Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

Affichage des articles dont le libellé est forets. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est forets. Afficher tous les articles

mardi 25 mars 2014

Urbain des bois, l'apprenti charbonnier ...



- Urbain des bois, l'apprenti charbonnier
- Résumé en français :
Un peu partout en Europe vont se multipliant les fêtes de pays ayant pour thème les anciens métiers de la forêt. L'auteur ayant été directement impliqué dans quelques unes de ces manifestations organisées dans le massif préalpin du Vercors, se propose, à partir d'une relecture critique du film des événements, d'essayer de mieux comprendre l'intrigue de ce nouveau « théâtre de verdure » mettant en scène la mémoire des charbonniers italiens de Bergame. On montrera que ce type de fête joue un rôle symbolique et politique en qualifiant un lieu : la clairière en forêt, devenue pour la circonstance une sorte d'Agora. La fête des charbonniers favorise ainsi la mise en récit d'une histoire des « gens du lieu » qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs.
- Texte intégral :
- Raviver la flamme du souvenir
Derrière le taillis de hêtres on entend comme un cognement lourd et régulier, des craquements et crépitements, des paroles, onomatopées, quelques éclats de rire aussi qui les accompagnent et puis il y a cette odeur âcre de fumée omniprésente. Quelle est donc cette activité spectaculaire qui aiguise la curiosité du visiteur égaré dans la sylve profonde ? Une charbonnière vomissant des gaz épais, autour de laquelle s'agite une population bigarrée de femmes et d'hommes des bois.
- Depuis 1993, la Carbonera est allumée chaque automne sur les hauteurs boisées de Forellac en Espagne ; à Reverolle, canton de Vaud en Suisse romande on aime également cuire le charbon selon les procédés traditionnels, mais aussi à La Vieille Loye en forêt de Chaux dans le Jura et dans bien d'autres régions. Un peu partout en effet vont se multipliant les fêtes ayant l'univers de la forêt comme cadre et ses travailleurs itinérants comme héros. Leur multiplication témoignerait de l'engouement d'un public chaque année plus nombreux pour les manifestations à caractère patrimonial. Dans l'apparente sauvagerie des grands bois, des équipes de néo-charbonniers - la plupart du temps des bénévoles dirigés par d'anciens professionnels - prennent plaisir à édifier une charbonnière et font ainsi revivre, par la magie de leurs gestes, un peu de la vie des hommes de la forêt. Ces réalisations accompagnent parfois un programme de recherches en ethno-histoire (recueil d'histoires de vie, de techniques, d'outils) comme celles initiées par le mouvement Alpes de Lumière en Haute Provence, CORDAE/La Talvera dans le Tarn ou encore le Centro Studi Valle Imagna en Lombardie1. Les habitants et visiteurs du massif du Vercors n'échappent pas à cette passion pour le monde de la forêt. De nos jours, diverses fêtes secrètes (séances de « jeux de rôle » au grand air, rave parties) ou publiques, comme celle de « Madame la charbonnière » - qui mobilise six mois durant, les forces vives des villages riverains - y sont organisées. - L'auteur de ces lignes ayant été directement impliqué dans quelques-unes de ces manifestations se propose ici, à partir d'une relecture critique du film des événements, d'essayer de mieux comprendre l'intrigue de ce nouveau « théâtre de verdure ». La fête de la charbonnière, à mi-chemin entre tradition et invention, ne va pas sans susciter bien des questions concernant la mise en scène de la ruralité et des identités culturelle et sociale2, des travailleurs saisonniers de la forêt. Dans notre monde bi-pôlaire, partagé entre rural et urbain, la ville serait le territoire de la culture en mouvement, tandis que les campagnes constitueraient un univers homogène, isolé et statique3. Ces dernières sont en effet fréquemment considérées comme des espaces conservatoires de « valeurs refuges » garantes de l'Authenticité. Les fêtes qui s'y déroulent célèbrent donc nécessairement ce qui perdure, ce qui rassemble et révèlent ainsi un sentiment d'appartenance régionale ou locale4. Elles ne sont évidemment pas exemptes d'ambiguïtés dans le rapport qu'elles entretiennent avec un passé, parfois un peu idéalisé et déréalisé : d'anciennes activités devenues de nos jours objets de contemplation, sont en effet, de manière un peu candide, parées de toutes sortes de vertus. Une fois émises ces quelques réserves, nous allons montrer que ce type de fête qui se déroule aux confins du terroir villageois joue un rôle symbolique et politique en qualifiant un lieu : la clairière en forêt, devenue pour la circonstance une sorte d'Agora.
- Le spectacle de l'homme en noir

vendredi 21 mars 2014

Ce 21 mars : journée internationale des forêts...

La centrale biomasse de Pierrelatte, l’absurde projet inutile d’AREVA et du Conseil Général de la Drôme...

Des milliers de tonnes de bois et pourtant un mauvais fonctionnement : la centrale à biomasse de Pierrelatte a un coût environnemental très négatif. Centrale à bois ne veut pas dire "écologique". Reporterre a enquêté.

A Tricastin, le nucléaire n’a plus le monopole de l’opposition écologiste. Après notre enquête en décembre sur l’immense site atomique, un nouveau projet énergétique cristallise l’attention des associations locales et de certains élus : la centrale de cogénération biomasse de Pierrelatte.
Le projet naît en 2011, avec la perspective de fermeture par Eurodif de l’usine Georges-Besse I spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Les eaux chaudes rejetées par l’usine était alors récupérées au profit d’un réseau de chaleur qui alimentait un quartier de Pierrelatte et ses logements sociaux, ainsi que des infrastructures voisines telles que les serres agricoles ou les bureaux Areva du Tricastin. Mais avec la fermeture de l’usine disparaissaient cette énergie sous forme d’eau chaude. Pour la remplacer et dans la foulée des orientations du Grenelle de l’environnement, il fut décidé de construire une centrale de cogénération biomasse : elle brûlerait du bois afin de produire de l’électricité (85 gigawatt-heure, GWh) et de la chaleur (170 GWh).
L’usine thermique représente 55 millions d’euros d’investissement, financés par Areva, qui en a réalisé la conception, la construction, l’installation et la mise en service. Entrée officiellement en activité le 4 octobre 2012, la centrale est exploitée par la société Coriance, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chauffage urbain. Mais son fonctionnement engendre des conséquences négatives tant sur le plan environnemental que social.
Une centrale surdimensionné
La centrale doit consommer jusqu’à 150 000 tonnes de bois par an. Dès les débuts du projet, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature) dénonçait une « logique mega-industrielle […] qui va consommer des quantités pharamineuses de bois » et mener à une « catastrophe écologique à court-terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois ».
De fait, depuis la mise en service de la centrale, plusieurs coupes sauvages ont été constatées dans cette région qui compte de très nombreux sites Natura 2000. Les conséquences sur la biodiversité locale s’avèrent importantes. Tout récemment, c’est à La Gare des Ramières, une réserve naturelle, que des coupes à blanc ont été découvertes par le gardien du site. Les probabilités sont fortes que ces coupes servent directement à fournir la centrale à proximité.
Du côté d’EELV (Europe Ecologie les Verts), on dénonce les sollicitations de Coriance auprès des propriétaires forestiers locaux : « Il est facile de créer un effet d’aubaine en proposant de racheter aux particuliers du bois à cinq euros la tonne, soit un peu plus que le prix du marché. Le problème réside dans le laxisme de la règlementation de la coupe, qui est simplement gérée par un arrêté préfectoral ».

