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vendredi 14 mars 2014

Die 26150 : Habitat partagé...

Habitat partagé et économie solidaire

« Les gens se sentent seuls parce qu’il construisent des murs plutôt que des ponts ». Cette belle phrase de Katleen Norris pourrait, à elle seule, traduire le renouveau de l’habitat partagé. Parcours au sein d’un collectif constitué au cœur de la Drôme.
habiterre kaizen Christiane fait partie des 10 foyers qui ont décidé l’aventure du « vivre ensemble » au sein du projet « Habiterre  », sur les hauteurs de Die en Drôme. « Je portais depuis longtemps ce désir d’habitat « idéal » au fond de moi. Partager un lieu écologique, un lieu de solidarité, de mixité sociale et inter-générationnel me parait être une réponse pertinente face au schéma dominant caractérisé par la maison pavillonnaire, individuelle, souvent tristement fermée à l’autre ».
Myriam et Fif sont intermittents du spectacle. A l’issue de la rencontre avec Marc et Maryno, les initiateurs du projet, leurs regards se sont croisés.  Sans se concerter, ils avaient l’un et l’autre choisis de s’embarquer dans cette belle utopie. « Nous voulions  vivre dans un projet d’échanges, tout en gardant notre intimité. Ce sont les rencontres, les gens, l’humanité des relations qui nous intéressent. Bien au delà du rêve de posséder son chez-soi ».
Christiane, Myriam, Fil et les 27 autres Habiterrois préfigurent cette nouvelle dynamique de coopération, de  reliance qui voit lentement le jour en Europe, en réaction à des décennies d’individualisme et de concurrence forcenés.

En recherche de Haute Qualité de Vie

L’habitat groupé est né au début des années 70 en Scandinavie. A la base, des familles voulaient s’offrir un mode de vie plus solidaire, basé sur l’échange de services tels que la préparation des repas, la garde des enfants, l’entretien des jardins. Qu’ils s’appellent « wonenhuis » aux Pays-Bas, « cohousing » dans les pays anglo-saxons, « éco-hameaux, éco-villages, habitat groupé ou partagé » en France, l’idée est toujours de cohabiter de façon souriante en partage de valeurs communes. Chacun possède sa maison ou son appartement, gage de la préservation de son intimité familiale. A cette recette de base, chaque collectif y ajoute, selon l’orientation de son projet, un gros zeste de partage des tâches, plusieurs gouttes de matériel en commun, des grandes pincées de loisirs partagés. Son moteur est écologique, humain et économique. « L’énergie collective transcende les qualités de chacun, multiplie l’audace et la foi qui nous manquent parfois quand nous nous retranchons dans notre individualité. Nous sommes capables de déplacer des montagnes si nous activons la confiance » nous explique Maryno. Cette dynamique s’appuie également sur une diminution potentielle des coûts par la mutualisation de certains postes de dépenses : achat du terrain, production d’énergie, assainissement, potager…
Habiter ensemble nécessite toujours d’avoir une vision de la vie basée sur l’échange plus que la possession. Elle demande écoute, sens du partage, respect de la vie, de l’autre avec ses différences.
habiterre kaizen 2

De rencontres en rencontres

L’histoire d’Habiterre est née de rencontres et de confiance. Rencontre avec Joël et Pascale, installés depuis longtemps au Québec. Rencontre ensuite entre Marc, Maryno et un propriétaire terrien, Mr Borel, qui d’emblée est séduit par le projet et son ampleur philosophique. Rencontre enfin avec Alain et Odile et leurs 4 enfants. « Nous étions installés depuis 10 ans dans la belle vallée de Quint, dans un village situé à 12 km de Die, la ville la plus proche. Malgré un tissu social intense, nous avions envie d’autre chose, d’une vie différente pour diversifier nos rapports aux autres. Les enfants grandissant, nous cherchions également à nous rapprocher de Die, là où sont le collège, le lycée, les activités sportives et culturelles. Il nous est surtout apparu très rapidement qu’Habiterre pouvait devenir une merveilleuse aventure humaine ».

Activateur de compétences

Joël et Pascale mettent au service du groupe leur expérience dans la finance et l’économie solidaire acquise au Québec. Ils géreront le juridique et le financement. Alain et Odile seront les activateurs du tissu social local. Marc fera partager son savoir en gestion de groupe et de projets. Maryno sera le pilier de l’écriture du projet. « Habiterre est depuis le début une caisse de résonance des compétences individuelles mises au service du groupe » nous confie Alain. « Chacun y trouve sa place avec bienveillance ».

Valoriser sans spéculer

Le groupe aurait aimé créer une coopérative d’habitants. Un entretien avec un directeur des services fiscaux démontre que cette voie s’avère trop fragile. Le groupe opte dès lors pour une sage SCI classique à laquelle est adossée une charte coopérative où sont définies les valeurs ainsi que le mode de gouvernance. Personne ne possède de biens immobiliers en nom propre. Les Habiterrois sont seulement propriétaires de parts.
Le financement d’un tel projet est complexe car il sort du cadre hypothécaire traditionnel offert par les banques traditionnelles. la NEF  accepte de jouer le jeu. Les membres occupants assurent collectivement le coût de construction des logements. La maison commune est financée par un appel à l’épargne solidaire. Et ça marche ! A ce jour, près de 250.000€ ont été récoltés auprès d’amis, de voisins ou de simples citoyens. Preuve en est que la mondialisation ultralibérale n’a pas fait disparaître le mot « solidarité ».
L’accès à des parts se fait également par le travail. Cela permet aux habitants plus modestes de suppléer une partie des moyens financiers par du temps consacré au chantier de construction.
Toute forme de spéculation a été exclue. Un occupant qui quitte  Habiterre aura toutefois les moyens financiers de construire un bien de même surface. « Nous voulons donner les moyens à chacun d’accéder à un logement et également lui donner la permission de partir sans le mettre en danger, ni mettre en danger le groupe » m’explique Marc. Ainsi, les biens sont réévalués de façon permanente selon quelques critères, dont l’évolution du coût de la construction.

Habiterre pratique en un coup d’oeil

- 10 entités familiales, dont 18 adultes et 12 enfants, de 9 mois à 62 ans
- Un terrain de 5000 m2, 5 maisons composées chacune de 2 logements séparés
- Une maison commune composée d’une large salle d’activités et d’une cuisine collective ainsi que 2 chambres d’amis, une buanderie, une salle d’eau accessible aux personnes en fauteuil
- Des choix techniques écologiques : structure bois, isolation naturelle, chaufferie au bois déchiqueté, ECS solaire, performance thermique du niveau « basse consommation », revêtements, peintures et enduits sains
- Postes de dépenses mutualisés : le terrain, la maison commune, la chaufferie, les panneaux solaires, l’eau, les parkings, le potager, le verger et une grande partie des abords, l’électricité, l’assainissement, le four à pains, l’atelier de bricolage
- Coût moyen : entre 1900 € et 2000 € TTC par m2 habitable, du gros œuvre jusqu’aux peintures, y compris le terrain et tous les autres frais
- Épargne solidaire : à ce jour 250 000€ ont été collectés. Le groupe espère atteindre le demi million d’ici fin 2012
 Jean Claude Mengoni

dimanche 1 septembre 2013

Rénovez et isolez votre maison dans la Biovallée de la Drôme...



