Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

Affichage des articles dont le libellé est Mondialisation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mondialisation. Afficher tous les articles

jeudi 27 octobre 2011

On licencie bien les opposants...


Pérou : licenciement d'une haute fonctionnaire pour avoir bloqué un projet gazier.
(Photo 1 : Le gouvernement péruvien a licencié Raquel Yrigoyen Fajardo de l'INDEPA pour avoir bloqué un projet gazier).
Le gouvernement péruvien a licencié une haute fonctionnaire chargée des affaires indigènes pour avoir contesté la décision 'illégale' d'ouvrir un territoire habité par des Indiens isolés au géant gazier argentin Pluspetrol
- C'est un ancien avocat, spécialisé dans l'éthique des affaires, qui succède à Raquel Yrigoyen Fajardo au poste de directeur de l'INDEPA, le département des affaires indigènes du gouvernement péruvien.
- La précédente administration de l'INDEPA avait approuvé l'extension du projet Camisea de Pluspetrol, qu'elle avait directement transmis au ministère de l'Energie.
- Raquel Yrigoyen Fajardo a publié sur Facebook l'annonce de son ‘soudain départ’ de l'INDEPA. Elle a déclaré que le fait qu'aucune consultation n'ait été menée ne repose sur aucune ‘base empirique’ soulignant que ‘la pire des choses était que l'approbation du projet ne respectait pas les normes des Nations-Unies sur les peuples indigènes isolés’.
- Peu de temps après le licenciement de Raquel Yrigoyen Fajardo, son rapport sur l'annulation du projet a été retiré du site internet de l'INDEPA.
(Photo 2 : Les Matsiguenga de la réserve Kugapakori-Nahuasont menacés par le projet Camisea. © Survival).
Elle a indiqué que son équipe était partie ‘la tête haute’ et qu'elle redoublerait d'efforts pour garantir le respect des droits des peuples indigènes.
- Raquel Yrigoyen Fajardo a exhorté le nouveau directeur de l'INDEPA, Arturo Zambrano Gustavo Chavez, à adhérer aux principes inscrits dans les instruments internationaux de protection des droits des peuples indigènes, en particulier la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail.
- Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Ce licenciement est révélateur de l'attitude déplorable du gouvernement péruvien à l'égard des peuples indigènes, un stratagème de plus pour étouffer la voix des Indiens. Yrigoyen paraissait être la personne la mieux disposée à défendre les droits des Indiens au sein de l'INDEPA depuis de nombreuses années. Il faut espérer que son successeur fera de même’.
- Parmi la quinzaine de groupes indiens qui résistent au contact avec le monde extérieur en Amazonie péruvienne, plusieurs vivent dans la réserve Kagapakori-Nahua où est implanté le projet Camisea.
- On espérait que la récente approbation par le président Ollanta Humala d'une loi historique reconnaissant le droit des peuples indigènes à être consultés sur tout projet les affectant marquerait un changement dans le comportement du gouvernement à leur égard, en particulier ceux qui vivent encore dans l'isolement.




Lire ce communiqué en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/7835
- Pour plus d'informations, toute demande de visuels, ou l'utilisation de la photo ci-jointe:
Sophie Baillon  (+33) (0)1 42 41 44 10
- Survival International (France)
18 rue Ernest et Henri Rousselle
75013 Paris
France
(+33) (0)1 42 41 47 62
ou Chloe Corbin  (à Londres) (+44) (0)20 7687 8734
Survival aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir

dimanche 19 juin 2011

Le vrai Strauss-Khan
DSK à la place de Sarkozy ? La peste ou le choléra !
Note de TSS: l'article ci-après date d'octobre 2007. Nul doute qu'il sera bientôt actualisé...Les veaux étant ce qu'ils sont et la France ce que nous savons qu'elle est devenue, les media dominants préparent chaque jour les esprits égarés à une candidature DSK. Le titre est, bien entendu de TSS, dans son style inimitable.
- Dominique Strauss-Kahn est un homme aimable et cultivé. Il s’est construit une image positive d’homme de gauche soucieux du bien être des plus démunis. Mais alors, comment est-il devenu directeur général du Fonds monétaire international, l’organisation internationale qui a institutionnalisé le pillage des pays du Sud ? Thierry Meyssan répond en révélant tout ce que la presse mainstream vous a caché depuis des années sur les relations de DSK avec les États-Unis.
- La nomination triomphale de Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), le 28 septembre 2007, a donné lieu à deux messages contradictoires. D’un côté la presse occidentale exalte la capacité du bloc atlantiste à imposer son candidat face à celui de la Russie, Josef Tosovsky ; d’autre part, elle affirme que la principale mission de M. Strauss-Kahn sera d’associer plus largement les pays du Sud aux décisions, c’est-à-dire de mettre fin à la domination du bloc atlantiste.
- Avec chauvinisme, la presse française se félicite que des Français se trouvent aujourd’hui à la tête de quatre grandes organisations internationales. En effet, outre Dominique Strauss-Kahn au FMI, Pascal Lamy dirige l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Jean Lemierre préside la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), et Jean-Claude Trichet la Banque centrale européenne (BCE). Mais doit-on mettre ces quatre institutions sur le même plan ? Et surtout, doit-on se réjouir d’une situation qui, loin de manifester la place de la France dans le monde, illustre l’intégration des élites françaises dans la mondialisation, c’est-à-dire leur acharnement à détruire leur pays, en tant qu’État-nation, un cadre politique qu’ils jugent dépassé ?
