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lundi 7 avril 2014

Lus la Croix Haute : Les habitants se mobilisent pour la ligne de train...et la gare.



Lus-la-Croix-Haute - Ils demandent des travaux sur la ligne Grenoble Veynes... 350 personnes mobilisées pour sauver leur gare.
Au moins 350 personnes se sont rassemblées samedi 29 mars  place de la Gare, à Lus-la-Croix-Haute, à l’invitation du Collectif des usagers de la ligne TER.
La manifestation pour le maintien de la gare de Lus cet après midi: sous un ciel radieux , près de 350 participants , venant des communes le long de la ligne , de Clelles à Aspres, avec une majorité de gens du Trièves se sont opposés à cette fermeture programmée. Gérard Leras, Vice Résident de la Région Rhône-Alpes président du comité de ligne, en présence de Joël Mazalaigue élu de Glandage étaient présents. Également la maire de Lus la Croix Haute, Ginette Giovanella,  avec son écharpe tricolore.
Alain Matheron est intervenu en tant que Conseiller Général de Châtillon en Diois avec le discours convenu : « il faut sauver cette ligne, prendre le train, et se réunir au plus tôt, conseils régionaux PACA et RA, conseils généraux, communautés de communes pour trouver une solution pérenne! ». L’ardent défenseur du train, très politique, se découvrait à plus militant  que les défenseurs, investis depuis longue date; tant de l'ADTC Grenoble (membre du bureau national de la FNAUT), auquel il ne répond pas aux courriers envoyés ou de  l'ARDSL (1) sur des thèmes importants de la mobilité et qui bien sûr, il n'assistait pas au comité de ligne Valence Die Luc en Diois, présidé par Didier Jouve, président du Comité de ligne (2). Robert Cuchet, président de l'AGV et Nathalie Teppe (photo) de l'ADTC (3)  ont développé un long plaidoyer sur les atouts de cette ligne que RFF et la SNCF veulent abandonner dans sa partie centrale entre Clelle et Aspres sur Buech à l'horizon 2023 si sa réfection n'est pas prise en charge par la région Rhône-Alpes (77M€ pour l'infrastructure et 10M€ pour la signalisation). Gérard Leras est intervenu dans le même sens et a demandé que « cette prise en charge soit faite dans le nouveau CPER (5), mais ce n'est pas gagné ! ».
D'autre part, il a été souligné l'incapacité de la SNCF d'assurer un service correct sur cette ligne, alors qu'elle a un fort potentiel, tant pour les déplacements du bassin grenoblois vers les Hautes Alpes ainsi que vers la vallée de la Durance et Marseille, via Sisteron, Manosque et Aix, et aussi avec Nice par les chemins de fer de Provence, via Digne, dont l'exploitation vient d'être reprise en régie directe par la région PACA (4.)

Il faut souligner que la région PACA est plus réactive avec Jean Yves PETIT,vice-président du conseil régional Provence Cote d’Azur, délégué aux transports, EELV, élu de Gémenos que Mme Eliane GIRAUD, 5ème Vice-présidente déléguée aux transports, déplacements et infrastructures et à l'administration générale en Rhône-Alpes).
Un comité de ligne doit s'est déroulé à Lus la Croix Haute ce 02 avril à 19h en présence des représentants de RA et PACA (7).
Le représentant des Usagers du « Comité de Ligne Valence Luc en Diois », Bernard Collignon (6).
1- L'association ARDSL représente les Usagers du TER Rhône-Alpes auprès des décideurs : SNCF, Région Rhône-Alpes : http://www.ardsl.org/
Grenoble-Veynes-Sisteron-Aix en Provence. L'ARDSL défend la "Ligne des Alpes" avec notamment la création d'un aller-retour de journée Grenoble - Aix en Provence via Veynes-Dévoluy.
Ce train à haut potentiel dessert de manière rapide et économique les pôles universitaires grenoblois et aixois tout en desservant Monestier-de-Clermont, Sisteron et Manosque. Des temps de parcours dus à une mauvaise signalisation et des circulations de trains à optimiser en reliant mieux le Dauphiné à la Provence, voilà le sens de l'intervention commune ARDSL et AGV fin 2013 avec des propositions concrètes.
Courrier Grenoble-Veynes
(Fichier .doc - 28 Ko)
2- Comité de ligne n° 24 : Valence – Crest – Die – Luc
3- L’ADTC (Association pour le Développement des Transports en Commun) est une association d’usagers créée en 1974, forte de près de 1000 adhérents. Elle agit pour le développement de tous les modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle : marche, vélo, bus ou tram, train, pour l’intermodalité et pour un meilleur partage de l’espace public. Elle est porte-parole des usagers et force de proposition dans les instances de concertation des Communes de la région urbaine grenobloise, de la Métro, du Grésivaudan, du Voironnais, du Sud grenoblois, du Département, et de la Région.

Association pour le Développement des Transports en Commun, des voies cyclables et piétonnes dans la région grenobloise
Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère
- 5 place Bir Hakeim 38000 GRENOBLE
4- Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
5- Contrat de projet État-Région 2014-2020 (CPER)
6-Nota : A propos de la fermeture programmée de la gare de Lus la Croix Haute, voici quelques réflexions :
- En dehors des opérations de sécurité, l'agent de la gare de Lus n'a aucune activité, (vente, renseignements) , les clients devant acheter leur billet dans le train auprès du contrôleur, et son absence n'aura aucune incidence.
- En ce qui concerne les opérations de sécurité, si la fermeture de la gare est devenue possible, c'est qu'il n'y a  plus aucun croisement, dépassement  ou train origine ou terminus Lus  au cours de la journée. En théorie, si les trains sont à l'heure, il n'est effectivement pas nécessaire de maintenir un agent dans cette gare.
La difficulté survient lors du retard d'un train, suffisamment important pour justifier le transfert de son point de croisement avec un train de sens inverse afin de ne pas trop pénaliser ce dernier.
Si les gares ne sont pas trop éloignées, les conséquences sont mineures, dans le cas contraire elles deviennent désastreuses car le seul train en retard communique ce retard aux trains de sens inverse.
- Sur une ligne comme Grenoble Veynes, il est à peu près certain qu'un retard important dans la matinée aura des conséquences jusqu'en fin de journée, le canton (espace pour le croisement) entre Aspres et Clelles s'allongeant à 46 km , alors que de Clelles à Lus 25km et de Lus la Croix Haute à Aspres 21km.
- Le niveau des retards étant pris en compte  dans le calcul journalier de trains autorisés sur la ligne, les effets d'une telle fermeture ne tarderont pas à se faire sentir et le nombre de circulations finira par diminuer.
- Le choix de fermer la gare de Lus relève de la responsabilité exclusive de la SNCF et il convient de lui rappeler ses obligations contractuelles quant à la qualité du service. Sont principalement en cause la fiabilité du matériel , la gestion du personnel, l'exploitation au quotidien, domaines dans lesquels  elle est loin d'atteindre l'excellence.
- Lorsque le contrat entre la SNCF et la Région Rhône Alpes a été signé, il l'a été sur la base des moyens existants. En diminuant unilatéralement ses moyens , la SNCF augmente le risque d'une baisse de la qualité de service, et il serait légitime que les pénalités pour service défectueux soient considérablement augmentées, comme cela se passe dans le domaine des assurances.
- Un courrier d'usagers de Lus la Croix Haute a été adressé à plusieurs responsables politiques le 31/01,dont M. Matheron , conseiller général de Châtillon en Diois et l'AGV ( Association Grenoble Veynes) doit solliciter un rendez vous rapide auprès de M Gérard Leras , président du comité de ligne Grenoble-Veynes ainsi qu'à Mme Eliane Giraud VP chargée des
Transports en Rhône-Alpes.
Le représentant des Usagers du « Comité de Ligne Valence Luc en Diois », Bernard Collignon.
7- Lus-la-Croix-Haute - Une réunion du comité de ligne ...
Ligne Grenoble-Gap menacée : les élus de Rhône-Alpes et Paca à Luz la Croix Haute. Ambiance houleuse mercredi 2 avril dans la salle des fêtes pour la réunion du Comité de ligne Grenoble/Clelles/Veynes/Gap exceptionnel, qui a réuni près ... (A venir…)