Malgré les coupes sauvages, la centrale ne parvient pas à fonctionner à pleine capacité. Alain Volle, un militant d’EELV qui suit de près le dossier, évoque seulement « 20 000 tonnes de bois pour la première année d’utilisation », loin des 150 000 tonnes prévues. Une insuffisance en bois prématurée qui révèle « un projet surdimensionné, ne répondant pas à la demande locale », selon la députée européenne Michèle Rivasi.
La centrale de biomasse témoigne des problèmes de structuration de la filière-bois en France et de l’inefficacité des politiques de grands projets forestiers, quelques semaines après un rapport très critique du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces verts) sur la politique énergétique misant sur la biomasse forestière.
Pour compenser cette difficulté d’approvisionnement, la centrale est suppléée par une chaudière au gaz et au… fioul. Dans une lettre adressée au Préfet de la Drôme cette semaine, Michèle Rivasi demande ainsi : « Le système devait produire de l’électricité par cogénération. Le fait-il vraiment ? Le fonctionnement au fuel et le stockage du fuel sont-ils règlementaires ? […] Nous nous inquiétons dans ces conditions des nuisances et des impacts qui seront décuplés quand la centrale fonctionnera à pleine puissance » La députée évoque aussi une fuite de 35 000 litres de fioul dans la centrale.
Des impacts locaux conséquents
L’utilisation du fuel n’était en effet pas prévue dans les plans initiaux et ne figure pas dans l’enquête publique. Les opposants dénoncent de nombreuses autres irrégularités. Parmi celles-ci, la construction d’une usine de broyage du bois et de plateforme de stockage à 1,5 km du site de la centrale, alors qu’elle devait être implantée sur le site de la centrale. Cela occasionne des nuisances multiples parmi lesquelles des transports incessants en camion entre les deux structures et le bruit permanent de la machine à broyer. Les associations pointent aussi l’épandage non-contrôlé de cendres et de copeaux de bois, partout à proximité du site. Pour Alain Volle, « les conséquences sanitaires peuvent être importantes pour les riverains. Les cendres volantes risquent de devenir un vrai sujet de santé publique à Pierrelatte ».

La centrale a également eu un impact direct sur l’activité économique locale. Longue de 180 mètres et haute de 30 mètres, la centrale de Pierrelatte s’est implantée à quinze mètres d’une serre agricole. L’ombre portée par cette structure massive empêche le maraîchage sous serre, et l’exploitation a accusé des pertes de 40 000 euros par cycle de culture (deux par an), selon une expertise judiciaire, qui a conclu que la présence de la centrale oblige à reconstruire 5000 mètres carrés de serres ailleurs. Loïk de Feraudy, le propriétaire de l’exploitation, a ainsi dû déposer le bilan. Au 28 janvier, ce sont donc dix-sept salariés qui se retrouveront au chômage. S’il a intenté plusieurs actions en justice, il veut aujourd’hui « mettre au défi le président de Coriance d’un débat en face-à-face pour démonter les discours portés sur l’environnement et l’emploi local ».
Sollicité plusieurs fois par Reporterre, Areva n’a pas souhaité répondre à nos questions, renvoyant à la société d’exploitation, Coriance. Celle-ci n’a pas donné suite à nos appels répétés. En attendant, la mobilisation s’organise et une manifestation se déroule ce samedi, à 11h, devant la mairie de Pierrelatte.
En attendant de prochaines actions juridiques sur les différents aspects controversés de ce projet, c’est donc par la revendication citoyenne et locale que se prolonge l’opposition à la centrale biomasse de Pierrelatte. Comme à Gardanne, que Reporterre suit également. Et comme souvent dans tous ces projets absurdement inutiles, grands ou petits.
Barnabé Binctin

La forêt n' est pas une mine de bois...



