller vers la démocratie, de pouvoir asseoir de vraies institutions démocratiques, d’aller vers des élections libre au suffrage universel direct et surtout que les femmes tunisiennes puissent trouver leur place dans la construction de cette démocratie.
D : Justement, quelles éléments favorables, quelles forces vous donnent espoir pour construite une Tunisie avec de réels droits sociaux et politiques ? Qu’est-ce qui vous donne espoir en Tunisie aujourd’hui ?
SBA : Ce qui nous donne espoir c’est véritablement la révolution et ce qui se passe dans la rue aujourd’hui. C’est vrai que les Tunisiens n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer par des élections et donc de manière, disons institutionnelle et démocratique, mais la pression de la rue, à notre sens, est salutaire. C’est-à-dire qu’aujourd’hui après avoir vu le sang couler, après avoir vu des jeunes s’immoler par le feu, plus personne n’est prêt à renoncer à cet idéal et à la démocratie. Véritablement, je pense que c’est ça notre force, c’est que aujourd’hui on n’a plus peur, il n’y a plus cette chappe de plomb et je pense que les associations des droits des femmes, les associations des droits de l’homme et les association, au-delà de la société civile, qui ont résisté pendant des années à Ben Ali, je pense qu’elles vont constitué une sorte de réseau de vigilence démocratique, en lien avec la jeunesse, parce que la jeunesse a eu un rôle extraordinaire et justement je pense que l’espoir nous vient de voir cette jeunesse, qu’on a considéré pendant des années comme une jeunesse amorphe ou indiférente à l’espace public, et bien finalement elle est là, présente, et veut construire et veut aller de l’avant.
D : Pour terminer, est-ce que vous pourriez me dire quelle est la situation aujoud’hui des droits de l’homme et, surtout, des droits de la femme en Tunisie, et quel va être le rôle de votre organisation dans les mois à venir ? Qu’est-ce que vous allez faire dans cette situation de transition ?
SBA : Bon, ce qui est intéressant ici c’est que depuis que le mouvement a commencé, ça a été un mouvement social, les femmes ont été présentes. Vraiment, les femmes de la classe moyenne, les femmes du peuple, les universitaires, les jeunes, tout le monde était là et a participé à cette vague, qui a commencé le 17 décembre après que le jeune Bouazizi se soit immolé par le feu, et qui est montée jusqu’à Tunis, ce qui nous rassure c’est qu’il n’y a pas eu des solgans où il y avait exclusion des femmes ou des slogans contre les femmes. C’est vrai qu’il y a aujourd’hui, c’est clair et net, il y a une tendance politique qui peut-être remettrait en cause les acquis des femmes tunisiennes mais les femmes tunisiennes se mobilisent et nous organisons d’ailleurs demain une marche, une belle manifestation, enfin samedi, une marche que nous avons appelé une Marche des Femmes pour la Citoyenneté et l’Egalité en soutien à la Révolution, que nous allons organiser samedi à 15h à la Place de l’Indépendance sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis et où on va lever un certain nombre de slogans sur les acquis des Tunisiennes, sur la volonté et la détermination qu’il faut les faire évoluer davantage pour aller à l’égalité juridique, à la citoyenneté pleine et entière sans exclusif, sans restrictions, sans réducation. Et voilà on compte jouer notre rôle aussi bien en tant que femmes dans les associations à occuper l’espace public, à mobiliser, à faire des campagnes de sensibilisation, à faire des campagnes pour faire évoluer les textes. Et puis aussi les femmes qui sont dans les partis politiques, et je pense qu’on jouera un rôle politique très important.
