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dimanche 13 avril 2014

Préserver les terres fertiles...



Terre de Liens s’associe à l’appel de l’association Filières paysannes à signer une pétition pour stopper l’artificialisation des terres nourricières.
Communiqué - Crest, le 19 février 2014
“L’union fertile” : acteurs de la société civile et du monde politique se rassemblent pour sauvegarder les terres agricoles en France
Dans le cadre de la loi d’avenir agricole, l’association Filière Paysanne lance un appel d’ampleur nationale pour la préservation des terres fertiles menacées par l’étalement urbain.
Cet appel est soutenu par de nombreuses organisations citoyennes, scientifiques, agricoles et rurales, et par de multiples personnalités médiatiques et scientifiques (Yann ARTHUS-BERTRAND, Jean-Pierre BERLAN, Philippe DESBROSSES, Marc DUFUMIER, Nicolas HULOT, Béatrice et Jean-Paul JAUD, Marie-Monique ROBIN, Christian VELOT…). Il reçoit également un large soutien du monde politique : Eurodéputés (Jean-Luc BENAHMIAS - Modem, Corinne LEPAGE - Cap21, Michèle RIVASI – EELV) ; parlementaires nationaux (Brigitte ALLAIN - EELV), Thierry BENOIT - UDI, Joël GIRAUD - RRDP, Jean-Pierre MAGGI - PS, Bernard REYNES – UMP) ; responsables de partis nationaux (Emmanuelle COSSE - EELV, Christophe MADROLLE - Modem, Corinne MOREL-DARLEUX - Parti de Gauche), ainsi que de multiples élus locaux de différentes tendances.
Cet appel vise une prise de conscience collective et un changement de pratique indispensable dans l’aménagement du territoire, en lien avec les élus locaux qui ont un rôle important dans ce domaine. Les signataires se rassemblent autour de propositions concrètes. Ils invitent le Premier Ministre et le Ministre de l’Agriculture, devenu porte-parole du Gouvernement, à prendre les mesures nécessaires et appellent l’ensemble du pays à soutenir le nouveau Gouvernement dans ce sens.
SIGNER L’APPEL : https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/m-le-premier-ministre-et-m-le-ministre-de-l-agriculture-arr%C3%AAtons-de-b%C3%A9tonner-nos-terres-agricoles
ORGANISATIONS CITOYENNES, SCIENTIFIQUES ET PROFESSIONNELLES QUI SOUTIENNENT L’APPEL :
(par ordre chronologique)

FILIERE PAYSANNE, AFES (Association Française d’Étude des Sols), FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique), BIO CONSOM’ACTEURS PACA, TERRE DE LIENS, ÉCOFORUM, AQUI SIEN BEN, RELOCALISONS !, FNE 06 (France Nature Environnement), AGIR POUR LA CRAU, ARLES CAMARGUE ENVIRONNEMENT ET NATURE, MODEF (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux), MALTAE, InPACT (Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale), FONDATION NICOLAS HULOT POUR LA NATURE ET L’HOMME, GÉNÉRATIONS FUTURES, SOLAGRO, RES (Réseau Environnement Santé), MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne), FNE PACA (France Nature Environnement), CDTF 83 (Collectif de Défense des Terres Fertiles), FNE 84 (France Nature Environnement), LES SORGUES VERTES, COLIBRIS (Coopérer pour changer), LIEN EN PAYS D’OC, AGRIBIO 13, L’AGE DE FAIRE (Des outils pour réinventer le monde), LE PLAN ESSE (Ensemble pour une économie juste), ÉCOLOGIE AU QUOTIDIEN (Drôme), EAU BIEN COMMUN PACA.
DES CHIFFRES ALARMANTS :
L’urbanisation diffuse fait disparaître, en moyenne, 78 000 ha[1]de surfaces agricoles par an en France. Ce phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il n’a fait qu’accélérer au cours des dernières décennies [2]. Il équivaut, aujourd’hui, à la surface moyenne d’un département entier tous les 7 ans, à un stade de football toutes les 5 minutes ou à un jardin de 25 m² chaque seconde. Aussi est-il est urgent de stopper le gaspillage de cette ressource vitale pour l’ensemble de la population.

 [1] L’enquête Teruti-Lucas du Ministère de l’Agriculture indique que 314 000 ha de terres agricoles ont été artificialisés entre 2006 et 2010, soit 78 000 ha par an.
[2] 54 000 hectares par an entre 1982 et 1992, 61 000 hectares par an entre 1993 et 2003, 78 000 ha de surfacesagricoles par an entre 2006 et 2010 (chiffres extraits du livre de Robert LEVESQUE « Terre nourricière, si elle venait à nous manquer », édité chez l’Harmatan (p.42).
PRINCIPALES CONSÉQUENCES DU BÉTONNAGE DES TERRES AGRICOLES : Le bétonnage et le bitumage des terres agricoles en France ont de graves conséquences, à la fois sur le plan économique, social et environnemental :
• Affaiblissement de l’agriculture et du secteur agro-alimentaire (premier employeur national).
• Imperméabilisation des sols, qui multiplie et aggrave les phénomènes d’inondations.
• Limitation du filtrage naturel des eaux et du renouvellement de nos nappes phréatiques.
• Perte de capacité des sols à stocker du carbone sous forme de matière organique.
• Contribution au réchauffement climatique par réverbération du rayonnement solaire.
• Augmentation du transport des marchandises et de la dépendance alimentaire des territoires.
• Détérioration du cadre de vie, des paysages, de la biodiversité et de l’alimentation.
PROPOSITIONS CONCRÈTES ET DÉMARCHES EN COURS :
Pour arrêter ce bétonnage catastrophique, les signataires de l’appel invitent le nouveau Premier Ministre et le Ministre de l’Agriculture à renforcer le rôle essentiel des Commissions Départementales de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (CDPENAF). Ces commissions ne disposent actuellement que d’un avis consultatif. Pour agir efficacement, elles doivent obtenir un avis décisionnel sur tout projet d’urbanisme ou d’aménagement qui aurait pour conséquence de réduire un espace à usage ou à vocation agricole. Cela est nécessaire, qu’il y ait un document d’urbanisme ou non sur le territoire concerné. Cette mesure est déjà appliquée dans les DOM (Département d’Outre-Mer) depuis 2012 et fonctionne de façon satisfaisante. Les résultats sont reconnus par les services d’État, les élus locaux et la société civile. Il faut maintenant l’étendre à la métropole dans le cadre de la loi d’avenir agricole en cours d’écriture.
Pour cela, un amendement a été proposé par 47 députés de différents groupes, lors de la première lecture du texte devant l’Assemblée Nationale, en Janvier dernier. Cet amendement n’a cependant pu être adopté faute d’un avis favorable du Gouvernement de l’époque. Le texte est maintenant dans les mains du Sénat (séance publique du 8 Avril). Des amendements convergents ont donc été à nouveau déposés. Il s’agit notamment de l’amendement n°4 du Sénateur UMP Alain MILON, co-signé par différent(e)s élu(e)s, dont la Sénatrice Sophie PRIMAS, très engagée dans ce domaine, qui a également déposé l’amendement n°24 dans ce sens. Joël LABBÉ, porte également une proposition d’amendement similaire (n°131) avec le groupe des Écologistes, dans le prolongement de son positionnement en commission des affaires économiques. Les organisations signataires du présent communiqué invitent donc l’ensemble des groupes politiques du Sénat à adopter cette mesure essentielle, et le nouveau Gouvernement à apporter un avis favorable.
Une délégation a été reçue, le 31 mars 2014, par le cabinet du Ministre de l’Agriculture. Celle-ci était composée de l’association Terre de Liens (représentante du réseau national InPACT), de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, du syndicat des Jeunes Agriculteurs et de l’association Filière Paysanne. Le ministère a prévu des mesures intéressantes dans son projet de loi d’avenir agricole (meilleure protection des zones en appellation d’origine contrôlée). Ces mesures restent cependant de portée limitée du fait de la résistance des élus locaux. L’expérience positive des DOM montre pourtant que la mesure qui est ici proposée, permet aux communes de mieux préserver leur agriculture locale et de favoriser l’aménagement durable de leur territoire, sans pour autant bloquer leur juste développement.
L’adoption de cette mesure en métropole n’est donc objectivement pas à redouter par les maires, et s’avère indispensable pour :
• Atteindre les objectifs fixés par le Gouvernement, et soutenus par le Président de la République, lors des Conférences Environnementales de septembre 2012 et septembre 2013.