- Le dernier exploit en date laisse songeur : le FMI est une des organisations internationales la plus critiquée dans le monde. Il a abondamment financé l’installation de dictatures dans les pays du Sud, notamment en Argentine, au Brésil, en Indonésie, au Nigéria, aux Philippines, en Thaïlande etc… En outre, ses exigences soudaines de remboursement immédiat de prêts ont contraints des États à sacrifier leur avenir en dévaluant et en fermant écoles et hôpitaux. Ses adversaires l’accusent donc d’avoir provoqué, par l’oppression et la famine, des centaines de millions de morts en un demi-siècle, c’est-à-dire bien plus que les agressions militaires des États-Unis durant la même période. De son côté, le FMI considère au contraire que ses politiques « d’ajustement structurel » loin d’avoir provoqué ces catastrophes y ont mis fin. Des « Prix Nobel » d’économie aussi divers que le néo-keynésien Joseph Stiglitz ou le libertarien Milton Friedman ont accusé le FMI d’être le grand organisateur des déséquilibres Nord-Sud. En effet, l’action principale du FMI aura été de financiariser l’économie mondiale, permettant ainsi aux spéculateurs du Nord de s’enrichir en exploitant le travail, plus encore que les ressources, des pays du Sud. S’il n’était la vénération que la société de consommation voue à ses banquiers, il y a longtemps que le FMI aurait été déclaré organisation criminelle. Pourtant, c’est bien cette institution que le socialiste Dominique Strauss-Kahn a ambitionné de diriger, et c’est bien M. Strauss-Kahn qui a obtenu le soutien appuyé des grands argentiers de la planète, pressés de toutes parts par les multinationales les moins scrupuleuses.
- Si l’on laisse de côté l’intérêt personnel de Dominique Strauss-Kahn, qui devient ainsi le haut-fonctionnaire le mieux payé de Washington avec un salaire annuel de base de 461 510 dollars net d’impôts, l’on doit se poser la question de ses objectifs politiques. Pour y répondre, jettons un coup d’œil sur sa biographie et découvrons-y ce que la presse mainstream cache depuis des années : ses liens avec les principaux dirigeants de l’administration états-unienne.
- Issu d’une famille aisée de gauche, « DSK » a été élevé au Maroc, puis à Monaco. Il reçoit une éducation juive —plus séfarade qu’ashkénaze—, à laquelle il accorde plus d’importance au plan culturel que religieux. Il est diplômé de Sciences-Po Paris, ancien élève d’HEC, licencié en droit et agrégé de sciences économiques. Il se destine à être avocat d’affaires.
- Il entre en 1976 au Parti socialiste où il milite au Cères, le courant social-étatiste animé par Jean-Pierre Chevènement. Il ne tarde pas à s’en séparer pour se rapprocher de Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis, les deux meilleurs élèves français d’Irving Brown, l’agent de liaison de la CIA avec la gauche ouest-européenne [1]. Jospin et Cambadelis sont issus d’un petit parti trotskiste (les « Lambertistes ») traditionnellement lié à la CIA. Avec une centaine de camarades, ils ont infiltré le PS et ont réussi à prendre les renes.
- Il entre en 1986 à l’Assemblée nationale à la faveur du scrutin proportionnel alors brièvement mis en place. Il choisit de s’implanter, en 1988, dans une circonscription du Val-d’Oise, à Sarcelles, qui abrite une forte communauté juive. Il s’y fait élire en faisant jouer le réflexe identitaire. Il devient président de la Commission des finances de l’Assemblée, puis, en 1991, ministre délégué à l’Industrie et au Commerce extérieur auprès du ministre de l’Économie Pierre Bérégovoy. Tout oppose les deux hommes : « DSK » est un brillant dilettante vivant au milieu des grandes fortunes comme un poisson dans l’eau, tandis que « Béré » est un pénible tâcheron partagé entre ses idéaux ouvriers et son besoin de reconnaissance personnelle par le monde de la finance. « DSK » s’amuse de se dire socialiste tout en faisant le contraire, tandis que « Béré » a des états d’âme.
