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jeudi 10 avril 2014

La Centrale de Tricastin en espace de séisme...



SÉCURITÉ La centrale du Tricastin ne  peut résister  qu’ à un séisme de 5,5.
Les capteurs sismiques des centrales nucléaires du Tricastin (Drôme) et de Cruas-Meysse (Ardèche) sont restés muets lundi soir lors du tremblement de terre de l’Ubaye dont l’épicentre se situait à un peu plus de 150 kilomètres de la vallée du Rhône. « Les baies de mesure des salles de commande qui déclenchent une alarme en cas de séisme n’ont rien enregistré » explique-t-on à la centrale EDF du Tricastin.
Les quatre réacteurs du Tricastin ont été dimensionnés pour résister à un tremblement de terre de magnitude 5,5. « Elle a été calculée par rapport au séisme de référence, celui de 1873, le plus important depuis 1 000 ans dans la région » précise EDF. L’épicentre de ce séisme d’une magnitude de 4,7 qui avait causé d’importants dégâts se trouvait à Châteauneuf-du-Rhône, à une dizaine de kilomètres du site du Tricastin. Pour calculer l’intensité du séisme majoré de sécurité, les ingénieurs ont multiplié par deux la puissance du tremblement de terre de 1873, puis ils ont imaginé un séisme encore plus dévastateur, d’une magnitude de 5,5.
Le risque de séisme est pris très au sérieux par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). En 2013, le gendarme du nucléaire a rappelé à l’ordre Areva car ses locaux de crise du Tricastin risquaient de ne pas résister à un tremblement de terre. Après Fukushima, l’ASN avait mis en avant dans un rapport le risque de rupture du barrage de Vouglans (Jura) qui menacerait la centrale du Tricastin en cas de séisme. Elle s’inquiétait aussi des effets d’un tremblement de terre qui surviendrait en même temps qu’une crue exceptionnelle du Rhône, entraînant une destruction des digues du canal Donzère-Mondragon. À la demande de l’ASN, EDF a d’ailleurs entrepris des travaux de renforcement de ces digues qui s’achèveront fin 2014.
Jeudi 10 avril 2014
ALPES DU SUD : Un séisme de magnitude 5 ressenti dans tout le Sud-Est
- 14 H 33 : Crévoux est séparé de l’épicentre par le Parpaillon.
Hier soir, à 21h30, les Crévolins ont ressenti une forte secousse, comme rarement. "Ça a duré 10-12 secondes", raconte le couple Pascal, habitant au hameau La Chalp, à 1700 mètres d’altitude. "C’est plus long que le dernier, qu’on avait ressenti en décembre dernier. Et plus bruyant que celui de février, il y a deux ans."
Les tremblements de terre, ils y sont habitués. "Ce matin, il y a eu une réplique à 9h30, moins forte. Mais ça a fait comme un avion qui dépasse le mur du son. Depuis hier soir, il y a eu une vingtaine de répliques, qu’on n’a pas ressenties."
Hier soir, aucun dégât n’a été constaté. "Il y a eu un bruit, comme un éboulement. Ça a vibré." Le couple a fait le tour du hameau, ce matin, pour vérifier qu’aucune maison n’était endommagée. Joëlle et Bernard, qui ont une ferme, ont également eu peur.
Plus de témoignages dans notre édition papier datée de ce mercredi.

dimanche 30 mars 2014

Valence : Sensibilisation à un accident atomique possible...



VALENCE De (fausses) pastilles d’iode pour sensibiliser contre le danger d'un accident atomique prévisible en Vallée du Rhône.
Hier, à la mi-journée, un “Die in” était organisé place Porte-Neuve à Valence.
“Sortir du nucléaire” et Greenpeace organisaient hier une journée anti-nucléaire. «Mobilisons-nous avant la catastrophe » répétaient hier les membres de “Sortir du nucléaire” et de Greenpeace. Intitulée “De Tchernobyl à Fukushima”, la journée anti-nucléaire organisée hier à Valence a été l’occasion de sensibiliser la population autour des risques dus au nucléaire, à ses centrales et aux transports des déchets.
Dès 9 heures, une déambulation festive dans les rues du centre-ville permettait d’aller au contact des passants. Temps fort à la mi-journée place Porte-Neuve avec le “Die -in” où une cinquantaine de personnes se sont couchées au sol, symbolisant les victimes des deux catastrophes nucléaires. Dans leurs combinaisons jaunes et équipés de masques de protection, des membres de Greenpeace ont distribué de fausses pastilles d’iode... Il s’agissait en fait de bonbons à la menthe !
Cette journée du 29 mars, entre les dates des deux catastrophes nucléaires, se poursuivait par des ateliers/débats, un spectacle de théâtre (“L’Impossible procès”) et la projection du film “Welcome to Fukushima” en présence du réalisateur Alain de Halleux.
« Les Valentinois et les Français en général ne sont pas informés des dangers. En cas d’accident, les réponses ne seront pas à la hauteur », insistent les anti-nucléaires. Qui prônent la fermeture des centrales de Tricastin et du Bugey (dans l’Ain). Ces centrales, étant parmi les trois centrales les plus âgées de France après Fessenheim en Alsace. Et de lancer : « Attention,

en France, le nucléaire nous menace partout ».
F.F.

mardi 25 mars 2014

Fukushima : crime d' Etat...