• Suivre les recommandations de la Cour des Comptes, remises au Gouvernement en août 2013 (référé n° 66580).
• Répondre aux demandes de l’Association des Régions de France qui a remis, en mars dernier, un courrier dans ce sens au précédent Gouvernement.
• Tenir compte de l’attente collective d’un nombre croissant de citoyens, d’organisations diversifiées et d’élus.
EXPERTS ET PERSONNALITÉS QUI SOUTIENNENT L’APPEL :
(par ordre chronologique)
• Bernard ASTRUC, président de l’association BIO CONSOM’ACTEURS PACA, coordinateur national de la campagne « Consommateurs pas cobayes ! », administrateur du COLLECTIF DE DEFENSE DES TERRES FERTILES du Var.
• Alain GAIGNEROT, directeur national du MODEF (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux).
• Marc DUFUMIER, agronome, enseignant-chercheur à la chaire d’AGROPARISTECH, auteur de nombreux ouvrages sur l’alimentation mondiale.
• Yann ARTHUS-BERTRAND, photographe, reporter, documentariste et écologiste engagé.
• Dominique ARROUAYS, INRA, président de l’AFES (Association Française pour l’Étude du Sol), expert du groupe inter-gouvernemental pour les sols de la FAO.
• Philippe POINTEREAU, directeur du pôle agriculture de SOLAGRO.
• François VEILLERETTE, porte-parole de GÉNÉRATIONS FUTURES.
• André CICOLELLA, chimiste, toxicologue et chercheur français, spécialiste de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux, président du RES (Réseau Environnement Santé).
• Nicolas HULOT, président de la FONDATION NICOLAS HULOT POUR LA NATURE ET L’HOMME.
• Philippe DESBROSSES, agriculteur biologique, docteur en sciences de l’environnement et écrivain.
• Béatrice et Jean-Paul JAUD, réalisateurs, producteurs et éditeurs des films « Nos enfants nous accuseront », « Severn » et « Tous cobayes ? ».
• Dominique JOUHANNEAU, naturopathe, nutrithérapeute, phyto-Aromatologue, auteur de nombreux ouvrages dont «La médecine des plantes aromatiques, phyto-aromathérapie et huiles essentielles de l’océan Indie ».
• Henri JOYEUX, professeur de cancérologie et chirurgien des hôpitaux.
• Denis LAIRON, docteur en biologie, directeur émérite de recherche au CNRS.
• Jean-Loup MOUYSSET, oncologue médical, fondateur-directeur du « CENTRE RESSOURCE » à Aix-en-Provence.
• Yann OLIVAUX, biophysicien, spécialiste de l’eau, fondateur du Cri-Eau.
• Didier PERREOL, pdg fondateur du Groupe EKIBIO, président fondateur de la FONDATION NATURE VIVANTE.
• Christian VELOT, docteur en biologie, chercheur, maître de conférences en génétique moléculaire.
• Clément WITTMANN, agronome, militant politique pour l’objection de croissance.
• Philippe DERUDDER, consultant, conférencier, auteur de nombreux ouvrages sur l’économie alternative.
• François MAUGIS, président d’ÉNERGIE ENVIRONNEMENT.
• Jean MONTAGARD, grand chef de cuisine biologique et végétarienne, formateur, auteur.
• Jean-Pierre BERLAN, agronome, économiste, ancien directeur de recherches à l’INRA.
• François THIERY, éleveur bio, vice-président de l’Agence bio, ancien président de la FNAB 2001-2005.
• Marie-Monique ROBIN, journaliste d’investigation, réalisatrice, et écrivaine.
• Lylian LE GOFF, médecin environnementaliste, écrivain.
• Alain DUEZ, directeur et fondateur de L’AGE DE FAIRE et du PLAN ESSE.
FORMATIONS POLITIQUES QUI SOUTIENNENT L’APPEL :
(par ordre chronologique)
• Groupe EELV - Parti Occitan (Paca).
• Parti de Gauche (National).
• Europe Écologie - Les Verts (National).
• Collectif citoyen « Changer la Donne » (Marseille).
• Cap21 (National).
ÉLUS ET PERSONNALITÉS POLITIQUES QUI SOUTIENNENT L’APPEL : (par ordre chronologique)
• Brigitte ALLAIN, députée de Dordogne,membre de la commission des affaires économiques, EELV.
• François-Michel LAMBERT, députée des BDR, président de l’Institut de l’économie circulaire, EELV.• André BARBAROUX, ancien conseiller du ministre de l’Agriculture Henri NALLET, PS, ancien directeur général du CNASEA et de la Fédération Nationale des SAFER.
• Patrick MAGRO, vice-président de Marseille Provence Métropole (MPM), délégué à l’aménagement de l’espace et à l’agriculture péri-urbaine, PCF/ Front de Gauche.
• Christophe MADROLLE, secrétaire national du MoDem et vice-président de Marseille Provence Métropole, délégué en charge de la gestion des fonds européens, MoDem.
• Xavier COMPAIN, chargé de l’agriculture, la pêche et la forêt au conseil national du PCF/ FdG, coordinateur agriculture du Parti de la Gauche Européenne.
• Guy BENARROCHE, secrétaire régional d’EELV PACA.
• Michèle RIVASI, eurodéputée, membre des Commissions parlementaire industrie, recherche, énergie et environnement, santé publique et sécurité alimentaire, EELV.
• Corinne MOREL-DARLEUX, secrétaire nationale à l’écosocialisme du Parti de Gauche et conseillère régionale de Rhône Alpes, FdG.
• Laurence PACHE, conseillère régionale du Limousin, Parti de Gauche.
• Les 19 Élus Régionaux PACA appartenant au groupe Europe Ecologie - Les Verts - Parti Occitan.
• Laurent LEVARD, membre du Bureau National du Parti de Gauche, responsable de l’agriculture, co-animateur du Front de Gauche de l’agriculture.
• Alexis DAVID, conseiller municipal à Viry-Châtillon (Essonne), Parti de Gauche.
• Annabelle JAEGER, conseillère régionale déléguée à la biodiversité, présidente de l’Agence Régionale pour l’Environnement, membre du Comité des Régions Européen, EELV.
• Gérard LERAS, conseiller spécial délégué à la politique foncière de la Région Rhône-Alpes, EELV.
• Emmanuelle COSSE, secrétaire nationale d’Europe Écologie les Verts, EELV.
• Julien BAYOU, porte-parole national d’Europe Écologie les Verts, EELV.
• Thierry BENOIT, député d’Ille-et-Vilaine, membre de la Commission des affaires économiques, Groupe UDI.
• Jean-Luc BENAHMIAS, eurodéputé, membre de la Commission de l’emploi et des affaires sociales, vice-président du MoDem.
• Joël LABBÉ, sénateur du Morbihan, vice-président de la Commission des affaires économiques du Sénat, EELV.
• Christophe CAVARD, député du Gard, membre de la commission des lois, EELV.
• Pape DIOUF, tête de liste dans le 13/14, pour les Municipales 2014 à Marseille, Changer la Donne.
• Kaouther BEN MOHAMED, tête de liste dans de le 2/3 pour les Municipales 2014 à Marseille, Changer la donne.
• Corinne LEPAGE, ancienne ministre de l’Environnement, eurodéputée, membre de la commission Environnement, Santé publique, présidente de CAP21.
• Joël GIRAUD, député des Hautes Alpes, secrétaire de la commission des Affaires Économiques, RRDP.
• Jean-Pierre MAGGI, député des BDR, maire de la commune de VELAUX où a été créé le 3ème PAEN de France (Périmètre de protection d’un espace agricole et naturel périurbain), PS.
• Paul MOLAC, député du Morbihan, membre de la commission de la Défense Nationale et des     Forces Armées, EELV.
• Bernard REYNES, député des BDR, membre de la commission des Affaires Économiques, UMP.
DIFFÉRENTS SIGNATAIRES EXPLIQUENT POURQUOI ILS SOUTIENNENT CET APPEL
Brigitte ALLAIN, députée écologiste de Dordogne : « Petit à petit, les collectivités locales grignotent nos terres agricoles. On décide d’implanter des zones commerciales, artisanales, industrielles et l’agriculture est mise de côté. Or on ne peut pas toujours puiser dans ces zones indispensables à l’alimentation. »
André BARBAROUX, ancien conseillé du ministre de l’Agriculture Henri NALLET, ancien directeur général du CNASEA et de la Fédération Nationale des SAFER : « Si on se projette à 2050, les besoins mondiaux en terres agricoles sont tels qu’on ne pourra plus les satisfaire. »
Xavier COMPAIN, chargé de l’agriculture, la pêche et la forêt au Conseil National du PCF-FDG, coordinateur agriculture du Parti de la Gauche Européenne : « Les communistes, à l’occasion de la construction des ambitions municipales, y portent des choix de société dans l’intérêt général des populations. Nos vœux vont à une réappropriation populaire de notre alimentation et des politiques publiques qui préservent les ressources et le foncier agricole des marchés spéculatifs. »
