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dimanche 13 avril 2014

Piegros la Clastre : Billie, Belle de Drôme...



PIEGROS-LA-CLASTRE: Le premier “baiser” de Billie
Billie s’est déjà fait remarquer pour son énergie et sa sensualité.
(Photo: Previous Next)
Originaire de la Drôme, elle sort un premier album intitulé "Le baiser"
Originaire de la Drôme, elle sort un premier album intitulé "Le baiser"
“Une voix envoûtante, des claviers captivants pour une fragrance encore inconnue à ce jour”. “Une écriture sensible et mordante… Énergique, la chanson détonne et étonne. Billie aussi…” Avant la sortie le 31 mars de son premier album, “Le baiser”, les retours étaient déjà édifiants.
Il faut dire que la jeune chanteuse lyonnaise, qui a vécu longtemps à Piégros-la-Clastre où habite sa famille, a été bien entourée : la collaboration de Kent, celle de Belle du Berry (Paris Combo), une réalisation signée Romain Tranchart et Grégory Louis… son premier essai risque bien d’être un coup de maître ! D’autant que “Ta bouche” est sur la play list des radios.
« J’avais envie de mélanger la chanson française et la musique électronique »
« J’avais envie de mélanger la chanson française et la musique électronique, confie-t-elle. En 2008, j’avais monté un projet sur scène avec une violoncelliste (Théodora King) ; un pianiste (Vincent Elbaz) nous a rejoint c’est devenu plus électronique. Et l’influence des années 80, que j’aime beaucoup, s’est ajoutée. »
Si elle préfère ne communiquer que son nom de scène, Billie ne cache pas qu’elle a fait partie de l’aventure musicale de Coefficient 7 et du Petit Festival en Herbe. « J’ai hâte de venir jouer dans la Drôme, avoue-t-elle. J’ai écrit les titres il y a deux ans, j’ai fait ces rencontres, ils ont dit oui tout de suite ».
On dit d’elle qu’elle a un sourire de louve, que sa prose est sensuelle, on parle d’elle comme d’une sirène à la poésie sensible, Billie s’est déjà fait remarquer, notamment lors des Transmusicales de Rennes en 2011. Elle est désormais en tournée, avec un passage par Les trois baudets à Paris mardi dernier.
Elisabeth VOREPPE du DL

vendredi 11 avril 2014

Die 26150 : le Tchaï Walla change de mains....



Bonjour,
Finalement notre reprise a pris du retard et nous signons la vente le vendredi 18 avril 2014 à 17h, ce jour à midi nous serons ouvert pour notre dernier service de la scop tchai walla, et dés le samedi 19 avril 2014 à midi nos repreneurs Lucie et Christophe seront là pour vous accueillir, avec nous d’ailleurs, ce soir là ils proposeront une soirée festive d'inauguration avec musique brésilienne et repas...réservation vivement conseillée!
Tchailala hi hou!!!
Restaurant TCHAI WALLA
8 Rue Joseph Reynaud
26150 DIE
tél: 04 75 21 00 94
mail: tchai26150@orange.fr
site: www.tchaiwalla.com

Barnave ce 18 avril à l'Aubergerie...



mardi 1 avril 2014

Saillans : Forro à l' Oignon ce samedi 5 avril...



Samedi 5 : Forro Chego
Bonjour,
Samedi 5 avril à 20h30 à l'Oignon : FORRO CHEGO
Le forro c'est le baloche version nordeste du Brésil, une danse de couple joyeuse énergique et câline, au son de l'accordéon, des voix, du triangle et des percussions. Alors deux pas à droite, deux pas à gauche,le tout bien collé à son ou sa partenaire (vive le forro pour tous) et c'est partie!. 
C'est dans cette univers que vous plonge Forro chego,  nouveau quartet Franco-brésilien de la région, autour d'un répertoire de grands noms de ce style musical, comme Jackson do Pandeiro, Luiz Gonzaga, Trio Nordestino…
Chant Percussions Lisa Das Neves
Chant percussions Sylvain Esnault
Accordéon Richard Posselt
Percussions/chant Benjamim Ruschi
À bientôt !
L'Oignon local associatif

dimanche 30 mars 2014

Sainte Croix en Diois : Chantiers participatifs...



Chantier monastère suit et fin : samedi 5 avril
Bonjour à toutes et tous !
Petit rappel : nous organisons samedi 5 avril à partir de 9 h jusqu'à 16 heures le chantier grand ménage du monastère avant le début imminent de la saison.
Café-croissant pour vous réchauffer le matin (les gelées sont encore présentes).
Et nous vous offrons le repas à midi pour partager un petit moment convivial donc merci de bien vouloir confirmer votre présence pour faire les courses et préparer en conséquence.
A bientôt, bonne journée et bon weekend, Fred et Steph
Frederic Monastere
Contact : ANCIEN MONASTERE
26150 SAINTE CROIX
Tel : 04-75-21-22-06
Mob : 06 85 80 05 22 (hors saison et en saison)
E-mail : contact@le-monastere.org
Dernières minutes ! Fin du Chantier des jardins Samedi 05 avril de 9h à 16 h repas offert le midi merci de prévenir de votre venue au 04-75-21-22-06
Samedi 05 avril de 9h à 16 h - Chantier participatif ménage de printemps - repas offert le midi merci de prévenir de votre venue au 04-75-21-22-06

samedi 29 mars 2014

Saillans : Concert au Local associatif l' Oignon...



Dimanche 30 : Simon Widdowson et Koko Harp
Bonjour,
Dimanche 30 mars à 11 h à l'Oignon : Simon Widdowson et Koko Harp, Blues Rock
L'Oignon local associatif

Sous le regard de Isoarda, comtesse de Die...