Japon : « Crime d’Etat » à Fukushima


Le 23 juin 2013, pour les deux ans d’existence de la première « station citoyenne de mesure de la radioactivité » à Fukushima, le réseau Citizen Radioactivity Measuring Station (CRMS) organisait une rencontre réunissant scientifiques et habitants, à laquelle nous avons assisté. Le professeur Hiroaki Koide, physicien, spécialiste des réacteurs au Research Reactor Institute de l’université de Kyoto, y a prononcé une conférence et nous le remercions d’avoir accepté que, sur la base de son intervention orale et à partir de documents complémentaires, nous en éditions et diffusions le contenu.
L’intervention du professeur Hiroaki Koide
« Le bâtiment n°4, en partie détruit, contient une piscine de désactivation des combustibles comprenant des éléments radioactifs en grande quantité, qui est aujourd’hui en équilibre instable [...]. S’y trouvent 1 331 barres de combustibles radioactifs équivalant à 14 000 fois la quantité de césium 137 comprise dans la bombe d’Hiroshima [...].
Il faudra attendre que la grue, dont la construction va démarrer dans les prochains jours, fonctionne pour que l’on puisse commencer le déplacement des barres : on plongera un conteneur de plomb dans la piscine, et une à une, on y entreposera les 10 à 11 barres qu’il peut accueillir, on fermera le conteneur de plus de 100 tonnes, on le sortira et on le déplacera, puis on recommencera. Une seule des 1 331 barres qui viendrait à tomber, et la contamination empêcherait d’approcher la piscine pendant plusieurs mois. Pour le seul réacteur n°4, ces travaux nécessiteront, je pense, plus de dix ans. »
« De nombreux travailleurs sont irradiés »

mercredi 19 mars 2014

Le président François Hollande va -il tenir ses promesses en matière de nucléaire ?



Suite à la spectaculaire intrusion de Greenpeace à Fessenheim
Image d'archive du site nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin, où plusieurs dizaines de militants de Greenpeace sont entrés mardi matin. Photo prise le 14 novembre 2013
Pour dénoncer le manque de sécurité de la plus vieille centrale nucléaire de France encore en activité et réclamer une transition énergétique plus ambitieuse, des dizaines de militants de Greenpeace ont fait mardi une spectaculaire intrusion dans l'enceinte de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin).
Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a félicité Greenpeace pour ce "coup d'éclat", qui "met en lumière la fragilité de nos installations nucléaires", selon ce parti qui compte deux membres au gouvernement.
Arrivés en camion, une soixantaine de militants de quatorze nationalités différentes, selon Greenpeace, ont pu escalader les barrières du site à l'aide d'échelles, peu avant six heures du matin. Ils sont parvenus à déployer une banderole sur le dôme de protection d'un des deux réacteurs de la centrale, proclamant "Stop risking Europe" (Arrêtez de faire courir des risques à l'Europe).
En tout, 56 personnes ont participé à cette action, dont "une quarantaine ont réussi à entrer en zone protégée", a indiqué à l'AFP à Paris le porte-parole du ministère de l'Intérieur.
La quasi-totalité ont été interpellés, a indiqué Greenpeace à la fin de son opération.
En fin de matinée, les forces de l'ordre cherchaient encore à maîtriser les derniers militants encore juchés sur le toit de la centrale. Au même moment, les anti-nucléaires ont enfoncé le clou en narguant les forces de l'ordre depuis cinq zodiacs à bord desquels avaient pris place 13 autres militants.
Ils ont déployé une nouvelle banderole sur le canal d'Alsace, à proximité immédiate de la centrale, proclamant "Future is renewable, stop nuclear" (L'avenir est renouvelable, arrêtez le nucléaire"), a constaté un vidéaste de l'AFP.
Leur action a pris fin en début d'après-midi.
Un camion de la gendarmerie restait posté devant la centrale pour filtrer les entrées, a constaté un journaliste de l'AFP.
Selon EDF, les anti-nucléaires ne sont pas entrés dans les bâtiments sensibles de l'installation.
L'autorité de sûreté nucléaire (ASP) avait pour sa part mobilisé son centre de crise à partir de 7h00.
Le site était bouclé par les gendarmes et survolé par un hélicoptère des forces de l'ordre. Côté allemand, de l'autre côté du Rhin, un hélicoptère de Greenpeace évoluait également non loin de la centrale.
Le directeur de la centrale Thierry Rosso a déclaré à l'AFP que les militants avaient offert aux autorités une occasion de "démontrer" qu'il n'est pas possible "d'accéder à la zone la plus importante, à savoir la zone nucléaire, et c'est cela qui est le principal enjeu."
Ces événements n'ont eu "aucune conséquence sur la sûreté des installations qui (ont) fonctionné normalement", a souligné un porte-parole d'EDF.
Appel à la France et à l'Allemagne
Par cette action, Greenpeace entendait porter un coup d'arrêt à "la menace posée par les centrales nucléaires vieillissantes en Europe", selon un porte-parole de l'organisation, Cyrille Cormier.
"Ce n'est pas la première fois que nous entrons dans une centrale. Mais au-delà de la sécurité du site (...), nous voulons alerter sur les risques que posent Fessenheim et toutes les centrales nucléaires en Europe", a-t-il ajouté.
"Fessenheim est un symbole de ces centrales, elle a 37 ans. Nous voulons que l'exploitation des réacteurs n'aille pas au-delà de 40 ans et que cette limite soit inscrite en France dans la loi de transition énergétique, et dans le droit européen", a-t-il expliqué.
Greenpeace souhaite également "que la France et l'Allemagne militent en faveur d'un objectif d'énergies renouvelables ambitieux d'ici 2030", a ajouté Cyrille Cormier.
En service depuis 1977 et dotée de deux réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts chacun, Fessenheim est la seule des 19 centrales françaises dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande pour fin 2016.
L'organisation n'en est pas à sa première intrusion dans l'enceinte d'une centrale nucléaire. Les dernières en date avaient donné lieu à des condamnations à six mois de prison avec sursis, comme l'atterrissage en 2012 d'un parapente à moteur au Bugey (Ain), ou une intrusion de neuf militants à Nogent-sur-Seine (Aube) en 2011.
Le syndicat FNM-CGT a mis en garde contre une fermeture de la centrale de Fessenheim, qui selon lui "conduirait à importer de l'électricité de centrales au charbon Outre-Rhin, pour partie responsables des pics de pollution que nous venons de vivre". Ce qui est totalement faux (1).
Et les représentants syndicaux des salariés de la centrale de proposer à Greenpeace "une action plus courageuse: venir débattre publiquement et de manière contradictoire sur les conséquences du réchauffement climatique, de l'industrie, de l'emploi".
Sébastien BOZON, Julien SENGEL
Pourquoi cette pollution ?
L’épisode de pollution est vraiment terminé ?
L'épisode de pollution aux particules fines est bien terminé. Alors que les concentrations en poussières atteignaient encore à Lyon 81 µg/m3 samedi, elles passaient en dessous de 50 µg/m3 tout comme ce mardi matin.
- (1) La qualité de l'air s'était brusquement dégradée à cause des épandages (engrais) des terres agricoles, dans le Nord de la France, dans le Benelux. L'ammoniac ainsi généré s'était répandu sur l'ensemble du territoire national, réagissant avec l'oxyde d'azote émis notamment par la circulation automobile dans les villes.
La baisse de pollution est due à la baisse du trafic observé au cours du week-end, à la réduction des vitesses sur les routes encore effective lundi, et aux changements de direction des vents. A partir de samedi, l'agglomération lyonnaise a été ventilée par des masses d'air venues du nord ouest, beaucoup plus saines. Dès ce soir, la météo devait se dégrader, et c'est une bonne nouvelle pour nos poumons. Et tablons paradoxalement que l’Afrique sera de plus en plus polluée par nos émussions de Gaz toxiques…Si les vents sont pérennes.