Nous partageons avec la forêt une histoire commune vieille de plusieurs milliers d’années et nous voguons sur le même navire.
Depuis dix mille ans, la forêt nous a nourris, chauffés, protégés. Elle continue à nous fournir en oxygène, à stocker le carbone, à épurer les eaux, entretenir nos nappes phréatiques, à amortir les extrêmes climatiques, et tant de choses encore.
Mais la forêt est bien loin de n’être qu’un simple regroupement d’arbres. Depuis des millénaires, elle est une fabuleuse source d’émotion et d’inspiration. Elle a nourri nos rêves, nos contes et nos légendes, elle a été le terrain des jeux de notre enfance.   
Depuis toujours, nous tissons une communauté de relations plus nombreuses et denses avec la forêt, ses arbres et ses animaux. Le biologiste canadien David Suzuki, grand spécialiste de la forêt, a souhaité une nouvelle déclaration universelle : non plus une déclaration d’indépendance comme il y en a tant, mais la déclaration d’interdépendance de tous les vivants.
Quelle forêt voulons-nous ? Tout dépend des hommes que nous souhaitons être. C’est dans la forêt que tout a commencé, et c’est dans la forêt que se joue l’avenir de l’homme.
Jacques PERRIN Parrain de la Journée internationale des forêts
Une occasion de célébrer la forêt, l’arbre et le bois, symboles du développement durable
Suite à l’Année Internationale des Forêts en 2011, l’Organisation des Nations Unies a souhaité instaurer une journée mettant les forêts à l’honneur : le 21 Mars est ainsi devenu la Journée internationale des forêts. (Photo : rêve d'élu)
Partout dans le monde sont organisés des événements pour valoriser, protéger et fêter les forêts.
L’arbre et la forêt sont un magnifique symbole du développement durable et permettent de nombreuses actions en faveur de l’éducation à l’environnement.
La forêt est partagée par de multiples acteurs pour de multiples usages : elle a une fonction économique importante (source de plus de 425 000 emplois en France), une fonction sociale majeure (loisirs, culture, sport, art) ainsi qu’une fonction écologique essentielle (production d’oxygène, épuration de l’air et de l’eau, stabilisation des sols, séquestration du CO2, et abri d’une biodiversité très riche).
Découvrez les initiatives internationales :
http://www.fao.org/forestry/international-day-of-forests/fr/
Jusqu’à aujourd’hui, un événement tel que la Journée internationale des forêts était absent du paysage français. Pourtant, la France est le 3ème pays le plus boisé de l’Union Européenne et possède un patrimoine forestier considérable et parfois méconnu.
A partir de 2014, la France aura sa Journée internationale des forêts !
Du 14 au 21 Mars 2014, des centaines de manifestations auront lieu partout en France pour vous faire découvrir les différentes facettes et les richesses de l’arbre et de la forêt.
Vous pouvez participer à la Journée internationale des forêts en organisant une manifestation, même modeste, ou bien en participant aux événements organisés près de chez vous.
Pour créer votre événement, cliquez ici.
Pour découvrir le programme des manifestations, cliquez ici.
L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 21 mars comme Journée internationale des forêts. Cette Journée célébrera tous les types de forêts et d’arbres hors forêt et augmentera la prise de conscience sur leur importance. À l’occasion de chaque Journée internationale des forêts, les pays seront encouragés à entreprendre des efforts aux niveaux local, national et international afin d’organiser des activités impliquant les forêts et les arbres, telles que des campagnes de plantation d'arbres. Cliquez ici pour le texte intégral de la UN Résolution . Les forêts et les arbres nous soutiennent et nous protègent, fournissant de l'air et de l'eau propres, sauvegardant la biodiversité et agissant comme tampon contre le changement climatique. Pour de nombreuses personnes elles offrent aussi des aliments, un abri et des emplois. C'est à nous de soutenir et de protéger à notre tour nos forêts -- notre avenir est en jeu. Joignez-vous à la FAO pour célébrer la Journée internationale des forêts le 21 mars.
Nous avons également développé des affiches et des bannières Web utilisant le logo de la Journée internationale des forêts pour votre usage. Et n'hésitez pas à partager la vidéo et répandre le message.
Actualités
Dans l’imaginaire collectif, la forêt apparaît comme un espace naturel relativement préservé. Mais l’homme a modifié profondément et durablement la dynamique naturelle de ces espaces depuis le Néolithique. Sans son action, la quasi-totalité du territoire hexagonal serait couvert de forêts.
Les forêts, éléments-clé du fonctionnement de notre planète et des sociétés humaines
Les forêts sont des réservoirs de biodiversité
A l’échelle mondiale, elles représentent la source d’habitat de près de 65% des espèces terrestres recensées. Sur le territoire français, la richesse biologique de ces espaces reste méconnue, éclipsée par les menaces qui pèsent sur les forêts tropicales d’Amazonie ou d’Indonésie. Mais la biodiversité des forêts françaises n’est pas pour autant hors de danger.
Les forêts contribuent à la régulation climatique
Les arbres stockent le carbone puisé dans l’atmosphère dans le bois qu’ils produisent et dans les sols. Ce stockage est assuré sur le long terme. Ainsi, les forêts limitent la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En parallèle, les végétaux rejettent de l’oxygène et contribuent à l’épuration des polluants atmosphériques produits par l’activité humaine. Ce rôle de puits de carbone et d’épurateur climatique est le fruit d’un fragile équilibre.
Consulter nos pages sur forêt et climat et sur la biomasse forestière
Les forêts participent au bon fonctionnement du cycle de l’eau et au maintien de la qualité des sols