    - Alors qu’il est ministre délégué à l’Industrie, il a connaissance des problèmes rencontrés par son ami Jean Peyrelevade à la tête du Crédit Lyonnais. Il intervient personnellement pour favoriser diverses opérations hasardeuses réalisées en faveur de son ami Franck Ullman-Hamon. Cet homme d’affaires est connu pour avoir par ailleurs réalisé diverses interventions en Amérique latine pour le compte d’Israël et pour être actionnaire-fondateur du magazine Marianne de Jean-François Kahn. Les montages de M. Ullman-Hamon avec les filiales du Crédit lyonnais coûteront plusieurs dizaines de millions de francs au contribuable français. - À la même époque, Dominique Strauss-Kahn épouse à la synagogue —en troisièmes noces— une star d’une rare beauté, Anne Sinclair, la journaliste préférée des Français. Le couple choisit de tenir la presse à l’écart de la cérémonie, mais de donner de l’éclat à la fête au sein de la communauté juive, où ils s’affirment comme des personnalités brillantes. Leurs deux témoins de mariage sont le professeur de philosophie Élisabeth Badinter (héritière du Groupe Publicis et épouse du Garde des Sceaux Robert Badinter) et la journaliste Rachel Assouline (épouse du patron de presse Jean-François Kahn). - En 1987, il se démarque de François Mitterrand, il conduit une délégation du Parti socialiste en Israël et se rend à la mairie de Jérusalem qu’il considère comme capitale de l’État hébreu. En 1991, il participe à un voyage de solidarité en Israël, organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) en pleine Guerre du Golfe. - En 1994, usant de sa qualité d’ancien ministre de l’Industrie, il créé le Cercle de l’Industrie auquel il parvient à faire adhérer en six mois 48 des 50 plus grands patrons français. La moitié d’entre eux au moins payent une cotisation annuelle de 200 000 F pour que leurs intérêts soient défendus à Bruxelles. Il laisse la présidence de cette association patronale à Raymond Lévy (ex-Pdg de Renault) et en assure la vice-présidence. Incidemment, le même Raymond Lévy sera nommé à la tête du Consortium de réalisation, chargé de liquider les placements pourris du Crédit Lyonnais et, au passage, d’étouffer les affaires Ullman-Hamon. Simultanément, DSK devient consultant auprès des mêmes patrons ou avocat d’affaires et établi son bureau dans les locaux du Cercle. La Cogema, la Sofres et EDF, entre autres, lui versent des émoluments exorbitants pour quelques conseils ou un mot transmis à un grand de ce monde. Cette activité peu contraignante lui assure des revenus de plus de 2 000 000 F par an [2]. Par la suite, il donne des cours à l’université, à Stanford et Casablanca, sans compter des conférences ici et là, toujours royalement payées. Précisément, aux États-Unis Stanford est le bastion des Républicains. C’est là qu’ils ont leur propre centre de recherches, la Hoover Institution [3]. À l’époque, le prévôt de Stanford —c’est-à-dire la personne qui négocie l’engagement de Dominique Strauss-Kahn— n’est autre que Condoleezza Rice [4]. Sur place, Dominique Strauss-Kahn fait la connaissance de George P. Schultz et des universitaires qui formeront le vivier de l’administration Bush. - En 1995, il rédige la partie économique du programme électoral de Lionel Jospin, candidat à la présidence de la République, Propositions pour la France. Il défend alors le principe de la « taxe Tobin » sur les transactions en devises, dont il affirmera plus tard qu’elle est impraticable. - Député de Sarcelles, il en est aussi brièvement le maire, avant d’en confier les clefs à son fidèle François Pupponi. Le temps de « jumeler la plus juive des communes françaises avec la plus française des communes d’Israël », Netanya. - De 1997 à 1999, il est ministre de l’Économie et des Finances. Il pilote le passage à l’euro et la privatisation de France-Télécom. Surtout, il fait entrer la France dans le processus de financiarisation de l’économie en multipliant les mesures démagogiques sectorielles. L’adoption de la semaine de 35 heures diminue considérablement le nombre d’heures travaillées ; tandis que l’exonération de charges sociales sur les stock-options déplace les revenus des cadres du travail vers la finance. Il résulte de cette politique que le début de décroissance de la production française est compensée, au plan statistique, par un développement des profits financiers. Cependant, en fin de compte, le pouvoir d’achat des classes moyennes s’effrite sensiblement. - Dominique Strauss-Kahn fréquente les cercles les plus prestigieux du pouvoir. Dès 1993, on le voit au Forum de Davos. Anne Sinclair l’introduit au Siècle, l’association la plus mondaine de Paris. Puis, Antoine et Simone Veil le font entrer au Club Vauban. En 2000, l’OTAN l’invite au Club de Bilderberg où il retrouve Pascal Lamy et Jean-Claude Trichet qui occupent avec lui aujourd’hui de prestigieux fauteuils dans les institutions internationales. - Dominique Strauss-Kahn est piégé par son perpétuel mélange des genres entre engagement politique et lobbying rémunéré. Il fait l’objet d’une mise en examen dans une affaire concernant la principale mutuelle étudiante, la MNEF, puis dans une autre relative à la caisse noire de la compagnie pétrolière nationale Elf. Les magistrats estimeront en définitive que ses activités étaient licites, à défaut d’être morales. Cependant les instructions pénales et une commission d’enquête parlementaire mettront en évidence ses méthodes peu orthodoxes. Lionel Jospin, lorsqu’il était ministre de l’Éducation, avait modifié par décret le taux des remboursements effectués à la MNEF par la Sécurité sociale, transformant la Mutuelle en véritable pompe à finances pour le compte du PS. Puis, il avait étendu les activités de la MNEF dans les campus toujours pour détourner plus d’argent. Dominique Strauss-Kahn lui-même recevait des émoluments considérables pour des prestations imaginaires. Plus tard, il avait fait prendre en charge le salaire de sa secrétaire au Cercle de l’Industrie (ou à son cabinet, il n’est guère possible de différencier) par le groupe Elf. - Derrière des manières policées, un goût prononcé pour la bonne chère et les belles femmes, Dominique Strauss-Kahn est un tueur : lorsqu’apparaît, à titre posthume, l’enregistrement vidéo du promoteur immobilier Jean-Claude Méry mettant en cause Jacques Chirac, on ne tarde pas à