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mercredi 2 avril 2014

Contre tous les totalitarismes : Camille Buffardel...( 2 )



Mémoire vive : Camille Buffardel, héro de la résistance
Camille Buffardel, héro de la résistance contre le Nazisme.
Vous traversez Die, la rue principale porte son nom.
Ce samedi 24 juillet 2010, les Diois ont appris dans quelles circonstances, Camille Buffardel avait été promu en janvier 1946 officier de la médaille de la résistance à titre posthume sur proposition de René Courtin, résistant du Mouvement Combat, chargé par Jean Moulin de préparer par l’administration de la France libérée… Cette distinction a été remise à la famille De Robert et Buffardel, et en particulier à ses quatre filles : Yvette, Edmée, Edith et Josée,et leurs petits enfants par Jean Abonnenc.
Camille Buffardel est né à Ponet St Auban en 1894. Les Diois ont encore en mémoire la Cave des Frères Buffardel sur le Boulevard du Cagnard en contrebas du Centre Social.
En 1940, la municipalité républicaine du maire Jules Plan dont il est adjoint est dissoute pour laisser la place à un nouveau Conseil Municipal nommé par le Régime de Vichy. Camille Buffardel s’engage alors dans la résistance clandestine à Die dès 1940. Membre du Réseau Buckmaster, il entre en 1943 dans le groupe Baudet chargé des renseignements, de la préparation de groupes de combat, d’aider les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire exigé par l’Allemagne) à entrer dans le maquis. La restauration de l’éphémère République le 14 juillet 1944 à Die sera suivie par une répression féroce contre les autorités civiles dioises dont faisait partie Camille Buffardel. Il est arrêté à Die le 23 juillet 1944 par la milice dioise à la solde de l’ennemi nazi et abattu au quartier de St Pierre où son corps restera pendant 24 h étendu dans la rue. Le même jour, son frère Edouard est tué par les nazis à Pont de Quart (Aix en Diois). A la Libération, la rue principale de Die prit le nom de Camille Buffardel et ce n’est que 64 ans plus tard qu’on a su que ce maquisard avait été décoré de la médaille de la résistance. C’est sur les lieux où Camille Buffardel a été exécuté que la population Dioise s’est rassemblée.
Rappel : « assassiné par la Milice française ».
La Milice française, souvent appelée simplement « Milice », fut une organisation politique et paramilitaire française créée le 30 janvier 1943 par le gouvernement de Vichy pour lutter contre « la Résistance ».
- Supplétifs de la Gestapo et des autres forces allemandes, les miliciens participèrent aussi à la traque des Juifs, des réfractaires au STO et de tous les « déviants » dénoncés par le régime d’extrême droite. C'était aussi la police politique et une force de maintien de l'ordre du régime de Vichy.
- Le chef officiel de la Milice était Pierre Laval, Chef du gouvernement, mais le véritable responsable de ses opérations était son secrétaire général, Joseph Darnand, fondateur du Service d'ordre légionnaire (SOL), précurseur de la Milice française.
Organisation de type fasciste, elle se voulait un mouvement, à la fois « anti » : antirépublicain, antisémite, anticommuniste, et « pour » : pour le nationalisme et l'autoritarisme. Elle sembla avoir ambitionné de devenir l'équivalent d'un parti unique de l’État français. Sa montée en puissance marqua en tout cas, selon Robert Paxton et Stanley Hoffmann, la fascisation finale du Régime de Vichy.
Comme les nazis, les miliciens usaient couramment de la délation, de la torture, des rafles, des exécutions sommaires et arbitraires, voire de massacres. Leur pratique systématique de la violence et leurs nombreuses exactions, tout comme leur collaborationisme jusqu'au-boutiste, contribuèrent à les faire rester minoritaires au sein d'une population qui les rejetait largement. La Milice n'eut jamais plus de 35 000 membres (29 000 adhérents en automne 1943). Même après son développement en zone nord, la Milice ne dépassera jamais 15 000 collabos réels au total…
Lors la Libération, la Milice fut déclarée dissoute par le Gouvernement provisoire de la République française, par l'ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental (Article 10).
Le 15 août, Joseph Darnand ordonna le repli général des miliciens. Des membres de la Milice participèrent cependant après cette date à certains combats sur le sol français au côté des Allemands, lors de la libération de Paris ou de la libération de Nice.
Environ 2500 miliciens et leurs familles prirent le chemin de l’Allemagne où 1800 furent versés dans la 33e Division SS Charlemagne avec les survivants de la LVF, de la Sturmbrigade SS dite ensuite Frankreich et d'autres unités auxiliaires. Mais Joseph Darnand dut en abandonner le commandement à un officier général allemand et partit en Italie du Nord avec 500 francs-gardes faire la chasse aux partisans. Cette mémoire est encore très présente dans le Diois et le Vercors actuels.
Claude Veyret
Veyret.claude@wanadoo.fr

lundi 31 mars 2014

Diois : héros de la Résistance , Camille Buffardel...