« DORéMi Basse Energie » Biovallée
Rénover sa maison en « maison basse énergie » : quels travaux faire ? par qui et comment les financer ?
Quand un propriétaire veut faire des travaux d'économie d'énergie dans sa maison, il peut se demander « par quel bout s'y prendre » ! Quelle épaisseur d'isolant, quel type de fenêtres, quelle solution de ventilation... ? et aussi, à qui s'adresser pour faire les travaux ? à quel coût ? et pour finir, comment financer tout cela ?
Avec Biovallée : la région Rhône-Alpes, les communautés de communes, les professionnels du bâtiment et les banques... se mobilisent pour proposer des solutions
« DORéMI Basse Energie Biovallée » s’adresse en priorité aux propriétaires de maisons individuelles construites avant 1975 et peu ou pas isolées. Pour faire des économies d’énergie, donner de la valeur à sa maison et y vivre plus confortablement, les propriétaires qui veulent rénover sont conseillés, accompagnés pour réaliser des rénovations globales.
38 entreprises de la Biovallée ont constitué 7 groupements qui feront chacun 2 chantiers DORéMI. Pour diviser par 4 la facture de chauffage des maisons rénovées, les groupements travaillent sur les meilleures solutions techniques finançables par les propriétaires, et à la coordination des entreprises pour le chantier.
Des aides au financement !
Depuis le 1er juin, 1 foyer drômois sur 2 peut bénéficier du programme « Habiter Mieux » qui accorde de 10 000 à 17 000€ d’aide aux travaux de rénovation thermique (sous condition de ressources). Avec le cumul des autres aides (certificats d’économie d’énergie, crédit d’impôt, appel à projet régional…) la rénovation DORéMI devient finançable avec un Eco-PTZ (prêt à taux zéro).  
Les premiers projets DORéMI en Biovallée
Maison en béton de 1971. 93m².    
Budget de travaux : 45 000€ (isolation intérieure des murs, changement portes et fenêtres, isolation combles et plancher, ventilation double flux, poêle à bois /
Subventions : 13 000€ / 167 € de remboursement de prêt à taux 0 par mois pendant 15 ans et estimation de la baisse de facture de chauffage (au prix actuel) : 2 000€ de chauffage  avant travaux / 720€ après travaux.
Maison en béton de 1974. 146m².
Budget de travaux : 60 000€ (isolation extérieure des murs, changement portes et fenêtres, isolation combles, ventilation double flux, remplacement chaudière)
Subventions : 20 000€ / 273 € de remboursement de prêt à taux 0 par mois pendant 10 ans puis 73 € pendant 5 ans et estimation de la baisse de facture de chauffage (au prix actuel) : 4 500 € de chauffage  avant travaux / 900€ après.
Maison en béton habillage pierre de 1972. 146m².
Budget de travaux : 55 000€ (isolation intérieure des murs, changement portes et fenêtres, isolation combles et plancher, ventilation double flux, adaptation chaudière)
Subventions : 4 000 € / 306 € de remboursement de prêt par mois pendant 15 ans et estimation de la baisse de facture de chauffage (au prix actuel) : 3 500 € de chauffage  avant travaux /  1 000€ après.
Plus d’information 
habitat-energie@biovallee.fr ou au CALD : 0800 300 915 ou votre communauté de communes Communauté de communes du Val de Drôme : 04 75 25 43 82
Communauté de communes du Crestois : 04 75 40 03 89
Communauté de communes du Pays de Saillans : 04 75 21 52 17
Communauté de communes du Diois : 04 75 22 29 44

dimanche 7 juillet 2013

Terre...



Un point bleu pâle                                                                                  C'est le "Pale Blue Dot", photo de la Terre prise par la sonde Voyager 1 le 6 Juillet 1990. La Terre est le point relativement lumineux de la lumière à mi-chemin à travers les rayons du soleil le plus élevé. Un point bleu pâle (Pale Blue Dot en anglais) est une célèbre photographie de la planète Terre prise par la sonde Voyager 1 en 1990. C'est aussi un livre inspiré par cette photo, écrit en 1994 par Carl Sagan.       Description de la photo par Sagan (1994) : « Regardez ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants pleins d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil. La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique. Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que, nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d'une fraction d'un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d'un recoin de ce pixel sur d'indistincts habitants d'un autre recoin. Comme ils peinent à s'entendre, comme ils sont prompts à s'entretuer, comme leurs haines sont ferventes.  Nos postures, notre propre importance imaginée, l'illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l'univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle. Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité -dans toute cette immensité- il n'y a aucun signe qu'une aide viendra d'ailleurs nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu'à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n'y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S'installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c'est sur Terre que nous prenons position. On a dit que l'astronomie incite à l'humilité et fortifie le caractère. Il n'y a peut-être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous n'ayons jamais connue. »                                                                                           Carl Sagan

mercredi 9 janvier 2013

Sommes nous trop ? (2/2)



Démographie : la vraie vérité qui dérange
Vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse tout simplement vivre. Tout pacte écologique devrait sous-tendre l’idée d’un pacte antinataliste.
- Homo sapiens est la pire espèce invasive. Tant que la flore et la faune poursuivront leur rythme effréné d’extinction conférée, toute création supplémentaire d'un d'entre nous reste injustifiable. Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une Planète viable. Pour un ami de la Terre, toute abstinence à la procréation humaine, toute pénurie des naissances sont reçues comme de bonnes nouvelles. Sans peur ni reproche du métissage, le renouvellement des générations des pays développés devra se faire par les immigrants. Mais si vous estimez que nous n’avons aucune responsabilité ni vis-à-vis des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, ni à l’endroit des espèces végétales et animales qui disparaissent à la vitesse grand V, que notre reproduction n’est pas excessive ou en tout cas acquittée de telles accusations, alors oui, faites encore et encore des enfants. Mais faites vite !
- Certaines vérités ne dérangent plus parce qu’avec le temps elles sont devenues des tabous de Polichinelle. Parmi celles qui dérangent encore et vraiment, qui mettent mal à l’aise et gênent aux entournures, figure l’ineffable choix antinataliste. Contrairement à toute logique, la décroissance démographique reste un problème épineux, un énorme tabou qui n’ose pas dire son nom, un scandale qui provoque tous les courroux ! C’est à peine si on peut l’ouvrir à propos de la décroissance économique ! Suggérer de modérer la démographie d’un Monde en proie à la surpopulation semble relever de l’outrage, de l’infamie, tant le thème appartient à la langue de bois. C’est du domaine de l’indicible, personne ne veut entendre que nous ne devons plus faire autant de petits. Notre Monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne, notre sacro-sainte référence. En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950. Stop, ou encore ? On nous donne la preuve par neuf que la Planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de Terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100, mais en cyniques populationnistes nous voulons continuer à nous multiplier pour atteindre ces 9 ou 17 milliards de Terriens en 2050 et en 2100 ! Et l’on s’inquiète même des nations qui, en Europe, ne montrent plus la même ardeur à procréer !
- Une démographie exponentielle adjointe d’un développement économique infini dans un Monde fini, aux ressources non renouvelables pour l’essentiel, en tout cas ne se régénérant pas au rythme de notre folle croissance, telle est l’effarante formule à laquelle nous sommes ancrés. Nous feignons d’ignorer la finitude d’un Monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche. Nous n’avons nul besoin d’une descendance qui ne recevra en héritage que des lambeaux et des restes. Il y aura toujours suffisamment de candidats pour perpétrer un minimum d’humanité. Je lance un appel au bon sens, au nom des goujats que nous sommes et qui avons tout zigouillé.