Grâce à l’évapotranspiration, les arbres contribuent à la régulation de l’eau atmosphérique en restituant à l’atmosphère une partie de l’eau puisée dans le sol. Par le couvert qu’elles assurent et leur système racinaire développé, les forêts limitent le ruissellement des eaux de pluie, un des facteurs de l’érosion et de l’appauvrissement des sols. Elles limitent également le lessivage des polluants vers les nappes phréatiques et les eaux de surface, contribuant ainsi à leur qualité.
Les forêts contribuent aux sociétés humaines
D’après la FAO, près de 1,6 milliard d’êtres humains dépendent directement de la forêt pour vivre. En France, la relation privilégiée de l’homme avec la forêt s’est atténuée avec l’urbanisation, à l’origine de l’éloignement croissant entre les populations humaines et la nature. Néanmoins, elle garde une place privilégiée en tant qu’espace de détente et de loisirs, à la fois pour les citadins et les ruraux. De plus, elle constitue un secteur économique non négligeable. Plus de 400 000 personnes sont employées par la filière forestière, soit près du double du secteur automobile.
Consulter nos pages sur la gestion forestière et sur les forêts de montagne
La gestion forestière durable reconnue nécessaire
Face à ces grands enjeux, à la fois globaux et locaux, la nécessité d’une gestion forestière durable a été reconnue depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992. Elle a pour objectifs de gérer les forêts de manière à maintenir durablement leur capacité à satisfaire leurs fonctions écologiques, économiques et sociales à chaque échelle territoriale.
La gestion durable des forêts ne se limite pas au territoire français, mais concerne l’ensemble des forêts de la planète. Il ne s’agit pas d’un simple débat technique entre initiés, mais d’un véritable débat sur la citoyenneté et sur la place occupée par la forêt et par les filières économiques qui en découlent dans les stratégies d’aménagement et de développement des territoires. Compte tenu des enjeux en présence, construire de véritables projets de territoire intégrant l’ensemble de ces enjeux apparaît comme une nécessité.
Consulter nos pages sur la gouvernance et les politiques forestières et sur la certification forestière
Les associations locales se mobilisent aussi pour la forêt
En tant que fédération nationale, FNE souhaite valoriser et promouvoir le travail réalisé par ses associations membres et affiliées en région. Consulter nos pages d’actualité associative
Sur fond de conflit social, la centrale thermique de Gardanne dans les Bouches du Rhône que la société E.ON va reconvertir en centrale à biomasse d’ici 2015, continue de cristalliser les oppositions. France Nature Environnement a interpellé le ministre de l’Ecologie pour lui faire part de son opposition à ce projet désastreux et en demander l’arrêt immédiat.
Gardanne, le plus mauvais projet retenu !
A quoi sert un appel d'offre quand on retient tous les projets déposés même le plus mauvais ? Vingt réponses sont parvenues à l'appel d'offre de la Commission de Régulation de l’Energie lancé en 2010 (CRE4) pour un total de 420 MW. Classé bon dernier, le projet de la société E.ON a été malgré tout retenu, l'Etat portant l'ampleur de l'appel d'offre de 200MW à 420 MW.
 « Trop gros (150MW), avec un rendement médiocre (autour de 40%), payé cher (autour de 100€ le MWh), Gardanne a tout d'une erreur majeure ! » s’étonne Maryse Arditi, responsable « Energie » de FNE.
Gardanne, pas très local ou très destructeur
 « Pour commencer, durant 10 ans, près de la moitié des combustibles viendront du Canada et d'autres pays aussi lointains ! Et à partir de 2024, il faudra trouver un million de tonnes par an, dont 76% de plaquettes provenant de France. Preuve de la très grande difficulté à dénicher une telle quantité, l'approvisionnement se fera dans un rayon de 400 km, soit à peu près le tiers de la France. Que restera-t-il pour les autres projets déjà présents sur ces territoires ? » poursuit Maryse Arditi.
A l’heure où la Commission Européenne se penche sur l’élaboration d’une directive sur les critères de durabilité de la biomasse solide et du biogaz, visant en particulier les risques dus aux importations de biomasse, le modèle d’E.ON représente une contre-performance majeure pour le développement des énergies renouvelables en Europe.
Gardanne, une étude d'impact silencieuse sur un impact majeur.
L'étude d'impact est centrée exclusivement sur les impacts localisés sur le site même de la centrale et ses environs proches oubliant que les dégâts les plus importants concerneront l’exploitation irraisonnée des forêts incluses dans le bassin d’approvisionnement, ou encore l’instauration d’un déséquilibre profond et de conflits d’usage dans les diverses filières bois. L’autorité environnementale avait bien alerté le Préfet sur ces manques, mais il n’en a pas tenu compte.
Gardanne, il est encore temps d'arrêter
Pour Bruno Genty, président de France Nature Environnement, trop d’handicaps pour un seul projet : « nous demandons l’arrêt de ce projet de centrale dont l'impact total sera finalement très négatif, tant du point de vue de l’efficacité énergétique que des impacts environnementaux et socio-économiques pour la filière bois locale. »
Télécharger ce communiqué en format PDF.
France Nature Environnement
81-83 bd de Port Royal - 75 013 Paris
Directeur de publication : Bruno Genty
Rédactrice en chef : Bénédicte de Badereau
Une association créée en 1968, reconnue d'intérêt public depuis 1976,  indépendante de tout pouvoir politique, économique ou religieux
1 mouvement
1 fédération d'associations nationales et territoriales présentes dans toutes les régions françaises
3000 associations
850 000 adhérents
1 équipe nationale, 120 bénévoles impliqués au niveau national, 45 salariés
100 affaires suivies par le réseau juridique en 2012, 40 nouvelles actions contentieuses
Près de 150 consultations juridiques délivrées à nos associations membres
Des militants présents dans plus de 200 instances nationales de concertation