Camille Buffardel
Portrait noir et blanc de Camille Buffardel, industriel et adjoint au maire de Die, résistant du réseau Buckmaster Roger.
Camille Buffardel a été exécuté par la Milice le 23 juillet 1944 à
Die.
La Milice impitoyable contre la Résistance, investit des villages et prend des otages. C’est pratiquement toujours à la suite de dénonciation, ou avec l’aide de miliciens infiltrés dans la Résistance et revenus dans leurs rangs bien renseignés, que les miliciens mettent sur pied l’investissement de villages entiers. Nous illustrerons ceci par quelques exemples.
Lorsque des agents de la Gestapo et des Miliciens investissent Nyons le 21 janvier 1944, ils arrêtent 8 résistants locaux, dont six mourront en déportation. À Taulignan, ce sont les miliciens de Montélimar qui, le 9 février 1944, arrêtent et conduisent à la Gestapo M. et Mme Gras, Marc dit la Cloche, le gendarme Chalou et l'ouvrier agricole Guitton qui, sauf ce dernier, seront torturés et déportés. Ce sont encore ces miliciens montiliens qui arrêtent le 21 février Suzanne Dupont et Mathilde Bravais.
Le 22 février 1944 à Izon-la-Bruisse, dont l’école servait de logement à 250 FFI (Forces françaises de l’intérieur) du maquis Ventoux, 35 hommes sont lâchement fusillés 4 par 4 après avoir été fouillés et dépouillés.
Chez le boucher Faure de Montoison, des miliciens viennent perquisitionner le 8 mars 1944. À défaut de le saisir avec sa femme, ils arrêtent son commis. Marius Sapin qui est déporté.
Le 14 mars, la Milice arrête des membres du groupe Tain-Tournon : Étienne Morand, les frères Louis et Gaston Pinet, Marcel Billon, et Georges Girard qu'ils hébergeaient chez eux après qu'il eût tué un responsable de la Gestapo de Lyon. Emmenés à Lyon, Girard est fusillé, les autres déportés.
Le 19 mars 1944 à 7 h, à Nyons, une trentaine de soldats allemands accompagnés de 3 miliciens en uniformes des Chantiers de jeunesse cernent la maison du docteur Jean Bourdongle qui est arrêté et conduit dans la salle des mariages de la mairie. Il sera fusillé à Condorcet (Saint-Pons). Paul Bernard, maçon à Nyons, est arrêté le 21 mars par des miliciens et remis aux Allemands qui le déportent à Dachau. Le 16 avril, la Milice arrête à Romans Ernest Diébold, réfugié lorrain, et Pierre Revol. Ils sont déportés en Allemagne. Diebold ne reviendra pas. Fernand Chauffingeal, arrêté à Malissard le 17 avril, mourra en déportation. André Giroud est arrêté et torturé à Saint-Nazaire-en-Royans. Le lendemain, les miliciens arrêtent l'instituteur Louis Ferroul, l'emmènent à Valence puis à Lyon où il est interné.
Le 8 juin, aux Crozes commune de Peyrins, deux miliciens du lieu, les frères D., ont aperçu des résistants en embuscade dans leur voisinage : ils se précipitent à bicyclette à Romans pour prévenir les Allemands. Une équipe de la compagnie Bozambo tente d'arrêter les deux frères. L'un d'eux est tué, l’autre réussit à s'échapper. À proximité, un groupe de résistants est intercepté par des miliciens et des Allemands. Deux d'entre eux sont tués, les autres, blessés, restent à râler dans un fossé, gardés par la Milice. Le lendemain, trois rescapés transportés à la caserne Bon, à Romans, par les miliciens, sont interrogés par neuf Français de la Gestapo de Lyon et un Allemand. Deux sont achevés le lendemain.
Le 12 juillet, au retour d'un sabotage, une équipe de la compagnie Mabboux veut intercepter une voiture de miliciens et les prendre vivants. Après une poursuite, les miliciens s’arrêtent au Creux-de-la-Thine et ouvrent le feu à la mitraillette sur les Résistants, faisant 2 morts et 3 blessés. Le sous-lieutenant Vibout est abattu au volant de sa voiture, son voisin également. Leurs corps sont poussés dans le fossé avec ceux de deux blessés. Pollet réussit à s'enfuir soutenant son bras ensanglanté.
Lors de l’occupation de Die par les Allemands à partir du 22 juillet 1944, la Milice est à leurs côtés et leur chef, le traître Halperson, le dentiste de la Motte-Chalencon vêtu en officier allemand, joue les premiers rôles. À leur arrivée à Die, Allemands et miliciens ont tout de suite cherché Camille Buffardel, Auguste Werly et Léon Livache, dénoncés par Halperson. Ils se précipitent dans les hôtels et à l’hôpital où ils arrêtent Cohen, Feldman, Froment, Jeanneret, Lieber, le Juif Albert Peters, ancien artiste lyrique et chef d'orchestre à Berlin, qu’ils massacrent à la prison ainsi que 4 jeunes gens pris à Romeyer : Gagnole, Ordassière, Canovas, Pedoyat. L’un d’eux n’étant pas mort sur le coup, un milicien s’acharne sur le corps en criant « tu ne veux pas mourir, sale Espagnol! ». Ce sont les miliciens qui pillent la maison du pasteur Loux, qui a été dénoncé, puis les caves de clairette Buffardel. Ce sont les miliciens qui remplacent au fronton de la mairie le sigle : Liberté, Égalité, Fraternité, par : Travail, Famille, Patrie. Ce sont les miliciens qui débaptisent la place de la République pour lui donner le nom de « place Philippe Henriot ». C’est le milicien ardéchois François qui harangue la foule parquée sur la place de l’Évêché : « je suis un bon Français... je ne suis pas pour les Allemands, je suis avec les Allemands, contre les Juifs, les communistes, les terroristes ». Ce sont les miliciens qui martyrisent Rousset, blessé de la Résistance, abattu quelques heures plus tard. Ce sont les miliciens qui s’emparent des sœurs de l’hôpital soumises à interrogatoire, après un simulacre d’exécution, puis enfermées. Ce sont les miliciens qui, le 23, exécutent Camille Buffardel, adjoint au maire, membre du Comité local de Libération, sur la place Saint-Pierre. Puis ce sera le tour de Vermorel, Laheurte, Plumel, Brugier, Basset, Livache, du docteur Kroll et de son fils. Le corps de Léon Livache, resté sur la route de Romeyer, sera écrasé par plusieurs véhicules allemands.
Le 25 juillet, à Recoubeau, une centaine d’Allemands, accompagnés de miliciens dirigés par Halperson, incendient la maison du père du lieutenant Bernard, puis le moulin de la famille Abonnenc à Luc-en-Diois. On les retrouve ensemble le 5 août à Vercheny, où ils tentent d’arrêter l’épouse du capitaine Pons qui réussit à leur échapper.
Dans l'après-midi du 23 août, des Allemands capturent Georges Bert de Saint-Donat : le commandant de la garnison de Tain le livre à la Milice. Il est assassiné par le milicien C.
Le 10 août 1944 vers 13 h 45, des maquisards du maquis Félines venant de Bourdeaux arrivent au village de Montboucher-sur-Jabron pour surprendre, au moment de sa sieste, le milicien valentinois Croze en permission dans une ferme. Ils le tuent d’une rafale de mitraillette. À 16 h 30, 50 Allemands et des miliciens viennent de Montélimar à Montboucher en expédition punitive, encadrés par la Gestapo. Ils prennent des otages : Léon Demauve et son père Gabriel. Des camions déménagent le mobilier et les bêtes. Entre 17 h 30 et 18 h, le père et le fils Demauve, attachés l’un à l’autre, sont arrosés d’essence et brûlent dans l’incendie de leur maison. Toute la nuit, des avions survolent la maison en flammes pour empêcher qu’on éteigne le feu. Le lendemain, on retrouve les restes des deux hommes, avec la chaîne noircie qui avait servi à les enchaîner. Leurs noms figuraient sur une liste de suspects aux mains de la Milice. Le lendemain, un barrage routier a été mis en place par les Allemands et miliciens. Vers 10 h, une voiture montée par deux jeunes hommes du bataillon Morvan non armés est interceptée, L’un d’eux réussit à disparaître, mais Albert Aurel est conduit dans le village et massacré à l’endroit où le milicien Croze avait été abattu la veille. Le 12 août, la population du village doit assister à ses obsèques, les bras obligatoirement chargés de fleurs. Le même soir, les maquisards incendient la ferme du milicien Garayt. En représailles, les miliciens arrêtent Rouvière, qui parvient à s’échapper, et Reboulet, torturé et tué. On retrouvera son corps affreusement mutilé. Le milicien Garayt sera passé par les armes trois jours après.
Robert Serre
http://www.museedelaresistanceenligne.org/pageDoc/pageDoc.php?id_expo=2&id_theme=6&id_stheme=26&id_sstheme=124&id_media=466&ordre_media=4#media

vendredi 21 mars 2014

Ce 21 mars : journée internationale des forêts...

La centrale biomasse de Pierrelatte, l’absurde projet inutile d’AREVA et du Conseil Général de la Drôme...

Des milliers de tonnes de bois et pourtant un mauvais fonctionnement : la centrale à biomasse de Pierrelatte a un coût environnemental très négatif. Centrale à bois ne veut pas dire "écologique". Reporterre a enquêté.