Dame  Béatriz  Vicomtesse de Die : "Il me faut chanter"
La comtesse de Die fut l'épouse de Guilhem de Poitiers, dame belle et bonne. Et elle s'énamoura de Raimbaut d'Orange, et fit à son sujet maintes bonnes chansons." Née en 1135 et décédée en 1185.
Elle est parfois désignée par d'autres troubadours sous le nom de Béatriz. Elle pourrait être une descendante de familles seigneuriales du Valentinois et du Viennois Beatritz, fille de Guigues, dauphin du Viennois. Pour approfondir le mystère, sa vida nous dit qu'elle est mariée à un certain Guilhem de Poitiers! Etrange. Mais il y eut un Guilhem de Peitieus qui fut comte du Valentinois (1163-1189).
Tout aussi bien elle pourrait être Isoarda ou Beatrix, une fille du comte Isoard de Die qui serait née vers 1150 et aurait été l'épouse de Raimon d'Agout (1180-1212) qui habitait près d'Orange. Une "Beatrix comitissa" est consignée dans un document de la famille d'Hugues d'Aix datant de 1212. 
Ses cansos s'adressent peut-être à Raimbaut IV d'Aurenga (1198-1218), le fils de Guilhem III qui était le neveu du troubadour.  
On n'arrive pas à situer précisément dans le temps la vie de cette Dame. 
L'Amante passionée
Authentique, direct, passionné, tel est son style. Connaissant parfaitement bien les règles de fin' amor, elle n'offre pas ses faveurs sans soumettre son prétendant à l'assai, s'il souhaite goûter au plaisir du baizar, jazer et tener, le baiser d'amour, le coucher et l'étreinte. Aussi elle exige de lui l'obéissance absolue et affirme clairement : 
Bel ami, aimable et bon, quand je vous tiendrai en mon pouvoir, que je puisse un soir me coucher avec vous, et vous donner un baiser d'amour, sachez que j'aurais grand plaisir à vous tenir dans mes bras à la place du mari, pourvu que vous m'ayez promis de faire tout ce que je voudrai...t selon les mêmes règles, elle tient à l'écart les calomnies des médisants et le mari jaloux : Et vous, jaloux, mauvaise langue, ne croyez pas que je renonce, que joie et jeunesse ne me plaisent pas, pour quelque dépit qui vous en vienne !..Cette trobairitz obéit aux conventions du courtisement amoureux et aux lois de fin'amor qui sont tout aussi clairement énoncées que dans le trobar des hommes. Il y met un peu plus de passion, voire de sensualité.
Voici une de ses célèbres Cansos la plus belle sans doute
Il me faut chanter ce que je ne voudrais pas,
Je me plains tant de celui dont je suis l'amie,
Car je l'aime plus que qu'aucune chose qui soit:
Dans sa conquête ne me sert ni  Mercy ni Courtoisy
Ni ma beauté, ni ma valeur, ni mon esprit;
Car ainsi  je me suis trompée et trahie
Comme je devrais l'être si j'étais sans grâce
De cela (une chose) me console: que jamais je ne fis de faute envers vous,
Ami, d'aucune façon
Plutôt je vous aime plus que Seguin n’aima Valence
Et il me plaît beaucoup que je vous vainque en amour,
Mon ami, car vous êtes le plus vaillant
Avec moi vous faites le fier en discours et en actions
Et vous êtes si noble envers tous les autres gens.
La façon dont votre coeur s'enorgueillit envers moi m'émerveille,
15 Ami, pour cela j'ai raison de me plaindre
Il n'est guère juste qu'un autre amour vous enlève à moi
Quoi qu'elle vous dise ou vous permette
Et je vous rappelle quel fut le commencement
De notre amour, que jamais le Seigneur Dieu ne veuille
Que la séparation soit de ma faute.
La grande prouesse qui règne en vous-même
Et le riche  prix que vous avez m'empêchent de partir
Car je ne connais aucune (dame), lointaine ou voisine
Qui si elle veut vous aimer ne s'y incline
Mais vous, ami, êtes si plein d'esprit
Que vous devez bien connaître la plus fidèle
Et vous souvenir de notre accord.
Mon prix et ma famille doivent avoir de la valeur pour moi
De même que ma beauté et ma dévotion 
Ainsi je vous envoie là où est votre séjour
Cette chanson, que pour moi elle soit un messager
Et je veux savoir, mon noble bel ami,
Pourquoi vous m'êtes si farouche et sauvage
Je ne sais si c'est de l'orgueil ou de la mauvaise volonté.
Mais je veux d'autant plus que le messager vous dise
Que beaucoup de gens ont une grande damnation dans trop d'orgueil.
Relevé chez :
Œuvres
- Ab joi et ab joven m'apais
- A chantar m'er de so qu'ieu non volria (Je chanterai ce que je n'aurais pas voulu chanter)
- Estât ai en greu cossirier
- Fin ioi me don'alegranssa

vendredi 28 mars 2014

Die 26150 : Exposition à l' Espace Ti-Nive...



Exposition du 26 Mars au 24 Avril 2014
Les esprits de la montagne semblent s'être installés à l'Espace Ti-Nive
 Tine Panzuti a rapporté de ses randonnées dans le Diois et dans l'Oisans (à la Bérarde pour ceux qui connaissent) nombre de croquis et peintures.
 La galerie associative vous propose une exposition d'une partie de son travail sous le regard cynique de trois faunes de Paul Dardé (sculpteur du Larzac méridional qui fut un temps dans l'atelier de Rodin) dont Tine s'est inspirée.
L'Espace Ti-Nive vous convie cordialement au VERNISSAGE LE SAMEDI 5 AVRIL A PARTIR DE 11H00
Espace Ti-Nive - Galerie Salon de Thé
32 Rue de l'Armellerie
26150 DIE
Ouverture du mercredi au samedi 10h00-12h30 / 16h00-18h00 ou sur rendez-vous : 0674968426 / 0688691317
http://galerie-espacetinive-asso.fr/WordPress3/
Yves Ribard

mardi 25 mars 2014

Die 26150 : soirée de soutien...



Youhou soutenez-nous, venez faire un tour!
LE COLLECTIF DES ARTISANS DU DIOIS :
Poterie, jeux en bois, tissu, laine, feutre, cuirs, imprimantes 3D, ...
LES AGITES DU LOCAL S'INSTALLENT
ET ORGANISENT UNE SOIRÉE DE SOUTIEN POUR AMÉNAGER LEUR LOCAL D' ANIMATION D'ATELIERS / EXPO-VENTE / ÉVÉNEMENTS CULTURELS...
SOIRÉE CONCERTS
KOUING KONG
CAJUN CAILLASSE & dance floor
A DIE  RUE DES 4 CANTONS / ANGLE RUE EMILE LAURENS
ENTRÉE / ADHÉSION ET MIAM A PRIX LIBRE
A PARTIR DE 19H
samedi  29 mars 2014 

lundi 24 mars 2014

Crest ...avant ce 23 mars...

