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dimanche 17 février 2013

Les voyous du BTP... qui n' a jamais été "Public" ...



Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande
Pourquoi l’Etat veut-il tant un aéroport à Notre Dame des Landes ?
Ce n’est sans doute pas par nécessité. Il apparaît manifestement que l’aéroport de Nantes est suffisant pour faire face au trafic actuel, futur et même à celui d’un futur lointain.
Il convient de se demander à qui profite l’ouverture d’un tel chantier
Construire une piste avec l’aéroport qui va avec, c’est alimenter le chiffre d’affaires du bâtiment et des travaux publics (BTP). Il est aussi bien connu que les travaux qui sont facturés à l’État et aux collectivités territoriales ne sont pas au même prix que si le donneur d’ordre était une personne privée. C’est bien plus cher, donc très rentable.
Afin de comprendre le fonctionnement et le pouvoir lobbyiste du BTP, il faut se pencher sur le rapport Perruchot publié par Lepoint.fr. (Précision : le texte intégral du rapport n’est plus disponible sur ce site, mais le voici :
PDF - 2 Mo
).
On y apprend que les fédérations syndicales du BTP ont collecté plus de 86 millions d’euros de cotisations et possèdent une trésorerie de 180 millions d’euros en 2010. Elles sont, en terme de cotisations officielles, plus riches que l’UIMM [Union des industries et des métiers de la métallurgie], les magnas de la Métallurgie. Les fédérations du BTP possèdent un patrimoine très important dont il est difficile d’en avoir connaissance.
Cette puissance organisationnelle est très influente. Il en sera pour preuve les 85 propositions du BTP aux parlementaires qui visent à modifier, amender, créer la loi partout où cette fédération le juge utile aux intérêts, non pas de la profession toute entière comme cela le devrait, mais surtout pour les grandes entreprises du BTP qui tiennent la barre dans cette organisation professionnelle. Il y a cependant des propositions pertinentes.
Ici la FFB (Fédération Française du Bâtiment) demande des modifications sur les règles contractuelles. Mais aussi, hélas, la possibilité de pouvoir licencier plus facilement les salariés, c’est-à-dire assouplir les règles qui ré­ gissent les contrats de travail.
Ces instances du BTP sont si riches et si puissantes qu’elles deviennent un État dans l’État. En effet, les or­ ganisations privées qui détiennent des masses d’argent très importantes ne s’embarrassent pas d’éthique. La règle devient l’absence de règle, partant du principe que tout s’achète.
Ces fédérations du BTP savent que le pouvoir est dans le système bancaire, donc, elles y siègent. Et tout particulièrement dans Dexia Crédit Local. Les présidents du BTP sont d’office dans la gouvernance de cette banque
On remarquera que figurent dans ce conseil le président de la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics), Patrick Bernasconi, et celui de la FFB, Didier Ridoret.
Ce système [la banque Dexia] a distillé les fameux prêts toxiques à taux variables indexés sur le franc suisse auprès de 5500 communes pour un encours de 25 milliards d’euros. Des montages compliqués dans lesquels les responsables locaux se sont laissés piéger par les remboursements différés ou même assortis de premières échéances financièrement in­téressantes. Il faut dire aussi que les élus ont des mandats de courte durée qui ne les incitent pas à se soucier outre mesure du devenir de leur gestion.
Voir cet article sur Dexia
Or, ces prêts sont affectés à des travaux qui relèvent du BTP. Il faut s’interroger sur le point de savoir s’il n’y aurait pas ici conflit d’intérêts. Et se demander avec quels financements l’aéroport de Notre Dame des Landes serait construit.
Nous trouvons aussi le BTP dans une banque qui lui dédiée : BTP Banque, filiale du Crédit Coopératif et propriété des Banques Populaires.
Ici, il faut constater que les collecteurs d’argent sont là. Il y a SMABTP, SMAVie BTP, et autres organismes dont notamment les CAISSES DE CONGES PAYES DU BTP dont les principaux représentants sont dans BTP Banque.
Il faut savoir que les élus des fédérations du BTP sont les membres de droit de ces caisses de congés.
Si les fédérations du BTP ont beaucoup de moyens financiers, c’est grâce aux Caisses de congés qui collectent les cotisations professionnelles.
Le but principal des caisses de congés est de collecter les congés des ouvriers du BTP du 1er avril de l’année N jusqu’au 30 avril de l’année N + 1 pour les redistribuer en congés en pratique de juillet de l’année N + 1 jusqu’au 30 avril de l’année N + 2. Il s’agit d’un mouvement perpétuel. Au moment où les caisses de congés commencent à verser les congés, elles ont déjà engrangé l’argent social des congés qui sera distribué à partir de juillet de l’année N + 3 et ainsi de suite.
Evidemment, ces caisses ne garantissent pas le droit au congé des salariés, dès lors qu’elles ne le reversent que si les cotisations ont été payées. Au passage, elles gardent, selon les rapports de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), 2 à 3 % de la collecte dont les salariés sont privés. Ceci sur un encours moyen de 6,5 milliards d’euros que les caisses placent, afin, disent-elles, de couvrir les frais de fonctionnement des caisses. Ces caisses de congés, qui sont des associations de droit privé, pratiquent l’affiliation obligatoire et se moquent des droits et libertés fondamentaux de leurs adhérents. En somme, les fédérations du BTP ne défendent pas leurs cotisants, elles les exploitent...
Sur les Caisses de Congés Payés du BTP, voir explications, articles de presse, consultation juridique sur 4c-btp.
Priver le BTP de ces moyens de collecter beaucoup d’argent, c’est contribuer à faire en sorte que le béton et le bitume ne gagnent pas chaque jour un peu plus sur les terres agricoles et la forêt. Oui, il faut occuper le terrain pour que les acteurs de ce monde puissent répondre aux nécessités des populations. Désormais il convient de savoir qui doit avoir le pouvoir et de quelles manières nous devons répondre à chaque nécessité sans hypothéquer l’avenir. Ce qui exige une autre politique d’occupation des sols, un bien commun très précieux même s’il est souvent détenu par des personnes privées.
Concrètement, cela signifie que les opposants à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes doivent aussi s’attaquer à la « pompe à fric » du BTP, à savoir les caisses de congés payés du BTP dont celle d’Orvault (Loire-Atlantique) qui finance aussi le MEDEF
Une fois le chantier achevé, les entreprises du BTP, par­ fois, apportent des enveloppes avec des espèces qui sont remises aux élus, donneurs d’ordre, afin de financer leur parti
Tout cela doit être vérifié, de fait et en cohérence. Qui sont les administrateurs des banques qui financent les travaux ? Quelles sont les entreprises qui vont faire les travaux ? Qui les gouvernent ? Etc.