mardi 18 mars 2014

Fessenheim : 30 lanceurs d' alerte citoyens occupent pacifiquement la Centrale atomique...



La centrale de Fessenheim occupée : 20 militants de Greenpeace interpellés
Des militants de Greenpeace ont déployé une banderole «Stop risking Europe» près du dôme du réacteur n°1 de la centrale de Greenpeace  | Photo Greenpeace.
Mardi matin, les gendarmes ont interpellé une vingtaine de militants écologistes entrés dans le site de la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace. Selon le ministère de l'intérieur, une quinzaine d'autres se trouve toujours sur le toit du bâtiment réacteur mais «à aucun moment l'intégrité de la centrale n'a été menacée» et «la riposte des gendarmes a donc été adaptée pour les interpeller dans les conditions maximales de sécurité».
Vers 5h30 mardi matin, une cinquantaine de militants de Greenpeace, venus de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, d'Italie ou de Pologne «manifestent et occupent Fessenheim», la plus vieille centrale française. Ils dénoncent le risque que fait courir le nucléaire français à l’Europe entière, et entendent rappeler au gouvernement français, qui a programmé la fermeture de la centrale alsacienne,  «l’impérative nécessité d’une vraie transition énergétique en France».
Les militants de Greenpeace, organisation passée maître dans ce type d'opération coup de poing, ont déployé une banderole sur laquelle on peut lire «Stop risking Europe» («Cessez de mettre l’Europe en danger») à côté du dôme du réacteur n°1 sur lequel se trouve une demi-douzaine de militants. D’autres militants seraient sur la piscine de ce même réacteur.
Deux jours avant le sommet des chefs d’Etats européens consacré ce jeudi 20 mars à l’avenir de l’énergie en Europe, les militants de Greenpeace demandent à François Hollande et Angela Merkel d’engager leur pays et l’Europe entière dans une vraie transition énergétique, débarrassée du risque nucléaire et basée sur les renouvelables.
Selon Greenpeace, «les réacteurs de la centrale de Fessenheim ont 37 ans. Fessenheim est située à proximité des frontières suisse et allemande, dans une zone exposée aux risques sismiques et d’inondation, et connaît de sérieux problème de sûreté. Plus de 7 millions de personnes vivent à moins de 100 km et seraient affectées en cas d’accident majeur.»
La doyenne des centrales françaises
 « La centrale de Fessenheim est un symbole, explique un porte-parole de l'organisation. Sa fermeture annoncée ne doit être que le début d’une série de nombreuses fermetures de réacteurs en Europe pour limiter les risques, accidentels et financiers, liés au vieillissement et pour enfin lancer la transition énergétique. »
La centrale de Fessenheim est la doyenne des centrales françaises. En service depuis 1977 et dotée de 2 réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts chacun, Fessenheim, exploitée par Electricité de France (EDF), est la seule des 19 centrales françaises dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande, pour fin 2016.
LeParisien.fr


lundi 17 mars 2014

Pierrelatte , ce samedi ...