A Tricastin, le nucléaire n’a plus le monopole de l’opposition écologiste. Après notre enquête en décembre sur l’immense site atomique, un nouveau projet énergétique cristallise l’attention des associations locales et de certains élus : la centrale de cogénération biomasse de Pierrelatte.
Le projet naît en 2011, avec la perspective de fermeture par Eurodif de l’usine Georges-Besse I spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Les eaux chaudes rejetées par l’usine était alors récupérées au profit d’un réseau de chaleur qui alimentait un quartier de Pierrelatte et ses logements sociaux, ainsi que des infrastructures voisines telles que les serres agricoles ou les bureaux Areva du Tricastin. Mais avec la fermeture de l’usine disparaissaient cette énergie sous forme d’eau chaude. Pour la remplacer et dans la foulée des orientations du Grenelle de l’environnement, il fut décidé de construire une centrale de cogénération biomasse : elle brûlerait du bois afin de produire de l’électricité (85 gigawatt-heure, GWh) et de la chaleur (170 GWh).
L’usine thermique représente 55 millions d’euros d’investissement, financés par Areva, qui en a réalisé la conception, la construction, l’installation et la mise en service. Entrée officiellement en activité le 4 octobre 2012, la centrale est exploitée par la société Coriance, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chauffage urbain. Mais son fonctionnement engendre des conséquences négatives tant sur le plan environnemental que social.
Une centrale surdimensionné
La centrale doit consommer jusqu’à 150 000 tonnes de bois par an. Dès les débuts du projet, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature) dénonçait une « logique mega-industrielle […] qui va consommer des quantités pharamineuses de bois » et mener à une « catastrophe écologique à court-terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois ».
De fait, depuis la mise en service de la centrale, plusieurs coupes sauvages ont été constatées dans cette région qui compte de très nombreux sites Natura 2000. Les conséquences sur la biodiversité locale s’avèrent importantes. Tout récemment, c’est à La Gare des Ramières, une réserve naturelle, que des coupes à blanc ont été découvertes par le gardien du site. Les probabilités sont fortes que ces coupes servent directement à fournir la centrale à proximité.
Du côté d’EELV (Europe Ecologie les Verts), on dénonce les sollicitations de Coriance auprès des propriétaires forestiers locaux : « Il est facile de créer un effet d’aubaine en proposant de racheter aux particuliers du bois à cinq euros la tonne, soit un peu plus que le prix du marché. Le problème réside dans le laxisme de la règlementation de la coupe, qui est simplement gérée par un arrêté préfectoral ».

Malgré les coupes sauvages, la centrale ne parvient pas à fonctionner à pleine capacité. Alain Volle, un militant d’EELV qui suit de près le dossier, évoque seulement « 20 000 tonnes de bois pour la première année d’utilisation », loin des 150 000 tonnes prévues. Une insuffisance en bois prématurée qui révèle « un projet surdimensionné, ne répondant pas à la demande locale », selon la députée européenne Michèle Rivasi.
La centrale de biomasse témoigne des problèmes de structuration de la filière-bois en France et de l’inefficacité des politiques de grands projets forestiers, quelques semaines après un rapport très critique du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces verts) sur la politique énergétique misant sur la biomasse forestière.
Pour compenser cette difficulté d’approvisionnement, la centrale est suppléée par une chaudière au gaz et au… fioul. Dans une lettre adressée au Préfet de la Drôme cette semaine, Michèle Rivasi demande ainsi : « Le système devait produire de l’électricité par cogénération. Le fait-il vraiment ? Le fonctionnement au fuel et le stockage du fuel sont-ils règlementaires ? […] Nous nous inquiétons dans ces conditions des nuisances et des impacts qui seront décuplés quand la centrale fonctionnera à pleine puissance » La députée évoque aussi une fuite de 35 000 litres de fioul dans la centrale.
Des impacts locaux conséquents
L’utilisation du fuel n’était en effet pas prévue dans les plans initiaux et ne figure pas dans l’enquête publique. Les opposants dénoncent de nombreuses autres irrégularités. Parmi celles-ci, la construction d’une usine de broyage du bois et de plateforme de stockage à 1,5 km du site de la centrale, alors qu’elle devait être implantée sur le site de la centrale. Cela occasionne des nuisances multiples parmi lesquelles des transports incessants en camion entre les deux structures et le bruit permanent de la machine à broyer. Les associations pointent aussi l’épandage non-contrôlé de cendres et de copeaux de bois, partout à proximité du site. Pour Alain Volle, « les conséquences sanitaires peuvent être importantes pour les riverains. Les cendres volantes risquent de devenir un vrai sujet de santé publique à Pierrelatte ».

La centrale a également eu un impact direct sur l’activité économique locale. Longue de 180 mètres et haute de 30 mètres, la centrale de Pierrelatte s’est implantée à quinze mètres d’une serre agricole. L’ombre portée par cette structure massive empêche le maraîchage sous serre, et l’exploitation a accusé des pertes de 40 000 euros par cycle de culture (deux par an), selon une expertise judiciaire, qui a conclu que la présence de la centrale oblige à reconstruire 5000 mètres carrés de serres ailleurs. Loïk de Feraudy, le propriétaire de l’exploitation, a ainsi dû déposer le bilan. Au 28 janvier, ce sont donc dix-sept salariés qui se retrouveront au chômage. S’il a intenté plusieurs actions en justice, il veut aujourd’hui « mettre au défi le président de Coriance d’un débat en face-à-face pour démonter les discours portés sur l’environnement et l’emploi local ».
Sollicité plusieurs fois par Reporterre, Areva n’a pas souhaité répondre à nos questions, renvoyant à la société d’exploitation, Coriance. Celle-ci n’a pas donné suite à nos appels répétés. En attendant, la mobilisation s’organise et une manifestation se déroule ce samedi, à 11h, devant la mairie de Pierrelatte.
En attendant de prochaines actions juridiques sur les différents aspects controversés de ce projet, c’est donc par la revendication citoyenne et locale que se prolonge l’opposition à la centrale biomasse de Pierrelatte. Comme à Gardanne, que Reporterre suit également. Et comme souvent dans tous ces projets absurdement inutiles, grands ou petits.
Barnabé Binctin

Les lanceurs d' alerte dans nos démocraties...

