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mardi 8 avril 2014

Eurre 26400 : Conférence, "Innovation et Enjeux de société"....



Bonjour,
Vous êtes cordialement invité-e à cette conférence :
Stratégies de l’innovation et grands enjeux de société
Mardi 22 avril 2014 à 18h00
Biovallée - Le Campus – Écosite du Val de Drôme 
Eurre – 06 88 90 76 69
Dans le cadre des mardis de l’innovation, le Conservatoire national des arts et métiers de Rhône-Alpes et la Communauté de communes du Val de Drôme avec Biovallée reçoivent Marc GIGET*, avec la présence d’entreprises de Drôme et d’Ardèche Crouzet, Eurecat, Spit, HM Clause.
*ex-professeur au Cnam en charge de la Chaire d’Economie et gestion de la technologie et de l’innovation,
Marc GIGET préside l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation. Il réalise les Mardis de l’Innovation, cycle de conférence diffusé dans plus de cent pays.
Vous trouverez en PJ, les détails de ce mardi de l’innovation spécial.
Nombre de places limité, pensez à procéder à votre inscription gratuite en ligne en cliquant sur le lien prévu à cet effet cnam-rhone-alpes
Cet évènement est soutenu par les associations d’élèves et anciens élèves  (ae2cnam, unicnam, aicnam-pst).
Comptant sur votre présence,
Bien cordialement.
Nathalie ANGE-GARNIER
Responsable Biovallée - Le Campus
Communauté de communes Val de Drôme
225 Rue Henri Barbusse - BP 331
- 26402 CREST cedex
nange-garnier@val-de-drome.com
- 04 75 25 97 21 - 06 88 90 76 69
www.biovallee.fr/le-campus

dimanche 16 février 2014

L' Ecologie n' est pas un luxe...

Que pouvons nous apprendre du Sud ?


L’écologie serait-elle un « luxe » reservé aux pays développés, une question qui ne concerne que la population aisée du monde industrialisée ? Un minimum d’attention à ce qui se passe dans les pays du Sud en général et l’Amérique Latine en particulier nous enseigne à tordre le cou à ce lieu commun de la pensée conforme. 1) Le Sud à l’avant-garde des luttes
En réalité, les peuples du Sud se trouvent à la tête de mobilisations importantes pour la défense de l’environnement. Ces mobilisations sont d’autant plus nécessaires que c’est vers la périphérie du système que sont exportées les formes de production les plus brutalement destructrices de la nature et de la santé des populations. Peu importe si les mobilisations contre la pollution de l’eau, les luttes en défense des forêts ou les résistances aux activités nuisibles des industries chimiques se font ou non au nom de l’« écologie » – terme que ne connaissent pas la plupart des acteurs populaires engagés dans ces mouvements ; l’essentiel est que ces luttes ont lieu, et qu’elles touchent très souvent à des questions de vie ou de mort pour les populations concernées.

mardi 21 janvier 2014

La nouvelle revue " Relations"...