Seront-elles donc un jour bonnes à proclamer ces quatre vérités sur le lapinisme humain ? Probablement, mais trop tard. Pour l’immédiat, nous en sommes au secourisme et voir mourir l’humain est insupportable, inhumain. C’est peut-être pourquoi il faudrait dissuader l’humain de trop faire d’autres humains. Ce qui ne nous est nullement insupportable, par contre, c’est voir souffrir et mourir les autres espèces, et notamment nos « mammifères », sacrifiés pour servir et nourrir la cause humaine. Il n’y a pour ainsi dire pas de fraternité interspécifique positive (commensalisme, mutualisme, symbiose…), mais strictement négatives (prédation, parasitisme, pathogénie, antibiose…). C’est aussi dans cet égoïsme écologique, dans cette couverture outrancièrement tirée à nous, que réside l’une des raisons majeures du grand déclin annoncé. Malheur à ceux qui ne savent pas partager ! Parce qu’on le sait maintenant, il sera inutile de patienter 4 milliards d’années pour que le soleil dysfonctionne. D'ici là, l'homme n’aura pas été remplacé par un surhomme mais par une mouche. Ou bien la vie en tant que telle aura fatalement disparu du fait de nos géniales erreurs.
- Sauver la Planète se résume à une seule et double option : choisir entre l’homme et Gaïa, en cherchant à désamorcer la bombe démographique. Comme nous n’avons pas d’autre alternative à la Planète bleue, que nous ne pouvons donc ni déménager, ni la recharger, le choix est vite fait. La bombe démographique est pour la biosphère la pire arme de dissuasion massive. Elle stigmatise le chaos manifeste.
- Nous souffrons d’un manque incurable de discernement écologique et nous voulons satisfaire des exigences anthropocentristes immodérées. Ces erreurs sont pour l’essentiel l’héritage des religions créationnistes ayant placé, selon le dogme, la Nature à la discrétion illimitée de l’homme. Les considérations démographiques ont donc toujours été perçues dans un concept d’intérêts purement économiques et nombrilistes, strictement repliés sur la famille ou le pays, de préférence dans une compétitivité cocardière entre nations. Même le contrôle des naissances n’avait été pensé que dans l’intérêt du genre humain et non de celui légitime de la Planète et des espèces compagnes. Comme si nous étions déconnectés de la Terre, comme si nous vivions sur une île ou un archipel, ou mieux dit dans une arène, sur un ring ou sur un nuage. C’est un truisme que d’énoncer que la Terre n’est pas extensible. Le surpeuplement humain est un vrai calvaire pour la planète. L’avenir ne nous commande plus l’expansion, mais la récession sous forme de décroissance natale (et économique !).
- Quelques générations vouées à seulement un enfant par femme, voire assurer un soutien financier aux couples qui n’enfanteraient pas, serait le programme d’une politique courageuse et écoconsciente. On préfère l’option populiste des allocations familiales, gratification sociale crée en France après l’hécatombe de 1918, augmenter la mort a toujours historiquement augmenté la natalité… Au troisième millénaire de notre transit terrestre, de telles prestations doivent être aperçues comme obsolètes, caduques, surannées, relevant presque du rétro ou du kitch, mais qui viennent d’être tout récemment et étrangement instauré en Espagne, comme si l’Espagne n’était pas solidaire d’une Europe lucide et d’une Planète malade de l’espèce humaine.
- Posséder une famille nombreuse est un délit environnemental, une grave atteinte à la Planète et à l’avenir commun. On peut régler le sort de l’homme, non seulement en lui apprenant techniquement à contrôler ses naissances, mais surtout en le persuadant de le faire par éthique écologique et planétaire. Question de conscience. Dénoncer l’hyper capitalisme intégré comme généalogie du saccage et de l'administration de la rareté ne suffit pas, les institutions doivent planifier à l’échelle mondiale la soutenabilité des activités humaines par une sage équation du binôme population et environnement.
- La société occidentale consomme à l’excès des ressources naturelles dont elle n’est pas détentrice et qu’elle extorque aux nations qu’elle domine tyranniquement. Nous sommes ainsi débiteurs par rapport aux contrées dont les citoyens exploitent beaucoup moins, comme c’est le cas d’un Indien, d’un Vietnamien, d’un Péruvien ou d’un Soudanais. Pour continuer à vivre sur les modes adoptés, un Français nécessite 3 planètes, un Américain quasiment 6, ce qui projette un besoin moyen de 2 planètes pour un Terrien. Belle leçon de solidarité planétaire quand on constate qu’Américain s’octroie un droit de ponction 100 fois supérieur à un Afghan. Difficile ensuite pour un Occidental de s’arroger le droit de donner des leçons de morale dans des pays écologiquement éreintés par notre faute, ou de tenter imposer un apartheid climatique comme ce fut le cas lors de la conférence de Bali. Un nouveau-né monégasque usurpera sa vie entière sa part amazonienne ou groenlandaise sans jamais poser un pied ni en Amazonie, ni au Groenland, on l’a compris. Mais naître en Amazonie ou en Australie présente le méfait potentiel de menacer directement une biodiversité encore vive et remarquable. C’est pourquoi les populations des contrées naturelles présentent le risque rapproché d’une pression plus dommageable encore. On fera d’autant moins un enfant que l’on habite une région sensible, un des derniers bastions du capital vert de l’humanité. Le surpeuplement de l’homme est un antagonisme à la biodiversité. Contrairement à une vue trop hâtive de la situation planétaire, un enfant de plus à Londres, Mexico ou Hong Kong sera un moindre préjudice qu’un début de surpeuplement et d’inquisition humaine d’une Tasmanie ou d’une Papouasie. Restons absents ou absentons-nous de la Patagonie, du bassin du Congo, de la forêt boréale et de bien d’autres paradis encore sauvages et de riche naturalité, heureusement souvent peu hospitaliers pour l’homme. Ménageons les beaux restes du grand catalogue du Vivant, épargnons les ultimes réservoirs de gènes, les chambres fortes de biomasse et de stocks de carbone, mettons les prédateurs envahissants que nous sommes hors d’état de nuire et d’occire les derniers poumons de cette Terre. L’option du tourisme, même respectueux s’il existe, est un filon tout à fait négatif. Les régions encore partiellement épargnées n’ont besoin que d’une chose, de continuer à l’être. Toute présence d’un humain vivant sur le mode occidental incontournable et incontourné de l’American way of life est une calamité pour les équilibres naturels et une menace pour les ressources. Restons chez nous, confions les derniers berceaux de naturalité au savoir faire millénaire des peuples natifs et n’encombrons de nos progénitures et de nos futurs intrépides adultes que nos propres maternités, asiles et services d’urgence !
- La population humaine continue de croître mais à un rythme plus tempéré. Cette modération est le fait des pays riches industrialisés où le renouvellement générationnel n'est plus assuré, exception faite des États-Unis où les populations immigrées se chargent d’entretenir une incidence démographique en hausse.
- L'ONU prévoit une telle baisse démographique appréciable en Allemagne, en Italie, au Japon, en Russie et dans la plupart des états issus de l'éclatement de l'ancienne Union soviétique. Mortalité basse et fécondité extrêmement basse, dans ces conditions, la population de ce groupe de pays, d'actuellement 1,2 milliard de personnes, ne devrait pas augmenter d'ici à 2050. Une démotivation aux valeurs de la fécondité, une famille éclatée de plus en plus réduite au couple quand ce n’est pas à un seul parent, une infertilité masculine croissante et une planification des naissances majoritairement adoptée sont quelques uns des facteurs limitants. Une autre cause de cette stabilisation mondiale est la propagation du sida, pandémie qui réduit le taux de longévité dans des proportions considérables, comme en Afrique australe où l'espérance de vie a chuté de 62 ans dans les années 1995 à seulement 48 ans pour la période 2000-2005. Ironie du sort ou instinct de survie contreproductif, la densité humaine sera beaucoup plus élevée dans les pays pauvres qui éprouvent déjà les pires difficultés à assurer la sécurité alimentaire de leurs ressortissants. Dans ces contrées, le contrôle de la natalité est pratiquement inexistant et les familles de cinq à six enfants sont la norme. Au Burkina Faso, au Congo Brazzaville, au Burundi et en République démocratique du Congo, en Guinée-Bissau, au Timor Oriental, au Liberia, en Ouganda, au Mali, au Niger et au Tchad, tout comme en Afghanistan, les populations vont tripler avant le terme de ce demi siècle. La courbe générale est donc à un ralentissement de la croissance démographique et à une lente stabilisation de la population globale, en comparaison aux vives progressions des cinquante dernières années. En dépit de cette accalmie, 2050 verra tout de même un effectif minimum de 9 milliards de Terriens, notamment fourni par la Chine et l’Inde. À la même période, cette dernière nation surpassera la Chine et sera en tête de liste des pays les plus peuplés. La moitié des humains habiteront alors l’Inde et la Chine.
- Les écologistes, désespérés par l’épuisement des ressources et le déclin des écosystèmes, font remarquer qu’il nous faudra deux planètes pour survivre. Dans un autre domaine, ces deux planètes existent déjà, tout le monde sait bien qu’il y a une planète des riches et une autre des pauvres. La première, usurpée, n’est pas pour nous déplaire… Un milliard de riches occupe l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, le Japon et un club très privé de privilégiés qui règnent tyranniquement sur les pays du Tiers-monde. Ce milliard de riches cache aussi sa misère (qu’on ne saurait voir) : Quart-monde dormant sur les trottoirs des quartiers boursiers, Enfants de Don Quichotte s’adonnant aux joies du camping urbain, gastronomes des restos du cœur, etc. Le solde de la communauté terrienne, soit un peu plus de 5 milliards et demi de gens dont le pauvre destin est joué d’avance, croupit dans le reste (et les restes) du Monde. Le premier Monde s’approprie (en tout bien tout honneur !) les 7/10 de l'énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la pêche, les 3/4 des métaux, les 5/6 des crédits d'éducation, les 9/10 des budgets de recherche et de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf avions sur 10, etc. Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui prouvent l’excessive mainmise du milliard de privilégiés dont la liberté de puiser et d’épuiser ne s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards soumis au diktat. Nous garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner, voire à s’enfoncer, dans leur état de pauvreté. En terme d’empreinte écologique insoutenable, un Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains ? L'état américain le moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510 000 habitants) émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis et totalisant 357 millions de personnes.
- Les hectares excessifs que s’octroie chaque habitant chanceux du monde occidental et qu’illustre le calcul éloquent de l’empreinte écologique sont usurpés sans la moindre contrepartie au reste du Monde, à celui auquel nous attribuons des dettes extérieures. Un États-unien ou un Européen ne paie pas le service que leur rendent les forêts brésiliennes ou africaines en recyclant leurs émissions de CO2. C’est ainsi qu’il convient de s’interroger sur un certain nombre d’activités autorisées par le progrès, vocable abusif car à double sens. Progrès pour les uns, déficit pour les autres. Savez-vous, par exemple, que l’on importe quotidiennement, par avions gros porteurs, des chargements de perches du Nil en provenance d’Ouganda et de fleurs coupées cultivées en Chine et en Afrique orientale vers l'aéroport de Vatry, dans la Marne (120 000 tonnes de fret par an) ? De tels comportements ne font jamais la une dans les fourberies des Grenelle de l’écologie, portes de secours du capitalisme masqué. Inutile de rappeler les dégâts collatéraux d’activités comme celle de l’exploitation du poisson cité ou de l’horticulture aux impacts environnementaux et humains néfastes. La contradiction est flagrante et gênante entre le désir de lutter contre l’effet de serre et les nécessités du développement économique dans le concept unilatéral où nos sociétés l’entendent.