vendredi 7 septembre 2012

L' Armée, camp d' entraînement pour nazis et criminels...



WAR – L’armée américaine, un camp d’entraînement pour nazis et criminels
Wade Michael Page, le tueur qui a assassiné sept Sikhs dans le Wisconsin, a servi dans l'armée.
"Une armée levée sans un examen minutieux du choix de ses recrues n'a jamais été viable sur la durée. Et nous sommes désormais convaincus que c'est là la cause de tous nos malheurs" (Végèce, écrivain romain du début du Ve siècle).
Wade Michael Page, le tueur qui a assassiné sept personnes dans un temple sikh du Wisconsin le 4 août, était sans doute un déséquilibré. Mais il était également un ancien soldat, exclu de l'armée en 1998, ainsi qu'un "suprémaciste blanc". Page est-il un cas isolé, une "pomme pourrie", selon la théorie généralement servie par les canaux officiels après de tels drames, ou le symptôme d'un phénomène bien plus large dans les rangs de l'armée américaine ?
Dans une tribune intitulée "Des néo-nazis, des gangs et des criminels dans l'armée américaine", publiée sur le site d'Al-Jazira, la journaliste et écrivain Belén Fernández réfute la thèse de la "pomme pourrie". L'auteur s'appuie notamment sur un article du Christian Science Monitor, qui explique comment certains mouvements néo-nazis et suprémacistes se font enrôler pour se former à l'art de la guerre afin de mettre ensuite à profit leur savoir-faire militaire. A en croire un responsable du ministère de la défense, la présence d'extrémistes dans l'armée "n'est pas épidémique, mais de toute évidence nous parlons de plusieurs milliers de personnes".
"Tu vas pouvoir t'entraîner"
Le Christian Science Monitor livre le témoignage d'un ancien suprémaciste blanc, qui forme aujourd'hui les militaires américains à détecter les extrémistes dans leurs rangs. T.J. Leyden raconte qu'il a été encouragé à rejoindre les marines à l'époque où il était skinhead. "Les anciens de la mouvance suprémaciste en parlaient tout le temps. Ils disaient : 'c'est un excellent choix, tu vas pouvoir t'entraîner"', raconte-t-il. Ces groupes recrutent également dans les rangs de l'armée : "Les principaux groupes suprémacistes possèdent des antennes juste en face d'installations militaires. Ils recherchent des individus ayant reçu une formation militaire".
Selon un rapport commandé par le Pentagone lui-même en 2005, "l'armée pratique le 'don't ask, don't tell' (ne rien demander, ne rien dire) concernant les opinions extrémistes". Une politique de l'autruche qui irait en réalité jusqu'au consentement tacite, explique Matt Kennard dans son ouvrage Irregular Army : How the US Military Recruited Neo-Nazis, Gang Members, and Criminals to Fight the War on Terror.
Admirateur d'Hitler
Au cours de son enquête, Kennard s'est amusé à appeler cinq centres de recrutement de l'armée. Se faisant passer pour un aspirant soldat, il a proposé ses services en demandant si ses tatouages nazis n'allaient pas le freiner dans sa nouvelle carrière. Résultat : aucun des recruteurs n'a laissé entendre que cela pouvait constituer un obstacle insurmontable.
Kennard raconte ensuite sa rencontre avec Forrest Fogarty, vétéran de la guerre en Irak, suprémaciste blanc et admirateur d'Hitler. Avant de partir en Irak, Fogarty avait rejoint la "Hammerskin Nation", la mieux organisée et la plus violente des organisations de skinheads aux Etats-Unis. Sa petite amie tenta alors d'empêcher son enrôlement en envoyant des photos de lui dans des réunions néo-nazies et de ses performances dans un groupe de rock nazi à trois de ses supérieurs hiérarchiques. Convoqué devant un comité militaire chargé de tirer l'affaire au clair, il se contenta de réfuter l'évidence : "J'ai nié et expliqué que ma petite amie était une méchante garce, ce qui est vrai". Et il partit sans autres formalités servir son pays dans les rues de Bagdad.
Crimes, drogues et agressions sexuelles
Mais la guerre raciale n'est pas le seul conflit interne auquel le délabrement des critères de recrutement de l'armée contribue. Selon un rapport du FBI de 2007, "des membres de presque tous les principaux gangs de rue ont été identifiés dans des installation militaires sur le sol américain ou à l'étranger". L'auteur du rapport met en garde : "D'anciens et actuels soldats appartenant à des gangs transfèrent leur savoir-faire militaire dans leur communauté et l'utilisent contre les forces de l'ordre, qui ne sont généralement pas formées à affronter des bandits possédant une expertise militaire".
Dans son livre, cité par Al-Jazira, Matt Kennard cite des statistiques du Palm Centre, une unité de recherches de l'université de Californie, qui soulignent la prolifération de criminels dans les rangs de l'armée. Les chiffres montrent qu'entre 2003 et 2006, l'armée a enrôlé 4 230 criminels sous le programme "Moral waivers", ce qui correspond à un doublement en trois ans.
Le programme "Moral waivers" ("Dérogations morale") permet le recrutement d'individus qui ne répondent pas aux standards théoriques, tels que les agresseurs sexuels, les auteurs de menaces terroristes ou encore les pédophiles. Selon Kennard, deux soldats embauchés entre 2003 et 2006 avaient proféré des menaces d'attentats à la bombe sur le sol américain. Le Guardian évoque quant à lui 87 soldats condamnés pour agression, neuf pyromanes et sept agresseurs sexuels. Le total de soldats enrôlés sous ce programme s'établissait à 34 476 en 2006.
MCD-APL