Alain GAIGNEROT, directeur national du MODEF (Confédération Syndicale agricole des exploitants familiaux) :« L’agriculture a pour mission de nourrir le peuple, or la baisse continue des surfaces agricoles productives peut la mettre en péril. C’est pourquoi, le MODEF demande aux parlementaires et au gouvernement de soumettre à la CDPENAF tout projet d’urbanisme ou d’aménagement ayant pour conséquence de réduire la surface agricole du territoire concerné. »
Bernard ASTRUC, président de l’association BIO CONSOM’ACTEURS PACA, coordinateur national de la campagne « Consommateurs pas cobayes ! », administrateur du Collectif de Défense des Terres Fertiles du Var : « Les commissions CDPENAF doivent s’ouvrir aux nombreux CDTF (Collectifs de Défense des Terres Fertiles) qui se créent un peu partout, et doivent être dotées d’un rôle décisionnel et non pas seulement consultatif, comme c’est le cas actuellement. »
Association Agir pour la Crau : « Les terres agricoles de la Crau sont menacées de disparition par le biais d’un étalement urbain sans précédent et la construction frénétique d’entrepôts. Elles sont devenues les victimes d’une spéculation foncière qui met en danger notre avenir et notre indépendance alimentaire à très court terme. Il faut agir, maintenant ! »
Jean-Christophe ROBERT, président de l’association Filière Paysanne, membre du Collectif de Défense des Terres Fertiles des Bouches du Rhône : « Les terres agricoles sont en train de disparaitre sous le béton à l’échelle mondiale (20 millions d’hectares par an, selon les chiffres officiels de la FAO), ce qui nous laisse seulement un siècle de réserve. La France en gaspille 78 000 hectares chaque année. Nous devons donc agir très vite, dans chacun de nos pays, pour sortir de cette impasse collective qui n’est pas une fatalité ! »
Laurent LEVARD, membre du Bureau National du Parti de Gauche, responsable de l’agriculture, co-animateur du Front de Gauche de l’agriculture : « Cet appel va dans le sens des positions défendues par le Parti de Gauche et le Front de Gauche en vue de freiner très fortement le processus d’artificialisation des terres, de stopper la spéculation foncière sur les terres agricoles et d’inverser le processus de concentration de la production dans un nombre de plus en plus réduit d’exploitations agricoles. »
François-Michel LAMBERT, député écologiste des Bouches du Rhône, président de l’Institut de l’économie circulaire : « Notre société de gaspillage des ressources n’est plus supportable. Engager une mutation vers l’économie circulaire c’est retrouver le bon sens, pour préserver nos ressources et les utiliser pour le mieux qu’elles nous donnent. Le foncier agricole est une ressource rare, qui a comme vocation de nous nourrir, avant tout. Préservons-le ! »
Patrick MAGRO, vice-président de Marseille Provence Métropole (MPM), délégué à l’aménagement de l’espace et à l’agriculture péri-urbaine, PCF/ Front de Gauche : « Du micro-local au planétaire, une lente, trop lente, prise de conscience de l’irréversibilité de l’artificialisation des terres arables et nourricières, est en marche. C’est dans ce contexte que les élu(e)s, dans leur diversité, doivent agir afin que la terre agricole ne soit plus la variable d’ajustement de tous les projets urbains et péri-urbains. »
Christophe MADROLLE, secrétaire national du Modem et vice-président de Marseille Provence Métropole, délégué en charge de la gestion des fonds européens : « la protection des espaces agricoles en périphérie des villes est indispensable pour maintenir la biodiversité. Le grignotage permanent de ces terres dans les années à venir amènera sans nul doute un manque agricoles nécessaires à nos besoins alimentaires. La rareté de ces espaces bénéficiera aux gros industriels de l’agriculture intensive, au détriment de la paysannerie. »
RELOCALISONS ! : « Préserver les terres agricoles ici, c’est permettre à l’avenir de ne pas hypothéquer nos capacités de nous nourrir quand nous ne pourrons plus compter sur l’assistance des pays étrangers via les importations de produits agricoles et de pétrole bon marché. Nous devons donc, dès maintenant, préserver nos capacités à nous alimenter à proximité. Préserver les terres agricoles du béton et du goudron est un préalable indispensable. »
A PROPOS DE FILIERE PAYSANNE
Filière Paysanne est une association indépendante (loi 1901) qui agit pour une agriculture et une alimentation locale. Elle a pour principaux objectifs : La solidarité économique et la relation humaine de qualité entre les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs d’une même filière alimentaire.
La sensibilisation et l’information de toutes et tous sur les différents aspects de l’avenir alimentaire collectif.
Le dialogue et la coopération avec l’ensemble des institutions concernées par cet enjeu.
PLUS D’INFORMATION SUR LE BLOG :
HTTP://FILIERE-PAYSANNE.BLOGSPOT.FR 
L’incroyable gaspillage de cette ressource naturelle a de graves conséquences pour notre pays, à la fois sur le plan économique, social et environnemental :
- affaiblissement de notre filière agricole et agro-alimentaire (premier employeur national), qui fragilise de nombreux territoires ruraux, en particulier les territoires périurbains,
- déficit de notre balance commerciale agricole (hors vins et spiritueux),
- imperméabilisation des sols aggravant les phénomènes d’inondations dans de nombreuses régions, avec des conséquences humaines et économiques de plus en plus lourdes,
- limitation des infiltrations indispensables pour l’épuration des eaux, le recyclage d’effluents divers, et la régénération de nos nappes phréatiques,
- perte de capacité de nos sols à stocker du carbone sous forme de matière organique,
- diminution de la biodiversité présente dans les zones agricoles,
- détérioration de notre cadre de vie, de nos paysages et de notre attractivité touristique,
- régression de notre agriculture de proximité, de la qualité et de la diversité de notre alimentation, et de notre identité gastronomique et culturelle, à la fois locale et nationale,
- rallongement de nos circuits d’approvisionnement, qui participe à l’augmentation du transport de marchandises sur longue distance, avec de multiples nuisances.
Au-delà de nos frontières, ce gaspillage français accroît la dépendance alimentaire de l’Europe vis à vis de l’extérieur (face à un marché agricole mondial de plus en plus spéculatif et à une concurrence toujours plus vive pour l’accaparement des terres).
Nous demandons donc au Premier Ministre et au Ministre de l’Agriculture de renforcer le pouvoir des Commissions Départementales de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (CDPENAF) (2), dans le cadre de la future loi d’avenir sur l’agriculture, l’alimentation et la forêt.
Pour cela, ces commissions doivent avoir un avis décisionnel sur tout projet d’urbanisme ou d’aménagement qui aurait pour conséquence de réduire un espace à usage ou à vocation agricole, qu’il y ait un document d’urbanisme approuvé ou non sur le territoire concerné.
Cette mesure permet :
- de respecter les engagements pris par le gouvernement lors de la Conférence Environnementale de septembre 2012,
- de suivre les recommandations de la Cour des Comptes, remises à Jean-Marc AYRAULT en août 2013 (3),
- de prendre en compte les amendements proposées par de nombreu(ses)x parlementaires, représentant l’ensemble de l’échiquier politique, dans le cadre de la future loi d’avenir agricole.
Une mesure similaire a été mise en place par le Québec grâce à la loi du Zonage Agricole de 1978. Avec 36 ans de recul, cette mesure a objectivement prouvé son efficacité en matière de préservation du foncier agricole, tout en répondant aux besoins de logement et de développement du territoire. La France doit agir à son tour dans ce sens.