découvrir qu’il est un des organisateurs de ce mauvais coup. - Ses démêlés avec la Justice l’écarteront un temps de la scène politique. Pendant sa traversée du désert, son épouse, Anne Sinclair, fera preuve de sang-froid et de dignité, plaidant auprès du public en sa faveur par sa seule attitude. - Opérant son grand retour, en 2001, après avoir bénéficié de non-lieux, il prend en mains le développement de la Fondation Jean-Jaurès, le partenaire de la National Endowment for Democracy (NED) pour la gauche française [5]. La chose est d’autant plus aisée que, depuis Stanford, il connaît la nouvelle conseillère nationale de sécurité des États-Unis Condoleezza Rice, et que c’est la sœur adoptive [6] de celle-ci, Mardeleine Albright qui dirige le National Democratic Institute (NDI), organisme tampon de la NED chargé d’acheminer les subsides du département d’État US dans les caisses du Parti socialiste français. - En 2003, le German Marshall Fund of the United States, une des principales officines atlantistes, crée un Forum sur le commerce et la pauvreté. DSK devient l’un des six administrateurs, rémunéré comme toujours [7]. Il y écrit, ou tout au moins signe, divers rapports en faveur du libre-échange absolu. - La même année, il contraint un expert du Parti socialiste, Pascal Boniface, à démissionner. Ce spécialiste en relations internationales a eu le toupet de souligner que le soutien aveugle du parti à Israël est idéologiquement incohérent et électoralement contre-productif alors que le PS doit ambitionner de réunir derrière lui les six millions de Français de culture arabe. En outre, Dominique Strauss-Kahn pilote la création du Cercle Léon Blum, au sein du PS, dont l’objectif est de veiller au soutien du parti au mouvement sioniste. - En 2004, il déclare lors d’une interview sur France-Inter : « Je considère que tout juif de la diaspora et de France doit apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël. » [8] - En 2005, il lance les clubs « À gauche en Europe » (AG2E) en faveur du « oui » au référendum d’approbation du projet de Traité constitutionnel européen. Il travaille alors en lien avec le Policy Network (Grande-Bretagne) et la Fondation Friedrich-Ebert (Allemagne). Mais les Français votent « non ». - En 2007, alors que l’écrivain Claude Ribbe ouvre un débat sur les conséquences sociales actuelles de l’esclavage et de la colonisation, DSK participe activement à la création du Conseil représentatif des noirs de France (CRAN), une organisation qui bénéficie de conseils techniques de spécialistes israéliens et reproduit le modèle du Conseil représentatif des juifs de France (CRIF) [9]. À défaut de trouver un écho parmi les noirs de France, cette initiative sera une réussite médiatique, comme l’avait été quelques années plus tôt la création de SOS Racisme pour stopper la structuration des beurs. - Lorsque s’ouvre la compétition au Parti socialiste pour désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2007, Dominique Strauss-Kahn apparaît à la fois comme le candidat le mieux placé face à son rival déclaré, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, et comme le candidat officiel des États-Unis pour la gauche française. Ainsi, il donne un entretien à la revue néo-conservatrice Le Meilleur des mondes, dans lequel il brocarde la politique arabe de la France et plaide pour un rapprochement avec Washington et Tel-Aviv [10]. - Tout semble réglé à l’avance. Les cotisations d’adhésion au Parti socialiste ont été réduites à un montant négligeable de sorte que les quelques milliers de membres de parti lambertiste ont pu acquérir des cartes, juste pour participer au vote de désignation interne du candidat. La manœuvre a été organisée par le lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadelis, lui-même ancien dirigeant de ce parti et que nous avons déjà présenté à propos de ses relations avec la CIA. Pourtant, contre toute attente, c’est un outsider, Ségolène Royal, qui est désigné. C’est qu’à Washington on a un autre projet : placer Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Pour cela, il convient d’installer face à lui un concurrent peu crédible. En échange de son retrait silencieux, DSK sera largement récompensé par la direction générale du FMI. Peu après son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy présente la candidature de DSK à Washington, et Condoleezza Rice lui apporte son soutien. Tout en participant à la création de l’European Council on Foreign Relations (E-CFR) [11], il sillonne le monde, officiellement pour convaincre les États du Sud de soutenir également sa candidature. En réalité, leur vote importe peu, puisque les USA et l’Union européenne ont à eux seuls 48 % des voix. La campagne de DSK est payée par la France et organisée par l’agence de relations publiques TD International. Ce que le cabinet de M. Strauss-Kahn minimisera en prétendant ne travailler qu’avec la correspondante française de l’agence. TD International « vendra » à la presse la légende d’un DSK désœuvré, téléphonant au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker lors d’un colloque à Yalta, lequel lui aurait suggéré d’ambitionner le FMI. En réalité, Dominique Strauss-Kahn et Christine Ockrent participaient au Yalta European Seminar, moyennant un défraiement de 7 000 euros chacun indirectement versés par George Soros. Ce colloque avait pour but de soutenir la « révolution orange » et l’arrimage de l’Ukraine à l’OTAN. Or, TD International est une officine de la CIA, notamment chargée de la construction de l’image publique de la « révolution orange ». Elle est dirigée par William A. Green III, un célèbre agent qui n’était ni plus ni moins que le chef de poste du stay-behind en France et qui fut expulsé en 1995 pour des motifs d’une extrême gravité qui ne furent jamais dévoilés au public. - Hugo Chavez, le président de la République bolivarienne du Vénézuela, quant à lui, n’a pas été convaincu par le show de Dominique Strauss-Kahn. Il a confirmé le retrait de son pays du FMI « avant qu’ils ne nous pillent » et invité tous les États du Sud qui le peuvent à faire de même.
  • [1] Selon les propos d’Irving Brown lui-même, rapportés dans Éminences grises, par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard 1992. Sur le réseau US, voir « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 août 2001.