Gilles dans ses ateliers, sur l'écosite d'Eurre, en mars 2014 (Rémi Noyon/Rue89).
Cassez-vous les crasseux

A Crest, Hervé Mariton ferraille contre les babas cool


Gilles dans ses ateliers, sur l’écosite d’Eurre, en mars 2014 (Rémi Noyon/Rue89).
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L’UMP Hervé Mariton brigue un quatrième mandat dans cette ville drômoise de 8 000 habitants. Ses adversaires dénoncent sa volonté de « désinfecter » cette « bab’s vallée » où pullulent artistes et militants de tout poil.

(De Crest) Au moins, ils s’accordent sur la définition. Le « baba cool » est un hippie d’arrière-garde, un improductif pas toujours sobre. Pas tout à fait punk à chien, mais pas non plus bobo des campagnes. Guère mélioratif.
Là s’arrête l’analyse partagée. A ma droite, Hervé Mariton, petites lunettes carrées, russophone revendiqué et troupier acharné de la droite morale ; à ma gauche, Gilles Rhode, la soixantaine burinée, le chapeau des Blues Brothers et la tronche d’un Pierre Rabhi en moins dégarni.
Député-maire de Crest, dans la Drôme, Hervé Mariton compte bien se faire réélire pour un quatrième mandat. Bien sûr, il y a une liste socialiste (avec de vrais morceaux de communistes), mais Gilles figure sur un rassemblement « citoyen », entre le centre et la gauche (il ne faut pas le dire), saucé d’écologie. Une nouvelle opposition au maire.

Hervé Mariton nous présente une spécialité locale, le 14 mars 2014, à Crest (Remi Noyon/Rue89)

« Jamais pu blairer les écolos »

Gilles et quelques uns de ses colistiers crachotent des noyaux d’olives dans le bar du chef de file, François Bouis. Ils se doutent qu’ils étaient visés lorsque le maire sortant a expliqué au Dauphiné que le « mix entre les gens et les babas [n’était] pas toujours réussi ». Pas gêné, l’élu s’est empressé de préciser :
« Je ne vous cache pas que la vision très baba cool de la ville peut poser problème parce qu’il y a un certain nombre de gens qui ne se sentent pas à l’aise. »
La remarque a fait jaser dans le bourg, chacun y allant de son exégèse. « Il n’a jamais pu blairer les écolos », explique l’un. « C’est un élu du nucléaire », renchérit un autre. Un certain Maki, Claude Amic de son vrai nom, s’est piqué de répondre au maire dans le journal local, Le Crestois :
« Il faut, pour remettre les choses au point, savoir que dans plusieurs pays, “baba” signifie papa, et cool est bien connu pour remplacer les adjectifs calme, pacifique, pour récuser l’agressivité de l’esprit et surtout la compétition. [...] Le baba cool authentique ne représente donc pas un danger pour la ville, au contraire ! »
Hervé Mariton ne regrette rien : il voulait dire que l’agriculture bio c’est sympa, mais que ce n’est pas une raison pour laisser crever les semenciers. Fermez le ban.

La ville de Crest depuis le pont en bois, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)

« Pas de propriétaire de la ville »

C’est qu’il faut vous imaginer la ville de Crest. A regarder les performances de son maire dans l’Hémicycle, on soupçonne une ville à sa mesure, dirigée en libéral assumé, guindée sur les valeurs morales. Un coin trempé dans la prudence et les économies de matelas. Un bout de terre conservateur, en somme.
Grave erreur. A la fin des années 80, Mariton a cherché à conquérir Valence. La droite y est divisée, il perd face au maire sortant PS. Réorientation vers Crest, à une trentaine de kilomètres. Banco. En 1995, il ne rate son élection au premier tour que de 79 voix. Près de vingt ans plus tard, il vise, sans trop d’inquiétudes, sa réélection dans cette ville de 8 000 habitants [PDF].
Pourtant, l’humus local ne lui assurait pas une arrivée tout confort. Chemin de refuge pour les protestants qui se planquaient dans la rocaille, la vallée de la Drôme est devenue un coin alternatif, irriguée par les « néo-ruraux », ces citadins adeptes du retour à la terre.
Aujourd’hui, la zone continue de drainer une population joviale qui aime se mettre de la couleur dans les cheveux. Pour vous donner une idée, Sinsemilia grenouille dans le coin et tout le monde est très fier que la Drôme soit le département le plus bio de France.
Sur la terrasse de son bar, François Bouis, qui gère également une fonderie d’art, parle spontanément de « bab’s vallée » :
« C’est vrai que lorsque des amis viennent me voir, ils disent : “On ne voit pas partout des gens habillés comme ça.” »

François Bouis (à droite), dans son bar, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Hervé Mariton lui-même a l’air étonné d’être toujours là. Pas rancunier pour un sou (Rue89 n’a pas été très tendre avec lui), il reçoit dans un salon de thé qui fait office de base arrière. Il sait qu’il retournera à sa permanence, mais il a quand même calé sous son bras une pile de dossiers. Toujours avoir l’air de bosser lorsqu’on est en campagne.
« Il est vrai que le territoire est plutôt à gauche. Mais je pense que les gens apprécient mon travail et les réseaux auquel j’ai accès en tant que député. »
Blabla. On l’interroge sur sa saillie anti-baba. Sans se dédire, monsieur le maire est plus prudent :
« A Crest, il y a des populations très diverses. La ville vit dans la variété : les catholiques et les protestants, la population traditionnelle et les intermittents du spectacle... Il ne faut pas qu’un groupe cherche à être propriétaire de la ville. Ce qui est apparu à certains comme une polémique qui me serait défavorable est, à mon avis, bien perçu par beaucoup de gens. »

« Il désinfecte avant de replanter »

