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jeudi 5 décembre 2013

Concours des pollueurs-gaspilleurs dans les Alpes...



Le Rallye de Monte Carlo va encore sillonner les routes de la Drôme… aux grand dam des riverains. Une honte de XXIème Siècle : 82e Rallye Automobile Monte-Carlo (14-19 janvier 2014).
Pétition  à adressées aux : Premier ministre et Ministres de l'Ecologie et des Sports : Suppression du rallye Monte- Carlo
Les compétitions automobiles, comme le rallye Monte-Carlo qui traversent nos villes et nos territoires ruraux engendrent de la pollution atmosphérique et sonore. Les conséquences sur la santé sont importantes, de même que l'apologie de la vitesse responsable de nombreux accidents de la route.
Le débat sur la transition énergétique débute dans notre pays. Ses objectifs sont principalement : diminuer la pollution de l’air, lutter contre les gaz à effets de serre, économiser les ressources énergétiques.
"Contraires à l'objectif de diminution de la pollution de l'air et à la sécurité routière, incohérentes avec les choix de la transition énergétique, les compétitions automobiles ne sont porteuses d'aucun avenir. Je signe la pétition pour l’arrêt définitif du rallye Monte-Carlo."
Cessons ces activités qui polluent notre air, dilapident nos réserves de pétrole et font prendre des risques aux participants : tout cela tire les spectateurs vers le bas : gaspillage, pub et compétition : des valeurs d'une autre ère... Je trouve que cela est une telle injustice que de demander à la population de diminuer ses dépenses d'énergie et voir un tel gaspillage avec le rallye Monte-Carlo.
Nota : Avec un parcours modifié à plus de 90% par rapport à l’édition 2013, qui voit notamment un retour dans le département des Hautes-Alpes comme terrain de jeux et des épreuves tracées autour de la Ville de Gap, les déboires ne vont donc pas manquer au la 82e édition du Rallye Automobile Monte-Carlo, révélée ce jour en détail par le Comité d’Organisation de l’Automobile Club de Monaco.
Après trois jours de reconnaissances, du samedi 11 au lundi 13 janvier, c’est 80 gamins immatures qui devraient prendre le départ. Avec, première nouvelle, un retour au programme de la traditionnelle cérémonie de départ Place du Casino à Monte-Carlo, le mardi 14 janvier en début d’après-midi.
Direction ensuite la petite commune de Chateauvieux, située à 6 kilomètres au sud de Gap, où, dès le mercredi 15 janvier au matin, aura lieu la séance d’excitation , sur une portion de route de 3,6 kilomètres relativement représentative de la globalité du parcours. Car ce nouveau découpage devrait en surprendre, voir créer quelques accidents, à une époque de l’année où le climat Haut-Alpin est sévère.
Le début des véritables stupidités sportives commencera le jeudi 16 janvier par une première boucle de 3 épreuves chronométrées. Orpierre – Saint André de Rosans (25,53 km), Rosans – Sainte Marie – La Charce (18,00 km) et Montauban sur l’Ouvèze — Col du Perty – Laborel (19,37 km). Une boucle identique que les  fous du volant réemprunteront l’après-midi après un passage à mi-journée au parc d’assistance installé à proximité du stade nautique de Gap.
La deuxième journée, vendredi 17 janvier, débutera par deux monuments du Rallye Automobile Monte-Carlo : Vitrolles – Col D’Espreaux – Faye (49,25 km) et Selonnet – Col des Garcinets – Bréziers (22,75 km). Deux épreuves qui, il y a une dizaine d’années, avaient éliminé bon nombre de prétendants tant les conditions de route étaient verglacées! A mi-journée, les concurrents les plus fanatiques reviendront une ultime fois au parc d’assistance de Gap, avant de prendre cap au sud, pour un retour en principauté de Monaco. Mais pour cela, il leur faudra à nouveau franchir l’obstacle d’un second passage dans Vitrolles – Col D’Espreaux – Faye (49,25 km) puis affronter Sisteron – Col de Fontbelle – Thoard (36,70 km) et enfin, Clumanc – Col du Défends – Lambruisse (20,22 km) la nuit.
L’ultime étape enfin, samedi 18 janvier, emmènera les malades de la vitesse dans l’arrière-pays niçois, l’une à disputer de jour, l’autre de nuit. Au programme de cette étape finale La Bollène Vésubie – Col de Turini - Moulinet (23,61 km) et  l’inédite Sospel – Col de Brouis – Breil sur Roya (16,69 km).
Le 82e Rallye Automobile Monte Carlo se terminera le dimanche 19 janvier par la traditionnelle cérémonie sur la place du Palais Princier à Monaco. Une des plus belle région de France est ainsi mise à la merci de ces soudards.
Comme si cela ne suffisait pas le 17ème Rallye Monte-Carlo Historique passera par chez nous aussi…
Vous découvrirez, les sites salopés à savoir :
- Le Moulinon – Antraigues
- Lalouvesc – Labatie d’Andaure
- Recoubeau – Col de Pennes
- Montauban sur Ouveze – Col de Perty - Eygalayes

- Ils  passerons 3 nuits à Valence.
Ce 17e Rallye Monte-Carlo Historique (22-29 janvier 2014) a finalement retenu 314 bagnoles…La cata.
Paul Brénat

mardi 5 mars 2013

Bruxelles : les institutions squattées par les lobbies...