Les lanceurs d’alerte ou la solitude de la vérité

Dans un livre, Florence Hartmann nous raconte par le menu les mésaventures de ces défenseurs de la démocratie d’un type particulier que sont les « Lanceurs d’alerte » (Editions Don Quichotte. 2014). Ils sont les dissidents d’aujourd’hui, les mauvaises consciences de nos démocraties . Leur combat ? La conscience aigüe que la démocratie est mise en danger par des pouvoirs dominant auxquels personne n’ose s’attaquer : l’armée, les services secrets, les gouvernements, les géants du numérique. Un combat mal compris, car solitaire. Leur force : le courage et la preuve. Mais les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Mon premier, c’est l‘histoire du soldat Bradley Manning, accusé de mettre en danger les USA et la démocratie pour avoir transmis à Wikileaks les documents du Pentagone. Son but était de fournir au peuple américain les preuves des actions liberticides menées par le gouvernement américain dans le monde, en Irak et en Afghanistan. Il est aujourd’hui en prison.
Mon second, c’est l’histoire de l’informaticien Richard Snowden qui a l’ambition de remettre sur les rails la démocratie de son pays en dénonçant, preuves à l’appui, l’espionnage du siège européen de l’ONU par la CIA. Son objectif : donner aux citoyens du monde la possibilité de « réfléchir dans quelle société nous voulons vivre ». Il est aujourd’hui l’homme le plus recherché de la planète.
Mon troisième, c’est l’histoire de Daniel Ellsberg qui, en 1971 publie les fameux « papiers du pentagone », une étude secrète retraçant l’engagement des Américains au Viet Nam. Il est alors sous le coup de 115 années d’emprisonnement. Son action débouche sur la démission du Président Nixon.
Mon tout, c’est l’histoire des lanceurs d’alerte, des Marc Felt, des David Kelly, des Mordechai Vanunu, et autres Thérondel… Des hommes qui, au mépris de leur sécurité personnelle, sont devenus des solitaires traqués pour avoir placé la paix et la vérité au premier rang de leurs valeurs.
A l’origine, on les appelle les « whistleblowers » (soufflant dans son sifflet) un terme popularisé par Ralph Nader, l’avocat militant des droits des consommateurs dans les années 70, pour désigner des individus, salariés, citoyens, usagers, qui dénoncent des entraves aux libertés dans les entreprises ou dans les administrations. Il aura fallu attendre 2013 et pas mal d’affaires pour que le droit d’alerte soit reconnu, autorisant la divulgation d’une information concernant un fait, une donnée ou une action, dans la sphère publique « dès lors que la méconnaissance de ce fait, de cette donnée, des cette action lui paraît dangereuse pour la santé ou pour l’environnement ». Quelques années plus tôt, en 2002, la loi Sarbanes-Oxley prévoit des structures d’alerte dans le domaine de la finance et de la comptabilité des entreprises afin d’inciter au signalement des fraudes commises à l’encontre de l’état et des investisseurs. En 2004, l’ONU et nombre d’organisations internationales appellent au renforcement du droit d’accès à l’information pour consolider les démocraties. En 2010, le Conseil de l’Europe demande aux pays membres d’adapter leurs règlementations d’ici à la fin 2012 afin de protéger les lanceurs d’alerte salariés mais aussi les soldats et les membres des services de renseignements.
Cela fait maintenant plus de 40 ans que l’alerte est présente dans les textes de lois de 60 pays, mais sans modifier l’attitude des gouvernements sur les secrets d’état et secrets défense, malgré les promesses de transparence, comme celles d’Obama en 2008 qui, lors de son élection, s’est engagé à protéger les lanceurs d’alerte mettant à jour le gaspillage, la fraude et l’abus de pouvoir.
Cette histoire racontée par Florence Hartmann dans son dernier livre « Lanceurs d’alerte est au cœur des débats sur les libertés.
L’auteur rappelle qu’il a fallu vaincre beaucoup de réticences pour que cette fonction de lanceur d’alerte soit reconnue du fait principalement de la connotation négative attribuée à tout ce qui est dénonciation. « Nous confondons volontiers l’alerte civique et la délation totalitaire, et notre conception de la loyauté ne fait que renforcer cette connotation négative ». Sont-ils des solitaires paranoïaques amateurs de complots ou des militants politiques vigilants ? Sont-ils des consciences éclairées défenseurs de la démocratie ? Des simples individus révoltés par l’injustice ? Des traitres, des héros ? Le jugement à leur égard connaît toutes les gammes de l’expertise en renseignement.
Pour Florence Hartmann, « le lanceur d’alerte n’est ni de mauvaise foi, ni mu par une intention de nuire mais désireux de prévenir une catastrophe ou de mettre un coup d’arrêt à des actes répréhensibles ». Selon Transparency International, ONG menant le combat contre la corruption, le lanceur d’alerte est une personne « témoin dans son activité professionnelle d’actes illicites ou dangereux pour autrui et qui, par civisme, décide d’alerter les autorités ayant le pouvoir d’y mettre fin ». « Il signale une dérive », explique le sociologue Francis Chateaureynaud. Et il interpelle les pouvoirs en place sur les dangers ou les risques de ces dérives en suscitant la prise de conscience des citoyens. Comme l’écrit Florence Hartmann, « les lanceurs d’alerte sont bien face à un cas de conscience, à une impasse, écartelés entre leur devoir moral de défendre l’intérêt public, celui de tout citoyen, et leur devoir d’allégeance à leur hiérarchie ».
En général, les lanceurs d’alerte sont sans statut et sans protection et n’ont rien des illuminés que certains voudraient voir. Ceux qui s’acharnent à percevoir en eux des dictateurs de la transparence ont tout faux. Ils devraient prendre au contraire la mesure de leur courage mais aussi de leur solitude. La plupart ne retrouvent jamais de travail. Même les médias, après les avoir placé sou les feux de la rampe, les boudent comme analystes. Trop indépendants ! Quant aux conséquences de leur acte, ils en subissent la sanction. Sévère ! « Il existe un contraste choquant entre la peine infligée à Manning et l’indulgence, voire l’impunité complète, dont ont bénéficié les responsables de certaines des graves violations des droits humains révélées par ses fuites ».
Rejetés, peu soutenus, ne bénéficiant que de maigres soutiens médiatiques, les lanceurs d’alerte ont pourtant mis à jour l’un des dangers les plus graves qui menacent nos sociétés : la surveillance de masse et en particulier le pouvoir exorbitant des services de renseignement. L’américain Richard Snowden en a payé le prix lourd. Obligé de se réfugier en Russie, il en appelle à la communauté internationale pour que cessent les poursuites de son pays contre lui. C’est en particulier grâce à lui que les dérives de l’agence américaine NSA, la plus grande agence étatique de fichage de la planète ont été mises à jour. Son activité ? Intercepter la plupart des communications mondiales et les données électroniques qui les accompagnent et fournir ces données à d’autres puissances, moyennant échanges. Ces pays s’entendent finalement dans le plus grand secret autour d’une « vaste bourse d’échange dans laquelle la vie privée des citoyens, y compris celle de millions de Français, est troquée comme une vulgaire marchandise ». Tout cela se pratique au nom de l’antiterrorisme. Comme l’explique Florence Hartmann, « les états européens ont été piqués au vif lorsqu’ils ont découvert être eux-mêmes la cible de la NSA. Les Etats-Unis n’ont pas respecté « le code de bonne conduite » et se sont adonnés à l’espionnage ciblé ». Le président de la commission européenne lui-même a qualifié l’espionnage de la NSA de « totalitarisme ». Mais aucune élite politique pour venir en aide à Snowden et lui donner le droit d’asile.
Peu à peu, l’opinion prend conscience de l’ampleur des dérivés révélés par les lanceurs d’alerte. Depuis un an, des plaintes ont été déposées aux USA pour violation des droits constitutionnels. Des écrivains se mobilisent, réclamant la création de nouvelles règles garantissant la vie privée et l’adoption d’une convention internationale des droits numériques.
Ai-je été une lanceuse d’alerte, se demande Florence Hartmann en conclusion de son livre ? Non répond-elle. Mais un peu quand même. Florence Hartmann est cependant bien placée pour entreprendre une telle analyse. Comme journaliste, anciennement correspondante du Monde à Belgrade, elle a été l’une des premières à alerter sur les menaces de guerre en ex-Yougoslavie. Comme conseillère et porte-parole de la procureure du Tribunal Pénal international pendant six ans, elle a eu le courage de mettre à jour à l’issue de sa mission, dans une publication, les dérives de certains juges compromis avec le pouvoir serbe. Ce qui lui a valu d’être poursuivi par ce même Tribunal pour divulgation d’informations confidentielles. Elle a été peu soutenue par ses confrères et consoeurs de la presse, au moment où elle avait elle-même besoin d’aide. La presse ne s’est en effet pas bousculée pour sensibiliser l’opinion sur son histoire, une histoire qui illustre bien la solitude des démonteurs de systèmes.
D.Sabo

mercredi 19 mars 2014

Les chemins de la liberté de de la tolérance passent par le Diois...