PIERRELATTE : Des militants de Greenpeace ont distribué de (fausses) pastilles d’iode
Samedi, une dizaine d’activistes de Greenpeace ont organisé une manifestation pour dénoncer les conséquences potentielles d’un accident nucléaire sur la centrale du Tricastin. Une action de l’équipe “Tricastin fermez-là !” organisée quelques jours après le 3e anniversaire de la catastrophe de Fukushima.
Montés à Orange à bord du TER Marseille-Lyon, ces militants ont interpellé les passagers du train en leur distribuant de fausses pastilles d’iode, et les ont invités à signer une pétition, pour rappeler que la centrale du Tricastin est l’une des plus âgées de France « et que plus les années passent, plus le risque d’un accident majeur grandit ».
Descendus à Pierrelatte ils ont poursuivi leur distribution de fausses pastilles. « Notre objectif est de rappeler les dangers que fait peser la centrale du Tricastin sur nos territoires, alerter sur la faible étendue du plan particulier d’intervention (PPI) et sur la mauvaise préparation des populations et des pouvoirs publics en cas d’accident nucléaire », a expliqué Guillaume Vermorel coordinateur sur place de l’action.
Tricastin est "périmée et il faut la fermer".
"la faible étendue du plan particulier d’intervention (PPI)" qui ne concerne qu’un périmètre de 3,5 km autour de la centrale, soit 22 communes, "or les radiations ne resteront pas confinées dans ce périmètre restreint, surtout s’il y a du mistral". L’équipe “Tricastin, fermez-la !” demande au préfet l’élargissement du périmètre prioritaire d’intervention. Ils proposeront la signature d’une pétition.
MCD
Transition énergétique: tout commence à Fessenheim !
Le 11 mars 2011 est arrivé à Fukushima ce qui, selon les experts, n'aurait jamais dû arriver. Trois ans après la catastrophe, Naoto Matsumura, cet agriculteur japonais qui a refusé d'évacuer la zone interdite proche de la centrale de Dai-ichi, sera en Alsace pour témoigner de la dévastation causée par l'accident. Ce triste anniversaire, que les militants anti-nucléaires s'apprêtent à commémorer dimanche 9 mars sur les ponts du Rhin, nous rappelle que fermer la plus vieille centrale nucléaire de France située à Fessenheim est aujourd'hui une nécessité absolue. Pour la sécurité de chacun, avant toute chose, mais aussi pour aborder de manière lucide et volontaire la question de la transition énergétique.
UN IMPÉRATIF POUR LA SÉCURITÉ DE TOUS
Les faits sont têtus : une catastrophe similaire à celle du 11 mars 2011 aurait en Alsace des conséquences humaines et sanitaires encore plus dramatiques qu'à Fukushima. Le bassin de vie de Fessenheim regroupe en effet une population cinq fois plus importante, répartie entre trois pays, la France, l'Allemagne et la Suisse. La création de zones d'évacuation comparables à celle de Fukushima (un rayon de 20 à 30 kilomètres autour de la centrale), pourrait contraindre les habitants de Mulhouse, Colmar et Fribourg à abandonner leurs villes pour des conditions de vie précaires et incertaines à l'instar des 343 000 « évacués » de Fukushima.
Or, les risques liés à la centrale de Fessenheim sont bien réels. Il s'agit de la plus vieille centrale de France, construite en zone sismique, et située sous le niveau du canal d'Alsace, donc inondable en cas de rupture de la digue qui la protège. De plus, son radier (dalle de béton devant confiner le magma radioactif en cas de fusion des réacteurs) est extrêmement fin et ne résisterait pas à un scénario similaire à celui de Fukushima, contaminant au passage une nappe phréatique qui alimente 6 millions de personnes, la plus grande d'Europe. Enfin, et malgré les discours volontiers rassurants de l'Autorité de Sureté Nucléaire, elle génère aujourd'hui 4 fois plus d'incidents que la moyenne des autres centrales.
UNE MESURE DE BON SENS ÉCONOMIQUE
La fermeture de Fessenheim est donc une nécessité absolue pour la sécurité à moyen et long terme de la région et des générations futures. C'est aussi une mesure de bon sens économique. Comme le rapport de Wise-Paris commandité par Greenpeace France l'a montré, le coût des opérations de mise à niveau nécessaires pour permettre à un réacteur de continuer à fonctionner après 40 ans avec un niveau de sécurité correct pourrait être compris entre 2,5 et 6,2 milliards d'euros, soit jusqu'à quatre fois le montant prévu par EDF. À l'échelle de la France, les travaux menés par Denis Baupin et les députés écologistes ont montré que ce sont 300 milliards d'euros qui seront nécessaires à la rénovation et au renouvellement du parc nucléaire national. La conclusion est claire : à Fessenheim comme ailleurs, le nucléaire pas cher est un mythe dont il faut s'émanciper
UNE OUVERTURE POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
A long terme, seule la transition énergétique pourra nous sortir de cette impasse sécuritaire et économique. Plutôt que de dépenser des centaines de milliards d'euros dans des centrales d'un autre âge, nous pourrions créer jusqu'à 630 000 emplois d'ici 2030 en investissant massivement dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables. Alors que le chômage de masse ronge chaque jour un peu plus notre tissu social, ignorer le plus grand gisement d'emplois dont nous disposons aux seules fins de préserver les profits d'EDF et les intérêts du lobby nucléaire relève de l'aberration et du scandale.
Eolien, solaire, géothermie profonde, biomasse, l'Alsace a le potentiel pour devenir le laboratoire de la transition énergétique française et donc de bénéficier avant les autres de ses retombées économiques. La fermeture de la centrale Fessenheim est inéluctable, elle doit être irréversible. À court terme, le site recevra les emplois directs et indirects nécessaires au démantèlement de la centrale, une opération qui durera des années. À plus long terme, la reconversion sociale et économique du site assurera la prospérité durable de la région.
Définir les contours de cette reconversion prendra du temps et exigera une action vigilante et concertée de tous les acteurs locaux, nationaux et européens. Mais une chose est certaine : les pistes les plus prometteuses résident dans la coopération avec nos voisins d'outre Rhin, à l'échelle du Rhin supérieur. Lors du Conseil des Ministres commun du 19 février, la France et l'Allemagne ont déclaré vouloir coopérer plus activement dans le domaine de la transition énergétique. Les réflexions portent à l'heure actuelle sur la création d'un grand centre d'innovation commun sur le stockage de l'énergie ou d'une usine franco-allemande de cellules photovoltaïques, alliant ainsi excellence industrielle allemande et savoir-faire technologique français. Quelle ville mieux que Fessenheim peut incarner cette ambition commune ?
Sandrine Bélier
Députée européenne Europe Écologie du Grand Est

jeudi 13 mars 2014

Le nucléaire, irréversible déclin ?