Michèle Rivasi, eurodéputée, nous donne son sentiment concernant le lobby.
Tenter d'influencer la législation européenne, c'est l'activité normale des Lobbies à Bruxelles même si elle n'est pas du goût de tous les eurodéputés. Mais parfois les lobbies sont suspectés d'agir dans l'ombre... On estime qu'il y a 20 000 lobbyistes à Bruxelles pour 15 000 fonctionnaires européens
Elle est la bête noire des Lobbyistes de l’industrie pharmaceutique. Michèle Rivasi est députée écologiste au Parlement Européen.
" Ils viennent dans mon bureau en disant " vous vous rendez pas compte… la compétitivité… " Ils ont que ce mot-là à la bouche, la compétitivité. Il faut que les délais soient les plus restreints possibles. " Non, on ne peut pas donner toutes les données. Il y a le secret commercial, et le secret industriel. ". Mais c’est du pipeau ! Je leur dis qu’à partir du moment où on autorise un médicament, je veux avoir accès à toutes les études cliniques qui ont fait qu’on a autorisé ce médicament. Et puis, après le soir, ils peuvent vous inviter avec plusieurs députés pour vendre…leur camelote. Après, à vous de recevoir d’autres lobbies qui sont plus du côté des citoyens pour faire la part des choses et que votre rapport soit équilibré "
Les lobbies font donc partie du jeu européen. A charge pour les eurodéputés d’en démêler les fils. Voilà donc pour la partie émergée de l’iceberg. Mais il y a également sa partie immergée.
" Sur le Mediator, moi je m’étais attaquée à des français qui étaient responsables au niveau de l’agence sanitaire française mais aussi à l’agence européenne des médicaments. Et quand ils n’ont pas voulu donner des informations sur le Mediator, ils ont tout bloqué. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient des liens avec les laboratoires Servier. Vous voyez, il y a des conflits d’intérêt incroyables. Le plus pernicieux, c’est quand ils infiltrent la Commission européenne. Des fois, j’ai vu des rapports de la Commission, on dirait que c’est un copier/coller de ce que voulaient les industriels. Et c’est ça qui m’inquiète : je trouve que la Commission est trop liée à l’industrie. "
Oui, mais le Parlement Européen n’est pas tout blanc lui non plus. Ces dernières années, plusieurs députés ont été mouillés.
Le lobbying à Bruxelles : une vraie menace pour la démocratie 
On estime actuellement que 3000 groupes d’intérêts employant jusqu’à 20 000 personnes font du lobbying d’une manière ou d’une autre à Bruxelles. Les fédérations commerciales européennes représenteraient un tiers de ces groupes, les bureaux de consultants un cinquième, les entreprises individuellement, ONG et syndicats (patronaux ou d’employés) chacun environ 10%, les représentations régionales et les organisations internationales 5% chacune, et enfin les think tank, 1% . Cette variété d’acteurs du lobbying peut être grossièrement scindée en deux catégories en fonction des intérêts défendus : des intérêts qu’on peut qualifier de « civiques », (causes environnementales, régionales, sociales et communautaires, intérêts des consommateurs), et des intérêts liés aux producteurs (qu’il s’agisse du secteur marchand en général, d’une profession en particulier ou des intérêts des travailleurs).
L’Acte unique européen, signé en 1986, et la mise en œuvre du programme annexé au Livre blanc sur la gouvernance européenne de 2001 ont provoqué une forte intensification du lobbying auprès de la Commission. En effet, à mesure que celle-ci acquérait de nouvelles compétences dans des domaines assez techniques, tels que l’environnement, les consommateurs ou, dans une moindre mesure, les affaires sociales, elle avait besoin de plus en plus d’informations et de données techniques, afin de faire correctement son travail, ce qui l’a rendue plus perméable aux services des groupes d’intérêts qui disposaient de l’expertise nécessaire. Mais ceux-ci n’ont pas négligé pour autant le Parlement. En effet, à mesure que s’étendait le champ d’application de la procédure de co-décision, il devenait de plus en plus nécessaire de convaincre les parlementaires de ses idées. Les activités de lobbying auprès des institutions européennes sont donc devenues de plus en plus importantes. Faut-il pour autant s’en inquiéter ?
Les lobbyistes à l’assaut de la forteresse Europe : une perpétuelle menace pour la démocratie 
Les institutions européennes sont, pour beaucoup, une forteresse peuplée d’eurocrates, assaillie par une multitude de lobbyistes, qui parviendraient à « corrompre » ces derniers.
L’Europe est aujourd’hui une démocratie imparfaite : la Commission n’est pas élue, et l’autre branche de l’exécutif, le Conseil, ne l’est qu’indirectement. Le Parlement européen, quant à lui, est élu avec une très faible participation, n’a pas l’initiative des lois, et est composé de groupes politiques qui sont loin d’être européens dans leur fonctionnement (à l’exception des Verts). Dans ce contexte, l’intervention de la société civile ne peut-elle pas être un gage de représentativité des institutions et de l’Europe en général ?
La Commission européenne a le monopole de l’initiative des lois. Or, cet organe fonctionne en vase clos, et a besoin d’informations de la société civile pour nourrir ses réflexions et éviter de produire des normes en décalage avec celle-ci. De fait, le lobbying au niveau européen est une pratique  malheureusement institutionnalisée et reconnue.
Dès 1992, dans sa communication : « Un dialogue ouvert et structuré entre les groupes d’intérêt » (COM93, JO C 63), la Commission reconnaît ouvertement l’utilité de ce processus d’influence et manipulation réciproque : « La Commission a toujours été ouverte aux idées du monde extérieur (...) ce dialogue s’est révélé fructueux pour la Commission comme pour les intéressés. Les fonctionnaires reconnaissent la nécessité de cet apport extérieur bien accueilli par eux (...) La Commission est réputée très facile d’accès aux groupes d’intérêt qui peuvent alimenter la Commission en avis techniques ». Ben voyons.
De même, dans le Livre blanc sur la gouvernance européenne (COM(2001)428) on trouve les affirmations ahurissantes suivantes : « Les consultations aident la Commission et les autres institutions à arbitrer entre les revendications et les priorités concurrentes [...] La participation (ne consiste pas à institutionnaliser la protestation) cela revient plutôt à mieux élaborer les politiques en consultant en amont. [...] L’amélioration de la consultation apporte un plus à la prise de décision par les institutions mais ne la remplace pas ». En effet, ce sont bien, ultimement, les fonctionnaires qui tranchent sous influence. Le lobbying permet simplement d’exposer les points de vue des différents « stakeholders » qui seront touchés par la mise en place de telle ou telle directive, avec des moyens financiers surpuissants. Les informations techniques fournies par les opérateurs privés permettent de manipuler la qualité de la législation européenne dans le sens des entreprises et leurs profits .
Enfin, il convient peut-être de souligner que tous les types d’intérêts sont représentés, et  surtout les  grosses multinationales ou l’industrie chimique. Les ONG sont parfois  des lobbyistes, c’est-à-dire ceux qui se font le mieux entendre par rapport au budget dont ils disposent, grâce notamment au soutien des médias, de l’opinion publique et leur honnêteté à défendre l’intérêt général et les biens publics. Les manifestations telles celle organisée par WWF devant le Conseil pour influencer sa position sur REACH sont des outils efficaces même si 500 lobbyistes ont fait le travail inverse.
Comment museler les activités des lobbyistes 
Le débat actuellement se situe au niveau de l’existence légitime ou non du lobbying. Le lobbying sont des voyous du business, c’est un fait, il s’agit à présent de savoir comment il convient d’en museler ses activités.
L’Union européenne à cet égard se distingue fortement des États-Unis, par une approche sensiblement moins contraignante et moins stricte que celle en vigueur Outre-Atlantique : les activités de lobbying aux États-Unis sont encadrées par le « Lobbying Disclosure Act », qui oblige tout lobbyiste à s’enregistrer auprès des autorités compétentes, à communiquer la liste de ses clients, ainsi que les thèmes sur lesquels ils travaille et l’argent qu’il reçoit pour le travail qu’il réalise. L’Union européenne n’a pas retenu une approche juridiquement contraignante, loin s’en faut, mais a préféré opter pour l’autorégulation-bidon. En effet, l’activité des lobbyistes à Bruxelles n’est encadrée que par un code de conduite volontaire adopté par les associations européennes de praticiens des « Public Affairs » (SEAP, «  society of european public affairs professionals », et PAP, « Public affairs practitioners »). Ce code de conduite, qui a été révisé fin 2004, est un ensemble de bonnes pratiques auxquelles les praticiens adhèrent volontairement (il s’agit par exemple de systématiquement se présenter par son nom et la compagnie pour laquelle on travaille lors de communications téléphoniques), sans contraintes ni force de loi. Des sanctions, allant de la dénonciation orale à l’exclusion (très rare) de l’entreprise-trust, sont également prévues pour les professionnels qui ne respecteraient pas ces normes. Le Parlement européen, quant à lui, a repris bon nombre de ces bonnes pratiques dans un code de conduite des lobbyistes annexé à son règlement intérieur (article 3 annexe 9 du règlement intérieur). Aujourd’hui, tout lobbyiste qui se rend régulièrement au Parlement européen pour y obtenir des informations se doit de se faire enregistrer et de souscrire à ce code de conduite, en échange de quoi il reçoit un pass spécial portant la mention « public affairs ». Par ailleurs, tout député doit aujourd’hui faire une déclaration précise de l’ensemble de ses activités professionnelles, et doit refuser tout cadeau ou compensation financière dans l’exercice de ses fonctions (pratiques souvent contournées). Les assistants doivent également déclarer toute autre activité donnant lieu à rémunération. Ben voyons…
La question de savoir comment réguler-museler au mieux les activités de lobbying est une question récurrente à Bruxelles : faut-il s’orienter vers un modèle juridiquement contraignant à l’américaine, ou faut-il s’en tenir à l’approche actuelle de l’auto-régulation-bidon ? Ou les virer purement et simplement comme une atteinte fondamentale au bon fonctionnement de à la démocratie ?  Le système actuel  est finalement  totalement inefficace, dans la mesure où les lobbyistes n’ ont pas besoin de la confiance des institutions et de l’opinion publique, et ont donc tout intérêt à ce que leur activité soit la plus « profitable», alors que la profession conserve aucune crédibilité. Reste à dénoncer ces voyous et  divulgué par la presse et le bouche-à-oreille à l’ensemble des sphères politico-administratives et aux gens leurs pratiques mafieuses.
C.V. pour MSD-APL

vendredi 7 septembre 2012

L' Armée, camp d' entraînement pour nazis et criminels...



