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mercredi 10 novembre 2010

La forêt est épuisable ...


Est Républicain 1ier octobre 2010

Bonjour,

Voici ce que je craignais dès le début quand on a commencé à parler d’utiliser la biomasse forestière.

Le NETTOYAGE DES FORETS est, pour moi, la stérilisation du milieu forestier, il lui enlève sa principale source de régénération et d’apport d’humus indispensable à la vie et au développement des arbres et de sa faune.

C’est une vraie fausse idée de « propreté » et à l’encontre de la fameuse « gestion durable ».

A terme nous aurons des forêts appauvries stériles incapables de se régénérer et donc à qui, il faudra apporter des engrais (que l’on aura confectionnés avec beaucoup d’énergie !).

Succinctement : les bois non exploités, les « déchets » d’exploitation laissés en forêts contiennent la plus grande part des sels minéraux et fertilisants (concentrés dans les branches et les petits diamètres, pour faire vite). Ces bois abandonnés (qui font sales…), une fois transformés par les insectes xylophages (grands capricornes, rosalies, lucanes, scolytes…), facilitent l’action des microorganismes du sol (mycélium et bactéries décomposeurs) et ainsi peuvent resservir de fertilisants naturels aux plantes forestières. Et le cycle recommence. Ceux qui veulent plus de détails le demandent.

Jusqu’à présent, nos forêts sont des écosystèmes relativement naturels, ils deviendront des milieux fragilisés comme la populiculture (culture de peupliers) qui n’a plus rien à voir avec des forêts. Ils seront plus sensibles aux maladies (donc traitements avec des fongicides, insecticides, …qui rapporteront beaucoup aux grands trusts de l’agrochimie et donc encore dépenses d’énergie). Cela sans parler des conséquences sur la faune et les répercutions sur la microfaune du sol.

Pour faire simple, la biomasse apporte donc de la nourriture mais aussi de la chaleur au sol dégagée par la transformation de la matière organique et enfin régule la diffusion d’eau plus régulièrement (effet éponge) et limite donc l’érosion (lessivage).

C’est le début d’une nouvelle catastrophe prévisible.

Ne rentrons pas dans ce piège. Défendons nos forêts le « produire plus de bois en protégeant mieux la biodiversité» est un leurre.

Gilbert

12 Boulevard Adolphe Ferrier

2610 Die

Tél. : 04 75 22 07 51

Ou : 09 52 57 07 51

4 commentaires:

  1. Je suis bien en accord avec l'analyse de Gilbert

    Je rajouterais juste que toute combustion de matière organique (bois,paille, déchets verts...) aggrave la teneur en CO2 de l'atmosphère et prive le sol d'un humus indispensable à sa stabilité et sa richesse
    A bientôt
    Jean-Marie Verdet, agriculteur à Saint Roman en Diois

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  2. Par rapport à la combustion de fuel,gaz etc. celle de bois est quand même neutre pour l'atmosphère, car les arbres repoussent et refixeront du CO2. mais je suis d'accord que pour les sols agricoles avec leurs
    rotations rapides il faudrait restituer un maximum de fibres/azote organique/minéraux sous forme de paille, déchets verts etc.
    Pour les bois qui sont récoltés dans des "rotations" très très longues (plusieurs dizaines d'années!), les chosent sont complètement différentes: le sol sous les arbres reçoit chaque automne des résidus(feuilles mortes branches qui tombent, petits arbres qui meurent à l'ombre des plus grands; herbes qui "pourrissent" car jamais prélevés.
    Ici la biomasse s'accumule d'année en année, sans importance si tous les 40 ou 80 ans on prélève un arbre avec ou sans branches!
    Regardez l'état des montagnes dioises en 1900 et aujourd'hui ! c'est fantastique. bien sûre il faut distinguer par sols,roche-mère, couverture végétale (feuillus/épineux) etc; sur sol granitique ça ne se serait pas passé comme ça.
    Je suis contre les coupes blanches et une "propreté" qu'a promulgué l'arrière dernière génération, mais je pense que la peur de Gilbert est irrationnelle: personne va s'amuser aujourd'hui à sortir les dernières branchettes des forêts; plein de parcelles et pentes resteront toujours inexploitable. Les vrais problèmes sont toujours les coupes blanches, les monocultures, l'érosion suite aux pistes surdimensionées, des gros engins par mauvais temps etc.
    Jochen Haun, agriculteur à Vachères en Quint, 26