dimanche 9 mars 2014

"Ethique du soin" par Alice Médique...



Jardiner cultive l’humanité
"Jardin, agroécologie et éthique du soin".
Un lieu à taille humaine propice au bonheur d’exister
- L’espace du jardin est associé au bonheur et à l’harmonie pouvant exister dans un monde à taille humaine, dont les limites sont discernables. Sa cosmovision répond au besoin essentiel de l’homme de pouvoir se situer dans le monde et de connaître son espace de vie, de participer à la vie qui s’y déploie en jardinant et cultivant. Le jardin est par excellence l’espace limité qui permet à l’homme de ressentir l’écosystème qui l’entoure et d’éprouver son action, visible et concrète, sur le monde. Dans presque toutes les langues, les étymons du mot signifiant « jardin » sont liés à l’idée de clôture ou de frontière ; ainsi, le mot paradis vient du grec paradeisos  qui désigne un « jardin » ou un « verger », et qui dérive du persan paridaiza, qui signifiait « verger entouré d’ un mur le protégeant des vents chauds » (J.Delumeau).
- Lieu de repos, dont l’unité et les proportions à sa mesure apaisent l’humain qui l’occupe, le jardin est propice au bonheur humain éprouvé quand « tout est à sa place ». Il n’est pas étonnant que le jardin ait été associé à travers les cultures à l’amour de la nature et au plaisir d’en prendre soin, au bonheur d’exister et à la culture de soi- physiquement, moralement et intellectuellement- et de la société humaine, le jardin étant terreau de civilisation.
Culture du sol, culture du soi
- Le jardin forme un univers paisible et clos propice à la contemplation et à la réflexion. Cela n’a pas échappé aux écoles philosophiques de la Grèce antique, comme l’Académie de Platon , située sur un domaine à la marge d’Athènes et construit de portiques et de jardins ; Platon écrivit d’ailleurs qu’un philosophe doit se réfugier derrière un mur pour penser. Avant lui, Socrate avait souvent affirmé que l’âme humaine doit être jardinée et cultivée comme le sol.
- Quant à Epicure, il se mit d’abord à cultiver son jardin à Athènes, espace qui devint en 306 av J.C la 3e école grecque permanente de philosophie, après l’Académie de Platon et le lycée fondé par Socrate ; on l’appelait à l’époque « le Jardin ». La culture de soi, élément essentiel de l’épicurisme, est étroitement comparée à la culture du jardin qui demande un effort constant pour maintenir l’ordre et la vie contre les forces du désordre et de la mort.
- Epicure fonda son jardin pour ouvrir un espace de sensibilité et de pensée propice au bonheur que la société de son époque ne lui permettait plus de trouver ; il voulait son jardin propice à l’épanouissement des vertus humaines écrasées dehors, notamment les qualités de patience, de reconnaissance et d’espoir. Dans son ouvrage Jardins. Réflexions sur la condition humaine (2007), Robert Harrison évoque le sens de cette création pour Epicure :
- « Jusqu’à quel point demeure-t-on l’obligé du monde même quand on en a été chassé, ou quand on s’en est retiré ? » demande Hannah Arendt. Epicure, lui, se demandait jusqu’à quel point on demeure l’obligé de notre humanité même quand le monde qui s’étend entre les hommes l’a trahie ou défigurée. Au bout du compte, Epicure se sentait l’obligé de l’humain, non d’un monde devenu infernal. Son jardin ne prétendait pas sauver le monde de son propre enfer. Il nourrissait une ambition bien plus modeste et finalement bien plus efficace : dégager une place pour l’humain au milieu de l’enfer, en lui donnant un sol où pousser. » (p 104).
Une place retrouvée par l’éthique du soin 
- Les termes « mesuré », « modéré », et « mesure » (de musique ou de surface) ont la même racine indo-européenne que medicus (médecin) ou meditari (s’exercer, méditer), et se rattachent à un même sens primitif qui signifiait « prendre soin de » (medeor). Ces rapprochements étymologiques induisent l’idée selon laquelle l’individu modéré, qui a le sens de la mesure dans un milieu donné, prend soin de lui-même et des autres, de ce milieu. Inversement, la démesure entraîne la négligeance, l’irrespect, voire la destruction.
- Mircea Eliade souligne la responsabilité de l’homme des sociétés non industrielles ancré dans sa cosmovision, qui « assume courageusement d’énormes responsabilités : par exemple, celle de collaborer à la création du Cosmos, de créer son propre monde, d’assurer la vie des plantes et des animaux, etc. Mais il s’agit d’une autre sorte de responsabilité que celles qui nous semblent à nous les seules authentiques et valables. Il s’agit d’une responsabilité sur le plan cosmique, à la différence des responsabilités d’ordre moral, social ou historique, seules connues des civilisations modernes. Dans la perspective de l’existence profane, l’homme ne se reconnaît de responsabilité qu’envers soi-même et envers la société » (p 83, Le sacré et le profane).
- Dans Parole de terre, Pierre Rabhi évoque l’« anneau sacré » qui lie l’homme et la terre, à travers le travail de l’homme cultivateur, éleveur et jardinier qui nourrit la terre, les plantes et les animaux, qui est lui-même nourri en retour…Cycle vertueux que l’agriculture intensive  rompu. Il parle de l’humus, la matière noire fertile qui est « la vraie nourriture de la terre » : « chacun de nous peut la réaliser. Il faut accorder à cette œuvre beaucoup de soins, c’est l’acte majeur par lequel l’être humain retrouve sa place d’intendant soucieux de garder à l’anneau sacré toute sa vitalité » (p 183).
- Robert Harrison rappelle un bel extrait d’une poésie d’Ezra Pound (« Cantos ») : « Aurai-je perdu mon centre à combattre le monde ? » qui souligne le besoin impérieux de l’humain moderne de se resituer dans le monde, de retrouver ancrage sensible, horizon et limites, ce qu’offre l’espace du jardin ; à travers le fait de le cultiver, réapprendre à prendre soin, faculté humaine en voie de disparition qui est pourtant au centre de notre humanité :
- « Il suffit, en des temps semblables, de s’atteler à créer ou préserver au cœur du désert des jardins de toutes sortes (…) On reconnaît bien là la vigilance et les craintes d’un jardinier qui sait ce qu’il en coûte de faire pousser les choses, à quels aléas on s’expose en plantant un jardin au milieu du désert, c’est-à-dire en faisant de la place à l’humain au milieu de l’enfer. C’est pourquoi aujourd’hui plus encore, « il faut cultiver notre jardin », car l’alternative posée par Pound dans le tout dernier fragment de ses Cantos, « être des hommes, pas des vandales » est plus que jamais d’actualité » (p 207).
Gratitude et modération dans ce qu’on prélève sur la vie
- La plupart des sociétés non industrielles ont cultivé les valeurs de gratitude et de modération vis-à-vis de la nature et de ses ressources. De nombreuses fêtes, rituels et actions de grâce venaient marquer le respect de ces valeurs, situées au cœur d’une cosmovision où l’homme comprend intuitivement les liens et les équilibres qui constituent le processus global de la vie, dont dépend sa vie particulière. Mainte peuples de pêcheurs dépendants étroitement de l’écosystème de la rivière ou du bord de mer qu’ils habitent, font de belle célébrations avant les jours de grande pêche pour demander à l’esprit des poissons leur permission.
- Dans Parole de terre, le vieux sage africain Tyemoro peut enfin transmettre ce qu’il sait au narrateur (venu dans son village faire des recherches ethnologiques) devenu « homme-canal » parce qu’il a perdu sa volonté de s’accaparer le savoir pour lui-même ; il lui dit : « Sachez que la création ne nous appartient pas, mais nous sommes ses enfants. Gardez-vous de toute arrogance, car la terre, les arbres et toutes les autres créatures sont également enfants de la création. Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude. Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don. Sachez établir la mesure de toute chose » (p 134)
- Dans son livre Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi évoque la sagesse ancestrale des peuples traditionnels, à l’exemple des Sioux qui, malgré l’abondance, restent modérés : « Rien des animaux sacrifiés ne doit être dilapidé, tout gaspillage étant prohibé par la morale sacrée, en tant qu’offense à la nature et aux principes qui l’animent. Et la gratitude à l’égard de la prodigalité de la terre allait de soi. Cette sobriété dans l’abondance est une leçon de noblesse. » (p 72).
- Et rappelle ces magnifiques paroles d’un Indien Cree : « Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l’argent ne se mange pas ».
- Pour m’écrire:  alicemedigue@yahoo.fr
Je m’appelle Alice Médigue, j’ai 29 ans, et depuis quelques années déjà, je butine entre mon implication au sein d’alternatives citoyennes, des temps de lectures/écriture et de création artistique, et ces moments indispensables de reconnexion au Vivant à travers la marche et le jardinage. Ce butinage entre tête, coeur et mains, m’équilibre et l’écriture est, plus qu’un métier, le fil qui me rassemble.
Les analyses que je diffuse sur ce blog visent à déconstruire la mécanique du système socio-économique irrationnel qui prédomine actuellement, pour rendre visible les impensés et les tabous sur lesquels il fonde son apparente toute-puissance; elles visent aussi à visibiliser les alternatives (théoriques et pratiques) qui émergent pour soutenir la transition indispensable vers un nouveau modèle de société.