mercredi 2 avril 2014

Contre tous les totalitarismes : Camille Buffardel...( 2 )



Mémoire vive : Camille Buffardel, héro de la résistance
Camille Buffardel, héro de la résistance contre le Nazisme.
Vous traversez Die, la rue principale porte son nom.
Ce samedi 24 juillet 2010, les Diois ont appris dans quelles circonstances, Camille Buffardel avait été promu en janvier 1946 officier de la médaille de la résistance à titre posthume sur proposition de René Courtin, résistant du Mouvement Combat, chargé par Jean Moulin de préparer par l’administration de la France libérée… Cette distinction a été remise à la famille De Robert et Buffardel, et en particulier à ses quatre filles : Yvette, Edmée, Edith et Josée,et leurs petits enfants par Jean Abonnenc.
Camille Buffardel est né à Ponet St Auban en 1894. Les Diois ont encore en mémoire la Cave des Frères Buffardel sur le Boulevard du Cagnard en contrebas du Centre Social.
En 1940, la municipalité républicaine du maire Jules Plan dont il est adjoint est dissoute pour laisser la place à un nouveau Conseil Municipal nommé par le Régime de Vichy. Camille Buffardel s’engage alors dans la résistance clandestine à Die dès 1940. Membre du Réseau Buckmaster, il entre en 1943 dans le groupe Baudet chargé des renseignements, de la préparation de groupes de combat, d’aider les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire exigé par l’Allemagne) à entrer dans le maquis. La restauration de l’éphémère République le 14 juillet 1944 à Die sera suivie par une répression féroce contre les autorités civiles dioises dont faisait partie Camille Buffardel. Il est arrêté à Die le 23 juillet 1944 par la milice dioise à la solde de l’ennemi nazi et abattu au quartier de St Pierre où son corps restera pendant 24 h étendu dans la rue. Le même jour, son frère Edouard est tué par les nazis à Pont de Quart (Aix en Diois). A la Libération, la rue principale de Die prit le nom de Camille Buffardel et ce n’est que 64 ans plus tard qu’on a su que ce maquisard avait été décoré de la médaille de la résistance. C’est sur les lieux où Camille Buffardel a été exécuté que la population Dioise s’est rassemblée.
Rappel : « assassiné par la Milice française ».
La Milice française, souvent appelée simplement « Milice », fut une organisation politique et paramilitaire française créée le 30 janvier 1943 par le gouvernement de Vichy pour lutter contre « la Résistance ».
- Supplétifs de la Gestapo et des autres forces allemandes, les miliciens participèrent aussi à la traque des Juifs, des réfractaires au STO et de tous les « déviants » dénoncés par le régime d’extrême droite. C'était aussi la police politique et une force de maintien de l'ordre du régime de Vichy.
- Le chef officiel de la Milice était Pierre Laval, Chef du gouvernement, mais le véritable responsable de ses opérations était son secrétaire général, Joseph Darnand, fondateur du Service d'ordre légionnaire (SOL), précurseur de la Milice française.
Organisation de type fasciste, elle se voulait un mouvement, à la fois « anti » : antirépublicain, antisémite, anticommuniste, et « pour » : pour le nationalisme et l'autoritarisme. Elle sembla avoir ambitionné de devenir l'équivalent d'un parti unique de l’État français. Sa montée en puissance marqua en tout cas, selon Robert Paxton et Stanley Hoffmann, la fascisation finale du Régime de Vichy.
Comme les nazis, les miliciens usaient couramment de la délation, de la torture, des rafles, des exécutions sommaires et arbitraires, voire de massacres. Leur pratique systématique de la violence et leurs nombreuses exactions, tout comme leur collaborationisme jusqu'au-boutiste, contribuèrent à les faire rester minoritaires au sein d'une population qui les rejetait largement. La Milice n'eut jamais plus de 35 000 membres (29 000 adhérents en automne 1943). Même après son développement en zone nord, la Milice ne dépassera jamais 15 000 collabos réels au total…
Lors la Libération, la Milice fut déclarée dissoute par le Gouvernement provisoire de la République française, par l'ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental (Article 10).
Le 15 août, Joseph Darnand ordonna le repli général des miliciens. Des membres de la Milice participèrent cependant après cette date à certains combats sur le sol français au côté des Allemands, lors de la libération de Paris ou de la libération de Nice.
Environ 2500 miliciens et leurs familles prirent le chemin de l’Allemagne où 1800 furent versés dans la 33e Division SS Charlemagne avec les survivants de la LVF, de la Sturmbrigade SS dite ensuite Frankreich et d'autres unités auxiliaires. Mais Joseph Darnand dut en abandonner le commandement à un officier général allemand et partit en Italie du Nord avec 500 francs-gardes faire la chasse aux partisans. Cette mémoire est encore très présente dans le Diois et le Vercors actuels.
Claude Veyret
Veyret.claude@wanadoo.fr

vendredi 21 mars 2014

Ce 21 mars : journée internationale des forêts...

La centrale biomasse de Pierrelatte, l’absurde projet inutile d’AREVA et du Conseil Général de la Drôme...

Des milliers de tonnes de bois et pourtant un mauvais fonctionnement : la centrale à biomasse de Pierrelatte a un coût environnemental très négatif. Centrale à bois ne veut pas dire "écologique". Reporterre a enquêté.