mercredi 28 septembre 2011

La journée de la Femme c'est tous les jours


Les femmes protestent contre l'absence de parité dans le nouveau Sénat
Des associations féministes ont déploré lundi l'absence de parité dans le nouveau Sénat issu des élections de dimanche, en observant que seules 49 femmes ont été élues sur les 170 sièges à renouveler.
"Une fois de plus, la parité passe à la trappe (...). Les médias ont largement commenté le basculement à gauche de la Haute Assemblée, fait politique inédit depuis l’entrée en vigueur de la Vème République. Pourtant, il y a une révolution qui semble bien plus malaisée à réaliser: celle de la parité", a commenté le collectif Osez le féminisme, dans un communiqué.
Selon le collectif, la loi sur la parité de 2000 est "manifestement insuffisante". "La parité effective passera par l’instauration du non cumul strict des mandats, l’obligation de la parité au niveau des têtes de listes et la suppression de toutes les subventions publiques aux partis politiques qui ne respectent pas la parité", a-t-il ajouté.
"Où sont passées les femmes?", s'est interrogée l'association des Marianne de la diversité, regrettant "une parité en berne". "Les dirigeants des partis ont déployé des trésors d'imagination pour contourner l'obligation paritaire dans ce scrutin proportionnel (...). A droite comme à gauche, les femmes ont dû céder la place aux hommes", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
"Quant aux jeunes et aux candidats issus de la diversité, leur entrée au Palais du Luxembourg reste de l'ordre du voeu pieux", a conclu Fadila Mehal, présidente des Marianne de la diversité.
Le Laboratoire de l'égalité a regretté, dans un communiqué, "qu'à l'issue du scrutin du 25 septembre 2011, la proportion de femmes au Sénat stagne au même niveau que 2008", et réitéré sa demande de "suspendre le financement des partis qui ne présenteraient pas 50% de candidates aux élections avec répartition équitable hommes-femmes dans les circonscriptions gagnables".
"Le Sénat demeure ainsi encore loin des objectifs de parité", a pour sa part déploré l'association "Future, au Féminin", qui souhaite une "limitation du nombre de mandats" et "l'instauration d'un âge limite de retraite" afin d'assurer "le renouvellement des représentants politiques qui doit profiter aux femmes et aux jeunes".
APL

samedi 9 juillet 2011

Annecy , retour au calme...

Echec d'Annecy pour les Jeux Olympique 2018 : les écolos soulagés, J.J.Queyranne précise sa stratégie…
C'était ce mercredi après-midi, en Afrique du Sud, que fut désignée la ville-hôte des Jeux Olympiques d'hiver 2018. Annecy était recalée…
Si Pyeongchang (Corée du Sud), et Munich (Allemagne), étaient favorites, Annecy voulait jouer son ticket jusqu'au bout. « Tout est encore possible, a estimé ce matin Charles Beigbeder président du comité de candidature français. On n'est pas un cran en-dessous. Il y avait trois villes candidates. Les trois candidatures ont été qualifiées par le CIO et par son président Jacques Rogge d'un niveau très élevé ( ?). Simplement, chaque candidature présentait une vision différente. Nous, on propose de faire des Jeux à dimension humaine, bla…, bla…". Belle blague.
Avec un budget très inférieur à celui de ses concurrentes, Annecy (33 millions d'euros à gaspiller) n'avait pas d'autre choix que de se positionner ainsi. Munich avec ses 50 millions d'euros de budget et Pyeongchang à plus de 100 millions d'euros ne lui laissent pas le choix. Par ailleurs, la traditionnelle alternance entre les continents hôtes de la compétition laissait présager cette année le choix de l'Asie pour 2018.
Le Premier ministre, François Fillon, (Sarkozy reste chez lui pour les défaites annoncée) a dit néanmoins son goût pour l'alpinisme devant le CIO, venu défendre à Durban avec la délégation française la candidature d'Annecy. Chantal Jouanno, ministre des Sports, Dennis Masseglia, Charles Beigbeder, Jean-Pierre Vidal, Gwendal Peizerat étaient également présents. Plusieurs films promotionnels ont été diffusés au comité international olympique pour tenter de le convaincre.
A Annecy un écran géant retransmettait au Pâquier, l'esplanade située devant le lac, les événements qui se déroulent à Durban en Afrique du Sud depuis le matin. Les habitants qui le souhaitaient ont donc pu assister à la présentation et l’échec de la délégation au CIO ce matin retransmise en direct. A l'hôtel de ville, une délégation de représentants d'entreprises qui ont soutenu financièrement Annecy déjeunait à la mairie ce midi là en écoutant la réponse du CIO. Le nom de la ville éliminée ‘Annecy’ était connu à 15h30. Celui de la ville hôte ‘Pyeongchang’ (Corée du Sud), était dévoilé à 17h30.
APL
Les élus régionaux écologistes sont "soulagés" d'un projet qui aurait viré selon eux à la "catastrophe économique" et au "bétonnage de la montagne". Le président de la Région s'en prend comité de candidature.
Ils sont heureux. Les élus écologistes ont toujours ferraillé contre la candidature d'Annecy aux JO de 2018 - c'était là un point fort de divergence avec Jean-Jack Queyranne, le président de la Région. "Nous sommes soulagés de cette décision, car si les Jeux avaient eu lieu à Annecy, ils se seraient traduits par une catastrophe économique, écologique qui aurait aggravé le bétonnage de la montagne", affirme Claude Comet, conseillère régionale pour le tourisme et la montagne.
Dans un communiqué, son groupe se félicite qu'un "point final" ait été donné "à un projet qui aurait fortement aggravé une pression foncière et immobilière dramatiquement ressentie par les agriculteurs, à un projet qui aurait aggravé la ponction en eau par des canons à neige qui avalent 20 millions de m3 chaque année en France". Les écologistes calculent que "près de 30 millions d'euros" ont été engloutis dans cette candidature "sans que rien ne se soit passé". Ils attaquent "l'arrogance des porteurs de cette candidature, placés par le gouvernement, qui ont muselé l'opposition".
Sur ce point, ils sont suivis par le président de la Région. "Force est de constater que les errements et le manque de stratégie du comité de candidature ont plombé le projet", assène Jean-Jack Queyranne. Selon lui, "la Région a été un partenaire loyal et constant. elle a gardé le cap, exigeant sans relâche la présence de sportifs en première ligne et la transparence financière par la création d'un groupement d'intérêt public". Groupement d'intérêt public finalement présidé par Charles Beigbeder, homme d'affaire, fondateur de Poweo.
Pour autant, Jean-Jack Queyranne affirme que "le travail accompli sera utile". Le plan multimodal de transport servira de base au prochain contrat de projet Etat-région engagé en 2014. Et il promet une nouvelle conception de l'aménagement durable de la montagne, avec des éco-stations. Une démarche inspirée d'Annecy 2018.
Les élus de droite réagissent avec parcimonie. "Nous pouvons déplorer que l'ensemble des acteurs et élus régionaux n'ait pas été spontanément apporté son enthousiasme à ce projet dès le départ de son montage". Façon de reporter la faute sur les divisions de la majorité régionale, entre socialistes et écologistes.
Fabien Fournier


