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lundi 31 mars 2014

Biovallée : une dynamique citoyenne, mariant Associations, Mairies et Entreprises...



Comité d'engagement  BIOVALLEE 
ASSO / CE+CA de ce mercredi 2 avril 8h30 à 11h
Bonjour,
Notre prochain comité d'engagement puis conseil d'administration aura lieu ce mercredi 02/04 de 8h30 à 11h00 à la salle Les Trois Becs de Biovallée - Le Campus sur l'Ecosite d'Eurre. 
Ci-joint l'invitation/Ordre du jour.
Nous aurons 2 nouveaux dossiers à traiter (cf en PJ les fiches de synthèse et les chartes) 
Entreprises :
E1- Cabinet GRAVIR (Crest/Die/Livron) expertise comptable
E2- Le Grand Bois (Poet Celard) éco-hébergeur
Je reste à votre disposition pour toute remarque par mail ou téléphone et vous remercie de votre compréhension pour cet envoi tardif.
A mercredi matin avec boissons chaudes et viennoiseries,
NB : le C-R du CA du 8 janvier vous a déjà été envoyé par mail le 21 janvier un peu avant 17h, si certains ne le retrouvent pas, merci de me le signaler
Anne-Sophie Chupin
Directrice de l'association de la marque Biovallée®
Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.95.71.65.32
L’Observatoire Biovallée
Bonjour à toutes et tous,
Nous nous retrouvons mercredi prochain 2 avril de 11h00 à 12h30 à Biovallée - Le Campus sur l'Ecosite d'Eurre pour le comité de pilotage de l’Observatoire Biovallée dont vous trouverez ci-joint l'ordre du jour.
Merci de me confirmer votre présence au COPIL de l’Observatoire, qui aura lieu à 11h juste après le CA de l’Association Biovallée, pour ceux qui y participent.
Un apéritif sera offert à 12h30 pour nous permettre de continuer d’échanger avec la possibilité, pour ceux qui le veulent, d’aller déjeuner ensemble au restaurant Moun Pais (merci de me confirmer si vous pensez rester pour déjeuner afin de finaliser la réservation).
Je reste à votre disposition pour toute question (par mail ou téléphone).
Cordialement, 
Anna Gasquet
Observatoire Biovallée®
Pépinière d’entreprises du Val de Drôme – Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.27.06.88.37
BIOVALLEE - rencontre Starter
du mercredi 2 avril après-midi
Rencontre d'accueil qui se tiendra mercredi 2 avril de 14h à 17h au Campus sur l'Ecosite pour la quinzaine d'étudiants du programme 2014 avec pour certains leurs maîtres de stage.
Les élus rejoindront ensuite le groupe vers 17h pour un échange et un temps convivial clôturera la rencontre.
Merci de vous rapprocher de Claudine Amauric pour la confirmation de présence.
Cordialement,
Anne-Sophie Chupin
Directrice de l'association Biovallée®
Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.95.71.65.32

dimanche 23 mars 2014

Vers des "villes des solutions"...

Le développement durable passera-t-il à la trappe du vote des Français ?

Image: Julie'14 pour Kaizen Magazine - Mars/Avril 2014
Image: Julie'14 pour Kaizen Magazine - Mars/Avril 2014
Le développement durable n'accapare pas les débats des élections municipales. Une étude réalisée fin 2013 par OpinionWay pour le cabinet de conseil en développement durable Auxilia montre pourtant que près d'un Français sur six estime que cet enjeu comptera dans son vote.

Le durable a de l'avenir dans les territoires

"En dépit d'une situation économique toujours difficile, les Français font du développement durable un enjeu majeur pour l'avenir" souligne l'étude dans laquelle 57% des personnes interrogées considèrent que le respect de l'environnement doit être privilégié - d'autant que les bénéfices obtenus par des comportements plus responsables vont de pair avec la perception du développement durable comme une solution pour sortir de la crise (32% des interrogés avouent privilégier des produits locaux ou saisonniers autant par souci d'économies que de l'environnement).
Si 70% des Français (toutes catégories sociales confondues) font rimer politique de développement durable avec facteur d'innovation, 59% d'entre eux affirment que le développement durable comptera dans le choix de la liste pour laquelle ils voteront en mars prochain - une affirmation plus forte parmi les sympathisants de gauche (68%) que parmi ceux de droite (53%), "mais elle est majoritaire dans les deux cas et varie très peu selon la taille de la commune" relève l'étude.
Pour Bruno Jean Bart, le directeur général adjoint d'Opinion Way, "s'il est évident que les thématiques "développement durable" sont plutôt à la baisse au niveau national, ce n’est pas le cas au niveau municipal. De nombreuses thématiques sont concernées en ce sens pour les électeurs au niveau local : déplacements, propreté, espaces verts, qualité de l’air, etc".
Pour 62% des interrogés, c'est aux pouvoirs publics d'agir dans le domaine du développement durable. Chose intéressante: seuls 51% des Français estiment que leur Maire prend suffisamment en compte le développement durable dans son action, mais l'électeur a plus confiance en sa commune qu'en l'Etat pour porter des projets efficaces en la matière. Bien plus encore: 72% pensent surtout que le développement durable est avant tout l'affaire des citoyens, qui doivent agir à leur échelle.

Créativité et innovation sont devant nous

Pour Frédéric Vasse, ‎ancien collaborateur d'élus et directeur de l'innovation et de la recherche chez Auxilia, "ce baromètre permet d'objectiver une transition souvent souterraine, invisible, et qui doit aujourd’hui influencer notre vision du présent. La révolution culturelle, économique et démocratique que cela demande tétanise un peu tout le monde et c’est compréhensible tant nous devons parer à l’urgence de l’emploi et de la précarité. C’est là pour les élus, toute la complexité de la préoccupation écologique: ils ne sont plus devant des choix simples à faire, entre compromis à trouver pour marier équité sociale, initiative économique et urgence environnementale. L’innovation trouve là toute sa place"
L'étude souligne que l'aspect économique cristallise les attentes les plus importantes: "faciliter la création d'emploi et accompagner les personnes en insertion professionnelle est l'attente prioritaire de 63% des Français. Viennent ensuite le fait de favoriser une meilleure gestion des finances publiques, améliorer la transparence des politiques publiques, favoriser l'accès aux services publics de tous (53% des interrogés) ou bien favoriser un développement économique équitable, local et solidaire, favoriser le développement de l'économie verte et de l'innovation économique (48%)" peut-on lire.
Frédéric Vasse insiste d'ailleurs sur l'opinion des français les plus défavorisés, qui sont également les plus exposés aux nuisances en tous genres ou les plus éloignés des ressources environnementales: "que ce soit le bruit, les risques industriels ou naturels, ou encore la pollution, les quartiers populaires voient se superposer à la précarité sociale – et parfois « l’inesthétisme » des paysages urbains - une misère environnementale manifeste. Combien sont-ils à vivre à proximité d’une usine d’incinération des déchets, d’une voie express ou encore d’un site industriel à risque ? Si les classes moyennes et supérieures ont joué un rôle central dans l’émergence de la problématique environnementale, le développement durable apparait aujourd’hui et c’est nouveau comme une perspective à apporter AUSSI aux populations les plus défavorisés." La preuve? 57% des personnes interrogées pensent qu’il est préférable "de respecter l’environnement même si la croissance économique doit en pâtir". Ils sont 59% à soutenir ce point de vue chez les ouvriers et employés.

