Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

Affichage des articles dont le libellé est décès. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est décès. Afficher tous les articles

mardi 18 mars 2014

Drôme : Le vent déplace la pollution un peu plus au sud...



DROME, fin passagère de l’épisode de pollution: le transport aérien était également concerné…
Dimanche 16 mars, les concentrations en particules fines ont connu une nette diminution, en partie grâce à une masse d’air qui ne vient plus d’Europe centrale et qui n’amène donc plus de particules secondaires issues des travaux agricoles.
D’autre part, la présence du vent a permis la dispersion des polluants, les émissions ayant d’autre part été faibles compte tenu des actions mises en place et du jour dominical.
Par conséquent, l’alerte régionale est levée.
Ainsi a également été décidée l’annulation des mesures mise en œuvre du plan national d’action de l’aviation civile en Rhône-Alpes.
En effet, en application du plan national d’action de l’aviation civile, en cas de pic de pollution prolongée, des mesures relatives au transport aérien sur les aérodromes situés en zone de pollution dense (nord Drôme) avaient été prises le 16 mars dernier.
Les mesures visaient à ce que les décollages et atterrissages d’entraînement ne soient autorisés que pour les pilotes en formation professionnelle initiale ; les essais moteurs dont l’objet n’est plus d’entreprendre un vol étaient ainsi interdits pour les aérodromes de Saint-Rambert-d’Albon, Valence Chabeuil et Romans Saint-Paul. 
Nota : La pollution atmosphérique représente chaque année 30 000 morts,  les accidents de la route 5000 décès. A quand les mêmes campagnes de préventions et dispositions sur les routes ?

dimanche 23 février 2014

Décès d' une militante du féminisme...Antoinette Fouque....



Décès d'Antoinette Fouque, cofondatrice du Mouvement de libération des femmes : Elle était une pionnière du mouvement féministe en France...
Antoinette Fouque, cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) en 1968, est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris à l'âge de 77 ans, ont annoncé vendredi soir «ses amies du MLF».
De formation littéraire, cette psychanalyste avait été à l'origine de la création du MLF avec Monique Wittig, lors d'une réunion en octobre 1968. Dès l'annonce de sa mort, les hommages de multipliaient.
Figure historique du féminisme français des années 70, créatrice et directrice des éditions des Femmes (1973), elle fut l'animatrice du groupe "Psychanalyse et Politique", l'un des courants majeurs du féminisme en France. Elle avait été députée européenne (Radicale) de 1994 à 1999.
Née le 1er octobre 1936 à Marseille, Antoinette Fouque, diplômée d'études supérieures de lettres et docteur en sciences politiques, est d'abord enseignante (1961), et parallèlement, à partir de 1964, critique littéraire et traductrice, notamment aux Cahiers du Sud et à La Quinzaine littéraire. En 1968, elle participe à la fondation du MLF, au sein duquel elle fonde et anime le groupe «Psychanalyse et Politique».
Dans la foulée de la création des éditions des Femmes, elle ouvre trois librairies «Des Femmes» à Paris, Lyon et Marseille, dirige Le Quotidien des femmes (1974), puis Femmes en mouvement (1978-1982), et inaugure la Bibliothèque des voix, composée de livres-cassettes. Devenue entre-temps psychanalyste, Antoinette Fouque préside l'Alliance française de San Diego aux Etats-Unis (1986-1988), avant de fonder en 1989 L'Alliance des femmes pour la démocratie, dont elle sera présidente.
Dans les années 90, cette théoricienne du féminisme, aux positions souvent controversées, s'engage nettement sur le terrain politique. Chargée de mission auprès de Michèle André, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes en 1990, elle fonde deux ans plus tard le club Parité 2000, avant d'être élue au Parlement européen en 1994, sur la liste «Energie radicale» de son compatriote marseillais Bernard Tapie. A Strasbourg, elle sera vice-présidente de la commission des Droits de la femme, et déléguée de l'UE à la conférence mondiale des femmes à Pékin (Chine) en 1995.
Parallèlement, elle est chargée de séminaires en sciences politiques et directrice de recherches à l'université de Paris-VIII Saint-Denis.
Commandeur de la Légion d'honneur, grand officier de l'ordre national du Mérite, commandeur des Arts et des Lettres, Antoinette Fouque, mère d'un fils, avait notamment publié Il y a deux sexes (1995, réédité en 2004).
MCD

samedi 23 novembre 2013

Décès d' un ami : Georges Apap...



DROME Georges Apap, ancien procureur de la République à Valence est mort aujourd'hui 19 novembre 2013
On apprend ce soir la mort à 87 ans, dans l'Hérault, de l'ancien procureur de la République de Valence, Georges Apap.
Georges Apap, né en 1926 à Djidjelli, petit port de la côte algérienne, a parcouru l’Est et le centre de l’Algérie pendant les trente huit premières année de sa vie. Licencié en droit de la faculté d’Alger, il est avocat à Philippeville à partir de 1951 – il a vécu dans cette ville la journée dramatique du 20 Août 1955. Devenu magistrat, il se retrouve en 1957 juge d’instance à Ain Beïda, où il occupe de fait les fonctions de juge d’instruction et de procureur de la République.
Après l’indépendance, en 1962, il reste en Algérie pour aider à mettre en place l’organisation de la justice. A partir de 1964, il est magistrat en France pendant 28 ans dont vingt ans dans la fonction de procureur de la République. Il prend sa retraite en 1992, peu de temps après avoir été nommé avocat général à la cour d’appel de Paris.
Magistrat brillant et atypique, il s'était notamment prononcé pour la dépénalisation des drogues douces dans un discours lors de la rentrée solennelle du tribunal de grande instance de Valence en 1987. A l'époque, ses propos avaient soulevé une vive polémique et avaient eu un très fort retentissement dans le pays mais aussi à l'étranger. Peu après, en 1989, il avait été distingué par la "Drug policy fundation" aux Etats-Unis. Dans la Drôme, il avait laissé au sein de la compagnie judiciaire, un souvenir marquant, même chez ceux qui ne partageaient pas ses positions.
Témoignages après le décès d’un ancien procureur du Tribunal correctionnel Georges Apap, un homme de convictions
Georges Apap était l’intégrité faite homme. « Il avait une vraie intégrité intellectuelle, morale », confie Nicole Obrego, juge à la retraite.
Georges Apap est mort
Communiqué du Syndicat de la magistrature suite au décès de Georges Apap survenu le 19 novembre 2013
Communiqués de presse, publié le 20 novembre 2013, mis à jour le 20 novembre 2013
Georges Apap est mort
Figure historique du Syndicat de la magistrature, Georges Apap, qui a fait sa carrière au parquet, était unanimement reconnu pour ses grandes qualités humaines et la force de son engagement.
Souvenons-nous notamment de son discours courageux prononcé le 8 janvier 1987 lors de l’audience solennelle de rentrée du TGI de Valence où il exerçait les fonctions de procureur de la République, dans lequel il remettait clairement en cause la répression en matière de toxicomanie.
La tentative de mutation d’office « dans l’intérêt du service » dont il fit l’objet et les poursuites disciplinaires finalement engagées par Albin Chalandon, garde des Sceaux d’alors, pour manquement à l’obligation de réserve et aux obligations découlant de la subordination hiérarchique, n’ont pas eu raison de cet engagement.
Nous lui devons une décision essentielle de la commission de discipline du parquet confortant le principe de la liberté de parole à l’audience du magistrat du parquet.
La pertinence de ses réflexions sur l’inefficacité d’une politique répressive en matière de drogues est aujourd’hui plus que jamais démontrée.
L’ensemble de ses combats, et notamment celui en faveur de l’indépendance du parquet, nous animent toujours.
Sa disparition est une bien triste nouvelle. Le congrès du Syndicat de la magistrature qui se déroulera à Metz les 23 et 24 novembre prochains lui sera dédié.
Syndicat de la magistrature - 12-14, rue Charles Fourier,
75013 Paris
Tél. : 01 48 05 47 88 - Fax : 01 47 00 16 05
19 /11/13
Perte d’un ami
Nous apprenons le décès de notre ami Georges Apap. Il fut aussi pour moi, un ami proche, un homme que j'admirais. 
De 1980 à 1993, pendant une période difficile pour la paysannerie drômoise, il a su prendre toute sa place comme compagnon de route éminent et comme militant totalement investi dans toutes les tâches du Syndicalisme agricole de la Drôme. Participant aux formations juridiques, son opinion fut toujours utile, souvent précieuse. Dépassant le cadre d'un investissement de haute valeur de ce que furent ses responsabilités professionnelles et syndicales, Georges a été un intellectuel progressiste totalement investi dans les combats du siècle. Il a en particulier soutenu la Ferme écologique, autogestionnaire et libertaire du Moulin de Menglon dans le Diois (1979-1996). Profondément humain en nous invitant à chaque instant à une intelligence aiguë de la situation sociale et de ses contradictions. Transformer le réel avait pour lui du sens comme partager une vision des mutations du monde. Participer aux mouvements sociaux aussi. L'engagement était pour lui essentiel. Nous mesurons ce qu'il nous a apporté.
Nous adressons à son épouse, Mme Raymonde Apap, à  Françoise, Michel et Marcel ses enfants, et tous ses petits-enfants, à ses proches nos fraternelles condoléances.
Claude Veyret (syndicaliste paysan de 1972 à 1996)