Fukushima + 3 ans : l’industrie nucléaire mondiale en déclin brutal et irréversible. La part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à environ 9% aujourd’hui
- La WNA a fait disparaître de son site web la courbe mauve (la part du nucléaire dans la production
mondiale d’électricité) au lieu de la mettre à jour comme ci-dessus. Voir ici la mise au jour de ce peu glorieux subterfuge. Mais il est vrai que la tendance est désespérante pour les promoteurs de l’atome...
Trois ans après le début de la catastrophe de Fukushima, dont les conséquences vont hélas continuer à s’aggraver pendant des décennies, l’industrie nucléaire tente de faire bonne figure et prétend même "repartir de l’avant". Des organismes de propagande comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou la World nuclear association (WNA) diffusent des chiffres sidérants : des centaines de réacteurs seraient d’ores et déjà commandés et seraient "bientôt" mis en chantier, la production nucléaire serait amenée à progresser massivement dans les années à venir, etc.
 La réalité est totalement différente, et il suffit pour s’en convaincre de consulter les données officielles (il convient donc de ne pas confondre information et communication, cette dernière relevant de la tromperie).
On peut ainsi constater que :
- la part du nucléaire dans l’électricité mondiale s’est effondrée depuis 10 ans, passant de 17% en 2001 à environ 11% en 2011 (1), et est à coup sûr passée désormais sous les 10% du fait de la baisse nette de production nucléaire en 2012 et 2013 (cf point suivant). Il est très important de noter que ce phénomène est structurel, commencé bien avant Fukushima, et qu’il continue bien entendu depuis.
- la production nette d’électricité nucléaire décline depuis 2006 (hormis un "rebond" en 2010, effacé depuis), comme on peut le voir sur le propre site de la World nuclear association (2). Ce n’est pas seulement la part relative du nucléaire qui diminue (sachant que les autres énergies progressent vite, en particulier les renouvelables) : la quantité d’électricité nucléaire diminue année après année. La WNA a d’ailleurs censuré sa propre publication pour faire disparaître la courbe (en chute libre !) de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale (3) . On attend avec impatience le chiffre officiel de 2012 (publication en juillet 2014).
On note par ailleurs que la part des énergies renouvelables dépasse 20% (plus du double de celle du nucléaire) et est en augmentation rapide.
- 42% du parc nucléaire mondial a plus de 30 ans  : les fermetures définitives vont se multiplier.
Ces derniers mois, 4 réacteurs ont été définitivement fermés aux USA (Crystal River 1, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1) et un autre le sera en fin d’année (Vermont Yankee). Ce sont les prémices d’un phénomène général qui va voir la production nucléaire continuer décroître inexorablement.
- les réacteurs en construction ne pourront compenser les fermetures
La WNA agite le nombre "record" de 72 réacteurs en construction mais certains le sont depuis 20 ou 30 ans, et même 40 ans pour Watts Bar (USA). On connaît aussi les problèmes insurmontables rencontrés par Areva en Finlande et EDF à Flamanville. Par ailleurs, la majorité des chantiers en cours le sont en Chine, pays qui investit bien plus dans les renouvelables (les éoliennes produisent désormais plus que le nucléaire) : c’est donc un "engouement" bien virtuel qui cache mal le déclin net de l’atome mondial.
- De nombreux chantiers annoncés ne verront en fait jamais le jour
D’innombrables nouveaux réacteurs ont été annoncés avec tambours et trompettes ces dernières années, mais ont pour la plupart été ensuite discrètement annulés. On peut ainsi citer le prétendu programme nucléaire turc, annoncé puis annulé à de nombreuses reprises… depuis 1967 ! De même, les réacteurs EPR que EDF prétend construire en Grande-Bretagne bénéficient de la part de Londres de subventions massives qui ne passeront assurément pas le filtre de Bruxelles : il est injustifiable de rendre "rentable", avec l’argent public, un projet gravement déficitaire. Ces EPR ne seront assurément jamais construits.
Conclusion : l’avenir du nucléaire est assuré… par ses catastrophes et ses déchets radioactifs.
L’industrie nucléaire n’a aucune perspective d’avenir : elle va seulement tenter de survivre en prolongeant le plus longtemps possible la vie des réacteurs actuels, pourtant déjà anciens et plus dangereux que jamais. Les fermetures de réacteurs sont néanmoins inéluctables et vont se multiplier dans les années à venir, les quelques nouveaux réacteurs (principalement en Chine) ne faisant que freiner momentanément ce processus.
Par contre, l’avenir du nucléaire est "assuré" par… ses catastrophes et ses déchets radioactifs  : des situations insolubles et dramatiques qui vont empoisonner (au sens propre comme au sens figuré) la vie des humains pendant des millénaires, et cela seulement pour seulement quelques dizaines d’années de production électrique nucléaire.
OBSERVATOIRE du NUCLEAIRE
mardi 11 mars 2014 - 21h32
(1) Agence internationale de l’énergie, Key world energy statistics 2003 et 2013, p24 :

lundi 10 mars 2014

Nucléaire : "cri de colère" de Michel Bernard...



