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samedi 5 avril 2014

Les firmes de l'agrobusiness dépossèdent les paysans...



Des villages piétinés par l’agrobusiness
Avant, Mamadou Sow emmenait ses bêtes «dans la brousse en attendant de pouvoir les faire paître sur les champs après la récolte». Aujourd’hui, le projet agroindustriel occupe le terrain et le villageois ne sait plus comment nourrir son cheptel.
SÉNÉGAL : Un consortium louche a obtenu 20000 hectares dans le nord-ouest du pays, dépossédant les éleveurs de la région de leurs moyens de subsistance et de leurs traditions.
Depuis la maison de Mamadou Sow, l’horizon est bouché par un remblai de terre où trônent des machines de chantier et de gigantesques rouleaux de tuyaux d’arrosage. Il y a moins de deux ans, le bétail de cet éleveur sénégalais trouvait là des pâturages à perte de vue. Mais l’entreprise Senhuile l’a envoyé paître ailleurs, défrichant, creusant, clôturant tout autour du village. Les cases de paille de cette localité de la commune de Ngnith (nord-ouest du Sénégal) sont aujourd’hui cernées à quelques ­centaines de mètres à la ronde par des aménagements agro-­industriels.
En août 2012, le président sénégalais, Macky Sall, a attribué 20000 hectares de terres à Senhuile, un consortium financé majoritairement par des capitaux italiens. L’entreprise dit vouloir produire des graines de tournesol pour l’exportation, mais le doute plane sur ses intentions réelles (lire ci-dessous). L’Etat semble pourtant lui faire entière confiance, puisqu’il lui a accordé un bail de cinquante ans, renouvelable tacitement. Le décret présidentiel ne prévoit ni contrepartie financière ni indemnisation des populations.
«Entre la vie et la mort»
Pour les trente-sept villages touchés, dont certains risquent d’être démantelés, le coup est rude. «Avant, j’emmenais mes bêtes dans la brousse en attendant de pouvoir les faire paître sur les champs après la récolte, vers le mois de mai. Mais le projet a pris toute la brousse et mes troupeaux errent autour du village, entre la vie et la mort», déplore Mamadou Sow. La plupart des 9000 habitants de la zone sont des Peuls, une ethnie d’éleveurs présente dans toute l’Afrique de l’ouest. Depuis des générations, ils mettaient à profit leur vaste territoire en y pratiquant ­l’élevage extensif. Le cheptel local est estimé à 85 000 têtes –surtout des bovins, des moutons et des chèvres.

mardi 1 avril 2014

Nouvelle loi sur l'Urbanisme....



Urbanisme : la loi Alur est publiée : La loi pour l'accès au logement et pour un urbanisme rénové (Alur), portée par la ministre de l'Egalité du territoire et du Logement Cécile Duflot, a été publiée le 26 mars 2014. La Ministre Cécile Duflot vient, avec Pascal Canfin, de quitter un gouvernement Hollande qui est loin d’avoir tenu ses promesses en matière d’écologie.
Outre ses dispositions destinées à favoriser l'accès au logement, la lutte contre l'habitat indigne et les politiques publiques du logement, la loi concerne l'urbanisme et l'environnement.
L'objectif du texte est de lutter contre l'artificialisation des sols en conciliant la protection des terres agricoles avec le besoin actuel de construire 500.000 logements. La méthode choisie est la densification des quartiers pavillonnaires.
Dans cet esprit, l'amélioration de la couverture du territoire par les schémas de cohérence territoriale (ScoT) est prévue. Ces schémas sont placés au sommet de la hiérarchie des documents d'urbanismes, si bien que les plans locaux d'urbanismes (PLU) doivent désormais les prendre en compte sous un délai d'un an. On note également que la compétence d'élaboration du PLU est désormais transférée à l'intercommunalité.

vendredi 21 mars 2014

Ce 21 mars : journée internationale des forêts...

La centrale biomasse de Pierrelatte, l’absurde projet inutile d’AREVA et du Conseil Général de la Drôme...

Des milliers de tonnes de bois et pourtant un mauvais fonctionnement : la centrale à biomasse de Pierrelatte a un coût environnemental très négatif. Centrale à bois ne veut pas dire "écologique". Reporterre a enquêté.

A Tricastin, le nucléaire n’a plus le monopole de l’opposition écologiste. Après notre enquête en décembre sur l’immense site atomique, un nouveau projet énergétique cristallise l’attention des associations locales et de certains élus : la centrale de cogénération biomasse de Pierrelatte.
Le projet naît en 2011, avec la perspective de fermeture par Eurodif de l’usine Georges-Besse I spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Les eaux chaudes rejetées par l’usine était alors récupérées au profit d’un réseau de chaleur qui alimentait un quartier de Pierrelatte et ses logements sociaux, ainsi que des infrastructures voisines telles que les serres agricoles ou les bureaux Areva du Tricastin. Mais avec la fermeture de l’usine disparaissaient cette énergie sous forme d’eau chaude. Pour la remplacer et dans la foulée des orientations du Grenelle de l’environnement, il fut décidé de construire une centrale de cogénération biomasse : elle brûlerait du bois afin de produire de l’électricité (85 gigawatt-heure, GWh) et de la chaleur (170 GWh).
L’usine thermique représente 55 millions d’euros d’investissement, financés par Areva, qui en a réalisé la conception, la construction, l’installation et la mise en service. Entrée officiellement en activité le 4 octobre 2012, la centrale est exploitée par la société Coriance, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chauffage urbain. Mais son fonctionnement engendre des conséquences négatives tant sur le plan environnemental que social.
Une centrale surdimensionné
La centrale doit consommer jusqu’à 150 000 tonnes de bois par an. Dès les débuts du projet, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature) dénonçait une « logique mega-industrielle […] qui va consommer des quantités pharamineuses de bois » et mener à une « catastrophe écologique à court-terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois ».
De fait, depuis la mise en service de la centrale, plusieurs coupes sauvages ont été constatées dans cette région qui compte de très nombreux sites Natura 2000. Les conséquences sur la biodiversité locale s’avèrent importantes. Tout récemment, c’est à La Gare des Ramières, une réserve naturelle, que des coupes à blanc ont été découvertes par le gardien du site. Les probabilités sont fortes que ces coupes servent directement à fournir la centrale à proximité.
Du côté d’EELV (Europe Ecologie les Verts), on dénonce les sollicitations de Coriance auprès des propriétaires forestiers locaux : « Il est facile de créer un effet d’aubaine en proposant de racheter aux particuliers du bois à cinq euros la tonne, soit un peu plus que le prix du marché. Le problème réside dans le laxisme de la règlementation de la coupe, qui est simplement gérée par un arrêté préfectoral ».

Malgré les coupes sauvages, la centrale ne parvient pas à fonctionner à pleine capacité. Alain Volle, un militant d’EELV qui suit de près le dossier, évoque seulement « 20 000 tonnes de bois pour la première année d’utilisation », loin des 150 000 tonnes prévues. Une insuffisance en bois prématurée qui révèle « un projet surdimensionné, ne répondant pas à la demande locale », selon la députée européenne Michèle Rivasi.
La centrale de biomasse témoigne des problèmes de structuration de la filière-bois en France et de l’inefficacité des politiques de grands projets forestiers, quelques semaines après un rapport très critique du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces verts) sur la politique énergétique misant sur la biomasse forestière.
Pour compenser cette difficulté d’approvisionnement, la centrale est suppléée par une chaudière au gaz et au… fioul. Dans une lettre adressée au Préfet de la Drôme cette semaine, Michèle Rivasi demande ainsi : « Le système devait produire de l’électricité par cogénération. Le fait-il vraiment ? Le fonctionnement au fuel et le stockage du fuel sont-ils règlementaires ? […] Nous nous inquiétons dans ces conditions des nuisances et des impacts qui seront décuplés quand la centrale fonctionnera à pleine puissance » La députée évoque aussi une fuite de 35 000 litres de fioul dans la centrale.
Des impacts locaux conséquents
L’utilisation du fuel n’était en effet pas prévue dans les plans initiaux et ne figure pas dans l’enquête publique. Les opposants dénoncent de nombreuses autres irrégularités. Parmi celles-ci, la construction d’une usine de broyage du bois et de plateforme de stockage à 1,5 km du site de la centrale, alors qu’elle devait être implantée sur le site de la centrale. Cela occasionne des nuisances multiples parmi lesquelles des transports incessants en camion entre les deux structures et le bruit permanent de la machine à broyer. Les associations pointent aussi l’épandage non-contrôlé de cendres et de copeaux de bois, partout à proximité du site. Pour Alain Volle, « les conséquences sanitaires peuvent être importantes pour les riverains. Les cendres volantes risquent de devenir un vrai sujet de santé publique à Pierrelatte ».