A Tricastin, le nucléaire n’a plus le monopole de l’opposition écologiste. Après notre enquête en décembre sur l’immense site atomique, un nouveau projet énergétique cristallise l’attention des associations locales et de certains élus : la centrale de cogénération biomasse de Pierrelatte.
Le projet naît en 2011, avec la perspective de fermeture par Eurodif de l’usine Georges-Besse I spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Les eaux chaudes rejetées par l’usine était alors récupérées au profit d’un réseau de chaleur qui alimentait un quartier de Pierrelatte et ses logements sociaux, ainsi que des infrastructures voisines telles que les serres agricoles ou les bureaux Areva du Tricastin. Mais avec la fermeture de l’usine disparaissaient cette énergie sous forme d’eau chaude. Pour la remplacer et dans la foulée des orientations du Grenelle de l’environnement, il fut décidé de construire une centrale de cogénération biomasse : elle brûlerait du bois afin de produire de l’électricité (85 gigawatt-heure, GWh) et de la chaleur (170 GWh).
L’usine thermique représente 55 millions d’euros d’investissement, financés par Areva, qui en a réalisé la conception, la construction, l’installation et la mise en service. Entrée officiellement en activité le 4 octobre 2012, la centrale est exploitée par la société Coriance, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chauffage urbain. Mais son fonctionnement engendre des conséquences négatives tant sur le plan environnemental que social.
Une centrale surdimensionné
La centrale doit consommer jusqu’à 150 000 tonnes de bois par an. Dès les débuts du projet, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature) dénonçait une « logique mega-industrielle […] qui va consommer des quantités pharamineuses de bois » et mener à une « catastrophe écologique à court-terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois ».
De fait, depuis la mise en service de la centrale, plusieurs coupes sauvages ont été constatées dans cette région qui compte de très nombreux sites Natura 2000. Les conséquences sur la biodiversité locale s’avèrent importantes. Tout récemment, c’est à La Gare des Ramières, une réserve naturelle, que des coupes à blanc ont été découvertes par le gardien du site. Les probabilités sont fortes que ces coupes servent directement à fournir la centrale à proximité.
Du côté d’EELV (Europe Ecologie les Verts), on dénonce les sollicitations de Coriance auprès des propriétaires forestiers locaux : « Il est facile de créer un effet d’aubaine en proposant de racheter aux particuliers du bois à cinq euros la tonne, soit un peu plus que le prix du marché. Le problème réside dans le laxisme de la règlementation de la coupe, qui est simplement gérée par un arrêté préfectoral ».

Malgré les coupes sauvages, la centrale ne parvient pas à fonctionner à pleine capacité. Alain Volle, un militant d’EELV qui suit de près le dossier, évoque seulement « 20 000 tonnes de bois pour la première année d’utilisation », loin des 150 000 tonnes prévues. Une insuffisance en bois prématurée qui révèle « un projet surdimensionné, ne répondant pas à la demande locale », selon la députée européenne Michèle Rivasi.
La centrale de biomasse témoigne des problèmes de structuration de la filière-bois en France et de l’inefficacité des politiques de grands projets forestiers, quelques semaines après un rapport très critique du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces verts) sur la politique énergétique misant sur la biomasse forestière.
Pour compenser cette difficulté d’approvisionnement, la centrale est suppléée par une chaudière au gaz et au… fioul. Dans une lettre adressée au Préfet de la Drôme cette semaine, Michèle Rivasi demande ainsi : « Le système devait produire de l’électricité par cogénération. Le fait-il vraiment ? Le fonctionnement au fuel et le stockage du fuel sont-ils règlementaires ? […] Nous nous inquiétons dans ces conditions des nuisances et des impacts qui seront décuplés quand la centrale fonctionnera à pleine puissance » La députée évoque aussi une fuite de 35 000 litres de fioul dans la centrale.
Des impacts locaux conséquents
L’utilisation du fuel n’était en effet pas prévue dans les plans initiaux et ne figure pas dans l’enquête publique. Les opposants dénoncent de nombreuses autres irrégularités. Parmi celles-ci, la construction d’une usine de broyage du bois et de plateforme de stockage à 1,5 km du site de la centrale, alors qu’elle devait être implantée sur le site de la centrale. Cela occasionne des nuisances multiples parmi lesquelles des transports incessants en camion entre les deux structures et le bruit permanent de la machine à broyer. Les associations pointent aussi l’épandage non-contrôlé de cendres et de copeaux de bois, partout à proximité du site. Pour Alain Volle, « les conséquences sanitaires peuvent être importantes pour les riverains. Les cendres volantes risquent de devenir un vrai sujet de santé publique à Pierrelatte ».

La centrale a également eu un impact direct sur l’activité économique locale. Longue de 180 mètres et haute de 30 mètres, la centrale de Pierrelatte s’est implantée à quinze mètres d’une serre agricole. L’ombre portée par cette structure massive empêche le maraîchage sous serre, et l’exploitation a accusé des pertes de 40 000 euros par cycle de culture (deux par an), selon une expertise judiciaire, qui a conclu que la présence de la centrale oblige à reconstruire 5000 mètres carrés de serres ailleurs. Loïk de Feraudy, le propriétaire de l’exploitation, a ainsi dû déposer le bilan. Au 28 janvier, ce sont donc dix-sept salariés qui se retrouveront au chômage. S’il a intenté plusieurs actions en justice, il veut aujourd’hui « mettre au défi le président de Coriance d’un débat en face-à-face pour démonter les discours portés sur l’environnement et l’emploi local ».
Sollicité plusieurs fois par Reporterre, Areva n’a pas souhaité répondre à nos questions, renvoyant à la société d’exploitation, Coriance. Celle-ci n’a pas donné suite à nos appels répétés. En attendant, la mobilisation s’organise et une manifestation se déroule ce samedi, à 11h, devant la mairie de Pierrelatte.
En attendant de prochaines actions juridiques sur les différents aspects controversés de ce projet, c’est donc par la revendication citoyenne et locale que se prolonge l’opposition à la centrale biomasse de Pierrelatte. Comme à Gardanne, que Reporterre suit également. Et comme souvent dans tous ces projets absurdement inutiles, grands ou petits.
Barnabé Binctin

Les lanceurs d' alerte dans nos démocraties...