Peut-être. Mariton s’appuie sur un cœur de cible moins visible dans le centre-ville. La paroisse est encore vivace et les retraités l’adorent – il a par exemple mis en place un système de navettes pour amener les personnes âgées dans un foyer restaurant et s’est converti aux poubelles à pédales, « parce que ça évite de se baisser ».
Les habitants qui ne l’apprécient pas beaucoup moquent ces « maritoniens fervents » qui le regardent « avec des yeux d’amour », ces « papis et mamies » qui passent « leur vie devant la télé » où le maire fait de fréquentes apparitions.
Crest illustre les tiraillements de ces villes attractives à la démographie changeante, traversées de cassures entre les générations, les familles « enracinées » et les nouveaux arrivants, souvent très diplômés, parfois bohèmes.
Comment Hervé Mariton a-t-il cherché à façonner la ville ? Pour s’entendre raconter la légende noire, il faut se tourner vers Gilles. Ce dernier a une métaphore plutôt vivifiante pour décrire l’action du maire :
« C’est comme l’agriculture chimique. Il désinfecte tout avant de replanter. »

Gilles Rhode dans son bureau, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)

Le « lama » avait un drôle de nom

La saga anti-babas a ses racines. On peut remonter au lendemain de l’élection du maire. En 1997, celui-ci fait appel à des vigiles de la société SAS pour arpenter les rues. La mairie s’inquiète de « la population un peu marginale [attirée par la région] qui génère un marché [de la drogue] et une petite délinquance ». A la même époque, Hervé Mariton décide de réduire le temps de travail de ses employés communaux pour alléger l’endettement. Libéral un jour...

Détail du Dauphiné en 2006, lorsqu’un drapeau a de nouveau été déployé sur la tour
Après 1998, son élection à la région grâce aux voix du Front national envenime gravement les choses. Réunis dans le mouvement Vaccin (Vigilance, art, culture contre les idées noires), des artistes de la région Rhône-Alpes le traitent de « nazi » et de « collabo ». En 2003, des intermittents arrachent un immense drapeau tricolore déployé à l’occasion du 14 Juillet sur la tour médiévale, symbole de la ville.
Au même moment, Gilles entame son bras de fer avec le maire. Le bonhomme a créé l’une des plus anciennes et importantes compagnie de théâtre de rue – Transe Express. Il participe à un carnaval « joyeux et libertaire ». C’est du désordre, c’est du bruit. On est loin de l’image idéale de la ville voulue par le maire, loin de son électorat. Mariton :
« Franchement, c’était sale. Des œufs sur les bâtiments, de la mousse à raser sur des gens, des pétards dans les pattes... On ne pouvait plus supporter cela. »

De jolis graffitis dans la ville de Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
« Karnavalacrest » s’interrompt. De son propre aveu, Gilles en fait voir de « toutes les couleurs » au maire. Mariton jure que cela ne l’a pas atteint, mais ses yeux se durcissent à l’évocation d’une anecdote racontée par le fondateur de Transe Express :
« Un jour de fête de rue, on fait sortir un “bouc émissaire” et on propose aux gens de le sacrifier : “Au feu, au feu”.
C’est un magnifique bouc et, au dernier moment, on fait venir un lama en carton et on fait chanter à la foule : “Brûlez le lama, brûlez le lama !”
A cet instant-là, on lui donne un nom : “Riton”. Voilà la foule qui chante : “Brûlez le lama Riton, brûlez le lama Riton”. »

« On s’était habillés en travelos »

Depuis, les deux hommes ne se sont pas rabibochés. Hervé Mariton a laissé partir avec satisfaction la compagnie – qui emploie tout de même 150 intermittents. Pour Gilles, le maire a pris prétexte de l’extension des activités de la cartonnerie, l’une des principales industries de la ville, pour les éjecter. L’élu jure qu’il leur a proposé un local en périphérie de la ville.

Gilles Rhode dans ses ateliers, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Quoi qu’il en soit, Gilles a installé sa troupe et ses ateliers dans un « écosite » aux allures de village gaulois. L’endroit, qui sent la résine, est situé sur le territoire d’une commune limitrophe, séparée de Crest par une ligne de chemin de fer sur laquelle un plaisantin a tagué en énorme « Tibet libre ».
De temps en temps, la compagnie vient titiller le maire, comme lors de la première gay pride de Crest, organisée l’année dernière par un collectif LGBT de la région :
« C’était drôle, on s’était habillés en travelos. »
Un journaliste du Crestois se souvient :
« C’était bon enfant et puis ils ont fait marcher le commerce, même s’il y a eu quelques tags sur les murs. »

« Grand froid » sur la ville

A entendre les opposants – le sans-étiquette François Bouis et le socialiste Samuel Arnaud, conseiller municipal sortant –, c’est après ce grand ménage que Hervé Mariton a cadenassé la ville. Les deux candidats d’opposition regorgent d’anecdotes sur le « grand froid » qui a soufflé sur la commune, même s’ils admettent tout deux que le maire n’a pas fait que des bêtises.

Le centre-ville de Crest, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
D’abord, après avoir expurgé la Maison des jeunes et de la culture – selon lui parce qu’elle était minée par les querelles internes, selon ses opposants parce que c’était bourré de gens de gauche –, le maire a reconstruit quelque chose de plus pépère dépendant de la Centre communal d’action sociale (CCAS) et donc, in fine, de la mairie.
Gilles, dans son style hardi, ne l’a toujours pas digéré :
« Elle ne propose que des ateliers de bien-être, de loisirs. La mairie se fout de la créativité, de l’éducation populaire. »
Plus froid, plus pondéré, le candidat socialiste Samuel Arnaud ironise :
« C’est amusant, il a municipalisé la culture pour se débarrasser des personnes qui l’agaçaient alors que pour tout le reste, sa doctrine est d’externaliser, de baisser le nombre d’employés municipaux. »
Lui note que la ville a voté à 57,20% pour François Hollande et est persuadé que la tentative d’enfumage de Mariton, qui tente de faire passer ses opposants pour des babas pas sérieux, ne passera pas.

Samuel Arnaud, le candidat socialiste, dans sa permanence à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Les conseillers municipaux d’opposition n’ont toujours pas avalé la motion contre le mariage pour tous présentée en conseil municipal, le 22 novembre 2012. Le maire y faisait savoir qu’il avait « choisi de développer des actions pour la famille durable avec, entre autres, la préparation au mariage civil, prévue dans l’Agenda 21 pour le développement durable » [PDF].
Vous avez bien lu : s’opposer au mariage gay serait, selon Hervé Mariton, un principe du développement durable. Devant son thé, le député assume au nom de son personnalisme philosophique :
« A mon sens, donner le maximum de chance aux mariés n’est pas hors du champ du développement durable. »
La mairie propose même une « formation » au mariage civil. L’idée est d’expliquer aux couples comment va se passer la cérémonie et d’insister sur la portée de ce choix...