La centrale a également eu un impact direct sur l’activité économique locale. Longue de 180 mètres et haute de 30 mètres, la centrale de Pierrelatte s’est implantée à quinze mètres d’une serre agricole. L’ombre portée par cette structure massive empêche le maraîchage sous serre, et l’exploitation a accusé des pertes de 40 000 euros par cycle de culture (deux par an), selon une expertise judiciaire, qui a conclu que la présence de la centrale oblige à reconstruire 5000 mètres carrés de serres ailleurs. Loïk de Feraudy, le propriétaire de l’exploitation, a ainsi dû déposer le bilan. Au 28 janvier, ce sont donc dix-sept salariés qui se retrouveront au chômage. S’il a intenté plusieurs actions en justice, il veut aujourd’hui « mettre au défi le président de Coriance d’un débat en face-à-face pour démonter les discours portés sur l’environnement et l’emploi local ».
Sollicité plusieurs fois par Reporterre, Areva n’a pas souhaité répondre à nos questions, renvoyant à la société d’exploitation, Coriance. Celle-ci n’a pas donné suite à nos appels répétés. En attendant, la mobilisation s’organise et une manifestation se déroule ce samedi, à 11h, devant la mairie de Pierrelatte.
En attendant de prochaines actions juridiques sur les différents aspects controversés de ce projet, c’est donc par la revendication citoyenne et locale que se prolonge l’opposition à la centrale biomasse de Pierrelatte. Comme à Gardanne, que Reporterre suit également. Et comme souvent dans tous ces projets absurdement inutiles, grands ou petits.
Barnabé Binctin

La forêt n' est pas une mine de bois...