vendredi 13 septembre 2013

Décès de Albert Jacquard...



Albert Jacquard "une lumière s’éteint"
Agé de 87 ans, ce polytechnicien et militant de gauche a succombé mercredi soir à une leucémie. Son collier de barbe encadrant une gueule cabossée de philosophe antique et ses combats passionnés pour les sans-papiers et contre le racisme ont marqué les mémoires 
L'annonce de la mort d'Albert Jacquard, connu à la fois pour ses travaux sur la génétique et pour ses engagements citoyens, suscite une vive émotion jeudi 12 septembre. Parallèlement à l'enseignement et son travail d'expert à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce Lyonnais d'origine n'avait de cesse de démonter les arguments prétendument scientifiques des théories racistes.
UN "HUMANISTE ENGAGÉ"
"Albert Jacquard était un grand généticien, un chercheur attaché à la diffusion des savoirs, un professeur renommé et un écrivain respecté", mais aussi "un humaniste engagé qui militait inlassablement pour les droits des plus pauvres, pour leur logement et leur dignité", a salué le président de la République dans un communiqué. "Les Français perdent un savant, et les plus démunis, un de leurs plus illustres porte-parole", a-t-il également souligné.
Le président d’honneur de l’association Droit au logement (DAL) a été emporté par une forme de leucémie à son domicile parisien du VIe arrondissement, a précisé son fils à l’AFP. «Courageux et profondément bon», «l’humanité des hommes était son combat», a lancé en hommage sur son compte twitter son collègue Axel Kahn.
«Les races humaines n’existent pas», martelait le Pr Jacquard, expliquant sans relâche pourquoi «l’inégalité» est un concept purement mathématique qui ne peut s’appliquer aux êtres vivants. «Le contraire d'"égal", c’est "différent" dès lors qu’il s’agit d’autre chose que des nombres, pas "inférieur" ou "supérieur"», assénait le généticien avec son petit cheveu sur la langue bien connu des auditeurs de sa chronique quotidienne sur France Culture (2001-2010). Un combat scientifique d’autant plus farouche qu’il s’est lancé sur le tard dans la bataille.
Né le 23 décembre 1925 à Lyon dans une famille de la bonne société, Albert Jacquard est reçu à Polytechnique vingt ans plus tard. C’est la Libération mais il vient de passer deux ans à préparer ses concours et n’a pas vraiment vu la Seconde Guerre mondiale, comme un «passager de l’Histoire».
Jeune ingénieur, il entre en 1951 à la Seita (manufactures des tabacs et allumettes) pour y travailler à la mise en place d’un des premiers systèmes informatiques. Tout en reconnaissant avoir été «passionné par ce travail», il regrettera par la suite d’avoir «joué le jeu de la réussite technique pendant dix ans». Car pour Albert Jacquard, «un ingénieur, un technicien efficace est par définition quelqu’un de dangereux, tandis qu’un chercheur est quelqu’un qui s’efforce d’être lucide».
Après un bref passage au ministère de la Santé publique, Jacquard rejoint l’Institut national d’études démographiques (Ined) en 1962. Il approche de la quarantaine et «s’aperçoit qu’on n’est pas éternel et qu’on ne veut pas gâcher sa vie à des choses dérisoires».
Auteur à succès
Albert Jacquard part donc étudier la génétique des populations dans la prestigieuse université américaine de Stanford, puis revient à l’Ined et passe deux doctorats en génétique et biologie humaine dans la foulée. Parallèlement à l’enseignement et son travail d’expert à l’OMS, il n’aura de cesse de démonter les arguments prétendument scientifiques des théories racistes et sera même témoin en 1987 au procès du nazi Klaus Barbie pour crimes contre l’humanité.
Ses premiers livres, comme Eloge de la différence: la génétique et l’homme (1978) rencontrent un grand succès qui ne se démentira pas, même quand il dérivera vers la philosophie, la vulgarisation scientifique ou l’humanisme anti-libéral. Car Albert Jacquard n’aimait pas plus le libéralisme - «catastrophe pour l’humanité» - que le racisme. «La compétition systématique entre les êtres humains est une ânerie», tranchait le professeur qui, à ce titre, se refusait à noter ses élèves, sauf à leur donner tous la même note.

samedi 24 août 2013

Décès du camarade Grumbach...

Tiennot Grumbach, en décembre 2000 lors d'une conférence de presse à Paris.