Nous invitons donc nos concitoyennes et concitoyens à signer cet appel, et à le faire circuler aussi largement que possible, pour encourager le gouvernement à franchir ce pas décisif. Cette démarche collective est à la fois cruciale pour améliorer notre situation actuelle et pour préserver l’avenir de nos enfants.
Des éléments complémentaires (premiers signataires, crédit photo, informations plus détaillées...) sont disponibles sur le lien suivant : http://filiere-paysanne.blogspot.fr/
(1) Perte du caractère naturel ou agricole d’un espace par bétonnage, goudronnage, compactage ou transformation en pelouse à usage public ou privé.
(2) Les futures CDPENAF, prévues par la loi d’avenir agricole, devraient remplacer les actuelles CDCEA (Commissions Départementales de Consommation des Espaces Agricoles).
(3) Référé de la Cour des Comptes n° 66580. Lien d’accès

samedi 5 avril 2014

Les firmes de l'agrobusiness dépossèdent les paysans...



Des villages piétinés par l’agrobusiness
Avant, Mamadou Sow emmenait ses bêtes «dans la brousse en attendant de pouvoir les faire paître sur les champs après la récolte». Aujourd’hui, le projet agroindustriel occupe le terrain et le villageois ne sait plus comment nourrir son cheptel.
SÉNÉGAL : Un consortium louche a obtenu 20000 hectares dans le nord-ouest du pays, dépossédant les éleveurs de la région de leurs moyens de subsistance et de leurs traditions.
Depuis la maison de Mamadou Sow, l’horizon est bouché par un remblai de terre où trônent des machines de chantier et de gigantesques rouleaux de tuyaux d’arrosage. Il y a moins de deux ans, le bétail de cet éleveur sénégalais trouvait là des pâturages à perte de vue. Mais l’entreprise Senhuile l’a envoyé paître ailleurs, défrichant, creusant, clôturant tout autour du village. Les cases de paille de cette localité de la commune de Ngnith (nord-ouest du Sénégal) sont aujourd’hui cernées à quelques ­centaines de mètres à la ronde par des aménagements agro-­industriels.
En août 2012, le président sénégalais, Macky Sall, a attribué 20000 hectares de terres à Senhuile, un consortium financé majoritairement par des capitaux italiens. L’entreprise dit vouloir produire des graines de tournesol pour l’exportation, mais le doute plane sur ses intentions réelles (lire ci-dessous). L’Etat semble pourtant lui faire entière confiance, puisqu’il lui a accordé un bail de cinquante ans, renouvelable tacitement. Le décret présidentiel ne prévoit ni contrepartie financière ni indemnisation des populations.
«Entre la vie et la mort»
Pour les trente-sept villages touchés, dont certains risquent d’être démantelés, le coup est rude. «Avant, j’emmenais mes bêtes dans la brousse en attendant de pouvoir les faire paître sur les champs après la récolte, vers le mois de mai. Mais le projet a pris toute la brousse et mes troupeaux errent autour du village, entre la vie et la mort», déplore Mamadou Sow. La plupart des 9000 habitants de la zone sont des Peuls, une ethnie d’éleveurs présente dans toute l’Afrique de l’ouest. Depuis des générations, ils mettaient à profit leur vaste territoire en y pratiquant ­l’élevage extensif. Le cheptel local est estimé à 85 000 têtes –surtout des bovins, des moutons et des chèvres.

Vers une MacDonaldisation du monde...