Nous partageons avec la forêt une histoire commune vieille de plusieurs milliers d’années et nous voguons sur le même navire.
Depuis dix mille ans, la forêt nous a nourris, chauffés, protégés. Elle continue à nous fournir en oxygène, à stocker le carbone, à épurer les eaux, entretenir nos nappes phréatiques, à amortir les extrêmes climatiques, et tant de choses encore.
Mais la forêt est bien loin de n’être qu’un simple regroupement d’arbres. Depuis des millénaires, elle est une fabuleuse source d’émotion et d’inspiration. Elle a nourri nos rêves, nos contes et nos légendes, elle a été le terrain des jeux de notre enfance.   
Depuis toujours, nous tissons une communauté de relations plus nombreuses et denses avec la forêt, ses arbres et ses animaux. Le biologiste canadien David Suzuki, grand spécialiste de la forêt, a souhaité une nouvelle déclaration universelle : non plus une déclaration d’indépendance comme il y en a tant, mais la déclaration d’interdépendance de tous les vivants.
Quelle forêt voulons-nous ? Tout dépend des hommes que nous souhaitons être. C’est dans la forêt que tout a commencé, et c’est dans la forêt que se joue l’avenir de l’homme.
Jacques PERRIN Parrain de la Journée internationale des forêts
Une occasion de célébrer la forêt, l’arbre et le bois, symboles du développement durable
Suite à l’Année Internationale des Forêts en 2011, l’Organisation des Nations Unies a souhaité instaurer une journée mettant les forêts à l’honneur : le 21 Mars est ainsi devenu la Journée internationale des forêts. (Photo : rêve d'élu)
Partout dans le monde sont organisés des événements pour valoriser, protéger et fêter les forêts.
L’arbre et la forêt sont un magnifique symbole du développement durable et permettent de nombreuses actions en faveur de l’éducation à l’environnement.
La forêt est partagée par de multiples acteurs pour de multiples usages : elle a une fonction économique importante (source de plus de 425 000 emplois en France), une fonction sociale majeure (loisirs, culture, sport, art) ainsi qu’une fonction écologique essentielle (production d’oxygène, épuration de l’air et de l’eau, stabilisation des sols, séquestration du CO2, et abri d’une biodiversité très riche).
Découvrez les initiatives internationales :
http://www.fao.org/forestry/international-day-of-forests/fr/
Jusqu’à aujourd’hui, un événement tel que la Journée internationale des forêts était absent du paysage français. Pourtant, la France est le 3ème pays le plus boisé de l’Union Européenne et possède un patrimoine forestier considérable et parfois méconnu.
A partir de 2014, la France aura sa Journée internationale des forêts !
Du 14 au 21 Mars 2014, des centaines de manifestations auront lieu partout en France pour vous faire découvrir les différentes facettes et les richesses de l’arbre et de la forêt.
Vous pouvez participer à la Journée internationale des forêts en organisant une manifestation, même modeste, ou bien en participant aux événements organisés près de chez vous.
Pour créer votre événement, cliquez ici.
Pour découvrir le programme des manifestations, cliquez ici.
L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 21 mars comme Journée internationale des forêts. Cette Journée célébrera tous les types de forêts et d’arbres hors forêt et augmentera la prise de conscience sur leur importance. À l’occasion de chaque Journée internationale des forêts, les pays seront encouragés à entreprendre des efforts aux niveaux local, national et international afin d’organiser des activités impliquant les forêts et les arbres, telles que des campagnes de plantation d'arbres. Cliquez ici pour le texte intégral de la UN Résolution . Les forêts et les arbres nous soutiennent et nous protègent, fournissant de l'air et de l'eau propres, sauvegardant la biodiversité et agissant comme tampon contre le changement climatique. Pour de nombreuses personnes elles offrent aussi des aliments, un abri et des emplois. C'est à nous de soutenir et de protéger à notre tour nos forêts -- notre avenir est en jeu. Joignez-vous à la FAO pour célébrer la Journée internationale des forêts le 21 mars.
Nous avons également développé des affiches et des bannières Web utilisant le logo de la Journée internationale des forêts pour votre usage. Et n'hésitez pas à partager la vidéo et répandre le message.
Actualités
Dans l’imaginaire collectif, la forêt apparaît comme un espace naturel relativement préservé. Mais l’homme a modifié profondément et durablement la dynamique naturelle de ces espaces depuis le Néolithique. Sans son action, la quasi-totalité du territoire hexagonal serait couvert de forêts.
Les forêts, éléments-clé du fonctionnement de notre planète et des sociétés humaines
Les forêts sont des réservoirs de biodiversité
A l’échelle mondiale, elles représentent la source d’habitat de près de 65% des espèces terrestres recensées. Sur le territoire français, la richesse biologique de ces espaces reste méconnue, éclipsée par les menaces qui pèsent sur les forêts tropicales d’Amazonie ou d’Indonésie. Mais la biodiversité des forêts françaises n’est pas pour autant hors de danger.
Les forêts contribuent à la régulation climatique
Les arbres stockent le carbone puisé dans l’atmosphère dans le bois qu’ils produisent et dans les sols. Ce stockage est assuré sur le long terme. Ainsi, les forêts limitent la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En parallèle, les végétaux rejettent de l’oxygène et contribuent à l’épuration des polluants atmosphériques produits par l’activité humaine. Ce rôle de puits de carbone et d’épurateur climatique est le fruit d’un fragile équilibre.
Consulter nos pages sur forêt et climat et sur la biomasse forestière
Les forêts participent au bon fonctionnement du cycle de l’eau et au maintien de la qualité des sols
Grâce à l’évapotranspiration, les arbres contribuent à la régulation de l’eau atmosphérique en restituant à l’atmosphère une partie de l’eau puisée dans le sol. Par le couvert qu’elles assurent et leur système racinaire développé, les forêts limitent le ruissellement des eaux de pluie, un des facteurs de l’érosion et de l’appauvrissement des sols. Elles limitent également le lessivage des polluants vers les nappes phréatiques et les eaux de surface, contribuant ainsi à leur qualité.
Les forêts contribuent aux sociétés humaines
D’après la FAO, près de 1,6 milliard d’êtres humains dépendent directement de la forêt pour vivre. En France, la relation privilégiée de l’homme avec la forêt s’est atténuée avec l’urbanisation, à l’origine de l’éloignement croissant entre les populations humaines et la nature. Néanmoins, elle garde une place privilégiée en tant qu’espace de détente et de loisirs, à la fois pour les citadins et les ruraux. De plus, elle constitue un secteur économique non négligeable. Plus de 400 000 personnes sont employées par la filière forestière, soit près du double du secteur automobile.
Consulter nos pages sur la gestion forestière et sur les forêts de montagne
La gestion forestière durable reconnue nécessaire
Face à ces grands enjeux, à la fois globaux et locaux, la nécessité d’une gestion forestière durable a été reconnue depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992. Elle a pour objectifs de gérer les forêts de manière à maintenir durablement leur capacité à satisfaire leurs fonctions écologiques, économiques et sociales à chaque échelle territoriale.
La gestion durable des forêts ne se limite pas au territoire français, mais concerne l’ensemble des forêts de la planète. Il ne s’agit pas d’un simple débat technique entre initiés, mais d’un véritable débat sur la citoyenneté et sur la place occupée par la forêt et par les filières économiques qui en découlent dans les stratégies d’aménagement et de développement des territoires. Compte tenu des enjeux en présence, construire de véritables projets de territoire intégrant l’ensemble de ces enjeux apparaît comme une nécessité.
Consulter nos pages sur la gouvernance et les politiques forestières et sur la certification forestière
Les associations locales se mobilisent aussi pour la forêt
En tant que fédération nationale, FNE souhaite valoriser et promouvoir le travail réalisé par ses associations membres et affiliées en région. Consulter nos pages d’actualité associative
Sur fond de conflit social, la centrale thermique de Gardanne dans les Bouches du Rhône que la société E.ON va reconvertir en centrale à biomasse d’ici 2015, continue de cristalliser les oppositions. France Nature Environnement a interpellé le ministre de l’Ecologie pour lui faire part de son opposition à ce projet désastreux et en demander l’arrêt immédiat.
Gardanne, le plus mauvais projet retenu !
A quoi sert un appel d'offre quand on retient tous les projets déposés même le plus mauvais ? Vingt réponses sont parvenues à l'appel d'offre de la Commission de Régulation de l’Energie lancé en 2010 (CRE4) pour un total de 420 MW. Classé bon dernier, le projet de la société E.ON a été malgré tout retenu, l'Etat portant l'ampleur de l'appel d'offre de 200MW à 420 MW.
 « Trop gros (150MW), avec un rendement médiocre (autour de 40%), payé cher (autour de 100€ le MWh), Gardanne a tout d'une erreur majeure ! » s’étonne Maryse Arditi, responsable « Energie » de FNE.
Gardanne, pas très local ou très destructeur
 « Pour commencer, durant 10 ans, près de la moitié des combustibles viendront du Canada et d'autres pays aussi lointains ! Et à partir de 2024, il faudra trouver un million de tonnes par an, dont 76% de plaquettes provenant de France. Preuve de la très grande difficulté à dénicher une telle quantité, l'approvisionnement se fera dans un rayon de 400 km, soit à peu près le tiers de la France. Que restera-t-il pour les autres projets déjà présents sur ces territoires ? » poursuit Maryse Arditi.
A l’heure où la Commission Européenne se penche sur l’élaboration d’une directive sur les critères de durabilité de la biomasse solide et du biogaz, visant en particulier les risques dus aux importations de biomasse, le modèle d’E.ON représente une contre-performance majeure pour le développement des énergies renouvelables en Europe.
Gardanne, une étude d'impact silencieuse sur un impact majeur.
L'étude d'impact est centrée exclusivement sur les impacts localisés sur le site même de la centrale et ses environs proches oubliant que les dégâts les plus importants concerneront l’exploitation irraisonnée des forêts incluses dans le bassin d’approvisionnement, ou encore l’instauration d’un déséquilibre profond et de conflits d’usage dans les diverses filières bois. L’autorité environnementale avait bien alerté le Préfet sur ces manques, mais il n’en a pas tenu compte.
Gardanne, il est encore temps d'arrêter
Pour Bruno Genty, président de France Nature Environnement, trop d’handicaps pour un seul projet : « nous demandons l’arrêt de ce projet de centrale dont l'impact total sera finalement très négatif, tant du point de vue de l’efficacité énergétique que des impacts environnementaux et socio-économiques pour la filière bois locale. »
Télécharger ce communiqué en format PDF.
France Nature Environnement
81-83 bd de Port Royal - 75 013 Paris
Directeur de publication : Bruno Genty
Rédactrice en chef : Bénédicte de Badereau
Une association créée en 1968, reconnue d'intérêt public depuis 1976,  indépendante de tout pouvoir politique, économique ou religieux
1 mouvement
1 fédération d'associations nationales et territoriales présentes dans toutes les régions françaises
3000 associations
850 000 adhérents
1 équipe nationale, 120 bénévoles impliqués au niveau national, 45 salariés
100 affaires suivies par le réseau juridique en 2012, 40 nouvelles actions contentieuses
Près de 150 consultations juridiques délivrées à nos associations membres
Des militants présents dans plus de 200 instances nationales de concertation

mercredi 12 mars 2014

Subtilités animales...