Tiennot Grumbach, l'"avocamarade" toujours au service des autres

Il avait quelque chose d'un loup de mer. Il en avait d'ailleurs les attributs, une pipe, un chandail épais, un fond de barbe. Il en avait surtout l'art de conter. Il livrait ce que nous appelions les histoires de l'oncle Paul, des récits d'évènement, de rencontre, de combat, ponctués toujours d'une citation, d'un dicton prêté non à La Fontaine, mais à Karl le Barbu ou à Mao de préférence.
Ce n'était pas la mer qu'il avait sillonnée. Il voyageait plutôt mal et toujours pour participer à une oeuvre utile. Il avait traversé les épisodes essentiels de notre histoire récente, ceux qui apprennent l'importance des révoltes et la valeur des luttes, contre la barbarie, contre la colonisation, contre le stalinisme, contre toutes les aberrations. Ce qui l'avait forgé, c'était donc l'Algérie, qu'il avait rêvée socialiste, le militantisme révolutionnaire dans les Yvelines, l'usine où il s'était établi et tous les combats qu'il avait accompagnés de sa haute stature, de sa belle voix, et de son habileté à faire des tracts. Et déjà dans cette vie mouvementée, le goût de la lecture, le besoin de discussion, le sens de l'organisation, tout ce qu'il manifestera dans sa vie d'intellectuel engagé.
Au sortir de cette jeunesse pleine de fureur, au début des années 1970, il choisit le droit du travail. Il n'avait pas de familiarité avec le droit. Il était assistant de science politique. Il choisit le métier d'avocat. Il n'appréciait guère le monde de la basoche. S'il choisit le droit du travail, c'était pour mieux épouser la cause des travailleurs. Et pendant quarante ans, Tiennot fut, pour tous, un repère.
THÉORIE AUX FORMULES IMAGÉES
Il invente une nouvelle manière d'être avocat. Son cabinet était une sorte de phalanstère. Tous égaux. Les militants, les travailleurs s'y pressaient car ils y construisaient avec Tiennot et les siens, leur dossier, leur stratégie, leurs luttes. Avec lui on ne parlait pas d'argent, on parlait de dignité et de réintégration. Sa détestation, c'était le chèque-valise, le chèque, parfois très élevé, que l'employeur sait convaincre des salariés de recevoir pour ne plus entendre parler d'eux. Avec lui, on cherchait à interpréter les changements du travail, les arrêts de chaîne de production, les cessions de brevets. Nul mieux que lui n'a vite ressenti et bien analysé la financiarisation, les délocalisations, l'immense mouvement contemporain de transfert des risques vers les travailleurs. Il théorisait avec gourmandise et évoquait Hilferding et l'essor du capitalisme financier, André Gorz bien sûr, et bien d'autres. Mais il savait traduire leurs analyses exigeantes en formules imagées. Avec les syndicalistes de l'audiovisuel, il inventera aussi, devant moi, la théorie des patates. Tous comprenaient.
Comprendre, pour agir mieux, c'était une obsession, pour lui et pour les autres. Il ne se passait donc pas un mois sans qu'il organise un colloque, un séminaire, une réunion de travail avec les "avocamarades", mais aussi avec des sociologues, des experts comptables, des conseillers purd'homaux... Pas un mois sans qu'il n'écrive un long article, qu'il envoyait pour critique à des amis divers.
EN FAMILLE PARTOUT
Il aimait les livres, et en lisait beaucoup. Il était sensible à leur iconographie. Mais ce qui à ses yeux permettait le mieux la réflexion créatrice et le partage du savoir, c'était une revue. Il en créa donc. La Revue Travail, par exemple. Le Comité de rédaction était à l'image de Tiennot, pluriel. Les réunions, le samedi, chez lui. Le projet grandiose : un dialogue entre la réalité contemporaine du travail et les façons savantes de la comprendre pour la transformer. La revue, les revues, ce n'était pas suffisant. Il y eut, il y a toujours, le réseau, le site, le majestueux outil d'échanges entre militants, conseillers prud'homaux, avocats, universitaires. Tiennot c'est une force, une puissance au service des autres, ne vivant qu'avec les autres. Il était en famille partout. Car s'il y avait la dureté des luttes qu'il vivait, il y avait aussi la tendresse, celle qui inspire le regard aimant des élèves et des amis.
Grand avocat, puissant, recherché, grand agitateur, grand organisateur, Tiennot avait sa pudeur, une bienveillance dont tous bénéficiaient, surtout les jeunes pousses, une droiture de tous les instants, mais qu'il exigeait aussi de tous ceux qui faisaient commerce avec lui. Il était un immense porteur d'espoir.
Antoine Lyon Caen (professeur de droit à l'université Paris-X Nanterre et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales)

mercredi 31 juillet 2013

Romeyer, Saint Nazaire le Désert : Décès de Sophie Pintaux...



Bonjour,
Nous avons la triste tâche de vous annoncer que Sophie Pintaux nous a quittés hier pour d'autres cieux….
Nous lui souhaitons d'être en paix là où elle se trouve.
Sophie, artiste textile,  était une passionnée de patchwork et a exposé ses oeuvres à plusieurs reprises pendant les Rencontres de l'Ecologie.
L'enterrement aura lieu ce jeudi 1er août à 15 heures au cimetière de Romeyer-26
Nos pensées chaleureuses vont vers Jean-Loup et sa fille Agathe,
Amicalement,
Anne Tesson
PS: Merci de faire suivre ce message aux personnes qui connaissaient Sophie
Ecologie au Quotidien
04 75 21 00 56
Site : www.ecologieauquotidien.fr

vendredi 7 juin 2013

Le jeune Clément Méric , bien assassiné par l' Extrême Droite...


- Clément Méric, une jeunesse militante. Déjà leader lycéen et anarchiste à Brest, il était arrivé à Sciences-Po Paris en septembre, avait rejoint les antifascistes et s’était engagé contre l’homophobie.
Une minute de silence accompagnée d’un discours tout aussi court dénonçant un « acte odieux». Frédéric Mion, le nouveau directeur de Sciences-Po a fait dans la sobriété à 16 heures dans le jardin de l’école. Il n’a pas dressé le portrait de Clément Méric, laissant ce soin aux élèves rassemblés à midi devant les portes de l’école.
Les amis les plus proches, ceux qui combattent avec lui au sein de l’Action antifasciste Paris-Banlieue, sont en larmes et en colère contre les médias qui les harcèlent de questions. «Franchement la couleur de son slip, ce n’est pas intéressant, c’était un militant antifasciste, voilà», lâche au téléphone un de ses camarades de Solidaires, qui rassemble les syndicats SUD, étiqueté de gauche, auquel il appartenait.
Leucémie. Ceux qui le connaissent moins directement, ses «camarades» venus de l’Unef, du NPA ou du Parti de gauche sont plus prolixes. «C’était un petit pioupiou», raconte Raphaëlle Rémy-Leleu, étudiante en 4e année et ancienne de l’Unef. «Pas grand, pas épais, la voix douce», le décrit l’une de ses connaissances jointe au téléphone. «Il se relevait d’un combat contre une leucémie», précise Olivier, un membre de l’Action antifasciste Paris-Banlieue. «On le voyait toujours dans les couloirs en train de distribuer des tracts contre les fascistes, pour le droit des étrangers, pour l’égalité hommes-femmes», raconte Hadrien, étudiant et adhérent au Parti de gauche. Anarchiste libertaire, Clément «était toujours là à argumenter, à défendre ses idées, mais toujours avec respect, contrairement à beaucoup d’autres», précise-t-il. Selon une source policière, citée par l’AFP, il appartenait à un groupe d’extrême gauche recherchant la confrontation avec l’extrême droite, notamment avec le noyau dur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR).
Une violence que récusent ses connaissances. «Certes, il avait adopté l’esthétique redskin, il portait un blouson rouge Harrington et écoutait des groupes de musique engagés typiques de ce milieu, du punk et du ska, mais il était posé», explique l’une d’elles. «Ce n’était pas une tête brûlée, il ne se lançait pas dans des bastons à l’aveuglette, surtout lorsqu’il avait vu que les mecs en face avaient des armes», renchérit un de ses camarades. «Plus qu’un anarchiste qui va à la castagne, il me faisait penser à l’écrivain révolutionnaire Daniel Guérin. Brillant, il lisait beaucoup et était très structuré intellectuellement», raconte Armel Campagne, étudiant en histoire à la fac et qui a interviewé plusieurs fois Clément Méric pour un projet de livre sur la sociologie intellectuelle des élèves de l’Institut d’études politiques.
Red Star. Fils de deux professeurs de droit de la faculté de Brest, le jeune homme a été admis à Sciences-Po Paris après un bac scientifique mention très bien au lycée de l’Harteloire à Brest. Jean-Jacques Hillion, l’ancien proviseur du lycée, se souvient d’«un gamin un petit peu rebelle», mais «tout à fait respectueux des règles». Dès l’âge de 15 ans, il milite à la Confédération nationale du travail (CNT). «Capable de mobiliser ses camarades», il prend la tête du mouvement contre la réforme du lycée lancée par la droite en 2010.
Lors de son arrivée dans la capitale en septembre, il se tourne vers SUD, rejoint les «antifas» et commence à fréquenter le kop Bauer, les supporters du club de foot du Red Star, connus pour leurs positions de gauche. Il est alors de toutes les manifs et s’engage aussi contre l’homophobie et pour le mariage pour tous. «En quelques mois, il était devenu une figure connue, c’est évident qu’il avait été repéré par les militants d’extrême droite», assure Armel Campagne. Pour les élèves réunis devant l’IEP, aucun doute : il s’agit d’«un assassinat politique».
QUENTIN GIRARD, ANAÏS MOUTOT