Un appel à la "ville des solutions" ?

Ce baromètre serait-il finalement un appel à la "ville des solutions", comme autant de services et d’usages apportés au plus près de la vie quotidienne de tous les habitants du territoire ? Sans aucun doute estime Frédéric Vasse, pour qui "il y aurait un sujet à creuser autour des villes "du milieu" - ni les petites communes en milieu rural ni les grandes villes et métropoles. Là le taux d’insatisfaction est un peu plus fort…"
En attendant, entre les affirmations données dans un sondage et la réalité de terrain, entre les préoccupations ultra-locales et les enjeux globaux qui nécessitent des choix courageux d’ordre législatif et national, "il est sans doute nécessaire de passer par une pédagogie de l’action" reconnaît Frédéric Vasse... histoire de faire le lien entre besoin de propreté, développement des espaces verts et qualité de l’air à niveau local et la mise en place d'une écotaxe, d'une politique d’aménagement du territoire et d'engagements forts sur les choix energétiques et la conversion industrielle de certains secteurs.
Le DD entrera-t-il donc dans vos critères de choix dimanche ?
Anne-Sophie Novel
A lire

vendredi 14 mars 2014

Taulignan ; on protège la création ....



Prière et culture bio pour la Création
Elles sont passées des livres à la terre. En peu de temps, les religieuses de la Clarté Notre-Dame, spécialisées jusqu’au milieu des années deux-mille dans les enluminures, sont devenues de vraies cultivatrices. Raisonnées et respectueuses de l’environnement. Elles diraient plutôt « respectueuses de la Création ». Au demeurant, elles invitent quiconque à les rejoindre ce samedi 29 septembre pour une journée spéciale de « prière et célébration pour la sauvegarde de la création » (lire l’encadré grisé).
Depuis 2009, les quatorze sœurs dominicaines du couvent situé à quelques kilomètres du village de Taulignan, se sont orientées vers une activité qu’elles ne maîtrisaient guère au départ. « Aucune d’entre nous n’avait de connaissance dans la culture de la terre », confie l’une des responsables de l’activité, Sœur Dominique. « Mais notre précédente activité n’était plus suffisante, il fallait rechercher un autre travail. Nous avions des vignes en fermage sur des terres, qu’on a dû faire arracher quand le vigneron est parti. Tout naturellement s’est posée la question : que va-t-on faire de ces six hectares ? En en parlant autour de nous, on nous a suggéré de cultiver des plantes aromatiques biologiques et de fabriquer des tisanes à partir de nos récoltes ».
Le cadre de vie s’y prête. Autour du couvent, un petit bois renferme bon nombre de plants de romarins qui poussent naturellement. On est en Drôme provençale, terre propice au thym, à la lavande et autre sarriette. Mais les Sœurs veulent aller plus loin que simplement chercher de l’ouvrage et vendre leurs produits. Elles trouvent un sens spirituel à leur démarche, encouragées d’emblée par l’évêque de Valence, Mgr Lagleize. L’écologie commence à peine à devenir une préoccupation d’Église, et les religieuses, elles-mêmes se documentent sur les ponts possibles entre écologie et théologie. Sur le plan pratique, elles sont déjà déterminées.
« Agir face à la crise écologique »
« Face à la crise écologique dont tout le monde parle et dont les habitants de la planète, en certains lieux, commencent à souffrir, il fallait agir à notre petit niveau, en proposant des plantes aromatiques aux vertus reconnues pour la santé et le bien-être et qui étaient cultivées sans produits chimiques », explique Sœur Dominique. « Nous avions déjà le modèle des Sœurs orthodoxes de Solan, dans le Gard, qui s’étaient lancées il y a plus de dix ans déjà. En 2009, nous avions rencontré Pierre Rabbi, l’agriculteur philosophe de l’écologie qui nous a encouragées dans notre démarche. Il nous a dit qu’il fallait de l’eau, de la terre et du courage, et qu’il suffisait de travailler à partir de ce que l’on a ».
Le label « Clarté Provence »
La friche résultant de l’ancienne vigne passe alors en conversion bio. En 2010, les Sœurs plantent du thym, du romarin, de la lavande. Des amis, des voisins viennent les aider. Des agriculteurs prodiguent des conseils. C’est tout un élan de solidarité qui se met en place. « Les plantes ont pris tout de suite, si bien qu’à chaque nouvelle année, on en cultive une nouvelle variété », souligne Sœur Dominique. Autour de la culture, le travail communautaire s’organise. Quand l’une bêche la terre, l’autre arrose, la troisième récolte, la quatrième fait sècher les plantes, la cinquième conditionne, la sixième étiquette, etc. Les religieuses du couvent commençent depuis 2011 à vendre leur produit sous le label « Clarté Provence ».
Respect de la terre, de l’homme, de Dieu
« Mais ce n’est pas le tout de planter bio, on essaie de réfléchir sur le pourquoi on le fait, et cela renforce notre foi », assure Sœur Dominique. « Une association œcuménique est née sur le diocèse pour approfondir le sujet et s’appelle Oeko-Logia ». Dès les premiers temps, Fabien Revol, de l’université catholique de Lyon, a dispensé durant une année des cours aux Sœurs sur la relation entre spiritualité et environnement ou encore sur la théologie de la Création. « Nous sommes engagées dans une démarche de respect de la terre, du respect de l’homme et donc du respect et de la louange à Dieu », résume Sœur Dominique. « Cette terre, elle est pour nous, mais elle ne nous appartient pas. Elle nous a été confiée par Dieu. Nous ne prétendons pas tout résoudre de la crise écologique avec nos plantes aromatiques et notre potager bio, mais nous participons, à notre mesure, à la sauvegarde la Création ».
Cyril Lehembre

lundi 10 mars 2014

Marsanne : Changeons d' énergie...



Marsanne 13 mars Transition energetique
Bonjour,
Veuillez trouver ci joint info pour la réunion information de Marsanne concernant la transition énergétique.
Vous pouvez si vous désirez nous aider imprimer et distribuer ou coller ces affiches.
A bientôt et merci
Si vous ne désirez plus recevoir de mail, retournez celui ci en précisant votre refus.
Collectif roynac

mercredi 5 mars 2014

Seule une agriculture paysanne....