Les éléphants savent reconnaître leurs prédateurs parmi les humains : C’est une découverte qui tend à montrer que les pachydermes distinguent les groupes ethniques, le sexe et l’âge de leurs prédateurs.
Cette recherche a été menée dans le parc national Amboseli au Kenya. Les auteurs de l’étude ont fait entendre à des groupes d’éléphants des enregistrements de voix de deux groupes ethniques vivant dans la région.
Tout d’abord des Massaïs, des éleveurs de vaches et de chèvres qui se disputent périodiquement avec les éléphants l’accès à l’eau et aux espaces pour faire paître leurs animaux, et les Kambas ensuite, des agriculteurs qui représentent une menace nettement moins grande.
L’expérience montre que les éléphants faisaient preuve d’un comportement bien plus défensif, comme le fait de se regrouper et de renifler, lorsqu’ils entendaient des voix d’hommes massaïs que lorsque des voix d’hommes kambas leur étaient diffusées.
Le sexe et l’âge des humains pris en compte
Ils étaient également moins défensifs en entendant des voix de femmes et de jeunes garçons massaïs. Ces deux derniers groupes ne participent pas aux confrontations avec les pachydermes, ce qui indiquerait que les éléphants prennent en compte le sexe et l’âge des humains pour déterminer les situations les plus menaçantes.
Des études précédentes avaient déjà montré que les familles d’éléphants africains avaient davantage de réactions de peur à l’odeur de vêtements portés par des hommes massaïs. Les éléphants devenaient également agressifs à la vue d’une étoffe rouge, la couleur typique des vêtements des Massaïs.
«Reconnaître des prédateurs et évaluer le degré de menace qu’ils représentent est une capacité essentielle de survie pour un grand nombre d’animaux sauvages», souligne Karen McComb, une spécialiste de la communication des mammifères à l’Université du Sussex au Royaume-Uni, principal auteur de cette recherche parue dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).
«Les prédateurs humains représentent un défi particulièrement intéressant dans le sens où différents groupes peuvent signaler des degrés de danger extrêmement variés pour les animaux vivant autour d’eux», explique-t-elle.
«Subtilités vocales»
Graeme Shannon, chercheur à l’Université du Sussex et l’un des coauteurs de l’étude, souligne que cet attribut dont les éléphants sont dotés a aussi l’avantage de servir de système d’alerte précoce, surtout si le danger ne peut pas encore être repéré de visu.
«La capacité des éléphants à distinguer les hommes massaïs des hommes kambas lorsqu’ils prononcent la même phrase dans leur dialecte respectif laisse penser que les éléphants sont capables de saisir les subtilités vocales dont sont riches les langues humaines», relève ce chercheur.
Selon lui, «cette capacité sophistiquée doit probablement être acquise par les plus jeunes éléphants qui l’apprennent des femelles plus âgées conduisant le groupe».
Les éléphants sont organisés selon un système de matriarcat, les mâles quittant le groupe à l’adolescence, entre 12 et 15 ans.
«C’est un apprentissage social: ils observent les autres éléphants du groupe plus âgés répondre à une menace à laquelle ils ont été confrontés dans leur vie, apprenant ainsi que certains groupes humains constituent un plus grand danger que d’autres», a-t-il expliqué.
Les éléphants testés étaient âgés de 25 à 60 ans et «tous semblaient très bons pour faire la distinction entre les hommes massaïs et kambas. Les plus vieux excellaient pour faire la différence entre les jeunes garçons et les adultes massaïs.»
Les vieux éléphants sont aussi capables de compter le nombre de lions dans un groupe et de distinguer les cris émis par un mâle et une femelle, a indiqué Graeme Shannon, citant une étude passée.
«Les éléphants n’utilisent pas d’outils, contrairement à d’autres animaux, mais ils sont très sophistiqués car dotés de la capacité d’amasser des informations sociales et écologiques complexes au cours de nombreuses années et d’appliquer ce savoir de façon très détaillée pour trouver la meilleure réponse pour éviter un danger», a-t-il dit, précisant que les dauphins et les orques ont des capacités similaires.
Jean-louis Santini

lundi 10 mars 2014

Die 26150 : rencontre avec la Birmanie...avec le CCFD.



Invitation soirée "Transformer nos sociétés"
 vendredi 21 mars 2014
A tous ceux que le sujet intéresse, notez bien la date, les détails sont sur la pièce jointe.
A bientôt!
Caroline Ligouy
Le Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre Solidaire est la première ONG de développement en France. Reconnue d’utilité publique en 1984, l’association a reçu en 1993 le label Grande Cause Nationale et a le statut de consultant auprès du Conseil économique et social des Nations unies. Depuis plus de 50 ans, le CCFD-Terre Solidaire est mobilisé contre la faim dans le monde.

jeudi 23 janvier 2014

Les Rencontres Citoyennes de Die , du Diois et de la Drôme...c' est ce jour...( J = 0 )



Die et le Diois vont vivre une mobilisation citoyenne incroyable pendant 19 jours et la Biovallée de la Drôme pendant 23 jours. Cet évènement a pris une dimension internationale. Des Quatre coins de France, mais aussi de Belgique, de Suisse et d’Allemagne des citoyens affluent pendant un mois. Cette Rencontre est avant tout celle de « la Fraternité… ». 
L’Association Ecologie au Quotidien présentait son programme 2014 : «Biodiversité, cultivons la vie…» 23 jours, avec 130 rendez vous et 300 intervenants. « La biodiversité, c’est le passage de « l’homme et la nature » à « l’homme dans la nature », voire « l’homme est la nature». C’est l’ensemble des êtres vivants avec leur diversité et leurs relations. C’est le tissu vivant du phénomène que l’on appelle la vie. Nous sommes la biodiversité. Ensemble, cultivons la vie!» explique Anne Tesson, chef de projet des Rencontres de l’écologie au Quotidien. « C'est dans cette vision transformatrice, que nous impulsons tout au long de l'année, des ateliers de la citoyenneté, des ateliers d'échanges pour valoriser les pratiques et les savoirs des participants ( gestes écologiques au quotidien, co-voiturage, potager collectif, espace de troc, réduction de la facture énergétique...), des rencontres publiques avec des élus pour co-construire des politiques locales ( Eco-Quartier de Chanqueyras, compostage, création de mares,...) et des débats et controverses autour du thème de «Habitat légers, liberté de la Presse, économie financiarisée » complète Annick Paoli. « La participation citoyenne est, dans une société fragmentée et individuée, un enjeu aussi difficile que complexe. Il s'agit bien, dans ce projet, de temps avec des allées retours de la parole, des buts concrets atteignables, de formation de groupes apprenants, de stimulation de l'intelligence collective créatrice. Ces espaces de vie sociale sont des lieux de connaissance et de reconnaissance des différents partenaires; société civile, élus, monde économique, structures associatives. « Cette synergie participative est le ferment et d'une émancipation individuelle et d'un enrichissement collectif de la démocratie. Ecologie au Quotidien est  ambassadrice du Territoire et depuis treize ans, les Rencontres de l’Ecologie de Die contribuent au rayonnement du territoire au niveau national et international (Rencontres internationales de la Démocratie participative). Les Journées de l’Ecologie contribuent à développer un réseau national (avec apports internationaux) d'acteurs, de témoins et d’experts qui  participent également au développement du territoire (conférences, études, mise en place de stages...), prenant ainsi toute sa part dans le déploiement du pilier " territoire école" de la Biovallée » évoque la responsable. «Nous faisons intervenir des personnes reconnues au niveau national et international, des leaders d’opinion, des administrations, des associations,  des institutions, des élus dont la pensée et l’action sont représentatives des transformations culturelles en cours dans les domaines scientifiques, éducatifs, artistiques, économiques, techniques, psychologiques, politiques, sociologiques» conclut Mme Tesson.
12ème Rencontres de l’ Ecologie du 23 janvier au 03 févier 2013 à Die et du 19 janvier au 9 février dans la Biovallée de la Drôme. Ecologie au Quotidien, Le Chastel 26150 DIE, Tel:04 75 21 00 56. Courriel:ecologieauquotidien.die@gmail.com. Sites : www.ecologieauquotidien.fr
(Article du Dauphine Libéré)

lundi 20 janvier 2014

Oui , la France change... en matière d' écologie au quotidien...

Elus ou citoyens, de tendance écolo et acharnés, ils ont déjà changé la France


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Il est de petits livres qu'on attend parfois de pied ferme pour montrer que l'écologie n'est pas qu'un truc de beatniks. Des livres qui ne sont pas dans la théorie, qui dépassent l'idéologie et le dogmatisme pour simplement prouver que les alternatives fonctionnent en pratique. Explications avec Pascale d'Erm, auteure d'"Ils l'ont fait et ça marche", paru le 2 début janvier 2014 aux Ed. Les Petits Matins.

Pourquoi ce livre ?