Les lanceurs d’alerte ou la solitude de la vérité

Dans un livre, Florence Hartmann nous raconte par le menu les mésaventures de ces défenseurs de la démocratie d’un type particulier que sont les « Lanceurs d’alerte » (Editions Don Quichotte. 2014). Ils sont les dissidents d’aujourd’hui, les mauvaises consciences de nos démocraties . Leur combat ? La conscience aigüe que la démocratie est mise en danger par des pouvoirs dominant auxquels personne n’ose s’attaquer : l’armée, les services secrets, les gouvernements, les géants du numérique. Un combat mal compris, car solitaire. Leur force : le courage et la preuve. Mais les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Mon premier, c’est l‘histoire du soldat Bradley Manning, accusé de mettre en danger les USA et la démocratie pour avoir transmis à Wikileaks les documents du Pentagone. Son but était de fournir au peuple américain les preuves des actions liberticides menées par le gouvernement américain dans le monde, en Irak et en Afghanistan. Il est aujourd’hui en prison.
Mon second, c’est l’histoire de l’informaticien Richard Snowden qui a l’ambition de remettre sur les rails la démocratie de son pays en dénonçant, preuves à l’appui, l’espionnage du siège européen de l’ONU par la CIA. Son objectif : donner aux citoyens du monde la possibilité de « réfléchir dans quelle société nous voulons vivre ». Il est aujourd’hui l’homme le plus recherché de la planète.
Mon troisième, c’est l’histoire de Daniel Ellsberg qui, en 1971 publie les fameux « papiers du pentagone », une étude secrète retraçant l’engagement des Américains au Viet Nam. Il est alors sous le coup de 115 années d’emprisonnement. Son action débouche sur la démission du Président Nixon.
Mon tout, c’est l’histoire des lanceurs d’alerte, des Marc Felt, des David Kelly, des Mordechai Vanunu, et autres Thérondel… Des hommes qui, au mépris de leur sécurité personnelle, sont devenus des solitaires traqués pour avoir placé la paix et la vérité au premier rang de leurs valeurs.
A l’origine, on les appelle les « whistleblowers » (soufflant dans son sifflet) un terme popularisé par Ralph Nader, l’avocat militant des droits des consommateurs dans les années 70, pour désigner des individus, salariés, citoyens, usagers, qui dénoncent des entraves aux libertés dans les entreprises ou dans les administrations. Il aura fallu attendre 2013 et pas mal d’affaires pour que le droit d’alerte soit reconnu, autorisant la divulgation d’une information concernant un fait, une donnée ou une action, dans la sphère publique « dès lors que la méconnaissance de ce fait, de cette donnée, des cette action lui paraît dangereuse pour la santé ou pour l’environnement ». Quelques années plus tôt, en 2002, la loi Sarbanes-Oxley prévoit des structures d’alerte dans le domaine de la finance et de la comptabilité des entreprises afin d’inciter au signalement des fraudes commises à l’encontre de l’état et des investisseurs. En 2004, l’ONU et nombre d’organisations internationales appellent au renforcement du droit d’accès à l’information pour consolider les démocraties. En 2010, le Conseil de l’Europe demande aux pays membres d’adapter leurs règlementations d’ici à la fin 2012 afin de protéger les lanceurs d’alerte salariés mais aussi les soldats et les membres des services de renseignements.
Cela fait maintenant plus de 40 ans que l’alerte est présente dans les textes de lois de 60 pays, mais sans modifier l’attitude des gouvernements sur les secrets d’état et secrets défense, malgré les promesses de transparence, comme celles d’Obama en 2008 qui, lors de son élection, s’est engagé à protéger les lanceurs d’alerte mettant à jour le gaspillage, la fraude et l’abus de pouvoir.
Cette histoire racontée par Florence Hartmann dans son dernier livre « Lanceurs d’alerte est au cœur des débats sur les libertés.
L’auteur rappelle qu’il a fallu vaincre beaucoup de réticences pour que cette fonction de lanceur d’alerte soit reconnue du fait principalement de la connotation négative attribuée à tout ce qui est dénonciation. « Nous confondons volontiers l’alerte civique et la délation totalitaire, et notre conception de la loyauté ne fait que renforcer cette connotation négative ». Sont-ils des solitaires paranoïaques amateurs de complots ou des militants politiques vigilants ? Sont-ils des consciences éclairées défenseurs de la démocratie ? Des simples individus révoltés par l’injustice ? Des traitres, des héros ? Le jugement à leur égard connaît toutes les gammes de l’expertise en renseignement.
Pour Florence Hartmann, « le lanceur d’alerte n’est ni de mauvaise foi, ni mu par une intention de nuire mais désireux de prévenir une catastrophe ou de mettre un coup d’arrêt à des actes répréhensibles ». Selon Transparency International, ONG menant le combat contre la corruption, le lanceur d’alerte est une personne « témoin dans son activité professionnelle d’actes illicites ou dangereux pour autrui et qui, par civisme, décide d’alerter les autorités ayant le pouvoir d’y mettre fin ». « Il signale une dérive », explique le sociologue Francis Chateaureynaud. Et il interpelle les pouvoirs en place sur les dangers ou les risques de ces dérives en suscitant la prise de conscience des citoyens. Comme l’écrit Florence Hartmann, « les lanceurs d’alerte sont bien face à un cas de conscience, à une impasse, écartelés entre leur devoir moral de défendre l’intérêt public, celui de tout citoyen, et leur devoir d’allégeance à leur hiérarchie ».
En général, les lanceurs d’alerte sont sans statut et sans protection et n’ont rien des illuminés que certains voudraient voir. Ceux qui s’acharnent à percevoir en eux des dictateurs de la transparence ont tout faux. Ils devraient prendre au contraire la mesure de leur courage mais aussi de leur solitude. La plupart ne retrouvent jamais de travail. Même les médias, après les avoir placé sou les feux de la rampe, les boudent comme analystes. Trop indépendants ! Quant aux conséquences de leur acte, ils en subissent la sanction. Sévère ! « Il existe un contraste choquant entre la peine infligée à Manning et l’indulgence, voire l’impunité complète, dont ont bénéficié les responsables de certaines des graves violations des droits humains révélées par ses fuites ».
Rejetés, peu soutenus, ne bénéficiant que de maigres soutiens médiatiques, les lanceurs d’alerte ont pourtant mis à jour l’un des dangers les plus graves qui menacent nos sociétés : la surveillance de masse et en particulier le pouvoir exorbitant des services de renseignement. L’américain Richard Snowden en a payé le prix lourd. Obligé de se réfugier en Russie, il en appelle à la communauté internationale pour que cessent les poursuites de son pays contre lui. C’est en particulier grâce à lui que les dérives de l’agence américaine NSA, la plus grande agence étatique de fichage de la planète ont été mises à jour. Son activité ? Intercepter la plupart des communications mondiales et les données électroniques qui les accompagnent et fournir ces données à d’autres puissances, moyennant échanges. Ces pays s’entendent finalement dans le plus grand secret autour d’une « vaste bourse d’échange dans laquelle la vie privée des citoyens, y compris celle de millions de Français, est troquée comme une vulgaire marchandise ». Tout cela se pratique au nom de l’antiterrorisme. Comme l’explique Florence Hartmann, « les états européens ont été piqués au vif lorsqu’ils ont découvert être eux-mêmes la cible de la NSA. Les Etats-Unis n’ont pas respecté « le code de bonne conduite » et se sont adonnés à l’espionnage ciblé ». Le président de la commission européenne lui-même a qualifié l’espionnage de la NSA de « totalitarisme ». Mais aucune élite politique pour venir en aide à Snowden et lui donner le droit d’asile.
Peu à peu, l’opinion prend conscience de l’ampleur des dérivés révélés par les lanceurs d’alerte. Depuis un an, des plaintes ont été déposées aux USA pour violation des droits constitutionnels. Des écrivains se mobilisent, réclamant la création de nouvelles règles garantissant la vie privée et l’adoption d’une convention internationale des droits numériques.
Ai-je été une lanceuse d’alerte, se demande Florence Hartmann en conclusion de son livre ? Non répond-elle. Mais un peu quand même. Florence Hartmann est cependant bien placée pour entreprendre une telle analyse. Comme journaliste, anciennement correspondante du Monde à Belgrade, elle a été l’une des premières à alerter sur les menaces de guerre en ex-Yougoslavie. Comme conseillère et porte-parole de la procureure du Tribunal Pénal international pendant six ans, elle a eu le courage de mettre à jour à l’issue de sa mission, dans une publication, les dérives de certains juges compromis avec le pouvoir serbe. Ce qui lui a valu d’être poursuivi par ce même Tribunal pour divulgation d’informations confidentielles. Elle a été peu soutenue par ses confrères et consoeurs de la presse, au moment où elle avait elle-même besoin d’aide. La presse ne s’est en effet pas bousculée pour sensibiliser l’opinion sur son histoire, une histoire qui illustre bien la solitude des démonteurs de systèmes.
D.Sabo

mardi 18 mars 2014

Fessenheim : 30 lanceurs d' alerte citoyens occupent pacifiquement la Centrale atomique...