    [2] « Dominique Strauss-Kahn, 1993-1997, profession – conseil », par Laurent Mauduit, Caroline Monnot et Martine Orange, Le Monde, 11 décembre 1999. « Influents dans le monde de l’entreprise », par Bérengère Mathieu de Heaulme, Le Figaro, 22 janvier 2002.
    [3] « La Hoover Institution, archives réservées aux Républicains », Réseau Voltaire, 26 octobre 2004.
    [4] « La fulgurante intégration de Condoleezza Rice », par Arthur Lepic et Paul Labarique, Réseau Voltaire, 8 février 2005.
    [5] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22janvier 2004.
    [6] Op. cit.
    [7] « Le German Marshall Fund, un reliquat de la Guerre froide ? », Réseau Voltaire, 5 octobre 2004.
    [8] Cité in Encyclopédie politique française, Tome 2, Facta éd., 2005.
    [9] Les Nègres de la République, par Claude Ribbe, Jean-Paul Bertrand éd., 2007.
    [10] « MM. Sarkozy et Strauss-Kahn affichent leurs allégeances », par Cédric Housez, Réseau Voltaire, 7 novembre 2006. Article plagié depuis. La position de Dominique Strauss-Kahn est partagée par le premier secrétaire du PS, François Hollande, voir « France : le Parti socialiste s’engage à éliminer les diplomates pro-arabes », Réseau Voltaire, 9 janvier 2006. Les propos imputés à M ; Hollande dans ce dernier article ont fait l’objet d’un démenti de l’intéressé, mais ont été maintenus sur le site internet du CRIF.
    [11] « Création accélérée d’un Conseil européen des relations étrangères », Réseau Voltaire, 3 octobre 2007.
    Thierry Meyssan* http://r-sistons.over-blog.com/article-pourquoi-la-ballade-de-sarko-en-chine-alerte-superflicage-des-medecins-49517960.html

mardi 24 mai 2011

Dominique Strauss-Kahn au bon moment...

Affaire DSK: motif pour un piège à… miel ?
Je n’ai aucun moyen de savoir si la femme de ménage de 32 ans qui prétend avoir été attaquée et forcée de pratiquer une fellation sur la patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, dit la vérité ou non. Je vais laisser cela à la meute hurlante des médias qui a déjà assumée son rôle de juge, jurés et exécuteur des hautes œuvres. Je dirai simplement que toute cette affaire est glauque, tout comme l’affaire Spitzer. Spitzer, si vous vous rappelez, était le plus gros adversaire de Wall Street et un candidat favori pour diriger la SEC (NdT: la commission de la sécurité des échanges de Wall Street, le régulateur des échanges, le shériff de Wall Street), une position qui lui aurait été comme un gant.
En fait, il ne fait aucun doute pour moi que si Spitzer avait été nommé à la tête du SEC, la plupart des plus gros banquiers d’investissement à Wall Street seraient en train de confectionner des plaques d’immatriculation et des chaussures à semelles de corde dans des pénitentiers fédéraux au jour d’aujourd’hui. Il y avait donc beaucoup de raisons de filer Spitzer, de savoir tout ce qu’il faisait et de voir quel type de fange il était possible d’utiliser contre lui. L’ancien gouverneur de New York rendit le travail facile à ses ennemis en engageant les services d’une prostituée de luxe du nom de Ashley Dupré pour une partie de jambes en l’air à l’hôtel Mayflower. Quand la nouvelle fut répandue, les médias descendirent sur Spitzer comme un nuage de locustes se répandant sur chaque détail salace de l’affaire avec ferveur. Pendant ce temps là, les escrocs de Wall Street purent soupirer de soulagement et retourner à ce qu’ils font le mieux: tondre les investisseurs et voler les particuliers de leurs économies amassées durant une vie.
Strauss-Kahn a aussi des ennemis haut-placés, c’est pourquoi toute cette affaire pue jusqu’aux cieux. Premièrement, Strauss-Kahn était le candidat probable du parti socialiste français qui aurait vraisemblablement fait face à Sarkozy dans les élections présidentielles à venir. Le patron du FMI avait dans aucun doute un avantage sur Sarkozy qui a été diminué par un nombre de scandales personnels et une chute dans les sondages.
Mais si Strauss-Kahn a été piégé, cela fut sans doute fait par des membres de la coalition des banques occidentales, ce groupe porcin de l’ombre qui s’auto-gère et dont les politiques ont maintenu la plus grande partie de l’humanité dans des états variés de pauvreté et de désespoir ces quelques derniers siècles. Strauss-Kahn s’était quelque peu émancipé de la “ligne du parti” ces derniers temps et était en train de changer la direction du FMI. Sa conversion sur la route de Damas a été endorsée par l’économiste progressiste Joseph Stiglitz dans un récent article intitulé: “Le changement d’horaire du FMI” (NdT: “The IMF’s switch in Time” en anglais), dont voici un extrait:
“La réunion annuelle de printemps du FMI fut remarquable au point de noter l’effort du Fond de se distancier de ses tenets établis depuis longtemps du contrôle des capitaux et de flexibilité dans le marché du travail. Il apparait qu’un nouveau FMI ait émergé, graduellement, précautionneusement, sous la houlette de Dominique Strauss-Kahn.