Les grands chimpanzés au pouvoir...


Les grands chimpanzés au pouvoir!
L’agressivité et l’empathie conditionnent les relations entre individus, la répartition dans l’espace et les structures sociales des animaux. Des poissons aux primates, l’agressivité est contrôlée par les mêmes centres nerveux du «cerveau ancien» – dit abusivement «reptilien» – et les mêmes hormones, très conservés dans l’histoire des vertébrés. L’action de ce système est compliquée par les centres nerveux supérieurs qui peuvent moduler, réorienter ou changer ses manifestations. En particulier chez les mammifères à gros cortex cérébral, comme les humains et autres singes, chez qui mémoire, culture et histoire personnelle compliquent, au moment de l’action, les motivations dues à l’état sensoriel, hormonal et social du sujet.
Et puis il y a les variations entre espèces: chez certains poissons, la vue d’un congénère déclenche une attaque immédiate et mortelle; à l’opposé, d’autres dépérissent si on les isole et rejoignent tout groupe qui passe au plus vite. Les espèces agressives sont souvent territoriales et dispersées, sinon solitaires comme les caméléons. Les espèces moins agressives peuvent être plus grégaires ou régler leurs conflits par des affrontements ritualisés, comportant plus d’esbroufe que de coups invasifs ou mortels.
Il ne faut pas oublier les différences sexuelles d’agressivité, liées à des différences hormonales et à leurs conséquences dans le système nerveux. Elles sont renforcées, de façon variable, par l’éducation et la culture chez les primates supérieurs.
On peut avoir ainsi des rapports de pouvoir, de domination et des relations entre catégories sociales (genres, groupes d’âge, familiers versus étrangers) différents entre espèces même très proches (chimpanzés et bonobos, gibbons et siamangs, etc.) et même entre des populations d’une même espèce conditionnées par des histoires et des interactions différentes avec le monde. On se reportera avec grand profit aux passionnants écrits de Frans de Waal pour réaliser à quel point chimpanzés et bonobos, confondus par les zoologistes du XIXe siècle, diffèrent: aux chimpanzés violents, querelleurs, machistes, obsédés de pouvoir côté mâle, il oppose les bonobos à dominance matriarcale, paisibles et réglant leurs moindres différends par un rapport sexuel, quelle que soit la combinaison de partenaires. Chez les gorilles, la société est très patriarcale, mais aussi paisible et ordonnée au quotidien que celle des grands chimpanzés est agitée. L’agressivité se limite à la défense du territoire ou du groupe par les grands mâles et à de rares conflits de statut.
Bien que les humains soient également parents des chimpanzés et des bonobos, nos sociétés actuelles ressemblent beaucoup plus à celles des grands chimpanzés qu’à celles des bonobos: organisation sociale patrilocale et machiste, conflits de pouvoir permanents entre les mâles, puis entre prétendants au pouvoir des deux sexes en cas de «libération des femmes». Avec un effet pervers: si une société décide de promouvoir les femmes au pouvoir, elle tend à sélectionner, pour régater avec les machos, une minorité de femelles parfois plus agressives que la moyenne des mâles dominants. Plutôt que de promouvoir les femmes, il vaudrait mieux dégrader les super machos et surtout dévaloriser le pouvoir et son prestige aberrant…
Tenez, l’autre jour, je roulais paisiblement au volant d’une épave empruntée, sur une voie très fréquentée et à la vitesse maximale autorisée. Pendant près de trois kilomètres en interdiction de dépasser, j’ai eu droit à des coups de klaxon et appels de phares incessants de la part d’un gros 4x4 allemand qui finit par doubler face à un camion, en me faisant un doigt d’honneur. Eh bien ce n’était ni un costume-cravate éjaculateur précoce, ni un chasseur ivre en battle-dress: juste une petite brune sexy «libérée»…
Chroniqueur énervant.

samedi 2 juillet 2011

A droite toutes.......