vendredi 7 mars 2014

Vesc :Journée Internationale de la Forêt ce 15 mars



Madame, Monsieur,
Cette année nous célébrons pour la première fois en France la journée internationale de la forêt. Le territoire du 5ème Pôle Bassin de Montélimar s'est mobilisé afin de consacrer une journée sur le thème : Une journée en forêt drômoise
Le Samedi 15 mars 2014
Des visites thématiques gratuites et ouvertes à tous, organisées sur la commune de Vesc, seront animées par les propriétaires et par des professionnels de la forêt.
Cette journée est organisée grâce au volontariat de plusieurs organismes forestiers ainsi que la participation du Conseil Local de Développement du Bassin de Montélimar et de l'Union Drômoise des Forestiers Privés.
Les visites sont indépendantes les unes des autres et sont facilement accessibles à pied ; des points de stationnements seront prévus à proximité des lieux de visite.
Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
Des visites thématiques gratuites et ouvertes à tous, organisées sur la commune de Vesc, seront animées par les propriétaires et par des professionnels de la forêt.
Cette journée est organisée grâce au volontariat de plusieurs organismes forestiers ainsi que la participation du Conseil Local de Développement du Bassin de Montélimar et de l’Union Drômoise des Forestiers Privés.
Les visites sont indépendantes les unes des autres et sont facilement accessibles à pied ; des points de stationnements seront prévus à proximité des lieux de visite.
Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
Veuillez agréer Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Mme PERRAUD
Programme de la journée
Une journée en forêt drômoise
9h00 : 1er rendez-vous au départ de la route du Col d’Espreau (commune de VESC). Pour les personnes qui le souhaitent : un covoiturage sera organisé afin d’accéder au lieu de la visite.
9h30 : Le sylvopastoralisme Intervention de Florent SIMOND
Questions abordées : Qu’est ce que le pâturage en forêt ?
Quels sont les travaux nécessaires ?
Quel troupeau pour quelle forêt ? ...
10h30 : La gestion des taillis
Intervention du Centre Régional de la Propriété Forestière et de l’Office National des Forêts. Questions abordées : comment gérer un taillis ?
Que faire du bois exploité ? Comment trouver un exploitant forestier ?...
12h15 : 2ème rendez-vous à la ferme du Clos de l’Orme, commune
de Vesc. Repas tiré du sac. Des animations pour les enfants seront prévues.
14h15 : Le bois énergie.  Visite d’une chaudière bois à la ferme du Clos de l’Orme. Intervention d’Edmond TARDIEU et du Centre pour l'Environnement et le Développement des Énergies Renouvelables (CEDER)
Questions abordées : Qu’est ce que le bois énergie ? Comment produit-on du bois énergie ? Quel avenir pour le bois de chauffage ? Quel système de chauffage pour quelle habitation ?...
16h15 : 3ème rendez-vous au Domaine de Damian
Les incendies de forêts. Intervention du Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Drôme (SDIS26).
Questions abordées : Comment prévenir les incendies de forêts ? Faut-il débroussailler autour de ma maison ?...
18h00 : Verre de l’amitié offert au Domaine de Damian et animations
Un quizz pour petits et grands sera distribué pendant la journée et pourra être rempli pendant les visites
CLD-Dromesud
Jessica PERRAUD
2 Avenue de Venterol
26110 NYONS
Tèl : 04 75 28 04 21

jeudi 6 mars 2014

Vers une exploitation outrancière de nos forêts...

SOSForêt : 30 jours pour sauver la forêt française !

A partir du 8 avril 2014, les sénateurs examineront le projet de loi d'avenir sur l'agriculture et la forêt (LAAF).
Nos forêts ne seront bientôt plus qu'un joli souvenir si nous ne changeons pas le projet de loi actuellement discuté au Parlement. Nous, SOS Forêt France, collectif rassemblant des dizaines d'associations, de syndicats forestiers et de personnalités qualifiées, nous lançons aujourd'hui l'alerte pour protéger nos forêts et sauvegarder les emplois de la filière bois.
En 2009, Nicolas Sarkozy lança l'idée que la France devait couper 40% de bois en plus. François Hollande a bien entendu le message et imagine comme son prédécesseur que l'exploitation intensive de notre forêt est l'une des solutions à tous nos problèmes !  Face au déficit commercial du secteur bois et l'appétit grandissant de pays comme la Chine, nos dirigeants ne pensent qu'à court terme : gagner plus en coupant plus et plus vite. La forêt n'est pourtant pas une usine dont on peut accélérer les chaînes de fabrication.
La forêt de demain : ce qui nous attend
Les orientations actuelles du projet de loi favorisent la concentration économique de la filière autour de méga-scieries ou de méga projets bois biomasse qui projettent des volumes de coupe gigantesque incompatible avec la ressource et qui entrent en concurrence avec les entreprises existantes. Si la forêt française est la troisième d'Europe, elle est aussi l'une des moins denses. Les petites et moyennes entreprises ne feront pas le poids face à ces traders du bois qui auront les moyens d'aller chercher du bois plus loin et à prix cassés. Les techniciens forestiers assermentés ne pourront plus garantir la gestion soutenable des ressources, car leurs effectifs diminuent drastiquement.
De plus, pour atteindre plus de volume et répondre aux besoins standardisés du marché le gouvernement sous la pression des lobbys industriels, soutient la culture exclusive d'espèces résineuses, plus rentables à court terme. On plante des champs de résineux, y compris en plaine,  qu'on cultive à l'aide de pesticides et qu'on moissonne tous les trente ou cinquante ans. Pourtant, tous les experts s'accordent à dire que ce modèle n'est pas viable. Au bout de la troisième coupe, la terre n'est plus assez riche. Avec ce type de raisonnement, la loi d'avenir aura pour conséquence irrévocable la ruine de la forêt  et de ses emplois. Enfin, de telles forêts sont plus vulnérables face aux changements climatiques.
Sauvegardons la richesse économique et écologique de nos forêts
Au quotidien, la forêt joue un rôle fondamental pour la protection de l'eau, de l'air et des paysages, pour notre santé et nos loisirs etc... Elle est un réservoir de biodiversité. il existe des modèles de gestion durable de la forêt qui permettent de protéger notre environnement et ses emplois.
Évitons pour la forêt les mêmes excès qui ont été commis lors de l'industrialisation de l'agriculture et dont nous payons le prix aujourd'hui. Pour augmenter les bénéfices à court terme, cette politique de concentration économique aux mains de lobbies d'investissement  ajoutera à la dette financière une dette écologique pour les générations futures.
Le collectif, SOS Forêt France, a transmis aux sénateurs et plus largement à nos élus des propositions fortes pour sauvegarder nos forêts, ses emplois et la biodiversité. Vous trouverez sur note site l'ensemble de nos propositions. Le temps presse, nous avons besoin de vous pour sauver nos forêts. N'hésitez pas à contacter vos élus grâce à notre tumblr.
Merci pour votre soutien. Signez, faites signer et partagez ! C'est ensemble que nous sauverons nos forêts.
Le collectif SOS Forêt France
Pour plus d'infos: sosforet.org : notre site
Pour nous suivre sur twitter : notre compte
Pour nous suivre sur facebook : notre page
Pour contacter vos Sénateurs : notre tumblr