La reproduction est un phénomène naturel à toutes les espèces, et notamment chez celles opportunistes qui s’imposent majoritairement, s’accaparant le moindre atout pour dominer l’habitat. Cela existe chez les rats, les cafards, les mouches ou les papillons. L’homme, dont l’instinct est fondu à la conscience, primate calculateur par excellence, a conceptualisé cette tendance naturelle afin d’en tirer une stratégie d’avenir tribal, familial, nombriliste et longévive : celle d’assurer sa descendance, et par là même la sécurité de ses vieux jours. Avant les progrès du XXe siècle en matière d’hygiène et de prophylaxie des maladies infectieuses, la mortalité infantile justifiait une surfécondation, par ailleurs toujours soutenue par les pouvoirs séculiers inspirés des religions dogmatiques. Les Livres assurent que le destin des progénitures sera placé sous les auspices de Dieu. Niaiserie. Jusqu’à preuve du contraire, les progénitures existent mais les preuves d’un dieu protecteur font défaut. Pandémies, famines ou massacres belliqueux étaient là pour écrémer le surplus, en appeler chaque fois à de nouvelles velléités procréatrices et à faire des petits à la louche.
- Imaginons un autre monde... Le même mais inversé, où nous ne serions plus dominants mais dominés par une autre espèce de grande taille, où nous devrions fuir, nous cacher, ne plus respirer quand l’autre se manifeste, où l’éviction au mieux, l’extinction au pire seraient nos seules issues. Un enfer. Le bonobo, l’orang-outang ou le gorille, l’un d’eux comme espèce invasive et de fourvoiement au sein d’une société humaine d’un effectif modeste, ça vous irait ? Il s’agirait finalement du même monde, toujours avec Homo sapiens surdoué, mais sans pétrole, non plus dopé par les énergies fossiles, la pétrochimie qui fit la révolution verte et la multiplication des pains (ce type d’âge d’or, ou plutôt de toc, les bricoleurs du monothéisme l’avaient prévu…), mais cette fois à hauteur de seulement un ou deux petits milliards. Avec quasiment les mêmes inventions, les mêmes avancées inventives, le même progrès, à quelques techniques près. Mais sur une Planète envahie, pour telle ou telle raison, par le fléau d’une autre grande espèce, disons les bonobos par sympathie et proximité spécifique. Imaginons nos plages et nos cités encombrées de bonobos, imaginons les bonobos envahissant la cité, s’infiltrant, se fourvoyant pacifiquement partout. 7 milliards de bonobos intrus … Ce n’est pas la Planète des singes, c’est notre Planète subissant l’inquisition insupportable du surnombre d’une autre espèce. Imaginons 7 milliards de rhinocéros, des rhinocéros envahissant nos hypermarchés, nos pitoyables animaleries. Notre impact sur les fragiles écosystèmes planétaires est celui d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Voilà ce que nous imposons à la biosphère, sans nous en rendre compte un seul instant, convaincu que cela est dans la raison écologique. Eh bien non, ce n’est qu’une erreur, c’est même l’erreur par excellence.
- « Plutôt crever que partager ! » La survie de l’humanité dépend du possible, et non de l’impossible. L’impossible, c’est une meilleure gestion et répartition des ressources. On a tout essayé depuis des lustres et même la morale égalitaire professée par les grands Livres n’a pas donné les résultats escomptés. Notre espèce génétiquement égoïste ne voit pas très loin. Et selon les exégètes, c’est tout au contraire la qualité de vie pour un petit nombre de privilégiés qui va faire l’objet de toutes les prochaines convoitises, tandis que la croissance démographique et tout le drame économique qu’elle va enclencher se concentrera sur une fraction restreinte de la population mondiale : les pauvres. Il y aura une césure nette et croissante entre un Monde développé sans enfants et un mode sous-développé absolument démuni pour nourrir et même rafraîchir toutes ses bouches. Le possible pour cultiver les futurs, c’est d’encourager une mondialisation de la dénatalité. Certains individus devront abandonner une partie de leurs libertés, dont celle de procréer à tout va, au bénéfice de la société universelle. L’éternité de la drôle d’espèce humaine passe par sa décroissance démographique. On passe ou on casse...
Michel Tarrier
- Notes
- Cette actualité n’est pas vraiment une actualité parce que nous n’entendons pas inscrire notre démographie à l’ordre du jour des menaces écologiques, accepter notre surpopulation comme la cause majeure des malheurs planétaires. Ainsi, notre fourberie est immense.
- Ce texte a été soumis aux administrateurs de MCD, qui sans être d'accord sur le fond (50% sont en désaccord) étaient d'accord pour le passer et créer le débat (100%).C.V.

 

mardi 18 décembre 2012

Contre l' étalement urbain, conserver les Centres ville...