9782363831064-240x377Je m'intéresse aux questions écologiques depuis le milieu des années 1990. A l'époque je travaillais pour la Fondation Nicolas Hulot et produisais une série intitulée "un autre regard", pour aller sur le fond des choses. J'ai déjà écrit plusieurs ouvrages et réalisé plusieurs documentaires (notamment pour Ushuaïa TV), mais avec ce livre j'avais envie mettre des mètres cubes et des kilowatt heure à côté des utopies et des idées. Avec l'écologie nous ne sommes pas sur le rêve mais sur le besoin.
Les 17 projets détaillés dans l'ouvrage sont décrits avec force de chiffres et de budgets, on sait combien ça coûte et combien ça rapporte. Je voulais aussi prouver que la mise en place d'alternatives ne relève pas d'éco-gestes, mais d'initiatives qui répondent au plus profond au besoins des villes et des territoires.
Je retiens aussi surtout de cette enquête une autre vision des élus, d'hommes de terrain qui agissent pour le bien commun, qui innovent, investissent, soutiennent des initiatives citoyennes. En 2009 par exemple, quand Strasbourg a commencé à soutenir le co-habitat personne n’en voulait. Pourtant la mairie s'est engagée, et cet engagement des élus qui sont dans le réel et agissent dans l'ombre prouve qu'il est possible d'innover tout en répondant à nombre de contraintes, de besoins, en intégrant les ressources locales, etc. Aujourd'hui, les dix immeubles participatifs qui sont sortis de terre créent une nouvelle façon de vivre ensemble.

Que retenez-vous des exemples que vous avez étudiés ?

Je crois que mon livre met en avant les freins et les difficultés dans la mise en place du changement. Règlementations administratives, financements, obtention de subventions, etc. sont autant d'obstacles qui se présentent sur cette voie, mais la volonté des porteurs de projet leur permet d'en venir à bout. ATramayes par exemple, la mise en place de la chaufferie bois coûtait un million d'euros - un budget surréaliste pour la taille de la commune, si bien que la collectivité a emprunté à titre privé et pris le risque de son ambition… au point de réussir, et d'économiser désormais 110 000 litres de fuel par an !
Idem à Nantes, où les organisateurs des Ecossolies ont essuyé plusieurs moqueries au début de leur projet: on a comparé leur initiative à une kermesse, et au final ils ont réuni 30 000 personnes ! C'est dire à quel point il est nécessaire de franchir les barrages psychologiques.
Le maire de l'Île Saint Louis a su m'expliquer tout cela avec grand discernement: le plus difficile d'après lui, ce n’est pas de trouver des financements, mais de briser la routine et les habitudes, d’inciter les gens à agir autrement… "Il est plus difficile de désagréger un atome qu’un préjugé" disait Einstein, et avec l'écologie c'est toute une culture que nous devons changer !

Cela fait-il sens d’appliquer les solutions qui existent à l’étranger ?

Je ne peux pas répondre de manière générale. Le cohabitat vient de l’étranger, et plus précisément de Fribourg en Allemagne. Sur la transition énergétique, l'inspiration nous vient d'Angleterre, avec les mouvements en transition. Ce que fait Lyon en aménageant de nombreux projets pour les seniors est clairement inspiré par l’appartenance au réseau OMS "ami des aînés". Appartenir à des réseaux internationaux facilite donc le travail. Mais nous avons aussi des innovations françaises, notamment dans le cadre de l'économie sociale et solidaire.
A mon sens, nous innovons quand nous sommes face à des besoins qui répondent à des soucis de précarité énergétique, d'alimentation, de liens social et culturel… même si on est  un "pays riche", ce sont ces besoins qui poussent l’innovation.

Comment faire bouger les lignes, faut-il forcer les règlements en vigueur ?

Ce n'est pas forcément par une action illégale et militante hors les règles que tout se résout… Il est possible d'agir à l’intérieur des règles, mais dans un esprit pirate. Ainsi, quand les organisations veulent appliquer des mesures, elles anticipent les règlements avant même que la loi facilite les choses. Si ce n'est pas possible ou légal, ça ne les dérange pas. Ils vont anticiper les lois. Ne dit-on pas qu'il n'y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu…? Ceux qui agissent forcent les lignes, militent, illustrent le principe de l’écologie de l’action d’Edgar Morin.
Forcément, c’est long et c'est un vrai processus d’essais et d’erreurs: c'est par tâtonnements qu'une ville comme Tramayes arrive à économiser des litres de fuels, que l'Île Saint Denis est en avance de sept ans sur les objectifs européens de transition énergétique, que la soixantaine d'entreprises réunies dans l'écosystème Darwin génèrent 50 millions d’euros... Ces initiatives vont de l'avant et rectifient souvent le tir en route.
Est-ce duplicable plus rapidement par la suite ? Oui, d’autres élus peuvent s’en emparer, capitaliser sur l’expérience d'ores et déjà menée. La "bataille homérique" dont parle un ancien conseiller municipal de Besançon ayant travaillé sur l'instauration de la redevance incitative n'aura pas servi qu'à cette commune où, depuis 2008, le volume des ordures ménagères résiduelles du Grand Besançon a baissé de 27% !
Sans oublier l'implication des citoyens, qu'il faut soigner tant elle est indispensable à la longévité des projets.

Est-ce tant l’écologie que l’envie de vivre autrement, localement, au quotidien qui anime ces projets ?

Ce n’est plus l’écologie, c’est le principe du réel. C’est le besoin de se chauffer autrement, de se nourrir en circuit court, d’économiser du fuel, etc. Ces motivations sont celles qui poussent vraiment les projets. Mais les valeurs qui les animent ont l'écologie pour pivot, bien souvent !
J'aime aussi cette image de la ville comme un cerveau qui se réinvente et s'adapte de lui-même. Confrontées à des problématiques nouvelles ou à des situations complexes, voire à des dangers, les synapses créent d'elles-même des nouvelles connexions entre les neurones pour trouver des solutions ou des échappatoires. Les villes, confrontées à de nombreux défis, doivent réduire leurs émissions de gaz à effets de serre, trouver des solutions à la raréfaction des ressources fossiles, ou encore favoriser l'intégration sociale et intergénérationnelle. Face à l'urgence de ces enjeux, les habitants sont autant de millions de petits neurones qui tissent de nouveaux liens, et forme une "plasticité synaptique" urbaine qui se traduit par un foisonnement d'initiatives. Ceux qui les portent n'ont pas la prétention de changer le monde, et pourtant ils changent leur monde, quitte à forcer un peu les règlements en vigueur.
Ces minorités actives à l'oeuvre aujourd'hui forment autant de laboratoires qui peu à peu font système, et changent le système de l'intérieur. Cela prend du temps, mais l'évolution de la société dépend d'eux.
Anne-Sophie Novel 

dimanche 8 décembre 2013

Les syndicats agricoles unanimes condamnent les gaz de schistes...



Bonne nouvelle
Bonjour,
Bonne nouvelle, la Chambre d'Agriculture de la Drôme (qui regroupe la FNSEA ,LA CONFÉDERATION PAYSANNE ,le MODEF et la COORDINATION RURALE ) vient de voter à l'unanimité une motion contre l'exploitation des gaz de schiste dans le département et pour le développement des énergies renouvelables.
Nous sommes très heureux de constater que le dialogue avec les syndicats paysans que nous avons mené tout au long de  l'année 2013 commence à porter ses fruits (tout particulièrement  avec la CONFÉDÉRATION PAYSANNE).
Nous sommes avec  eux dans le même combat pour la préservation de nos territoires, nos ressources, notre agriculture et notre eau. (et bientôt contre le traité Trans-Atlantique TAFTA)
Cordialement
Alain VOLLE
Europe écologie les Verts
Groupe local de Montélimar
EELV MTL

Droits de l'Eau par Claudia Serna...

Entretien avec Claudia Serna, défenseure colombienne des droits à l’eau, lauréate du prix Danielle Mitterrand 2013.