La centrale de Fessenheim occupée : 20 militants de Greenpeace interpellés
Des militants de Greenpeace ont déployé une banderole «Stop risking Europe» près du dôme du réacteur n°1 de la centrale de Greenpeace  | Photo Greenpeace.
Mardi matin, les gendarmes ont interpellé une vingtaine de militants écologistes entrés dans le site de la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace. Selon le ministère de l'intérieur, une quinzaine d'autres se trouve toujours sur le toit du bâtiment réacteur mais «à aucun moment l'intégrité de la centrale n'a été menacée» et «la riposte des gendarmes a donc été adaptée pour les interpeller dans les conditions maximales de sécurité».
Vers 5h30 mardi matin, une cinquantaine de militants de Greenpeace, venus de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, d'Italie ou de Pologne «manifestent et occupent Fessenheim», la plus vieille centrale française. Ils dénoncent le risque que fait courir le nucléaire français à l’Europe entière, et entendent rappeler au gouvernement français, qui a programmé la fermeture de la centrale alsacienne,  «l’impérative nécessité d’une vraie transition énergétique en France».
Les militants de Greenpeace, organisation passée maître dans ce type d'opération coup de poing, ont déployé une banderole sur laquelle on peut lire «Stop risking Europe» («Cessez de mettre l’Europe en danger») à côté du dôme du réacteur n°1 sur lequel se trouve une demi-douzaine de militants. D’autres militants seraient sur la piscine de ce même réacteur.
Deux jours avant le sommet des chefs d’Etats européens consacré ce jeudi 20 mars à l’avenir de l’énergie en Europe, les militants de Greenpeace demandent à François Hollande et Angela Merkel d’engager leur pays et l’Europe entière dans une vraie transition énergétique, débarrassée du risque nucléaire et basée sur les renouvelables.
Selon Greenpeace, «les réacteurs de la centrale de Fessenheim ont 37 ans. Fessenheim est située à proximité des frontières suisse et allemande, dans une zone exposée aux risques sismiques et d’inondation, et connaît de sérieux problème de sûreté. Plus de 7 millions de personnes vivent à moins de 100 km et seraient affectées en cas d’accident majeur.»
La doyenne des centrales françaises
 « La centrale de Fessenheim est un symbole, explique un porte-parole de l'organisation. Sa fermeture annoncée ne doit être que le début d’une série de nombreuses fermetures de réacteurs en Europe pour limiter les risques, accidentels et financiers, liés au vieillissement et pour enfin lancer la transition énergétique. »
La centrale de Fessenheim est la doyenne des centrales françaises. En service depuis 1977 et dotée de 2 réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts chacun, Fessenheim, exploitée par Electricité de France (EDF), est la seule des 19 centrales françaises dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande, pour fin 2016.
LeParisien.fr


samedi 8 mars 2014

Villeneuve de Berg 07 : Conférence sur la Traité Transatlantique



Groupe local de Montélimar.... vous fait part de la conférence organisée par le collectif STOP AU GAZ DE SCHISTE ARDECHE
L’occasion de bien vous informer sur le TAFTA avec Raoul Marc Jennar
 Le TAFTA, (= grand marché transatlantique)... vous en avez entendu parler; vous souhaitez en savoir plus, connaitre toutes les conséquences de ce traité.
PROFITEZ DE LA VENUE DE RAOUL MARC JENNAR  pour approfondir ce sujet.
Europe écologie les Verts

vendredi 7 mars 2014

Tricastin 26 : 3 mois de sursis pour les 29 militants antinucléaires...



Tricastin: Quelque 29 militants de Greenpeace, qui s'étaient introduits en juillet 2013 sur le site du Tricastin (Drôme), ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis jeudi à Valence au lendemain de l'interpellation de 18 autres activistes de l'ONG pour une action similaire, dans la centrale nucléaire de Gravelines (Nord).
Des peines de six mois à un an de prison avec sursis avaient été requises à l'encontre des 29 prévenus - de nationalités française, russe, espagnole, roumaine, belge, suisse, allemande, etc. -, qui étaient poursuivis pour «violation de domicile» et «dégradations en réunion». Ces délits étaient passibles de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.
Dans son délibéré, le tribunal correctionnel de Valence, a en outre «relaxé» l'un d'eux, qui était aussi accusé d'avoir bousculé un gendarme lors de l'opération et contre qui le procureur Gilbert Emery avait réclamé «un an d'emprisonnement avec sursis», lors du procès, le 14 janvier, a-t-on précisé de source judiciaire. Il est cependant concerné par la condamnation de trois mois avec sursis.
Seuls neuf d'entre eux étaient présents à l'audience, le 14 janvier dernier, devant le tribunal correctionnel de Valence. Le procès avait été renvoyé le 12 septembre 2013 à la demande de Greenpeace et d'EDF, qui avait porté plainte. Le jugement, mis en délibéré, était  attendu jeudi après-midi.
A l'aube du 15 juillet 2013, les militants avaient pénétré dans l'enceinte nucléaire en escaladant des clôtures et en cisaillant des grillages, cadenassant des portails pour retarder l'intervention des forces de l'ordre.
Une vingtaine d'entre eux s'étaient introduits en «zone de protection renforcée» et un plus petit groupe «en zone protégée» au niveau de la station de pompage. Certains avaient même réussi à se jucher sur des structures métalliques proches des réacteurs, à l'aide de matériel d'escalade, pour y déployer des banderoles.
Greenpeace avait dit vouloir «pointer du doigt toutes les failles de la sécurité dans la production d'énergie nucléaire».
MCD

Tribunal de Valence : contre les lanceurs d' alerte...



Jugement attendu ce vendredi 7 mars contre l’Action citoyenne de Greenpeace au Tricastin
Des personnes venues soutenir des militants de Greenpeace jugés le 14 janvier à Valence pour s'être introduits dans la centrale du Tricastin. (Photo Philippe Desmazes.)
Une trentaine de militants s'étaient introduits en juillet 2013 sur la centrale nucléaire pour y déployer des banderoles et dénoncer le manque flagrant de sécurité.
Le jugement de 29 militants de Greenpeace, qui s’étaient introduits en juillet 2013 sur le site du Tricastin (Drôme), est attendu à Valence au lendemain de l’interpellation de 18 autres activistes de l’ONG pour une action similaire, dans la centrale nucléaire de Gravelines (Nord).
Des peines de six mois à un an de prison avec sursis ont été requises à l’encontre des 29 prévenus – de nationalités française, russe, espagnole, roumaine, belge, suisse, allemande, entre autres –, qui sont poursuivis pour «violation de domicile» et «dégradations en réunion». Des délits passibles de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Seuls neuf d’entre eux étaient présents à l’audience, le 14 janvier, devant le tribunal correctionnel de Valence. Le procès avait été renvoyé le 12 septembre à la demande de Greenpeace et d’EDF, qui avait porté plainte. Le jugement, mis en délibéré, est attendu jeudi après-midi.
A l’aube du 15 juillet, les militants avaient pénétré dans l’enceinte nucléaire en escaladant des clôtures et en cisaillant des grillages, cadenassant des portails pour retarder l’intervention des forces de l’ordre. Une vingtaine d’entre eux s’étaient introduits en «zone de protection renforcée» et un plus petit groupe «en zone protégée» au niveau de la station de pompage. Certains avaient même réussi à se jucher sur des structures métalliques proches des réacteurs, à l’aide de matériel d’escalade, pour y déployer des banderoles. «Tricastin : accident nucléaire» et «François Hollande : président de la catastrophe ?», pouvait-on y lire.

dimanche 23 février 2014

Retour de Notre Dame des Landes et Nantes...