Lutter contre l'étalement urbain, priorité d'une politique écologique
L'actuel débat sur la transition énergétique et les réflexions en cours sur la fiscalité écologique ont la vertu de replacer l'écologie au coeur du débat public, mais risquent de crisper une opinion fragilisée par les incertitudes économiques du moment.
En effet, la conviction, de plus en plus partagée, que "l'écologie coûte cher", qu'elle pénalise l'économie et, qu'en période de crise, les priorités sont ailleurs, a malheureusement progressé depuis le fameux "l'écologie ça suffit !" de Nicolas Sarkozy en 2010.
Il est vrai que nombre de promoteurs de l'écologie, qu'il s'agisse de partis politiques ou d'organisations non gouvernementales, ont mis l'accent sur le renforcement de l'arsenal réglementaire et sur l'alourdissement de la fiscalité comme principaux leviers d'action.
Cette approche a certes réellement fait bouger les lignes et a produit des résultats tangibles qu'il serait malhonnête de dénigrer. Toutefois, dans un monde profondément en crise, et afin de retrouver un élan positif qui transcende les partis politiques, il conviendrait que les réflexions et les débats en cours mettent l'accent sur des mesures qui présenteraient le triple avantage de ne pas alourdir la fiscalité, de diminuer les dépenses publiques et d'améliorer le pouvoir d'achat des citoyens.
L'objectif prioritaire de toute politique écologique responsable devrait être de limiter la consommation de l'espace naturel ou agricole en luttant contre l'étalement urbain.
DISPARITION DE LA BIODIVERSITÉ
En effet, la croissance démesurée de la périphérie des villes est non seulement responsable d'une part significative de la disparition de la biodiversité, mais surtout elle détruit, année après année, les terres agricoles les plus riches qui manqueront pour nourrir les générations futures. Les grandes villes n'ont pu se développer que du fait de l'existence de ressources alimentaires et en eau abondantes à proximité. Les meilleures terres agricoles étaient donc celles de la périphérie des grandes villes. La majeure partie de ces terres a aujourd'hui disparu.
Construire des quartiers éloignés des centres-villes implique de financer l'allongement des réseaux électriques, téléphoniques, d'assainissement ou d'eau potable, ou encore de construire des dessertes routières et des parkings.
Cet étalement, qui génère souvent des quartiers consacrés uniquement à l'habitation, conduit les habitants à multiplier les déplacements entre lieux de résidence, de travail ou de loisir. Ces déplacements se font le plus souvent en véhicule individuel car les transports en commun sont bien plus complexes à déployer dans cette situation que dans un contexte urbain plus dense. L'imperméabilisation d'immenses surfaces de sol par l'asphalte ou le ciment conduit à aggraver les crues, à dégrader la qualité des eaux qui ruissellent.
Cela génère des investissements considérables en ouvrages de protection ou en stations d'épuration. Quant aux effets climatiques du "bétonnage", il suffit, pour les ressentir, de s'allonger sur une route goudronnée par une chaude après-midi d'été, puis de s'allonger dans l'herbe pour comparer !
Que faire pour inverser cette tendance négative sans dépenser beaucoup d'argent public ou sans instaurer une fiscalité écologique impopulaire, voire insupportable en temps de crise ?
RÈGLES URBANISTIQUES DÉSASTREUSES
L'une des mesures les plus efficaces consisterait à revoir en profondeur certaines règles urbanistiques désastreuses du point de vue environnemental. Dans de bien nombreuses communes, la surface minimale du terrain constructible est de 1 000 à 3 000 mètres carrés. Cela a des conséquences induites considérables en termes d'étalement urbain, d'émission de gaz à effet de serre, de dépenses pour la collectivité ou encore de coût individuel du logement.
Il faut supprimer ces surfaces minimales ou du moins, les réduire significativement. Nos maisons de villes et de villages, qui sont construites sur des parcelles de 100 à 300 m², constituent un patrimoine architectural particulièrement envié dans le monde.
Malheureusement, l'une des premières mesures du gouvernement a été d'abroger la loi prévoyant d'augmenter de 30 % la surface constructible sur un terrain donné. Cette mesure a été remplacée par l'ouverture à l'urbanisation de terrains appartenant à l'Etat. Je ne peux que souhaiter que la censure de la loi Duflot permettra au gouvernement de corriger le tir en instaurant de nouveaux dispositifs économes d'espace.
Autre exemple, les lois de protection du patrimoine architectural engendrent des contraintes techniques et financières considérables qui découragent la plupart des habitants de se lancer dans la rénovation des maisons anciennes de centre-ville ou de profiter des énergies renouvelables : interdiction de rehausser des immeubles, d'installer des chauffe-eau, de poser des panneaux solaires, de construire des terrasses - la terrasse de toit est une excellente alternative au jardin pour offrir un extérieur aux habitants à moindre coût environnemental.
Enfin, la majeure partie des incitations fiscales en faveur du logement concerne les logements neufs, donc les plus coûteux pour l'environnement et pour la collectivité. Une politique écologique active favoriserait avant tout la reconquête des centres historiques, la rénovation des logements vacants et la densification de l'habitat à la périphérie des villes.
Frédéric Melki, Biotope
Frédéric Melki  est directeur général et cofondateur de Biotope, société d'ingénierie et de conseil en écologie et environnement, créée en 1993

mardi 2 octobre 2012

Vivre sans chômage, ni banquier ...

Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en Europe

Depuis l’alerte google Alternatives au capitalisme j’ai récemment découvert l’existence de MARINALEDA, une commune de 2645 habitants en Andalousie « où Marx vivrait s’il était encore en vie, avec zéro chômage, zéro policier et des habitations à 15 euros par mois » (1). Une alternative au capitalisme réalisée à moins de 2000 km de chez nous et qui fonctionne depuis plus de 30 ans sans que je n’en aie jamais entendu parler ? A la première occasion, c’est donc sac à dos, train, bus et autostop que j’irai pour vérifier si cette belle utopie existe vraiment…
Comme c’est Pâques, je tombe en pleine Semana Santa. Au village voisin on m’avertit : « Leur maire est un fou, quand nous autres, Espagnols, faisons des processions religieuses, eux ils font la fête pendant 5 jours »
J’apprends que la fête de la paix qui tombe durant la Semaine Sainte y est effectivement une tradition depuis plusieurs années et beaucoup de jeunes de Sevilla, Granada ou Madrid ont rejoint les villageois. Des lectures, des films ou une conférence, en solidarité avec la Palestine, ainsi qu un appel au boycott des produits israéliens ouvrent les soirées de concerts et de fête. Pour les nuits, l’immense complexe poly-sportif reste ouvert pour loger les visiteurs de l’extérieur. Une première auberge est en construction.
En tant que membre de l’association de solidarité Suisse-Cuba, je m’étais déplacée pour voir s’il existait effectivement une expérience socialiste un peu similaire à la révolution cubaine ici en Europe et j’en ai eu pour mon compte.
Le droit à la terre et au travail
A Marinaleda aussi, il a fallu d’abord passer par une réforme agraire. « La lutte révolutionnaire du peuple cubain a été une lumière pour tous les peuples du monde et nous avons une grande admiration pour ses acquis », m’explique Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire communiste, réélu depuis 31 ans. Il était le plus jeune édile d’Espagne en 1979. En 1986, après 12 ans de luttes et d’occupations où les femmes ont joué le rôle principal, ce village a réussi à obtenir 1200 ha de terre d’un grand latifundiaire, terre qui a aussitôt été redistribuée et transformée en coopérative agricole de laquelle vit aujourd’hui presque tout le village. « La terre n’appartient à personne, la terre ne s’achète pas, la terre appartient à tous ! ».
A la ferme de la coopérative, EL HUMOSO, les associés travaillent 6.5h par jour, du lundi au samedi, ce qui donne des semaines de 39 h. Tout le monde a le même salaire, indépendant de la fonction. 400 personnes du village les rejoignent pendant les mois de novembre à janvier (olives), et 500 en avril (habas, haricots de Lima).
La récolte (huile d’olive extra vierge, artichauts, poivrons, etc.,) est mise artisanalement en boite ou en bocal dans la petite fabrique HUMAR MARINALEDA au milieu du village où travaillent env. 60 femmes et 4-5 hommes en bavardant dans une ambiance décontractée. Le tout est vendu principalement en Espagne. Une partie de l’huile d’olive part pour l’Italie qui change l’étiquette et la revend sous un autre nom. « Nous avons la meilleure qualité, mais malheureusement, c’est eux qui ont les canaux pour la commercialisation » m’explique un travailleur de la ferme. Avis donc aux magasins alternatifs de chez nous pour leur proposer un marché direct…
Les bénéfices de la coopérative ne sont pas distribués, mais réinvestis pour créer du travail. Ça a l’air si simple, mais c’est pour cela que le village est connu pour ne pas souffrir du chômage. En discutant avec la population, j’ai pourtant appris qu’à certaines époques de l’année, il n’y a pas assez de travail dans l’agriculture pour tous, mais que les salaires sont tout de même versés. Comme à Cuba, l’habitation, le travail, la culture, l’éducation et la santé sont considérées comme un droit. Une place à la crèche avec tous les repas compris coûte 12 euros par mois. A nouveau, ça rappelle Cuba où l’éducation est gratuite, depuis la crèche jusqu’à l’université.

dimanche 23 septembre 2012

Biovallée ( Eurre) : Rencontres Nationales sur les énergies...