Hervé Mariton à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)

McDo pour socialiser les jeunes

Pour les critiques, le symbole de cette anesthésie de la ville est la place de l’église, rénovée par Hervé Mariton. Un espace coupé en trois par des blocs de granit qui ressemblent à des pierres tombales : église, terrasses de cafés, parking. La vie compartimentée, sous l’œil des caméras de vidéosurveillance qu’il a fait installer.
« Tout le monde sait que Mariton veut une ville de vieux. »
Derrière le comptoir du bar La Caverne, le seul troquet encore ouvert après 21 heures, le barman, Ahmed, souligne, bon joueur, que le maire n’est pas mauvais puisqu’il est réélu depuis presque vingt ans.
Mariton, lui, s’agace : la place fait appel à l’art contemporain (« comme Pompidou »), le kebab est ouvert jusqu’à 22 heures et l’animation du centre-ville est compliquée par le bâti historique et la pente – un vrai sujet.

Hervé Mariton dans le centre-ville de Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Il met aussi en avant le McDo construit à l’entrée du village (mais en retrait de la route pour ne « pas avoir un empilement de bâtiments-boîtes »). Malgré l’opposition d’un collectif « Action Peace », la mairie n’a pas cédé, au prétexte que c’était un lieu de socialisation des jeunes et que c’était écologique :
« J’assume totalement. On ne va pas se masquer les yeux. Que l’on n’aille pas exiger de moi un racisme anti-McDo. Cela amène des gens qui auraient été à Loriol en consommant du carburant. »
Le maire contre-attaque. Il a un message à faire passer. Il est peut-être un « juif errant, un pâtre grec », mais il a le droit de poser ses valises et ne supporte plus ce procès en illégitimité qui lui est fait :
« On s’est moqué de mes enfants, on raconte qu’on leur jetait du chewing-gum à la figure à l’école. On m’a même dit que j’étais un colon parce que je suis né à Alger. Quand un déséquilibré ma tiré dessus, je suis allé à l’hôpital de Crest, pas à l’hôpital américain de Neuilly comme certains le suggèrent. »
Vient sa caution verte : le maire est très fier de son pont en bois, structure vieille de treize ans, qui est supposée agir comme un piège à CO2. La construction de la passerelle l’a confirmé dans sa conviction que la politique de l’offre est la seule efficace (eh oui) :
« Personne ne me l’avait demandé, tout le monde en est content. »

La Caverne à Crest, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Quant à la construction d’un nouvel hôpital sur la commune, Mariton jure l’avoir obtenue grâce à ses réseaux. De manière générale, l’élu se flatte d’avoir arrosé sa commune grâce à la réserve parlementaire et veut suggérer que malgré la remise à plat de Claude Bartolone, il continue de palper :
« Tout le monde a le même montant, sauf ceux qui ont plus. »
Avec cet argent, il a fléché vers la commune près d’un million d’euros en trois ans (552 000 euros en 2011, 234 000 euros en 2012, 100 000 euros en 2013), ce qui a le don d’agacer Yann Louvel, un blogueur écolo connu de la commune, qui parle de « concurrence déloyale ». Les crédits de la réserve lui ont également permis de soigner la fiscalité.
Dans sa permanence, entre deux tractages, Samuel Arnaud soupire :
« Le débat d’orientation budgétaire se résume à un chiffre : 0. Ne pas augmenter les taux d’imposition. »
Les opposants à Mariton font valoir que plus d’argent aurait pu être injecté via les intercommunalités ou la participation à la bio-vallée. Mais monsieur le maire avait décidé qu’il n’était pas question de participer à ces « usines à gaz ».

Mauvais exemple pour la jeunesse

A L’Arrêt public, café associatif, on cause du « dispensaire de soins alternatifs », de la légende punk de la région dans les années 90 et du clone de Mariton (« Il est partout, il a bien un secret », disent les gens).
Jacqueline, qui est sur la liste de François Bouis et de Gilles Rhode, assure la permanence entre les affiches anti-gaz de schiste et les tracts de Colibris, le mouvement de Pierre Rabhi :
« Ce monde-là ne l’intéresse pas, il n’est jamais entré ici. Il ne nous comprend pas. »

Le bar L’Arrêt public à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Même son de cloche de l’autre côté de la rue, dans les locaux de l’association Terre de Liens, qui aide de petits exploitants agricoles à s’installer. On tombe sur Hélène, une conseillère municipale d’opposition. Elle engage la conversation avec un certain Raphaël, qui a travaillé à la mise en place de l’intercommunalité à laquelle Crest s’est liée à contre-cœur.
Pour eux, Hervé Mariton n’a pas embrayé sur le foisonnement de la vallée, le tissu de l’économie sociale et solidaire ou les entreprises comme Sanoflore, marque de soins bios lancée par une communauté de babas suisses (décidément) au début des années 70.
Maki ne dit pas autre chose :
« Le McDo, le Casino, le nouvel hôpital sont une très bonne chose, mais ils ont, par leur implantation, tué le centre-ville. Ce dernier ne peut revivre qu’en changeant totalement d’activité. [...] Notre Crest a besoin de tous, même des babas cool. »

« Aider signifie donner de l’argent ? »

Quinze associations, dont Les Amis de la Terre, ont envoyé un questionnaire aux trois listes candidates : que comptez-vous faire pour la pollution lumineuse, les forêts, les terres agricoles, le gaz de schiste, etc. ?
Seuls les socialistes d’Arnaud et les sans-étiquettes de Bouis ont répondu. Mariton a snobé les militants, dont il sait qu’ils ne lui sont pas favorables. Son explication :
« Aussi important que puisse être le sujet de la zone de libre-échange transatlantique (Tafta), je ne vois pas en quoi ce débat concerne les municipales... »
Son directeur de campagne a répondu en affirmant que trois de ces associations étaient « largement aidées » par la mairie.