jeudi 20 février 2014

Die 26150 : Formations à la taille douce des arbres fruitiers...



Les associations Ecologie au Quotidien et Dryade sont heureuses de vous proposer un Stage de taille douce des arbres fruitiers
avec Alain Pontoppidan auteur de "Manuel de Taille douce" aux éditions Terre Vivante
le week-end des 8 et 9 mars 2014 à Die
A partir d'observations simples de rameaux et branches, les participants sont amenés à comprendre le mode de fonctionnement naturel des arbres, afin, dans un deuxième temps, de s'initier à la technique de taille douce des arbres fruitiers. La matinée est consacrée à l'observation, et à l'élaboration technique. L'après midi aux travaux pratiques sur le terrain, à l'extérieur.
Coût du stage : 70 € (50 € pour les personnes en situation économique difficile)
Rendez vous : Samedi 8 mars, à 9 heures, salle Beauvoisin à Die
Prévoir des vêtements pour l'extérieur, des bottes, un sécateur. Repas de midi tiré du sac, portez votre pique-nique.
Pour tout renseignement, ou vous inscrire,
Pascale Laussel (Dryade) 06 26 69 25 88
Association Dryade
10 rue Archinard, 26400 Crest
0811 26 00 64
Courriel : contac@dryade26.org
Anne Tesson (Ecologie au quotidien) 04 75 21 00 56
Ecologie au Quotidien
Le Chastel 26150 DIE, Rhône-Alpes, France
Tel : 04 75 21 00 56       

jeudi 13 février 2014

Nos Forêts menacées...



Collectif "SOS Forêt France"
Message de mobilisation du Collectif SOS Forêts France, à diffuser largement
Bonjour,
Nous vous contactons car l’heure est grave. Nous avons besoin de vous !
Les sénateurs discutent actuellement d’un projet de loi d’avenir sur la forêt. Ils détiennent le destin de la forêt française entre leurs mains.
A l’heure actuelle, le projet de loi menace nos forêts en tant qu’écosystèmes irremplaçables et réservoirs de biodiversité mais également de nombreux emplois de la filière bois et forêt.
Le collectif SOS Forêts s’est officiellement constitué en collectif national à Paris le 16 novembre dernier.
Composé d’associations, de syndicats de forestiers et de personnalités, il a décidé de plaider pour une loi réellement protectrice et assurant l’avenir et les emplois de nos forêts.
Notre objectif : proposer aux parlementaires, une série d’orientations et de mesures indispensables pour garantir l’avenir des forêts françaises.
http://www.sosforet.org/notre-analyse-projet-de-loi-davenir-sur-la-foret/ et http://www.sosforet.org/la-synthese/
Pour cela nous avons besoin de vous !
1) Aidez-nous en contactant vos sénateurs-trices pour exiger que nos propositions soient entendues.
Pour ce faire, rendez-vous sur notre site de mobilisation Forêt Se Bouger : http://foretsebouger.tumblr.com/ Sur ce site, vous trouverez la liste de tous les sénateurs-trices qui sont impliquées dans la discussion du projet de loi d’avenir sur la forêt :
·Cliquez sur la proposition de mail type à envoyer
·Cliquez sur le nom de votre région
·Cliquez sur l’adresse mail d’un sénateur
·Collez le mail type et modifiez-le à votre guise
·Vous n’avez plus qu’à l’envoyer  et à répéter cette opération autant que vous le souhaiterez. N’hésitez pas également à interpeller les sénateurs sur Facebook et Twitter
·Vous pouvez aussi contacter le maire de votre commune lui faire parvenir le courrier et lui expliquer les enjeux de la démarche. Il peut envoyer le courrier à son (sa) sénateur (trice) lui aussi.
2) Signez notre appel à mobilisation sur les réseaux sociaux.
Nous avons besoin de vous pour faire connaître notre plaidoyer pour la défense de la Forêt auprès du grand public. Pour cela rejoignez notre appel ici :
Pour soutenir notre appel cliquez sur ce lien : http://thndr.it/1jy3B3A Vous pourrez-vous y engager à :
· Donner un statut Facebook
· Donner un tweet
 3) Rejoignez-nous sur Internet
Pour suivre notre actualité suivez-nous sur :
·Notre site internet : www.sosforet.org
4) Rejoignez-nous à Paris le lundi 17 février devant le Sénat  (Début des débats)
Nous organiserons un événement militant, à vocation médiatique ; quelques dizaines ou centaines de participants suffisent à constituer, le temps d’un rassemblement ponctuel, l’image que veulent les médias. Si vous êtes intéressé inscrivez-vous ici : https://www.facebook.com/events/210293492509463/?context=create
ou envoyez-nous un mail à contact@sosforet.org
5) Je vous envoie demain un mail avec un mode d'emploi et des outils qui permettront à  votre association d'agir, ensemble ou en complémentarité avec les structures adhérentes au Collectif SOS Forêt France de votre région.
Un grand merci d’avance pour votre aide et votre soutien. Plus on en parlera, plus vite ils se bougeront pour une forêt durable !
Cordialement,
Le collectif SOS Forêt
Pascale Laussel
Dryade
10 rue archinard, 26400 Crest
0811 26 00 64 / 06 26 69 25 88

lundi 20 janvier 2014

Drôme : L' absurde Centrale Biomasse de Pierrelatte...