Exploitation industrielle et agriculture paysanne: difficile cohabitation
Paris : Vitrine d'une modernité triomphante, le Salon international de l'agriculture de Paris promeut un secteur industrialisé, porté par la technologie et la mécanisation. Mais 80% de la production agricole mondiale reste assurée par les exploitations familiales.
Si les deux modèles coexistent, ils risquent de cohabiter de plus en plus difficilement à l'avenir, en concurrence l'un et l'autre pour la terre et l'eau, comme sur les coûts de production.
Pour la première fois la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, née après-guerre sur un schéma productiviste motivé par l'urgence, a consacré 2014 l'année de l'agriculture familiale : une façon de la «remettre au centre des politiques agricoles» et d'attirer l'attention sur sa «contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté» annonce-t-elle.
Pour l'agronome Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech, l'agriculture paysanne fixe justement la main d’œuvre sur ses terres quand la mécanisation a tendance à vider les campagnes - «quand le chômage rural s'installe, c'est direct le bidonville» résume-t-il.
Or, «les Etats n'ont pas assez investi dans l'agriculture ces dernières décennies et les paysans étaient trop pauvres pour le faire», regrette-t-il. D'autant que «nos exportations leur causent du tort: entre le riz de Madagascar et celui de Camargue ou de Louisiane, il y a 200 fois plus de travail agricole» note-t-il. Comment lutter ?
- Des statuts qui évoluent -
A la place, «les dirigeants ont fait appel aux capitaux étrangers qui vont chercher avant tout le retour sur investissement» fustige M. Dufumier.
«La FAO se réveille un peu tard», confie aussi Ward Enseeuw, chercheur du Centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD) à Pretoria, qui évoque une forme de neutralité bienveillante, à la FAO comme à la Banque mondiale, envers les grands investisseurs.
«Même si, dans sa grande majorité, l'agriculture en Afrique reste familiale, en Afrique du Sud et ses voisins, comme le Mozambique, le Zimbabwe ou la Zambie, le modèle est en train de changer», constate-t-il.
«Les plus petites exploitations vont vers des marchés de niche, du bio, des productions fragiles comme le raisin et certains fruits. Et les plus grandes contractualisent leur production auprès de grands groupes». Ce qui signifie que le statut de l'exploitant change: «l'agriculteur devient salarié sur sa propre terre, ou un rentier qui ne travaille même plus sur l'exploitation».
Ce modèle, explique-t-il, devenu fréquent en Afrique du Sud qui héberge de nombreux fonds d'investissements, des instruments financiers sophistiqués, un marché à terme, des assurances... se rencontre désormais ailleurs, en Afrique australe et de l'est.
- Vers des «filières fermées» -
M. Anseeuw étudie le développement de ces «entreprises inclusives: comment des acteurs dominants peuvent intégrer les petites productions», surtout dans les fruits et légumes, ou la canne à sucre - des secteurs gourmands en main d'oeuvre que les grands investisseurs préfèrent sous-traiter.
Ce nouveau paradigme permettrait alors de soutenir les deux types d'agriculture, indique-t-il. Tout en promouvant aussi des «filières fermées», de la production à la transformation entièrement gérées par des investisseurs extérieurs.
Le chercheur en cite des exemples dans le secteur des céréales et celui de la brasserie (le groupe d'origine sud-africaine SABMiller est numéro 2 mondial). Ou encore Zambeef: le géant zambien du bœuf qui gère tout, des pâtures aux plats préparés.
«La juxtaposition des exploitations familiales et industrielles devient très compliquée. Le petit agriculteur n'a pas beaucoup de place, ou alors subordonnée, avec des marges de manœuvre étroites». Et cette forme-là d'agriculture emploie très peu de main d’œuvre: sept personnes par exploitation, contre plusieurs centaines auparavant sur une ferme moyenne de 2.000 hectares.
«Ce n'est pas encore le modèle dominant, mais c'est en cours», prévient Ward Anseuuw.
Le Brésil a réussi sous la présidence de Lula à développer l'agriculture familiale simultanément à l'agrobusiness triomphant, avance en revanche Paolo Groppo, spécialiste du développement rural à la FAO et du Brésil qu'il connaît bien. «L'énorme fossé qui existait avant 2001 entre les deux a été réduit».
Le pays a pris conscience de l'urgence à maintenir un emploi rural qui rend aussi d'autres services à la société, de gestion des territoires et protection de l'environnement. «C'est un long chemin, conclut-il. Mais les révolutions ne se font pas en un jour».
Ecologie au Quotidien
Le Chastel 26150 DIE, Rhône-Alpes, France
Tel : 04 75 21 00 56       
- La petite agriculture produit 70% de la nourriture avec 30% des terres.
Elle est plus productive car économe en énergie à l'hectare.

dimanche 2 mars 2014

Mode de Vie : la simplicité volontaire...

Glanage, cueillette et partage des aliments : comment éviter le gaspillage

Pour se nourrir à moindre frais à la campagne, éviter le gaspillage en ville ou pour le simple plaisir de trouver soi-même ses repas, le glanage et la cueillette reviennent au goût du jour. Glaneurs des marchés et glaneurs des champs réinventent ce droit d’usage, un peu tombé en désuétude. D’autres font pousser des fruits et légumes en libre-service, dans leur jardin ou les espaces publics. Une véritable philosophie de vie, qui change notre rapport aux aliments, à la nature, à la gratuité et au partage. Devenir glaneur-cueilleur, partager sa nourriture : mode d’emploi.
- « Chaque année, quand la récolte des pommes de terre est terminée, je vois arriver les glaneurs. Il y a toujours des tubercules qui passent au travers des machines. Plutôt que de les laisser pourrir sur place, je laisse les gens les ramasser à la main. Ce n’est pas un manque à gagner, je vends de gros volumes. C’est plutôt l’occasion de discuter de mon métier », témoigne Éric Fallou, président de la Fédération nationale des producteurs de plants de pommes de terre et agriculteur en Eure-et-Loir. Il est l’un des rares à accepter de témoigner. Car le glanage, autrefois très répandu dans nos campagnes, est devenu tabou. Les agriculteurs sont attachés à la propriété privée. Et les glaneurs craignent d’être assimilés à des précaires. Ce qu’ils sont parfois, mais pas toujours. Glaner permet certes de réaliser des économies, mais aussi de limiter le gaspillage. C’est d’abord une philosophie de vie. Ce droit d’usage, un peu tombé en désuétude, reste à réinventer.

samedi 1 mars 2014

Piegros la Clastre : hébergements suspendus ...



Piégros-la-Clastre  :  Selvao, créateur d’hébergements suspendus innovants
Guillaume Maurin sous-traite la fabrication de ses structures qui sont à 100% “made in France”. Photo Selvao
Design original, confort, sécurité et mobilité, les habitats suspendus créés par Guillaume Maurin partent à la conquête des hébergeurs, prescripteurs de nuitées insolites. Le jeune entrepreneur drômois pourrait s’imposer dans le créneau des habitats légers de loisirs. Il vise le marché du “glamping”.
«Je savais que je voulais grimper dans les arbres, mais je ne savais pas quel projet professionnel je pouvais construire. » Un diplôme de maître ingénieur en conception mécanique et un autre de grimpeur encadrant plus loin, Guillaume Maurin crée, en 2013, son entreprise : Selvao Conception (selva désignant la forêt en espagnol). Et se définit joliment comme « créateur d’hébergements suspendus et insolites ».
Ce qui, à l’origine, évoque une tente suspendue dans les arbres, évolue vers l’habitat de toile perché, dans l’esprit de la cabane, mais en plus léger, plus aérien. Le jeune entrepreneur développe son projet pendant un an au Costa Rica, en lien avec le ministère chargé de l’environnement. Il le peaufine au Pérou pendant deux mois.
Mais c’est son stage de fin d’études effectué chez Hévéa, à Donzère, société spécialisée dans le matériel pour grimpeurs arboristes, qui lui ouvre la voie de la fabrication. « J’ai créé la Pendola avec Hévéa », explique-t-il.
« Mon projet, c’est de faire des séries »
La Pendola est une tente légère pour deux personnes, s’ouvrant en parapluie et suspendue par un seul point. Une dizaine sont vendues en 2013. Une quinzaine sont en préparation pour cette année.
Après avoir négocié un mi-temps chez Hévéa, Guillaume Maurin entreprend de développer « seul » la Campanule. « C’est une sorte de yourte en l’air », image-t-il. Elle est, de fait, nettement plus imposante. Il en installe un prototype à Mirmande, où il réside. Des concerts y sont donnés, les artistes évoluant dans la structure, arrimée par des sangles et suspendue entre deux micocouliers et un chêne. Toute une ambiance ! Des améliorations sont apportées.
Guillaume Maurin confie à un bureau de contrôle savoyard, Alpes Contrôles, des tests de résistance et de certification. Deux tests de charge sont réalisés, prenant en compte la charge réelle multipliée par un coefficient de sécurité.
La Campanule se décline en version couple et en version famille. On y accède par une passerelle, une échelle de corde ou un escalier. Guillaume Maurin les intègre au mieux. Constituée d’aluminium, de bois et de textiles, la structure n’endommage pas l’arbre et se démonte rapidement.
Guillaume Maurin cible le marché du “glamping”, contraction de glamour et de camping, un concept alliant hébergement insolite et un niveau de confort élevé. Un centre d’accueil alsacien s’est laissé tenter. Deux autres Campanules ont été commandées par un hébergeur qui a déjà un village de cabanes dans les arbres. « Je tiens mon business plan, confie Guillaume Maurin, et j’ai de bons contacts pour 2015. Mon projet, c’est de faire des séries de cinq à dix structures par an. »
Selvao en bref
Activité : créateur d’hébergements suspendus
Création : mars 2013
Implantation : Piégros-la-Clastre
Chiffre d’affaires : non établi
Effectif : 1
Résultat net : non établi
Répartition du capital : réparti entre Guillaume Maurin et l’associé avec qui il a créé Selvao Conception
Marie-Noëlle CACHERAT