Communiqué des organisateurs-trices de la manifestation anti-aéroport du 22 février : La manifestation d’aujourd’hui a connu une mobilisation inégalée.
520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la zad.
Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C’est le signe d’une mobilisation nationale et de la connection entre Notre Dame des Landes et d’autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.
Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Il s’agit de la plus grosse mobilisation du mouvement.
Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation. Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu’à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisi de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestant-e-s de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.
Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?
Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport !
Contacts presse :
Jean-François Guitton : 06 78 90 46 04
Coordination : Julien Durand : 06 33 51 01 35
ZAD : Camille : 06 32 98 78 36


Notre-Dame-des-Landes : EELV se félicite du "succès de la mobilisation" : Le porte-parole du mouvement, Julien Bayou, a néanmoins condamné "les dégradations et les actes de violences en marge de la manifestation"
Europe Écologie-Les Verts (EELV) s'est félicité du "succès de la mobilisation", samedi à Nantes, des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, mais a condamné "les dégradations et les actes de violences en marge de la manifestation". "EELV se réjouit du succès de la mobilisation", écrit le porte-parole du mouvement, Julien Bayou, dans un communiqué.
"Il faut saluer la rencontre entre des dizaines de milliers de manifestants pacifiques et un cortège impressionnant de centaines de tracteurs venus des départements voisins. Cette mobilisation illustre la volonté commune de préserver ces terres agricoles et zones humides", poursuit-il. "Militant-e-s, élu-e-s et responsables d'EELV étaient présent-es en nombre pour réaffirmer leur opposition à ce projet absurde et d'un autre siècle, et demander son abandon définitif", souligne-t-il.

EELV "déplore la présence d'éléments perturbateurs et condamne fermement les dégradations et les actes de violence en marge de la manifestation". "Nous espérons que la mobilisation, ainsi que les recours qu'EELV a déposés à la suite des recours des associations opposées au projet, auront raison de l'entêtement du gouvernement sur ce projet inutile", conclut Julien Bayou.
"200 manifestants affrontent forces de l'ordre nous condamnons fermement, mais cela ne peut masquer 30 000 mobilisés pacifiquement contre nddl", a écrit le sénateur EELV de Loire-Atlantique Ronan Dantec.
MCD

Plus de 30 000 personnes à Nantes contre l' Aéroport...

Manifestation de Nantes : des casseurs, mais aussi des tracteurs...

La manifestation de Nantes samedi contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes a été marquée par des affrontements entre des ("antifas"} et la police. Une réalité qui fait oublier la forte présence des paysans et le nombre des manifestants.

Les opposants au projet d’aéroport sont venus en nombre, ce samedi, à 13 h, devant la préfecture de Loire-Atlantique. L’objet de la manifestation est de marquer fortement que la détermination ne faiblit pas, même si Notre Dame des Landes semble avoir disparu de l’actualité. La manifestation est préparée de longue date. Mais la veille, la préfecture a changé l’itinéraire prévu : "Considérant que plusieurs milliers de personnes sont attendues dans le cadre de cette manifestation, indiquait vendredi l’arrêté préfectoral, considérant que la présence de groupes violents a été observée dans des manifestations de ce type par le passé, à Nantes, et qu’ils ont causé dans des circonstances comparables de serieux troubles à l’ordre public", l’autorité a interdit le centre ville - qui concentre les rues commerçantes.
Sous la pluie, on attend le début de la marche, qui va bientôt commencer.

Tout avance dans la bonne humeur. Couleurs, masques d’animaux, percussionnistes, clowns, et puis des milliers de personnes portant pancartes et le parapluie, qui n’est bientôt plus nécessaire.
Les politiques sont aussi venus, du moins ceux d’Europe Ecologie les Verts. Les comités locaux – de Bretagne, Basse-Normandie ou des Pays de la Loire – qui rappellent leur engagement de toujours contre l’aéroport, mais aussi les "nationaux", José Bové, Eva Joly, Pascal Durand, Yannick Jadot. Les deux ministres Duflot et Canfin sont absents ; la secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse explique : « Ils ont aussi le droit à des vacances. Mais ils auraient pu être là, ils ont manifesté leur soutien à cette manifestation ». Tout de même, n’y a—t-il pas un nouveau grand écart avec la participation au gouvernement ? « Non, c’est une position très assurée depuis le début, Notre Dame des Landes fait partie de nos combats, tout comme Fessenheim. Et dans le cas de cet aéroport, c’est plus en local qu’en national que le projet est porté. Notre présence au gouvernement est importante, d’autant plus qu’il y a de plus en plus de socialistes qui ont marre de ce projet, même s’ils ne le disent pas ».
Pendant ce temps-là, alors que le long cortège entame sa déambulation au départ de la rue de Strasbourg, un des manifestants profite d’un arbre dans la ville pour y monter une cabane, symbole de la résistance sur la ZAD.

vendredi 21 février 2014

Tous à Nantes ce samedi 22 févier contre l'aéroport de Notre Dame des Landes...



Notre-Dame-des-Landes :
samedi, toutes et tous à Nantes
Samedi 22 Février l’ensemble des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes appelle à un rassemblement massif pour enterrer cet aberrant projet. Si on vous demande pourquoi :
1 – Parce que c’est un projet inutile : L’actuel aéroport international de Nantes Atlantique primé au niveau européen, non saturé, rempli très bien son office, est ré-aménageable si nécessaire ; aucun argument économique avancé depuis 40 ans pour justifier ce projet ne tient la route.
2 – Parce que c’est un gaspillage d’argent public : Est-il temps de dépenser plusieurs milliards d’euros pour un nouvel aéroport sur la simple croyance en une croissance infinie dans un monde fini ? Les justifications des promoteurs de ce projet s’appuient sur des projections irréalistes : un trafic aérien qui dépasserait les 9 millions de passagers annuels à l’horizon 2050 alors qu’aujourd’hui l’aéroport de Nantes en accueille 2,8 et que sa capacité est de 4 millions.
3 – Parce que c’est une atteinte grave au droit environnemental : Autoriser un tel projet sur un tel site (2000 ha d’une zone humide) reviendrait à détricoter complètement le droit environnemental en sacrifiant les intérêts environnementaux au profit des bétonneurs. Le site de Notre-Dame-des-Landes abrite des dizaines d’espèces protégées et représente un écosystème exceptionnel. Le projet entraînerait par ailleurs la disparition d’une cinquantaine d’exploitations agricoles qui prospèrent dans cette belle région de bocage.
Pour toutes ses raisons, parce que l’opposition à de tels projets s’appuie sur 3 piliers : la lutte juridique, la lutte institutionnelle et les mobilisations citoyennes, une mobilisation d’ampleur exceptionnelle fera prendre conscience du coût politique d’un passage en force.
À Nantes ce samedi 22 février, enterrons ce projet d’un autre âge.
Alors les amie-es, samedi prenez place dans un bus, un train ou un covoiturage pour nous rejoindre.
> Toutes les infos pratiques
Elen Debost, Secrétaire régionale des Pays de la Loire
Europe écologie les Verts
Groupe local de Montélimar....  

jeudi 6 février 2014

Loriol : No Gazaran, le film contre les gaz de schiste...