- Clément Méric tué par les coups reçus au visage
Le rapport d'autopsie détermine que ce n'est pas la chute qui a causé la mort du jeune homme. L’autopsie de Clément Méric pratiquée vendredi matin a déterminé que «sa mort a été causée par plusieurs coups» portés au visage et non pas par sa chute en arrière sur un poteau en fer, celle-ci ayant laissé une simple trace d’ecchymose, selon des informations rapportées par RTL et confimées à Libération.
La police judiciaire soupçonne les deux skinheads âgés de 20 et 23 ans d’avoir utilisé «cet instrument en acier dangereux» qu’est le poing américain. Toutefois,  les deux auteurs présumés de ces violences reconnaissent juste avoir «frappé la victime, mais à mains nues».
Cinq personnes de 19 à 32 ans, dont une femme, gravitant dans les milieux d’extrême droite, restaient en garde à vue vendredi en fin d'après midi. Un homme de 37 ans avait été libéré en milieu de journée. Deux autres, dont une femme de 22 ans et un homme de 27 ans, ont été relâchés dans l’après-midi.
LDHrhonealpes@aol.com
04 79 28 21 20
Section Dioise
Chastel et Bassette
26150 Die

«Violence , alcool et intolérance des Extrêmes Droites»
 Il n’y avait pas eu de mort en France impliquant des militants de l’ultradroite depuis celle, en 1995, de Brahim Bouarram, un jeune Marocain mort noyé dans la Seine après y avoir été jeté par des skinheads en marge du traditionnel défilé du 1er Mai du Front national. A l’époque comme aujourd’hui, le Front national avait décliné toute responsabilité dans de tels actes.
Ce que Marine Le Pen ne peut nier en revanche c’est que le FN agrège des individus sinon des groupes constitués qui veulent «en découdre». Lors du dernier rassemblement du 1er Mai sous la bannière frontiste, un homme d’une cinquantaine d’années était sur le point d’agresser des Roms qui se trouvaient dans les parages. Il en avait été dissuadé par d’autres participants au défilé et par des membres du service de sécurité du parti – «la presse est là», lui avaient-ils fait observer. Le même avait proféré des propos homophobes. Il avait bu. Cet homme-là – il n’est pas le seul au FN – n’avait pas intégré les nouveaux éléments de langage élaborés par Marine Le Pen et son entourage.
Les Medias Citoyens Diois

vendredi 15 mars 2013

Décès de notre ami Robert Castel...