Nouveau numéro de Relations

UN MONDE QUI VACILLE


La direction que prendra le monde au cours des prochaines décennies nourrit bien des hypothèses et des conjectures, parfois contradictoires. Elles portent tantôt sur le déclin des États-Unis et l’émergence de la Chine comme nouvelle superpuissance, tantôt sur l’avenir du capitalisme ou sur l’issue de la crise écologique, entre autres enjeux. Au cœur même du présent dossier, des perspectives s’affrontent, confrontant leurs limites et apories, attestant la complexité du monde et l’incertitude qui, certes, caractérise toujours l’avenir, mais peut-être davantage ces temps troubles.
Malgré les approximations et les divergences qu’il est difficile d’éviter quand vient le temps de donner sens, de manière globale, aux nombreux soubresauts et circonvolutions qui secouent la planète, certaines dynamiques profondes émergent néanmoins et permettent de pressentir les points de basculement possibles de l’ordre géopolitique mondial.
Au cœur de ce « basculement du monde », pour reprendre le titre du livre de Michel Béaud (La Découverte, 1998), l’émergence de la Chine comme nouveau centre de l’économie mondiale apparaît comme un élément incontournable. Si les États-Unis gardent un puissant contrôle de l’infrastructure juridique et informatique de la globalisation et en demeurent les principaux gestionnaires, la Chine, elle, en est devenue le moteur : c’est elle qui permet à un système carburant à la croissance de se maintenir. Ainsi, en 2016, elle supplantera officiellement les États-Unis au rang de première économie du monde.
Cette transition ne s’opère pas du jour au lendemain, et le statut de superpuissance des États-Unis ne leur a pas encore été ravi. Malgré l’essoufflement relatif de leur économie, leur influence politique, culturelle et, surtout, militaire, reste en effet inégalée. Celle-ci demeure un des piliers sur lesquels s’appuie l’oncle Sam pour se garantir un accès à certaines ressources stratégiques (minéraux, énergies fossiles, eau), devant la concurrence accrue des puissances émergentes comme le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (le fameux BRICS). Son pari militariste, porteur des germes de la guerre et d’une course aux armements déjà amorcée avec la Chine (dont le budget militaire a crû en flèche au cours des dernières années), constitue une inconnue potentiellement explosive dans la nébuleuse de la « transition hégémonique » que nous vivons, pour reprendre l’expression d’Immanuel Wallerstein.
Dans cette grande joute, le rôle de l’Inde constitue une autre partie importante de l’équation, elle qui devrait devenir la deuxième économie mondiale d’ici la moitié de ce siècle, devant les États-Unis, selon les prévisions de l’OCDE. Le numéro de juillet-août 2014 de Relations y sera consacré, ce qui explique en partie notre choix de ne pas l’aborder dans le présent dossier. Mentionnons simplement que certains enjeux géostratégiques importants se poseront entre l’Inde et la Chine au cours des années à venir, en particulier ceux liés à l’eau. Des contentieux frontaliers entre les deux pays existent déjà, une situation qui pourrait s’aggraver en raison des changements climatiques qui accélèrent la fonte des glaciers de l’Himalaya. Ces tensions sont susceptibles de jouer un rôle déstabilisateur dans la région appelée à devenir le centre du monde.
*
Dans ce climat d’incertitudes multiples marqué par le déclin de l’Occident, une chose est sûre toutefois : la mondialisation capitaliste n’est aucunement menacée. Bien au contraire : elle s’approfondit, à travers une financiarisation implacable, l’expansion de la toile juridique contraignante des traités commerciaux, le pillage accéléré des ressources et la destruction de l’environnement. L’essor des pays du BRICS, loin d’endiguer le phénomène, en draine plutôt les dividendes vers de nouveaux centres, au profit de nouvelles classes d’enrichis qui demeurent minoritaires même si leur poids tend à s’accroître. En adoptant les structures productives et les modes de gestion du capitalisme avancé, ces pays deviennent ainsi de nouveaux relais importants permettant à ce vaste réseau qu’est l’économie mondiale de fonctionner, en distribuant les risques, même lorsque d’autres centres vacillent.
Malgré cette configuration chaque jour plus connectée du capitalisme mondial, la circulation toujours plus rapide des flux mondiaux de capitaux et de marchandises accélère ses contradictions internes et constitue une autre source d’instabilité. Alors que le système mondial s’approche d’une forme oligopolistique gérée par un club de pays riches (le G20, avec en son centre le G8 et le BRICS), la tentation – ou la nostalgie – du monopole du pouvoir chez les élites des différentes puissances mondiales pourrait bien créer de vives tensions. Dans ce contexte, le rôle qu’entend se donner chacune de ces puissances dans le concert des nations est à surveiller. Si ce rôle est en partie déterminé par les logiques et les dynamiques propres au capitalisme – et l’expansionnisme dont il est porteur –, il l’est aussi par les luttes politiques menées au sein de ces pays, au nom de principes et de représentations du monde de plus en plus diverses. Car partout, des résistances parfois tenaces émergent face à la brutale dépossession qui caractérise le développement capitaliste, en particulier dans sa phase actuelle, alors que son découplage avec la démocratie et l’idéologie des droits humains semble de plus en plus consommé à mesure que l’autoritarisme s’impose comme le garant de l’efficience marchande et technocratique.
Signe d’une perte d’influence de l’Occident, ces résistances qui éclosent se font dans bien des cas au nom de représentations du monde indigènes, souvent même en dehors des catégories de pensée occidentales, notamment celles du libéralisme et du socialisme « scientifique ». Pensons simplement au « buen vivir » et à la défense de la Terre-mère des mouvements indigénistes en Amérique latine – mais aussi en Amérique du Nord –, qui mobilisent une conception du monde et de l’environnement radicalement opposée au consumérisme, à l’hyperindividualisme et à l’extractivisme caractérisant le modèle capitaliste.