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN
Vendredi 7 février 2014
   
PRESERVER LA TERRE

En avant-première...  

Loriol - Cinéma Espace/Maison Pour Tous-12  Rue de la République
20h 30 Film/débat " No gazaran " avec la réalisatice Doris Buttignol et Carole Menduni
Carnet de route d'une mobilisation citoyenne contre l'exploitation des gaz de schiste. Soubresauts d'une société prise au piège d'un modèle économique en crise.
Anne Dez, FRAPNA- Guillaume Vermorel, Stop Gaz de Schiste07 Ardèche- Yann Louvel, Stop Gaz de Schiste Vallée26 de la Drôme, Ensemble de Livron, Ecologie au Quotidien.
 

mercredi 5 février 2014

Rencontres de l' Ecologie Rhône-Alpes ...( J+15 )

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN

Jeudi 6 février 2014 RECONSIDERER LES RICHESSES

 
Eurre-26
20h30 Ecosite - Trans-Express
Spectacle Les Contes de la Richesse : le paradoxe de l’Erika d’après Patrick Viveret 
Une plongée au cœur du fonctionnement économique et de ses paradoxes. Qui pourrait croire que des catastrophes comme la marée noire de l'Erika ou encore les accidents de la route sont favorables à la fameuse croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) ?
Compagnie Tribouille  - Participation Libre                

samedi 1 février 2014

Les voies de la résistance...créatrice

Les voies de la résistance

Les marchés financiers mondialisés continuent de dominer les économies et les sociétés au détriment des plus pauvres. Ils sont par ailleurs l’instance première de la production autonome de légalité et de politiques publiques. Tous les paramètres économiques, sociaux et politiques dépendent de leur fluctuation : l’emploi et les salaires, mais aussi la capacité de jouir des droits fondamentaux (du droit au logement au droit à la santé).
Vox populi, vox dei. Selon un sondage d’opinion mondial réalisé par la Confédération syndicale internationale, mené dans 13 pays, 87% des personnes interrogées considèrent que leurs salaires ont diminué par rapport au coût de la vie ou sont restés les mêmes. Une personne interrogée sur huit connaît des problèmes financiers et ne peut plus couvrir ses dépenses de base.
Les auteurs du sondage enregistrent une croissance des inégalités et un fossé grandissant entre les dirigeants et les citoyen(ne)s a été enregistré l’année dernière. Seulement 13% des personnes interrogées dans le sondage considèrent que les gouvernements agissent dans leur intérêt.
Par ailleurs, « 28% des personnes se montrent désenchantées, voire découragées, convaincues que les gouvernements n’agissent ni dans l’intérêt des citoyen(ne)s ni dans celui des entreprises ».
« Il existe une profonde méfiance à l’égard des gouvernements et des institutions. Les dirigeants doivent tenir leurs promesses de mettre fin au comportement spéculatif, d’affronter les banques et d’éliminer l’évasion fiscale afin de démontrer aux travailleurs et aux travailleuses qu’ils agissent dans leur intérêt », commente Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
Pour autant, rien n’est perdu. Les quatre figures dominées de notre société contemporaine ont la capacité de se révolter et de se mouvoir en figures de puissance pour s’affranchir de leur condition d’appauvrissement, de misère et de solitude, projettent Michael Hardt et Antonio Negri (*).
De nos jours, les mouvements sociaux se développent à partir d’une « décision de rupture qui mène à une proposition d’agir commune ». Les deux auteurs recensent quatre niveaux de rupture correspondant aux quatre figures de subjectivités de la société moderne.
Que peut faire « l’endetté », entravé par des chaînes invisibles ? Que peut-il faire pour les reconnaître, les saisir, les briser et devenir enfin libre ? Il est attendu de lui d’inverser la dette en refusant de la payer : « Je ne paierai pas, nous ne paierons pas votre dette. Nous refusons d’être expulsés de chez nous. Nous ne nous soumettrons pas à des mesures d’austérité. Au lieu de cela, nous voulons nous approprier votre – en réalité, notre – richesse. »
Le refus des pauvres et des précarisés de se soumettre au joug individuel et collectif de la dette peut détruire le pouvoir de l’argent et instaurer des liens sociaux en lieu et place des liens financiers. Deux mouvements témoignent de cette volonté : d’abord, les manifestations altermondialistes contre la Banque mondiale et le FMI, notamment ceux d’Argentine en 2001 et précédemment ceux de 1976 au Pérou, 1977 en Egypte et 1989 au Venezuela ; ensuite, les émeutes destinées à rejeter le fardeau des dettes individuelles et individualisantes, comme celles de Los Angeles en 1992, Paris en 2005 et Londres en 2011.
Quid du médiatisé ? Il est attendu de lui de détourner son attention des médias pour découvrir la vérité et de produire de nouvelles vérités grâce à des « singularités en réseau qui communiquent et existent ensemble ». Ici, le passage obligé pour communiquer autrement et de devenir des singularités, de devenir soi-même, de dépasser l’aliénation. Deux vertus sont attachées à l’émergence de ces singularités :
- elles accèdent à une mobilité libre au sein des réseaux ;
- elles transforment les médias en instruments au service de « l’autoproduction collective de soi ».
Une parfaite incarnation de ces vertus est attribuée au projet zapatiste, quelque peu utopique, du gouvernement autonome des Chiapas, avec ses fameux slogans inédits de « gouverner en obéissant » et « archer en questionnant ». L’enjeu est de repenser la matérialité de la démocratie, son infrastructure — car les gens ordinaires ne trouvent souvent pas le moyen de se faire entendre des décideurs à cause du primat de l’écrit, qui renforce le sentiment d’incompétence, les « milieux populaires » ayant surtout une « culture orale ».
Qu’en est-il du « sécurisé » ? Son salut est dans la pratique de l’évasion. Comme il ne peut triompher de la prison ou vaincre les appareils répressifs de l’Etat néolibéral, il lui reste « à s’enfuir, briser ses chaînes et courir ». Une des modalités de la fuite est de devenir invisible : « Le plus souvent, la fuite suppose que l’on évite de sortir à découvert et que l’on se rende invisible. Dans la mesure où la sécurité fonctionne principalement en nous rendant visibles, nous ne pouvons nous libérer qu’en refusant d’être vus (…) Le fugitif, le déserteur et l’invisible sont les véritables héros (ou les antihéros) de la lutte que le sécurisé mène pour être libre. »
La désertion et la désobéissance sont les meilleures armes envisagées contre la servitude volontaire. Comme le pouvoir incarne d’abord une relation (et non une chose), il se nourrit de notre peur et de notre consentement à prendre part à cette relation, avertissent les deux auteurs. A contrario, le pouvoir ne peut survivre lorsque ses sujets s’émancipent de la peur. Se départir de sa peur est alors le prix à payer pour retrouver « une liberté et une sécurité véritables ».
Au final, dans l’être-ensemble, les discussions, les désaccords, les luttes, les manifestants semblent avoir découvert une vérité que Spinoza avait entrevue : « On ne peut atteindre la vraie sécurité et la destruction de la peur qu’en construisant collectivement la liberté. »
Il reste à mettre en mouvement le « représenté ». La finalité attachée à cette action est « la constitution de soi ». L’objectif affiché ici est de construire des formes de participation qui « excèdent les compartimentages corporatistes, et qui donnent une substance et un contenu aux formes génériques et abstraites de l’action politique ». « Les processus constituants ne cessent de réviser les structures politiques et les institutions afin qu’elles soient mieux ajustées au tissu social et aux fondations matérielles des conflits, des besoins et des désirs sociaux », osent espérer Hardt et Négri.
Ammar Belhimer
(*) Michael Hardt et Antonio Négri, « Déclaration, Ceci n’est pas un manifeste », Editions Raisons d’agir, Paris 2013, 135 pages.