Fukushima : le cri de colère de l'écologiste Michel Bernard
(Photo satellite de la centrale nucléaire de Fukushima, endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars)
Journaliste à la revue Silence, un mensuel alternatif et écologiste basé à Lyon, Michel Bernard a écrit ce texte qui connait un succès foudroyant sur le web, bien au delà des cercles écologistes habituels.
- Je suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.
- Je suis en colère quand j’entends à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu’on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n’a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n’ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l’on s’éclaire à la bougie ? Il n’y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s’en passent.
- Je suis en colère quand en 1979, après l’accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c’était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l’accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins forts que nous… et que je lis aujourd’hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?
- Je suis en colère quand on me dit que l’on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connaît un réacteur". Ce n’est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu’elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d’exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonctionner pour dix ans en février 2011 !).
- Je suis en colère quand on nous dit que l’on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C’est oublier que l’électricité n’est pas la principale source d’énergie (c’est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l’on voulait s’arrêter, on pourrait s’appuyer sur une solidarité au niveau de l’Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l’électricité et seulement 9 % de l’énergie ! Il suffirait donc d’économiser 9 % pour s’en passer !
- Je suis en colère parce qu’au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d’énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l’énergie la plus propre reste celle que l’on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d’années.
- Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu’arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l’argent gaspillé… mais les 1000 milliards d’euros déjà dépensés en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c’est loin d’être terminé), ce n’est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d’euros, c’est sensiblement le coût qu’il a fallu dépenser pour construire l’ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.
- Je suis en colère parce que je sais que l’on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu’il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu’on veut bien consentir).
- Je suis en colère quand j’entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu’il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.
- Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu’au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).
- Alors j’agis, je me suis investi depuis une trentaine d’années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j’incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d’eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l’importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flammes ?
- Alors j’agis et je m’engage dans l’une des 875 associations qui animent le réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l’énergie.
- Alors j’agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. Alors j’agis car aujourd’hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c’est parce que nous ne nous indignons pas assez !
Michel Bernard
Pour aller plus loin : DEBAT : Faut-il sortir du nucléaire en France et en Europe ? Cliquez ici pour participer.
DOSSIER : tous nos articles autour de la question du nucléaire

vendredi 7 mars 2014

Tricastin 26 : 3 mois de sursis pour les 29 militants antinucléaires...



Tricastin: Quelque 29 militants de Greenpeace, qui s'étaient introduits en juillet 2013 sur le site du Tricastin (Drôme), ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis jeudi à Valence au lendemain de l'interpellation de 18 autres activistes de l'ONG pour une action similaire, dans la centrale nucléaire de Gravelines (Nord).
Des peines de six mois à un an de prison avec sursis avaient été requises à l'encontre des 29 prévenus - de nationalités française, russe, espagnole, roumaine, belge, suisse, allemande, etc. -, qui étaient poursuivis pour «violation de domicile» et «dégradations en réunion». Ces délits étaient passibles de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.
Dans son délibéré, le tribunal correctionnel de Valence, a en outre «relaxé» l'un d'eux, qui était aussi accusé d'avoir bousculé un gendarme lors de l'opération et contre qui le procureur Gilbert Emery avait réclamé «un an d'emprisonnement avec sursis», lors du procès, le 14 janvier, a-t-on précisé de source judiciaire. Il est cependant concerné par la condamnation de trois mois avec sursis.
Seuls neuf d'entre eux étaient présents à l'audience, le 14 janvier dernier, devant le tribunal correctionnel de Valence. Le procès avait été renvoyé le 12 septembre 2013 à la demande de Greenpeace et d'EDF, qui avait porté plainte. Le jugement, mis en délibéré, était  attendu jeudi après-midi.
A l'aube du 15 juillet 2013, les militants avaient pénétré dans l'enceinte nucléaire en escaladant des clôtures et en cisaillant des grillages, cadenassant des portails pour retarder l'intervention des forces de l'ordre.
Une vingtaine d'entre eux s'étaient introduits en «zone de protection renforcée» et un plus petit groupe «en zone protégée» au niveau de la station de pompage. Certains avaient même réussi à se jucher sur des structures métalliques proches des réacteurs, à l'aide de matériel d'escalade, pour y déployer des banderoles.
Greenpeace avait dit vouloir «pointer du doigt toutes les failles de la sécurité dans la production d'énergie nucléaire».
MCD

Tribunal de Valence : contre les lanceurs d' alerte...



Jugement attendu ce vendredi 7 mars contre l’Action citoyenne de Greenpeace au Tricastin
Des personnes venues soutenir des militants de Greenpeace jugés le 14 janvier à Valence pour s'être introduits dans la centrale du Tricastin. (Photo Philippe Desmazes.)
Une trentaine de militants s'étaient introduits en juillet 2013 sur la centrale nucléaire pour y déployer des banderoles et dénoncer le manque flagrant de sécurité.
Le jugement de 29 militants de Greenpeace, qui s’étaient introduits en juillet 2013 sur le site du Tricastin (Drôme), est attendu à Valence au lendemain de l’interpellation de 18 autres activistes de l’ONG pour une action similaire, dans la centrale nucléaire de Gravelines (Nord).
Des peines de six mois à un an de prison avec sursis ont été requises à l’encontre des 29 prévenus – de nationalités française, russe, espagnole, roumaine, belge, suisse, allemande, entre autres –, qui sont poursuivis pour «violation de domicile» et «dégradations en réunion». Des délits passibles de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Seuls neuf d’entre eux étaient présents à l’audience, le 14 janvier, devant le tribunal correctionnel de Valence. Le procès avait été renvoyé le 12 septembre à la demande de Greenpeace et d’EDF, qui avait porté plainte. Le jugement, mis en délibéré, est attendu jeudi après-midi.
A l’aube du 15 juillet, les militants avaient pénétré dans l’enceinte nucléaire en escaladant des clôtures et en cisaillant des grillages, cadenassant des portails pour retarder l’intervention des forces de l’ordre. Une vingtaine d’entre eux s’étaient introduits en «zone de protection renforcée» et un plus petit groupe «en zone protégée» au niveau de la station de pompage. Certains avaient même réussi à se jucher sur des structures métalliques proches des réacteurs, à l’aide de matériel d’escalade, pour y déployer des banderoles. «Tricastin : accident nucléaire» et «François Hollande : président de la catastrophe ?», pouvait-on y lire.

vendredi 28 février 2014

La catastrophe nucléaire de Fukushima n' en finit pas...