Sur les pas des Huguenots

NEWSLETTER du chemin « Sur les pas des Huguenots »  N° 39 - MARS 2014



Vers la liberté…  Traverser l’Europe à pied…
 Le chemin en Rhône-Alpes, en France et en Europe.

Salon du randonneur - Lyon 2014 

Pour sa huitième édition, le salon du randonneur se tiendra les 21, 22 et 23 mars 2014 à la Cité Internationale / Centre des Congrès de Lyon. La thématique de l'année 2014 sera la randonnée culturelle.
Dans le cadre d'un partenariat avec l'ADT de la Drôme et l'Office du tourisme du Pays de Dieulefit, l'Association nationale "Sur les pas des Huguenots" sera présente sur le stand : LA DRÔME numéro B6 – C7 et présentera le chemin de randonnée à la salle de conférence lors du  rando-festival, le samedi 22 mars à 17h.
Au plaisir de vous y rencontrer !

La cuisine Huguenote en exil

L’Association nationale « Sur les pas des Huguenots » en partenariat avec Madame Christa Gombel de la Maison Rambaud, centre de formation spécialisé dans l’art culinaire, de Greifenthal (All.) organise une demi-journée d’initiation sur le thème des transferts de savoir-faire, intitulée :
« LA CUISINE HUGUENOTE EN EXIL»
L’exposé sera tenu en allemand et traduit en français
Les partenaires hébergeurs et les membres particuliers bénéficient de la gratuité de cet exposé.
Une participation de 10 € est requise par participant non membre de l’Association. Le nombre de places étant limité, les inscriptions des hébergeurs seront privilégiées.
La rencontre aura lieu le : MARDI 22 AVRIL 2014 de 14h à 17h
À L’Arche des 3 becs à LA CHAUDIÈRE
Le fichier PDF de cette demi-journée ainsi que le bulletin d'inscription sont TÉLÉCHARGEABLES ICI.

Adhésions 2014

Pour la réalisation de ses objectifs, l’Association « Sur les pas des Huguenots » s’appuie aussi sur le soutien de ses adhérents. Pour une première adhésion ou pour renouveler votre cotisation pour 2014, merci de nous faire parvenir la cotisation, accompagnée du bulletin TÉLÉCHARGEABLE ICI. Nous vous remercions d'avance pour votre engagement à nos cotés.

Littérature 

A signaler l'édition  d'un topo-guide, en italien, du cheminement de l'exil des Vaudois entre Saluzzo dans le Piémont et Genève. « Les Chemins des Vaudois » de Albert de Lange et Samuel Tourn Boncoeur. Édition : Edizioni del Capricorno . Pour le lien vers le descriptif du livre, cliquez sur le titre.

Assemblée Générale "Retour en Queyras" à Arvieux

Prés de la moitié des 50 adhérents de l’Association se sont retrouvés le 6 mars, dans la maison du parc régional du Queyras, à Arvieux pour débattre de ce qui fait l’objet de leur engagement.
L’Association est née en 1985 avec la grande opération de « Retour » de descendants d’émigrés qui avaient dû quitter leur pays, après 1685, suite aux persécutions religieuses de Louis XIV et accueillis principalement en Allemagne.
Dans leurs différents rapports, le président : Pierre Blanc, la secrétaire : Geneviève Coquillat et la trésorière : Marie Debrune, ont pu souligner la nouvelle vitalité retrouvée de l’Association qui, depuis 2008 (après la deuxième opération « Retour » de 2007) devient, peu à peu, l’instance de relations extérieures du Queyras.
21 au 23 mars 2014 :
Présence sur le Salon du randonneur à Lyon, en partenariat avec l’ADT de la Drôme et l’Office du tourisme du Pays de Dieulefit.
7 avril 2014 :
Assemblée générale de la Société de Sauvegarde des monuments anciens de la Drôme. Au monastère de Ste Croix à partir de 9 h 30. AG + Visite du monastère et de l'église /temple puis d'un cimetière familial et l'abbaye de Valcroissant.
Association Nationale « Sur les pas des Huguenots »
C/o Communauté de Communes du Pays de Dieulefit
8 Rue garde de Dieu - 26220 Dieulefit
Tel : 04 75 53 37 59


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samedi 8 mars 2014

Villeneuve de Berg 07 : Conférence sur la Traité Transatlantique



Groupe local de Montélimar.... vous fait part de la conférence organisée par le collectif STOP AU GAZ DE SCHISTE ARDECHE
L’occasion de bien vous informer sur le TAFTA avec Raoul Marc Jennar
 Le TAFTA, (= grand marché transatlantique)... vous en avez entendu parler; vous souhaitez en savoir plus, connaitre toutes les conséquences de ce traité.
PROFITEZ DE LA VENUE DE RAOUL MARC JENNAR  pour approfondir ce sujet.
Europe écologie les Verts

Vercors : restauration d' un des planeurs allemands de 1944...



HISTOIRE du Vercors : un planeur allemand restauré pour "que nul n’oublie" : Le 21 et le 23 juillet 1944, 22 planeurs DFS 230 chargés de soldats allemands et tractés par des bombardiers Dornier 17 depuis l’aéroport de Lyon-Bron, ont fondu sur le Vercors. Ils ont ensuite été abandonnés sur place. Évacués pour la plupart après la guerre, il n’est resté que quelques carcasses, dont celles visibles à Vassieux.
(Photo : Vercors : un planeur allemand restauré pour "que nul n’oublie" :Le 21 et le 23 juillet 1944, 22 planeurs DFS 230 chargés de soldats allemands et tractés par des bombardiers Dornier 17 depuis l’aéroport de Lyon-Bron, ont fondu sur le Vercors. Ils ont ensuite été abandonnés sur place. Évacués pour la plupart après la guerre, il n’est resté que quelques carcasses, dont celles visibles à Vassieux.)
Sur le plateau du Vercors, la silhouette des carcasses de planeurs allemands de la Seconde guerre mondiale hante le paysage depuis 70 ans. L’une de ces machines de mort est en cours de restauration.
De Saint-Nizier à Vassieux ou La Chapelle, l’histoire de la Résistance et des sacrifices de la population court le plateau du Vercors. S’il est un des témoins de cette époque devant lequel le visiteur se fige toujours aujourd’hui, c’est devant les carcasses de planeurs abandonnés par les troupes allemandes en juillet 1944.
Cet été-là, la mort a fondu du ciel. A Vassieux, la Résistance se mobilise, portée par l’espoir que le débarquement en Normandie a redonné au pays. Elle attend du matériel et des renforts des Alliés qui ne peuvent venir que des airs. Alors elle balise un terrain d’atterrissage de fortune. Le 21 juillet puis le 23, ce ne sont pas les troupes amies qui posent le pied sur le plateau. Mais 200 soldats ennemis à bord d’une quarantaine de planeurs d’assaut. L’opération « nettoyage » lancée par l’occupant et les représailles contre les civils de tous âges mettent les villages à feu et à sang.