WAR – L’armée américaine, un camp d’entraînement pour nazis et criminels
Wade Michael Page, le tueur qui a assassiné sept Sikhs dans le Wisconsin, a servi dans l'armée.
"Une armée levée sans un examen minutieux du choix de ses recrues n'a jamais été viable sur la durée. Et nous sommes désormais convaincus que c'est là la cause de tous nos malheurs" (Végèce, écrivain romain du début du Ve siècle).
Wade Michael Page, le tueur qui a assassiné sept personnes dans un temple sikh du Wisconsin le 4 août, était sans doute un déséquilibré. Mais il était également un ancien soldat, exclu de l'armée en 1998, ainsi qu'un "suprémaciste blanc". Page est-il un cas isolé, une "pomme pourrie", selon la théorie généralement servie par les canaux officiels après de tels drames, ou le symptôme d'un phénomène bien plus large dans les rangs de l'armée américaine ?
Dans une tribune intitulée "Des néo-nazis, des gangs et des criminels dans l'armée américaine", publiée sur le site d'Al-Jazira, la journaliste et écrivain Belén Fernández réfute la thèse de la "pomme pourrie". L'auteur s'appuie notamment sur un article du Christian Science Monitor, qui explique comment certains mouvements néo-nazis et suprémacistes se font enrôler pour se former à l'art de la guerre afin de mettre ensuite à profit leur savoir-faire militaire. A en croire un responsable du ministère de la défense, la présence d'extrémistes dans l'armée "n'est pas épidémique, mais de toute évidence nous parlons de plusieurs milliers de personnes".
"Tu vas pouvoir t'entraîner"
Le Christian Science Monitor livre le témoignage d'un ancien suprémaciste blanc, qui forme aujourd'hui les militaires américains à détecter les extrémistes dans leurs rangs. T.J. Leyden raconte qu'il a été encouragé à rejoindre les marines à l'époque où il était skinhead. "Les anciens de la mouvance suprémaciste en parlaient tout le temps. Ils disaient : 'c'est un excellent choix, tu vas pouvoir t'entraîner"', raconte-t-il. Ces groupes recrutent également dans les rangs de l'armée : "Les principaux groupes suprémacistes possèdent des antennes juste en face d'installations militaires. Ils recherchent des individus ayant reçu une formation militaire".
Selon un rapport commandé par le Pentagone lui-même en 2005, "l'armée pratique le 'don't ask, don't tell' (ne rien demander, ne rien dire) concernant les opinions extrémistes". Une politique de l'autruche qui irait en réalité jusqu'au consentement tacite, explique Matt Kennard dans son ouvrage Irregular Army : How the US Military Recruited Neo-Nazis, Gang Members, and Criminals to Fight the War on Terror.
Admirateur d'Hitler
Au cours de son enquête, Kennard s'est amusé à appeler cinq centres de recrutement de l'armée. Se faisant passer pour un aspirant soldat, il a proposé ses services en demandant si ses tatouages nazis n'allaient pas le freiner dans sa nouvelle carrière. Résultat : aucun des recruteurs n'a laissé entendre que cela pouvait constituer un obstacle insurmontable.
Kennard raconte ensuite sa rencontre avec Forrest Fogarty, vétéran de la guerre en Irak, suprémaciste blanc et admirateur d'Hitler. Avant de partir en Irak, Fogarty avait rejoint la "Hammerskin Nation", la mieux organisée et la plus violente des organisations de skinheads aux Etats-Unis. Sa petite amie tenta alors d'empêcher son enrôlement en envoyant des photos de lui dans des réunions néo-nazies et de ses performances dans un groupe de rock nazi à trois de ses supérieurs hiérarchiques. Convoqué devant un comité militaire chargé de tirer l'affaire au clair, il se contenta de réfuter l'évidence : "J'ai nié et expliqué que ma petite amie était une méchante garce, ce qui est vrai". Et il partit sans autres formalités servir son pays dans les rues de Bagdad.
Crimes, drogues et agressions sexuelles
Mais la guerre raciale n'est pas le seul conflit interne auquel le délabrement des critères de recrutement de l'armée contribue. Selon un rapport du FBI de 2007, "des membres de presque tous les principaux gangs de rue ont été identifiés dans des installation militaires sur le sol américain ou à l'étranger". L'auteur du rapport met en garde : "D'anciens et actuels soldats appartenant à des gangs transfèrent leur savoir-faire militaire dans leur communauté et l'utilisent contre les forces de l'ordre, qui ne sont généralement pas formées à affronter des bandits possédant une expertise militaire".
Dans son livre, cité par Al-Jazira, Matt Kennard cite des statistiques du Palm Centre, une unité de recherches de l'université de Californie, qui soulignent la prolifération de criminels dans les rangs de l'armée. Les chiffres montrent qu'entre 2003 et 2006, l'armée a enrôlé 4 230 criminels sous le programme "Moral waivers", ce qui correspond à un doublement en trois ans.
Le programme "Moral waivers" ("Dérogations morale") permet le recrutement d'individus qui ne répondent pas aux standards théoriques, tels que les agresseurs sexuels, les auteurs de menaces terroristes ou encore les pédophiles. Selon Kennard, deux soldats embauchés entre 2003 et 2006 avaient proféré des menaces d'attentats à la bombe sur le sol américain. Le Guardian évoque quant à lui 87 soldats condamnés pour agression, neuf pyromanes et sept agresseurs sexuels. Le total de soldats enrôlés sous ce programme s'établissait à 34 476 en 2006.
MCD-APL

lundi 2 avril 2012

Mode ou spectacle : une campagne présidentielle inintéressante....