Maintenant, en cette phase transitoire, qu’est-ce que nous comptons faire ? Et bien il est clair que notre rôle vis-à-vis de la commission de réforme des institutions va être très important. Nous avons travaillé sur les droits, sur la Constitution, sur l’égalité, la citoyenneté, depuis 20 ans sous le règne de Ben Ali. Nous avons passé au scanner l’ensemble des lois qui organisent les libertés publiques en Tunisie. Nous avons notre mot à dire pour aller vers des lois démocratiques qui reconnaissent les droits de la personne, qui reconnaissent l’égalité, qui permettent une vie publique digne, de la démpocfratie et de la citoyenneté. Et bien nous allons être en contact permanent avec eux. Nous avons commencé déjà à travailler, nous allons leur envoyer notre mémorendum, nous allons les rencontrer pratiquement toutes les semaines. Donc nous allons être très vigilentes. Nous avons la volonté de participer, peut-être pas directement mais en tout cas par la pression, à la rédaction des textes dans le sens que nous voulons c’est-à-dire la non-discrimination à l’égard des femmes, l’égalité des droits mais aussi l’égalité de chances, la reconnaissance des droits politiques mais aussi la reconnaissance des droits économiques et sociaux. Vous savez que les femmes c’est elles qui paient le plus grand tribu au chômage, les femmes diplômées, nous avons 60 % de femmes à l’université mais dans la vie active on n’en trouve que 20 %. Et donc les femmes ont payé aussi le tribu du chômage. Il y a beaucoup de menaces qui pèsent sur la position des femmes en société, sur leurs droits, mais je pense qu’on ne va pas se laisser faire. Et moi j’ai beaucoup d’espoir parce que c’est une très belle révolution qu’on a eu en Tunisie, très civilisée comme on dit, les gens se mobilisent, parlent, discutent dans la rue, et je pense que même si pour l’instant c’est un peu chaotique, moi je n’ai pas peur, j’ai confiance dans cette révolution, j’ai confiance dans le peuple tunisien.
Tunisie : Entretien avec Ahmed Amine Ben Saad
Artiste, comédien, du syndicat étudiant UGET, chercheur en 3ème cycle en art dramatique. Mercredi 26 janvier
Diagonal : Bonjour, qu’est-ce que vous demandez au gouvernement de transition ?
Ahmed Amine Ben Saad : On demande aux ministres qui étaient avec Ben Ali de quitter le gouvernement parce que le peuple n’a pas confiance en eux. Ce sont des gens qui ont travaillé avec le dictateur, ce sont aussi des criminels, soit par des crimes concrets soit par leur silence pendant 23 ans.
D : Est-ce qu’il y a des grèves dans le pays actuellement ?
AABS : Il y a des grèves partout. Il y a un grand rassemblement devant le siège du gouvernement. Il y a des citoyens qui viennent de toute la Tunisie, qui dorment là, qui ne bougeront pas jusqu’à ce que ces ministres quittent le gouvernement. Et il y a aussi des grèves dans l’éducation nationale. Demain il y a un appel officiel au retour des étudiants dans les universités mais les étudiants commenceront aussi des grèves demain.
D : A part le départ des ministres liés au RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique – parti de l’ex-président Ben Ali), qu’est-ce que vous demanderiez au gouvernement de transition ? Quelles mesures politiques et sociales faudrait-il prendre dans l’immédiat ?
AABS : Maintenant je ne pose plus de questions sociales, pour moi il y a une nécessité politique. Ce gouvernement n’a pas la confiance du peuple. Ce gouvernement ne peut pas être un gouvernement de transition de la dictature vers la démocratie. Ce que noudemandons maintenant c’est un gouvernelment qui puisse avoir la confiance du peuple, après on discutera les détails politiques, tout ce qui est social. C’est vrai que cette révolution est une révolution sociale mais c’est aussi une révolution de liberté, une révolution politique, une révolution de société civile. Alors on doit retrouver la vie politique normale, on doit retrouver l’Etat, on doit retrouver la vie normale de citoyen, et après chaque parti, chaque syndicat pourra rédiger clairement ce qu’ils demandent socialement.
D : Ce que vous demandez, c’est la séparation de l’Etat et du parti RCD, qui étaient très liés ?
AABS : Non, ce n’est pas seulement la séparation. Nous on demande que le parti RCD n’existe plus parce que pour nous ce n’est pas un parti politique. Pour nous les Tunisiens on sait très bien que ce n’est pas un parti politique, on sait très bien que c’est vraiment le grand criminel. On sait que les membre du parti sont à des postes de pouvoir. C’est impossible de reconstruire la Tunisie avec eux, c’est impossible.
D : Après la fuite de Ben Ali, on a vu l’apparition de comités de quartier. Quels peut être selon vous le rôle de ces comités de quartier à l’avenir ?
AABS : A la base c’était des comités dasn chaque quartier pour défendre le quartier contre les milices de Ben Ali, les milices du RCD, contre quelques policiers aussi. Maintenant il y a aussi quelques comités de quartier qui se sont développés vers des comités d’auto-direction mais il y a aussi des comités qui n’existent plus, des comités qui ont organisé la défense mais qui n’existent plus maintenant. Pour moi c’est vraiment une très bonne idée. Ça donne une idée, ça donne une intuition sur la possibilité d’auto-direction d’un peuple, mais aujourd’hui ils ne sont pas un vrai projet politique qui a des perspectives à mon avis.