jeudi 20 février 2014

Eurre 26400 : L' argent au service du territoire...demain 21 février

Journée d'échanges et de débats sur le financement participatif et l'épargne de proximité - Eurre (26)
21 février 2014
Accueil  : 9h30
Conférences :  10h-12h
4 Ateliers :  14h-16h
Conclusion : 16h-17h30
" Comment financer des projets locaux avec de l'épargne locale".
Table-ronde, ateliers sur la collecte de l'épargne locale, et sur le financement de proximité et/ou participatif.
Projection de "Moi, la finance et le développement durable" de Jocelyne Lemaire-Darnauds
Avec la participation de Terres de liens, de la Nef, Enercoop, Energies Partagées Investissement, Rhône-Alpes Energie Environnement, CCFD, les Amis de la Terre...
Inscription (gratuite) avant le 14 février.
Organisé par la communauté de communes du Val de Drome et le Conseil Régional Rhône Alpes.
Inscription (gratuite) avant le 14 février sur http://valdedrome.com/inscription-colloque.html ou
Contact mail : 
Contact téléphonique : 
04 75 25 43 82
Campus de l'Ecosite de Biovallée
Place Michel Paulus
26400 Eurre


mardi 18 février 2014

Eurre 26400 : Forum agricole ce 19 févier 2014....

Forum agricole et agro-alimentaire le 19 février 2014 à Eurre

Un forum agricole et agro-alimentaire à destination des agriculteurs est organisé le mercredi 19 février 2014, à la salle polyvalente d’Eurre, dans la Biovallée®, de 9h à 18h30.
L’objectif de cette initiative est double, répondre :
  • Aux besoins et souhaits d’agriculteurs qui cherchent à collecter des informations, se diversifier ou mettre en place de nouvelles cultures ou productions ;
  • Aux souhaits des entreprises qui désirent trouver de nouveaux producteurs pour mieux répondre à leurs demandes.
Lors de cette journée de nombreuses entreprises seront présentes et disposeront d’un stand afin de présenter leurs besoins de productions. Les partenaires techniques de la profession agricole seront également présents afin d’apporter des informations techniques (actions, des références, des initiatives, projets).
En parallèle, des conférences à destination des agriculteurs seront organisées tout au long de la journée sur la tendance des marchés et des consommations selon les filières agricoles (fruits et légumes, PPAM, Volaille, Agriculture Biologique, …) ainsi que sur la PAC 2014-2020.
Téléchargez le programme

lundi 17 février 2014

La Biovallée en marche...



BIOVALLEE - ASSO / prochain comité d'engagement
Bonjour à toutes et tous,
Le prochain comité d'engagement pour étude des dossiers de candidature. Nous vous proposons une date  soit mercredi 26/02 de 16h à 17h.
Pour ceux qui ne pourraient se déplacer en Val de Drôme (Ecosite, salle de réunion de la pépinière), nous pouvons faire une visio/audio conférence si vous vous rassemblez à plusieurs dans un même lieu du Diois ou de la Confluence.
Réunion de bureau juste après ce même jour de 17h à 17h30/45 (aussi possible en visio/audio conférence).
Il n'y aura pas de RDV en mars (congés d'hiver et élections) pour ensuite nous retrouver mercredi 2 avril matin en CA comme déjà noté dans vos agendas.
Je reste à votre disposition par mail ou téléphone pour toute question,
Merci à ceux qui ne l'ont pas complété de remplir le doodle http://doodle.com/cs9fqpr4cnuedchm pour le comité d'engagement du mercredi 26/02 à 16h (RDV à l'Ecosite)
NB : Le bureau qui se tiendra en fin de journée du 26/02 sera sans Denis qui est en déplacement.
Cordialement.
Anne-Sophie Chupin
Directrice de l'association Biovallée®
Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.95.71.65.32


dimanche 9 février 2014

Cultures et Territoires...