Ces résistances, qui sont autant de réponses des sociétés du monde aux effets déstructurants du capitalisme, reflètent la richesse et la diversité des civilisations et doivent être l’objet de la plus grande attention. En offrant des alternatives nouvelles, elles nous indiquent les angles morts de nos luttes et nous invitent, à notre tour, à décoloniser notre héritage culturel : celui de la modernité. D’une part pour dépasser ses limites en y intégrant les apports des cultures du monde, comme nous y convie Enrique Dussel dans les pages de ce dossier ; mais aussi, d’autre part, pour renouer avec l’humanisme dont la modernité était porteuse avant sa récupération bourgeoise, utilitariste et impérialiste. Enfin, ces résistances nous invitent aussi à éviter le piège d’une solidarité fondée sur le seul grégarisme ethnique et le chauvinisme – ce que l’historien Eric Hobsbawm appelait « le communisme des idiots » –, tel que promu par les mouvements d’extrême droite qui se présentent, eux aussi, comme des réponses au sabotage capitaliste, mais qui n’en sont que des créatures zombifiées.
Notes
Ce texte est tiré du nouveau dossier de la revue Relations intitulé « Un monde qui vacille » (no 770, février 2014) présentement en kiosque. Presse-toi à gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de façon à élargir les débats qui y sont présentés et les partager à notre lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de son secrétaire de rédaction, Emiliano Arpin-Simonetti, qui ouvre le dossier.
Le site de Relations : www.revuerelations.qc.ca
Sommaire détaillé :
DOSSIER : Un monde qui vacille
Note : la majorité des textes de ce numéro seront mis en ligne 3-4 mois après leur publication.
Un monde qui vacille , Emiliano Arpin-Simonetti
Le déclin de l’hégémonie américaine , Immanuel Wallerstein
L’empire du capitalisme , Jacques Alexandre Mascotto
Un monde dominé par la Chine , Loïc Tassé
Le fondamentalisme au service de l’ordre néolibéral , Mouloud Idir
L’OTAN, le bras armé des États-Unis , Raymond Legault
Africom, hors de l’Afrique ! , Entrevue avec Aziz Salmone Fall
L’Afrique, entre unité et alignement , Amzat Boukari-Yabara
Des foyers de résistance , François Houtart
La renaissance des cultures du monde , Entrevue avec Enrique Dussel
ARTISTE INVITÉ
Alain Reno
ÉDITORIAL
Pour une politique de la solidarité , Jean-Claude Ravet
ACTUALITÉS
La pauvreté durable , Eve-Lyne Couturier
Victoire chez Couche-Tard , Michel Rioux
Des Dominicains dépouillés de leur citoyenneté , Pablo Mella
Le coût fiscal du CÉLI , Gilles L. Bourque
HORIZONS
La Catalogne : un nouvel État européen ? , Santi Torres, s.j.
LE CARNET
L’ère du faux , Naïm Kattan
CHRONIQUE LITTÉRAIRE
Apprivoiser Isidore , Texte : Marie-Célie Agnant, illustration : Ronald Mevs
AILLEURS
La Hongrie aux Hongrois , Yann Breault
REGARD
Radio Colifata, à la folie , Sarah Champagne
DÉBAT - LE HOCKEY : MIROIR RÉFLÉCHISSANT OU ALIÉNANT ?
Devenu à la fois plus élitiste et plus inclusif, le hockey offre un miroir de la société , Suzanne Laberge
Le hockey est-il jamais autre chose qu’un théâtre idéologique visant à abuser les masses ? , Alain Deneault
MULTIMÉDIAS
The Square , Réalisation : Jehane Noujaim
LIVRES
On s’en câlisse. Histoire profane de la grève, printemps 2012, Québec, Collectif de débrayage
Collier de débris , Gary Victor
Histoire des communautés religieuses au Québec , Guy Laperrière

Murray Bookchin et l’écologie sociale. Une biographie intellectuelle, Vincent Gerber

lundi 20 janvier 2014

Oui , la France change... en matière d' écologie au quotidien...

Elus ou citoyens, de tendance écolo et acharnés, ils ont déjà changé la France


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Il est de petits livres qu'on attend parfois de pied ferme pour montrer que l'écologie n'est pas qu'un truc de beatniks. Des livres qui ne sont pas dans la théorie, qui dépassent l'idéologie et le dogmatisme pour simplement prouver que les alternatives fonctionnent en pratique. Explications avec Pascale d'Erm, auteure d'"Ils l'ont fait et ça marche", paru le 2 début janvier 2014 aux Ed. Les Petits Matins.

Pourquoi ce livre ?

9782363831064-240x377Je m'intéresse aux questions écologiques depuis le milieu des années 1990. A l'époque je travaillais pour la Fondation Nicolas Hulot et produisais une série intitulée "un autre regard", pour aller sur le fond des choses. J'ai déjà écrit plusieurs ouvrages et réalisé plusieurs documentaires (notamment pour Ushuaïa TV), mais avec ce livre j'avais envie mettre des mètres cubes et des kilowatt heure à côté des utopies et des idées. Avec l'écologie nous ne sommes pas sur le rêve mais sur le besoin.
Les 17 projets détaillés dans l'ouvrage sont décrits avec force de chiffres et de budgets, on sait combien ça coûte et combien ça rapporte. Je voulais aussi prouver que la mise en place d'alternatives ne relève pas d'éco-gestes, mais d'initiatives qui répondent au plus profond au besoins des villes et des territoires.
Je retiens aussi surtout de cette enquête une autre vision des élus, d'hommes de terrain qui agissent pour le bien commun, qui innovent, investissent, soutiennent des initiatives citoyennes. En 2009 par exemple, quand Strasbourg a commencé à soutenir le co-habitat personne n’en voulait. Pourtant la mairie s'est engagée, et cet engagement des élus qui sont dans le réel et agissent dans l'ombre prouve qu'il est possible d'innover tout en répondant à nombre de contraintes, de besoins, en intégrant les ressources locales, etc. Aujourd'hui, les dix immeubles participatifs qui sont sortis de terre créent une nouvelle façon de vivre ensemble.