D : Est-ce que les Tunisiens craignent une ingérence étrangère des pays occidentaux ou des pays du Maghreb ?
AABS : Les Tunisiens ne partagent pas la grande peur des pays du Maghreb. On partage la grande peur de l’impérialisme américain parce que nous ne sommes pas bêtes, nous savons que le régime qui existait précédemment était très près du gouvernement des Etats-Unis et surtout de la France. On a peur de ça. On n’a pas peur de la Libye ou du Maroc, ça me fait rire des histoires pareilles. On a peur des Etats-Unis d’Amérique, on sait très bien qu’ils sont là, on sait très bien qu’ils ont soutenu Ben Ali pendant des années et des années mais ce n’est pas une grande peur parce que moi je sais qu’un peuple qui a fait de la résistance civile contre un dictateur comme Ben Ali est un peuple qui est prêt à faire de la résistance miliatire contre n’importe quelle armée. Moi, un artiste, je peux très bien arrêter de faire de l’art et m’entraîner pour défendre l’indépendance de la Tunisie.
D : D’ailleurs, en parlant d’armée, quel est le rôle de l’armée actuellement et quel va être son rôle dans les jours et les mois à venir selon vous ?
AABS : Jusqu’à maintenant, l’armée est très respectée de la part des Tunisiens parce qu’elle défend les Tunisiens et qu’elle refuse encore d’entrer dasn l’équation politique. Elle est neutre. Elle joue son rôle d’armée et elle refise d’entrer dans l’équation politique. Nous respectons l’armée si l’armée reste dans sa position , si elle refuse toujours d’entrer dans l’équation politique, elle sera toujours respectée des Tunsiens. Et je pense qu’elle doit rester adsn les rues de la Tunsie jusqu’au départ des problèmes parce que là il n’y a pas vraiment de policiers comme d’habitude. Les Tunisiens n’ont pas confianca dans le Ministère de l’Intérieur, n’ont pas confiance dans le gouvernement, on ne distingue plus les Tunisiens qui manifestent des milices du RCD qui essaient de semer la violence pour créer des problèmes. On a besoin de notre armée nationale.
D : Quels éléments sont porteurs d’espoir pour construire une véritable démocratie en Tunisie ?
AABS : Pour commencer il faudrait que le Président Foued Mbazaâ demande à une autre personnalité, indépendante, de former un gouvernement. Ce n’est plus possible de demander à un membre ou un ex-membre du RCD de former un gouvernement, le peuple Tunisien ne l’accepte pas. Deuxièmement il faut revoir toutes les lois, dans des comités spécialisés, pour reconstruire toutes les institutions de la démocratie tunisienne. Parce que ces institutions existent, théoriquement la Tunisie a toujours été une démocratie mais en pratique elle a toujours été une dictature. Alors il faut revoir toutes ses instituions pour arriver à commencer à installer une démocratie de la Tunisie prochaine.
D : Pour terminer, quelles sont les perspectives pour les jours et les mois à venir, comment vous voyez l’avenir ?
AABS : Moi je dirais qu’il faut que le gouvernement comprenne que ce peuple n’a plus rien à perdre et que ce peuple demande tout simplement de ne plus voir devant ses yeux les symboles du régime de Ben Ali. Il y a aujourd’hui des institutions juridiques libres et indépendantes et c’est à elles de décider qui est le criminel et qui n’a rien à se repprocher devant le peuple tunisien, devant la Tunisie. Finalement je voudrait dire à n’importe qui qui pense que c’est possible d’arnaquer le peuple tunisien, que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur, que ce peuple-là est un peuble cultivé, est un peuble démocratique, est un peuple fort, et ce n’est plus possible, ça y est c’est fini.
Albert Idelon
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Piller l' Afrique toujours et encore...
La BEI affirme qu’elle aide au développement durable de la région. Et ferme les yeux devant les très importants abus sociaux et environnementaux. Évaluer l’impact des mines ? Les entreprises font leur propre évaluation, ce qui semble suffire à la BEI. Pollution et exploitation ? Nulle part. Les entreprises ne payent pas d’impôt ? Elles affirment ne pas faire de bénéfices… Et le gouvernement zambien n’insiste pas pour augmenter la fiscalité. Selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus de 50% des exportations de cuivre de Zambie sont à destination de la Suisse [1]. Sans doute pour les grands besoins en cuivre de ce petit paradis fiscal !