2° édition des rencontres nationales « Energie & territoires ruraux », Biovallée accueille 280 participants de toute la France

Bienvenue dans la Biovallée. Ici, citoyens, associations, entreprises et collectivités travaillent déjà à limiter leur facture énergétique et à produire des énergies renouvelables. Des visites seront consacrées certaines de ces initiatives. Les rencontres permettront de découvrir d’autres stratégies et actions en France et en Europe, d’échanger sur ce qui fait leur réussite. Les territoires ruraux contribueront par des propositions au grand débat national sur la transition énergétique.  

Les rencontres sont accueillies sur deux sites. La séance plénière d’accueil du mercredi 26 et le débat final du vendredi se dérouleront dans la salle de conférence de Biovallée-Le Campus, sur l’écosite du val de Drôme à Eurre.  Les ateliers du jeudi 27 seront accueillis au centre de vacances du Martouret à Die.  Ces deux lieux sont emblématiques du territoire.
L’éco-site qui sera inauguré le 28 septembre héberge déjà différents bâtiments éco-construits et à faible consommation énergétique. Les différents modes de production d’énergie renouvelable y sont présentés. Les aménagements ont été faits par la communauté de commune du val de Drôme par réemploi des matériaux de cette ancienne base de travaux du TGV sud-est.  L’éclairage par des lampes à LED à hauteur d’homme y est novateur. Les entreprises installées, spécialisées dans le développement durable bénéficient sur place de services (pépinière d’accueil, bureaux, restauration, loisirs et culture).
Le Martouret est  réhabilité thermiquement par la communauté des communes du Diois, son propriétaire. L’association gestionnaire a mis en place un système de management intégré qui associe les salariés à la mise en place d’actions développement durable. Les séjours intègrent se font de plus en plus sur des thématiques en rapport avec les actions conduites dans le centre. Achats locaux et bio, compostage sur site, pas de chimie sur les espaces verts, réhabilitations intérieures en enduits naturels, future chaudière bois signent ce site.
Les territoires à énergie positive sont accueillis en mode durable. Des transports en commun sont proposés aux participants dès leur arrivée dans les gares de la vallée ou de Valence.  L’ensemble de la restauration est assurée par des prestataires locaux avec des produits bio et locaux. Les invitations et programmes ont tous été envoyé de manière dématérialisée avec inscription possible en ligne. Les déchets sont triés sur tous les sites et compostés au plus près pour les organiques. Un temps convivial est proposé en partenariat avec le Festival Est-Ouest.
Pour plus d’information, retrouvez le programme et l’article publié en août

mercredi 13 juin 2012

La chair de la Biovallée...au quotidien


Dans  le cadre Bioavallée, quelques 100 projets ont été financés.
Exemple :
Biovallée soutient les communes qui aménagent des éco-quartiers
Biovallée® aide et accompagne les communes de l’étude à l’aménagement de leurs éco-quartiers. L‘objectif est de ne pas laisser les élus communaux isolés au moment d’entreprendre un projet de cette ampleur. 7 communes sont déjà accompagnées.
Biovallée® est un projet qui veut faire de la vallée de la Drôme un territoire rural européen de référence en matière de développement humain durable,  un « Fribourg rural ».  Cela passe par l’évolution de nos habitats qui consomment aujourd’hui beaucoup de terrains,  d’énergie, de matériaux non renouvelables, d’argent… Pour montrer d’autres façons d’aménager, les élus ont donc proposé la réalisation de 15 éco-quartiers ou éco-hameaux pilotes d’ici à 2015.
Le Ministère du Développement Durable définit ainsi un éco-quartier :
Promouvoir une gestion responsable des ressources
S’intégrer dans la ville existante et le territoire qui l’entoure
Participer au dynamisme économique
Proposer des logements pour tous et de tous types participant « au vivre ensemble » et à la mixité sociale
Offrir les outils de concertation nécessaires pour une vision partagée dès la conception du quartier avec les acteurs de l’aménagement et les habitants.
Pour atteindre cet objectif, Biovallée® avec le soutien financier de la Région Rhône-Alpes, accompagne les communes envisageant l’aménagement d’un éco-quartier à trois niveaux:
L’étude financée à 50%  permet de tester la faisabilité du projet et d’élaborer un schéma d’aménagement sur la base d’un cahier des charges type
L’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) financée à 80%  est réservée aux communes ayant tenu compte du cahier des charges
Les travaux financés à 20% correspondent aux  aménagements collectifs et innovants à la charge des collectivités publiques.
 * Les pourcentages présentés ici, le sont à titre indicatif, car le montant des aides est plafonné (se référer au livret méthodologique pour plus de précisions).
 Au delà des aides, l’efficacité du dispositif réside dans l’accompagnement des élus tout au long de leur démarche. Le livret méthodologique, reprend de manière détaillée les éléments de ce dispositif. Pour bénéficier d’une information plus complète, les élus peuvent contacter la technicienne en charge du projet :
Isabelle Vincent au 04.75.25.66.23 :
Sept communes se sont engagées et trois chantiers sont en cours à Loriol (quartier « Chavat »), à Eurre (écosite) et à Grâne (« La Tourrache »).
Contactez-nous à l'adresse mail : contact@biovallee.fr
Visitez notre blog : www.biovallee.fr/blog



mardi 5 juin 2012

Die 26150 : Fiasco urbain et foncier...