Un peu plus de 13 ans plus tôt, à la réunion du FMI à Hong Kong en 1997, le Fond avait tenté d’amender sa charte afin d’acquérir une plus grande marge de manœuvre pour pousser les pays à la libéralisation du marché des capitaux. Le timing ne pouvait pas être pire: la crise en Asie du Sud-Est était en train de bouillir sur le coin du feu, une crise qui était essentiellement le résultat de la libéralisation du marché du capital dans cette région qui, en accord avec son haut ratio d’épargne, n’en avait nul besoin.
Cette poussée avait été préconisée par les marchés financiers occidentaux, et leurs ministères des finances qui les servent si loyalement. La dérégulation financière aux Etats-Unis fut la cause principale de la crise financière globale qui a éruptée en 2008; la libéralisation financière et du marché des capitaux partout ailleurs a aidé à propager ce traumatisme “made in USA” à travers le monde. La crise a démontré que des marchés libres et non régulés ne sont ni efficaces, ni stables.” (“Le changement d’horaire du FMI”, Joseph Stiglitz, Project Syndicate)
Ainsi, Strauss-Kahn était en train d’essayer de faire bouger les banques dans une direction plus positive, une direction qui n’aurait pas demandé que les pays laissent leur économie ouverte à tous les vents des ravages du capital étranger qui s’engouffre rapidement, gonflant les prix et créant des bulles financières, et qui s’en va très rapidement, aussi rapidement qu’il est venu, laissant derrière lui, la désolation du chômage galopant, d’une chute drastique de la demande dommestique, des industries handicapées et une profonde récession économique.
Strauss-Kahn s’était positionné sur un chemin plus “doux, plus gentil”, un chemin qui ne forcerait pas les leaders étrangers à privatiser les industries d’état ou à écraser leurs syndicats du travail. Bien sûr, ses actions ne furent pas chaleureusement reçues par les banquiers et les industriels qui regardent le FMI comme le légitimeur de leur pillage du reste du monde. Ce sont les gens qui pensent que les politiques actuelles “sont très bien comme cela” parce qu’elles produisent les résultats qu’ils attendent, à savoir: de plus gros bénéfices pour eux-mêmes et plus de pauvreté pour les autres.
Voici encore un extrait de Stiglitz, cette fois-ci donnant le “baiser de la mort” à son ami Strauss-Kahn:
“Strauss-Kahn est en train de prouver qu’il est un patron perspicace du FMI… Comme Strauss-Kahn conclut dans son discours à la Brookings Institution peu avant la réunion récente du FMI: ‘Ultimement, l’emploi et les équités construisent des blocs de stabilité et de prospérité économiques, une stabilité politique et la paix. Ceci tient à cœur au mandat du FMI et doit être placé au cœur même de l’agenda politique.”
Très bien. Alors, maintenant, le FMI va devenir un agent de la redistribution de la richesse… pour “renforcer le marchandage collectif, restructurer les emprunts, restructurer les impôts et les politiques de dépense pour stimuler l’économie aujourd’hui par des investissements à long terme et pour appliquer des mesures sociales qui assureront une opportunité réelle pour tous” ? (d’après Stiglitz)
Bonne chance avec cela.
Pouvez-vous imaginer une seconde à quel point ce genre de discours énerve les pontes du fric à tout va ? Combien de temps croyez-vous qu’ils vont rester à ne rien faire devant ce piège à rat avant qu’ils ne décident que Strauss-Kahn a besoin de vacances définitives ?
Pas bien longtemps, j’en suis sûr.
Analysez ceci venant de World Campaign et jugez par vous-même si Strauss-Kahn est devenu un “boulet” qui doit être éliminé afin que les affaires d’extraire la richesse des gens les plus pauvres de la Terre puisse continuer en paix:
“Pendant des décennies, le FMI a été associé par les activistes anti-pauvreté anti-faim et pour le développement du tiers monde comme la vitrine de tout ce qu’il y a de mal dans la gestion fiscale du monde par sa frange la plus riche, particulièrement concernant les nations les plus pauvres avec ce qui apparait être une vision uni-dimensionnelle de politiques fiscales de serrage de ceinture comme étant le prix d’obtention des ses prêts et une philosophie économique du compte-goutte qui a traditionnellement aidée les élites riches et puissantes à maintenir le statu quo alors qu’une vaste majorité grandissante demeurait pauvre et sans pouvoir. Avec un monde de plus en plus en révolution à cause de ces réalités, après la crise financière globale, la régulation et autres politiques qui ont fonctionnées lors de la dernière grande dépression ayant été largement aandonnée, le directeur de gestion du FMI Dominique Strauss-Kahn a fait d’excellentes observations sur la façon dont le FMI et le monde se doivent de changer leur politique.
Dans un article aujourd’hui du Washington Post, Howard Schneider écrit qu’après le crash de 2008 qui a amené de nouveau vers certaines régulations de compagnies financières et de l’implication du gouvernement dans l’économie, pour Strauss-Kahn “le travail est à moitié fait”, alors qu’il a amené le FMI à repenser fondamentalement sa théorie économique. Dans de récentes remarques, il a donné une large vision des conclusions atteintes: La régulation des marchés par les états doit être plus importante, les politiques globales se doivent de créer une distribution plus équitable des richesses; les banques centrales ont besoin de faire plus pour prévenir que les prix des emprunts et des biens ne gonflent trop rapidement. ‘le mouvement va basculer des marchés vers les états’ a dit Strauss-Kahn dans une adresse à l’université de Washington la semaine dernière. ‘La globalisation a apporté beaucoup, mais elle a aussi un côté obscur, un grand fossé qui se creuse toujours plus entre les riches et les pauvres. Clairement, nous avons besoin d’une nouvelle forme de globalisation pour prévenir que cette “main invisible des marchés” à laquelle on a laissé beaucoup de liberté, ne devienne ‘un poing invisible’.”