Une destruction de l’environnement financée par l’Europe
En 2005, la BEI accorde un prêt de 48 millions d’euros au consortium Mopani Copper Mine (MCM), plus importante compagnie minière de Zambie, dont l’actionnaire majoritaire est la très controversée entreprise suisse Glencore. Objectif de ce prêt ? Créer une nouvelle fonderie sur le site de Mufulira, et diminuer la pollution de la zone, notamment les émissions de soufre, maintenir l’emploi et réduire la pauvreté. Une étude menée par l’ONG Les Amis de la Terre sur la mine de cuivre de Mopani montre que les effets sont à l’opposé des objectifs affichés par la BEI et MCM.
À proximité du site de Mufulira, l’air est lourd et métallique. Les émissions de soufre dépassent jusqu’à 72 fois les limites légales, celles de plomb atteignent 90 fois la norme. Les mesures effectuées révèlent aussi un taux d’arsenic jusqu’à 16 fois supérieur aux limites. Les émissions de soufre provoquent des pluies acides, qui détériorent les sols : « À Kankoyo, il ne pousse que des cactus et des avocatiers. Impossible pour les autres semences de survivre », témoigne Anne-Sophie Simpere, qui a réalisé une mission d’étude pour les Amis de le Terre. Les toits en tôle des maisons sont rongés par l’acide. « Du fait de l’acidité de l’air, la peinture ne tient pas trois mois. »
Des centaines de personnes intoxiquées à l’acide sulfurique
L’extraction produit d’énormes quantités de déchets : 110 tonnes de déchets sont extraits et 200 tonnes de matériaux déplacés, pour une tonne de cuivre produite. Les bassins de décantation où sont versés les résidus toxiques sont laissés à ciel ouvert, au mépris de toute sécurité. Et les canalisations qui évacuent ces résidus toxiques à travers les villes et les campagnes ne sont pas suffisamment protégées. Les habitants évoquent les fuites régulières ou explosions. Ce sont eux qui sont obligés de nettoyer les résidus toxiques, car le groupe Mopani se limite à réparer les tuyaux défectueux. En 2007, un rapport de l’ONG Citizens for a better environment a accusé Mopani de déverser des boues dans la rivière voisine. Tout signe de vie aquatique a disparu.
Depuis 2003, Mopani utilise une méthode d’extraction – la lixiviation – moins chère mais plus polluante, dont le principe est d’injecter de l’acide sulfurique dans les sols pour désintégrer le cuivre des gisements, avant de le pomper. Problème : la solution d’acide sous pression dans les gisements peut migrer. Et les gisements sont à proximité des nappes d’eaux souterraines. Malgré de nombreux accidents, qui entraînent des coupures d’eau pendant parfois plusieurs semaines, l’entreprise n’est pas inquiétée. En 2008, 800 personnes se rendent à l’hôpital après avoir bu de l’eau contaminée par l’acide sulfurique. Conséquence pour l’entreprise MCM ? Quelques centaines de dollars d’amende. Plus inquiétant : c’est MCM elle-même qui fournit les évaluations de la contamination de l’eau, car le Conseil environnemental de Zambie n’a pas les équipements nécessaires.
Exploitation salariale et aveuglement meurtrier
Pour la BEI, Mopani est un projet qui préserve l’environnement. Le prêt accordé doit permettre de réduire les émissions de soufre, qui « seront conformes à la réglementation zambienne » en… 2015. Un engagement à se mettre aux normes neuf ans après l’octroi du prêt de la BEI, pendant que les populations sont empoisonnées… un tel laxisme de la part de la banque européenne laisse songeur. « Comme le projet est réalisé dans une zone industrielle existante, la question du préjudice éventuel pour la préservation de la nature et la biodiversité ne se pose pas (...) L’impact environnemental est largement positif », détaille le rapport de la BEI en 2004. « Aujourd’hui la BEI est sur la défensive, explique Anne-Sophie Simpere. Les représentants de la BEI continuent à affirmer qu’il n’y a pas de pollution. En allant sur place, on ne peut pas se raconter d’histoires. Mais ils ne voient que ce qu’ils veulent voir. »
Un argument de la BEI ? Le projet doit permettre de « sauvegarder directement au minimum quelque 1.210 emplois et d’en stabiliser 4.800 autres chez MCM ». Mais en 2008-2009, l’entreprise licencie 1.000 personnes, sans préavis. En 2006, plus de la moitié des salariés sont sous-traitants, pouvant être payés jusqu’à deux fois moins que les salariés. Le nombre d’accidents du travail est d’ailleurs jugé alarmant : plus de 20 salariés de Mopani sont morts en 2005, année de l’octroi du prêt de la BEI.