Le 23 novembre 2013, la Mesa Interbarrial de Desconectados (Table Inter-Quartiers des déconnectés) à Medellín en Colombie recevait le prix Danielle Mitterrand, octroyé par la Fondation France libertés. Cette organisation se bat pour obtenir l’accès aux services essentiels. Claudia Serna, avocate de l’organisation colombienne « Corporation Juridica Libertad  », est venue à Paris pour porter la voix de ces sans-voix et recevoir le prix. Une fois de plus, les communautés et leurs défenseurs en Colombie sont ici pour nous rappeler que des hommes et des femmes luttent pour des droits qui sont essentiels à une vie digne et qui peuvent a priori paraître évidents en Europe.
Claudia Serna a accepté notre interview pour faire connaître de première main le travail effectué avec les Desconectados (déconnectés) vis-à-vis de l’accès à l’eau, à l’électricité et un logement décent.
EntreTodos : 2013 semble être marqué par un regain de mobilisation sociale en Colombie. Les luttes agraires, contre la locomotive énergétique du président Santos, voire contre les projets d’extraction minière ainsi que pour la protection de l’eau, sont quelques-uns des bannières les plus connues. Comment vous insérez-vous dans ce contexte ? Qu’est-ce que la Corporation Juridique Liberté ?
CS La Corporation Juridique Liberté (Corporacion Juridica Libertad) est une organisation des droits de l’homme travaillant à Medellin depuis 1993 en mettant l’accent sur la protection et la défense des droits de l’homme : l’accès à l’eau potable, les droits civils et politiques, en particulier la liberté des prisonniers politiques et la défense de la vie des victimes de conflits armés et des exécutions extrajudiciaires, font partie de nos combats.
Depuis quelques années, la Corporation Juridique Liberté a également commencé à travailler sur la question des droits sociaux, économiques et culturels, comme étant des droits de l’homme d’une portée collective. Dans ce cadre, il ne s’agit plus des droits des individus, mais de la défense de groupes humains, et dans cette voie nos priorités sont l’accès à l’eau potable, à un logement décent et à l’électricité.

Logo de la Mesa Interbarrial de Desconectados de Medellin
ET : Dans le contexte européen, la lutte pour l’eau peut sembler un peu ambiguë. Que signifie de ne pas avoir accès à l’eau ?
CS. Il faut tout d’abord comprendre que l’eau est un bien public qui appartient à tous mais qui, paradoxalement, semble n’appartenir à personne. Nous savons qu’il y a de l’eau et que l’Etat peut répondre aux besoins en eau de la population dans le respect et la protection de l’environnement. Cependant, même dans cette circonstance il y a certaines populations qui ne peuvent pas y accéder. La question à se poser est pourquoi. Dans la pratique, ceux qui n’ont pas assez d’argent pour payer l’eau potable ou qui sont situés dans les zones périphériques des villes n’ont pas les réseaux d’approvisionnement et n’ont pas d’accès économique réel aux ressources en eau.
ET : Pourquoi des gens n’ont pas accès à cette ressource dans une ville comme Medellin, une des plus grandes et les plus industrialisées de la Colombie ? Pouvez-vous nous donner quelques chiffres sur ces réalités ?
CS. Medellin a perdu beaucoup d’industries au cours des dernières décennies ce qui a accru la pauvreté et le chômage, et ce sont parmi les raisons pour lesquelles beaucoup de gens ne peuvent pas payer l’accès à l’eau potable ou à un logement décent, pour ne pas mentionner l’éducation et les services de santé. A l’heure actuelle, en Colombie, s’est mis en place un modèle où les droits sociaux ne peuvent être garantis que par l’argent. Donc, nous avons beaucoup de droits sur le papier, mais si votre famille n’a pas d’argent pour payer pour l’eau ou pour payer un logement, elle va vivre en situation nomade permanente à l’intérieur de la ville, sans logement définitif. Si votre famille n’a pas de quoi payer la santé, elle devra subir la précarité du système. Dans tous les cas, le manque d’argent empêche l’accès effectif aux droits sociaux.
A Medellin, il y a au moins 20 000 familles, soit entre 100 000 et 130 000 personnes, qui n’ont pas l’électricité chez eux. Ces familles, en pleine modernité et au milieu du XXIème siècle, doivent cuisiner au feu de bois et s’éclairer avec de bougies ou en utilisant d’autres formes artisanales d’éclairage. Environ 32 000 familles, soit près de 150 000 personnes, sont sans accès à l’eau potable et doivent demander à leurs voisins pour des dons d’eau et se ’débrouiller’ pour trouver de l’eau potable chaque jour. En revanche, et le plus aberrant, Entreprises publiques de Medellín (EPM) est connue comme l’entreprise la plus « efficace et rentable en Amérique latine ». Nous parlons d’une entreprise publique qui génère des bénéfices suffisants pour se soutenir, pour investir sur le long terme et même pour exporter de l’électricité aux pays tiers comme le Salvador, le Panama, le Honduras, l’Equateur ... Mais en même temps, cette Entreprise ne répond pas à la demande intérieure des propres citoyens et en particulier ceux de la ville de Medellín qui font vivre l’entreprise. C’est la grande contradiction que l’on trouve à Medellin.
 ET : À quel moment et pourquoi la lutte pour l’eau comme un droit humain devient un pilier de la mobilisation sociale à Medellin ?
CS . Dans Medellin, depuis de nombreuses années, il y a eu beaucoup de mobilisation pour l’accès aux services publics. Le travail de la Table Inter-Quartier est l’héritage d’autres organisations qui se sont articulées autour de ces luttes. Il est important de noter que quand la ville a commencé à s’urbaniser et à édifier les premières maisons et les premiers quartiers, la première forme de gestion des services publics a été la gestion communautaire. Donc, il y a toujours eu un intérêt de la population pour accéder à des services vitaux tels que l’eau et l’électricité.
D’autre part, à Medellin, en particulier à partir des années 90, il y a eu des organisations sociales fortes qui ont favorisé l’accès aux services publics générant la mobilisation, la sensibilisation et propagation de la conscience citoyenne face au besoin que nous avons tous d’accès aux services publics. Nous sommes convaincus que nous ne nous battons pas pour une marchandise ; nous ne luttons pas pour des garanties superflues, nous parlons de besoins fondamentaux qui ne sont pas substituables.
ET : Quel est la portée et l’impact de vos actions d’organisation sociale et mobilisation ?
CS. Nous sommes engagés dans cette lutte. Je ne peux pas vous dire où elle va finir. Depuis la Corporation Juridique Liberté, nous avons eu l’occasion d’influencer les changements du point de vue juridique : la Cour Constitutionnelle colombienne, le gardien de la Constitution et le garant de l’adaptation du service public au respect des droits de l’homme, a fait écho, par exemple, à une de nos actions déposées en 2009 (affaire T-546/09) en créant un précédent juridique fondamental. En effet, la Cour a interdit aux entreprises publiques (prestataires de services) de débrancher les ménages où il y a des mineurs même s’ils ne peuvent pas payer leur consommation. Cela a été une de nos victoires. Cependant, nous avons une tâche fondamentale d’information auprès des habitants des quartiers pauvres et dans la défense de leurs droits : là est notre priorité.
On ne défend pas les droits que l’on ne connaît pas. Si vous ne savez pas que vous avez un droit à l’eau potable même lorsque vous ne pouvez pas la payer, vous ne pourrez jamais défendre votre droit. Pour cela, la mobilisation est un de nos plus importants piliers. Nous essayons de nous rapprocher de plus en plus des arrondissements, des organisations, des quartiers, des gens, pour leur parler de nos propositions pour renforcer l’appropriation des droits au sein des communautés et leur défense par la suite.
 ET :  Finalement, nous aimerions parler un peu de ce qui se passe en Colombie en ce moment. Les négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC ont été instaurées à Oslo en 2012 et sont actuellement en cours à La Havane depuis 1 an. Comment vivez-vous la défense des droits de l’homme et la mobilisation sociale depuis le processus de paix ?
CS. Le processus de paix en Colombie est pour tous une urgence et une nécessité. Nous vivons dans un conflit qui a duré longtemps et a été déshumanisé au point d’utiliser des méthodes et moyens de guerre qui nuisent à la plupart des civils. Pour la société, il est essentiel qu’un accord de paix puisse être réalisé.
À cet égard, nous, dans la Corporation Juridique Libertés et d’autres organisations à Medellin, sommes d’accord avec une solution politique et négociée au conflit. Mais nous croyons que plus que la remise des armes, il doit y avoir un accord minimum pour rétablir les droits qui ont été refusés pendant des décennies aux populations les plus vulnérables. Donc, nous ne pouvons pas simplement parler d’accord de paix entre la guérilla et le gouvernement, avec soit les FARC soit l’ELN s’il est décidé qu’ils font partie d’un processus de négociation.
Ce qui est requis de toute urgence est la mise en place de politiques sociales en accord avec les besoins de la population. Des politiques foncières : comme une véritable restitution qui permette aux familles de retourner à leur territoires et cultiver leurs aliments ; une politique de souveraineté alimentaire, d’éducation pour tous les enfants indépendamment de leur capacité économique, et une politique de santé publique, sont des prémisses fondamentales. Nous sommes conscients que de telles garanties sociales ne seront pas le produit d’un accord de paix. Dans la pratique, la société civile en tant que moteur de ces luttes doit continuer à se battre pour que ces droits soient rétablis et que s’opèrent des changements plus structurels au sein de l’Etat pour permettre une véritable paix. Il ne suffit pas qu’il y ait un accord de paix, si nous n’arrivons pas à faire valoir d’autres besoins pour le progrès de la population. La Colombie est un pays appauvri avec de nombreux besoins. S’il y a une négociation entre la guérilla et l’état sans plus, des enfants continueront à naître au milieu de difficultés et par la suite, d’une manière ou d’une autre, continueront à se battre pour protéger leurs droits. En ce sens, nous nous félicitons vivement du processus de paix, mais nous pensons que cela devrait aller au-delà de l’abandon des armes.
Entretien réalisé par Claudia Barrantes (Entretodos France) le 23 Novembre 2013

