Au cours des dernières années, la plupart des gouvernements à la solde des nucléocrates (Sarkozy est le plus vil) ont remis la table pour l'industrie atomique. Même à l'échelle d'une courte vie humaine, deux accidents graves comme ceux de Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986) n'ont donc pas suffi pour convaincre les décideurs des risques qu'ils font courir à leurs semblables. La mémoire humaine étant faite pour oublier, il aura donc suffi d'une quinzaine d'années avec des milliers d’accidents mineurs pour mettre fin au moratoire quasi international sous prétexte de combattre un autre problème créer par nos sociétés industrielles, celui du réchauffement climatique.
Nous sommes encore loin de connaître le dénouement de la catastrophe et du drame qui secoue le Japon. Si le coeur d'un ou de plusieurs réacteurs venait à fondre, qui peut prédire ce qui arriverait? De même, que se passera-t-il si les 40 années de déchets radioactifs entassés sous la centrale s'enflamment à cause de la panne du système de refroidissement qui les aura laissés à découvert? Un scénario plausible, mais si épouvantable que personne n'ose l'envisager pour le moment.
Toutes les activités humaines comportent un certain niveau de risque, cela s'entend. C'est le cas de l'énergie comme du reste. Mais le nucléaire se singularise par son irréversibilité et l’ampleur du désastre causé.
Il s'agit, en effet, d'un type d'énergie dont même les plus nucléocrates sont incapables de prédire toutes les conséquences dans un environnement qui ne serait pas parfaitement contrôlé. Et c'est le cas présentement à la centrale de Fukushima Daiichi.
La technologie nucléaire est la réponse la plus facile à la croissance exponentielle de la demande en électricité dans le monde (Mais ne représente que 13 % ce jour) . Mais il s'agit d'une réponse à très court terme à l'échelle de la vie malgré les risques à très long terme qu'elle fait peser sur la planète et les êtres vivants. Risques créés par les catastrophes naturelles imprévisibles, mais aussi par les erreurs humaines, le fanatisme politique ou religieux, ou, plus simplement, par l'accumulation de milliers de tonnes de déchets qui resteront radioactifs pendant des siècles et qu'aucun pays ne sait encore éliminer en toute sûreté.
Le problème vaut pour tous les pays du monde. Et que dire des centrales elles-mêmes et des réacteurs qu'il faudra démanteler d'ici quelques années, ou bétonner pour les siècles à venir ? Une gabegie financière ajoutée à une inconséquence irresponsable. Nettoyer Fukushima demandera plus de 100 ans.

À la veille de décider si les contribuables français financeront la construction de l’EPR de Flamanville et ITER de Cadarache pour et la poursuite des travaux de mise à niveau des réacteurs de 58 réacteurs, les français auraient raison de s'inquiéter et d'exiger des gouvernements qu'ils réévaluent la pertinence pour les générations à venir d'investir encore des milliards dans cette filière irrémédiablement dangereuse et désormais criminelle . (photo : moines demandant l' arrêt du nucléaire au Japon)