Un régime alimentaire mondialisé


Qu’ont en commun l’Inde, le Sénégal, les Etats-Unis, la Colombie, le Maroc, l’Etats espagnol et bien d’autres pays ? En dépit des différences importantes qui persistent encore, l’alimentation y est sans cesse plus semblable,. Au-delà de la « McDonaldisation » de nos sociétés et de la consommation globalisée de Coca-Cola, la consommation mondiale d’aliments dépend progressivement d’une poignée de variétés de cultures. Le riz, le soja, le blé et le maïs s’imposent au détriment d’autres productions comme le millet, le manioc, le seigle, le sorgho, la patate douce ou l’igname. Si l’alimentation dépend d’une petite série de variétés de cultures, que se passera-t-il en cas de mauvaise récolte ou de maladies ? Notre consommation de nourriture est-elle garantie ?
Nous allons vers un monde avec plus de nourriture mais moins de diversité et plus d’insécurité alimentaire. Des aliments comme le soja, dont la consommation était insignifiante jusqu’à il y a quelques années encore, sont devenus indispensables pour les trois quarts de l’humanité. D’autres, déjà importants dans le passé comme le blé ou le riz, se sont généralisés à grande échelle et sont respectivement consommés aujourd’hui par 97% et 91% de la population mondiale. C’est une alimentation occidentalisée, « accro » à la consommation de viande, de produits laitiers et de boissons sucrées qui s’impose ainsi. Des marchés alimentaires où les intérêts des grandes entreprises sont évidents.
C’est ce qu’explique en détail une récente étude intitulée «  L’augmentation de l’homogénéité dans les chaînes alimentaires globales et son implication pour la sécurité alimentaire », qui affirme que nous nous acheminons vers un « régime alimentaire mondialisé ».
Un menu qui, d’après les auteurs du rapport, constitue « une menace potentielle pour la sécurité alimentaire ». Pourquoi ? En premier lieu parce qu’en dépit du fait que nous consommons plus de calories, de protéines et de graisses qu’il y a cinquante ans, notre alimentation est moins variée et il est donc plus difficile de digérer les micronutriments nécessaires pour l’organisme. En outre, affirment les auteurs, « la préférence pour les aliments énergétiquement denses et basés sur un nombre limité de cultures agricoles globales et de produits transformés est associée à l’augmentation de maladies non transmissibles comme le diabète, les problèmes cardiaques ou certains types de cancer  ». Notre santé est donc en jeu.
En second lieu, l’homogénéisation de ce que nous mangeons nous rend plus vulnérables aux mauvaises récoltes ou aux maladies, dont on prévoit qu’elles augmenteront avec l’intensification du changement climatique. Nous sommes dépendants d’une poignée de cultures qui sont aux mains d’une poignée d’entreprises produisant à grande échelle à l’autre bout de la planète, imposant des conditions de travail précaires pratiquant une déforestation intensive, la contamination des sols et des eaux et l’utilisation systématique d’agents agrotoxiques. Pouvons-nous alors choisir librement ce que nous mangeons dans de telles conditions ?
Il ne s’agir pas d’être contre un changement des habitudes alimentaires en soi, le problème survient quand de tels changements sont imposés par des intérêts économiques particuliers, en marge des besoins réels des gens. Le « régime alimentaire mondialisé » est le résultat d’une «  production-distribution-consommation » mondialisée où ni les paysans ni les consommateurs n’ont leur mot à dire. Nous pensons décider ce que nous mangeons, mais ce n’est pas le cas. Comme l’affirmait le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, lors de la présentation du rapport « Le potentiel transformateur du droit à l’alimentation » ; « La principale déficience de l’économie alimentaire est l’absence de démocratie ». Et sans démocratie dans les champs et à table, on ne choisi et on ne mange pas correctement.
Esther Vivas
Traduction française  : Ataulfo Riera.

vendredi 4 avril 2014

Liberté de soigner les animaux avec les plantes...

Pas de plantes pour soigner nos animaux ?

Samedi 13 décembre, de nombreux agriculteurs et personnes concernées par le thème du soin par les plantes en élevage participaient à la ferme ouverte de Sandrine Lizaga à Bourdeaux. Tous unis autour de la même inquiétude : la préservation de ces savoir-faire ancestraux, menacés par des directives européennes et nationales...
Eté 2013. Sandrine Lizaga, tranquille éleveuse d'une soixantaine de brebis laitières à Bourdeaux, reçoit la visite de deux agents de la DDPP (Direction Départementale de la protection des populations, contrôlant le bien-être animal). Jusque-là, rien d'anormal. Sauf que ça n'est pas l'hygiène de la fromagerie qui intéresse les agents, mais sa pharmacie. Adepte de l'agriculture biologique, Sandrine Lizaga traite son troupeau à l'aide de granulés d'homéopathie, d'huiles essentielles et d'extraits de plantes. La malheureuse ! La chose est partiellement interdite, et l'agricultrice est priée de vider sa pharmacopée. «C'était ubuesque, confie l'éleveuse. J'ai dû retirer les tubes de granules de mon armoire».
Soigner le moins possible
C'est tout d'abord éviter de traiter un maximum. Pour ça, Sandrine Lizaga favorise les races rustiques, et privilégie les individus les plus forts de son troupeau. Elle travaille également la génétique en changeant de béliers reproducteurs le plus souvent possible. «Pendant très longtemps, les bêtes n'ont été sollicitées que sur leur capacité à produire. Aujourd'hui, il faut mettre l'accent sur la résistance aux maladies» affirme la Confédération paysanne 26. Mais c'est aussi des pratiques au quotidien : on ne sort pas les brebis quand l'herbe est humide pour éviter le parasitisme par exemple...
Et privilégier le préventif
Pour pallier certaines carences suite à la mise à bas, Sandrine Lizaga donne un traitement d'huiles essentielles accompagné d'ail (mais après la traite bien sûr). Un peu d'huile de foie de morue pour favoriser le système immunitaire. Une cure de chlorure de magnésium par ci, un baume décongestionnant pour les mammites par là...
Et pour les humains, qu'en est-il ?
C'est là que la situation devient complètement hallucinante... Car oui, ce que l'on interdit aux animaux, on l'autorise aux humains. Impossible de donner des granules à vos chèvres sans ordonnance, mais par contre, pas de problème pour acheter de l'arnica en pharmacie pour votre enfant !
Pour les huiles essentielles, c'est encore différent. Mais pas moins comique : «On n'a pas le droit d'être herboriste, donc on fait de la cosmétique, ou de l'alimentaire», sourit amèrement Claire Montesinos, membre du syndicat des simples. Effectivement, les producteurs ne sont pas habilités à donner des conseils, à prescrire. «Ce sont donc les gens qui demandent, qui savent ce qu'ils veulent». Et tout s'achète sous couvert de produits de beauté ou de cuisine. L'huile de neem par exemple (une huile végétale issue des graines du margousier) est connue pour ses nombreux bienfaits. Mais en France, c'est de l'huile de massage ! Bien entendu, Claire Montesinos ne nie pas la complexité des soins par les huiles essentielles et indique que «ça nécessite un bon usage, une bonne posologie». D'où une inquiétude plus troublante : et si le contrôle accru de ces médecines rendait les pratiques encore plus dangereuses ?
Dans l'été, Sandrine Lizaga fera l'objet de six contrôles successifs. Ce qui fait un peu beaucoup, mais elle n'est pas la seule. Réunis à Bourdeaux pour une ferme ouverte le 13 décembre, les agriculteurs sont inquiets. Et bizarrement, ce sont les plus «bios»...

Où en est la législation ?

Le soin par les plantes en élevage est un sujet complexe car franchement méconnu, y compris des principaux intéressés (agriculteurs ET services vétérinaires). Alors revenons aux bases, qui sont au nombre de trois :
1 — La directive européeen Reach (Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques), mise en place en 2007, tend à protéger les consommateurs des produits chimiques mis sur le marché. Une bonne intention, sauf que, dans la loi Reach, les huiles essentielles sont mises au même niveau que des produits chimiques toxiques, et ce dès que la production dépasse 1kg (amendement en 2010). Pour Claire Montesinos (productrice-cueilleuse de plantes médicinales et distillatrice), c'est une aberration : «Il y a une différence entre une huile essentielle distillée à grande échelle et celle produite par un petit distillateur bio. Il ne faut pas confondre distillation industrielle et aromathérapie».
2 — En mars 2013, le règlement UE 230-2013 interdit 600 plantes sous forme d'huiles ou d'extraits en tant que complément alimentaire. Il s'agit d'un décret d'application français (zélé le décret) découlant d'une loi européenne qui prendra effet en mars 2014 (le temps d'écouler les stocks).
3 — Enfin, une note de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) reconnaît une action physiologique, et pas que curative, comme définition du médicament. Par conséquent «dès qu'il y a allégation de soin, écrit ou oral, la prescription du vétérinaire est indispensable» explique Philippe Bizeul, directeur d'un centre de formation agricole à Nyons. Or, on sait que le soin par les plantes ne s'accompagne pas toujours d'ordonnance, c'est le principe…

Qu'a t-on le droit de faire ?