Que retenez-vous des exemples que vous avez étudiés ?

Je crois que mon livre met en avant les freins et les difficultés dans la mise en place du changement. Règlementations administratives, financements, obtention de subventions, etc. sont autant d'obstacles qui se présentent sur cette voie, mais la volonté des porteurs de projet leur permet d'en venir à bout. ATramayes par exemple, la mise en place de la chaufferie bois coûtait un million d'euros - un budget surréaliste pour la taille de la commune, si bien que la collectivité a emprunté à titre privé et pris le risque de son ambition… au point de réussir, et d'économiser désormais 110 000 litres de fuel par an !
Idem à Nantes, où les organisateurs des Ecossolies ont essuyé plusieurs moqueries au début de leur projet: on a comparé leur initiative à une kermesse, et au final ils ont réuni 30 000 personnes ! C'est dire à quel point il est nécessaire de franchir les barrages psychologiques.
Le maire de l'Île Saint Louis a su m'expliquer tout cela avec grand discernement: le plus difficile d'après lui, ce n’est pas de trouver des financements, mais de briser la routine et les habitudes, d’inciter les gens à agir autrement… "Il est plus difficile de désagréger un atome qu’un préjugé" disait Einstein, et avec l'écologie c'est toute une culture que nous devons changer !

Cela fait-il sens d’appliquer les solutions qui existent à l’étranger ?

Je ne peux pas répondre de manière générale. Le cohabitat vient de l’étranger, et plus précisément de Fribourg en Allemagne. Sur la transition énergétique, l'inspiration nous vient d'Angleterre, avec les mouvements en transition. Ce que fait Lyon en aménageant de nombreux projets pour les seniors est clairement inspiré par l’appartenance au réseau OMS "ami des aînés". Appartenir à des réseaux internationaux facilite donc le travail. Mais nous avons aussi des innovations françaises, notamment dans le cadre de l'économie sociale et solidaire.
A mon sens, nous innovons quand nous sommes face à des besoins qui répondent à des soucis de précarité énergétique, d'alimentation, de liens social et culturel… même si on est  un "pays riche", ce sont ces besoins qui poussent l’innovation.

Comment faire bouger les lignes, faut-il forcer les règlements en vigueur ?

Ce n'est pas forcément par une action illégale et militante hors les règles que tout se résout… Il est possible d'agir à l’intérieur des règles, mais dans un esprit pirate. Ainsi, quand les organisations veulent appliquer des mesures, elles anticipent les règlements avant même que la loi facilite les choses. Si ce n'est pas possible ou légal, ça ne les dérange pas. Ils vont anticiper les lois. Ne dit-on pas qu'il n'y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu…? Ceux qui agissent forcent les lignes, militent, illustrent le principe de l’écologie de l’action d’Edgar Morin.
Forcément, c’est long et c'est un vrai processus d’essais et d’erreurs: c'est par tâtonnements qu'une ville comme Tramayes arrive à économiser des litres de fuels, que l'Île Saint Denis est en avance de sept ans sur les objectifs européens de transition énergétique, que la soixantaine d'entreprises réunies dans l'écosystème Darwin génèrent 50 millions d’euros... Ces initiatives vont de l'avant et rectifient souvent le tir en route.
Est-ce duplicable plus rapidement par la suite ? Oui, d’autres élus peuvent s’en emparer, capitaliser sur l’expérience d'ores et déjà menée. La "bataille homérique" dont parle un ancien conseiller municipal de Besançon ayant travaillé sur l'instauration de la redevance incitative n'aura pas servi qu'à cette commune où, depuis 2008, le volume des ordures ménagères résiduelles du Grand Besançon a baissé de 27% !
Sans oublier l'implication des citoyens, qu'il faut soigner tant elle est indispensable à la longévité des projets.

Est-ce tant l’écologie que l’envie de vivre autrement, localement, au quotidien qui anime ces projets ?

Ce n’est plus l’écologie, c’est le principe du réel. C’est le besoin de se chauffer autrement, de se nourrir en circuit court, d’économiser du fuel, etc. Ces motivations sont celles qui poussent vraiment les projets. Mais les valeurs qui les animent ont l'écologie pour pivot, bien souvent !
J'aime aussi cette image de la ville comme un cerveau qui se réinvente et s'adapte de lui-même. Confrontées à des problématiques nouvelles ou à des situations complexes, voire à des dangers, les synapses créent d'elles-même des nouvelles connexions entre les neurones pour trouver des solutions ou des échappatoires. Les villes, confrontées à de nombreux défis, doivent réduire leurs émissions de gaz à effets de serre, trouver des solutions à la raréfaction des ressources fossiles, ou encore favoriser l'intégration sociale et intergénérationnelle. Face à l'urgence de ces enjeux, les habitants sont autant de millions de petits neurones qui tissent de nouveaux liens, et forme une "plasticité synaptique" urbaine qui se traduit par un foisonnement d'initiatives. Ceux qui les portent n'ont pas la prétention de changer le monde, et pourtant ils changent leur monde, quitte à forcer un peu les règlements en vigueur.
Ces minorités actives à l'oeuvre aujourd'hui forment autant de laboratoires qui peu à peu font système, et changent le système de l'intérieur. Cela prend du temps, mais l'évolution de la société dépend d'eux.
Anne-Sophie Novel 

dimanche 19 janvier 2014

Comment les banques détruisent la Planète...

Comment les banques et les gouvernants détruisent les garde-fous

Le krach de Wall Street en octobre 1929, l’énorme crise bancaire de 1933 et la période prolongée de crise économique aux États-Unis et en Europe des années 1930 ont amené le président Franklin Roosevelt, et par la suite les gouvernements européens, à fortement réglementer le secteur financier afin d’éviter la répétition de graves crises boursières et bancaires. Comme le montrent Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff (économistes néolibéraux nord-américains) dans Cette fois, c’est différent. Huit siècles de folie financière |1|, ces mesures politiques ont permis de réduire drastiquement le nombre de crises bancaires au cours des trente années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Kenneth Rogoff a été économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) et Carmen Reinhart, professeur d’université, est conseillère du FMI et de la Banque mondiale. Selon leur analyse (pourtant fortement insérée dans la pensée dominante), la quantité très réduite de crises bancaires s’explique principalement « par la répression des marchés financiers* |2| intérieurs (à des degrés divers), puis par un recours massif aux contrôles des capitaux pendant bien des années après la seconde guerre mondiale ».
Une des mesures fortes prises par Roosevelt et par les gouvernements d’Europe (notamment sous la pression des mobilisations populaires à la fin de la seconde guerre mondiale) a consisté à réglementer strictement l’usage que les banques pouvaient faire de l’argent du public. Ce principe de protection des dépôts a donné lieu à la séparation entre les banques de dépôt* et les banques d’investissement* dont la loi américaine dite Glass Steagall Act a été la forme la plus connue, bien qu’elle ait été également appliquée avec certaines variantes dans les pays européens.
Avec cette séparation des métiers bancaires, seules les banques de dépôt (ou banques commerciales*) pouvaient recueillir les dépôts du public qui bénéficiaient d’une garantie de l’État. Parallèlement à cela, leur champ d’activités était réduit à l’octroi de prêts aux particuliers et aux entreprises, et excluait l’émission de titres, qu’il s’agisse d’actions* ou de tout autre instrument financier. Les banques d’affaires (ou banques d’investissement) devaient, quant à elles, capter leurs ressources sur les marchés financiers afin de pouvoir émettre des titres, des actions et autres instruments financiers.


samedi 4 janvier 2014

La construction sociale de la Violence dans la société...