Quelques mises au point à propos du spectacle mélenchonien
Ceci est un coup de gueule contre une mauvaise marionnette qui nous rejoue dans un mauvais genre un mauvais Jaurès. C’est gratuit et pédant, c’est peut-être méchant ou inutile, mais j’en avais envie.
Mais bon, j’ai le droit car comme dit le poè­teuh : « J’écris pour des rai­sons qui pous­sent les autres à déva­li­ser un bureau de poste, abat­tre le gen­darme ou son maître, détruire un ordre social. Parce que me gêne quel­que chose : un dégoût ou un désir. » [1]
Ils sont nom­breux les nou­veaux et nou­vel­les sédui­tes par notre aboyeur-man­geur de ban­quiers [2]. Il faut reconnaî­tre que le bougre est plutôt bon tribun, il suffit pour s’en convain­cre d’obser­ver la tron­che de ces gens qui sor­tent la rage au coeur - on remar­quera qu’elle n’est plus au ventre - d’un de ces mee­tings dans une de ces froi­des nuits d’hiver où crè­vent les SDF qui n’ont pas écouté les conseils de Nora Berra. [3]
Quand ceux qui lut­tent contre l’injus­tice
Montrent leurs visa­ges meur­tris
Grande est l’impa­tience de ceux
qui vivent en sécu­rité. [4]
Oui, car le mélen­chon a ceci d’inté­res­sant qu’il rem­plit le ventre des gens, les ras­sa­siant jusqu’en haut du goulot et leur fai­sant pres­que oublier quel­ques fon­da­men­taux que toute per­sonne vou­lant réel­le­ment en finir avec ce sys­tème capi­ta­liste, patriar­cal et raciste, ne devrait pas oublier. Mais si on gratte un peu la pein­ture lutte des clas­ses, si on regarde un peu de plus près cette fameuse révo­lu­tion citoyenne - concept qui vau­drait quel­ques vente d’album d’un mau­vais reggae - et qu’on se fixe plus au-delà du trit­py­que mélen­cho­nien [5], on se rend compte qu’on se fait arna­quer.
Ou a moins que celles et ceux qui l’écoutent soit ces gens qui vivent déjà en sécu­rité et qui s’en contre­fi­chent, fina­le­ment, de détruire cette machine qui nous broie quo­ti­dien­ne­ment ; ils se limi­tent sage­ment à un anti­li­bé­ra­lisme sexy. Et puis de toute façon, même l’anar­chiste du pré­si­dent [6] nous assure qu’il peut exis­ter un capi­ta­lisme liber­taire.
Je sais, on a tous des avis dif­fé­rents sur le com­ment de la trans­for­ma­tion sociale et il y a sure­ment des gens plein de bonne volonté sous l’aile de Mélenchon. Mais bon, de la bonne volonté les jésui­tes aussi en ont et ça n’en fait pas des cama­ra­des pour autant.
Je sais, les anar­chis­tes sont des petits-bour­geois qui atten­dent une illu­soire révo­lu­tion et qui se com­plai­sent dans leurs déli­res uto­pis­tes et théo­ri­ques remon­tant à la Ire Internationale pen­dant que le Peuple crève de faim. Il faut agir, vite ! Vite ! On ne peut plus atten­dre ! Réformons ! Réformons !
Il y a deux sortes de pitié. L’une, molle et sen­ti­men­tale, qui n’est en réa­lité que l’impa­tience du coeur de se débar­ras­ser le plus vite de la péni­ble émotion qui vous étreint devant la souf­france d’autrui, qui n’est pas du tout la com­pas­sion, mais un mou­ve­ment ins­tinc­tif de défence de l’âme contre la souf­france étrangère. Et l’autre, la seule qui compte, la pitié non sen­ti­men­tale mais créa­trice, qui sait ce qu’elle veut et est déci­dée à per­sé­vé­rer jusqu’à l’extrême limite des forces humai­nes. [7]
Vous oubliez que la domi­na­tion et l’oppres­sion économique n’est pas juste une ques­tion de néo­li­bé­ra­lisme ou non, mais bien dû à cause de l’exis­tence du capi­ta­lisme comme mode de pro­duc­tion. On ne détruit pas un tel sys­tème à coup de décrets ou de lois, c’est oublier que son fon­de­ment repose sur la pro­priété privée et que sans abo­li­tion de cette der­nière, sur­vi­vra une société iné­ga­li­taire formée de clas­ses socia­les. Et ce n’est pas un anar­chiste qui va vous appren­dre ce que tonton Marx a rendu popu­laire dans les années où socia­lisme ne rimait pas avec cette farce électorale que vous me pré­sen­tez. Le tra­vail pour vous reste une valeur sacrée, votre-plein emploi c’est de la pleine-alié­na­tion ; je ne cri­ti­que pas vos moyens je cri­ti­que vos fins, votre idéal de société. Dans la mienne, le tra­vail sera aboli [8] et on pro­duira nos pro­pres moyens d’exis­tence maté­riel et non-maté­riel.
Lire votre aboyeur se posant comme anti­sexiste pas­se­rait pour diver­tis­sant si les gens ne se met­taient pas y croire. Outre ces fras­ques sexis­tes et miso­gy­nes qu’il par­tage avec les gens de sa classe, celle des autres légis­la­teurs couillus qui com­po­sent la classe domi­nante, per­sonne ne nous fera croire que sans la dis­pa­ri­tion de ce sys­tème patriar­cal, sexiste et hété­ro­nor­mée qui plus est, on arri­vera à quoi que ce soit d’égalitaire. Et pour cela, il faudra abolir le sys­tème de genre et détruire la famille dans sa forme tra­di­tion­nel. Et peut-être au pas­sage couper quel­ques paires de couilles, c’est qu’on ne fait pas d’ome­let­tes sans casser des œufs.
La nature de l’État est intrin­sè­que­ment répres­sive et bien plus com­plexe que l’on ne le montre. Comme si le simple fait de chan­ger de capi­taine sur un bâteau, de tour­ner la barre et chan­ger la vitesse de croi­sière, suf­fi­sait à régler défi­ni­ti­ve­ment le pro­blème. Quand tu navi­gues sur un océan qui suinte la misère, t’auras beau chan­ger de capi­taine, de cap, et même de bâteau, ça n’y chan­gera rien.
Se placer dans un dis­cours qui jus­ti­fie l’exis­tence de l’État, c’est déjà reconnaî­tre sa légi­timé et s’en faire l’allié ; c’est à dire l’allié de celui qui tend la bâton pour battre la jeune parce qu’arabe, parce que les­bienne, parce que meuf, parce que révol­tée, parce que sans papier, parce que pauvre, parce que, parce que...
Mais il y a une chose qui retient plus mon atten­tion que toutes ces autres dis­cus­sions : mais com­ment vous pouvez vrai­ment croire que le pre­mier type va arri­ver au pou­voir et faire table rase de toute la machi­ne­rie étatique ? Une dou­lou­reuse expé­rience his­to­ri­que ne nous l’ensei­gne que trop ; même la cari­ca­ture du bon­homme qui prend son blanc cassis au bis­trot nous le raconte : Tous des pour­riEs (cette cari­ca­ture, c’est le fameux mépris de classe des bour­geois qui se rient de ceux qui ten­tent de sur­vi­vre et s’orga­ni­ser en bas).
Au mieux mélen­chon et ceux qui sui­vent sa voix (non ce n’est pas une faute d’ortho­gra­phe) sont idiots, au pire ils sont mal atten­tion­nés et ne recher­chent que le pou­voir. Dans tous les cas c’est un échec. Sa cri­ti­que de la société est spec­ta­cu­laire, rien de plus.
Les spé­cia­lis­tes du pou­voir du spec­ta­cle, pou­voir absolu à l’inté­rieur de son sys­tème du lan­gage sans réponse, sont cor­rom­pus abso­lu­ment par leur expé­rience du mépris confirmé par la connais­sance de l’homme mépri­sa­ble qu’est réel­le­ment le spec­ta­teur. [9]
Oui, le mélen­chon est un spec­ta­cle, celui d’une gauche qui se mor­fond dans l’impos­si­bi­lité d’assu­mer une cri­ti­que réelle du capi­ta­lisme, du patriar­cat et du sys­tème raciste ; et bien sûr de passer aux actes, car per­son­ni­fier le pro­blème à Mélenchon est également une belle erreur. Vos fan­tai­sies ne sont qu’alié­na­tion.
C’est votre job en fait que vous défen­dez, la place à gauche que vous occu­pez existe car vous l’avez lon­gue­ment chauffé au préa­la­ble en men­tant aux gens, en leur ven­dant de faux rêves et en mobi­li­sant le quo­ti­dien de celles et ceux qui galè­rent. Et à la limite, ça pour­rait ne pas être trop grave si vous ne vous amu­siez pas à essayer de faire culpa­bi­li­ser toutes les gens de bonne volonté qui lut­tent ou qui galè­rent depuis bien plus long­temps que vous qui vous chauf­fez le cul sur une chaise d’un mee­ting du front de gauche ; mais si ceux-là ou les autres refu­sent de voter, c’est qu’ils ont une bonne raison et qu’ils pré­fè­rent s’orga­ni­ser loin de vos déli­res de démo­cra­tie repré­sen­ta­tive et qu’ils n’en veu­lent point de votre « projet poli­ti­que ».
..et puis, et puis, Mirbeau avait tel­le­ment raison quand il écrivait dans La Grève des électeurs [10]  :
Et s’il existe, en un endroit ignoré, un hon­nête homme capa­ble de te gou­ver­ner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fan­geuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accor­des jamais qu’à l’audace cyni­que, à l’insulte et au men­songe.
Réformistes, vous pouvez tou­jours repein­dre nos cages, nous, on conti­nuera d’en scier les bar­reaux. [11]
Signé : Un révolté qui fait sûre­ment le jeu du FN ou de l’UMP.
Notes
[1] Mes inscriptions de Louis Scutenaire
[2] Pourtant, un camarade avait déjà eu la gentillesse de vous prévenir.http://nantes.indymedia.org/article/23037
[3] Nora Berra une élue UMP prodige de la région, trônant comme secrétaire d’État à la santé et qui a quand même réussi de recommander aux SDF « d’éviter de sortir de chez eux ».
[4] Nos défaites ne prouvent rien de Bertolt Brecht
[5] Oui, car c’est toujours plus classe d’aller par trois, même les idiots du gouvernement l’ont compris et l’ont fait graver sur tous les haut-lieux de leur république.
[6] Je parle bien de Michel Onfray, notre nouvelle figure béhachélienne-libertaire pour bobos en manque de radicalité.
[7] La pitié dangereuse de Stefan Sweig
[9] Verset 195 de La Société du Spectace de Guy Debord
[11] Pour finir en musique avec un peu d’anarcho-punk offert par Foetus Party et dont le titre résume bien l’état d’esprit de ce coup de gueule.http://foetusparty.free.fr/SITE%20FP/Vynil/Audios/Foetus%20Party%20-%20Mis%
Commantaire
Bon puisqu’il faut s’en faire un peu plus, allons sur le fond du programme.
Précisons que je l’ai lu, et donc, je me permets cette critique qui je l’espère entraînera en « complément » des réponses à mes interrogations.
Sur le patriarcat, les discriminations, etc.. : Le programme du Front de Gauche (je vais mettre FdG à l’avenir) en parle, c’est bien. Problème, le lien qui est fait au sein du programme entre la société les discriminations me semble très réducteur. Ainsi il suffirait que la société soit plus juste pour le patriarcat et l’homophobie, le racisme et les luttes de pouvoir disparaissent ? C’est non seulement faux, suffit de regarder l’histoire en face, mais surtout top réducteur comme analyse (laisser sous entendre que tout vient du capitalisme seulement est un peu court, surtout quand on ne souhaite pas l’abattre, j’y reviens après).
L’écologie du Front de Gauche : là c’est du grand n’importe quoi. D’un côté on parle d’une planification écologique, de faire attention à la planète, à la façon de faire... Sauf qu’on ne parle pas du nucléaire, renvoyé à un référendum... Ben moi j’ai discuté avec des gens du FdG, membre du PCF (qui représente plus de 75% des militants du FdG). Et quand on a parlé du référendum, la réponse m’a plu (ironie) : « ben quand on dira aux gens que de couper les centrales c’est faire multiplier par 5 le prix du courant, ils voteront pour et c’est réglé ». Ben désolé, mais je pense sincèrement que c’est cela qui est en tête derrière l’idée de référendum... De même pour la gestion de l’eau : il est préconisé une « régionalisation » voir un retour à l’échelle de la commune, mais ... la planification écologique dépend de l’état !!!! Drôle d’imbroglio : d’un côté on demande une décentralisation, de l’autre on rappelle la nécessité du jacobinisme absolu....
Cela nous amène à la partie parlant des salariés. Oui on peut avoir une notion d’idée comme « il faut rendre l’outil de travail aux salariés dès que c’est possible »... Ha oui, sauf que ... l’Etat s’arroge le droit de contrôle. Donc un droit à prendre le pouvoir mais vite limité là aussi :). Il en va de même avec les sociétés qui pourrait être partiellement étatisé par achat d’action (ou réquisition d’une part)... Sauf que plus loin dans le programme, c’est les dividendes de ces actions qui viennent appuyer une nouvelle politique sociale... Ai je bien lu ? Il faut donc que les entreprises étatisées partiellement rapporte aux actionnaires (et donc à l’état) ... Ha ? Et comment, avec les mêmes méthodes actuelles, ou 40 % des bénéfices d’une boite peuvent être mis dans l’actionnariat ? Sans blague .... Et comment sortir du capitalisme si on laisse les outils de celui ci être le vecteur de la politique sociale de demain ?
De la même façon, le rôle de la police et de l’armée est d’un flou artistique absolu. Clairement le FdG n’est ni antimilitariste, ni antinucléaire (pas un mot sur un désarmement de la France côté bombe atomique, si ce n’est une préconisation sur l’usage...). D’ailleurs ça rejoint les mot de Mélenchon sur le défilé du 14 juillet « c’est pour montrer à une nation qui voudrait s’en prendre à nous ce qu’elle risque »... Diantre ...
Sur l’éducation, là c’est folklorique. C’est côté on en appelle à la pédagogie nouvelle, à l’innovation (sic), au plaisir d’apprendre... et de l’autre on rappelle le rôle central de l’état une fois de plus, des programmes.. Etc. etc... Même contradiction qu’au dessus en fait.
J’ai pas mal d’exemple comme ceux là sur un programme qui certes brosse dans le sens du poil, ou tout le monde peut trouver un truc à manger (pour reprendre les mots de l’auteur) mais ... dont la ligne est peu claire et très flou.
C’est sur l’aspect de révolution que je m’interroge et sur l’idée que tu laisses transparaître que cela se fera sans violences. Je n’y crois pas.
Quant à voter, chacun est libre, mais ne me fait pas le coup de l’expression qu’on nous laisse. Parce qu’ils y en a d’autres, largement plus efficaces, mais encore faut il s’en saisir ! :)
Fablyon (Fabien de Lyon)

dimanche 25 mars 2012

Guerre fantasmée et guerre réelle...