Culture(s) et territoire(s)
Ré-enchanter le local :   Culture et territoire sont dotés de frontières multiples et poreuses.
Ces derniers subissent de plein fouet une mondialisation qui disloque les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Pour réhabiliter le local, sans tomber dans le repli identitaire, il faut renouer avec sa capacité universelle.
Peut-on penser le territoire, sa cohésion, sa cohérence, son contenu, son essor, ses limites, indépendamment des espace-temps plus grands dans lesquels il s’inscrit ? Est-il imaginable de penser le local sans prendre en compte le global, même si celui-ci se décline au pluriel ? C’est à travers un questionnement trans-spatial, du local au global, que nous pouvons mieux saisir les enjeux de cette problématique : si tous affirment la nécessité d’un lien entre culture et territoire, comment peut-on faire advenir une vraie pensée de ce lien ? Cette pensée ne suppose-elle pas que nous prenions la pleine mesure des dynamiques culturelles qui expriment la vitalité des femmes, des hommes et des communautés ?
De même que le territoire est traversé par des lignes spatiales diverses (locale, régionale, nationale, continentale, planétaire), la culture est portée par des tensions, qui peuvent être créatrices ou mortelles, qui renvoient à ces mêmes horizons géographiques. L’entrelacement entre culture et territoire est donc un processus complexe. Les territoires existent – cette existence est même l’une des condition de la vie sociale, à moins de croire dans ce cauchemar qu’est la « cyber-ville-monde » –, mais leurs frontières sont beaucoup moins précises que ce que nous pourrions penser. Les frontières juridiques, administratives, institutionnelles, économiques, fiscales, politiques entrecroisent les frontières naturelles, culturelles, psychologiques et imaginaires. Ces entrecroisements dessinent une multiplicité qui est un acquis de l’histoire sociale, pour peu que les différences ne deviennent pas des différends. Cela signifie que pour éviter les replis sur soi, sur les supposées frontières de son supposé territoire, il est nécessaire de réhabiliter avec force et intelligence la dimension universelle du local.
La mondialisation, « viol de l’imaginaire »
Depuis le début des années 80, un nouveau mouvement a lieu à l’échelle planétaire : la mondialisation. C’est le cadre par excellence dans lequel se déroule
l’ensemble des processus auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient économiques (financiarisation, néo-libéralisation, dérégulation), technoscientifiques (cyberespace, biotechnologies, nanotechnologies) ou culturels et idéologiques (standardisation des identités, fondamentalisme, uniformisation), écologiques (réchauffement climatique, désertification, urbanisation sauvage…). La mondialisation affecte directement les territoires, non pas les territoires abstraits, mais les territoires vécus. Notre thèse est que la mondialisation disloque et désagrège les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Or, seuls les grands États et les grands consortiums économiques peuvent vivre dans cet espace-temps monde. La délocalisation globale propulse l’humain dans un « temps-monde » et un « espace-monde » 1 qui sont invivables. Si la délocalisation déracine les activités humaines des espaces-temps locaux, elle vise aussi à dissoudre les imaginaires intérieurs, les temps de la psyché, de l’émerveillement. Nous rejoignons l’idée de l’urbaniste Paul Virilio selon laquelle la mondialisation tend à uniformiser la pluralité des temporalités, des rythmes, et à fabriquer un seul temps, linéaire, rectiligne, marchand, utilitariste. La seule valeur de ce temps est l’accélération de la vitesse… La culture est la première victime de la mondialisation et l’ancienne ministre de la Culture du Mali, Aminata Traoré, évoque un « viol de l’imaginaire » pour parler de son impact dans les territoires sociaux et culturels. D’ailleurs, de nombreux analystes ont montré que le monde, dans sa pluralité, ne participe pas à la mondialisation comme sujet historique créateur, mais comme objet du système marchand. Derrière la mondialisation, il y a d’abord une occidentalisation du monde. Pour que la réhabilitation du local ne soit pas le prétexte à un repli sur soi, il nous faut souligner sa capacité à être universel. Une œuvre est dite universelle, non pas au regard du nombre de ses lecteurs ou auditeurs, mais en fonction de sa qualité intrinsèque. Quand Dostoïevski écrit les Frères Karamazov, il nous offre une œuvre singulière, déterminée géographiquement, historiquement et culturellement. Mais cela ne signifie nullement que ces ancrages locaux dans la Russie du XIXe siècle soient des obstacles à sa dimension universelle. Elle est simultanément locale et universelle. L’universalité d’une œuvre ou d’une situation locale est le fruit d’une qualité et non pas un horizon vers lequel il faudrait tendre. La reconnaissance d’une valeur universelle au local suppose qu’il ne soit pas réduit à la plus petite unité de mesure d’un espace euclidien. En effet, les lieux locaux sont fécondés par des temps locaux et ces espaces-temps locaux sont les sites qui permettent à l’humain concret et pluriel d’exister. C’est précisément dans la mesure où l’économique, le politique, le culturel, l’écologique et le sacré sont réinscrits dans le tissu des espaces-temps locaux que le principe de localité peut devenir un principe créateur d’universalité.
L’humain délocalisé, unidimensionnel
C’est au sociologue Herbert Marcuse que nous devons l’expression de « l’homme unidimensionnel ». Elle dit avec exactitude le projet capitaliste concernant la figure de l’humain dont il espère voir l’avènement. Cette unique dimension est bien évidemment économique, mais aussi au cœur d’une entreprise mutilante de réduction généralisée : le réel est réduit au matériel ; le matériel est réduit à l’économique ; l’économique est réduit au financier. Le projet de la délocalisation globale et celui de la marchandisation du monde sont les produits de mort d’une même matrice : la réification, la chosification. Il convient de faire un détour, ici, par Karl Marx et par Max Weber pour rendre intelligible l’aliénation fondatrice exercée par le fétichisme de la marchandise. Ainsi, ce qui pose en vérité problème, ce n’est pas tant l’existence d’une économie de marché, c’est le fait, d’une part, que cette économie est une économie-monde (en réalité une économie-Occident mondialisé) et, d’autre part, que les lois du marché pénètrent les sphères non marchandes de la réalité, y compris l’organisation du vivant. Max Weber nous parle de désenchantement du monde pour caractériser le capitalisme. En effet, en tant qu’entreprise de réification généralisée, le capitalisme désenchante les espaces-temps locaux, notamment en tentant de dissoudre l’Âme du monde (l’anima mundi des anciens), les génies des lieux, toute cette classe de phénomènes subtils que nos poésies, nos imaginaires, nos spiritualités désignaient sous les beaux (et parfois inquiétants) noms de lutins, elfes, fées, gnomes, djinns, ghouls, ondines. « Le mot désenchantement a été lancé par le sociologue allemand Max Weber », écrit Jean-Louis Schlegel. « En allemand, le mot est Entzauberung, et, si on le traduit littéralement, il signifierait que les objets, dans le monde moderne, sont dépouillés de toute aura magique, de tout sens merveilleux, que la nature ou le cosmos, en d’autres termes, deviennent un monde d’objets à étudier, à analyser, à classer, à calculer, à mesurer. Descartes en avait donné le principe philosophique et, à partir de Newton, la chose fut acquise : la nature est un grand mécanisme. Entzauberung : “ cosmos désenflé ”, c’est-à-dire un cosmos qui a cessé d’être un monde symbolique, un monde vivant, avec une âme ou des milliers d’âmes, un monde d’énergies aussi. » 2
Valoriser les projets de civilisation
« Le recours au local comme projet de civilisation. » La philosophe Dominique Méda a eu cette belle formule dans son livre Qu’est-ce que la richesse ? 3 en opposant la civilisation à la mondialisation. Il est vrai que face à la logique de guerre qui préside aux entreprises de mondialisation, il est plus que jamais important de valoriser le sens civique, la civilité et les projets de civilisations qui, à partir des espaces-temps locaux, peuvent épanouir nos cultures. Comme nous l’avons dit, la réhabilitation du local, loin de signifier retour au passé et repli identitaire, est la condition même de l’universel et du civilisationnel. Espace de justice sociale, d’égalité, de démocratie participative, d’écologie globale, de fécondité culturelle et de vie spirituelle, les civilisations peuvent être ces territoires, ces lieux où les espaces-temps locaux, régionaux, nationaux et continentaux échangent entre eux, en vue, non d’une accumulation du capital ou d’une exploitation de l’humain et du saccage de la nature, mais à l’inverse pour faire tenir ensemble le singulier et l’universel.
Mohamed Taleb
cardabelle_taleb@yahoo.fr
1- La vitesse de libération, Paul Virilio, éd. Galilée, Paris, 1995.
2- « Le réenchantement du monde et la quête du sens de la vie dans les nouveaux mouvements religieux », Jean-Louis Schlegel, in Les spiritualités au carrefour du monde moderne, traditions, transitions, transmissions, colloque à la Sorbonne, éd. Centurion, Paris, 1994. Jean-Louis Schlegel est philosophe, sociologue et membre du comité de direction de la revue Esprit.
3- Qu’est-ce que la richesse ?, Dominique Méda, éd. Champs-Flammarion, Paris, février 2000.
Le singulier universel, pôle coordinateur d’un réseau interassociatif euro-méditerranéen et transculturel consacré au développement personnel, inter-personnel, à la transformation sociale et à l’écologie.
37, rue d’Amsterdam 75008 Paris
06 67 12 92 66

samedi 8 février 2014

Vivre bien en montagne car on l' aime...