L’atelier de réparation de vélos, à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Cela fait bien marrer Nicolas, qui participe à deux d’entre elles – Autour du Cycle, un atelier de réparation de vélos, et Taupine en Bourg, qui a tenté d’installer des composts dans la ville :
« Ils ont juste mis un plot devant la porte de notre local pour éviter que des voitures se garent. Nous ne recevons aucune subvention et lorsque l’on a lancé l’association, la mairie n’a pas souhaité nous aider au prétexte que nous allions faire de la concurrence aux professionnels du vélo, ce qui n’est évidemment pas vrai. »
L’œil soudain malicieux, Mariton s’étonne de ce « matérialisme » :
« Depuis quand “aider” signifie “donner de l’argent” ? »

Le fondateur d’Apple

Gilles regrette également que le député Mariton se soit engagé aussi clairement pour la refonte du statut des intermittents du spectacle, pourtant nombreux dans sa ville :
« Il nous voit comme des chômeurs, des renégats et un mauvais exemple pour la jeunesse. Il nous accuse d’avoir un statut immoral, je pense pourtant que ce statut vaut mieux que celui d’homme politique. Et puis j’ai envie de lui dire que le mec qui a inventé Apple était un baba cool. ». Rue 89

jeudi 20 mars 2014

Die 26150 : aux Locaux Loco



Saison de la semaine, curieuse.
Au LOCAUX LOCO
9 rue de l'Armellerie à Die.
Jeudi 20 mars à 19h30
AU HASARD DU MONDE
Repas complet, la CHINE par Le jardin Divers, Delphine Poron.
Réservation au 06 62 36 11 50.
Vendredi 21 mars à 20h15
Concert avec CAROLE JACQUES
Ses Chansons et KUINGN KONG
Des airs du monde et chansons dérangés par Romain Eluecque, guitare et Carole Jacques, violoncelle et voix. Ouvert à tous.
Participation aux frais 5€.
Renseignements au 04 75 22 11 24 ou 06 85 27 20 67.
Locaux Loco
locauxloco@gmail.com


L'équinoxe de printemps, c’est ce 20 mars!
Le Printemps nous interroge. Jeudi 20 ou vendredi 21 mars. La date change tout le temps. En réalité, tout dépend de l’équinoxe, c’est-à-dire du moment précis où le Soleil se trouve exactement à la verticale de l’équateur, le tout dépendant donc de l’inclinaison de la Terre. Sauf que là aussi, ça change tout le temps. L’équinoxe varie ainsi entre le 19 et le 21 mars.
Le printemps cette année, ou l’équinoxe donc, survient officiellement ce jeudi 20 à 16h57 et 5 secondes (heure de Paris). Le 79e jour de l’année, comme en 2003 et 2007. Les journées seront ainsi plus longues que les nuits jusqu’au prochain équinoxe, le 23 septembre 2014, à 2h29 et 5 secondes. Le printemps tombe donc la plus belle journée du mois, ce jeudi, avec des températures avoisinant les 20 degrés. Les prochains jours seront en revanche un rappel du froid et de la grisaille hivernale. Pour les années à venir, tout est déjà calculé. Ce sera le 20 mars jusqu’en 2044. Après cette date, le printemps sera célébré le 19 mars, une première depuis 1796. Quant au 21 mars, il faudra attendre 2102. Cela ne nous concernera donc pas.
MCD
 

mardi 18 mars 2014

Saillans : Blues à l' Oignon...



Vendredi 21 : Lazy Bones
Bonjour,
Vendredi 21 mars à 20h30 à l'Oignon : LAZY BONES
«Vaudeville et blues – voix, petite batterie et guitare »
Après quatre ans de vie sur scène, Lazy Bones autoproduit son album.
Répertoire directement sorti du tiroir de ceux qui furent témoins des premiers enregistrements de Ma Rainey ou encore Bessie Smith. Ces « Vaudevilles » et ces « Blues » nous ramènent au début du 20e siècle, leurs propos sont ceux des communs des mortels : la vie, la mort, l'amour...  
ET dimanche 23 mars à 11h : la chorale, les élèves de Yasmina Kachiche, à bientôt !
L'Oignon local associatif

mardi 11 mars 2014

Crest 26400 : Concert au Cinéma l'Eden...



Vieux Farka Touré le lundi 24 mars à Crest
Bonjour, 
Vieux Farka Touré est en tournée en Rhône-alpes... et il nous fait le plaisir d'ajouter un concert à Crest !
C’est guitare en main que Vieux Farka Touré a décidé de perpétuer l’héritage de son père Ali Farka Touré
tout en traçant son propre chemin. La réalisation de son album, The Secret, illustre à merveille cette double identité.
Enregistré entre le studio Bogolan de Bamako et le studio The Bunker de Brooklyn, ce projet porte l’ambition
de Vieux Farka Touré. Là où son père a prouvé que le blues était né en Afrique, il avance l’idée plus originale
encore que ces racines ouest-sahariennes peuvent être entendues dans beaucoup d’autres courants musicaux,
depuis la scène jam band jusqu’aux rythmes jamaïcains. 
Sur un nouvel opus, Mon Pays, sorti en septembre, le guitariste poursuit son périple dans une veine plus acoustique.
Enregistré pendant la rébellion du Nord du Mali, l’album puise au cœur du blues traditionnel qui a bercé sa jeunesse.
Concert à L'Eden à 20h
Première partie avec de jeunes musiciens (30 mn).
Tarifs : 18 €
Vous pouvez venir dès 18h30 vous restaurer avec des saveurs africaines
et partager un moment entre amis.
Contact, Daha : 06 79 88 76 35
En fichiers joints, de quoi partager l'information autour de vous...
Créativement...
Tina Galy
06 24 46 31 28
26 400  CREST

dimanche 9 mars 2014

"Ethique du soin" par Alice Médique...