A DROITE TOUTES…
La droite française (les classes dominantes) avait deux fers au feu. Quel que soit le résultat du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, elle comptait bien l’emporter, ou, pour le moins, ne pas perdre. Et pour cause, elle avait deux candidats sérieux, qu’elle cherchait à promouvoir par tous les moyens, et un faire-valoir. Le danger principal qui la menace est l’émergence (la réémergence) d’une force politique résolument ancrée à gauche. Nous en dirons deux mots plus loin. Mais de quelle arme absolue disposait la droite en France pour contrer l’éventuelle remontée d’une gauche de transformation sociale ?
Le premier candidat sérieux, c’est le président sortant, le ci-devant Sarkozy, l’agité de l’Elysée qui a commencé sa campagne, d’une part en lançant la folle prime attribuable aux salariés dans les entreprises qui augmenteraient leurs dividendes, d’autre part, en partant en guerre (sans consulter le Parlement), au motif qu’il s’agirait de participer à la protection humanitaire des peuples, voire de l’initier ! Il n’est cependant pas exonéré de critiques, y compris dans son camp politique et au sein du patronat. De plus, son profil sondagier n’est pas excellent, pour l’instant. Pour certains, il est carrément encombrant, bien qu’il demeure légitime parce que candidat du parti présentement majoritaire. Du Figaro à TF 1, on fait beaucoup pour donner des couleurs à ce rougeoyant du visage à force d’efforts inconsidérés pour paraître (ce qui lui avait plutôt pas mal réussi en 2007, face il est vrai à une opposition de peu de consistante et grâce à la débandade de la gauche de gauche). L’aviation envoyée en Libye et quelques autres démonstrations de muscle, ça va, ça redonne du courage. La prime aux salariés, en revanche, surprend (mais c’est sa tactique : surprendre et prendre), étonne par son côté improvisé, ni social, ni pro-MEDEF. Sauf que, se dit le postulant - bis, si le MEDEF n’est pas content, c’est que c’est du social, c’est bon pour attraper des voix. Pas sûr que ce coup, si souvent fait dans d’autres domaines, soit un coup gagnant, mais l’orgueil malin aidant, il peut y croire. Son propre camp est plutôt mal à l’aise : déjà se profilent des solutions de rechange (des prétentions qui confinent au crime de lèse-majesté, sauf si l’impétrant décidait de jeter l’éponge au lieu de se voir rejeté du tableau final, ce qui ne correspond en rien à la mégalomanie du candidat).
L’hypothèse d’une défaite du candidat numéro un n’étant pas exclue, que faire ? Il y a certes encore du temps pour mettre au point des stratégies où la démagogie le disputerait à l’anti-social et au tout sécuritaire. La conjoncture politique au plan intérieur et extérieur peut évoluer et favoriser de nouveau le sortant qui aimerait ne pas sortir. L’espoir fait vivre, même à droite. Si la défaite qui s’annonce est dans l’ordre du vraisemblable, alors, il faut éviter que soit élu un candidat (ou une), à ce poste tant envié, qui pencherait trop à gauche. La presse, renforcée par l’aile centriste et par l’establishment, avait repéré la perle rare : Monsieur Dominique Strauss-Kahn. Patatras, une sombre affaire rend caduque cette possibilité. Il y a des réserves, mais c’est M. Strauss-Kahn qui présentait le plus de garanties. Comme remplaçant de luxe, il avait le franc soutien de la presse, le soutien plus discret des instances internationales et d’une partie du patronat. Dans son propre camp, le parti socialiste, son fan – club doit se ronger les ongles. Ses membres ne donnaient pas dans la dentelle, tellement ils étaient certains de leur affaire. Monsieur Pierre Moscovici, un des porte-parole officieux (Le Monde du 2 mai 2011), craignait des « primaires frivoles » (ce qui résonne curieusement aujourd’hui). Encore récemment, conscient de l’image pour le moins floue de Monsieur Strauss-Kahn, Monsieur Moscovici s’interrogeait sur les capacités du Parti socialiste « à changer les choses ». Il conclut, sur le mode mitterrandien, qu’il « faut introduire une forme de radicalité ». Evidemment, il s’en tenait à la forme et ne parlait pas du fond. Les grandes manœuvres médiatiques étaient commencées. La question demeure en effet posée : qui du parti socialiste conviendrait ou ne disconviendrait pas au parti de M. Sarkozy ?
Evidemment, UMP - PS, ce n’est pas bonnet blanc et blanc bonnet, même s’il y a beaucoup de proximité, comme on a pu le voir par exemple à propos du démantèlement des services publics, du financement de la crise ou encore de la contre-réforme sur les retraites. Ce sont deux possibilités pour assurer le cours nouveau de l’hégémonie des classes dominantes. Affaire complexe sur laquelle il serait bien utile de réfléchir. Car, ce qui se joue, dans ce pays et sur l’ensemble de la planète, n’est rien moins que l’hégémonie politique et sociale des classes dominantes. Or, nous ne sommes ni au 19e siècle, ni dans la période ayant suivi la crise de 1929 et qui a provoqué des changements politiques dans l’organisation de la domination sociale, ainsi que des évolutions considérables dans la capacité des dominés à faire valoir leurs droits. Voir, notamment, les luttes de libération nationale, les luttes sociales et syndicales, les luttes pour l’égalité et contre toutes les formes de discrimination. La revanche du capital s’est réorganisée progressivement à partir de la fin des années soixante. Le résultat, que la crise récente met en évidence, est que la nouvelle hégémonie sous la houlette du capital financier a failli. Comment gérer le capital, quelles nouvelles alliances sont nécessaires pour y parvenir ? Cette question n’est pas simple. Un Sarkozy représente, en France, l’une des hypothèses dont le capital est l’épicentre. Le PS (sa direction majoritaire) représente l’autre version d’une convergence hégémonique rivale cherchant à s’imposer, prétendant être plus à même de résoudre les problèmes de « gouvernance » sans les peuples.
Le faire valoir enfin : Mme Marine Le Pen. L’épouvantail nécessaire. Non pas que la progression de l’extrême droite ici et ailleurs dans le monde ait été souhaitée aux niveaux qu’elle atteint actuellement. L’extrême droite a pu être relancée, un jour pour affaiblir la droite, un autre jour pour affaiblir la gauche. Mais ce n’est pas là l’essentiel. Sa forte présence militante et dans les urnes résulte, mais pas uniquement, du déficit social, culturel et démocratique, des politiques menées depuis trente ans par les gouvernements successifs, quelle que soit leur couleur, les gouvernements de droite étant malgré tout plus antisociaux. A la veille des prochaines élections présidentielle et législative en France, la présence et l’activisme de Mme Le Pen sont bien utiles. Les médias (sondages y compris) font dans ce domaine un travail remarquable qui confine au double jeu (dangereux). Le 21 avril 2002 est exhibé jusqu’à plus soif comme la marque d’un danger toujours présent qu’il faudrait extirper tout en l’encourageant néanmoins pour qu’il soit bien présent. L’objectif est double : faire peur pour délégitimer par avance toute présence de gauche dans le champ politique électoral ; asseoir définitivement le bipartisme en espérant que, en France, le Front national ne sera qu’un trouble-fête, du poil à gratter.
En dispersant les voix, la gauche porterait la responsabilité d’une éventuelle élimination dès le premier tour du candidat présenté par le parti socialiste (ou peut-être du candidat vraiment affiché de la droite). Quand des responsables du PS considèrent que (leur) défaite est interdite et que personne ne doit la favoriser, ils n’interrogent ni leur bilan passé, ni la faiblesse de leurs propositions, ni la règle du second tour de l’élection présidentielle, ni l’ordre du calendrier électoral, œuvre d’un certain Jospin qui n’avait pourtant pas été déméritant sur tout, quoique sur trop de points essentiels. Par exemple : signature du traité d’Amsterdam, juste après sa nomination comme premier ministre, privatisation de France Télécom et libéralisation de l’énergie.
Enfermer le choix, parce que le calendrier électoral imposerait ce schéma, entre être ou ne pas être au second tour (pour le PS) est un enfumage de première catégorie. C’est aussi un danger pour la gauche. L’exemple italien, avec la candidature puis le gouvernement Prodi, a (provisoirement ?) éliminé la gauche de gauche. D’autre part, cette stratégie mortifère, éloigne de tout débat véritable, et réduit encore plus la démocratie à une succession de plébiscites. Depuis belle lurette, viennent en renfort de cette stratégie : les attaques contre les syndicats, en vue de les affaiblir, contre les associations, en vue d’amoindrir l’exercice au quotidien de la démocratie et le maintien du lien social. Dans ce domaine, Messieurs Sarkozy et Fillon ont fait fort et continuent. Ils méprisent toute action et tout résultat provenant notamment de l’initiative populaire et citoyenne : en témoigne la non-prise en compte de la votation pour un débat et un référendum sur le devenir de la Poste, de la mobilisation pour une politique sociale vers l’égalité de traitement sur les retraites… Rien n’indique que du côté du PS on envisage de revenir sur toutes les mesures antisociales du quinquennat finissant.
Que la gauche, vraiment de gauche, soit présente et bien présente tant pour la présidentielle que pour les législatives est par conséquent un impératif. La division qui a prévalu en 2007 ne doit plus être de mise. Il appartient aux forces politiques et sociales concernées de ne pas renouveler cette expérience mortifère. Si Monsieur Olivier Besancenot n’est plus candidat à cette élection (ce qu’il a fait savoir), c’est l’occasion pour le NPA de ne pas persister dans l’entêtement coupable qui a été celui de la LCR, il y a quatre ans. C’est l’occasion pour le Front de gauche de s’ouvrir plus, tant pour débattre et élaborer sur le fond que pour préparer les législatives. Le parti des Verts, s’il veut être cohérent avec sa critique, ses principes et ses objectifs, devrait rejoindre un tel front élargi au lieu de se préparer à flirter avec on ne sait quel centre, et y apporter une contribution qui ne serait pas un adjuvant. Sans cela, la politique déjà confisquée (privatisée) ne laisserait aux électeurs que des choix médiocres et le sentiment de l’inutilité de leur participation aux votes.