Aujourd'hui, comme le souligne Vincent Delmas, porte-parole de la Confédération paysanne 26, plusieurs éleveurs ont peur d'être «dans l'illégalité». Ils «ne savent pas s'ils doivent cacher ou pas leurs trousses d'homéopathie»...
Si l'aroma et la phytothérapie sont dans le collimateur des services vétérinaires, l'homéothérapie (qui ne tombe pas sous le coup de l'Anses) est moins inquiétée. D'ailleurs, la DDPP s'est rétractée sur ce sujet après le contrôle de Sandrine Lizaga. «Ils s'étaient renseignés plus haut, et ils sont revenus sur leur décision», raconte l'éleveuse.
Et pour le reste ? «Quand j'ai rencontré la DDPP, ils m'ont dit que la solution était d'établir un protocole avec mon vétérinaire associant à chaque symptôme un système de soins», avoue Sandrine Lizaga. C'est la solution actuelle privilégiée par les éleveurs pour continuer de soigner leurs troupeaux via les médecines douces. Mais l'avenir, avec la disparition imminente des 600 plantes et la loi Reach, inquiète énormément les agriculteurs bio comme les distillateurs et producteurs de plantes médicinales. Pour l'instant, l'heure est à l'organisation de la résistance...
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bourdeaux-affaire-Lizaga-6-3003 questions à Alain Boutonnet, vétérinaire homéopathe à la retraite
Comment avez-vous commencé à travailler les médecines naturelles ?
Je suis devenu vétérinaire en 65, et j'ai commencé à être homéopathe en 70. Au début, ça faisait bien rire les gens, mais tout le monde nous foutait la paix. Puis un jour, j'ai été contacté par un éleveur qui faisait face à des avortements à répétition. Rien n'y faisait, il avait tout essayé. J'ai tenté une isothérapie à partir d'un isolant d'avorton et du placenta d'une des bêtes. En 10 jours, les avortements s'étaient arrêtés. Quand l'éleveur a rapporté son cas à Marseille devant une assemblée d'experts, tout le monde s'est moqué de lui. J'ai compris que quand on sortait du moule, on était montré du doigt.
Qu'est ce qui vous choque dans ces interventions des services vétérinaires ?
Je crois qu'il s'agit de la liberté de mener son élevage comme on le souhaite. Par exemple, sur le cas précédent, les services vétérinaires m'avaient indiqué qu'il était interdit de faire des prélèvements sur ses propres brebis pour les donner à ses propres brebis. Alors que pour moi, on est dans la liberté élémentaire. Ce sont nos animaux...
Et sur les huiles essentielles, qu'en pensez-vous ?
Je reprendrai les mots de Philippe Labre (vétérinaire naturothérapeute interdit d'exercer par le Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires Rhône-Alpes NDLR) : cette législation qui vise à interdire l'usage de certaines plantes est caractéristique d'un lobby pharmaceutique qui essaye d'entraver le développement de ces pratiques. Ça nous est indispensable, mais c'est aussi politiquement et éthiquement nécessaire. http://www.e-tribune.fr/index.php/montelimar/montelimar-agriculture/1086-pas-de-plantes-pour-soigner-nos-animaux

vendredi 28 mars 2014

La Carline de Die une coopérative pour relocaliser l'économie et acheter éthique...Et bio.



Consommer autrement, c’est possible
Un grand magasin dédié au bio, géré conjointement par les producteurs, consommateurs et salariés, et où un produit sur deux provient des producteurs locaux.
La Semaine du développement durable, qui se déroulera du 1er au 7 avril, s’intéresse à l’alterconsommation
Connaissez-vous la carline, ce chardon qui fleurit au mépris du climat rude, sur les pentes des montagnes du Vercors ? Voilà 25 ans que ce symbole de résistance est devenu l’emblème d’une coopérative dioise, bio, locale et solidaire.
Au départ, en 1989, des familles se regroupent, désireuses d’acheter ensemble des produits bio. Le groupement d’achat privilégie les producteurs et artisans locaux et s’approvisionne auprès de plateformes du bio pour diminuer les coûts. Le fonctionnement repose sur des bénévoles. Quatorze ans plus tard, l’association représente 500 foyers adhérents, et embauche trois salariés. Encore onze ans plus tard, la voici devenue une vraie entreprise.
250 sociétaires et une marge qui repart dans le juste prix
Car en 2009, la Carline - qui déménage dans un local proche du centre-ville - est devenue une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), avec huit salariés (dont sept temps plein). Plus besoin d’être adhérent pour pourvoir acheter et dans le conseil d’administration, des producteurs, des consommateurs et des salariés. Avec le principe intangible d’un homme, une voix, et de l’impartageabilité des bénéfices. Le chiffre d’affaires en 2013 a atteint 1 million d’euros pour 1 000 € de bénéfices. « Tout ce qui est négocié auprès des fournisseurs repart dans un “juste” prix pour le consommateur », explique Pascal Dunoyer, le directeur. Pas de dividendes à distribuer ni de marge qui va grossir les salaires puisqu’ici, l’écart salarial va de 1 à 1,5, de la femme de ménage au directeur.
Dans le joli magasin aux voûtes blanches – agrandi récemment et rénové en partie grâce aux bénévoles - pas moins de 2 600 références dont la moitié en direct des 90 producteurs locaux (Diois ou Drôme-Ardèche). La Carline et ses 250 sociétaires, cas rare de magasin bio indépendant, entendent maintenir leur modèle social et éthique. Assurer des prix corrects pour des produits de qualité et créer des emplois : voilà les deux objectifs majeurs.
Le Diois le leur rend bien puisque l’apport de la saison touristique ne représente ici que 1,5 % de plus de chiffre d’affaires. « Un magasin comme le nôtre est normalement prévu pour un bassin de population de 40 000 habitants… ici, il y en a 9 000. » Sans compter la grande surface concurrente, “La vie claire”.
Modèle vertueux d’économie sociale et solidaire, la Carline a bénéficié d’un financement participatif bien avant que ne fleurissent sur internet les sites dédiés. Le comité de soutien ne rechigne pas à donner un coup de main, construire les distributeurs de produits en vrac (une des forces du magasin), ou aider un producteur à reconstruire sa serre emportée par le vent. Bientôt, tous seront invités pour fêter le quart de siècle de cette vraie institution de “consomm’acteurs”
Retrouvez notre dossier sur la Semaine du développement durable dans les éditions Drôme-Ardèche du Dauphiné Libéré de ce vendredi. 
Chantal SEIGNORET

vendredi 21 mars 2014

Diois : semaine sans pesticide...



Diois : semaine des alternatives aux pesticides du 20 au 30 mars 2014
Bonjour,
La semaine des alternatives aux pesticides démarre aujourd'hui au niveau national du 20 au 30 mars.
Des animations et des actions d'information seront menées dans le Diois pour témoigner que des alternatives sont possibles dans les jardins, les espaces verts et toutes les autres ZNA (zones non agricoles) mais aussi, bien entendu, dans les champs. Pêle Mêle Bêche (l'émission des jardins sur notre radio locale Rdwa.fr ou 107.5 FM) & HUMIC (association dioise de promotion des pratiques alternatives pour la conservation de l'humus et contre la dégradation des sols) s’associent pour une mobilisation dioise en faveur des alternatives aux pesticides. Vous trouverez nos supports de communication concernant les évènements principaux, d'autres pourront être organisés au pied levé selon les sollicitations.
Merci par avance de faire circuler l'information dans vos réseaux respectifs.
Bonne & belle journée !