Après le conflit, les squelettes des aéronefs seront évacués, il faut bien que la vie aux champs reprenne ses droits. Aujourd’hui, il ne reste que quelques exemplaires de ces planeurs DFS 230, devant la Nécropole et près de l’église du village.
A l’initiative du département de la Drôme, l’un d’entre eux est en cours de restauration à Montélimar. Dans un hangar de l’aérodrome montilien, Pascal Conchon de l’Association « La Belle Aviation Française » comprend que ce travail de reconstitution puisse surprendre, peut-être choquer : « j’ai hésité avant d’accepter cette rénovation, j’étais tourmenté. A Vassieux, j’ai tourné une journée autour de cette carcasse, une partie de ma famille a été décimée pendant la guerre. Et puis j’ai fait abstraction de mes sentiments. Je me dis que je fais un travail d’archéologue ».
« Ne pas heurter les sensibilités »
Carine Marande, attachée de conservatoire des patrimoines de la Drôme, ne dit pas autre chose : « Notre volonté est de conserver une silhouette, un vestige. C’est une manière de continuer à en parler. Il ne s’agit surtout pas de heurter des sensibilités encore vivaces ». Le souci du département de la Drôme est d’abord de mener « une restauration préventive pour arrêter la dégradation du planeur » soumis aux intempéries depuis plus d’un demi-siècle.
C’est aussi la préoccupation du maire de Vassieux, Michel Répellin : « Ce planeur est un patrimoine qui retrace les événements passés, c’est un moyen de les faire entrer dans la mémoire ». A Grenoble, le secrétaire général des Pionniers du Vercors, Alain Carminati, ne « trouve rien à redire à cette initiative ».
A Montélimar, Pascal Conchon secondé par l’ACAM (Association des Constructeurs Amateurs Montiliens) s’est lancé dans un puzzle géant : « Il faut trouver des pièces et ce n’est pas facile ». Même si parfois le hasard lui donne un coup de pouce : « Il se trouve que deux planeurs n’étaient jamais arrivés à destination en juillet 44, explique Pascal Conchon, l’un s’était posé tant bien que mal et l’autre s’était écrasé près de Montjoux non loin de Dieulefit. Les habitants du coin avaient récupéré ce qui pouvait l’être. Aujourd’hui ils nous font signe et nous donnent des pièces ».
Un morceau de tissu de lin qui recouvrait la carlingue était précieusement conservé au musée de Serres dans les Hautes-Alpes : il servira de modèle pour reconstituer le camouflage kaki et bleu ciel qui permettait au planeur de passer inaperçu.

« Une valeur symbolique »
Mais c’est dans la région parisienne que les restaurateurs ont fait bonne pioche. Un collectionneur a rassemblé et remis en état six planeurs du Vercors. Grâce à cette documentation grandeur nature, des copies des éléments manquants seront fabriquées de toutes pièces.
Pascal Conchon est au début de sa quête mais l’inventaire est encourageant : la verrière au-dessus du pilote, le tableau de bord du cockpit, les portes de la carlingue. A l’intérieur, les neuf sièges des soldats plus celui du pilote sont réutilisables après nettoyage. En revanche il ne reste rien de l’armement du planeur souvent équipé de deux mitrailleuses, une sur le flanc et une autre sur le toit « pour dégager le terrain au moment de l’atterrissage ».
Sur les 2200 planeurs de ce type fabriqués avant et pendant le conflit, seulement quelques spécimens ont traversé le temps. Un se trouve dans un musée de Berlin.
Pascal Conchon ambitionne de reconstituer l’appareil entièrement sur un côté et d’aménager un « écorché » sur l’autre. Mais le planeur ne retrouvera ni ses ailes ni son empennage. Il regagnera ensuite Vassieux sans que son lieu d’exposition ne soit encore tranché. Le hall du musée départemental de la Résistance a été pressenti mais son directeur Pierre-Louis Fillet reconnaît « que la place des objets n’est pas anodine, elle a une valeur symbolique ».
A Montélimar, Pascal Conchon admet s’être lancé dans un travail de longue haleine pour lequel le département de la Drôme a investi 24 000 euros. Le prix de la mémoire alors que le plateau du Vercors se prépare à commémorer fin juillet le 70e anniversaire des combats. Pour que « nul n’oublie ».
Georges BOURQUARD
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lundi 3 mars 2014

Décès de l'Auteur de "Nuit et Brouillard": Alain Resnais...



Né à Vannes, dans le Morbihan, le 3 juin 1922, le cinéaste Alain Resnais est mort samedi 1er mars à Paris « entouré de sa famille ». Il avait 91 ans.
Alain Resnais a réalisé en 1955 Nuit et Brouillard, premier documentaire de ce type réalisé sur les camps nazis, dont le ton met en lumière l'effrayante banalité de ces lieux de mort. Issu d'une commande à l'occasion du 10e anniversaire de la libération des camps de concentration, ce film de 32 minutes, mêlant images d'archives en noir et blanc et séquences en couleurs tournées sur place, reste une référence.
« Nuit et Brouillard », film de toutes les polémiques…
On l'oublie parfois : d'une durée de trente-deux minutes, Nuit et Brouillard, l'un des films les plus importants d'Alain Resnais, était une commande du Comité d'histoire de la seconde guerre mondiale, un organisme gouvernemental chargé de rassembler de la documentation sur la période de l'Occupation.
Sorti en 1956, dix ans après la libération des camps, produit par Anatole Dauman, Samy Halfon et Philippe Lifchitz, il débute par l'impératif biblique « souviens-toi ». Mêlant archives en noir et blanc et images en couleur, le film fut supervisé par deux historiens de la déportation : Olga Wormser-Migot et Henri Michel. Ecrit par l'écrivain Jean Cayrol, lui-même ancien déporté, le texte est dit par Michel Bouquet – ce dernier, en hommage aux victimes, refusa que son nom figure au générique.
LES NN, NACHT UND NEBEL
Quant à la musique, composée par Hanns Eisler, elle amplifie l'émotion que l'on ressent en voyant ce film dont le titre évoque le nom donné aux déportés par les nazis : les NN (Nacht und Nebel).
Nuit et Brouillard est un film sur l'univers concentrationnaire, en ce sens qu'il ne différencie pas explicitement les camps de concentration des camps d'extermination. Et si l'on y voit les chambres à gaz d'Auschwitz, la spécificité du génocide juif n'apparaît pas (le mot juif n'est cité qu'une seule fois) : il faudra pour cela attendre le film de Claude Lanzmann, Shoah, en 1985.
Le film s'achève sur un travelling arrière des chambres à gaz, citant les 9 millions de morts qui hantent le paysage : « Il y a nous, qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin. »
ALLUSION À LA COLLABORATION

dimanche 23 février 2014

Retour de Notre Dame des Landes et Nantes...



Communiqué des organisateurs-trices de la manifestation anti-aéroport du 22 février : La manifestation d’aujourd’hui a connu une mobilisation inégalée.
520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la zad.
Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C’est le signe d’une mobilisation nationale et de la connection entre Notre Dame des Landes et d’autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.
Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Il s’agit de la plus grosse mobilisation du mouvement.
Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation. Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu’à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisi de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestant-e-s de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.
Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?
Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport !
Contacts presse :
Jean-François Guitton : 06 78 90 46 04
Coordination : Julien Durand : 06 33 51 01 35
ZAD : Camille : 06 32 98 78 36


Notre-Dame-des-Landes : EELV se félicite du "succès de la mobilisation" : Le porte-parole du mouvement, Julien Bayou, a néanmoins condamné "les dégradations et les actes de violences en marge de la manifestation"
Europe Écologie-Les Verts (EELV) s'est félicité du "succès de la mobilisation", samedi à Nantes, des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, mais a condamné "les dégradations et les actes de violences en marge de la manifestation". "EELV se réjouit du succès de la mobilisation", écrit le porte-parole du mouvement, Julien Bayou, dans un communiqué.
"Il faut saluer la rencontre entre des dizaines de milliers de manifestants pacifiques et un cortège impressionnant de centaines de tracteurs venus des départements voisins. Cette mobilisation illustre la volonté commune de préserver ces terres agricoles et zones humides", poursuit-il. "Militant-e-s, élu-e-s et responsables d'EELV étaient présent-es en nombre pour réaffirmer leur opposition à ce projet absurde et d'un autre siècle, et demander son abandon définitif", souligne-t-il.