Robert Castel (1933-2013), un éclaireur du social
Robert Castel aurait eu 80 ans le 27 mars prochain. Directeur d'études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), ses premiers travaux portaient sur la psychiatrie. Mais son grand œuvre est d'avoir été l'un des plus perspicaces analystes de la condition salariale. Observateur ? Non point seulement, car son empathie faisait que les « gens de peu » n'étaient pas simplement des objets d'étude, mais des sujets politiques, dont il suscitait et justifiait l'irruption sur le devant de la scène.
Dans l'un de ses ouvrages majeurs, Les Métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat, paru en 1995, partant d'une analyse de la constitution de la société salariale, il a montré que son effritement, à partir du milieu des années 1970, menait à une « désaffiliation » faite de vulnérabilité et de fragilisation des personnes. D'un modèle salarial dominant fait de subordination mais aussi de protection sociale, il a montré l'arrivée d'un nouveau régime fondé sur l'insécurité sociale et la précarité. Il en concluait à l'absolue nécessité de se battre pour le maintien et l'approfondissement d'une société de solidarité.
Cette analyse a débouché sur les publications suivantes : L'Insécurité sociale : qu'est-ce qu'être protégé ?, en 2003, La Discrimination négative, en 2007, La Montée des incertitudes : travail, protections, statut de l'individu, en 2009.
La LDH se retrouvait dans cette analyse pratique et concrète de la nécessité de tous les droits pour tous, et partout. Robert Castel aimait les gens, il écrivait pour justifier leurs droits et militait ainsi pour ces derniers. La LDH salue l'homme, sa vie, son œuvre et son engagement.
La LDH s'honore par ailleurs d'avoir eu Robert Castel comme contributeur à la livraison 2011 de L'Etat des droits de l’Homme en France avec un article, justement intitulé : « La fragmentation sociale ». En ces temps rudes pour toutes celles et tous ceux que leur vulnérabilité sociale expose à tous les vents mauvais, il est judicieux de lire et relire ces textes qui refondent l'universalité et l'indivisibilité de tous les droits.
Claude Veyret
Section Dioise de la Ligue des Droits de l’Homme
LDHrhonealpes@aol.com
Section Dioise
Chastel et Bassette
26150 Die
Le sociologue Robert Castel est mort : Agé de 79 ans, il s'était fait notamment fait connaître par ses travaux sur la psychiatrie et sur le monde du travail.
Le sociologue français Robert Castel est décédé mardi à l’âge de 79 ans, à Vincennes (Val-de-Marne), a-t-on appris mercredi auprès de l’école des hautes études en sciences sociales (EHESS) où il était directeur d’études.
 «Robert Castel est décédé mardi à Vincennes à l’âge de 79 ans», a déclaré un porte-parole de l’EHESS à Paris.
Né le 27 mars 1933, Robert Castel s’est fait connaître par ses travaux critiques sur la psychiatrie dans les années 70 en publiant une dizaine d’ouvrages collectifs ainsi que plusieurs livres personnels et de nombreux articles sur le sujet, traduits en plusieurs langues.
Mais ce sont surtout ses travaux sur le monde du travail et le salariat qui lui ont valu une large notoriété. Il a notamment publié «Les métamorphoses de la question sociale» aux éditions Fayard en 1995, devenu un classique pour les sociologues et les chercheurs s’intéressant aux inégalités sociales.
Ses recherches analysent la façon dont la société salariale s’est constituée puis son effritement à partir du milieu des années 1970. Elles étudient aussi les conséquences sur l’intégration sociale et le statut de l’individu contemporain, pointant des menaces sur la cohésion sociale, avec l’apparition d’un monde parallèle constitué de précarité, de jeunes diplômés sans emploi, de salariés à temps partiel, de chômeurs.
Selon son ami et collègue Marc Bessin, Robert Castel «admirait les grands hommes, Pierre Bourdieu et Michel Foucault, mais il a toujours refusé de faire école». «Il a laissé une grande oeuvre avec tout le travail qu’il a fait sur la psychiatrie et la manière dont il s’est engagé dans une réflexion critique qui a accompagné tous les mouvements anti-autoritaires», a-t-il souligné.
Robert Castel a notamment publié «La gestion des risques» (éditions de Minuit, 1981), récemment réédité, une réflexion sur l’individu contemporain, «La montée des incertitudes» (Seuil), et, plus récemment «Changements et pensées du changement, échanges avec Robert Castel» avec Claude Martin, publié en 2012 aux éditions La découverte.
Texte de Robert Castel : Réduire les écarts de revenus pour réduire la cassure de la société
L’instauration d’un revenu minimal et d’un revenu maximal s’impose parce que notre société est menacée par une coupure. En haut de la structure sociale prolifèrent des groupes de nantis dotés de privilèges exorbitants. Ils n’ont plus rien de commun avec le nombre croissant de tous ceux qui n’arrivent plus à «joindre les deux bouts».
Cette coupure remet en question la possibilité de continuer à «faire société», qui suppose que tous ces membres fassent partie d’un même ensemble lié par des relations d’interdépendance. Face à ces menaces de fragmentation dues à l’explosion des inégalités deux séries complémentaires de mesures pourraient être imposées pour combattre cette dynamique destructrice de la cohésion sociale.
1) L’instauration d’un revenu maximal serait le moyen de maintenir ou de rapatrier les ultrariches au sein de l’ensemble social en rapprochant leurs conditions de celles du régime commun. A quel taux faudrait-il fixer le montant de ce revenu ? Des propositions de l’ordre de 20 fois le revenu minima, ou de 20 fois le Smic ont été avancées. On pourrait en discuter, et discuter aussi des moyens d’imposer de telles mesures. Mais elles doivent être défendues dans leur principe, car elles seraient un puissant moyen de réduire les inégalités en permettant de redistribuer une part des hauts revenus pour améliorer la condition du plus grand nombre et des plus démunis.
2) L’instauration d’un droit à un revenu minimal garanti devrait être posée comme une exigence incontournable pour assurer à tous les membres de la société le socle de ressources nécessaire pour satisfaire à leurs besoins. Mais plusieurs formules ont été avancées pour réaliser cette exigence, dont certaines me paraissent dangereuses. On a ainsi évoqué l’attribution d’un revenu d’existence ou de citoyenneté voire d’une allocation universelle qui se contenteraient de distribuer à tous une allocation financière minimale. Un tel revenu ne pourrait être qu’une médiocre allocation de subsistance qui n’assurerait pas l’indépendance économique des bénéficiaires.
Ceux-ci seraient obligés d’accomplir à n’importe quel prix des activités pour arrondir leur allocation. Ce serait un facteur supplémentaire de dégradation du marché du travail encourageant le développement d’activités médiocres et mal payées.
Le renforcement des minima sociaux et du RSA pourrait fournir une réponse plus consistante, à condition qu’il soit reformé. Ainsi le RSA étendu aux jeunes pourrait inclure aussi, outre l’API, la SS et la prime pour l’emploi, couvrant de ce fait la plupart des situations sociales déficitaires. L’allocation de base devrait être augmentée. Surtout, il devrait devenir un dispositif accès à l’emploi durable et non un palliatif qui risque d’entretenir la précarité. Sous ces conditions le RSA pourrait accomplir la double fonction de garantir un revenu assurant la satisfaction des besoins de base de ceux et de celles qui sont à distance de l’emploi durable, et d’accompagner les bénéficiaires sur la voie du retour à cet emploi durable.
Le RSA ainsi musclé pourrait constituer un élément essentiel de ce que l’on pourrait appeler une sécurité sociale minimale garantie. J’entends par là la possibilité de disposer de ces protections de base nécessaires pour être capable de mener une vie décente. Mais ces conditions ne sont pas seulement financières, elles dépendent aussi du fait d’être reconnu comme un sujet de droit.
ROBERT CASTEL Sociologue EHESS

mardi 5 mars 2013

Décès de Jerôme Savary...et mémoire de Jacques Coutureau....



Le metteur en scène et comédien Jérôme Savary est mort
Le metteur en scène et comédien Jérôme Savary est mort lundi soir des suites d'un cancer à l'âge de 70 ans, à l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret, dans la banlieue parisienne, a annoncé mardi 5 mars sa famille.
Né le 27 juin 1942 à Buenos Aires dans une famille française exilée pour cause