Guerre fantasmée et guerre réelle
La chasse à l’homme qui a tenu les Français en haleine depuis le début de la semaine est terminée. L’assassin présumé a été abattu d’une balle dans la tête par la police. Justice est faite, aurait pu dire Barack Obama. Nicolas Sarkozy, lui, s’est contenté de se frotter les mains, espérant engranger deux ou trois points supplémentaires dans les urnes le 22 avril prochain.
Pour ceux qui ont fait de l’opposition entre groupes ethniques ou nationaux leur fonds de commerce, l’affaire de Toulouse est du pain bénit. Pas besoin d’en rajouter: le portrait du fanatique exécuteur d’enfants alimentera mieux que personne les fantasmes à l’égard de populations déclarées dangereuses, comme naguère certaines classes sociales.
Le tableau est d’autant plus saisissant que le présumé islamiste est enfant du pays; membre de cette cinquième colonne potentielle à l’instar de ses coreligionnaires. Le processus est connu, la peur diffuse la peur, la haine appelle la haine. A un mois du premier tour de la présidentielle, le scénario semble tout droit sorti d’un cabinet de storytelling néoconservateur!
Pourtant, il y aurait d’autres façons d’écrire cette histoire. Sans nier le poids des idéologies, il y a le récit d’une dérive personnelle, de la folie meurtrière d’un individu. «La vérité, c'est qu'il ne saurait exister de responsabilité collective. Un assassin n'engage que ses complices effectifs et lui-même», expliquait l’été dernier l’ex-numéro deux du Front national, Bruno Gollnisch, à propos du «psychopathe» Anders Breivik, accessoirement théoricien et activiste d’extrême droite.
La tonalité est bien autre aujourd’hui dans la bouche de la frontiste Marine Le Pen, qui responsabilise sans ambiguïté des «groupes politico-religieux» bénéficiant d’un trop grand «laxisme». Avant-hier, sur une radio israélienne, elle n’hésitait pas à décrire «des quartiers entiers sous l'emprise des fondamentalistes». Et d’appeler à la «guerre» – contre les islamistes violents, certes. Mais le vocabulaire n’est jamais innocent: on ne fait pas la guerre à une bande de délinquants mais à un pays, à une nation. A une civilisation?
Dans la réalité complexe du terrorisme, il y aurait, également, une autre clé de lecture à la tuerie de Toulouse: celle de ces conflits post-coloniaux profondément enkystés. Dans le sillage du tueur, tout juste rentré de deux séjours en Asie centrale, ce sont trente années de guerre en Afghanistan qui ont déferlé en quelques jours sur la France. Combien de Français savaient-ils, avant le meurtre des parachutistes à Montauban, que leur armée était engagée depuis onze ans en Afghanistan aux côtés des Etats-Unis et pourquoi? Face à la tuerie de l’école Ozar Hatora, il est impossible de ne pas penser au massacre, le 11 mars, près de Kandahar, de seize civils, dont des vieillards et des enfants, exécutés à bout portant puis brûlés par un ou plusieurs soldats étasuniens.
Comme l’Espagne en 2004 – l’attentat de Madrid fit près de 200 morts un autre 11 mars –, la France est endeuillée en pleine campagne électorale par une guerre oubliée. Pas sûr qu’elle fasse la même introspection et choisisse de rappeler ses soldats le plus rapidement possible.
Benito Perez

dimanche 18 mars 2012

PCF et écologie : le mariage de la carpe et du lapin...


PCF et écologie : mariage de la carpe et du lapin ?
Le Parti communiste français est toujours pronucléaire, prochasse, proautoroutier, productiviste...et anti européen, antiécologique, anti démocratie participative... Comment aborder les années qui viennent à l'aulne de ses valeurs.
Catastrophe nucléaire au Japon ? Le PCF  toujours pro-nucléaire.
Le PCF doit faire des propositions inédites.
Le séisme, le tsunami intervenus au Japon, puis, à présent, la menace nucléaire placent l’humanité devant des défis majeurs. Nous devrions tirer des leçons pour la France sur des points ultra-sensibles mis en évidence par la centrale nucléaire de Fukushima, les inondations et les incendies, questions névralgiques incontournables.
Les avancées scientifiques et technologiques rythment les progrès de la civilisation mais elles supposent le respect de conditions sans lesquelles elles peuvent produire le contraire de ce que nous en attendions. Elles n’acceptent pas d’être dévoyées.
Le progrès n’a de sens que s’il est au service de l’Homme et de son environnement. Si cette exigence est perdue de vue, nous le payons au prix fort.
Je ne suis pas du tout parmi ceux qui demandent la sortie du nucléaire. De ce point de vue, l’attitude électoraliste des verts ne m’étonne pas mais je suis scandalisé par les déclarations irresponsables de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de redéfinir les conditions dans lesquelles l’énergie nucléaire constitue une avancée pour la civilisation humaine, au-delà de l’audit décidé par le gouvernement et des mesures urgentes à prendre.
Je propose donc que le Parti communiste soit audacieux en ce domaine avec des propositions inédites.
1°) Exigeons la renationalisation d’EDF et donc la maîtrise publique de tous les secteurs de l’énergie en mettant un coup d’arrêt aux privatisations, à la logique du profit pour le profit, qui ne place pas par la sécurité comme priorité à l’exploitation de cette énergie.
Cette nationalisation doit être d’un type nouveau. Elle est à construire avec les salariés et les citoyens, sur de nouveaux critères de gestion fondés sur le partage du pouvoir. Il faut extraire le nucléaire de la dictature du marché si nous voulons le rendre sûr et fiable.
2°) Réintégrons toutes les activités d’entretien et de maintenance abandonnées depuis les années 1970. Il faut en finir avec la sous-traitance, les délocalisations, l’externalisation, qui fragilisent les centrales nucléaires, qui mettent en cause la sécurité des sites et l’environnement (l’exemple le plus connu récemment : la centrale du Tricastin).
3°) Traitons les citoyens en adultes. Exigeons la mise en place de moyens sans précédents en utilisant toutes les technologies nouvelles de communication. Ces solutions peuvent contribuer à l’information, à la formation, à l’éducation pour rendre accessible la connaissance, la maitrise des enjeux des défis technologiques.
4°) L’ouverture d’une chaîne de télévision publique est indispensable pour traiter de manière permanente les grands défis du progrès et de la science en lien avec l’éducation nationale. Il s’agit ainsi de contribuer à la transparence sur les enjeux du nucléaire comme de toutes les avancées scientifiques, (la chimie, la génétique, la biologie, la géologie). Ainsi nous combattrons la marchandisation et les dangers qu’elle représente sur tout ce qui touche la vie humaine et la planète.
5°) La mise en place de conseils de surveillance dans toutes les régions est nécessaire. Elle pourrait se faire sous l’égide de France 3 avec les salariés du nucléaire, les élus et les habitants pour une information et une relation beaucoup plus régulière afin de sortir d’une vision technocratique réservée aux spécialistes et aux experts.
6°) Abandonnons la dissuasion nucléaire. Il faut arrêter l’apocalypse de l’arme nucléaire et chimique (cette situation nous remet en mémoire la bombe atomique de Hiroshima). Consacrons ces centaines de milliards d’euros à des budgets pour la recherche civile, les énergies renouvelables, pour le bien-être de l’humanité.
Telles sont les propositions que je formule et qui font partie du nécessaire débat des communistes avec l’ensemble de la population.
André GERIN ( Photo)

lundi 5 mars 2012

A Die, on détruit bien les haies....