vendredi 6 décembre 2013

Les terres agricoles dilapidées...



Municipales 2014 : faites pousser vos idées !
80 000 hectares de terres sont supprimés chaque année
Une ferme disparait toute les 40 minutes
30% des produits bios sont importés.
Ce n’est pas une fatalité !
Nous pouvons agir localement en interpellant élus et candidats sur leurs projets pour notre commune.
Terre de Liens Rhône-Alpes prépare une campagne de sensibilisation en direction des élus et candidats aux élections municipales de mars. Vous pouvez agir en répondant à notre appel à soutien, qui participe à notre indépendance financière.
Votre soutien financier permettra…
… de créer, éditer et expédier les documents de campagne (1),
… de mobiliser et former des bénévoles,
… d’animer la campagne dans les territoires ruraux et les agglomérations de la région.
Nos objectifs en Rhône-Alpes :
- 100 communes et intercommunalités touchées,
- 1000 cartes envoyées
- 200 bénévoles impliqués
- 50 rendez-vous avec des représentants des listes candidates
 (1) Il s’agit d’un feuillet 4 pages présentant le contexte, des arguments, des propositions, accompagné d’un lot de cartes postales destinées à interpeller les élus et les candidats.
TERRE DE LIENS
10, rue Archinard
26400 Crest
Tél : 09 70 20 31 09 35
Courriel : ra@terredeliens.org

samedi 23 novembre 2013

1000 vaches de trop...

La Confédération paysanne a pris d’assaut un grand projet agricole inutile

Dans la Somme, le projet de "Ferme des mille vaches" veut créer une usine animale à grands coups de subventions publiques. Polluant et destructeur des petites installations paysannes, le chantier a été investi dans la nuit de mercredi à jeudi par des membres de la Confédération paysanne. Jeudi matin, le siège social de l’entreprise Ramery a été occupé par des manifestants.

On pensait les actions spectaculaires contre les plus grands pollueurs une spécialité de Greenpeace. Eh bien cette nuit, c’est la Confédération paysanne qui a réalisé un coup d’éclat pour tourner le projecteur vers ce qui est sans doute le projet agro-industriel le plus choquant du moment : le chantier de construction de la « Ferme des mille vaches », à cheval sur deux communes, Buigny-Saint- Maclou et Drucat-le-Plessiel, dans la Somme, près d’Abbeville.

L’action nocturne
Une vingtaine de membres du syndicat paysan l’ont investi, pour y peindre 250 mètres de long le slogan « Non aux mille vaches », et pour y démonter des pièces des bulldozers autres engins de travaux publics : dégonflage de pneus et démontage de vérins.

Peinture nocturne au sol
Des pneus d’engins de chantier ont été dégonflés, des capots relevés, des trappes à carburant ouvertes, a indiqué la gendarmerie de la Somme citée par l’Agence France Presse.

Tracteur aux pneus dégonflés
Joint au téléphone, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, explique à Reporterre : « Ce projet est incompatible avec la politique que prétend mener le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll : agro-écologie, agriculture à taille humaine, multifonctionnalité. Comme il n’a pas stoppé ce projet, comme l’Etat ne prend pas ses responsabilités, nous avons pris les nôtres. Nous avons agi à visage découvert, afin que l’on arrête ce projet et que l’on en discute ».

Le site vu du ciel, après peinture du slogan (lettres rouges)
"Il semble bien qu’on se moque de nous..."
Dans un communiqué publié dans la matinée, la Confédération paysanne précise : "Ce projet ne peut se faire qu’avec l’appui des autorités. La signature du préfet sur le permis d’exploiter, c’est la signature de l’Etat. L’Etat qui accepte donc que des milliers d’hectares de terres agricoles ne servent qu’à enrichir qu’un seul homme alors tant de futurs paysans cherchent à s’installer. L’Etat qui regarde faire sans réagir celui qui veut brader son lait, et qui regardera crever ceux qui en vivent. L’Etat et ses grands discours sur l’agroécologie, sur le développement rural, qui fait l’autruche quand il faut prendre ses responsabilités. En cette période de négociations sur la Politique agricole commune, et bientôt sur la Loi d’avenir agricole, il semble bien qu’on se moque de nous..."

Laurent Pinatel

Une manifestation s’est ensuite déroulé jeudi matin à Erquinghem, siège du groupe Ramery. Environ 300 personnes sont entrées dans le hall du siège social, situé près de Lille, rapporte l’AFP. Les militants étaient accompagnés de deux veaux et ont brandi une grande bâche proclamant "Non aux 1000 vaches". Une dizaine de gendarmes étaient présents mais ils sont restés à l’écart.
Lire notre reportage à Eckhinghem
Rappelons l’histoire. On apprend à l’été 2011 qu’une grande entreprise du Nord Pas-de-Calais, le groupe Ramery, veut installer la plus grande ferme-usine de France : un élevage laitier géant, associé à un méthaniseur de puissance industrielle. Le projet soulève rapidement une opposition croissante autour de l’association Novissen (acronyme de « NOs VIllages Se Soucient de leur Environnement », prononcez « nos vies saines »).
Quel est le projet ? Rassembler dans un bâtiment de plus de deux cent mètres de long mille vaches (qui ne verraient jamais la lumière du jour et ne connaitraient jamais le goût de l’herbe des prés). Elles produiraient du lait à un prix cassé, et leur déjections iraient servir de carburant dans un énorme méthaniseur le transformant en gaz. L’excès de lisier serait répandu sur près de trois mille hectares de terres alentour.
La ténacité de Novissen a permis de gagner un point : ramener l’autorisation admistrative de mille vaches à cinq cents. De plus, le maire et le conseil municipal de Drucat, sur lequel serait installé le méthaniseur, sont opposés au projet. Mais la machine avance continument, et le chantier se prépare. Le maire de Buigy, Éric Mouton, est architecte et constructeur de l’étable, qui s’étendrait sur 234 m de long. Le permis de construire a été accordé le 7 mars dernier.