jeudi 30 janvier 2014

Ecocide...

Ecocide

Pendant que la gent journaleuse s’absorbe à commenter jusqu’à plus soif les pitreries pitoyables du sinistre Dieudonné ou les frasques amoureuses du Prince un drame grandiose se noue dans le dos des spectateurs captivés par le babillage minable de la clique des amuseurs. Partout, dans une inquiétante indifférence, le patrimoine naturel commun de l’Humanité se meurt.
L’agonie a débuté depuis longtemps déjà. Et depuis longtemps « également l’on moque tous ceux qui s’en alarment dans leur aride désert. L’on a appelé à la rescousse, outre les journalistes les moins regardants, des cohortes d’experts autorisés à dire à quel point les multiples alarmes sont autant de peurs irrationnelles. Allons, le péril n’est pas si grand, l’Homme est plus puissant et inventif que la nature qui le nourrit. Il peut donc continuer de l’exploiter, de la défigurer en maints endroits, de la vendre au plus offrant, de lui substituer par morceau des ersatz de nature artificialisées en laboratoire. Le féroce appétit du capitalisme, lui-même moribond, n’a plus de limites. Des seuils d’irréversibilité sont d’ores et déjà franchis en ce qui concerne la capacité des écosystèmes à supporter ce qui leur est infligé. Et la folie destructrice des hommes ne s’arrête pas là : ils détruisent sournoisement les dispositions juridiques qui embarrasse la volonté de profit ; ils ont même commencé de brûler les preuves de l’écocide en marche.
Les abeilles peuvent encore témoigner… Une toute récente étude s’alarme de la comparaison des capacités de pollinisations des abeilles domestiques (Apis mellifera) et des surfaces agricoles européennes (1).Près de 13,4 millions de colonies d’abeilles manqueraient pour assurer une pollinisation optimale des cultures des 41 pays observés. Entre 2005 et 2010 , les besoins en pollinisation ont augmenté cinq fois plus rapidement que le nombre de colonies d’abeilles. Cet écart considérable serait en large partie dû à la forte progression des surfaces de cultures oléagineuses, comme le colza et le tournesol, liée à la politique européenne de développement des agro-carburants. Les pays où le déficit est le plus grand sont la Moldavie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie. Les scientifiques mettent en exergue le fait que désormais l’agriculture européenne est de plus en plus tributaire d’autres types de pollinisateurs tels les abeilles sauvages, les bourdons, les syrphes… Ils soulignent qu’aucune réelle politique, aussi bien agricole qu’environnementale, n’est mis en œuvre pour assurer la protection de ces pollinisateurs dits sauvages. Le Professeur Simon Potts, qui a mené l’étude, a déclaré : « Nous allons vers une catastrophe. »
Les choses ne vont pas s’arranger. Le 14 juin 2013, la Commission européenne a reçu mandat de l’ensemble des États membres afin de négocier avec les États-Unis le Le Grand Marché Transatlantique (GMT). Cet accord aura pour but d’instaurer un vaste marché de libre-échange, allant au-delà des accords de l’OMC. Ce projet, négocié en toute absence de transparence, vise le démantèlement des droits de douane restants, entre autres dans le secteur agricole, et plus grave encore, la suppression des "barrières non tarifaires". Ceci ne pourrait qu’amplifier la concurrence débridée et empêcherait la relocalisation des activités économiques. Il conduirait à un nivellement par le bas des règles sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, par l’extension territoriale du droit américain si peu protecteur. Un exemple ? Au début de cette année, la Cour suprême des États-Unis a de nouveau donné raison à Monsanto en refusant de se saisir de la plainte d’un groupement d’agriculteurs bio. La haute Cour, qui s’était déjà rangée du côté de Monsanto en mai 2013, a rejeté, sans commentaire, la requête de dizaines de fermiers pratiquant la culture bio et conventionnelle ainsi que des producteurs de semences organiques, qui réclamaient que le groupe américain s’engage à ne pas poursuivre les propriétaires des cultures de soja, coton, maïs, qui auraient été contaminées par ses semences transgéniques acheminés par les vents ou les pluies. Comment la biodiversité pourrait-elle survivre à un tel obscurantisme ?
Le Canada, qui préfère se voiler la face, pourrait devenir un exemple. Divers chercheurs disent y avoir assisté ces derniers mois à la perte d’un patrimoine scientifique inestimable. Décidé à démanteler, pour des raisons budgétaires, plusieurs bibliothèques scientifiques, le gouvernement canadien est accusé d’avoir dispersé ou mis au pilon des documents rares, certains irremplaçables pour la recherche en sciences de l’environnement. On assiste également à des fermetures de laboratoires, à des suppressions de programmes scientifiques touchant le climat, la sécurité sanitaire, la qualité de l’eau, la surveillance du secteur pétrolier, etc. Pêches et océans Canada, l’agence fédérale chargée des affaires maritimes, a décidée en avril dernier la fermeture de sept de ses onze bibliothèques scientifiques. L’argument budgétaire ne parvient pas à convaincre la communauté scientifique. Le biologiste Daniel Pauly, professeur à l’université de Colombie Britannique, qui est aussi une autorité mondiale en gestion des ressources marines, ne décolère pas : « Stephen Harper a fondé toute sa politique économique sur les sables bitumineux de l’Alberta, dont l’exploitation est désastreuse pour l’environnement : le gouvernement n’a d’autre choix que mentir pour cacher ce désastre. Par exemple, pour éviter que des découvertes gênantes ne soient faites sur l’exploitation des hydrocarbures, on ferme les laboratoires d’éco-toxicologie. Cela fonctionne désormais comme cela au Canada et c’est extrêmement grave. Nous dérivons vers une pétro-dictature (2). » Comme nous aimerions le détromper à l’heure où les pétroliers convoitent le sous-sol européen !
Yann Fiévet