Comment protéger les haies du Parc Naturel Régional du Vercors
Ce printemps, Ecologie au Quotidien du Diois  a été à plusieurs reprises, alerté de la destruction de haies par arrachage.
Après la destruction massive de haies dans le Diois lors du Remembrement, à Die un important linéaire de haies a été arraché par une personne (P.G.) qui ne pouvait ignorer le sens de ses actes, et donc le préjudice porté à l’environnement. Une pratique d’autant plus irresponsable puisque la commune a manifesté de nombreux efforts pour se trouver aujourd’hui dans les initiatives du Parc, et que renseignements pris auprès du maire, les haies de la commune sont classées voire en Zone Naturelle Protégées dans le PLU en cours. Cette destruction constitue donc une violation flagrante et délibérée d’une disposition communale et du PNRV.
Aux alentours de Die, sur les routes de Chastel et Bassette, à hauteur des Remparts romains de Die, des haies ont été détruites (Photo ci-contre)
Sans vouloir jeter l’opprobre sur l’ensemble de la profession agricole chargée de façonner nos paysages, il est grand temps pour certaines « brebis galeuses » de prendre en compte la dimension paysagère, ce qui n’est pas incompatible avec la dimension économique
Tout  un arsenal pour protéger les haies, pour autant qu’il y ait une véritable volonté politique ! 
1 - Le décret no 2006-1643 du 20 décembre 2006 portant publication de la convention européenne du paysage, signée à Florence le 20 octobre 200. Il vise :
a) à reconnaître juridiquement le paysage en tant que composante essentielle du cadre de vie des populations, expression de la diversité de leur patrimoine commun culturel et naturel, et fondement de leur identité ;
b) à définir et à mettre en œuvre des politiques du paysage visant la protection, la gestion et l’aménagement des paysages par l’adoption des mesures particulières visées à l’article 6 ;
c) à mettre en place des procédures de participation du public, des autorités locales et régionales, et desautres acteurs concernés par la conception et la réalisation des politiques du paysage entionnées à l’alinéa b ci-dessus ;
d) à intégrer le paysage dans les politiques d’aménagement du territoire, d’urbanisme et dans les politiques culturelle, environnementale, agricole, sociale et économique, ainsi que dans les autres politiques pouvant avoir un effet direct ou indirect sur le paysage.
« Depuis le 2 juillet 2003, de nouvelles dispositions de la loi Urbanisme et Habitat permettent aux communes, même non dotées de documents d’urbanisme, de protéger certains éléments paysagers, tels les haies,  arbres remarquables ou mares. Pour cela, la commune doit soumettre la liste des éléments qu’elle souhaite protéger à enquête publique, puis l’approuver en conseil municipal. Dès lors, tous les travaux sur les éléments protégés sont soumis à une autorisation, délivrée par le maire ou l’Etat.
Pour encourager cette nouvelle disposition, le Parc naturel régional du Vercors propose aux communes un inventaire du maillage bocager sur leur territoire, accompagné d’une analyse qui permet de sélectionner les éléments les plus intéressants en fonction des enjeux écologiques, paysagers ou de la prévention des risques (distance par rapport aux cours d’eau, visibilité de la haie, etc.) ».
 3 -SAGE de la Vallée de la  Drôme-Diois :
« Dans les communes non dotées d’un PLU, le Conseil Municipal peut, par délibération  prise à l’issue d’une enquête publique, identifier et cartographier les éléments présentant un intérêt patrimonial, écologique ou paysager, qu’il souhaite préserver ».
« Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou à non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseau de haies, des plantations d'alignements. Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements ».
« Tous travaux ayant pour effet de détruire un élément de paysage identifié par un plan d’urbanisme en application du 7° de l'article L. 123-1 et non soumis à un régime d'autorisation doivent faire faire l’ objet d’ une autorisation préalable au titre des installations et travaux divers dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ».
REQ

dimanche 4 mars 2012

Les grandes manipulations scientifiques du Communisme...

L’affaire Lyssenko, ou la pseudo-science au pouvoir

« Comment peut-on parler de science sans citer une seule fois le nom du plus grand savant de notre temps, du premier savant d’un type nouveau, le nom du grand Staline ? »
Victor Joannès, responsable communiste, en 19481

« On pourra nous mener au bûcher, on pourra nous brûler vifs, mais on ne pourra pas nous faire renoncer à nos convictions. (…) renoncer à un fait simplement parce que quelqu’un de haut placé le désire, non, c’est impossible. »
N. I. Vavilov, éminent généticien soviétique, mars 19392.

L’affaire Lyssenko appelle sous la plume de ceux qui se penchent sur elle les superlatifs les plus réprobateurs : « l’épisode le plus étrange et le plus navrant de toute l’histoire de la Science  », selon le prix Nobel de biologie Jacques Monod3 ; « une régression, unique dans les annales de la science contemporaine  », pour les journalistes Joël et Dan Kotek4 ; et rien moins que la « plus grande aberration rencontrée dans l’histoire des sciences de tous les temps  »5, si l’on veut bien suivre le généticien Denis Buican.6
Il est vrai que 60 ans plus tard, celui qui parcourt cette histoire est rapidement frappé par le caractère délirant de certains aspects du lyssenkisme. Comment l’URSS, qui proclamait par ailleurs son adhésion à une vision scientifique du monde, a-t-elle pu confier son agronomie à un charlatan, tout en le laissant détruire un pan entier de la recherche soviétique, celui de la génétique, pourtant jusque-là plutôt bien portant dans ce pays ?

La génétique, science « réactionnaire » ?

Pour ce qui est de la France, l’affaire Lyssenko commence le 26 août 1948, dans le journal communiste Les Lettres françaises, avec un reportage qui se fait l’écho de la session d’août de l’Académie Lénine des sciences agronomiques. Son titre : « Un grand événement scientifique : l’hérédité n’est pas commandée par de mystérieux facteurs »…
Science fausse et fausse science
Ce texte de Jean Rostand, paru en 1958, contient la première étude critique consacrée à l’Affaire. L’essai traite notamment de l’affaire des Rayons N, de la radiesthésie, des médiums (domaine appelé à l’époque la « métapsychie »), et pour finir de la « biologie mitchourinienne ».
Pourtant, aucune authentique découverte n’est à signaler, et le seul fait avéré est alors le suivant : la session qui a débuté le 31 juillet 1948 a vu la prise de pouvoir par l’agronome T.D. Lyssenko, qui proclame la déchéance de la génétique et l’avènement de ses propres conceptions en matière d’hérédité. Son rapport vise à « bannir le hasard de la biologie » et se situe lui-même dans la perspective suivante : « Dans la période post-darwinienne, la plus grande partie des biologistes du monde, au lieu de continuer à développer la doctrine de Darwin, firent tout pour avilir le darwinisme, pour en étouffer la base scientifique. L’incarnation la plus éclatante de cette dégradation est donnée par Weismann, Mendel, Morgan, fondateurs de la génétique réactionnaire contemporaine »7.
La génétique, qui est ici qualifiée de « réactionnaire », est alors une science jeune8, qui, en quelques dizaines d’années, a mis à jour les mécanismes de l’hérédité en s’appuyant sur l’idée de transmission des caractères par le biais des gènes qui en seraient le support matériel exclusif. Et ceux qui sont accusés ici de dégrader le darwinisme sont les principaux savants ayant contribué à la percée de la génétique :
Le moine autrichien Johann Gregor Mendel est considéré comme le père de la génétique pour avoir publié en 1865 ses travaux, passés inaperçus à l’époque, sur les lois de l’origine et de la formation des hybrides, à partir de ses expériences avec des variétés de pois. Il constate, en étudiant les descendances d’hybrides, l’existence de lois statistiques régissant la distribution des caractères concernés par le croisement.
August Weismann est un biologiste allemand de la fin du XIXe siècle, qui a réfuté l’hypothèse très répandue à l’époque de la transmission héréditaire des caractères acquis, par exemple en coupant la queue à des générations de souris… et en constatant que les souris continuaient à naître avec une queue longue ! Il a également émis l’hypothèse d’un « plasma germinatif » qui contiendrait l’information héréditaire.

Quant au généticien états-unien Thomas Hunt Morgan, il a pour sa part reçu le prix Nobel de médecine en 1933 pour avoir montré que les chromosomes étaient les supports physiques de l’information héréditaire. Ses expériences sur les fameuses mouches « drosophiles » du vinaigre ont confirmé l’application des lois de Mendel chez les animaux, en étudiant les descendances de mouches aux yeux blancs ou rouges croisées entre elles.
Ce sont toutes ces avancées que le lyssenkisme s’efforce de balayer. Et, dans le contexte du début de la guerre froide, alors que Jdanov a lancé la bataille idéologique sur le terrain culturel, le lyssenkisme est alors présenté par ses partisans comme l’exemple réalisé d’une « science prolétarienne » unifiant la théorie et la pratique et permettant par là-même de dépasser les horizons d’une « science bourgeoise » qui serait, elle, l’expression forcément limitative de l’idéologie d’une classe sociale aux abois… Au-delà de ces querelles purement idéologiques, Lyssenko annonce que sa compréhension nouvelle des mécanismes de l’hérédité va permettre de véritables révolutions agronomiques susceptibles de faire fortement progresser les rendements de l’agriculture soviétique collectivisée. Et c’est bien dans le domaine de l’agronomie, et non celui de la génétique, que le lyssenkisme a commencé sa singulière aventure…