Die et Urbanisme : lignes de fuites ou fuite de lignes ?
L’urbanisme est la compétence centrale d’une commune. Avoir une ligne en ce domaine ne correspond pas uniquement à programmer la réfection des marquages au sol. Osons un petit tour d’horizon ironique des principaux projets conduits par la municipalité et des méthodes associées. (Photo: Maison Para au Plot : Urbaniser en créant des déplacement automobiles)
De la fuite dans les idées
Reconnaissons tout d’abord le travail consciencieux de planification de l’entretien des voies, du marquage au sol, de la pose de panneaux, de pots de fleurs, d’entretien des chemins. Gageons que l’efficacité de l’équipe technique survivra au départ des adjoints qui ont porté cette politique et parviendra jusqu’à la Rue Emile Laurens et ses 38 montées et descentes de trottoirs d’un bout à l’autre, ses nids de poules, ses ralentisseurs bruyants.... Osons penser que des techniques douces, exemptes de produits chimiques pourront un jour être adoptées pour ce nécessaire entretien… Cherchons maintenant les débats et chantiers ouverts au-delà des projets programmés par la précédente municipalité -entrée ouest, zone d’activité avec la CCD, Chanqueyras…-. Cherchons au moins une ligne dans la réalisation de ce qui était dans les cartons en 2008 et trouvons…
Des lignes déviées
La question de la traversée de Die a été centrale dans les débats politiques des dernières élections. La voilà habilement évitée par un référendum dont le seul résultat tangible est le gel des relations avec le département, partenaire incontournable de ce projet. Qui sait si en associant les citoyens nous n’aurions pas construit d’autres tracés que ceux soumis au vote. ? Des tracés moins chers, plus centrés sur la sécurité et la qualité de circulation locale plutôt que sur la facilitation du transit. Nous en avions proposé un, en vain. Nous le proposerons de nouveau.
La question de la circulation en centre-ville serait aujourd’hui traitée par un plan de circulation a minima. et une zone de rencontre appliquée à moitié (les vélos devraient pouvoir circuler en tous sens)... Assumons pleinement les voitures en quelques places du centre avec deux circuits dissuadant de traverser la ville. La survie de commerces en dépend. Mais libérons vraiment des espaces pour piétons, poussettes, vélos, au-delà du centre.
Courage, fuyons !
Certaines questions d’urbanisme restent par ailleurs secrètes. Quels projets pour le Martouret ? Mettra-on un jour des retraités au frais sur ce versant nord comme d’aucuns le souhaitaient ? Et Cocause, pourquoi réagir si tardivement aux relogements programmés de longue date par le bailleur social DAH ? La mairie peut-elle ignorer que ces terrains intéressent un voisin propriétaire de supermarché ? Ignore-t-elle qu’elle a proposé au scieur voisin de se localiser dans la future zone d’activité ? A-t-elle oui ou non offert de vendre le terrain de ses services techniques ? La communication semble en panne sur ce sujet. Pourquoi ne pas annoncer être favorable à une zone commerciale agrandie d’un hectare ? C’est bon pour le commerce local, non ? Courage, fuyons !
Des lignes qui font pfuiiit !
Consommons moins de terres agricoles, resserrons le tissu urbain, qu’ils disaient en révisant le PLU. Observons le Plot : Un siècle après OK Corral, la ville de Die ré-invente l'urbanise de bord de rue. A 2 km du centre entre route et voie ferré, nécessitant une sortie protégée, dans voie cyclable ni chemin piéton, un terrain a été reclassé en zone constructible par une modification de PLU. Le préfet et le conseil municipal se sont prononcés pour, malgré l’avis contraire du commissaire enquêteur qui avait suivi nos remarques.
Il y avait pourtant de la place à Chanqueyras (200 logements possibles, pour le moins, soit 13% de population en plus sur Die). Un terrain aurait pu être échangé avec le promoteur qui souhaite développer un éco-quartier. Raté ! Mais Chanqueyras fait la part belle à la participation parait-il : deux réunions publiques.... Mais qui va tirer les bénéfices des terrains patiemment acquis par les municipalités précédentes ? Resteront-ils dans le giron public ? Ou feront-ils beaux jours de promoteurs privés, comme à Crest ?
Des lignes de fuites budgétaires
A contrario, la participation est au rendez-vous sur le projet de réfection de la place de la République. Participation massive  sous forme de pétition qui en dénonce le cout exorbitant. Pour être synthétique, comme pour le stade de foot, n’aurait-on pas mieux à faire de fonds publics de plus en plus rares donc précieux ?
Là non plus, la communication ne fait pas tout. Si elle pousse les diois à s'intéresser aux fouilles du maire, elle ne les empêche pas de voir que le maire s'intéresse à leurs fouilles !
Mais pourquoi pas de vraies lignes de fuite, des perspectives ?
Nous pourrions imaginer développer des commerces et services dans un centre-ville accessible en toute sécurité par un nombre croissant de personnes souhaitant y venir à pied ou à vélo. Nous poursuivrions la construction des parkings de périphérie. Nous privilégierions une vie de quartier à Cocause-Chamarges. Nous favoriserions la densification des quartiers proches, les liaisons douces et sécurisées, une déviation simple et un plan de circulation empêchant la traversée de ville. Plutôt que de fuir à l’idée d’une ligne, nous donnerions des perspectives.
Albert Idelon

lundi 28 mai 2012

Quel logement partagé dans le Diois...


Initiative citoyenne sur le logement dans le Diois
Bonjour, Bonsoir,
Une initiative citoyenne nous donne rendez-vous 
Le Mardi 29 mai 
à 18 heures aux Locaux Loco  rue de l’Armellerie à Die pour une rencontre, discussion sur :
Le logement solidaire…
La Création d’un ou plusieurs  groupes de futurs colocataires
Que dit la loi ?
Venons échanger de nos besoins, de nos envies, de ce qui nous fait rêver à plusieurs… avec la présence de Mme Agnès Lefgoun (chargée de mission logement du Diois)
A diffuser autour de vous ....merci
Béatrice Alexandre
06 89 26 14 80
Alexandre Béatrice

mercredi 23 mai 2012

Urgence pour le logement...


Urgence pour le logement
Tout s’efface. Jusqu’aux erreurs historiques assénées par un président de la République. Quand Nicolas Sarkozy déclara que «la loi de 48 a conduit à la plus grande pénurie de logements jamais organisée», il fit preuve d’une méconnaissance rare. La pénurie de logements dans les années 50 tient d’abord à l’incapacité française, entre 1918 et 1948, d’édifier massivement des HLM et de soutenir l’accession à la propriété, contrairement aux autres pays industrialisés, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne.
Elle tient aussi au désengagement des investisseurs immobiliers privés qui, dans cette période, se sont tournés vers d’autres secteurs pour réaliser des profits immédiats. Après-guerre, un loyer coûtait moins cher que la consommation de tabac. Ces loyers bas et la mise en place du droit au maintien dans les lieux permirent néanmoins aux couches populaires de conquérir du pouvoir d’achat et le droit à la stabilité du logement. La loi de 1948 fut justement conçue pour relancer l’investissement privé, tout en sauvegardant l’intérêt des locataires en place. Les loyers des logements produits après 1948, certes, furent dérégulés. Mais, dans les habitations construites avant l’adoption de la loi, les loyers ont été encadrés. Cette loi limita donc la ponction de la rente locative et immobilière sur les revenus du travail, tout en permettant aux entreprises financières d’édifier un patrimoine de «valeur». Elle a empêché des flambées spéculatives nées de la pénurie, en attendant la mise en œuvre d’une politique de logement de masse. Jusqu’au retournement ultralibéral des années 1980, quand, pour remercier le lobby de «la propriété bâtie» pour son soutien financier et politique, Jacques Chirac, Premier ministre en 1986, abrogea la loi de 1948. Ce qui provoqua la plus grande vague de spéculation immobilière du XXe siècle, en France. La suite est connue : crise immobilière en 1990, généreux soutien à l’investissement locatif privé en 1995 pour le plus grand bonheur des spéculateurs, flambée des loyers et de l’immobilier à partir de 2002, renforcement des cadeaux fiscaux, une législation défavorable aux locataires, des politiques d’urbanisme tournées vers la valorisation foncière immobilière, «l’épuration sociale» des quartiers populaires et, à partir de 2005, une bulle immobilière qui frappa l’ensemble du pays…
Aujourd’hui, la France est le pays occidental où se loger coûte le plus cher, rapporté au revenu des ménages. Une nouvelle politique du logement est à l’ordre du jour. D’urgence, il faut réparer les dégâts des politiques du logement cher et inscrire le droit au logement dans notre protection sociale : appliquer enfin le droit au logement opposable, le droit à l’hébergement, le droit de réquisition. Les expulsions ont doublé en dix ans. Elles doivent être suspendues. Il faut ramener les prix immobiliers à un niveau raisonnable et réduire loyers et charges nets à environ 20% du revenu des ménages pour redonner du pouvoir d’achat, relancer la production massive de HLM, l’accession à la propriété et la mise aux normes écologiques de l’habitat ancien, public et privé. Sans ces ruptures, ce sera toujours l’enfer pour les victimes de la crise du logement.
JEAN-BAPTISTE EYRAUD Droit au logement (DAL), WILLY PELLETIER Fondation Copernic, JOSIANE BALASKO Comédienne

mercredi 11 janvier 2012

Eurre 26 400 : Le "Village des possibles", vous donne rendez vous...