Le metteur en scène et comédien Jérôme Savary est mort
Le metteur en scène et comédien Jérôme Savary est mort lundi soir des suites d'un cancer à l'âge de 70 ans, à l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret, dans la banlieue parisienne, a annoncé mardi 5 mars sa famille.
Né le 27 juin 1942 à Buenos Aires dans une famille française exilée pour cause de pacifisme, Jérôme Savary est réfractaire à tout enseignement, dans la pampa comme à Paris, où il s'installe définitivement en 1964. Il suit les cours des Arts décoratifs, section fanfare, rythme bop. Il met en scène en 1965 ses premiers spectacles, Les Boîtes puis L'Invasion du vert olive. Proche du mouvement Panique, fondé par Topor, il met en scène Le Labyrinthe, d'Arrabal, au Sorano de Vincennes en 1966.
Ce boulimique et gourmet du théâtre populaire fonde, toujours en 1966, à Londres, le Grand Magic Circus avec lequel il monte divers spectacles, comme Zartan ou Superdupont. En 1982, il est président du Nouveau Théâtre populaire de Montpellier, où il reprend La Belle Hélène, monté à Paris en 1983, et dont il démissionne le 12 juin 1985. Grand défenseur de la démocratisation du théâtre, osant des mises en scène dépoussiérant les classiques, Jérôme Savary devient alors président du Centre dramatique de Lyon, où il crée Le Bal des cocus (1987).
PASSIONNÉ PAR OFFENBACH ET SHAKESPEARE
Hors, puis dans l'institution, Jérôme Savary multipliera les créations jusqu'en 1987, spectacles écrits ouvrant de larges plages à l'improvisation, mêlant toutes les formes d'expression à la musique – Cyrano de Bergerac en 1983, La Femme du boulanger en 1985 et les comédies musicales L'histoire du cochon qui voulait maigrir pour épouser Cochonette en 1984, Les Aventures du cochon en Amazonie en 1985, Cabaret en 1987.
Passionné par Offenbach et Shakespeare, Jérôme Savary, cigare vissé à la bouche, a adapté aussi bien Jules Verne (Le Tour du monde en 80 jours en 1979) que Goscinny-Uderzo (Astérix en 1988).
Il signe par ailleurs de nombreuses mises en scène d'opéra en Europe – à la Scala de Milan (Anacréon ou l'amour fugitif, 1983), au festival de Bregenz, en Autriche (La Flûte enchantée en 1985, Les Contes d'Hoffman en 1988, Carmen en 1991), à Varsovie (Le Barbier de Séville en 1992) et au Grand Théâtre de Genève (La Périchole en 1982, La Veuve joyeuse en 1983, Le Voyage dans la Lune en 1985, La Vie parisienne en 1990).
Jérôme Savary est nommé directeur du Théâtre national de Chaillot en 1988. Jusqu'en 2000, il y montera D'Artagnan (1988), Le Bourgeois gentilhomme (1989), Le Songe d'une nuit d'été (1990), Fregoli (1991), Les Rustres (1992), La Nuit des rois (1992), La Mégère apprivoisée (1993), Aruro Ui (1994), Pierre Dac, mon maître soixante-trois (1994) et les comédies musicales Zazou (1990) et Marilyn Montreuil (1991). Il dirige ensuite l'Opéra-Comique, de 2000 à 2006.
Au cinéma, il a réalisé dans les années 1970 La Fille du garde-barrière et Le Boucher, la Star et l'Orpheline. Jérôme Savary était chevalier de la Légion d'honneur et des arts et des lettres.
"UN ÊTRE PASSIONNÉ"
Le président François Hollande a rendu hommage au metteur en scène en saluant "un être passionné" qui a su démontrer que "l'exigence culturelle était compatible avec un vrai spectacle populaire". "C'est avec une grande peine que j'apprends le décès de Jérôme Savary. Il nous laissera le souvenir d'un être passionné, toujours désireux de partir à la conquête du public", écrit le chef de l'Etat dans un communiqué diffusé par le présidence.
"Avec le Grand Magic Circus, il a su mêler les arts en associant le cirque, le music-hall et le théâtre. Il avait le sens du spectaculaire et de la fête", souligne François Hollande en citant "sa version de 'Cabaret', récompensée à la première cérémonie des Molières", qui dit-il "reste dans les mémoires".
"C'était un homme de passion, de folies, qui a fait des choses tout à fait remarquables (...) C'était un metteur en scène extrêmement original, avec plein d'inventions, d'imagination, un univers singulier qu'il faisait partager", a salué Robert Hossein. "Tout ce qu'il faisait était lumineux, joyeux, plein d'humour. Il était plein de génie et de talent et savait se renouveler. J'avais beaucoup d'admiration pour son travail", a relevé Robert Hossein.
"UNE VISION TRÈS PERSONNELLE DU THÉÂTRE"
"Ce qui me revient en mémoire c'est toute l'histoire de Cyrano, la façon dont on s'est rencontré", se souvient l'acteur Jacques Weber. Les deux hommes avaient travaillé ensemble sur la pièce d'Edmond Rostand. Contacté par RTL, Weber rapporte cette phrase de Savary : "Je ne connais la pièce qu'une fois que je l'ai montée."  Et de rendre hommage à "un homme de spectacle, un poète", à qui, il le confesse, il doit "une partie de ma vie, de ma carrière."
Michel Galabru, qui a été un de ses acteurs dans Tartarin de Tarascon, a salué "un homme extrêmement original" au micro de France Info. Et même s'il précise que "c'est dans un autre genre", il va même jusquà dire que "c'était un peu Sacha Guitry", se souvenant d'une "vision très personnelle du théâtre", pleine de "fantaisie" et "d'imagination".
"Mort d'un prince du spectacle, extrême tristesse : il faudra qu'un admirateur s'attelle vite à un 'Dictionnaire amoureux de Jérôme Savary'", a de son côté réagi Gilles Jacob, le président du festival de Cannes, sur son compte twitter. Pour Arielle Dombasle, qui a été dirigée par Jérôme Savary, il était "une sorte de merveilleux monsieur Loyal et de clown triste aussi", a-t-elle dit sur RTL.