(Link— http://wcampaign.org/issue.php?mid=625&v=y  )
Répétons: “… repenser fondamentalement la théorie économique… (une meilleure) distribution des revenus… (plus) de régulation des compagnies financières… Les banques centrales doivent faire plus pour prévenir l’augmentation trop rapide des prix des emprunts et des biens…”
Vous vous moquez de moi ? Relisez ce passage encore et encore et je pense que vous tomberez d’accord avec moi que Strauss-Kahn a signé son propre arrêt de mort.
Il n’y aura aucune révolution au FMI. C’est du pipeau. L’institution a été créée avec l’intention claire d’escroquer les gens et elle a fait un super boulot en ce domaine jusqu’ici. Il n’y aura pas de changement de politique non plus. Pour quelle raison ? Pour avoir les banquiers et les rats obèses de l’industrie soudainement développer une conscience et qu’il décident de prêter main forte à l’humanité souffrant depuis si longtemps ? Allons, allons, soyons réalistes !
Strauss-Kahn a rompu les rangs et s’est aventuré en terrain inconnu. Voilà pourquoi il a été piégé et écrabouillé comme un insecte.
(Note de l’auteur: Strauss-Kahn a été remplacé à la tête du FMI par son numéro 2, John Lipsky, l’ancien vice chairman de la banque d’investissement JP Morgan. Comment le trouvez-vous ce “changement auquel on peut croire” ?…)
Par Mike Whitney
url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24784
(Envoyé par Abdoulay Fall)

vendredi 29 avril 2011

Accueillir l' étranger comme son frère...

"Un concours de démagogie et d'europhobie entre Paris et Rome"
Députée de Paris, Sandrine Mazetier ( photo) est secrétaire nationale à l'immigration au sein du Parti socialiste. Elle fustige un "concours de démagogie" entre Sarkozy et Berlusconi au sujet des migrants tunisiens. Elle défend par ailleurs la vision de son parti sur l'immigration.
Nicolas Sarkozy envisage une réforme de l'espace Schengen pour faire face à l'arrivée de migrants venant notamment de Tunisie...
Sandrine Mazetier : Il faut d'abord ramener le sujet dans des proportions qu'il n'aurait jamais dû quitter. Je vous rappelle qu'en janvier, Nicolas Sarkozy a justifié publiquement le remaniement gouvernemental en brandissant le risque de flux migratoires "incontrôlables" à l'issue des révolutions arabes. Depuis janvier, il y a eu autour de 20 000 migrants, ce qui est très peu à l'échelle européenne.
Que proposerait le PS à sa place ?
Nous sommes pour le respect de l'Etat de droit dans l'accueil de ces personnes. Il existe une directive européenne de protection temporaire, qui a été créée pendant la guerre des Balkans, et qui prévoit, dans des circonstances exceptionnelles, un accueil solidaire au sein de l'UE de populations fuyant des troubles. Cet accueil est alors mutualisé, et temporaire. On examine ensuite les situations des personnes et on organise leur retour si possible. Nous proposons simplement d'appliquer cette directive.
Nous disons aussi que la situation à Lampedusa [île italienne où arrivent nombre de migrants en provenance du Maghreb] ne peut pas être gérée uniquement par l'Italie. Pour l'instant, nous assistons depuis quelques jours à un concours de démagogie, de xénophobie et d'europhobie de part et d'autre des Alpes. Les personnes qui recherchent la protection de l'Europe doivent être traitées humainement, et les normes européennes doivent être respectées.
Faut-il suspendre Schengen, selon vous ?
Nicolas Sarkozy a créé toutes les conditions pour faire gonfler ce sujet. Suspendre Schengen, cela n'a rien à voir avec le fait d'en appliquer les clauses. Il existe ainsi une "clause de sauvegarde" dans le traité, qui permet à un pays de rétablir temporairement les frontières en cas de potentiel trouble à l'ordre public.
En fait, Schengen a tout prévu, sauf l'irresponsabilité de certains dirigeants actuels et leurs annonces irresponsables et disproportionnées. En outre, je rappelle que les contrôles existent toujours en Europe, même s'ils ne sont plus aux frontières. Chaque jour, on arrête des immigrés clandestins.
Quel programme propose le PS sur l'immigration ? Vous évoquez une régularisation ciblée des sans-papiers, sur des critères précis...
Nous sommes en général pour des règles et pour la régulation. La droite a créé une foule de personnes en situation irrégulière. Nous ne proposons pas de régularisation large, mais une régularisation sur des critères extrêmement précis : la durée de présence sur le territoire, le fait d'avoir un travail, la scolarisation des enfants et un casier judiciaire vierge.
Pour le reste, nous refusons l'appellation "immigration choisie", qui laisse croire qu'une partie est donc "subie". Nous estimons que les migrations de travail s'organisent s'il y a des secteurs qui en ont besoin, avec les partenaires sociaux, mais aussi avec les territoires concernés. Car oui, il y a une question économique de l'immigration, qui est nécessaire, même si ce sujet est un impensé en France, et surtout à droite.
Sur le plan européen, faut-il également mener des actions, selon vous ?