Un éleveur pas moutonnier
PETIT-LAIT
Au fin fond de la Soule, Grégoire Lauga fabrique un fromage de brebis qui est un plaidoyer pour la nature et contre la standardisation.
Il trône là, comme une évidence, sur la table de la cuisine. Eclairé par un néon faiblard, posé sur la toile cirée, c’est le fruit d’une journée de traite, la moisson des estives patinée par l’automne : le fromage des brebis de Grégoire Lauga, pas AOC, pas aux normes, juste un fromage. Un dur, un vrai, un tatoué, avec le goût fort des souvenirs d’enfance, dans la ferme des cousins, dans ce même coin perdu du Pays basque. Le goût de cette pâte granuleuse, sèche et franche, qu’on mangeait avec la confiture, sous le regard affectueux des tantes attendries.
Chaudron. Dans la cuisine, Grégoire Lauga sert le café qui tiédit tranquillement au fond de la casserole. Puis il se lève. Dans le séchoir, des fromages de toutes les tailles - selon la quantité de lait, la période, le climat… Pas de standard chez ses frometons. C’est un mot qu’il n’aime pas. Quand les éleveurs du coin vont fournir leur lait à la fromagerie des Chaumes, propriété de l’industriel Bongrain et productrice du célèbre Etorki, lui, fait son fromage d’estive - que l’on déguste en ce moment - au chaudron et au feu de bois, c’est-à-dire au mépris des normes sanitaires européennes. Au risque d’un contrôle qui l’obligerait à arrêter la production. Mais il préfère ce risque à celui d’être dépendant des laitiers industriels, qui n’attendent des éleveurs que la productivité, imposent des conditions parfois drastiques et renégocient les prix tous les ans. Et puis, «ils mélangent le lait d’alpage et celui des élevages industriels. Je ne veux pas bosser pour eux, c’est plus intéressant de faire de la qualité», affirme ce jeune éleveur de 25 ans qui porte sur son visage la passion du fromage, dans tous les sens du terme.
Dans son œil qui étincelle, on lit l’amour qu’il porte à cette vie, à ses brebis, à son chien, et à la meule dorée qui naît tous les jours de ses mains. Et dans les rides qui barrent précocement son front, on devine les journées de peine : l’été, dans la montagne où paissent les brebis, il faut être sur le pont de l’aube jusque tard dans la nuit. Et la fin de la haute saison ne signifie pas la fin du travail : pendant qu’il répond à nos questions, Grégoire Lauga continue à turbiner, prépare le foin pour ses brebis, qu’il trimballe dans un corbollio, un panier en noisetier fabriqué à la main par un retraité du coin.
«Ici, on l’appelle "Grégoire le fou"», sourit sa mère, Maïté, parce qu’il a bazardé le beau troupeau de brebis basques de son grand-père, de race manech tête rousse, pour acheter des têtes noires, moins productives mais plus rustiques, plus adaptées à la montagne et moins fragiles. En outre, «leur lait est plus riche, leurs pis sont plus propres, sans nodules, qui sont le résultat d’une sélection orientée vers une plus grosse production de lait», explique Grégoire, dont les études - un BTS agricole - transparaissent derrière le retour aux sources et aux mamelles antiques.
«A la ferme, je faisais l’inverse de ce qu’on me disait au lycée agricole», sourit-il malicieusement. Et puis, la production de lait intensive, sa famille l’avait plus ou moins abandonnée. Une histoire de normes, déjà : au tournant des années 70, on avait demandé aux grands-parents d’acheter un tank à lait, une cuve spéciale et réfrigérée, pour garantir la chaîne du froid. Trop cher, trop compliqué.
Franc et simple, il affirme se contenter de faire «comme les anciens». Même si l’on devine que c’est plus compliqué que ça, dans cette vieille ferme du fin fond de la Soule, la plus sauvage des provinces du Pays basque, il est facile d’y croire.
Buanderie. Au détour d’un vallon, entre le petit bois et la route cantonale, le temps semble suspendu. Les vaches, qui mâchent tranquillement leur foin, partagent la même maison que les habitants de la ferme. Dans la vieille étable, il fait bon. Le bruissement des mandibules bovines fait penser au roulement d’un tambour de machine à laver.
N’était l’odeur, on se croirait dans une buanderie. «On est les seuls du village à vider le fumier à la main, le tracteur ne peut pas rentrer dans l’étable», explique Maïté, qui s’inquiète de savoir si ça ne nous choque pas de voir «comment [ils vivent]». C’est elle qui s’occupe de la dizaine de vaches de la ferme, des blondes d’Aquitaine dont les veaux sont vendus pour leur viande, et que Grégoire Lauga aimerait remplacer par des blondes des Pyrénées, une souche quasi disparue et, elle aussi, plus rustique. La grand-mère, elle, s’occupe des poules, des oies et des canards. Sous les chênes, trois cochons, qui alimentent la réserve familiale l’hiver venu, fourragent à la recherche de glands. La nature comme «patron» : c’est ainsi que veut vivre l’éleveur, sans ferment pour faire cailler le fromage, sans désinfecter à fond son matériel, afin de conserver la flore bactérienne qui affinera les tommes. Les brebis sont donc en meilleure santé ; quant à son fromage, il ne s’en porte pas plus mal.
D’ailleurs, l’odeur ne trompe pas. Quand on entre dans la remise où les fromages attendent sagement la venue du client sur leurs étagères suspendues, c’est tout un poème. On y retrouve cette odeur attrayante de pain frais, douce et entêtante comme un oreiller à l’heure de la sieste. On se sent bien. Quand on mord dedans, on veut savourer l’instant, laisser passer la force du goût pour garder le beurre sur la bouche. Le fromage de Grégoire Lauga n’a pas la croûte molle et la pâte pâteuse, sans défauts, de ses frères industriels ; au contraire, il est sec, presque friable, avec des petits yeux ça et là. Fruit d’une traite, le brebis basque est dit «à pâte pressée non cuite» : chauffé pour le caillage, il est ensuite pressé dans un cercle en bois, et percé par des aiguilles pour faire écouler le petit-lait plus vite.
Francs-tireurs. Le fromage d’estive, plus jaune, plus fort et plus fruité, garde d’ailleurs la trace de ces aiguilles. Même s’il «bataille» pour vendre ses fromages, Grégoire Lauga se sent de moins en moins seul dans son coin. Un de ses voisins est passé lui aussi aux têtes noires, un autre élève en bio des chèvres pyrénéennes. Mais la terre est chère, au grand dam des jeunes francs-tireurs du lait qui veulent s’installer dans une région riche en têtes fortes. «Il faut être riche pour rester pauvre», sourit l’éleveur qui a eu la chance d’hériter de la ferme familiale. Avant de jeter un œil au décor enchanteur de son vallon natal, et d’ajouter : «Mais au fond, peut-être qu’on est riche ?»
Grégoire Lauga, Maison Choho
64130 Ainharp
Tél. : 05 59 65 77 97
Emmanuel GUILLEMAIN D'ECHON

12èmes Rencontres de l'Ecologie au Quotidien en Rhône Alpes ( J+22 et J+23 )...