La centrale biomasse de Pierrelatte, l’absurde projet inutile d’AREVA

Une manifestation est organisée ce samedi 18 janvier à Pierrelatte pour dénoncer le coût écologique et l’impact sur les riverains d’une centrale biomasse ouverte il y a un an. Reporterre a enquêté.

A Tricastin, le nucléaire n’a plus le monopole de l’opposition écologiste. Après notre enquête en décembre sur l’immense site atomique, un nouveau projet énergétique cristallise l’attention des associations locales et de certains élus : la centrale de cogénération biomasse de Pierrelatte.
Le projet naît en 2011, avec la perspective de fermeture par Eurodif de l’usine Georges-Besse I spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Les eaux chaudes rejetées par l’usine était alors récupérées au profit d’un réseau de chaleur qui alimentait un quartier de Pierrelatte et ses logements sociaux, ainsi que des infrastructures voisines telles que les serres agricoles ou les bureaux Areva du Tricastin. Mais avec la fermeture de l’usine disparaissaient cette énergie sous forme d’eau chaude. Pour la remplacer et dans la foulée des orientations du Grenelle de l’environnement, il fut décidé de construire une centrale de cogénération biomasse : elle brûlerait du bois afin de produire de l’électricité (85 gigawatt-heure, GWh) et de la chaleur (170 GWh).
L’usine thermique représente 55 millions d’euros d’investissement, financés par Areva, qui en a réalisé la conception, la construction, l’installation et la mise en service. Entrée officiellement en activité le 4 octobre 2012, la centrale est exploitée par la société Coriance, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chauffage urbain. Mais son fonctionnement engendre des conséquences négatives tant sur le plan environnemental que social.
Une centrale surdimensionné
La centrale doit consommer jusqu’à 150 000 tonnes de bois par an. Dès les débuts du projet, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature) dénonçait une « logique mega-industrielle […] qui va consommer des quantités pharamineuses de bois » et mener à une « catastrophe écologique à court-terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois ».
De fait, depuis la mise en service de la centrale, plusieurs coupes sauvages ont été constatées dans cette région qui compte de très nombreux sites Natura 2000. Les conséquences sur la biodiversité locale s’avèrent importantes. Tout récemment, c’est à La Gare des Ramières, une réserve naturelle, que des coupes à blanc ont été découvertes par le gardien du site. Les probabilités sont fortes que ces coupes servent directement à fournir la centrale à proximité.
Du côté d’EELV (Europe Ecologie les Verts), on dénonce les sollicitations de Coriance auprès des propriétaires forestiers locaux : « Il est facile de créer un effet d’aubaine en proposant de racheter aux particuliers du bois à cinq euros la tonne, soit un peu plus que le prix du marché. Le problème réside dans le laxisme de la règlementation de la coupe, qui est simplement gérée par un arrêté préfectoral ».
Malgré les coupes sauvages, la centrale ne parvient pas à fonctionner à pleine capacité. Alain Volle, un militant d’EELV qui suit de près le dossier, évoque seulement « 20 000 tonnes de bois pour la première année d’utilisation », loin des 150 000 tonnes prévues. Une insuffisance en bois prématurée qui révèle« un projet surdimensionné, ne répondant pas à la demande locale », selon la députée européenne Michèle Rivasi.
La centrale de biomasse témoigne des problèmes de structuration de la filière-bois en France et de l’inefficacité des politiques de grands projets forestiers, quelques semaines après un rapport très critique du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces verts) sur la politique énergétique misant sur la biomasse forestière.
Pour compenser cette difficulté d’approvisionnement, la centrale est suppléée par une chaudière au gaz et au… fioul. Dans une lettre adressée au Préfet de la Drôme cette semaine, Michèle Rivasi demande ainsi : « Le système devait produire de l’électricité par cogénération. Le fait-il vraiment ? Le fonctionnement au fuel et le stockage du fuel sont-ils règlementaires ? […] Nous nous inquiétons dans ces conditions des nuisances et des impacts qui seront décuplés quand la centrale fonctionnera à pleine puissance » La députée évoque aussi une fuite de 35 000 litres de fioul dans la centrale.
Des impacts locaux conséquents
L’utilisation du fuel n’était en effet pas prévue dans les plans initiaux et ne figure pas dans l’enquête publique. Les opposants dénoncent de nombreuses autres irrégularités. Parmi celles-ci, la construction d’une usine de broyage du bois et de plateforme de stockage à 1,5 km du site de la centrale, alors qu’elle devait être implantée sur le site de la centrale. Cela occasionne des nuisances multiples parmi lesquelles des transports incessants en camion entre les deux structures et le bruit permanent de la machine à broyer. Les associations pointent aussi l’épandage non-contrôlé de cendres et de copeaux de bois, partout à proximité du site. Pour Alain Volle, « les conséquences sanitaires peuvent être importantes pour les riverains. Les cendres volantes risquent de devenir un vrai sujet de santé publique à Pierrelatte ».
La centrale a également eu un impact direct sur l’activité économique locale. Longue de 180 mètres et haute de 30 mètres, la centrale de Pierrelatte s’est implantée à quinze mètres d’une serre agricole. L’ombre portée par cette structure massive empêche le maraîchage sous serre, et l’exploitation a accusé des pertes de 40 000 euros par cycle de culture (deux par an), selon une expertise judiciaire, qui a conclu que la présence de la centrale oblige à reconstruire 5000 mètres carrés de serres ailleurs. Loïk de Feraudy, le propriétaire de l’exploitation, a ainsi dû déposer le bilan. Au 28 janvier, ce sont donc dix-sept salariés qui se retrouveront au chômage. S’il a intenté plusieurs actions en justice, il veut aujourd’hui « mettre au défi le président de Coriance d’un débat en face-à-face pour démonter les discours portés sur l’environnement et l’emploi local ».
Sollicité plusieurs fois par Reporterre, Areva n’a pas souhaité répondre à nos questions, renvoyant à la société d’exploitation, Coriance. Celle-ci n’a pas donné suite à nos appels répétés. En attendant, la mobilisation s’organise et une manifestation se déroule ce samedi, à 11h, devant la mairie de Pierrelatte.
En attendant de prochaines actions juridiques sur les différents aspects controversés de ce projet, c’est donc par la revendication citoyenne et locale que se prolonge l’opposition à la centrale biomasse de Pierrelatte. Comme à Gardanne, que Reporterre suit également. Et comme souvent dans tous ces projets absurdement inutiles, grands ou petits.
BARNABÉ BINCTIN  de reporterre