Jardiner cultive l’humanité
"Jardin, agroécologie et éthique du soin".
Un lieu à taille humaine propice au bonheur d’exister
- L’espace du jardin est associé au bonheur et à l’harmonie pouvant exister dans un monde à taille humaine, dont les limites sont discernables. Sa cosmovision répond au besoin essentiel de l’homme de pouvoir se situer dans le monde et de connaître son espace de vie, de participer à la vie qui s’y déploie en jardinant et cultivant. Le jardin est par excellence l’espace limité qui permet à l’homme de ressentir l’écosystème qui l’entoure et d’éprouver son action, visible et concrète, sur le monde. Dans presque toutes les langues, les étymons du mot signifiant « jardin » sont liés à l’idée de clôture ou de frontière ; ainsi, le mot paradis vient du grec paradeisos  qui désigne un « jardin » ou un « verger », et qui dérive du persan paridaiza, qui signifiait « verger entouré d’ un mur le protégeant des vents chauds » (J.Delumeau).
- Lieu de repos, dont l’unité et les proportions à sa mesure apaisent l’humain qui l’occupe, le jardin est propice au bonheur humain éprouvé quand « tout est à sa place ». Il n’est pas étonnant que le jardin ait été associé à travers les cultures à l’amour de la nature et au plaisir d’en prendre soin, au bonheur d’exister et à la culture de soi- physiquement, moralement et intellectuellement- et de la société humaine, le jardin étant terreau de civilisation.
Culture du sol, culture du soi
- Le jardin forme un univers paisible et clos propice à la contemplation et à la réflexion. Cela n’a pas échappé aux écoles philosophiques de la Grèce antique, comme l’Académie de Platon , située sur un domaine à la marge d’Athènes et construit de portiques et de jardins ; Platon écrivit d’ailleurs qu’un philosophe doit se réfugier derrière un mur pour penser. Avant lui, Socrate avait souvent affirmé que l’âme humaine doit être jardinée et cultivée comme le sol.
- Quant à Epicure, il se mit d’abord à cultiver son jardin à Athènes, espace qui devint en 306 av J.C la 3e école grecque permanente de philosophie, après l’Académie de Platon et le lycée fondé par Socrate ; on l’appelait à l’époque « le Jardin ». La culture de soi, élément essentiel de l’épicurisme, est étroitement comparée à la culture du jardin qui demande un effort constant pour maintenir l’ordre et la vie contre les forces du désordre et de la mort.
- Epicure fonda son jardin pour ouvrir un espace de sensibilité et de pensée propice au bonheur que la société de son époque ne lui permettait plus de trouver ; il voulait son jardin propice à l’épanouissement des vertus humaines écrasées dehors, notamment les qualités de patience, de reconnaissance et d’espoir. Dans son ouvrage Jardins. Réflexions sur la condition humaine (2007), Robert Harrison évoque le sens de cette création pour Epicure :
- « Jusqu’à quel point demeure-t-on l’obligé du monde même quand on en a été chassé, ou quand on s’en est retiré ? » demande Hannah Arendt. Epicure, lui, se demandait jusqu’à quel point on demeure l’obligé de notre humanité même quand le monde qui s’étend entre les hommes l’a trahie ou défigurée. Au bout du compte, Epicure se sentait l’obligé de l’humain, non d’un monde devenu infernal. Son jardin ne prétendait pas sauver le monde de son propre enfer. Il nourrissait une ambition bien plus modeste et finalement bien plus efficace : dégager une place pour l’humain au milieu de l’enfer, en lui donnant un sol où pousser. » (p 104).
Une place retrouvée par l’éthique du soin 
- Les termes « mesuré », « modéré », et « mesure » (de musique ou de surface) ont la même racine indo-européenne que medicus (médecin) ou meditari (s’exercer, méditer), et se rattachent à un même sens primitif qui signifiait « prendre soin de » (medeor). Ces rapprochements étymologiques induisent l’idée selon laquelle l’individu modéré, qui a le sens de la mesure dans un milieu donné, prend soin de lui-même et des autres, de ce milieu. Inversement, la démesure entraîne la négligeance, l’irrespect, voire la destruction.
- Mircea Eliade souligne la responsabilité de l’homme des sociétés non industrielles ancré dans sa cosmovision, qui « assume courageusement d’énormes responsabilités : par exemple, celle de collaborer à la création du Cosmos, de créer son propre monde, d’assurer la vie des plantes et des animaux, etc. Mais il s’agit d’une autre sorte de responsabilité que celles qui nous semblent à nous les seules authentiques et valables. Il s’agit d’une responsabilité sur le plan cosmique, à la différence des responsabilités d’ordre moral, social ou historique, seules connues des civilisations modernes. Dans la perspective de l’existence profane, l’homme ne se reconnaît de responsabilité qu’envers soi-même et envers la société » (p 83, Le sacré et le profane).
- Dans Parole de terre, Pierre Rabhi évoque l’« anneau sacré » qui lie l’homme et la terre, à travers le travail de l’homme cultivateur, éleveur et jardinier qui nourrit la terre, les plantes et les animaux, qui est lui-même nourri en retour…Cycle vertueux que l’agriculture intensive  rompu. Il parle de l’humus, la matière noire fertile qui est « la vraie nourriture de la terre » : « chacun de nous peut la réaliser. Il faut accorder à cette œuvre beaucoup de soins, c’est l’acte majeur par lequel l’être humain retrouve sa place d’intendant soucieux de garder à l’anneau sacré toute sa vitalité » (p 183).
- Robert Harrison rappelle un bel extrait d’une poésie d’Ezra Pound (« Cantos ») : « Aurai-je perdu mon centre à combattre le monde ? » qui souligne le besoin impérieux de l’humain moderne de se resituer dans le monde, de retrouver ancrage sensible, horizon et limites, ce qu’offre l’espace du jardin ; à travers le fait de le cultiver, réapprendre à prendre soin, faculté humaine en voie de disparition qui est pourtant au centre de notre humanité :
- « Il suffit, en des temps semblables, de s’atteler à créer ou préserver au cœur du désert des jardins de toutes sortes (…) On reconnaît bien là la vigilance et les craintes d’un jardinier qui sait ce qu’il en coûte de faire pousser les choses, à quels aléas on s’expose en plantant un jardin au milieu du désert, c’est-à-dire en faisant de la place à l’humain au milieu de l’enfer. C’est pourquoi aujourd’hui plus encore, « il faut cultiver notre jardin », car l’alternative posée par Pound dans le tout dernier fragment de ses Cantos, « être des hommes, pas des vandales » est plus que jamais d’actualité » (p 207).
Gratitude et modération dans ce qu’on prélève sur la vie
- La plupart des sociétés non industrielles ont cultivé les valeurs de gratitude et de modération vis-à-vis de la nature et de ses ressources. De nombreuses fêtes, rituels et actions de grâce venaient marquer le respect de ces valeurs, situées au cœur d’une cosmovision où l’homme comprend intuitivement les liens et les équilibres qui constituent le processus global de la vie, dont dépend sa vie particulière. Mainte peuples de pêcheurs dépendants étroitement de l’écosystème de la rivière ou du bord de mer qu’ils habitent, font de belle célébrations avant les jours de grande pêche pour demander à l’esprit des poissons leur permission.
- Dans Parole de terre, le vieux sage africain Tyemoro peut enfin transmettre ce qu’il sait au narrateur (venu dans son village faire des recherches ethnologiques) devenu « homme-canal » parce qu’il a perdu sa volonté de s’accaparer le savoir pour lui-même ; il lui dit : « Sachez que la création ne nous appartient pas, mais nous sommes ses enfants. Gardez-vous de toute arrogance, car la terre, les arbres et toutes les autres créatures sont également enfants de la création. Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude. Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don. Sachez établir la mesure de toute chose » (p 134)
- Dans son livre Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi évoque la sagesse ancestrale des peuples traditionnels, à l’exemple des Sioux qui, malgré l’abondance, restent modérés : « Rien des animaux sacrifiés ne doit être dilapidé, tout gaspillage étant prohibé par la morale sacrée, en tant qu’offense à la nature et aux principes qui l’animent. Et la gratitude à l’égard de la prodigalité de la terre allait de soi. Cette sobriété dans l’abondance est une leçon de noblesse. » (p 72).
- Et rappelle ces magnifiques paroles d’un Indien Cree : « Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l’argent ne se mange pas ».
- Pour m’écrire:  alicemedigue@yahoo.fr
Je m’appelle Alice Médigue, j’ai 29 ans, et depuis quelques années déjà, je butine entre mon implication au sein d’alternatives citoyennes, des temps de lectures/écriture et de création artistique, et ces moments indispensables de reconnexion au Vivant à travers la marche et le jardinage. Ce butinage entre tête, coeur et mains, m’équilibre et l’écriture est, plus qu’un métier, le fil qui me rassemble.
Les analyses que je diffuse sur ce blog visent à déconstruire la mécanique du système socio-économique irrationnel qui prédomine actuellement, pour rendre visible les impensés et les tabous sur lesquels il fonde son apparente toute-puissance; elles visent aussi à visibiliser les alternatives (théoriques et pratiques) qui émergent pour soutenir la transition indispensable vers un nouveau modèle de société.