Le collectif du Village des Possibles
Bonjour à toutes et tous !
En espérant que la nouvelle année a bien commencé pour vous... dans la joie, la simplicité et de multiples horizons possibles !
Le collectif du Village des Possibles s'est réuni pour la dernière fois en novembre, avec pour objectifs, de réaliser, enfin, le bilan de l'expérience de septembre et de définir les nouveaux possibles de l'association Les Toits Filants. Nous vous inviterons donc à des ateliers ou journées aux Ramières (Eurre), qui se dérouleront au cours de l'année, toujours sur le principe de participation libre. Voici la première :
- dimanche 26 février de 9h à 18h, c'est la journée Troc-Coeur ! Donnons et partageons !! Voir affiche en pièce jointe.
Et en lien avec notre association, nous vous proposons les rendez-vous suivants :
- mardi 31 janvier à 14h aux Rencontres de l'écologie à Die :
projection du film d'Alter Action et débat avec les acteurs du Village des Possibles ! Voici le lien : http://www.ecologieauquotidien.fr/10%C3%A8mes-rencontres-de-l-ecologie/mardi-31-janvier/
Si vous souhaitez adhérer à l'association Les Toits Filants, faites-nous signe !!!
Si vous souhaitez vous désinscrire de nos mails, faites-nous signe également...
A bientôt !!
Noémie pour Les Toits Filants
Les Ramières
26400 Eurre
Infos et contact : villagedespossiblesdrome.blogspot.com

jeudi 29 septembre 2011

Biovallée : vers un nouvel urbanisme...

L'écoquartier, «un équilibre entre autonomie et ouverture sur l'extérieur»
Les projets d’écoquartiers fleurissent un peu partout en France. Près de 500 collectivités ont répondu au deuxième appel à projets du ministère de l'Ecologie et du Développement durable cette année. Et c’est sans compter «les autres projets en dehors de ce circuit mais dont la démarche est cohérente», ajoute Franck Faucheux, responsable du bureau aménagement opérationnel durable au ministère.
Bayonne, qui accueille mercredi et jeudi le forum des quartiers durables, a prévu de livrer entre 2012 et 2013 son premier écoquartier, le Séqué, à cinq kilomètres au nord de la ville. «Au départ, c’est une opportunité foncière, raconte Martine Bisauta, adjointe au maire en charge du Développement durable. L’idée a été de monter un projet de quartier performant, à des coûts maîtrisés pour les habitants. Nous allons commercialiser des biens à 3.000 euros le m2 maximum, alors que le marché se situe à 3.500-4.000 euros.» La performance des bâtiments devra atteindre une consommation inférieure à 50 kWh/m2/an, tandis que les eaux pluviales seront récupérées, et les déchets valorisés.
Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, vient de son côté de donner le coup d’envoi du plus grand projet d’écoquartier en Ile-de-France. Sur neuf hectares, il devrait accueillir 4.000 habitants d’ici à 2017. Toujours dans un souci de maîtrise du foncier et de mixité, le maire, Jacques Bourgoin (PCF), a tenu à y imposer 50% de logements sociaux.
BedZED à Londres, «l’exemple à ne pas suivre»
«Il n’y a pas de modèle absolu d’écoquartier, insiste Grace Yepez, architecte pour le centre de ressources technologiques Nobatek. Les projets à Lyon, Grenoble, Narbonne, Bayonne sont assez différents.  Mais il y a quand même des règles à respecter, comme être innovant, considérer l’habitant comme pierre angulaire du projet. On cite souvent le quartier BedZED à Londres comme référence, mais de mon point de vue, c’est le modèle de quartier très performant mais pas assez humain, à ne pas suivre.»
Martine Bisauta abonde dans ce sens: «La technologie ne fera pas tout. Les habitants doivent s’approprier l’endroit où ils vont vivre. C’est par leur comportement que l’on fera baisser les consommations. C’est pourquoi la concertation avec la population est primordiale. Sur le quartier du Séqué, un cabinet d’études va les accompagner durant deux ans pour les aider à finir d’aménager le quartier comme ils le souhaitent.» A  Genevilliers, le maire souhaite que les innovations menées au sein de  l’écoquartier «profitent à l’ensemble de la ville».
«Il faut trouver l’équilibre entre des quartiers autonomes énergétiquement, fonctionnant en circuit fermé, mais solidaires et ouverts sur l’extérieur, résume Grace Yepez. C’est cela la ville de demain. Sinon, le danger est de créer des îlots très performants réservés à une population aisée, et repliés sur eux-mêmes.»
«L'écoquartier doit avoir un impact sur toute la ville»
Bayonne : Aujourd'hui Franck Faucheux, le responsable du bureau Aménagement opérationnel durable au ministère de l'Environnement, et son adjoint Bruno Bessis, décryptent cette nouvelle forme d'urbanisme...
On entend beaucoup parler d’écoquartier en France depuis quelques années. Mais que renferme exactement cette notion?
Franck Faucheux. Le terme écoquartier s’est imposé lors du Grenelle de l’Environnement. C’est une opération d’aménagement qui doit remplir des objectifs environnementaux bien entendu, mais aussi économiques et sociétaux: un écoquartier coupé du reste du monde, et dans lequel personne ne se parle, ne serait pas un écoquartier. Il doit aussi proposer des logements financièrement accessibles, être bien desservi par les transports pour offrir aux habitants un choix entre plusieurs modes de déplacement. La technologie, il en faut, mais elle doit être adaptée à l’échelle du quartier: on n’installera pas une collecte de déchets par pneumatique dans un environnement urbain peu dense. A l’inverse, un réseau de chaleur trouvera sa place dans un projet de plusieurs milliers de logements.
Bruno Bessis. Un écoquartier, ce n’est pas un objet fini. A aucun moment on ne dit qu’un écoquartier doit ressembler à telle ou telle chose. Il doit avant tout répondre à un certain nombre de valeurs.
Ce n’est donc pas l’unique réponse à la ville durable?
FF. Non, c’est un lien vers la ville durable. Pour certaines collectivités, c’est l’occasion de créer un aménagement réclamé par les habitants, à l’échelle de la ville entière, de repenser les modes de déplacement. S’il n’a aucun impact sur la ville, il a raté quelque chose.
A ce jour existe-il un écoquartier achevé, et qui fasse référence, en France?
BB. Le plus abouti est celui de la ZAC de Bonne à Grenoble. L’aspect sociétal est pleinement pris en compte puisqu’il compte 40% de logements sociaux. Avec ce projet, la ville de Grenoble a donné un standard à suivre pour les autres grandes villes.
Les collectivités ont-elles bien pris conscience des enjeux de développement durable dans leurs projets?
BB. Pour le premier appel à projets écoquartier nous avons reçu 160 candidatures. A l’issue du deuxième, lancé cette année, nous arrivons à près de 500. Cela montre donc que les collectivités se posent les bonnes questions. Mais ce n’est pas pour autant que les 36.000 communes françaises ont adopté la démarche du développement durable.
Les projets d’écoquartiers sont essentiellement des quartiers flambants neuf. Or, on sait bien que l’enjeu énergétique des bâtiments repose essentiellement sur la rénovation de l’existant. Est-ce suffisamment pris en compte?
FF. Il y a des dossiers de réhabilitation très intéressants. Mais c’est évidemment plus compliqué que de la création, non pas pour des questions techniques, mais de procédures administratives et de montages financiers. C’est rare de tomber sur des copropriétaires qui vont manifester ensemble, au même moment, un même besoin de rénovation énergétique. Il faut souligner au passage l’incompétence des syndics de copropriété, qui par exemple freinent  des quatre fers sur les diagnostics énergétiques. C’est regrettable car eux auraient les moyens de mettre en place des centrales d’achat pour rénover des immeubles entiers. Le parc privé est en train de se paupériser, alors que celui du logement social a pris les devants il y a déjà dix ans.
Le forum des quartiers durables a lieu les 28 et 29 septembre à Bayonne
Ecologie au Quotidien suit plusieurs projets d’ écoquartiers en Drôme : Ecoravie à Dieulefit, La Belle Verte à Saillans, Habiterre à Die, Les Toits de la Gare à Recoubeau, Art’erre et ses maisons en éconstruction mais aussi des projets municipaux comme à Aubenasson, Chanqueyrasse à Die…Et les fait visiter pendant ses rencontres annuelles.  
DIE, Rhône-Alpes, France
Le Chastel 26150 DIE
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