Mémoire Dioise : POUR JACQUES COUTUREAU du Grand Magic Circus avant qu’il ne s’installe à Die avec Les oiseaux de passage
Jacques Coutureau était un ami.
Il l'est toujours.
Il est mort en 2005.
Je viens de l'apprendre.
Jacques Coutureau était un magnifique conteur. On l'a vu en France, mais aussi en Belgique et en Suisse se balader avec son orgue de cristal, bel instrument créé par les frères Baschet. S'il a touché à beaucoup de métiers du spectacle - acteur, chanteur, musicien, metteur en scène, directeur-, il a d'abord été à la recherche de nouvelles voies d'expression.
A la fin des années soixante, il participe avec Jérôme Savary à la création du Grand Magic Circus et Ses Animaux Tristes, pour lequel il compose plusieurs musiques. Fin des années septante, il choisit la voie du conte, suite notamment à sa rencontre avec Bruno de La Salle, précurseur de ce qu'on appelait à l'époque le « renouveau du conte », qui lui fait découvrir les instruments Baschet. C'est à ce moment là que je croise sa route.
Près de dix ans de contes en solitaire, et deux disques La forêt des heures, un des plus beaux contes imaginés ces trente dernières années et L'oiseau qui faisait du lait, avant de créer la compagnie Les oiseaux de passage, qui s'installe dans la Drôme à Die. Coutureau y déploie ses passions - théâtre chanté, opéra, musique, conte - dans des lieux aussi divers qu'imprévus.
Pendant trente ans nous nous sommes retrouvés à intervalles irréguliers. Nous n'étions pas amis dans la proximité du quotidien, mais nous l'étions au sens où l'amitié est une marque, tout à la fois trace et repère que le temps inscrit lentement dans le regard.
Nous sommes en juin 1979. Je suis sensé terminer mes études. J'ai 22 ans et l'angoisse de ce que je vais faire après me conduit à tout arrêter. J'accompagne néanmoins mes amis « en blocus » dans une belle maison à la mer du Nord, où je joue les Rois fainéants. Un samedi après-midi, couché sur mon lit, j'écoute à la radio une émission folk très réputée à l'époque « Marie Clap'Sabots » (émission qui selon leurs promoteurs voulait désintoxiquer l’imagination de ceux qui abandonnent leur identité au profit de l’impérialisme culturel, économique et plastique et qui a tenté d’internationaliser les cultures minorisées en lutte. Tout un programme!).
Et là un son inconnu, aux accents aigus et mélodieux, une mélopée légèrement tremblante qui ouvre la voie à celle du conteur, voix légère et douce dont on ne se méfie guère mais qui vous enveloppe et vous prend, et vous voilà parti pendant 40 minutes dans La forêt des heures. J'étais comblé et heureux. « C'est cela que je veux faire » me suis-je dit. N'ayant aucune expérience dans ce domaine, le chemin risquait d'être long, et pour faire cela j'étais pressé.
Germe alors l'idée de l'inviter pour faire une « tournée » en Belgique, moi qui ne connais évidemment rien à ce type d'organisation. Je le contacte. Et un matin je me retrouve sur le palier de son appartement parisien, rue de Provence (4ème étage, escalier A, ai-je griffonné sur un bout de papier). Je suis habillé conforme à mon âge à la va-comme-j'te pousse avec des cheveux tombant sur les omoplates. Il m'ouvre en peignoir, l'heure du réveil visiblement assez rapprochée. Nous prenons un café dans sa cuisine. Je ne me souviens plus de la conversation, mais pour moi le principal est acquis : il accepte de venir une bonne semaine en Belgique.
J'organise vaille que vaille cette tournée triomphale, contactant des écoles, des médias, cherchant des salles... Et le jour dit nous voilà parti, à gauche et à droite. Je joue le porteur de valises comme un jeune cycliste est porteur d'eau, avec volontarisme et admiration.
Tout est dans le bricolage. Un soir nous logeons dans un petit appart' d'étudiant. Deux matelas sont jetés sur le sol dans la pièce qui sert à tout. Le lendemain, il avait disparu. Vent de panique, car dans moins d'une heure nous devions être pour un spectacle dans une école. Il était parti se réfugier dans la cuisine vu mes ronflements, mais n'avait pu néanmoins dormir, réveillé en permanence par le moteur du frigo.
Tout m'amusait. Je n'avais même pas pensé qu'il convenait pour un artiste d'avoir des conditions de confort au moins minimales. Et lui prenait tout cela avec une bonhommie parfaite, un compagnon de voyage délicieux. Jamais un reproche, et pourtant il y avait de quoi devant les trente personnes que j'avais péniblement réussi à amener pour les spectacles publics. Dans les écoles, où traînait souvent un vieux piano, il s'y installait à la fin du spectacle, et dans ces salles aussi vides que tristes il s'amusait à trouver des notes joyeuses qu'il ponctuait de son rire fort et franc. J'étais son unique spectateur et j'étais bien.
A la fin, il émit juste un petit souci, c'est « d'un peu » se retrouver financièrement . Heureusement, avec le nombre d'écoles trouvées le compte fut presque bon. En tous cas, il fit mine de s'en satisfaire. Je lui remis une grosse liasse de billets, car évidemment je n'avais respecté aucun cadre légal, signé aucun contrat ni avec lui ni avec quiconque et tout empoché en cash.
Malgré cette organisation brinquebalente, il rencontra et séduisit quelques personnes qui firent qu'il revint souvent en Belgique. Il joua le rôle du conteur dans L'histoire du soldat de Ramuz-Stravinsky, monté au Théâtre de la Vie à Bruxelles dans une très belle mise en scène d'Herbert Rolland. Il participa à de nombreux festivals tendance folk comme Le Temps des Cerises ou la Fête des Fleurs (il revint plusieurs fois à Boitsfort avec l'amitié de Mirko Popovitch). Ces quelques jours passés ensemble avaient créé une complicité durable, qui pour moi était sans doute plus forte que pour lui.
Il avait le sens de la lenteur, dans sa démarche comme sur scène. Il avançait posément sans jamais se presser, comme pour être toujours ouvert à ce qui peut arriver. Présent mais une partie de lui-même un peu ailleurs. Sur scène, il avait un débit lent, enveloppant, un effet hypnotisant renforcé par la musique de l'orgue de cristal : joueur de flute d'Hamelin prenant le public par la main pour le meilleur et pour le pire. Il aimait cette manipulation, ce pouvoir de la parole. Il le recherchait et s'en amusait. Conquérir et séduire, l'air de rien sans forcer et avec la confiance du temps.
Son installation en Drôme et la création de sa propre compagnie Les oiseaux de passage firent que ses visites en Belgique furent plus rares. Le titre de sa compagnie est tiré d'une chanson éponyme de Brassens sur un texte de Jean Richepin. J'entends encore Jacques me réciter quelques vers de cet hymne anar et anti-bourgeois qu'il adorait. Je reproduis le texte de Richepin à la fin de ce billet.
Notre dernière rencontre date de 2001, à Châtillon-en-Diois, dans la Drôme. Il y présentait une adaptation des Âmes fortes, un des plus beaux romans de Giono. Sa mise en scène lui ressemblait : sobre et puissante; simple et lumineuse. Et ce beau texte était servi par une magnifique actrice dans le rôle titre, qui renvoyait dans les limbes Laetitia Casta qui a interprété ce rôle au cinéma.
Nous avons été prendre un verre après la représentation dans un bistrot du bourg. A la fin, je lui demandais pourquoi, il y avait plus de 20 ans, il avait accepté une proposition d'un jeune gars qui ne connaissait rien au spectacle et pouvait l'entraîner dans une galère, et qui était venu le trouver juste pour son plaisir personnel. Il me répondit simplement : « Sans doute, parce que tu étais comme cela ». On ne peut oublier quelqu'un qui dans la vie vous ouvre une porte.
Ce soir-là, je m'en allais le coeur léger franchir dans la nuit noire le col qui me ramenait à Sisteron.

Les oiseaux de passage
C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange :
Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.
Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d'or.
Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse,
La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec.
Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.
Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang.
Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.
Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.
Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?
Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.
Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir.
"Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil,
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le coeur du soleil.Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.
Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !
N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !
Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,
Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !
Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé.
Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.
Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas.
Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent feraient éclater vos poumons.
Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,
Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.
Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.
Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
A l'haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.
La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L'averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.
Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace.
Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.
Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.
Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.
Tiré de Jean Richepin, La chanson des gueux, Eugène Fasquelle Editeur, Paris, 1920
Y a plus de saisons !...
Samedi, la journée avançant on s'est retrouvés en été, et dimanche avec la pluie on est revenus en hiver... ça a un peu perturbé mes plans.
J'ai quand même réussi à me faufiler entre les gouttes pour récolter quelques disques, bon pas beaucoup mais des trucs bizarres. Le samedi d'abord, je tire deux bidules d'un lot de conneries genre Disney : le "Arthur et les Robots" de Guigou Chenevier (sur lequel je reviendrai peut-être ultérieurement en détails) et "La Forêt des Heures", le premier album de Jacques Coutureau (ancien du Grand Magic Circus), un conte accompagné avec des instruments Baschet (c'est ce qui m'a fait prendre le disque).
Bon, c'est une curiosité (apparemment c'est recherché par les instits et les collectionneurs d'enregistrements d'instruments bizarres,  mais les rares exemplaires qui trainent sur internet sont proposés à des prix de dingues où personne ne les achète)... Hasard des vide-greniers, je trouve le lendemain le deuxième disque de Coutureau, "L'oiseau qui faisait du lait", sur le même principe (mais l'histoire tient debout). Donc en 48h, j'ai appris l'existence de Jacques Coutureau, j'ai acheté toute sa discographie solo, et en recherchant plus de renseignements j'ai appris qu'il était mort en 2005.
Acheté également un exemplaire du premier.
LE GRAND MAGIC CIRCUS - JACQUES COUTUREAU - le boucher, la star et l'orpheline
Du Spectacle "Good Bye Mister Freud !" De Jacques Coutureau.  Et Jerome Savary & Copi : Canal Saint-Martin



mercredi 27 février 2013

Adieu à notre ami Stéphane Hessel...

Décès de l'intellectuel français Stéphane Hessel, auteur d'«Indignez-vous!»