jeudi 22 juillet 2010

La crise enfin facile à comprendre !


Explication simple de La Crise (ou spoliation par les banques) transmise par Anthony Brault de la Scop “Le Pavé”

Nous avons demandé à un expert financier de nous expliquer cette crise de façon
simple, de sorte que les gens ordinaires puissent en comprendre les causes.

Voici l'explication qu'il nous a donnée :

“ Un homme d'affaire arriva dans un village et offrit à ses habitants de leur acheter leurs ânes à 1000 euros pièce. Une grande partie de la population lui vendit ses animaux. Le lendemain, l'homme revint et offrit 1500 euros pour chaque âne que l'on voulut bien lui vendre. Le jour suivant, il paya 3000 euros et acheta ainsi tous les ânes que l'on put trouver dans la région.Voyant qu'il n'y avait plus d'âne à acheter, il indiqua qu'il reviendrait la semaine suivante, et offrirait 5000 euros par âne. Le jour suivant, il envoya son assistant au village avec les ânes qu'il y avait achetés. L'assistant vendit les ânes au prix de 4000 euros pièce aux villageois tout contents de l'argent qu'ils allaient gagner si facilement. Et ceux qui n'avaient pas les sommes nécessaires allèrent les emprunter. Bien entendu, ni l'homme d'affaire ni son assistant ne remirent jamais les pieds dans le village.