Le service militaire ou la production sociale d’une classe de sexe dominante

Au-delà des larmes des hommes

Extraits de la présentation du livre de Pinar SELEK, Devenir homme en rampant, Paris, l’Harmattan, par Jules Falquet :
L’interrogation première de Pınar Selek [1] était simple : qu’est-ce qui transforme au fil des années un innocent enfant en un adulte assassin ? La construction sociale de la violence, son lien avec la “virilité” et le service militaire — mais aussi de manière plus générale la (re)production de sociétés autoritaires et hiérarchiques et l’organisation de l’oppression des femmes — se trouvent au cœur de Devenir un homme en rampant.
À l’heure où se développent des discours masculinistes sur les hommes comme “victimes de la domination masculine”, Pınar Selek nous permet de penser plus loin. Dans la ligne des travaux sur les hommes comme dominants, elle nous invite ici à une profonde analyse des liens entre la construction sociale des hommes et la production structurelle du pouvoir masculin et de la hiérarchie sociale.

Une violence considérable et ses effets

Même si elle ne semble pas spécifique au service militaire turc et qu’on la retrouve dans toutes les armées, la violence incessante, arbitraire et brutale qui est exercée contre les jeunes recrues, tout particulièrement pendant la première période — celle des classes — constitue l’un des thèmes les plus saillants des témoignages.
Dès l’entrée dans la caserne, commence la description parfois difficilement soutenable de la violence exercée par ce qui apparaît comme une institution totale — rappelant les prisons, les hôpitaux psychiatriques, voire même les camps de concentration. Tous les éléments de la déshumanisation se déploient l’un après l’autre :
Tonte systématique de jeunes recrues, mise à nu pour l’examen “médical”, traitement anonyme et pluie d’injures. Les uniformes grotesques, de taille inadaptée, l’entassement dans des lieux inconnus, l’obligation d’user d’un langage hiérarchique et dépersonnalisant, organisent l’humiliation et le dépouillement de l’individualité, provoquant un sentiment d’aliénation poignant chez la plupart des recrues. Ces premiers mois de classes sont faits d’appels interminables dans l’aube glacée, d’humiliations incessantes et de violence physique permanente. Beaucoup évoquent cette période avec horreur, soulignant que la principale tactique possible pour la supporter consistait, ils s’en sont vite rendu compte, à “devenir intelligent”, c’est-à-dire accepter de courber l’échine et de ramper.
Non seulement les récits rapportés sont choquants, mais Pınar Selek souligne les effets traumatiques à moyen terme de ces violences, qui induiraient un certain nombre de comportements durables. Pour qui s’intéresse aux effets psychodynamiques de la torture — comme j’ai eu l’occasion de le faire [2]— il est particulièrement significatif de retrouver chez les recrues le syndrome “d’impuissance apprise”, qui converge avec l’idée de “devenir intelligent” et consiste à ne pas réagir devant l’insupportable, à se laisser faire quand l’on n’a manifestement pas le rapport de force.
Cependant, les recherches en psychologie sociale montrent bien que la violence n’a rien d’une “pulsion” pré ou a-sociale : elle n’existe que grâce à un contexte matériel et idéel (des mécanismes de justification et de légitimation) qui lui donne sa forme et son sens [3]. En ce sens, il est intéressant d’analyser la rationalisation par les soldats des violences subies, sur laquelle Pınar Selek revient plusieurs fois. Comme on l’a vu, un des mécanismes de légitimation consiste pour les jeunes recrues à penser que la violence des gradés exprime un “amour” paternel, qu’elle est justifiée par un principe supérieur, “maintenir l’ordre” et défendre la Patrie. Le caractère “inévitable” de la relation où s’exercent les violences et la légitimité sociale des personnes maltraitantes joue également un grand rôle dans l’organisation de la violence du service militaire, dans son acceptation et dans ses effets.
Ne pas se laisser aveugler par les larmes des hommes
Le constat de l’importance considérable de la violence peut conduire à deux séries d’interprétations. La première consiste à compatir avec les malheureux Mehmetçik ainsi maltraités, violentés et meurtris. Cependant, ce regard empathique envers des jeunes hommes malmenés, voire brisés par une structure totalitaire, peut conduire à plaindre les soldats en mettant en avant leur humanité mais en oubliant tout contexte. Par exemple, on souligne que des hommes pleurent et on en déduit que ces larmes signifient qu’ils souffrent même si c’est parce qu’ils viennent de brutaliser une jeune recrue. De l’empathie choquée à l’idée que les hommes sont victimes, puis du victimisme à l’indulgence, le glissement est facile. En considérant les ex-soldats comme traumatisés, victimes d’un effet retard des sévices endurés qui les conduirait malgré eux à reproduire la violence, on peut en arriver à comprendre, voire à justifier, les violences que certains exercent ensuite envers leurs subordonnés dans l’armée, puis éventuellement comme époux, pères ou “hommes” dans la vie civile. L’idée de la violence traumatisante les dédouanerait au moins partiellement de leur responsabilité.
Or, cette lecture est précisément celle des groupes masculinistes [4], groupuscules ultra-conservateurs qui ont développé des lectures victimisantes d’abord des violences, puis plus généralement de l’ensemble des contraintes que la socialisation masculine impose aux hommes, sans les relier à l’acquisition d’un statut dominant. Dans leur interprétation, la violence, l’homosocialité et le déploiement de certaines pratiques homosexuelles occupent une place particulière. S’appuyant notamment sur le travail déjà mentionné de Maurice Godelier, La production des Grands hommes [5], certains insinuent que la socialisation masculine dans les sociétés occidentales ressemble à l’initiation des hommes Baruya — où les aînés imposent aux plus jeunes une brusque séparation du monde des femmes, une violence soudaine, brutale et terrifiante, l’apprentissage de la douleur et l’ingestion de sperme répétée, dans l’entre-soi de la Maison des hommes. Selon eux, la virilité serait produite par la violence exercée par les hommes plus âgés sur les plus jeunes et la manipulation homophobe de l’homosocialité. Ils placent l’accent sur la souffrance des jeunes hommes et évacuent entièrement la question des femmes elles-mêmes. Or Godelier, bien au contraire, souligne surtout la violence que les hommes Baruya exercent collectivement contre les femmes — l’objet de son livre étant justement d’analyser les ressorts de la domination collective des hommes sur les femmes, la “production sociale” de cette domination. En réalité, ce que Godelier met en lumière, c’est la double construction des hommes comme classe sociale, et comme classe dominante.
En plein développement aujourd’hui, les travaux sur la masculinité sont sans cesse menacés de glisser —involontairement ou délibérément — vers des lectures masculinistes qui individualisent et déresponsabilisent les hommes, voire les posent en victimes, effectuant des symétrisations hâtives entre femmes, hommes, homosexuels et trans (en invisibilisant complètement les lesbiennes). Pourtant, ces groupes sont très clairement hiérarchisés dans la société réelle et définis les uns par rapport aux autres dans des rapports d’oppression. En misant le livre de Pınar Selek, il faut nous garder de cet écueil. Certes, les dominant-e-s souffrent aussi. On ne naît pas homme, et pour le devenir il faut payer son écot — mais c’est une souffrance qui “vaut la peine”. Comme nous allons le voir, la violence infligée aux (futurs) dominant-e-s par d’autres dominant-e-s n’a qu’une ressemblance superficielle avec celle infligée par les dominant-e-s aux dominé-e-s.
Une violence contrôlée et pédagogique
La lecture attentive des récits montre qu’en réalité, le déferlement apparemment arbitraire de brutalité est tout ce qu’il y a de plus organisé — des règlements précis lui imposent d’ailleurs certaines limites. Savamment contrôlé, il évoque un processus de conditionnement qu’on peut rapprocher, par exemple, de l’entraînement méthodique des Kaïbiles, les soldats contre-révolutionnaires “d’élite” des années 80 au Guatemala. Basée sur une première phase d’humiliation et de violence suivie d’une promesse d’impunité totale, cette formation synthétisant les connaissances de l’OAS, des dictatures du Cône Sud et de l’armée états-unienne [6] transformait des hommes “normaux”, souvent Indiens et paysans, en terrifiants assassins capables, à froid, d’arracher avec leurs dents la tête d’un coq vivant, pour traumatiser la population civile.
Le travail passionnant de l’activiste-artiste états-unienne Coco Fusco [7] converge avec cette perspective d’analyse. Profondément choquée par la “révélation” de la torture exercée par des femmes à Abu Graïb, Coco Fusco a voulu comprendre comment des personnes lambda devenaient des tortionnaires accompli-e-s. Pour approcher de vrai-e-s profesionnel-le-s, elle s’est intéressée au business en pleine expansion développé par d’anciens militaires et policiers revenus d’Afghanistan ou d’Irak, qui consiste à proposer des formations de résistance à la torture aux travailleur-e-s expatrié-e-s des ONGs et entreprises envoyé-e-s dans des pays “dangereux”. Or, tous les spécialistes le savent, pour comprendre pleinement les logiques de la torture, rien de tel que d’expérimenter les deux côtés de la violence.
Précisément, les récits rapportés par Pınar Selek montrent bien qu’après la cérémonie du serment, les soldats recyclent rapidement l’expérience de la violence qu’ils ont traversée pour l’exercer à leur tour, consciencieusement, sur les nouveaux “bleus”. Loin de l’image de victimes déboussolées d’une violence qu’ils reproduiraient de manière involontaire et erratique, ces hommes s’avèrent pour la plupart parfaitement capables de ne pas être violents tant qu’ils sont en position dominée, mais aussi d’exercer la violence à leur tour dès que leur position hiérarchique supérieure leur confère la légitimité nécessaire. Ainsi, la lecture psychologisante d’une violence incompréhensible qui s’entretiendrait toute seule en produisant des séquelles individuelles conduisant à d’autres comportements violents incontrôlables, échoue à expliquer les pratiques réelles d’exercice ou d’abstention de la violence. En restant au niveau purement individuel et comportementaliste, elle masque l’organisation d’un véritable entraînement à subir puis infliger la violence, à contrôler son administration. Surtout, elle nous détourne de l’acteur qui organise cet entraînement — l’institution militaire et in fine, l’État-nation.