Des entreprises qui soi-disant ne réalisent aucun bénéfice
Depuis l’effondrement du prix du cuivre dans les années 1970, la Zambie a subi une politique d’ajustements structurels dans les années 1990 pour apurer sa dette. Résultat ? À la fin de la décennie, les compagnies nationales de cuivre sont démantelées et les mines privatisées, sous l’influence de la Banque mondiale. Dans un contexte de corruption gouvernementale, les mines sont bradées : vendues à 627 millions de dollars, alors que les experts estimaient leur valeur minimale à 3 milliards de dollars [2]. En 2004, le cours du cuivre atteint des niveaux record : le prix est 350% celui des années 1990. Pour le plus grand bénéfice des sociétés européennes installées sur place.
Le prix du cuivre ne bénéficie en rien à la Zambie. « En 2007, les revenus miniers contribuaient approximativement à 0,2% du PIB en Zambie : c’est de l’ordre de l’erreur statistique », souligne en 2009, M. Kapil Kapoor, représentant de la Banque mondiale pour la Zambie. Le gouvernement zambien a accordé de nombreuses exemptions fiscales, une taxe sur les sociétés de 25% au lieu de 35%, et un taux de royalties dérisoire de 0,6% (passé à 3% en 2008). En comparaison, les royalties des industries d’extraction du cuivre au Chili devraient bientôt se situer entre 5 et 14%. Des « accords de développement » prévoient aussi des « périodes de stabilité » pour les entreprises minières en Zambie, les protégeant de toute nouvelle législation qui pourrait être adoptée, pour une durée allant jusqu’à 20 ans.
La Zambie se fait escroquer la moitié de son PIB
Selon la Zambia Revenue Authority, autorité chargée de la collecte des impôts, depuis 2000 Mopani ne paye pas d’impôts sur les bénéfices. L’entreprise affirme ne pas faire de profits… mais refuse de donner accès à ses comptes. La ZRA invoque une « obligation de confidentialité » pour ne pas dévoiler le montant versé par le consortium à l’Etat zambien. Selon la ZRA, seule une compagnie minière sur 12 paye l’impôt sur les bénéfices, alors que l’activité minière représente 60% des exportations en valeur de la Zambie.
En 2008, à la douane zambienne, 50% des exportations de cuivre étaient supposées partir en Suisse. Mais les données suisses indiquent que la plupart du cuivre n’arrive jamais dans le pays… Et le cuivre (ré)exporté par la Suisse est vendu beaucoup plus cher que celui exporté par la Zambie. Évaporation de matières premières, bénéfices réalisés lors de transferts douteux par le paradis fiscal suisse... Heureusement, la BEI soutient l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives ! Selon l’ONG Christian Aid [3], si la Zambie recevait pour son cuivre le montant des prix à l’exportation de la Suisse, elle aurait en 2008 ajouté 11 milliards de dollars supplémentaires à son PIB, actuellement de 14 milliards...