Résultat : Le village se retrouva plein d'ânes et couvert de dettes. Voyons ce qui s'est passé ensuite : Ceux qui avaient emprunté l'argent ne pouvaient le rembourser. Ceux qui l'avaient prêté allèrent se plaindre auprès du conseil municipal disant que s'ils n'étaient pas remboursés, ils seraient ruinés, qu'ils ne pourraient donc pas continuer à prêter et qu'ainsi tout le peuple serait ruiné. Afin d'éviter la catastrophe, le maire décida d'intervenir. Mais au lieu de donner de l'argent aux villageois pour qu'ils puissent payer leurs dettes, il le donna aux prêteurs eux-mêmes. Une fois remis à flot, ceux-ci décidèrent de ne pas annuler leur dette et continuèrent d'en poursuivre, autant que possible, le recouvrement avec intérêts.

En conclusion : Le maire dilapida le budget municipal et la commune se retrouva également endettée. Il demanda alors l'aide d'autres communes qui la lui refusèrent, considérant que son niveau d'endettement ne lui permettrait pas de les rembourser. Les prêteurs se retrouvèrent convenablement renfloués et à la tête de nombreuses créances leur permettant de saisir des ânes dévalués dont le prix de vente n'en couvrait pas la totalité et continuèrent longtemps de percevoir remboursements et intérêts. La population du village se retrouva sans âne et endettée à vie dans une commune ruinée.

Au final : L'homme d'affaire envoya un autre assistant offrir son aide au conseil municipal afin de sauver le village et les villageois, en fixant comme conditions pour lui prêter de l'argent qu'il réduise ses dépenses et lui verse des intérêts très élevés. Le maire augmenta les impôts, supprima les services publics et baissa les salaires de ses fonctionnaires.

Et le peuple s'appauvrit encore et resta endetté pendant plusieurs générations”