L’acceptation de la hiérarchie comme clé de la production de la classe des hommes

Voyons maintenant ce qui apparaît lorsque l’on parvient à aller au-delà des larmes des hommes. Au bout de trois mois, on l’a dit, les Mehmetçik quittent le rang des “bleus” pour devenir des soldats à part entière. Une nouvelle vie commence pour eux, dans laquelle ils peuvent se décharger des pires corvées sur une nouvelle génération de recrues à qui ils font subir à leur tour vexations et brimades. Même si certains ont des états d’âme, il s’agit globalement d’un mécanisme bien huilé donc le fonctionnement repose sur un renouvellement permanent des soldats “à la base” et sur la progression prévisible de chacun dans la hiérarchie, par le simple effet du temps passé dans l’armée.
La violence pour rendre la hiérarchie désirable
Pınar Selek insiste sur l’importance de la hiérarchie, comme étant l’un des apprentissages essentiels du service militaire. Or, c’est grâce à un mécanisme en deux temps que le service militaire inculque aux jeunes hommes la désirabilité — et du coup, la légitimité — de la hiérarchie. D’abord, en leur faisant subir la violence brutale et massive déjà analysée, qui leur donne le désir de quitter cette position au plus vite, tout en leur fournissant une connaissance intime de la violence qui leur sera utile par la suite. Puis, immédiatement après, en leur donnant le droit d’exercer à leur tour, de manière parfaitement légitime, leur violence sur d’autres soldats plus jeunes, droit qui repose sur leur avancement automatique dans la hiérarchie. Autrement dit : sans hiérarchie, pas d’espoir de cesser de subir la violence ni de pouvoir l’exercer à son tour !
Au lieu d’une violence aveugle et incompréhensible, on voit alors apparaître différents rôles de la violence organisée du service militaire : enseigner à ceux qui la subissent comment l’exercer ; rendre désirable, pour l’éviter, l’ascension rapide dans la hiérarchie, en légitimant la hiérarchie elle-même ; et en prime, aveugler les recrues tout comme le regard extérieur sur ce qui se passe réellement dans l’institution militaire.
Il faut remarquer que les traumatismes potentiellement engendrés par les violences sont minimisés dans le cas du service militaire par la certitude que la violence n’est que passagère. On l’a dit, la violence n’est pas une entité transcendante possédant un sens et des effets universels et atemporels : le sens que donnent les personnes à des gestes dépend éminemment du contexte dans lequel ces gestes sont effectués [8]. Chacun-e sait que dans un cadre S/M consensuel, le pincement appuyé d’une partie sensible du corps ou une humiliation sont vécus de manière très différente de ce qu’ils évoqueraient dans une cellule [9].
Des liens entre hiérarchie, exemption des corvées, vie civile et professionnelle
La survisibilisation de la violence à laquelle il faudrait à tout prix échapper peut également cacher un autre mécanisme clé du désir de progresser dans la hiérarchie : l’exemption des corvées que dans la vie civile, on nomme “travail domestique”. On retrouve ici à nouveau certains éléments analysés par Devreux [10]. Celle-ci n’avait pas manqué de s’étonner de l’apparent paradoxe qui veut que les hommes accomplissent dans l’armée des tâches qu’ils ne font “jamais” gratuitement dans la vie civile — cuisiner, laver leurs vêtements à la main, faire leur lit au carré ou balayer avec application. Or, Devreux utilise le même genre de grille d’analyse que celle de Godelier : non pas l’inculcation individuelle d’une “masculinité” somme toute difficile à cerner, mais la production sociale et collective des hommes comme dominants. Elle constate du coup que les soldats acceptent d’autant mieux d’effectuer ces tâches humiliantes car assimilées aux tâches domestiques réputées féminines, qu’ils savent qu’il s’agit d’une simple parenthèse dans leur vie.
En effet, quand ils se rendent en permission, ils trouvent tout naturel de confier à nouveau leur linge sale à leur mère/compagne/sœur. Surtout, Devreux a souligné qu’au sein de l’institution militaire elle-même, se décharger de ces tâches sur des soldats moins gradés constituait une puissante motivation pour tenter de monter dans la hiérarchie.
En d’autres termes, les hommes comprennent tout l’intérêt de la hiérarchie en découvrant qu’elle leur permet d’échapper aux corvées du travail domestique.
Enfin, l’apprentissage de la hiérarchie entre hommes — la connaissance précise et l’acceptation de la place que l’on y occupe — peut être aisément mobilisé et constitue pour les hommes un “plus” dans d’autres domaines de la vie sociale, en particulier dans la vie professionnelle. La féministe dominicaine Magaly Pineda [11] suggéra un jour que la pratique assidue du football, en équipe, ancrait chez les garçons des habitudes d’agir ensemble efficacement, chacun à sa place, habitudes qu’ils pouvaient ensuite facilement recycler dans d’autres espaces. Andrée Michel pour sa part a bien montré l’existence de liens profonds entre l’emploi civil et le complexe-militaro-industriel, notamment dans le domaine de la taylorisation du travail induite par les logiques de production de l’industrie militaire [12]. En tout état de cause, l’acquisition à travers le service militaire d’un ensemble de qualifications techniques mais aussi de savoir-être (en particulier la docilité et le conformisme tant que l’on ne peut progresser dans la hiérarchie), s’avère extrêmement importante pour l’insertion privilégiées des hommes sur le marché du travail.
Produire la classe des hommes
Comme on le sait depuis la critique fondatrice du naturalisme par Colette Guillaumin [13], femmes et hommes ne sont pas des catégories naturelles mais des construits sociaux, plus précisément des classes de sexe [14]. L’une des grandes difficultés des femmes, comme l’avait déjà souligné Flora Tristan en affirmant qu’elles devaient elles aussi “faire leur 89” et se structurer en classe [15], est d’acquérir une conscience commune. Généralement séparées les unes des autres dans leurs unités familiales, elles n’ont que peu d’occasions dans les sociétés dites complexes, d’accéder à des expériences collectives et exclusives qui les “souderaient”. Pour les hommes en revanche, le service militaire tel que Pınar Selek nous le donne à voir, se révèle une pièce clé du dispositif qui les transforme en membres d’une classe de sexe unifiée, consciente d’elle-même — et dominante.
Ainsi, le service militaire permet d’abord de réunir matériellement les hommes et de les unir symboliquement dans une idéologie patriotique commune hautement valorisée, sous l’œil ému des familles. Il permet de dépasser momentanément leurs profondes différences de classe et de “race”. L’important est de créer une unité apparente, organisée ici autour d’un critère somatique précis : sont potentiellement admis dans ce groupe, pour peu qu’ils fassent un effort d’adaptation-simulation-conformité durant quelques mois, tous les porteurs de pénis, et eux seuls. L’exclusion radicale et systématique des femmes définit en creux la classe des hommes et surtout lui donne sens. C’est en effet l’existence des femmes et simultanément leur exclusion qui rend acceptable, pour les hommes, leur nécessaire période en tant que “bleus”. En effet, les hommes peuvent accepter de passer un moment au plus bas de la classe des hommes, parce qu’ils savent pertinemment qu’il y a encore quelqu’un en dessous d’eux — l’ensemble des femmes. Cela rend beaucoup plus supportable leur position subordonnée de « bleus », de toute façon assez brève (90 jours dans une vie). Cette idée rejoint ce que Paola Tabet [16] appelle “la grande arnaque”, lorsqu’elle montre que l’homme le plus misérable et dominé trouve presque toujours la possibilité, au moins, de s’offrir une pute [17].
Jules Falquet, 2013. Préface au livre de Pinar SELEK, Devenir homme en rampant, Paris, l’Harmattan.
[1suite aux menaces proférées par l’instigateur présumé du meurtre de Hrant Dink (Important intellectuel, journaliste et écrivain arménien dont l’assassinat en janvier 2007 a indigné l’opinion), contre le romancier Orhan Pamuk et l’ensemble des écrivain-e-s et intellectuel-le-s du pays, au moment où il sortait du tribunal
[2Falquet, Jules, 1997. "La violence domestique comme torture, réflexions sur la violence comme système à partir du cas salvadorien". Nouvelles Questions Féministes, Vol. 18, 3-4, pp 129-160.
[3Bandura, Albert,1975, Análisis del aprendizaje social de la agresión. In Ribes Iñesta, Emilio ; Bandura, Albert (compilateurs) (1975). Modificación de la conducta : análisis de la agresión y de la delincuencia. México : Trillas.
[4Illustration de la facilité de « glisser » d’une position critique à une position complaisante : historiquement, un courant du masculinisme trouve sa source chez des hommes se considérant pro-féministes et progressistes, qui s’interrogeaient sur leur « être masculin » : Blais, Mélissa ; Dupuis-Déri, Francis, (eds.), 2008. Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué, Montréal, Les Éditions du remue-ménage, p. 258.
[5Godelier, op. cit.
[6Robin, Marie-Monique. 2004. Escadrons de la mort, l’école française. Paris : La Découverte. 456 p
[7Fusco, Coco, 2008, Petit manuel de torture à l’usage des femmes-soldats, traduit de l’américain par François Cusset, Paris, Les Prairies ordinaires, 128 p.
[8Martín Baró, Ignacio (compilateur). 1990. Psicología social de la guerra : trauma y terapia. San Salvador : UCA.
[9Même si des liens complexes peuvent être culturellement établis entre les deux situations.
[10Devreux, Anne-Marie, 1997, « Des appelés, des armes et des femmes : l’apprentissage de la domination masculine à l’armée », Nouvelles Questions Féministes, Vol. 18, No. 3/4, pp. 49-78.
[11Commentaire lors d’un atelier de réflexion féministe, San Salvador, novembre 1993.
[12Michel, op. cit.
[13Guillaumin, Colette. Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de Nature. Paris : Côté-femmes.
[14Ces deux classes sont dialectiquement liées par les rapports sociaux de sexe, organisés en l’occurrence par le sexage, ou appropriation physique directe, individuelle et collective.
[15On verra aussi à ce sujet le travail théorique d’Elsa Galerand sur la mobilisation d’un collectif de « femmes » dans le cadre de la fédération internationales de groupes de femmes la Marche mondiale des femmes : Galerand, Elsa. 2006. « Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes ». Travail et mondialisation. Confrontations Nord/Sud. Cahiers du Genre, n°40. Pp 163-202.
[16Tabet, Paola. 2004. La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel. Paris, l’Harmattan, 207 p.
[17En général, une membre de la classe des femmes, éventuellement, un homme socialement féminisé.

mercredi 1 janvier 2014

Quelques changements ce jour...