L’ascension de Lyssenko

Lyssenko, l’agronome, se fait connaître en 1926-1927 par des expériences sur des cultures hivernales de plantes comme le pois. Il acquiert une certaine réputation avec sa technique de la « vernalisation » : il « découvre » que les variétés hivernales semées au printemps plutôt qu’en automne peuvent produire à condition d’avoir été préalablement exposées au froid. La vernalisation consistait à humidifier sous abri les semences de blé ou d’autres céréales, en les remuant sans cesse et en les maintenant dans des conditions déterminées. Les graines étaient semées alors qu’elles avaient déjà commencé à gonfler. Les fortes pertes de grains en Ukraine lors de l’hiver 1927-1928 provoquent un intérêt croissant pour la vernalisation, et Lyssenko reçoit le soutien du commissaire à l’agriculture Yakovlev, mais sa communication au Congrès d’agronomie de 1929 ne convainc pas les scientifiques réunis à cette occasion.9
Lyssenko se présente alors comme le continuateur des expérimentations du botaniste Ivan Vladimirovitch Mitchourine, qui a développé une pratique de croisements de variétés fondés notamment sur des greffes, et prétend avoir ainsi créé par « hybridation végétative » des centaines de nouvelles variétés. Mitchourine est parvenu dans les années 1920 à obtenir un certain soutien de la part du gouvernement soviétique, qui était initialement très sceptique, mais il est resté jusqu’à sa mort en 1935 largement déconnecté de la communauté scientifique, ce qui ne l’a pas empêché de devenir une sorte de héros populaire de la botanique, le prototype du nouveau scientifique intéressé par la pratique plus que la théorie. Lyssenko et Mitchourine ne sont alors que des pratiquants d’une agronomie plus ou moins fantaisiste prospérant en marge de l’agronomie scientifique privilégiée par le régime soviétique. Celle-ci est incarnée par la figure du généticien et botaniste Nikolai Ivanovitch Vavilov, président de l’Académie Lénine des Sciences agronomiques et membre du Comité Central. Il avait entamé un programme unique au monde d’importation systématique de variétés de plantes venues d’autres parties de la planète, et il avait initié l’étude de ces variétés dans le but d’améliorer les espèces.
Les attaques de Lyssenko contre Vavilov se développent à partir de 1931. Lyssenko estime que les progrès des rendements permis par les méthodes d’amélioration variétale de l’école de Vavilov sont beaucoup trop lents, et il affirme aux autorités soviétiques que l’application de ses propres méthodes à grande échelle permettrait d’atteindre les objectifs fixés pour le court terme, et ce d’une manière plus adaptée à la nouvelle agriculture socialisée. Les lyssenkistes remettent alors en cause les principes mêmes de la recherche scientifique incarnée par Vavilov : ils expliquent qu’il est absurde d’expérimenter dans des stations agronomiques spécifiques avant de généraliser l’usage des variétés obtenues, et que chaque paysan doit lui-même devenir un expérimentateur, la pratique primant sur les canons de la recherche scientifique10. Ainsi, au cours des années 1930, Lyssenko et ses disciples s’immiscent dans des questions d’ordre scientifique et en viennent à attaquer de front la génétique, dont les fondamentaux infirment leur propre approche de l’amélioration variétale, et notamment de l’hérédité des caractères acquis par les plantes au moyen de greffes.
En 1936 et 1939, lors de deux conférences sur le sujet, la majorité des scientifiques se taisent ou essaient d’apaiser Lyssenko par peur des représailles à l’encontre des « spécialistes bourgeois ». La discussion, engagée sur le terrain de la primauté du critère de la pratique, en reste au pur niveau de la théorie, sans référence précise à des données expérimentales11. La répression commence contre certains généticiens, dans un contexte de terreur généralisée à l’encontre de tous ceux qui sont accusés d’être des ennemis de l’intérieur. Le VIIe congrès International de génétique, qui aurait dû avoir lieu à Moscou en 1937, ne peut s’y tenir et se déroule finalement en 1939 en Écosse. Le généticien états-unien Hermann J. Muller, futur prix Nobel et sympathisant communiste installé au pays des Soviets, quitte l’URSS en 1937. Vavilov est arrêté et emprisonné en 1940, et meurt dans son cachot en 1943. Après son triomphe de 1948, Lyssenko est à la tête de l’agronomie et de la biologie soviétique, qu’il gère de manière dictatoriale en l’expurgeant de ses adversaires.
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Numéro 1, en janvier 1952, du bulletin de l’Association des amis de Mitchourine, principal artisan en France du « lyssenkisme expérimental ». Créée en 1950 et principalement animée par Claude-Charles Mathon, l’association a revendiqué au faîte de sa gloire 5 000 expérimentateurs, et a poursuivi ses activités jusqu’en 1963.

L’écho international de l’affaire

La révélation internationale du coup de force de Lyssenko a été une sorte de coup de tonnerre dans un ciel serein. En effet, la situation précaire de la génétique en URSS après 1939 était mal connue dans le reste du monde, comme le montre la perception du cas Vavilov. Les biologistes ayant des sympathies communistes, comme par exemple l’anglais J.B.S. Haldane, tendent alors à considérer les rares informations ayant filtré à propos de la mort de Vavilov comme de la propagande antisoviétique, et ils continuent à croire à la liberté de discussion scientifique en URSS12. Le biologiste français Pierre-Paul Grassé raconte comment, lors d’un voyage en URSS en juin 1945, les participants cherchent à rencontrer Vavilov et s’étonnent des réponses évasives et embarrassées de leurs interlocuteurs, jusqu’à ce qu’ils finissent par découvrir la vérité13.
La France est le pays où l’écho de l’affaire a été le plus profond, en partie du fait du poids du Parti Communiste dans l’immédiat après-guerre. La polémique enfle immédiatement après la parution de l’article des Lettres Françaises. Elle est relancée notamment en octobre 1948 lorsque le poète stalinien Louis Aragon s’improvise spécialiste en biologie en consacrant un numéro de sa revue Europe à la promotion des thèses lyssenkistes144. L’historien des sciences Stéphane Tirard, auquel les analyses qui suivent sont empruntées, a dressé la liste des différentes contributions parues à ce sujet entre septembre et décembre 1948, et constate que le débat a agité avant tout la presse de gauche. Il examine ensuite en détail les réactions d’un certain nombre de biologistes, les prises de position de trois d’entre eux étant très significatives15 :
Jean Rostand16 fait part de ses doutes sur la réalité des annonces faites par Lyssenko et prévient : « Ne tombons pas dans le ridicule de politiser les chromosomes ». Il tente de maintenir la discussion sur le strict plan scientifique, et met en quelque sorte les lyssenkistes au défi de produire les preuves de ce qu’ils avancent. Il esquisse un parallèle avec un lamarckisme alors en déclin, suggérant que le lyssenkisme allait probablement connaître le même sort17.
Jacques Monod, qui est chercheur à l’Institut Pasteur et proche du Parti Communiste, réagit lui de manière plus radicale. Il ne fait aucun doute pour lui que les arguments de Lyssenko sont mensongers, et il s’interroge plutôt pour savoir comment celui-ci a pu l’emporter. Il place le débat sur le terrain de la liberté d’expression en URSS et affirme ainsi sa rupture avec le PCF : « En définitive ce qui ressort le plus clairement de cette grotesque et lamentable affaire, c’est la mortelle déchéance dans laquelle est tombée en URSS la pensée socialiste  »18.
Marcel Prenant est dans une position extrêmement délicate. Personnalité prestigieuse, il est membre du Comité Central du Parti Communiste, dont il est le biologiste le plus connu. Le titre que la rédaction de Combat19 donne à sa contribution traduit son embarras : « Selon le Pr Marcel Prenant Lyssenko respecte les bases de la génétique classique mais estime avoir obtenu la fixation héréditaire de caractères acquis  ». Des années plus tard, Marcel Prenant commentait : « J’ai écrit des bêtises, je le sais très bien, j’essayais de trouver une troisième voie. Je me disais, c’est pas possible que des gens qui ont la qualité d’esprit, de réflexion et de matérialisme qu’ont les soviétiques… car même du point de vue matérialiste et dialectique, l’histoire de Lyssenko est une folie (…). Il n’y avait aucune découverte, il n’y avait rien, rien. Pendant quelques temps, j’ai cherché une voie… Je me disais où est la faille ? J’ai essayé de faire avaler ça de toutes les façons.  »20 L’URSS jouit alors d’un grand prestige, et, dans les rangs communistes, il est impossible d’imaginer qu’il s’agit là d’une fraude. Marcel Prenant, de plus en plus conscient que c’en est une, est définitivement convaincu après sa rencontre avec Lyssenko en novembre 1949, et refuse de prendre la tête de la croisade lyssenkiste que veut mener en France le PCF. Il est donc exclu du Comité Central en 1950.
Un témoignage du généticien Philippe L’Héritier
On peut penser que dans ce récit le « type » en question est Claude-Charles Mathon, qui avait demandé à Marcel Prenant d’utiliser les salles de TP de la Sorbonne pour ses expérimentations. Georges Teissier, cité dans cet extrait, était zoologiste et biologiste et a été directeur du CNRS de 1946 à 1950. Membre du Parti Communiste, il appartenait également au comité de direction de la revue communiste La Pensée.
« Cette affaire Lyssenko avait mis Teissier dans l’embarras à cause de ses opinions politiques. Mais il n’y a jamais cru, pas plus que Marcel Prenant. Je me souviens d’une conférence à la Sorbonne où un type nous prêchait le “lyssenkisme” et argumentait en disant qu’en France si quelqu’un s’avisait de défendre des théories non mendéliennes, sa carrière était fichue. J’avais dû intervenir. “Ne charriez pas ! En 1937 Teissier et moi, c’est ce qu’on a fait avec notre sensibilité de la drosophile au gaz carbonique… et aujourd’hui, nous sommes tous les deux professeurs à la Sorbonne !”. Monod dans son coin se tordait de rire »
Cité dans Jean-François Picard, La République des savants : la recherche française et le CNRS 1939 – 1989, Paris, Flammarion, 1990, p. 139.
Si l’adhésion au lyssenkisme reste ainsi marginale parmi les biologistes, fussent-ils par ailleurs communistes, celui-ci n’est souvent pas dénoncé de front, comme d’autres fraudes scientifiques ont pu l’être21 – par exemple du fait de leur incompatibilité avec des théories existantes et déjà solidement éprouvées, comme c’était le cas pour la génétique. Il vaut la peine ici de se pencher un instant sur l’attitude adoptée à l’époque par les organisations rationalistes qui se fixaient pour tâche de défendre et de promouvoir l’esprit et la culture scientifiques. Si l’on se penche sur les prises de position publiques22, on constate que c’est surtout un silence gêné qui prévaut. L’Union Rationaliste, par exemple n’évoque jamais l’affaire dans sa publication principale, Les cahiers rationalistes. Et il faut même attendre le numéro 183 de décembre 1959 pour que soit évoquée la question de la génétique, avec un article intitulé « Problèmes de l’hérédité », qui est consacré en fait aux aptitudes intellectuelles et pas du tout aux questions posées par le lyssenkisme. Cette stratégie d’évitement s’explique aisément par la proximité de l’association d’avec le Parti Communiste : son président est alors Frédéric Joliot-Curie, et des personnalités comme Marcel Prenant ou son collègue et camarade Georges Teissier font partie du comité d’animation. Même si l’on s’éloigne de la galaxie communiste et que l’on va regarder du côté de la collection de La Raison Militante, organe de la « Fédération Nationale des Libres Penseurs de France et de l’Union Française », on trouve très peu de choses. La première mention de l’affaire Lyssenko se produit seulement dans le numéro 17 bis de février 1949, à travers un bref compte rendu du numéro spécial de la revue Europe, qui est qualifié d’«  extrêmement intéressant ». Une chronique, signée Paul-Henri Paillou paraît dans le numéro 19 d’avril 1949, sous le titre « Le coup de tonnerre de Lyssenko ». Là aussi, le ton est très prudent, bien loin des prises de position tranchées de Rostand ou Monod : « Il est trop tôt pour se prononcer en faveur de Mendel ou de Lyssenko. Il convient d’attendre les vérifications pour savoir si l’expérience du savant soviétique a été correctement conduite. Quelles que soient nos convictions philosophiques, nous n’avons pas le droit en la matière de prendre parti contre Mendel parce qu’il était moine ni contre Lyssenko parce qu’il est communiste. Devant un si grave problème scientifique, l’homme doit imposer silence à ses passions. » L’article, qui est pour moitié consacré à rappeler l’abandon des théories de Lamarck, se termine par une évocation de l’invalidation des expériences d’hybridation de végétaux par la greffe menées par le français Daniel à la fin du XIXe siècle, expériences qui semblaient déjà à l’époque confirmer l’héritabilité des caractères acquis. On peut y voir une prise de distance d’avec le lyssenkisme, mais cet article reste isolé, et le problème n’est plus soulevé de toute la décennie suivante, même lorsque le PCF promeut activement la théorie des « deux sciences ». Là aussi, la raison de ce silence est d’ordre politique, les Libres Penseurs prônant alors l’unité de la famille républicaine face au danger incarné par l’Église et le MRP, et refusant donc de s’associer à tout ce qu’ils considèrent comme des campagnes anticommunistes23.
L’interprétation du lyssenkisme aujourd’hui
Aujourd’hui, le lyssenkisme est l’objet de différentes interprétations. Jaurès Medvedev, auteur de la première (excellente) synthèse sur le sujet, le présente comme un dommage collatéral du stalinisme et du « culte de la personnalité »24. Dominique Lecourt, quelques années plus tard, parle lui surtout du produit de la déformation du marxisme que représenterait le « Diamat », philosophie officielle des pays dominés par une bureaucratie stalinienne25. L’école historiographique la plus active en France depuis près de 30 ans, autour d’historiens comme Denis Buican ou Cédric Grimoult, y voit l’incarnation à la fois d’une forme de néolamarckisme tardif et du matérialisme dialectique marxiste26. À cette dernière interprétation, très idéologique, nous préférerons celle qui nous semble de loin la plus rigoureuse et compatible avec l’ensemble des faits, celle du socio-historien étatsunien David Joravsky27. Son ouvrage, déjà ancien, mais malheureusement jamais traduit en français, décrit l’aventure lyssenkiste comme celle d’une pure pseudo-science – ce que n’est pas le néolamarckisme, aussi réfuté ait-il été par ailleurs –, qui a pu profiter d’un contexte historique et social très particulier pour s’imposer, en écrasant pour un temps les authentiques scientifiques soviétiques, que ceux-ci aient été des « spécialistes bourgeois » mais aussi, bien souvent, d’authentiques militants bolchéviques de longue date. Même si l’« affaire » a pu prendre cette tournure en Occident, le lyssenkisme n’oppose pas fondamentalement le marxisme à ses adversaires idéologiques. Il oppose plus prosaïquement la pseudo-science à la science, et, sous la contrainte du réel, c’est cette dernière qui l’a emporté, en URSS comme ailleurs.
Le prestige du lyssenkisme est toutefois de courte durée. En 1950, Staline lui-même condamne la distinction science bourgeoise/science prolétarienne (dans un opuscule sur la linguistique), ce qui coupe court à la campagne du PCF. Lyssenko est ponctuellement remis en cause dans les années 1950 après la mort de Staline, et est définitivement limogé en 1965 après la chute de Khrouchtchev, son dernier protecteur. La génétique a alors triomphé et l’URSS est réintégrée dans ce secteur de la recherche scientifique à l’échelle internationale.
 Yann Kindo