lundi 12 juillet 2010

Débat : innover dans les relations Adultes -Enfants


Ces adultes au pouvoir incontesté

Une domination sociale n'est jamais aussi efficace que lorsqu'elle nous apparaît comme «naturelle» et demeure en grande partie invisible. Dans le genre, il en est une que nous côtoyons au quotidien : la domination des adultes sur les enfants.
Les multiples rapports de domination qui structurent notre vie sociale sont visibles à des degrés divers : certains sont connus et reconnus (la domination masculine par exemple), d'autres ont été mis en évidence mais restent en partie cachés (on pourra citer la domination culturelle et symbolique). On sait aussi que mettre au jour un rapport de domination ne suffit en rien à le faire disparaître, mais c'est pourtant une étape nécessaire : il faut prendre conscience de quelque chose pour pouvoir commencer à lutter contre. Or il existe au moins un type de domination qui reste aujourd'hui presque totalement invisible, que nous côtoyons pourtant tous les jours, et pour lequel nous avons tous été à la fois dominé et dominant : il s'agit de la domination exercée par les adultes sur les enfants. Enoncer qu'il existe un rapport de domination des adultes sur les enfants peut sembler à la fois une évidence et une absurdité: une évidence, car on ne saurait nier que la position d'adulte confère globalement une position d'autorité sur celle d'enfant; une absurdité, car cette position nous apparaît comme normale, naturelle et même positive. Elle s'appuie de plus sur des caractéristiques «objectives»: les enfants sont objectivement «dépendants», «fragiles», ce sont des «êtres en cours de formation» qu'il convient donc de «protéger», «d'éduquer», «d'encadrer», etc.
Il existe pourtant des signes clairs qui permettent de montrer que ce rapport adulte/enfant est bien un rapport de domination, qui plus est particulièrement violent.
Le statut inférieur accordé aux enfants est d'abord présent dans la manière de les nommer. L'enfant, étymologiquement, est celui «qui ne parle pas». Il appartient au monde des «petits». Jusqu'à l'âge de sa majorité, il est considéré comme un être «mineur». Par ailleurs, la plupart des appellations utilisées pour le désigner sont de l'ordre du péjoratif : gosse, gamin, morveux, chiard... Et celles-ci sont souvent considérées comme des insultes quand elles sont appliquées à des adolescents ou des adultes («bébé», «gamin», «ne fais pas l'enfant», etc.) 1.
Objectivement, l'enfant est évidemment dans une situation de dépendance quasi totale vis-à-vis des adultes, et en particulier de ses parents : pas de ressources propres, pas d'indépendance possible, pas de droit de regard sur les décisions le concernant, y compris jusqu'à un âge avancé. Une fois scolarisé, il est soumis à des horaires et à une charge de travail très importants, comparables à ceux endurés par beaucoup d'adultes dans leur vie professionnelle. En dehors de l'école, il n'est jamais totalement maître de son temps et de ses activités car c'est en général toujours l'organisation et la volonté des adultes qui l'emportent («on doit partir, tu joueras plus tard»).
Typique de nombre de relations de domination, cette dépendance est d'ailleurs totalement «renversée» dans certains discours: on parle ainsi «d'enfant-roi» ou «d'enfant-tyran», tout comme on insinue parfois que les chômeurs sont des privilégiés ou que les immigrés sont coupables de «racisme anti-français». Une vision profondément négative de l'enfant Les enfants bénéficient parfois d'une valorisation sur des aspects secondaires et limités, en général basée sur des attributs physiques ou des comportements conformes aux attentes: on les jugera «mignons», «adorables», «gentils», «polis», «bien élevés». Mais ces valorisations temporaires masquent en réalité une vision extraordinairement négative de l'enfant, et ce dès sa naissance. Dans la plupart des discours (médicaux, éducatifs, psychologiques), l'enfant est considéré comme un être qui va «chercher la faille», «tester les limites», et qui, si on ne lui impose pas un cadre contraignant, va «en profiter», accumulera les bêtises et les comportements égoïstes. Héritage d'une tradition judéo-chrétienne et psychanalytique 2, cette vision fait croire à un enfant porteur de «vices» ou de «pulsions», qu'il va falloir redresser et corriger par le biais d'une éducation rigoureuse. Ainsi, dès les premiers instants, le bébé qui pleure sera accusé de «comédie» et de tentative de manipulation auxquelles il ne faut pas céder, sous peine d'être par la suite totalement débordé et, à la limite, transformé en esclave de son propre enfant.
On trouverait sans doute là de nombreux parallèles avec d'autres formes de domination: on pourra citer les femmes, souvent réduites à leurs attributs physiques, et dont l'image reste souvent très négative (historiquement comme sources de péchés ou de tentations, aujourd'hui encore comme susceptibles de séduction, de manipulation ou de «bêtises» comme des dépenses excessives et futiles, etc.) ou les classes populaires, parfois valorisées pour divers attributs secondaires (le franc-parler, la convivialité, la force de travail...) mais fondamentalement extrêmement stigmatisées et implicitement soupçonnées de propension à la violence ou au racisme3. Une domination a en effet toutes les chances de paraître légitime si elle fait passer le groupe dominé comme potentiellement «dangereux».
La position dominée des enfants s'exprime aussi à travers la non prise en compte, voire la négation de leur parole et des besoins qu'ils peuvent exprimer. Bien souvent ces besoins ou envies sont considérés comme des «caprices», donc comme des demandes qui n'ont pas de valeurs en elles-mêmes. Un enfant qui a très envie d'une console de jeux se verra souvent accusé de «caprice». Un adulte souhaitant acheter un iPhone, beaucoup moins (encore que cette probabilité augmentera fortement s'il s'agit d'une femme).
Cette notion centrale de «caprice» commence d'ailleurs très tôt, y compris pour l'expression de besoins extrêmement fondamentaux (la faim, le besoin de contact ou d'attention) par les nouveau-nés. Et elle concerne également la négation du chagrin ou de la douleur: la plupart du temps, lorsqu'un enfant tombe et se fait mal, les premiers mots prononcés sont «ce n'est rien, ne pleure pas». On se souviendra d'ailleurs que jusqu'à récemment les bébés étaient opérés sans anesthésie.
Enfin, la domination adulte s'exprime le plus brutalement par la maltraitance dont les enfants sont souvent les objets. Au-delà des cas extrêmes (les victimes de viols ou de meurtres «passionnels» liés à des séparations sont presque exclusivement des femmes ou des enfants), les enfants demeurent le seul groupe social qu'on a légalement le droit de frapper 4. On accepte encore aujourd'hui que les enfants soient battus, pour leur bien, comme on acceptait hier que les femmes soient battues, pour les mêmes raisons.
Et cela sans parler des violences psychologiques : insultes, cris, punitions, humiliations, qui sont monnaie courante à des degrés divers et le plus souvent parfaitement tolérées.
Tenter de faire apparaître la relation adulte/enfant comme un rapport de domination comporte une double difficulté : chaque argument peut apparaître soit comme une évidence, soit être immédiatement réfuté, y compris par soi-même, par l'idée que cet état de fait est peut-être regrettable ou excessif, mais qu'il est nécessaire, sous peine de conséquences négatives.
L'autre difficulté est qu'en tant qu'adultes, et encore plus en tant que parents, nous devons prendre conscience de cette domination en étant nous-mêmes dominants. Ceci passe alors par une remise en cause personnelle et un travail permanent pour ne pas se laisser aller à ce qu'on ferait souvent naturellement : se comporter avec ses enfants d'une manière qu'on n'accepterait pas de la part d'un homme envers une femme ou d'un patron envers ses employés.
Pourtant cette domination est une question particulièrement cruciale : nous l'avons tous vécue en tant que dominés étant enfants. Nous avons tous subi nombre de violences plus ou moins grandes, nous les avons acceptées et elles nous apparaissent bien souvent, en tant qu'adulte, comme nécessaires et positives. Or cette expérience et cette acceptation de la domination jouent certainement un rôle dans sa reproduction plus tard en tant qu'adulte, mais aussi dans son application à d'autres contextes et vis-à-vis d'autres groupes sociaux.
Sur le plan politique, enfin, tout ou presque reste à faire. En effet, à la différence d'autres types de dominations qui, à défaut d'être réellement combattues, ont au moins acquis une certaine visibilité (domination masculine, domination de classe, domination hétérosexuelle...), la domination adulte et la place des enfants sont des thématiques totalement absentes du champ politique. Les enfants ne sont présents, y compris dans les programmes de gauche, que par le prisme de l'école, de la santé ou des modes de garde. Avec une difficulté supplémentaire: si le plus souvent les dominés peuvent mener eux-mêmes le combat contre leur domination, dans le cas des enfants c'est presque impossible...
Au-delà des luttes pour les «droits de l'enfant» ou la «protection de l'enfance», qui visent en général à s'attaquer aux violences les plus flagrantes, un véritable travail de mise à jour et de construction politique est donc nécessaire si on souhaite aboutir progressivement à la fin des violences et à une égalité de considération et de traitement entre adultes et enfants.

JULIEN BARNIER

Collectif «Les Mots sont importants», lmsi.net
Note
: 1 Pour une analyse plus détaillée on pourra se reporter au texte L'enfance comme catégorie sociale dominée, (http://infokiosques.net/lire.php?id_article=546?)
2 Pour une analyse historique détaillée de la genèse de cette conception négative de l'enfant, voir l'ouvrage d'Olivier Maurel, Oui, la nature humaine est bonne!, Robert Laffont, 2009.
3 Cf. la désormais célèbre citation de Nicolas Baverez: «Pour les couches les plus modestes, le temps libre, c'est l'alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance.»
4 Sur la question de la violence physique sur les enfants et de son interdiction, voir le travail de l'Observatoire de la violence éducative ordinaire, http://www.oveo.org/