mardi 4 mars 2014

Saillans : au Local associatif "l'Oignon"...



Bonjour !
Le 6 mars 2014 à l'oignon à partir de 20h 30.
Le premier jeudi de chaque mois, les deux associations "l'Accorderie" et "l'Oignon" vous proposeront les soirées OJJ (Oignon Jeux Jeudi) peux se prononcer "Oh Gigi !"

Ces soirées seront animées par tous ceux qui veulent nous faire découvrir leurs jeux....Pour la première, c'est Vincent qui animera la soirée, il vous fera découvrir...ou pas : Dobble, Identik et Link.
A venir :
Samedi 15 mars à 20h30 : Antoine Faure, slam
Dimanche 16 mars à 10h : troc de graines
                                 à 20h : St Patrick
Vendredi 21 mars à 20h30 : Lazy Bones
Vendredi 28 mars à 20h30 : M'zelle Fa
Le mercredi matin : permanence et dépôt de pain
  à 13h30 : cours de l'école de musique
   à 18h : apéro vinyl
le 1er jeudi de chaque mois : soirée jeux
le samedi matin :
permanence et dépôt de pain
le dimanche matin : permanence
à bientôt !
L'Oignon local associatif
55, Grande Rue
Saillans

lundi 3 mars 2014

Décès de l'Auteur de "Nuit et Brouillard": Alain Resnais...



Né à Vannes, dans le Morbihan, le 3 juin 1922, le cinéaste Alain Resnais est mort samedi 1er mars à Paris « entouré de sa famille ». Il avait 91 ans.
Alain Resnais a réalisé en 1955 Nuit et Brouillard, premier documentaire de ce type réalisé sur les camps nazis, dont le ton met en lumière l'effrayante banalité de ces lieux de mort. Issu d'une commande à l'occasion du 10e anniversaire de la libération des camps de concentration, ce film de 32 minutes, mêlant images d'archives en noir et blanc et séquences en couleurs tournées sur place, reste une référence.
« Nuit et Brouillard », film de toutes les polémiques…
On l'oublie parfois : d'une durée de trente-deux minutes, Nuit et Brouillard, l'un des films les plus importants d'Alain Resnais, était une commande du Comité d'histoire de la seconde guerre mondiale, un organisme gouvernemental chargé de rassembler de la documentation sur la période de l'Occupation.
Sorti en 1956, dix ans après la libération des camps, produit par Anatole Dauman, Samy Halfon et Philippe Lifchitz, il débute par l'impératif biblique « souviens-toi ». Mêlant archives en noir et blanc et images en couleur, le film fut supervisé par deux historiens de la déportation : Olga Wormser-Migot et Henri Michel. Ecrit par l'écrivain Jean Cayrol, lui-même ancien déporté, le texte est dit par Michel Bouquet – ce dernier, en hommage aux victimes, refusa que son nom figure au générique.
LES NN, NACHT UND NEBEL
Quant à la musique, composée par Hanns Eisler, elle amplifie l'émotion que l'on ressent en voyant ce film dont le titre évoque le nom donné aux déportés par les nazis : les NN (Nacht und Nebel).
Nuit et Brouillard est un film sur l'univers concentrationnaire, en ce sens qu'il ne différencie pas explicitement les camps de concentration des camps d'extermination. Et si l'on y voit les chambres à gaz d'Auschwitz, la spécificité du génocide juif n'apparaît pas (le mot juif n'est cité qu'une seule fois) : il faudra pour cela attendre le film de Claude Lanzmann, Shoah, en 1985.
Le film s'achève sur un travelling arrière des chambres à gaz, citant les 9 millions de morts qui hantent le paysage : « Il y a nous, qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin. »
ALLUSION À LA COLLABORATION