Le site en juillet 2013
Opacité
Connaitre les détails de ce dossier étrange est difficile. En effet, la transparence s’arrête aux portes de ce projet qui se présente comme agricole et écologique pour transformer les subventions et aides publiques en profits sonnants et trébuchants. Voici ainsi ce qu’écrivait en avril la préfecture au Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) :
« La réglementation propre aux activités d’élevage relevant des installations classées n’impose pas la mise à disposition du public des informations à caractère économique relevant des mesures spécifiques de renforcement de la transparence des entreprises. (...) Aussi, les éléments qui ne sont pas utiles à la bonne compréhension du public ou encore susceptibles de porter préjudice à l’exploitant (divulgation d’informations pouvant être utilisées par la concurrence) peuvent être disjoints du dossier de demande d’autorisation d’exploiter » (lettre du secrétaire général de la préfecture de la Somme au président du MNLE, 10 avril 2013).
Cependant, les investigations de Novissen, de la Confédération paysanne et de leurs avocats ont permis de démonter le système mis en place pour faire de la Ferme des mille vaches une bonne opération financière.
Elle sera exploitée par la Société civile d’exploitation agricole Côte de la Justice SCEA. Le gérant en est Michel Ramery. Celui-ci dirige le Groupe Ramery.

Siège du Groupe Ramery
Un groupe prospère : Michel Ramery est la 349e fortune de France, selon le classement du magazine Challenges.

Michel Ramery
Les activités du groupe Ramery ont plusieurs volets : travaux publics, bâtiment, et environnement. L’entreprise, qui pèse plus de 500 millions d’euros de chiffres d’affaires, s’est développé régulièirement depuis plusieurs décennies. Un de ses talents est sa capacité à remporter les marchés publics de la région.
Elle a par ailleurs été évoquée dans l’affaire du financement occulte autour de la maire de Hénin-Beaumon et du financement du parti socialiste, comme l’ont rapporté les journalistes Benoit Colombat et David Serveray : « ...Aidée par la justice du grand-duché, la juge a même trouvé sur un des comptes de Guy Mollet un chèque de 210 000 euros. Il est daté du 31 août 2007 et signé par l’entreprise de bâtiment Ramery. Avec ses 2 700 salariés, Ramery est un poids lourd du BTP dans la région. Le groupe s’articule en trois pôles, travaux publics, bâtiment et environnement, tous susceptibles de travailler avec les collectivités locales ou la mairie d’Hénin- Beaumont. Une piste que les enquêteurs n’ont pas creusée, afin de “boucler leur dossier dans les meilleurs délais”, précise le parquet de Béthune » (Article de Benoit Colombat et David Servenay).
Vaches enfermées, paysans disparus
Le montage économique derrière le projet de la Ferme des mille vaches est talentueux. Son promoteur a besoin de terres pour cultiver les céréales nourrissant les vaches et épandre le lisier en excès. Il s’associe, contre finances, avec des exploitants des alentours : sont constituées des SCEA dans lesquelles on peut transférer les "droits à produire" du lait détenus par ces exploitants. Les "droits à produire" ont mis en place par la politique agricole commune, qui a posé des quotas laitiers aux exploitants (ce système de quotas devrait disparaitre en 2015). La Ferme des mille vaches disposera ainsi du droit de produire beaucoup de lait. Pour l’instant, des agriculteurs exploitant plus de mille hectares sont ainsi associés à Michel Ramery, qui vise rassembler trois mille hectares.
Ce système, explique la Confédération paysanne, fait pression sur les terres alentour : les perspectives financières offertes par Ramery gèle le marché foncier et empêche les installations de jeunes agriculteurs.
Les autres motifs de s’opposer à la Ferme de mille vaches sont nombreux :
- le lait produit est annoncé à 270 € la tonne, alors que le prix actuel est de l’ordre de 350 € et que les exploitants laitiers sont dans une situation très difficile. Ce nouveau prix accroîtrait encore la pression économique et ferait disparaitre de nombreuses exploitations qui ne pourront pas résister à cette concurrence ;
- l’effet négatif sur l’emploi sera négatif : une dizaine seulement seront créés pour gérer les animaux et la traite du lait, alors que les exploitations agricoles que le projet fera disparaitre comptent plus de quarante emplois ;
- le digestat liquide répandu sur les champs alentour pourrait être entrainé vers la mer par le ruissellement, et atteindre notamment la Baie de Somme, un espace naturel encore indemne et qui abrite la belle réserve de Marquenterre ;
-  le bien-être des vaches sera un voeu pieux. Pour éviter les épidémies dans un troupeau aussi concentré, il faudra user largement d’antibiotiques et d’autres médicaments. Et à trois traites par jour, les animaux ne feront pas de vieux ans, étant transformés dès leur quatrième année en steack hachés.

Tout le projet est d’autant plus discutable que son rentabilité dépend largement d’aides publiques :
-  prix subventionné du rachat du biogaz produit par le méthaniseur ;
-  aides à l’investissement de construction du méthaniseur ;
-  primes agricoles dans le cadre de la PAC ;
-  attribution de marchés publics de collecte des déchets verts.
De son côté, le groupe Ramery a publié un communiqué, envoyé par courriel, et dont voici le texte :
« Michel Ramery, issu du milieu agricole se sent concerné par l’optimisation de la compétitivité de la filière laitière.
Son objectif, avec ses 5 associés, n’est pas de construire une ferme usine mais un élevage laitier de grande taille. Toutes les conditions d’élevage sont comparables aux fermes de plus de 100 Vaches laitières déjà existantes en France, y compris leur propre exploitation, qui regroupe aujourd’hui 330 vaches laitières.
De plus le projet créera et maintiendra des emplois directs et indirects de la filière laitière dans une région où l’abandon des petites exploitations augmente chaque jour.
Un projet réfléchi et viable qui suit son cours.
Chaque étape administrative a été scrupuleusement respectée dans le cadre légal. En effet, le préfet de la Somme a donné son accord en juin dernier pour l’exploitation de 500 vaches et la méthanisation, prouvant ainsi que ce projet respecte en tout point la santé, la sécurité animale et humaine dans le respect de l’environnement.
Un projet ancré dans la problématique énergétique actuelle.
Il suit, en tout point, le plan de soutien EMAA (Energie Méthanisation Autonomie Azote) des Ministères de l’écologie, du développement durable, de l’énergie et de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt : dont l’objectif est de soutenir la filière de méthanisation agricole française.
Le but est de produire de l’énergie issue notamment, de la valorisation des lisiers mais également d’aboutir à la production de digestats normés qui remplaceront les engrais chimiques. »

Source : Hervé Kempf pour Reporterre
Photos : Action nocturne : Mathieu Elsinger, envoyé par la Confédération paysanne à Reporterre.
-  Tracteur dégonflé : FR3 Picardie
-  Peinture vue du ciel : Novissen, diffusé par la Confédération paysanne sur Twitter
-  Siège de Ramery à Eckinghem occupé : #1000vaches Twitter
-  Laurent Pinatel : Wikipedia
 -  Vaches en concentration : Ca branle dans le manche
-  Site en juillet 2013 : FR3 Picardie
 -  Michel Ramery : La Voix du Nord
-  Siège du groupe Ramery : Ramery

Lire aussi : Un village picard résiste à l’usine à vaches