Le lourd passif de Glencore, spécialiste de l’« optimisation fiscale »
Au vu de la situation en Zambie, les graves dérives de ce projet minier étaient prévisibles, souligne le rapport des Amis de la Terre. Comment la BEI peut-elle cautionner ce type de projet ? « Nous ne participerons à aucune pratique criminelle, frauduleuse ou de corruption », affirme sur son site l’entreprise Glencore, propriétaire de la mine MCM. « Nous offrons des emplois et de nombreux autres avantages, ce qui contribue directement et indirectement à la prospérité et au développement de nos pays d’accueil en général et dans les communautés locales en particulier. »
Voilà qui a dû rassurer la BEI… Et faire oublier le lourd passif du groupe Glencore, accusé de « complicité » et de « pillage systématique », pour avoir racheté puis liquidé la société française Metaleurop. Glencore avait transféré ses titres de Metaleurop dans une société offshore, Glencore Finance Bermuda. En Colombie, la multinationale, propriétaire de mines de charbon, est accusée d’être responsable de violations des droits de l’Homme. Avec l’aide de l’armée, elle aurait rasé des villages entiers et exproprié des habitants. En Zambie, elle est aussi soupçonnée de corruption sur le commerce de cobalt. L’entreprise est également citée pour avoir versé des commissions occultes à Saddam Hussein. Un vrai modèle de responsabilité sociale et environnementale…
Quand nos impôts financent des pratiques criminelles
Glencore, qui emploie 50.000 personnes à travers le monde, a réalisé un chiffre d’affaires de 106 milliards de dollars en 2009. Elle possède 66 milliards de dollars d’actifs [4]. Soit 5 fois plus que le PIB de la Zambie. Fondée en 1974 par Marc Rich, sulfureux homme d’affaires condamné par la justice américaine pour fraude fiscale et contournement de l’embargo d’Iran, l’entreprise est installée à Zoug, l’endroit le plus fiscalement favorable de Suisse. Elle s’est vue décerner en 2008 le Public Eye award de la pire entreprise de l’année. En quoi une telle entreprise mérite-t-elle de recevoir des fonds publics pour le développement ? Une aide de la BEI permet d’attirer des bailleurs de fonds, en jouant un rôle de catalyseur. Visiblement, Glencore n’a absolument pas besoin d’un tel soutien pour faire des affaires… L’entreprise, leader des traders de matières premières, prévoit de lever 10 milliards d’euros pour son entrée en bourse en 2011.
Le BEI finance beaucoup d’autres projets de ce type. Entre 2000 et 2007, 80% des financements de la BEI en Zambie sont allée au secteur minier. Évaluations et analyses indépendantes sont absentes. « Du moment que la BEI se fait rembourser, elle se fout du reste, s’emporte Savior Mwambwa, directeur de l’ONG zambienne CTPD. Cette industrie provoque des effets en chaîne sur d’autres secteurs, sur les écoles, les hôpitaux. Depuis la privatisation, tout le monde est conscient que ce n’est pas un problème local. Nous ne nous battons pas seulement contre le projet de Mopani, même s’il nous semble emblématique de ces dérives. »
La BEI, « banque de l’Union européenne », est spécialiste du financement du réchauffement climatique, des décisions opaques, des « prêts pourris » à l’Afrique. Avec un capital de 232 milliards d’euros, et près de 80 milliards de financements accordés par an, elle pourrait être un levier pour une transition vers un autre modèle de développement. Ses dirigeants, ministres des Finances des pays européens, préfèrent visiblement investir dans la destruction de territoires, l’exploitation de populations, et la promotion d’échanges commerciaux injustes. « La pauvreté induite par ces industries minières est celle d’un pays en guerre, constate Savior Mwambwa. Nous voulons nous battre contre ces compagnies, comme si nous étions en guerre ». Ce qui suppose aussi de combattre la politique de la BEI, bras armé de la guerre libérale, financée sur fonds publics.
Agnès Rousseaux
Photos : Anne-Sophie Simpere, Les Amis de la terre
Notes
[1] Chiffre de 2008. Source : OMC, Trade policy review – Zambia, juin 2009. La Zambie produit 570.000 tonnes de cuivre chaque année (chiffre de 2008)
[2] Source : Rapport des Amis de la terre
[3] Rapport de Christian Aid, Blowing the Whistle : Time’s Up for Financial Secrecy, mai 2010, p.23
[4] Et en 2007, ses profits étaient de 6 milliards de dollars. Source
En savoir plus
Rapport des Amis de la Terre, Counter Balance et CTPD : « Projet Mopani (Zambie) : l’Europe au cœur d’un scandale minier »
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Etes vous animiste ou totémiste ?
Hier soir, dimanche 30 janvier Chantal Delacotte éveillait 200 Dioises et Diois à la pensée de Philippe Descolas aux Rencontres de l' Ecologie de Die. la Philosophie à la porté de toutes et tous.
« Je » et « tu » existent dans toutes les langues. Cependant, pour la faune et la flore, il existe des voies différentes pour se prononcer sur ce qu’elles ont en commun avec les humains. Par exemple, dans le totémisme, une même classe totémique regroupe humains et non-humains dans une ressemblance des intériorités. Le totem joue le rôle d’une matrice immuable dont l’humain et le non-humain sont des incarnations. Seules les enveloppes corporelles se modifient. Des régimes d’identification tels que l’anthropocentrisme ou l’analogie sont basés sur une différence radicale des intériorités entre humains et non-humains. L’animisme correspond à une ontologie basée à la fois sur une intériorité identique et une spécificité pour chaque classe d’êtres. Dans une conception animiste, la société des toucans est régie comme celle des hommes, et d’une certaine manière, tout n’est que culture, les toucans étant considérés comme ayant un comportement culturel. Selon Descola, dans une ontologie animiste, il est plus « difficile de discerner une individualité bien affirmée derrière la brume équivoque des apparences et des faux semblants » . Cette gestion plus difficile de l’identité est sous-jacente aux rites de la chasse aux têtes chez les Jivaros. La tsantsa est préparée pour représenter une identité jivaro générique, dépersonnalisée alors même que la représentation unique d’un visage y est conservée. Le guerrier capte pour sa lignée une identité vierge, qui sera actualisée par un enfant à naître.