Samedi 8 février                vital rural
Espenel-rive droite– Association Labelvie (rourebel.fr)
10h Visite des installations solaires thermiques et photovoltaïques
12h Repas partagé convivial
14h Un Environnement Intérieur Sain
Habitat Sain et Géobiologie… Comment créer un espace de vie sain ?
Bruno Monier, géobiologue
Cornillon sur l’Oule- Association le Présent Simple-Le Fournil
Vivre en Milieu Rural
10h-16h  Des acteurs ruraux des Canton de Rémuzat,  la Motte-Chalancon et Drôme Provençale se présentent : stands, animations, dégustations des produits. Contacts : 06 42 30 53 52 ou 06 24 61 73 43
12h  Déjeuner partagé convivial. Repas en vente
15h  Vivre en Milieu Rural : témoignages de vie et échanges
Des femmes et des hommes innovent et font revivre un territoire. Une nouvelle génération de paysans, artistes et artisans a fait le choix de s’installer en milieu rural mais ce n’est pas sans quelques sacrifices
19h30  Soirée Conviviale : Soupe, boissons chaudes autour d’un feu de joie. Site : www.lepresentsimple.com
 
Dimanche 9 février  en conscience 
Cantons de la Motte Chalancon, Rémuzat, et Drôme Provençale  
10h à 16h Découvrir les Alternatives
Cantons-Rémuzat, la Motte Chalancon et Drôme Provençale  
Baladez-vous chez les acteurs ruraux qui vous ouvrent leur porte.
Visite sur réservation au 06 42 30 53 52 ou 06 24 61 73 43
Espenel Labelvie-Rourebel (rourebel.fr)
10h  Vivre l’Instant Présent 
Mieux Etre et Pleine Conscience : une pratique pour se libérer de nos conditionnements, réduire le stress et ainsi vivre pleinement l’instant présent.
Anne Tesson, Association Résonance (http://associationresonance.blogspot.fr/)
Espenel 14h Santé et Energie Vitale
Comment pratiquer la santé au quotidien et cultiver son énergie vitale.
Isabelle Lecoq, naturopathe
Espenel 16h  Habiter notre Corps
Découverte de la méthode Rosen, une approche corporelle qui va à la rencontre de l’être.
Lene Espensen,  praticienne et enseignante Méthode Rosen et Sophie- Do Baugier,  Méthode Rosen

jeudi 6 février 2014

Loriol : No Gazaran, le film contre les gaz de schiste...

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN
Vendredi 7 février 2014
   
PRESERVER LA TERRE

En avant-première...  

Loriol - Cinéma Espace/Maison Pour Tous-12  Rue de la République
20h 30 Film/débat " No gazaran " avec la réalisatice Doris Buttignol et Carole Menduni
Carnet de route d'une mobilisation citoyenne contre l'exploitation des gaz de schiste. Soubresauts d'une société prise au piège d'un modèle économique en crise.
Anne Dez, FRAPNA- Guillaume Vermorel, Stop Gaz de Schiste07 Ardèche- Yann Louvel, Stop Gaz de Schiste Vallée26 de la Drôme, Ensemble de Livron, Ecologie au Quotidien.
 

dimanche 2 février 2014

Restauration collective...

La recette de la première cantine de France certifiée bio : redonner le pouvoir au cuisinier

C’est le premier restaurant scolaire certifié bio en France par l’organisme Ecocert. A Marsaneix, en Dordogne, les écoliers ont droit à un repas à 99% d’origine biologique. Grâce à une innovation toute simple : ce ne sont plus les élus de la commune qui décident des menus mais... le chef cuisinier. Il réalise lui-même ses recettes, en fonction des approvisionnements, en relation directe avec les petits producteurs des alentours. Faisant même baisser le coût de la cantine !
99% de produits bio. C’est ce que mangent les enfants au restaurant de l’école primaire et maternelle du village de Marsaneix (un millier d’habitants), en Dordogne. La commune dépense-t-elle sans compter pour l’alimentation de ses bambins ? Même pas. Au contraire : le prix des repas a baissé, et est aujourd’hui le moins élevé de tous les villages alentours. La bonne idée de la mairie : laisser carte blanche au cuisinier, Jean-Marc Mouillac.
« Une élue d’une commune voisine est venue me voir pour me demander comment je faisais. Elle avait en charge de faire les menus de son école et aurait aimé faire du bio, mais elle n’y arrivait pas. Je lui ai expliqué qu’elle avait donné la réponse à sa question : elle ne doit pas faire les menus, il faut laisser faire le cuisinier ! » Cela peut paraître évident, mais c’est le premier secret de la réussite de Marsaneix : replacer le cuisinier au centre de tout le système du restaurant. Cela permet notamment à Jean-Marc Mouillac de s’adapter aux marchandises que lui livrent les producteurs, et non l’inverse. « Ils m’appellent pour me dire ce qu’ils auront pour la semaine à venir, et c’est en fonction de ça que je prépare mes menus. »

lundi 27 janvier 2014

Réenchanter la vie...


Reprendre vie en cultivant la terre

Près de Clermont-Ferrand, Biaujardin, une société coopérative, travaille la terre en maraîchage biologique tout en permettant la réinsertion professionnelle. L’ambition : redonner espoir et goût à la vie grâce au respect de l’environnement et l’attention aux plantes.

Gerzat (Puy-de-Dôme), reportage
Il est huit heures du matin au-dessus de Clermont-Ferrand. En cette fin novembre déjà fraîche, les quinze ouvriers-maraîchers de Biaujardin, leurs oreilles bien couvertes, s’activent autour des grandes caisses de légumes qu’il faut ranger pour l’hiver. Les courges aux couleurs fauves passent de main en main, les jeunes femmes et hommes semblent dévoués et attentifs à leur tâche. Avant d’arriver à Biaujardin, une partie d’entre eux n’avait pas travaillé depuis longtemps.
Exploitation agricole de quinze hectares en maraîchage biologique, Biaujardin est aussi une entreprise d’insertion professionnelle, constituée en Société Coopérative d’Intérêt Collectif. Situé à Gerzat, petite ville ouvrière au nord de l’agglomération clermontoise, il est en plein cœur de la plaine auvergnate de la Limagne, dont les agronomes disent qu’elle est une des meilleures terres d’Europe. Ancienne mer, c’est une terre très profonde et riche en matière organique, idéale pour la culture des végétaux.