Petit journal antinucléaire sur l’actualité de Fukushima
L’eau radioactive des fuites arrivera inéluctablement à l’océan.
Au moins 100 tonnes d’eau radioactive ont fui d’un réservoir de retenue à la centrale nucléaire de Fukushima, dans le nord du Japon.
Arnold Gundersen, un ancien dirigeant de l’industrie nucléaire et ingénieur en chef avec plus de 30 années d’expérience au Fairewinds Associates, estime que l’eau stockée dans le réservoir au site de Fukushima contient un isotope nommé strontium 90, qui provoque la leucémie.
Pouvez vous commenter la déclaration de TEPCO au sujet des 100 tonnes d’eau radioactive qui ont fui cette semaine d’un réservoir de la centrale nucléaire de Fukushima?  Est-ce que cela démontre vraiment que les autorités japonaises sont incapables de maîtriser la crise de Fukushima ?
Le réservoir a laissé fuir une quantité extraordinaire de rayonnement: 230 millions de désintégrations par seconde par litre. Ce que cela signifie: imaginez une bouteille de 1 litre de soda ; cette bouteille de 1 litre émettrait 230 millions d’étincelles nucléaires de rayonnement chaque seconde. Cela a donc été une fuite extraordinairement radioactive.

lundi 24 février 2014

La catastrophe atomique de Fukushima n' est pas terminée...

L’avertissement de Fukushima : une leçon pour le reste du monde.

De Tokyo : « J’écris ces mots de la façon la plus objective possible, avec l’espoir qu’ils servent d’avertissement au monde », écrivait d’Hiroshima, le journaliste William Burchett. Son article, intitulé : »La Plaie atomique », fut publié le septembre 1945 dans le journal London Daily Express. Burchett réussit à éviter le blocage militaire américain d’Hiroshima et fut le premier journaliste à visiter la ville dévastée. Il écrivit alors : « Hiroshima ne ressemble pas à une ville bombardée. C’est comme si un gigantesque rouleau compresseur lui était passé dessus et l’avait aplatie jusqu’à la faire disparaitre ».
Voyageons 66 ans dans le temps, jusqu’au 11 mars 2011, et situons- nous à presque 1000 kilomètres au nord d’Hiroshima, dans la ville de Fukushima, après le grand tremblement de terre qui secoua l’est du Japon et provoqua un tsunami ce jour là. Comme nous le savons maintenant, l’impact initial qui provoqua 19 000 morts et disparus fut seulement un début. Ce qui commença comme un désastre naturel se changea rapidement en un désastre provoqué par l’homme, après que l’un après l’autre, les systèmes de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi tombèrent en panne. Trois des six réacteurs’effondrèrent et commencèrent à libérer de la radiation dans l’atmosphère et l’océan.

mardi 14 janvier 2014

Valence : Procès des Lanceurs d' alerte sur les défaillances du Nucléaire Français...


Procès des 29 militants Greenpeace à Valence Mardi, début d'après-midi. Environ 120 personnes ont manifesté devant le palais de justice. La moitié assiste au procès dans la salle d'audience. Les neuf prévenus présents (sur les 29) sont Français.
Depuis hier soir 20 heures, le palais de justice de Valence est sous haute surveillance. Deux compagnies de CRS (CRS 45 de Chassieu dans le Rhône et CRS 34 de Roanne dans la Loire) sont mobilisées pour assurer la sécurité et éviter tout débordement jusqu’à 20 heures aujourd’hui mardi. La circulation est filtrée et le stationnement est interdit sur cette durée. En effet aujourd’hui, dès 13h30, 29 militants-lanceurs d’alerte de Greenpeace doivent être jugés par le tribunal correctionnel de Valence pour « violation de domicile en réunion » et « dégradation de bien d’autrui ». Le 15 juillet 2013, ces 29 militants avaient pénétré sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin afin d’attirer l’attention des Autorités sur le laisser-aller en matière de sécurité autour des Centrales Atomiques françaises. Et l’exercice était pédagogique car les lanceurs d’alerte ont pénétrer sans difficulté et sont resté plusieurs heures dans l’enceinte de la Centrale Atomique. Des auteurs malintentionnés comme des terroristes auraient été donc capable de la même intrusion. Heureusement que des citoyens sont vigilants face aux errances des autorités nucléaires.  Aujourd’hui encore, à 12h45, les écologistes  devant le palais de justice, manifestaient leur soutien aux prévenus français et étrangers.                                      Des peines de six mois à un an de prison avec sursis ont été requises mardi à Valence à l'encontre de 29 militants de l'organisation écologiste Greenpeace, jugés en correctionnelle pour s'être introduits en juillet sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme).  La peine la plus lourde -- un an avec sursis-- a été réclamée contre le principal prévenu, qui avait bousculé un gendarme lors de l'opération. L'homme était également poursuivi pour «violences sur personne dépositaire de l'autorité publique» n'ayant pas entraîné d'incapacité de travail.  Le procureur Gilbert Emery a condamné le fait que ce militant, spéléologue aguerri, qui s'était encordé à 40 mètres de hauteur sur la centrale, avait «destabilisé» un gendarme en tirant sur sa corde pour le faire descendre.  A l'audience, le militaire a reconnu n'avoir pas recu de coup et n'avoir eu aucun contact avec le prévenu.  «Quand on veut défendre une cause noble on s'entoure de précautions et l'on ne fait pas prendre de risques. Un jour on va faire entrer le loup dans la bergerie et on aura une catastrophe», a dit le procureur. «Il y a d'autres façons de procéder en démocratie et cette action est l'illustration que cette action n'est pas bonne», a-t-il ajouté. Poursuivis pour «violation de domicile» et «dégradations en réunion» après leur interpellation et une plainte d'EDF, les prévenus, de nationalités française, russe, espagnole, roumaine, belge, suisse, allemande, etc., encourent cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Seuls neuf d'entre eux étaient présents à l'audience. Le procès avait été renvoyé le 12 septembre à la demande de Greenpeace et d'EDF       A l'aube du 15 juillet, les militants avaient pénétré dans l'enceinte nucléaire en escaladant des clôtures et en cisaillant des grillages, cadenassant des portails pour retarder l'intervention des forces de l'ordre.                   Une vingtaine d'entre eux s'étaient introduits en «zone de protection renforcée» et un plus petit groupe «en zone protégée» au niveau de la station de pompage. Certains avaient même réussi à se jucher sur des structures métalliques proches des réacteurs, à l'aide de matériel d'escalade, pour y déployer des banderoles.   Greenpeace avait dit vouloir «pointer du doigt toutes les failles de la sécurité dans la production d'énergie nucléaire». L'ONG avait raconté que ses militants étaient entrés sur le site «le plus simplement du monde» et que vingt minutes leur avaient suffi pour atteindre le sommet des structures.                                             MCD