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  3. Je partage pleinement l'argumentation de JOCHEN HAUN;D'autant que lorsque l'on prélève les arbres avec les branches on doit en prélever moins pour
    produire AUTANT de chauffage ! (par rapport a si on laissait les branches au sol.).Selon les cas ,les branches représentent 15 A 40% en volume par rapport
    au tronc.Donc si on prélève le bois avec les branches ,ON EN COUPERAS MOINS, donc la nature aura plus le temps de refabriquer du bois ; cqfd(peut être
    trop simpliste, mais efficace!)
    Pierre Emmanuel ROBIN, agriculteur à Luc en Diois

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  4. Bonjour Gilbert, tu connais certainement mieux l'écosystème et le travail forestier et sûrement il y a plus de minéraux dans les parties vertes ou vivantes de l'arbre.
    En écrivant mon dernier mail , discutant entre Diois, J'imaginais les bois autour de nous, marqués par le pin sylvestre. D'habitude il y a
    postérieures strates, herbacée, arbustes, petits pins tordus, quelques grands pins, quelques arbres feuillus, enfin très peu.
    Pour arriver aux arbres qu'on veut couper, il faut déjà tronçonner un paquet de buis, de piquants et de petits pins tordus pour créer un
    passage. et tout ça reste évidemment sur place et j'estime irrationnel de croire que quelqu'un va un jour sortir tout ça pour faire propre. Les
    familles nombreuses n'habitent plus dans nos petits villages, les équipes de bucherons italiens et portugais sont parties et les entreprises forestières de leurs descendants qui existent encore, veulent être rentable et laissent largement de branches après leur passage et pas que ça.
    Je vois la quotte-part des arbres qui quittent une parcelle , avec ou sans branches, par rapport à la biomasse qui reste et qui continue de s'accumuler d'année en année, s'il on veille à maintenir un vrai bois.
    Les racines et les multiples réactions biochimiques sur leurs surfaces et la vie microbienne du sol mobilisent d'ailleurs aussi constamment des sels minéraux du sous-sol, de la roche-mère et de l'humus. Faut respecter un équilibre.
    Tout change évidemment s'il on s'imagine une forêt de hêtres ou de pins noirs en monoculture, d'une certaine taille,ou il n'y a plus de strates
    d'autres végétaux, quelques feuilles mortes et c'est tout. Là Gilbert, tu as raison en tous les points. J'aurais pitié, je ne sortirais aucune branche, promis!
    D'ailleurs , j'ai vu une abatteuse qui ébranche et écorce sur le lieu , c'est ce qu'il faudrait alors pour les coupes "professionnelles".
    Mais est-ce que ça marche aussi dans des vraies forêts (multiespèces)?
    Pour finir: je ne sais pas comment on peut être pour ou contre ce qu'a dit J.Marie: c'est une évidence.
    mais n'oublions pas l'autre évidence: la branche qui se décompose lentement dans le sous-bois comme le tas de compost de déchets verts qui fermente, dégagent aussi du CO2, seulement une minime partie du carbone
    finit sous forme d'humus stable qui stocke effectivement du carbone en le retenant de l'atmosphère ...
    Certes le carbone qui a transité (et fait vivre) pleins de microorganismes, a eu une vie meilleure que celui qui est passé directement par la cheminée d'un de ces trop nombreux humains et qui en plus a pu observer d'en haut les bêtises qu'organise notre espèce sur terre.
    Cordialement Jochen Haun, paysan à Vachère en Quint 26

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