Chez les Jivaros et d’autres peuples des basses terres d’Amérique du Sud, la « prédation constitue le schéma cardinal de la relation à autrui ». Dans l’ensemble de ces populations, les formes de réciprocité sont souvent très développées et valorisées, comme par exemple, chez les Tukanos et les Compas. Ces sociétés possèdent généralement le même type d’ontologie, la même base économique, les mêmes techniques, particulièrement d’apprivoisement de jeunes animaux sauvages, dans un écosystème équivalent. Cependant, les Jivaros ne se seraient jamais inscrits dans un système d’échange, selon Descola, et maintiennent dans leurs relations avec les humains et les non-humains, une « tension prédatrice » (p. 469).
Levi-Strauss a souligné la place primordiale de l’échange. Celle-ci se conçoit particulièrement dans le cadre d’une ontologie totémique : chaque classe totémique n’est qu’une partie qui doit échanger pour se perpétuer. L’ontologie animiste ouvrirait un nouveau possible : une compatibilité avec un comportement de pure prédation, se traduisant par la guerre, la vendetta, le rapt des jeunes animaux, des femmes et des enfants. Ce possible est celui des sociétés de l’animisme prédateur, dont les Jivaros forment une réalisation.
Descola propose des débuts de mises en série convaincantes : l’ontologie analogique s’associe aux pratiques sacrificielles. Les analogies permettent de chaîner le sacrifiant au sacrifié, la victime à la divinité. La série n’est pas complétée du côté économique : sans doute un lien existe entre ces économies de la connaissance et la typologie des économies premières distinguant les chasseurs-cueilleurs, les chasseurs-essarteurs, les éleveurs – sachant que la pratique sacrificielle est sans doute un puissant stimulant à la diffusion de l’élevage. Cette discussion est absente. Un autre limite de la démarche de Descola est dans l’absence d’ouverture vers la situation de sociétés contemporaines, qui sont elles aussi sans doute Par-delà nature et culture , sans que ses ontologies spécifiques soient réellement évoquées.
L’évaluation environnementale témoigne encore aujourd’hui d’une hétérogénéité des modes d’identification entre humains et non-humains. Descola n’aide à comprendre qu’une hétérogénéité des sociétés premières. Néanmoins sa contribution est majeure pour qui veut comprendre l’hétérogénéité des relations entre humains et non-humains. Certains des modes d’identification catalogués par Descola arrivent à fédérer un monde commun préservant l’hétérogénéité des composantes, comme dans le cas du totémisme, d’autres non, comme l’animisme prédateur des Jivaros.
Ecologie au Quotidien
dimanche 30 janvier 2011
Die 26150 : Danielle Mitterrand aux Rencontres de l' Ecologie de Die
Les droits de l'homme sont aussi les droits à des conditions de vie dignes.
- Afin de garantir la ressource pour les générations futures, nous avons le devoir de restituer l’eau à la nature dans sa pureté d’origine.
- L’accès à l’eau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par une gestion publique, démocratique et transparente, inscrite dans la loi.
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Campagne publicitaire AREVA : L'épopée de l'énergie
15 millions d’euros, c’est le montant que « les candidats à l’élection présidentielle étaient autorisés à dépenser avant le premier tour » en 2007, rappelle le journaliste Hervé Kempf. De quoi s’assurer une belle autopromotion ! Les publicitaires d’Euro RSCG, l’agence en charge de la réalisation du clip, s’en sont donnés à cœur joie pour cette superproduction [1], digne du cinéma hollywoodien.