Le Français Stéphane Hessel , auteur du best-seller «Indignez-Vous» vendu à des millions d'exemplaires et qui a inspiré dans le monde ces dernières années plusieurs mouvements de protestations, est mort dans la nuit de mardi à mercredi à 95 ans.
«Il est mort dans la nuit», a brièvement annoncé à l'AFP son épouse, Christiane Hessel-Chabry. Ancien résistant sous l'occupation allemande et diplomate à la carrière atypique, homme de gauche et européen convaincu, Stéphane Hessel était connu pour ses prises de position engagées.
«Sa capacité d'indignation était sans limite, sauf celle de sa propre vie. Au moment où celle-ci s'achève, il nous laisse une leçon, celle de ne se résigner à aucune injustice», a souligné le président François Hollande dans un communiqué.
A la retraite depuis 1983, Stéphane Hessel avait poursuivi son combat contre les injustices par des publications de manifestes et appels, à commencer par le célèbre «Indignez-vous!» en octobre 2010.
Cet opuscule de 32 pages, appelant à une «insurrection pacifique», a été vendu à quelque 4,5 millions d'exemplaires dans 35 pays. Il a accompagné les soulèvements populaires contre les régimes dictatoriaux arabes. En Occident, le terme d'«indignés» a été repris par des manifestants en France, Espagne, Grèce, et jusqu'à New York où il a inspiré le mouvement «Occupy Wall Street».
Interrogé en mars 2012 par l'AFP, Stéphane Hessel disait «s'étonner» encore de ce succès en ajoutant: «Cela s'explique par un moment historique. Les sociétés sont perdues, se demandent comment faire pour s'en sortir et cherchent un sens à l'aventure humaine».
En 2011, l'intellectuel avait récidivé en publiant «Engagez-vous!» un livre d'entretiens ainsi qu'un appel contre l'arme atomique dans «Exigez! Un désarmement nucléaire total». Et l'an dernier, il avait sorti en France «Déclarons la Paix! Pour un progrès de l'esprit», reprenant des entretiens avec le dalaï lama.
De Berlin à Paris en passant par Buchenwald
Né le 20 octobre 1917 à Berlin, arrivé en France à 7 ans, Stéphane Hessel était le fils de Franz et Helen Hessel, née Grund, qui inspireront, avec l'écrivain Henri-Pierre Roché, le trio «Jules et Jim» porté à l'écran par le cinéaste français François Truffaut.
Naturalisé en 1937, reçu à l'école d'élite française Normale Sup en 1939, Stéphane Hessel, qui parlait allemand, français et anglais, était l'incarnation de l'intellectuel européen.
Mobilisé en 1939, fait prisonnier, il s'était évadé et avait rejoint le général De Gaulle à Londres. Envoyé en France en 1944, il avait été arrêté et déporté à Buchenwald, où il avait maquillé son identité pour échapper à la mort. Après une nouvelle évasion, il avait réussi à rallier les troupes américaines pour arriver à Paris en mai 1945.
A la Libération, il avait rejoint le secrétariat général de l'ONU, participé en tant que secrétaire à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et avait entamé une carrière de diplomate qui allait le conduire au Vietnam et à Alger.
Elevé à la dignité d'ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, Stéphane Hessel avait alors milité pour les immigrés sans-papiers et pour les Palestiniens, ce qui lui avait valu les vives critiques des associations juives.
En France, plusieurs personnalités ont salué sa mémoire. Le maire socialiste de Paris, Bernard Delanoë, a ainsi notamment rendu hommage à «l'humaniste authentique, le résistant indomptable et le penseur généreux» qui «manqueront terriblement à notre pays».
A Bruxelles, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a salué dans un tweet «le grand Européen, toujours engagé, jamais satisfait, mû par un esprit de combat et de liberté».
Mediascitoyensdiois@gmail.com

Mort d' un juste...

Stéphane Hessel à Berlin, le 10 février 2012.

Stéphane Hessel, l'homme d'un siècle

Stéphane Hessel à Berlin, le 10 février 2012. (Photo Johannes Eisel. )
L'auteur de «Indignez-vous !», ancien résistant et diplomate, s'est éteint cette nuit à l'âge de 95 ans. Stéphane Hessel, ancien résistant et diplomate français, auteur du livre Indignez-vous !, est mort dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 février à l'âge de 95 ans, a annoncé son épouse Christiane Hessel-Chabry. Ambassadeur de France, ancien résistant et déporté, Stéphane Hessel a mené une grande carrière de diplomate atypique et a connu une immense notoriété il y a deux ans, avec le succès de son petit livre "Indignez vous!"
Au fil des ans, il a alterné les fonctions à l’ONU, concernant l’aide au développement, et des postes dans la haute fonction publique française touchant à la coopération. Ancien membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (1992-2005), il était resté très actif après sa retraite en 1983, notamment médiateur pour les sans-papiers de l'église Saint-Bernard, à Paris en 1996-1997. Stéphane Hessel avait alors plaidé la cause des 350 Maliens qui occupaient le lieu de culte face au gouvernement Juppé :
Né le 20 octobre 1917 à Berlin, arrivé en France à 7 ans, Stéphane Hessel était le fils de Franz et Helen Hessel, née Grund, qui inspireront, avec l'écrivain Henri-Pierre Roché, le trio «Jules et Jim» porté à l'écran par François Truffaut.
Naturalisé français en 1937, normalien, diplômé d'études supérieures de philosophie, il est mobilisé en 1939 et rejoint les Forces françaises libres en 1941. Arrêté par la Gestapo, il est déporté en 1944 à Buchenwald.
Il se confie dans un long entretien télévisé en 2002 sur son engagement aux côtés des résistants, racontant n'avoir «pas hésité» et avoir su très vite qu'il lui fallait «se battre».
A la Libération, il entame une carrière diplomatique comme détaché au secrétariat général de l’ONU (1946-1951). Il participe, au côté de René Cassin, à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sans en être rédacteur.
Il est ensuite notamment conseiller au cabinet de Mendès-France (1954-1955), premier conseiller à Saïgon (Vietnam) (1955-1957), conseiller puis chef de la mission culturelle et universitaire à Alger (1964-1968). En 1975, alors conseiller du ministre de la Coopération, il échoue dans sa mission pour faire libérer Françoise Claustre, otage au Tchad.
En 1994, un documentaire consacré à Stephane Hessel, «Der Diplomat», relate sa carrière dans la diplomatie et donne lieu à un reportage sur sa vie, diffusé sur France 3 :
«J’ai l’impression d'être au seuil de la mort et j’en suis très satisfait. La mort ne me fait pas peur, et d’une certaine manière elle me fait envie»,
disait-il alors.
Nommé président de l’Office national pour la promotion culturelle des immigrés, il est ensuite représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations-Unies en 1977. De 1981 à 1983, il est délégué interministériel pour les questions de coopération et d’aide au développement.
Stéphane Hessel a aussi été membre de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (1982-1985), membre du Haut conseil à l’intégration (1990-1994) et du Haut-Conseil de la coopération internationale (1999-2003).
Grand officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-45, Rosette de la Résistance, il a publié Danse avec le siècle (1997), Dix pas dans le nouveau siècle (2002), Citoyen sans frontières (2008), Le Chemin de l’espérance avec Edgar Morin (2011), Engagez-vous (2011), livre d’entretiens avec Gilles Vanderpooten.
En 2012, Stéphane Hessel et Albert Jacquard ont conjugué leurs voix pour lancer un appel contre l’arme atomique dans Exigez ! Un désarmement nucléaire total.Mais c’est son manifeste Indignez-vous! (Indigène), vendu depuis octobre 2010 à quelque 4 millions d’exemplaires dans le monde, qui en a fait une célébrité. Et le terme d'«indignés» a été repris par les manifestants, notamment en France, en Espagne et en Grèce.
APL