1 Cité par Jean-Toussaint Desanti dans Dominique Desanti, Les staliniens, Paris, Fayard/Marabout, 1975, p. 362.
2 Communication à l’Institut pansoviétique de culture des plantes.
3 Préface au livre de Jaurès Medvedev (1971), p. 7.
4 Joel et Dan Kotek, L’affaire Lyssenko, Bruxelles, Ed. Complexes, 1986, p. 10.
5 Denis Buican, Lyssenko et le lyssenkisme, PUF, Que-sais-je ?, 1988.
6 Denis Buican, L’éternel retour de Lyssenko, Paris, Ed Copernic, 1978, p. 7.
7 T.D. Lyssenko, Agrobiologie, Éd en Langues Étrangères, Moscou, 1953, p. 532, cité par Denis Buican, Lyssenko et le lyssenkisme, Paris, PUF, Que sais-je ?, 1988, chap. I.
8 Ce n’est qu’en 1945 qu’a été ouverte la première chaire de génétique en France, pays, il est vrai, alors particulièrement en retard dans ce domaine.
9 Jaurès Medvedev, Grandeur et chute de Lyssenko, Paris, Gallimard, 1971, p. 40-43.
10 David Joravsky, The Lyssenko affair, Chicago et Londres, Chicago University Press, 1970, p. 56
11 Ibid., p. 97-109.
12 Joël et Dan Kotek, L’affaire Lyssenko, Bruxelles, Éd. Complexes, 1986, p. 117-118.
13 Pierre-Paul Grasse, La défaite de l’amour, Paris, Albin Michel, 1976, p. 76.
14 Voir par exemple son article d’ouverture au titre particulièrement mal choisi : Louis Aragon, « De la libre discussion des idées », Europe n° 33-34 (spécial Lyssenko), octobre 1948 p. 3-24.
15 Stéphane Tirard, « Les biologistes français et l’affaire Lyssenko à l’automne 1948 », Historiens et Géographes, n° 358, 1997, p. 95-106.
16 Jean Rostand est présenté par Joël et Dan Koteck p. 138 de leur ouvrage comme étant alors une sorte de compagnon de route du PCF.
17 Voir ses articles : « On ne renverse pas une théorie scientifique comme on renverse un ministère », Combat, 8 septembre 1948 ; « Le biologiste Lyssenko a-t-il découvert du nouveau sur l’hérédité ? », Le Figaro Littéraire, 2 octobre 1948 ; « Un grand débat sur l’hérédité », Le Figaro Littéraire, 13 novembre 1948 ; « Conclusions au débat sur l’hérédité. Comment les "mitchouriniens" soviétiques écrivent l’histoire de la biologie », Le Figaro Littéraire, 4 décembre 1948.
18 Voir sa prise de position dans Combat le 15 septembre 1948.
19 Édition du 14 septembre 1948.
20 Jeanine Verdes-Leroux, Au service du Parti. Le Parti Communiste, les intellectuels et la culture (1 944-1 956), Paris, Fayard-Minuit, 1983, p. 227.
21 Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Paris, La Découverte, 2001.
22 Seules les publications ont été consultées, je n’ai pas à ce stade mené d’entretiens ou d’enquête dans des archives internes.
23 Voir par exemple l’encart « Point sur les i » dans le numéro 22 de juillet-août 1949.
24 Jaurès MEDVEDEV, Grandeur et chute de Lyssenko, Paris, Gallimard, 1971, 317 p. Le manuscrit a commencé à être rédigé en 1961-1962. Sa publication aux États-Unis en 1968 valut à l’auteur d’être victime de la répression, à travers un internement en hôpital psychiatrique.
25 Dominique LECOURT, Lyssenko, histoire réelle d’une « science prolétarienne », François Maspero, 1976. Réed Paris, PUF, « Quadrige », 1995.
26 Voir par exemple Denis BUICAN, Lyssenko et le lyssenkisme, PUF, Que-sais-Je ?, 1988.
27 David JORAVSKY, The Lyssenko affair, Chicago et Londres, Chicago University Press, 1970, 459 p.