Le taux normal passe de 19,6% à 20%, le taux intermédiaire de 7% à 10% (hôtellerie, restauration, transports ...)Smic, TVA, carte d'identité: ce qui change au 1er janvier



Augmentation du Smic, hausse de la TVA, tabac et timbres plus chers, validité de la carte d'identité plus longue: voici les principaux changements qui interviendront le 1er janvier.
- SMIC: il passe de 9,43 à 9,53 euros brut de l'heure (+1,1%). En net pour un temps plein, le gain est de 12 euros environ par mois.
- RETRAITE: les pensions complémentaires du privé (Agirc et Arrco) seront versées chaque mois et non plus chaque trimestre. Les cotisations acquittées par les entreprises et les salariés, augmentent, ainsi que celles du régime général de base. Les majorations de pension des retraités ayant eu au moins trois enfants sont désormais soumises à l'impôt.
- TVA: le taux normal passe de 19,6% à 20%, le taux intermédiaire de 7% à 10% (hôtellerie, restauration, transports ...). Pas de changement pour le taux réduit (5,5%). Pour les tickets de cinéma, la TVA baissera de 7 à 5,5%, comme les livres et les spectacles vivants. Pour les centres équestres, elle augmente de 7 à 20% pour se conformer à la réglementation européenne.
Par ailleurs, une taxe sur les boissons énergisantes (1 euro par litre) entre en vigueur.
- QUOTIENT FAMILIAL: le plafond de ce dispositif réduisant l'impôt des familles en fonction du nombre d'enfants et des revenus baisse de 2.000 à 1.500 euros par demi-part.
- RSA: le revenu de solidarité active "socle" augmente de 1,3% à 499 euros pour une personne seule, 749 euros avec un enfant.
- PRESTATIONS FAMILIALES: les plafonds d'attribution pour les prestations familiales (allocation rentrée scolaire, prestation d'accueil du jeune enfant...) augmentent de 1,9%.
- FONCTIONNAIRES: abrogation de la journée de carence, non indemnisée en cas d'arrêt maladie. En outre, les fonctionnaires les moins bien payés (catégorie C, 47% des agents) bénéficient d'un coup de pouce (au 1er février) de 4,6 euros à quelque 46 euros mensuels.
- EMPLOI: la durée minimale des temps partiels passe à 24 heures hebdomadaires (pour les contrats en cours, les entreprises ont jusqu'au 1er janvier 2016 pour se conformer).
- EMPLOI/UE: Les Bulgares et Roumains sont désormais libres de venir travailler en France, au nom du principe de la libre circulation des travailleurs européens. Ces deux pays sont membres de l'UE depuis 2007.
- TIMBRE: les plus courants vont coûter 3 centimes de plus. La lettre verte passe à 0,61 euro et la lettre prioritaire à 0,66 euro.
- TABAC: à partir du 13 janvier, le paquet de cigarettes augmente de 20 centimes, portant le plus onéreux à 7 euros. Le tabac à rouler grimpe de 50 centimes.
- ÉNERGIE: Les factures d’électricité devraient augmenter d’environ 2%, en raison d’une hausse de la Contribution au service public de l'électricité (CSPE), une taxe sur la facture d'électricité. En outre, les tarifs TTC de l’énergie vont répercuter les variations de TVA. Le gaz et l’électricité passent ainsi de 19,6 à 20%. Les abonnements restent au taux de 5,5%.
- ENVIRONNEMENT: chacun pourra faire mesurer l'exposition aux ondes électromagnétiques dans les habitations et lieux publics. Il suffira d'en faire la demande à l'Agence nationale des fréquences.
- TRANSPORTS EN COMMUN: les tarifs sont majorés de 3% en Ile-de-France. Deux exceptions: le ticket à l'unité reste à 1,70 euro et le pass mensuel Navigo des zones 1-5 est maintenu à 113,20 euros.
- POLICE: policiers et gendarmes disposent d'un nouveau code de déontologie, qui préconise le vouvoiement, encadre les contrôles d'identité, la palpation des suspects, et prévoit que les forces de l'ordre portent sur leur uniforme un numéro permettant de les identifier.
- CARTE D’IDENTITÉ: sa validité passe de 10 à 15 ans, sauf pour les mineurs.
- JUSTICE: suppression du timbre fiscal à 35 euros. Depuis octobre 2011, il devait être acquitté par tout justiciable (sauf les éligibles à l'aide juridictionnelle) désirant saisir la justice pour un problème civil, commercial, prud'homal, social, rural ou la justice administrative.
- JEUX DÉBILES : c'est désormais la chaîne privée TF1, et non plus France 2, qui retransmet les tirages du Loto (en direct) et d'Euro Millions (en différé).
MCD

mardi 26 novembre 2013

Alixan : L' économie sociale et solidaire dans le valentinois...



L’économie sociale et Solidaire dans la nouvelle agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes
Bonjour
ELUS
TECHNICIENS TERRITORIAUX
ACTEURS DE L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
CONFERENCE - TABLES RONDES
L’économie sociale et Solidaire dans la nouvelle agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes
Le 5 décembre 2013 à Alixan - 9 h.
Plus d'infos et inscription obligatoire :
Merci de faire suivre ce message aux personnes qui intéressées
ESS en Drôme-Ardèche

samedi 23 novembre 2013

Eurre : la dynamique Biovallée se construit...



Association de promotion de la Biovallée/ Comité d'attribution de la labellisation du mercredi 27/11/2013
Bonjour,
Ont répondu présents pour notre prochain comité d'attribution : Laurent, Michel, Tijlbert, Jean-Marc, Robert, Claude, Raymond. 
Il se tiendra en salle de réunion de la pépinière de l’Eco-site de Eurre à 10h00 et en connexion à distance avec le Diois.
Ci-joint les 4 nouveaux dossiers pour votre préparation. 
Commentaires écrits bienvenus jusqu'à mardi 17h pour ceux qui ne peuvent être présents mais souhaitent exprimer un avis.
Entreprises
1E- I-dromel : conseil en informatique durable http://www.i-dromel.fr 
2E- Côté Nature, chez Annick & Pascale : éco-hebergeur - pas de site web
3E- Acro'Parc : base loisirs pleine nature sur Die http://www.acroparc.com 
Collectivités :
1C- La Roche Sur Grâne : http://www.valdedrome.com/roche-sur-grane.html 
- Nous verrons aussi en 2è lecture les 2 dossiers de juin que nous n'avions pas eu le temps de traiter début octobre (Gite la Fromagerie et CEE).
Pour toute question sur ces dossiers, je suis à votre disposition au bureau lundi jusqu'à 15h et mardi après-midi.
En vous souhaitant un agréable week-end,
Cordialement,
Anne-Sophie Chupin
Directrice de l'association de gestion et de promotion de la marque Biovallée®
Pépinière d’entreprises du Val de Drôme – Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.95.71.65.32