Dans le programme, nous évoquons un renforcement du droit d'asile sur le plan européen. Il faut réfléchir à des normes communes sur ce droit fondamental. En revanche, nous ne sommes pas certains que les politiques migratoires doivent se décider au niveau européen. Les situations sont très différentes entre le sud et le nord de l'Europe, les pays méditerrannéens et les pays nordiques...
Sandrine Mazetier, députée PS de Paris
Propos recueillis par Samuel Laurent

Dans le sud de l'Italie, un village déserté reprend vie en accueillant des immigrés
Riace (Italie). On l'appelle "le village des migrants". En arrivant sur la petite place de Riace, ce village du fin fond de la Calabre perché sur une colline, non loin de la côte, on comprend vite pourquoi. Les fillettes qui courent en criant, en cet après-midi presque estival, sont éthiopiennes, érythréennes ou somaliennes. Comme leurs mères qui veillent sur elles depuis l'atelier de couture, un peu plus loin. Ce n'est pas pour rien qu'à l'entrée de Riace, le panneau indique "ville d'accueil" et qu'il y a quelques jours, L'Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, a cité cette bourgade comme un exemple à suivre vis-à-vis des immigrés.
Alors que d'un bout à l'autre de l'Italie, les Tunisiens arrivés ces dernières semaines à Lampedusa sont rejetés, le maire de Riace, Domenico Lucano, a fait savoir au gouvernement que sa commune était prête à en accueillir une partie. Une quarantaine de communes des alentours aussi se disent disponibles à emboîter le pas de Riace sur le chemin de la solidarité choisi un jour de juillet 1998.
Ce jour-là, une embarcation avec 300 Kurdes à bord échoue sur la côte. Les habitants ne réfléchissent pas à deux fois et ouvrent leurs portes. C'est le déclic. Ces étrangers arrivés de la mer constituent une aubaine pour un village en voie de dépeuplement. Riace comme tant d'autres communes calabraises est déserté par ses habitants, partis chercher fortune ailleurs.
Alors que le bourg comptait plus de 2 500 personnes dans le passé, il n'en abrite plus que quelques centaines. La découverte, en 1972, au large, des Bronzes de Riace, deux sculptures grecques du Ve siècle avant J.-C., a été la énième déception. Les statues sont parties au musée de Reggio de Calabre. Avec les touristes qui devaient affluer ici et contribuer à stopper l'émigration.
Riace comprend alors que sa richesse réside dans l'accueil des étrangers. Le village allait remplir le vide laissé par ses émigrés partis au Canada ou en Australie avec ces immigrés venus, eux aussi, de loin. "Un avenir était possible, avec une nouvelle cohésion sociale. Les gens s'en allaient, l'école avait fermé, les services de base commençaient à manquer. On se demandait à quoi bon programmer encore des travaux publics, et même tenir en vie un bourg qui se vidait petit à petit. Or, avec ces nouveaux arrivés, l'espoir pouvait renaître", explique le maire.
Assis au café ou sur les marches de l'église, les habitants semblent habitués à une situation qui leur apparaît désormais comme normale. "Nous nous sommes pas mal repeuplés, mais je peux vous dire que le village était littéralement mort", lance, satisfait, l'un d'entre eux. Un autre villageois acquiesce en regardant les enfants courir dans les ruelles : "Pour nous, ce sont tous des petits-fils."
Une association se charge de repérer les logements vides et de les remettre en état pour l'accueil des réfugiés. Ceux-ci ne sont pas laissés seuls. En attendant les subventions pour les demandeurs d'asile qui tardent systématiquement, des bons sous la forme d'une sorte de monnaie locale, à l'effigie de Gandhi, Luther King ou Che Guevara, circulent librement dans le village. Au moment où l'argent arrivera, les magasins demanderont à être réglés directement à la commune.
En attendant la définition de leur statut, les réfugiés occupent leur temps avec profit. Le silence des ruelles est rompu par des ateliers de couture, de menuiserie, de céramique, de verrerie qui ont été ouverts en vertu d'un plan régional pour l'insertion des migrants. L'idée est de transmettre aux immigrés les vieux métiers du cru.
Employée à la verrerie, Lubaba est arrivée d'Ethiopie il y a trois ans, au terme d'un long périple. En Libye, elle s'est embarquée pour Lampedusa, avant de commencer un autre voyage dans les centres d'accueil italiens, cette fois. Jusqu'à Riace où elle a décidé, enfin, de s'arrêter. "J'ai un logement, j'ai de quoi vivre, j'apprends un métier et ma fille est née ici", explique-t-elle.
Six mille réfugiés sont passés par le village au fil des années. Si beaucoup repartent, certains restent et tentent de créer leur propre atelier ou commerce. Un choix qui n'est pas facile, comme a pu le constater cette Afghane qui a ouvert Les Tricots d'Herat (ville afghane) après avoir fui son pays avec ses deux enfants à la suite de la mort de son mari. "Nous avons de quoi manger grâce à ce que j'arrive à vendre, mais c'est dur. L'hiver, c'est mieux, mais l'été, j'ai plus de mal avec les tricots en laine", explique-t-elle en travaillant sous le regard de sa fille Faeze.
Cette dernière n'a pas de doute. Son avenir est ici. Dans son italien au fort accent calabrais, elle dit se sentir "comme les autres à l'école". Plus de 200 réfugiés comme elle et les membres de sa famille ont fait le choix d'être les nouveaux citoyens de Riace.
Salvatore Aloïse