Cordialement,
Olivier CANIVET
Agitateur d'idées fertiles
HUMIC - Association de promotion des pratiques alternatives
pour la conservation de l’humus et l’aggradation des sols
Veille technique - conseils - accompagnement de projets - animations & formations
L’agroécologie au service de l’agriculture, des jardins, du paysage & des espaces publics. Compostage & techniques de valorisation des matières organiques locales. Zérophyto & gestion différenciée des espaces verts
06 08 97 25 77
skype : humic.asso
humic.asso@gmail.com
HUMIC* est une association dioise « loi 1901 » qui œuvre sur la vallée de la Drôme à destination des particuliers, associations, entreprises, collectivités & autres institutions privées ou publiques     (*humic : en référence à l'humus, fraction organique des sols fertiles).

mardi 18 mars 2014

Drôme : Familles à alimentation positive...



Un accompagnement sain, équilibré et bio !
Clôture et bilan du Défi des familles à alimentation positive, jeudi soir au Conseil général, en présence par Patrick Royannez, conseiller général, Alain Chabrolle, conseiller régional et François Sausse, porte-parole d’Agribiodrôme. Commencé en mars 2013, et financé par la Région Rhône Alpes et le Conseil général de la Drôme, ce défi, animé par Corabio (coordination Rhône Alpes de l’agriculture bio) et Agribiodrôme (association des producteurs bio de la Drôme) a permis à 20 foyers, répartis en 2 équipes, Valence/Fontbarlettes et Bourg les Valence, d’augmenter leur alimentation en produits bio, sans augmenter leur budget. C’est l’équipe de Fontbarlettes qui a gagné, mais les participants ont tous reçu une gamme de produits bio de la région.
Ce défi a été ponctué de plusieurs points forts : rencontre avec un diététicien nutritionniste, visite d’une ferme bio et d’un jardin d’insertion, un atelier de jardinage et des cours de cuisine. C’est ainsi que 60 % des familles ont utilisé des repas à base de céréales. Toutes ont appris à cuisiner les légumineuses, ce qui leur a fait diminuer la consommation de protéines animales. Anne-Laure qui n’avait pas l’habitude de manger bio a déclaré : « j’ai appris plein de choses et les enfants ont vu comment poussaient les légumes ». Michèle a beaucoup jardiné grâce aux conseils reçus « j’ai encore chez moi, une jardinière avec du persil !  »
À la clé, des agriculteurs en plus !
Claire Lecouteux (de Corabio) a défini les objectifs de ce défi : « faire bénéficier chaque famille d’un accompagnement gratuit vers une alimentation saine, équilibrée, bio et locale et montrer que consommer des produits bio est accessible financièrement, à travers une maîtrise astucieuse de son budget, tout en se faisant plaisir ». François Sausse parle « d’une agriculture à taille humaine, respectueuse de l’environnement, qui permet à des gens de vivre sur des petites surfaces, en produisant des bons produits. On a besoin de la reconnaissance des consommateurs qui ont une grande attente du bio ». Pour Alain Chabrolle, initiateur de ce défi, « même si s’est modeste au départ, plus il y aura de familles engagées dans ce mode de consommation, plus on pourra installer des agriculteurs ».
Pour les participants, ce défi a permis de créer du lien social, de la convivialité, d’avoir une information sur la qualité nutritionnelle des produits, une prise de conscience sur l’agriculture bio, la découverte de produits bio à moindre coût et des circuits de vente, l’évolution des habitudes d’achats et de consommation. Il a aussi permis d’apprendre des recettes de cuisine, d’avoir envie de cuisiner et d’analyser son budget alimentaire. Toutefois, les trois relevés d’achats, sur deux semaines, qu’ils ont dû fournir pendant ce défi, a paru un peu difficile et contraignant.
Dominique Guilloud-Tanis (CLP)
Grâce au défi, 75 % des foyers pensent avoir augmenté leur consommation de produits alimentaires bio, dont 42 % en bio Rhônalpin. Entre le démarrage et la fin du défi, les achats de produits bio sont passés de 24 % à 33 % et l’approvisionnement bio, via les circuits courts est passé de 46 % à 54 %. Plutôt satisfaites, 83 % des familles conseilleraient à leurs amis d’y participer.

vendredi 14 mars 2014

Taulignan ; on protège la création ....



Prière et culture bio pour la Création
Elles sont passées des livres à la terre. En peu de temps, les religieuses de la Clarté Notre-Dame, spécialisées jusqu’au milieu des années deux-mille dans les enluminures, sont devenues de vraies cultivatrices. Raisonnées et respectueuses de l’environnement. Elles diraient plutôt « respectueuses de la Création ». Au demeurant, elles invitent quiconque à les rejoindre ce samedi 29 septembre pour une journée spéciale de « prière et célébration pour la sauvegarde de la création » (lire l’encadré grisé).
Depuis 2009, les quatorze sœurs dominicaines du couvent situé à quelques kilomètres du village de Taulignan, se sont orientées vers une activité qu’elles ne maîtrisaient guère au départ. « Aucune d’entre nous n’avait de connaissance dans la culture de la terre », confie l’une des responsables de l’activité, Sœur Dominique. « Mais notre précédente activité n’était plus suffisante, il fallait rechercher un autre travail. Nous avions des vignes en fermage sur des terres, qu’on a dû faire arracher quand le vigneron est parti. Tout naturellement s’est posée la question : que va-t-on faire de ces six hectares ? En en parlant autour de nous, on nous a suggéré de cultiver des plantes aromatiques biologiques et de fabriquer des tisanes à partir de nos récoltes ».
Le cadre de vie s’y prête. Autour du couvent, un petit bois renferme bon nombre de plants de romarins qui poussent naturellement. On est en Drôme provençale, terre propice au thym, à la lavande et autre sarriette. Mais les Sœurs veulent aller plus loin que simplement chercher de l’ouvrage et vendre leurs produits. Elles trouvent un sens spirituel à leur démarche, encouragées d’emblée par l’évêque de Valence, Mgr Lagleize. L’écologie commence à peine à devenir une préoccupation d’Église, et les religieuses, elles-mêmes se documentent sur les ponts possibles entre écologie et théologie. Sur le plan pratique, elles sont déjà déterminées.
« Agir face à la crise écologique »
« Face à la crise écologique dont tout le monde parle et dont les habitants de la planète, en certains lieux, commencent à souffrir, il fallait agir à notre petit niveau, en proposant des plantes aromatiques aux vertus reconnues pour la santé et le bien-être et qui étaient cultivées sans produits chimiques », explique Sœur Dominique. « Nous avions déjà le modèle des Sœurs orthodoxes de Solan, dans le Gard, qui s’étaient lancées il y a plus de dix ans déjà. En 2009, nous avions rencontré Pierre Rabbi, l’agriculteur philosophe de l’écologie qui nous a encouragées dans notre démarche. Il nous a dit qu’il fallait de l’eau, de la terre et du courage, et qu’il suffisait de travailler à partir de ce que l’on a ».
Le label « Clarté Provence »
La friche résultant de l’ancienne vigne passe alors en conversion bio. En 2010, les Sœurs plantent du thym, du romarin, de la lavande. Des amis, des voisins viennent les aider. Des agriculteurs prodiguent des conseils. C’est tout un élan de solidarité qui se met en place. « Les plantes ont pris tout de suite, si bien qu’à chaque nouvelle année, on en cultive une nouvelle variété », souligne Sœur Dominique. Autour de la culture, le travail communautaire s’organise. Quand l’une bêche la terre, l’autre arrose, la troisième récolte, la quatrième fait sècher les plantes, la cinquième conditionne, la sixième étiquette, etc. Les religieuses du couvent commençent depuis 2011 à vendre leur produit sous le label « Clarté Provence ».
Respect de la terre, de l’homme, de Dieu
« Mais ce n’est pas le tout de planter bio, on essaie de réfléchir sur le pourquoi on le fait, et cela renforce notre foi », assure Sœur Dominique. « Une association œcuménique est née sur le diocèse pour approfondir le sujet et s’appelle Oeko-Logia ». Dès les premiers temps, Fabien Revol, de l’université catholique de Lyon, a dispensé durant une année des cours aux Sœurs sur la relation entre spiritualité et environnement ou encore sur la théologie de la Création. « Nous sommes engagées dans une démarche de respect de la terre, du respect de l’homme et donc du respect et de la louange à Dieu », résume Sœur Dominique. « Cette terre, elle est pour nous, mais elle ne nous appartient pas. Elle nous a été confiée par Dieu. Nous ne prétendons pas tout résoudre de la crise écologique avec nos plantes aromatiques et notre potager bio, mais nous participons, à notre mesure, à la sauvegarde la Création ».
Cyril Lehembre