jeudi 21 novembre 2013

Biovallée Drôme et Biodistretto Cilento : signature pour une coopération



C’est entre «Le goût du paysage» de l’association ‘Relief’ et l’exposition «Visages d'une vallée pionnière, la Biovallée : une expérience écologique grandeur nature au cœur de la Drôme » du ‘Collectif Argos’, qu’était signée au Monastère de Sainte Croix une convention de coopération entre la Biovallée et le Distetto du Cilento. Avec plus de 3000 km au compteur et de très nombreuses heures passées dans leur minibus, nos amis italiens sont finalement rentrés chez eux dans le Biodistretto Cilento après des journées passées à sillonner la Biovallée. « Nous avons été à la hauteur de leurs attentes, ils étaient ravis de leur visite » introduit Anna Gasquet, traductrice et animatrice des ces échanges, citant la lettre de remerciements adressée par nos amis italiens, en visite, à tous les Drômois : « Merci à tous pour votre disponibilité et pour l’accueil chaleureux que vous leur avez réservé ainsi que pour la qualité des présentations et des échanges qui se sont noués ». Ils ont ainsi pu découvrir les riches facettes de la Biovallée, ses paysages, ses habitants, et quelques-uns de ses projets à Grâne, la Gare des Ramières à Allex, l’Ecosite de Eurre, Chabrillan en passant par Saôu et sa forêt, Piégros-la-Clastre, La Chaudière et Ste Croix jusqu’à Die. « Le grand projet Biovallée a l’ambition de devenir l’éco-territoire rural national et européen de référence. Pour atteindre cet objectif et pour les prochaines années, trois axes majeurs de développement ont été dégagés : aménager un éco-territoire de référence, impulser le développement économique autour de la protection et de la valorisation des bio-ressources et le développement des éco-activités et accueillir des activités de recherche et formation, faire de Biovallée un éco-territoire école, et ce jour on partage un projet de paix, par temps de montée des extrémismes. Ainsi se construit l’Europe des citoyens » pointait Jean Serret, président de la Communautés des Communes du Val de Drôme. Au Monastère de Ste Croix, Mr Serret, en tant que Président du Comité de
Pilotage Biovallée, et Salvatore Basile, Secrétaire de l’Association Biodistretto Cilento, ont conclu ces journées de rencontres par la signature d’un document scellant ainsi l’intention de construire un partenariat de long terme entre Biovallée et Biodistretto Cilento. « Objectifs à moyen et long terme : Monter des projets de coopération portant sur les thématiques définies dans l’accord d’intention. Et structurer et animer un réseau de bio-districts au niveau européen, voire mondial. Dans l’attente de la signature de l’accord par les organes décisionnaires respectifs (vote des exécutifs), des échanges de produits et de savoir-faire seront organisés entre les deux territoires (un premier d’ici Noël), un groupe de pilotage ainsi que des groupes thématiques seront mis en place pour la mise en œuvre des premières actions » conclut Anna Gasquet. Contact : Anna Gasquet- 06 27 06 88 37, www.biovallee.fr
Claude Veyret pour le D.L. (non-passé)

mardi 19 novembre 2013

Die 26150 : Die évoluera seulement sur la qualité...



Anne Tesson: «Une ville comme Die ne peut se développer hors saison que sur l'événementiel et la qualité»
MCD : La directrice de « Ecologie au Quotidien » de Die a présenté ce mercredi le 12e Festival de la citoyenneté et l’écologie...
MCD : Cet automne ?
A.T. : C’est un automne où il fait beau. Dans le Diois aussi, on pourrait l’appeler l’été indien. Pourtant, dans les rues de Die, les stores baissés et les rares touristes rappellent que la saison est quasiment terminée. Pour faire vivre une ville de vacances hors des mois de juillet et août, les associations et les structures d’accueil de Die, misent sur les événements tels que le Festival de l’écologie, la Fête de la transhumance et de petites pépites cachées comme des champignons…Art et Vignes, Lavoirs du Désert, etc
MCD : Qu’est-ce qu’un festival tel que le Festival de l’écologie apporte à Die ?
A.T. : C’est un vecteur de promotion de la ville et de toute la Région Rhône-Alpes à un moment de l’année qui n’est pas facile: la météo est incertaine, on est  hors saison. Sur le plan local, le festival a un aspect économique très important. Beaucoup de commerces et d’hôtels, tables d’Hôtes et gîtes à la fermes  seraient fermés. Et le festival n’accueille pas que des gens qui viennent de l’extérieur de la Drôme, mais citoyennes et citoyens des quatre coins de France viennent. Même de Belgique, Suisse et Québec…Nous privilégions notre ligne SNCF.
MCD : Le fait que le festival « Les Rencontres de l’Ecologie» se passe majoritairement dans une salle Polyvalente Municipale en centre de Die favorise ces retombées économiques?
A.T. : Certainement, car il y aussi 10 espaces au centre ville (restaurants, cafés, cinéma,…)  et les gens qui viennent ne restent pas confinés dans l’espace de la Salle polyvalente de Die. Dans la Vallée de la Drôme nous investissons 22 lieux différents de Livron à La Motte Chalancon, de Loriol à Crest. Une cohérence et cohésion territoriale.
MCD : C’est un challenge de faire vivre une ville comme Die hors saison touristique?
A.T. : Die compte 4.500 habitants en hiver et jusqu’à 10.000 en été, le Diois 20 000 à peu prêt. Le challenge est aussi bien d’intégrer la fréquentation touristique, douce et diffuse, familiales et culturelle, que de prolonger la saison. Une ville comme Die ne peut se développer hors saison que sur l’événementiel et la qualité. Nous aurions pu créer un marché ou une foire en juillet  et surchargée une offre estivale déjà pléthorique…mais nous avons voulu un évènement pédagogique, sensible, mobilisateur et festif en plein hiver. Un travaille de fond ou le mot « Rencontres » et le plus important.  Pour nous retrouver ensemble et donner ‘du chaud au cœur’ à tout un territoire. 
MCD : Et lorsqu’il n’y a pas de festival, y a-t-il une vie culturelle dans la ville?
A.T. : La commune de Die soutient une dizaine d’événements culturels et sportifs d’avril à fin octobre, de fête de la Transhumance en Juin à la  Drômoise (circuit vélo dans le Diois) en automne, en passant par le festival Est Ouest en septembre et le Festival de l’écologie en janvier et février. Nous essayons de faire tout cela avec l’aide d’un tissu extraordinaire de plus de 100 bénévoles. Ces soutiens sont aussi l’œuvre du Conseil Général de la Drôme, du Parc Naturel Régional du Vercors, la Communauté des Communes du Diois, du Crestois, du Pays de Saillans et du Val de Drôme à travers le Grand Projet Biovallée, de la Région Rhône-Alpes et parfois  l’Etat à travers la DREAL. Ces aides publiques ne dépassent pas 50% de notre projet, hors bénévolat. Si non c’est de l’ordre de 33% d’aides, 33% d’autofinancement et 33% de volontariat. Sans la centaine de volontaires  il n’y aurait pas de Festival.
MCD : L’écologie, au cœur du Festival de Die et la Biovallée de la Drôme, est-elle une préoccupation aussi au niveau de la commune?
A.T. : Le premier combat à gagner à l’échelle de la commune est de transformer le citoyen en éco-citoyen et  que toutes et tous nous soyons dans ce « bien vivre ensemble » au quotidien. C’est un axe que nous essayons de prendre,
notamment en informant et sensibilisant sur des constructions municipales éco-labellisées (projet de Chamqueyras), en  facilitant et  promouvant l’isolation du bâti, le chauffage solaire et les énergies renouvelables (6 débats en Biovallée organisés en partenariat sur la Transition énergétique), sur des logements neufs, en améliorant le tri sélectif des déchets (travail sur le compostage) et formant les habitantes et habitants depuis 14 ans. Nous sommes convaincu que les changements de société doivent être une coopération confiante et consciencieuse entre les élus, les entreprises et la société civile dont les associations comme Ecologie au Quotidien. MCD
Contact : Ecologie au Quotidien
Le Chastel,26150, DIE, Rhône-Alpes, France
Tel : 04 75 21 00 56