La vie made in Areva
En l’espace d’une minute, la caméra survole les voiliers de l’époque babylonienne poussés par le vent, les moulins à eau du temps des cathédrales, les locomotives à vapeur de la révolution industrielle, puis les puits de pétrole et stations essence américaines des années 1960. Les dernières secondes s’achèvent par un travelling sur un parc éolien off-shore, jouxtant une centrale nucléaire et une immense ferme solaire. C’est dans une ambiance survoltée, avec des jeunes dansant sur la terrasse d’un immeuble, que le spot conclut : « L’énergie est une histoire qui n’a pas fini de s’écrire. Continuons de l’écrire avec moins de CO2. »
Areva « donne du sens » à l’histoire
« Personne n’a jamais dit que le nucléaire est une énergie renouvelable », défend Jacques-Emmanuel Saulnier, directeur de la communication et porte-parole du groupe Areva. On a eu peur. Parce que c’est bien l’impression que donne ce spot publicitaire. En présentant l’épopée de l’énergie, Areva veut montrer le « progrès continu » de l’histoire. Une histoire, réécrite par Areva, dont le nucléaire serait un peu l’aboutissement…
Le film « permet de remettre en perspective, de donner du sens à l’histoire de l’énergie », affirme Jacques-Emmanuel Saulnier. Et aussi de montrer comment Areva s’insère dans cette histoire « en donnant une tonalité qui est tout sauf dramatique ». Car « l’énergie est un facteur de développement, c’est un facteur de prospérité, c’est un facteur de bien-être », martèle le directeur de la communication. Les populations de la ville minière d’Arlit au Niger, où Areva extrait de l’uranium et stocke des déchets radioactifs à l’air libre, et où le taux de contamination des eaux dépasse de 7 à 110 fois les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, apprécieront. Comment Areva peut-elle oublier ce genre de détail dans sa communication, qu’elle qualifie de « volontairement décomplexée » ?
« Ce film nous ressemble parce qu’il nous permet d’évoquer un sujet sérieux sans nous prendre au sérieux », explique Jacques-Emmanuel Saulnier. Ne pas se prendre au sérieux, quand on s’occupe de réacteurs nucléaires, ce n’est pas un peu dangereux ?
Bienvenue dans « l’hyperréalité » selon Areva !
« Pour extraire l’uranium, plus besoin de mineurs. Pas de travailleurs sous-traitants exposés à la radiation, ni de déchets radioactifs, et motus sur les rejets cancérigènes des centrales et de La Hague : c’est la vie rêvée made in Areva, lisse et aseptisée », s’énerve-t-on du côté du réseau Sortir du nucléaire. On imagine mal la jeunesse dorée représentée dans ce spot et trinquant entre amis, discuter déchets nucléaires et risques d’accidents.
Chez Areva, on explique avoir adopté pour cette dernière séquence du clip, représentant « aujourd’hui et demain », le style « hyperréaliste des jeux vidéo ». À l’inverse des plans des autres époques où l’on voit des gens au travail ou dans les rues, ici des jeunes dansent et font la fête sur le toit des gratte-ciels, dans l’insouciance la plus totale. Bienvenue dans « l’hyperréalité » selon Areva !
Plainte contre la « propagande massive » d’Areva
L’association Sortir du nucléaire vient de déposer une plainte devant l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), pour « dénoncer les manipulations induites par cette propagande massive », qui fait passer le nucléaire pour une énergie propre. L’enjeu ? Relancer le débat sur l’énergie. En 2009, les Verts avaient obtenu, après plainte auprès de l’ARPP, la suspension de la précédente campagne publicitaire d’Areva, « L’énergie au sens propre ».
Sophie Chapelle et Agnès Rousseaux
En réaction à la campagne d’Areva, le Réseau Sortir du nucléaire diffuse un spot parodique :
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L' accès à l' eau....
Appuyés par Survival, les Bushmen avaient fait appel d 'une décision de la Haute cour botswanaise de 2010 qui leur interdisait l 'accès à un puits dont ils dépendent pour s'approvisionner en eau. Le panel de cinq juges a estimé que:
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En quête de Zones Blanches
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samedi 29 janvier 2011
Préparons l' anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl
Pour préparer les actions qui seront organisées pour les 25 ans de Tchernobyl, l'association "Rhône Alpes sans nucléaire" vous invite à une réunion de préparation
le mardi 15 février à 19h,
à l'Atelier, 9 rue Dumenge, à Lyon.
Patrick Monnet monnet.patrick2@wanadoo.fr
Tél : 04 72 35 97 23
http://pagesperso-orange.fr/ra-sans-nucleaire/
Vous trouverez ci-dessous l'invitation
Laura Hameaux
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Le camps Vanier à Vassieux en Vercors créé l' émoi
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