EELV "déplore la présence d'éléments perturbateurs et condamne fermement les dégradations et les actes de violence en marge de la manifestation". "Nous espérons que la mobilisation, ainsi que les recours qu'EELV a déposés à la suite des recours des associations opposées au projet, auront raison de l'entêtement du gouvernement sur ce projet inutile", conclut Julien Bayou.
"200 manifestants affrontent forces de l'ordre nous condamnons fermement, mais cela ne peut masquer 30 000 mobilisés pacifiquement contre nddl", a écrit le sénateur EELV de Loire-Atlantique Ronan Dantec.
MCD

Plus de 30 000 personnes à Nantes contre l' Aéroport...

Manifestation de Nantes : des casseurs, mais aussi des tracteurs...

La manifestation de Nantes samedi contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes a été marquée par des affrontements entre des ("antifas"} et la police. Une réalité qui fait oublier la forte présence des paysans et le nombre des manifestants.

Les opposants au projet d’aéroport sont venus en nombre, ce samedi, à 13 h, devant la préfecture de Loire-Atlantique. L’objet de la manifestation est de marquer fortement que la détermination ne faiblit pas, même si Notre Dame des Landes semble avoir disparu de l’actualité. La manifestation est préparée de longue date. Mais la veille, la préfecture a changé l’itinéraire prévu : "Considérant que plusieurs milliers de personnes sont attendues dans le cadre de cette manifestation, indiquait vendredi l’arrêté préfectoral, considérant que la présence de groupes violents a été observée dans des manifestations de ce type par le passé, à Nantes, et qu’ils ont causé dans des circonstances comparables de serieux troubles à l’ordre public", l’autorité a interdit le centre ville - qui concentre les rues commerçantes.
Sous la pluie, on attend le début de la marche, qui va bientôt commencer.

Tout avance dans la bonne humeur. Couleurs, masques d’animaux, percussionnistes, clowns, et puis des milliers de personnes portant pancartes et le parapluie, qui n’est bientôt plus nécessaire.
Les politiques sont aussi venus, du moins ceux d’Europe Ecologie les Verts. Les comités locaux – de Bretagne, Basse-Normandie ou des Pays de la Loire – qui rappellent leur engagement de toujours contre l’aéroport, mais aussi les "nationaux", José Bové, Eva Joly, Pascal Durand, Yannick Jadot. Les deux ministres Duflot et Canfin sont absents ; la secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse explique : « Ils ont aussi le droit à des vacances. Mais ils auraient pu être là, ils ont manifesté leur soutien à cette manifestation ». Tout de même, n’y a—t-il pas un nouveau grand écart avec la participation au gouvernement ? « Non, c’est une position très assurée depuis le début, Notre Dame des Landes fait partie de nos combats, tout comme Fessenheim. Et dans le cas de cet aéroport, c’est plus en local qu’en national que le projet est porté. Notre présence au gouvernement est importante, d’autant plus qu’il y a de plus en plus de socialistes qui ont marre de ce projet, même s’ils ne le disent pas ».
Pendant ce temps-là, alors que le long cortège entame sa déambulation au départ de la rue de Strasbourg, un des manifestants profite d’un arbre dans la ville pour y monter une cabane, symbole de la résistance sur la ZAD.

vendredi 21 février 2014

Tous à Nantes ce samedi 22 févier contre l'aéroport de Notre Dame des Landes...



Notre-Dame-des-Landes :
samedi, toutes et tous à Nantes
Samedi 22 Février l’ensemble des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes appelle à un rassemblement massif pour enterrer cet aberrant projet. Si on vous demande pourquoi :
1 – Parce que c’est un projet inutile : L’actuel aéroport international de Nantes Atlantique primé au niveau européen, non saturé, rempli très bien son office, est ré-aménageable si nécessaire ; aucun argument économique avancé depuis 40 ans pour justifier ce projet ne tient la route.
2 – Parce que c’est un gaspillage d’argent public : Est-il temps de dépenser plusieurs milliards d’euros pour un nouvel aéroport sur la simple croyance en une croissance infinie dans un monde fini ? Les justifications des promoteurs de ce projet s’appuient sur des projections irréalistes : un trafic aérien qui dépasserait les 9 millions de passagers annuels à l’horizon 2050 alors qu’aujourd’hui l’aéroport de Nantes en accueille 2,8 et que sa capacité est de 4 millions.
3 – Parce que c’est une atteinte grave au droit environnemental : Autoriser un tel projet sur un tel site (2000 ha d’une zone humide) reviendrait à détricoter complètement le droit environnemental en sacrifiant les intérêts environnementaux au profit des bétonneurs. Le site de Notre-Dame-des-Landes abrite des dizaines d’espèces protégées et représente un écosystème exceptionnel. Le projet entraînerait par ailleurs la disparition d’une cinquantaine d’exploitations agricoles qui prospèrent dans cette belle région de bocage.
Pour toutes ses raisons, parce que l’opposition à de tels projets s’appuie sur 3 piliers : la lutte juridique, la lutte institutionnelle et les mobilisations citoyennes, une mobilisation d’ampleur exceptionnelle fera prendre conscience du coût politique d’un passage en force.
À Nantes ce samedi 22 février, enterrons ce projet d’un autre âge.
Alors les amie-es, samedi prenez place dans un bus, un train ou un covoiturage pour nous rejoindre.
> Toutes les infos pratiques
Elen Debost, Secrétaire régionale des Pays de la Loire
Europe écologie les Verts
Groupe local de Montélimar....  

Notre histoire : la résistance du Vercors bouge encore...