La vocation d’une entreprise d’insertion est d’offrir du travail à des personnes qui présentent des difficultés pour en trouver. Nous sommes ici au dernier échelon de l’insertion sociale, après le secteur associatif qui s’occupe de personnes en rupture totale, puis les chantiers d’insertion qui gèrent plutôt des urgences sociales et proposent du travail en cas de gros freins à l’emploi.
C’est Pôle Emploi qui détermine les critères permettant à quelqu’un de postuler pour un poste d’insertion. À la différence des Jardins de Cocagne, également maraîchers biologiques dont les chantiers n’excèdent pas plusieurs mois, Biaujardin embauche les personnes en insertion pour une durée de quatre mois à deux ans.
Surtout, tout au long de leur contrat, l’entreprise cherche à les qualifier, ainsi qu’à les accompagner dans leurs projets personnels. Idéalement, elles regagnent des formations longues à l’issue de ce parcours, pour rejoindre le secteur normal de l’emploi.
Gilles Lèbre, directeur, est le dernier des trois cofondateurs de la structure qui a vu le jour en 1997. Chacun d’eux apporte une compétence complémentaire à l’origine du projet : agriculture biologique, gestion économique et accompagnement social.
Au départ, affilié au Réseau Cocagne, Biaujardin ne propose que des chantiers d’insertion de court terme. Ses fondateurs ont souhaité la faire devenir une entreprise d’insertion, ce qui est beaucoup plus rare dans le pays, pour travailler sur la durée. Alors, entre 2000 et 2001, croyant fortement en leur projet, ils achètent quatre hectares de terre (sur les quinze exploités aujourd’hui) grâce à des aides publiques (un tiers de la somme), des aides privées (un tiers) et un emprunt (un tiers). Ainsi, ils dépendent moins des financements publics, mais beaucoup plus de leur réseau d’adhérents.
Leur chiffre d’affaires provient à 88 % de l’auto-financement – contre moins de 70 % pour un chantier d’insertion. Ils vendent leur production sous forme de neuf cent cinquante paniers hebdomadaires distribués dans l’agglomération clermontoise. Economiquement c’est bien plus difficile, mais plus solide à long terme.
Contrairement aux chantiers, ils sont désormais des acteurs parmi les autres, et peuvent par exemple aller vers l’investissement solidaire. « Pour être une alternative, assure Gilles, il ne faut pas trop dépendre des aides. »
Depuis 2005, ils ont également créé une boutique de produits fermiers bio, qui aide à pérenniser l’entreprise, ainsi qu’à élargir l’offre d’insertion. Les salariés, en plus du maraîchage, peuvent donc être formés à la vente, la logistique, la livraison, etc. Aujourd’hui, un enjeu important du Biaujardin est de conserver sa visée associative et sociale tout en ayant le fonctionnement économique d’une entreprise.

Gilles a fait le choix de l’agriculture dès ses quatorze ans, et d’un retour à la terre par rapport à ses parents qui n’avaient pas repris la ferme familiale en Haute Loire. À la fin de ses études il découvre l’écologie, puis se forme à l’agriculture biologique en Allemagne avec Bioland. À son retour en France en 1984, il s’installe avec un associé dans le Puy de Dôme, en plantes médicinales et maraîchage biologique. Déjà, il accueille souvent des personnes ayant des problèmes sociaux.
« Ça me plaisait d’aider les gens, et puis, pour qu’ils soient au travail le lundi matin, il fallait bien les épauler tout le week-end ! » Il imagine une structure autour de la ferme, qui s’occuperait spécifiquement de ces problèmes. C’est ainsi que dans les années 90, l’idée germe au sein d’une association de chômeurs de Clermont-Ferrand : une exploitation maraîchère qui emploierait prioritairement des personnes éloignées de l’emploi.
C’est une vision positive de l’humain qui l’a guidé. Il ne reconnaît qu’un genre humain, l’humanité. D’ailleurs, les trois porteurs originaux du projet étaient croyants, et « ça a compté. » Leurs valeurs se retrouvaient dans l’action et le « faire ».
La symbolique de la vie est essentielle à Biaujardin. Chez les personnes en dépression ou sujets à la dépendance de drogues, le maraîchage a un impact fort. En observant la plante, on voit comment elle s’en sort par elle-même et renforce naturellement ses propres défenses. Les plantes fonctionnent en système : elles s’entraident.

« On est créeur de vie » s’amuse à dire Xavier, l’encadrant technique spécialisé qui fait partie de l’équipe des huit salariés permanents – pour neuf salariés en insertion. Il est responsable du groupe et veille à la bonne marche du travail agricole. Il travaille à Biaujardin depuis un an.
Il a toujours aimé la forêt et l’extérieur mais son parcours ne l’a pas conduit directement en agriculture biologique. Après avoir grandi en cité dortoir, le jeune homme de 27 ans s’est d’abord formé à la vente, a travaillé un an en usine, où il a laissé un peu de son espérance de vie parce que « la zuzu, ça tue » comme on dit là-bas, puis pour une ONG, en intérim, et en travaux paysagers avec des jeunes en difficulté.
Peu à peu il s’est rapproché de sa vocation : sa passion pour les plantes et son militantisme social se sont trouvés liés. Enfin, il est formé au maraîchage par un pionnier du bio en Pays basque, « un pilier ». « Si tu veux transformer une société, lui disait-il, il faut s’attaquer à la base, et la base, c’est l’alimentation. » À Biaujardin, où chaque employé reçoit un panier de légumes par semaine, la difficulté de changer les habitudes alimentaires est très visible.
Pour Xavier, il y a une corrélation étroite entre le bio et l’insertion sociale : le principe de vie. Tout est lié, chaque acte trouve sa répercussion. On peut comprendre le sens de la vie en étudiant le fonctionnement des plantes. Ce travail rattache au vivant, et ici, on entretient la vie dans tous ses cycles. En bio le sol est vivant, grâce à l’accumulation de matière organique et la dégradation de la matière mère.
En agriculture conventionnelle au contraire, on agit directement sur la plante en la « nourrissant » de produits phyto sanitaires, et le sol devient sec, rigide, dénutri. Après la seconde guerre mondiale, les premiers intrants chimiques en Europe destinés à l’agriculture (engrais, pesticides) sont les restes des poudres de combat, une reconversion de l’industrie de l’armement !
Xavier prend dans sa main une boule de terre argileuse, poreuse et fine ; puis, dans le champ voisin, il attrape un morceau qui ressemble à une pierre de terre, sans oxygène. Il la frappe contre le sol et elle ne s’ouvre pas.

La différence entre les sols en agriculture biologique et en conventionnelle est remarquable.

La terre du sol de culture biologique peut se modeler comme de l’argile.
Jean-Baptiste, le chargé de gestion et bras droit du directeur, qui y travaille depuis 7 ans, assure que « la vie n’est pas un long fleuve tranquille à Biaujardin ». Bien sûr, tout ne réussit pas. Certaines personnes retournent à l’assistanat social après leur contrat chez eux. « Nous ne pouvons pas intervenir sur tous les plans de leur vie. » Il utilise toujours la première personne du pluriel. Ils sont un collectif et partagent les responsabilités.
Mais Florence Vincent, qui suit les salariés en insertion dans leurs projets personnels, rappelle que « le plus important, c’est le non quantifiable. » Elle travaille énormément sur le psychologique, les blocages et les doutes très ancrés. La confiance en soi est un facteur essentiel de réussite. Tous sont d’accord pour dire que les résultats positifs sont nombreux, et qu’ils assistent à de vrais changements.
Gilles raconte qu’au début de l’aventure, beaucoup de salariés, une fois terminé leur contrat, tournaient la page et ne donnaient aucune nouvelle. De plus en plus, ils reviennent, ils gardent le lien. La moitié d’entre eux repartent avec une réflexion sur la santé, la citoyenneté, etc. « C’est aussi notre mission. »

- Gilles, Florence, Jean-Baptiste et Xavier -
Il est possible de s’inspirer du Biaujardin. Sa structure est reproductible, sans chercher à la copier coller. Ils reçoivent de nombreuses demandes de porteurs de projets, mais la masse de travail empêche souvent d’y répondre. Ils aimeraient organiser des formations pour raconter leur fonctionnement ; mais faute de temps, c’est Biaujardin que l’on porte aujourd’hui à bout de bras, par la force d’un engagement écologique et politique mis en pratique.

 Juliette Kempf pour Reporterre