jeudi 6 mars 2014

Mobilisation contre les OGM...



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Participation commune à la consultation publique du ministère de l'Agriculture sur l'arrêté visant à interdire le maïs MON810 en France


Suite à la parution le 17 février d'une consultation publique du ministère de l'Agriculture sur un projet d'arrêté visant l'interdiction de la commercialisation et l’utilisation des variétés de semences de maïs GM (http://agriculture.gouv.fr/Consultation-du-public-MON-810), un collectif d'associations dont Générations Futures fait partie, a rédigé une analyse que vous pouvez trouver ici vis-à-vis de ce projet d'arrêté. 

Il est important que chacun participe à cette consultation publique (participation possible jusqu'au 9 mars) afin d'y donner son avis et contester certaines parties de ce projet d'arrêté comme cela a été fait par le collectif..
N'hésitez pas à reprendre et reformuler cet argumentaire si vous souhaitez participer à la consultation.
Régulièrement Générations Futures prend part à diverses actions que l’association organise ou auxquelles elle s’associe.
Nous vous donnons rendez-vous notamment pour la prochaine Semaine pour les alternatives aux pesticides du 20 au 30 mars 2013: http://www.semaine-sans-pesticides.fr/
Pour suivre régulièrement nos évènements et notre actu rendez-vous sur notre page Facebook et/ou inscrivez-vous à notre newsletter!
Pour plus d’informations contactez Margaux RAIMOND DIT YVON, Chargée de mission Adhérents <<< adherent@generations-futures.fr

mercredi 5 mars 2014

Seule une agriculture paysanne....



Exploitation industrielle et agriculture paysanne: difficile cohabitation
Paris : Vitrine d'une modernité triomphante, le Salon international de l'agriculture de Paris promeut un secteur industrialisé, porté par la technologie et la mécanisation. Mais 80% de la production agricole mondiale reste assurée par les exploitations familiales.
Si les deux modèles coexistent, ils risquent de cohabiter de plus en plus difficilement à l'avenir, en concurrence l'un et l'autre pour la terre et l'eau, comme sur les coûts de production.
Pour la première fois la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, née après-guerre sur un schéma productiviste motivé par l'urgence, a consacré 2014 l'année de l'agriculture familiale : une façon de la «remettre au centre des politiques agricoles» et d'attirer l'attention sur sa «contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté» annonce-t-elle.
Pour l'agronome Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech, l'agriculture paysanne fixe justement la main d’œuvre sur ses terres quand la mécanisation a tendance à vider les campagnes - «quand le chômage rural s'installe, c'est direct le bidonville» résume-t-il.
Or, «les Etats n'ont pas assez investi dans l'agriculture ces dernières décennies et les paysans étaient trop pauvres pour le faire», regrette-t-il. D'autant que «nos exportations leur causent du tort: entre le riz de Madagascar et celui de Camargue ou de Louisiane, il y a 200 fois plus de travail agricole» note-t-il. Comment lutter ?
- Des statuts qui évoluent -
A la place, «les dirigeants ont fait appel aux capitaux étrangers qui vont chercher avant tout le retour sur investissement» fustige M. Dufumier.
«La FAO se réveille un peu tard», confie aussi Ward Enseeuw, chercheur du Centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD) à Pretoria, qui évoque une forme de neutralité bienveillante, à la FAO comme à la Banque mondiale, envers les grands investisseurs.
«Même si, dans sa grande majorité, l'agriculture en Afrique reste familiale, en Afrique du Sud et ses voisins, comme le Mozambique, le Zimbabwe ou la Zambie, le modèle est en train de changer», constate-t-il.
«Les plus petites exploitations vont vers des marchés de niche, du bio, des productions fragiles comme le raisin et certains fruits. Et les plus grandes contractualisent leur production auprès de grands groupes». Ce qui signifie que le statut de l'exploitant change: «l'agriculteur devient salarié sur sa propre terre, ou un rentier qui ne travaille même plus sur l'exploitation».
Ce modèle, explique-t-il, devenu fréquent en Afrique du Sud qui héberge de nombreux fonds d'investissements, des instruments financiers sophistiqués, un marché à terme, des assurances... se rencontre désormais ailleurs, en Afrique australe et de l'est.
- Vers des «filières fermées» -
M. Anseeuw étudie le développement de ces «entreprises inclusives: comment des acteurs dominants peuvent intégrer les petites productions», surtout dans les fruits et légumes, ou la canne à sucre - des secteurs gourmands en main d'oeuvre que les grands investisseurs préfèrent sous-traiter.
Ce nouveau paradigme permettrait alors de soutenir les deux types d'agriculture, indique-t-il. Tout en promouvant aussi des «filières fermées», de la production à la transformation entièrement gérées par des investisseurs extérieurs.
Le chercheur en cite des exemples dans le secteur des céréales et celui de la brasserie (le groupe d'origine sud-africaine SABMiller est numéro 2 mondial). Ou encore Zambeef: le géant zambien du bœuf qui gère tout, des pâtures aux plats préparés.
«La juxtaposition des exploitations familiales et industrielles devient très compliquée. Le petit agriculteur n'a pas beaucoup de place, ou alors subordonnée, avec des marges de manœuvre étroites». Et cette forme-là d'agriculture emploie très peu de main d’œuvre: sept personnes par exploitation, contre plusieurs centaines auparavant sur une ferme moyenne de 2.000 hectares.
«Ce n'est pas encore le modèle dominant, mais c'est en cours», prévient Ward Anseuuw.
Le Brésil a réussi sous la présidence de Lula à développer l'agriculture familiale simultanément à l'agrobusiness triomphant, avance en revanche Paolo Groppo, spécialiste du développement rural à la FAO et du Brésil qu'il connaît bien. «L'énorme fossé qui existait avant 2001 entre les deux a été réduit».
Le pays a pris conscience de l'urgence à maintenir un emploi rural qui rend aussi d'autres services à la société, de gestion des territoires et protection de l'environnement. «C'est un long chemin, conclut-il. Mais les révolutions ne se font pas en un jour».
Ecologie au Quotidien
Le Chastel 26150 DIE, Rhône-Alpes, France
Tel : 04 75 21 00 56       
- La petite agriculture produit 70% de la nourriture avec 30% des terres.
Elle est plus productive car économe en énergie à l'hectare.