Village martyr, Vassieux-en-Vercors fut comparé à Oradour-sur-Glane pour les massacres et déportations qui y furent commis. Aujourd’hui, une nécropole et deux musées y attirent plusieurs dizaines de milliers de visiteurs chaque année.
La Résistance, éternel débat français
Histoire Vivante : Première ou Seconde Guerre mondiale, les commémorations historiques vont se succéder en 2014. L’occasion aussi de réactiver le débat sur la Résistance, en France, à l’exemple du maquis du Vercors.
Les rayons historiques des librairies sont au garde-à-vous depuis des mois! Et pour cause: 2014 sera l’année de la Grande Guerre (1914-18), dont on célébrera les 100 ans à l’été prochain. Mais 2014 marquera aussi les 70 ans du Débarquement en Normandie. Tournant historique majeur suivi d’une autre date clé, côté français: le soulèvement et la répression brutale du maquis du Vercors en juillet 1944. Un souvenir douloureux, élevé au rang des hauts faits de l’esprit français de résistance.
Les hommes politiques ne s’y sont pas trompés. C’est sous le second septennat de François Mitterrand qu’a été entreprise l’édification du Mémorial de la Résistance en Vercors (inauguré en juillet 1994 pour les 50 ans du soulèvement du maquis). Plus récemment, en 2009, Nicolas Sarkozy a choisi le village de Chapelle-en-Vercors pour un grand discours sur l’identité nationale et les valeurs profondes de la France…
Mais pourquoi le Vercors, «forteresse montagneuse» de 60km sur 30 aux portes de Grenoble, est-il devenu synonyme d’esprit d’insoumission? Pourquoi ce maquis a-t-il si particulièrement marqué les mémoires? A ses débuts, l’histoire du Vercors ressemble à celle des autres maquis qui se forment dès l’armistice (juin 1940) en France. A partir de 1942, les hommes affluent, le maquis se structure. Imaginé par un architecte de la région, un projet connu sous le nom du plan «Montagnards» est échafaudé et accepté par les services de la France libre en exil. Le plan prévoit d’utiliser le massif du Vercors comme base d’accueil de matériels aéroportés afin de couper la retraite allemande au moment de la libération (à partir du sud du pays).
Plusieurs parachutages américains sont effectués, dès 1943, dans le but de soutenir les maquisards. Le Vercors est rapidement considéré, côté allemand, comme l’un des principaux centres de résistance. Début juin 1944, le signal est lancé: près de 4000 maquisards (mal équipés) passent à l’action. Pour la première fois en France depuis 1940, une zone décrète sa «libération». Mais suite à une série de mésententes, de promesses non tenues ou d’erreurs – les versions ont longtemps divergé – les renforts n’arrivent pas. L’armée allemande mobilise alors la plus importante force (10000 soldats environ) jamais envoyée contre un maquis durant la Seconde Guerre mondiale.
Un «second Oradour»
En quelques jours, le Vercors passe de l’euphorie à la tragédie, au point que le village de Vassieux sera comparé au village martyr d’Oradour-sur-Glane (près de Limoges), où 642 personnes furent massacrées en un jour. Durant deux semaines, la répression sera sans pitié: au total, près de 850 morts (dont 200 civils), 570 maisons incendiées, une quarantaine de déportés.
A titre de comparaison, l’attaque allemande contre le célèbre maquis des Glières (près d’Annecy) en février/mars 1944 fait 120 morts. Très vite, après la guerre, la tragédie va diviser les esprits. Au cœur de la polémique, la thèse selon laquelle le Vercors aurait été «sacrifié» par les responsables français basés alors à Londres ou Alger.
Longtemps soutenue par d’anciens résistants, la «légende noire» du Vercors est périodiquement réactualisée. Ainsi, en 2004, un article du «Nouvel Observateur» commentait: «L’histoire du maquis du Vercors est une histoire de courage, mais aussi de trahison et de massacres [...] Les Alliés et les dirigeants de la France libre ont laissé crever ces résistants-là, que de Gaulle, brutal dans sa conquête du pouvoir, n’aurait su manipuler.»
Cette vision manichéenne n’a cependant pas résisté à l’historiographie contemporaine. Spécialiste de la question, Gilles Vergnon relativise: «La «légende noire» du Vercors, dans sa version maximaliste (le Vercors «trahi») ou plus modérée (le sentiment qu’il s’est produit des choses inavouables, ou «pas claires»), a comme toute légende, une puissante vertu explicative». La vérité est comme souvent plus complexe, ajoute l’historien.
Utile lors de la Libération?
En fait, le destin tragique du maquis du Vercors est la résultante d’une série de circonstances. «Des promesses orales inconsidérées et surinterprétées par leurs destinataires, un chevauchement de compétences et des rivalités entre les services français à Alger et à Londres, une mobilisation prématurée, mais largement spontanée, en juin 1944, le piétinement pendant trois longues semaines des Alliés en Normandie, scellent son destin», note encore Vergnon.
Parmi les autres griefs adressés aux responsables du maquis, il y a aussi le fait de s’être trompés de guerre, de n’avoir pas adopté une tactique de guérilla contre un ennemi trop puissant. Longtemps, après-guerre, on a insisté sur l’utilité militaire du Vercors dans la libération du pays. C’est cette utilité qu’ont relativisée, dans des recherches plus récentes, certains historiens. A ce titre, conclut Gilles Vergnon: «La Résistance a joué un rôle incontestable, dans la libération de la France, mais qu’on ne peut quantifier ou convertir en chiffres précis. Tout juste peut-on dire qu’en l’absence (hypothétique) de la Résistance, les armées alliées auraient libéré le territoire français de l’occupant, mais sans doute avec des délais plus longs, des pertes et des difficultés supplémentaires.»
- Sur le sujet: Gilles Vergnon, «Résistance dans le Vercors, Histoire et lieux de mémoire», Ed. Génat, 2012.
- A noter aussi que différentes manifestations marqueront en 2014 les 70 ans du soulèvement du maquis du Vercors, dont une grande exposition à Grenoble sur le thème des maquis; une autre exposition se tiendra à Vassieux, alors que plusieurs nouveaux livres devraient paraître sur le sujet.

samedi 8 février 2014

12èmes Rencontres de l'Ecologie au Quotidien en Rhône Alpes ( J+22 et J+23 )...

Samedi 8 février                vital rural
Espenel-rive droite– Association Labelvie (rourebel.fr)
10h Visite des installations solaires thermiques et photovoltaïques
12h Repas partagé convivial
14h Un Environnement Intérieur Sain
Habitat Sain et Géobiologie… Comment créer un espace de vie sain ?
Bruno Monier, géobiologue
Cornillon sur l’Oule- Association le Présent Simple-Le Fournil
Vivre en Milieu Rural
10h-16h  Des acteurs ruraux des Canton de Rémuzat,  la Motte-Chalancon et Drôme Provençale se présentent : stands, animations, dégustations des produits. Contacts : 06 42 30 53 52 ou 06 24 61 73 43
12h  Déjeuner partagé convivial. Repas en vente
15h  Vivre en Milieu Rural : témoignages de vie et échanges
Des femmes et des hommes innovent et font revivre un territoire. Une nouvelle génération de paysans, artistes et artisans a fait le choix de s’installer en milieu rural mais ce n’est pas sans quelques sacrifices
19h30  Soirée Conviviale : Soupe, boissons chaudes autour d’un feu de joie. Site : www.lepresentsimple.com
 
Dimanche 9 février  en conscience 
Cantons de la Motte Chalancon, Rémuzat, et Drôme Provençale  
10h à 16h Découvrir les Alternatives
Cantons-Rémuzat, la Motte Chalancon et Drôme Provençale  
Baladez-vous chez les acteurs ruraux qui vous ouvrent leur porte.
Visite sur réservation au 06 42 30 53 52 ou 06 24 61 73 43
Espenel Labelvie-Rourebel (rourebel.fr)
10h  Vivre l’Instant Présent 
Mieux Etre et Pleine Conscience : une pratique pour se libérer de nos conditionnements, réduire le stress et ainsi vivre pleinement l’instant présent.
Anne Tesson, Association Résonance (http://associationresonance.blogspot.fr/)
Espenel 14h Santé et Energie Vitale
Comment pratiquer la santé au quotidien et cultiver son énergie vitale.
Isabelle Lecoq, naturopathe
Espenel 16h  Habiter notre Corps
Découverte de la méthode Rosen, une approche corporelle qui va à la rencontre de l’être.
Lene Espensen,  praticienne et enseignante Méthode Rosen et Sophie- Do Baugier,  Méthode Rosen