vendredi 10 janvier 2014

Tribunal de Valence : Procès contre les lanceurs d'alerte.... ce 14 janvier



Communiqué de presse du 10 janvier 2014
EELV Drome et Michèle Rivasi
Procès Greenpeace 14 janvier 2014
Mardi 14 janvier se tiendra à Valence le procès en correctionnelle de 29 militants de Greenpeace pour s’être introduits de façon pacifiste dans la centrale nucléaire du Tricastin le 15 juillet 2013.
EELV Drôme et Michèle RIVASI, eurodéputée et ancienne directrice de Greenpeace France, tiennent à apporter tout leur soutien à ces militants, qu’ils considèrent comme de véritables lanceurs d’alerte.
Ceux-ci risquent des peines de 2 ans de prison avec sursis : les écologistes rappellent que les propos de Manuel Valls, à l’époque, qui souhaitait voir les peines pénales renforcées pour ce type d’action sont incompatibles avec la nouvelle notion de « lanceurs d’alerte »
En effet, avec cette action pacifiste, les militants ont pu montrer les failles de la sécurité des centrales nucléaires et interpeller comme il se doit les citoyens à ce sujet.
Tricastin est l’une des plus vieilles centrales de France. Elle est entrée en fonctionnement en 1980 et elle a connu plus de 90 incidents depuis 2000, dont une fuite de tritium en 2013. Son réacteur n°1 a des dizaines de microfissures. Elle est soumise au risque sismique, au risque d’inondation et au risque chimique.
Les écologistes demandent instamment la fermeture de cette centrale, comme ils le font depuis de nombreuses années. AREVA et ses employés pourraient saisir l’opportunité de son démantèlement pour faire de la France l’expert en matière de démantèlement nucléaire.
Soyons nombreux le 14 janvier à 12h45 devant le tribunal de Valence pour soutenir les militants de Greenpeace et demander, une fois encore, la fermeture de cette vieille centrale
EELV-Drôme

jeudi 19 décembre 2013

Drôme : la Centrale atomique de Tricastin est obsolète...

Plongée dans la centrale la plus dangereuse de France

C’est le plus grand site nucléaire de France, qui réunit une centrale électrique et près de dix usines et entrepôts atomiques. Les incidents s’y multiplient depuis quelques années. L’endroit est-il le plus dangereux du pays ? Reporterre y est allé voir.

 Reportage, Pierrelatte (Drôme)
Des fuites de tritium incontrôlées, des arrêts d’urgence de réacteurs à répétition, l’explosion d’une pompe hydraulique touchant trois ouvriers contaminés par des effluents liquides radioactifs, l’intrusion de vingt-neuf militants de Greenpeace au sein de la centrale, le non-respect des mesures élémentaires de sécurité et de confinage, un directeur de centrale remplacé au pied levé...
Ces derniers mois, la centrale nucléaire de Tricastin a connu une actualité chargée d’ inquiétants incidents. Alors qu’est débattue l’idée de prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs à cinquante voire soixante ans, Reporterre s’est donc posé la question : Tricastin est-elle la centrale la plus dangereuse de France ?
Nous sommes partis enquêter sur place. A Pierrelatte précisément, ville de 13 000 habitants, chef-lieu d’un canton de la Drôme, à dix km du site nucléaire de Tricastin. Où l’on a posé le sac à l’hôtel du Tricastin.
L’hôte étant accueillant, on a discuté. A-t-il peur, lui, riverain, de la centrale de Tricastin ? « On n’y pense pas, en réalité. Cela fait tellement longtemps que c’est installé dans la région, on est habitué. Et puis, le risque écologique, on ne le voit pas, donc on vit bien avec ». Au point de donner à son hôtel le nom d’une centrale nucléaire ? « Non, l’hôtel a été fondé en 1963, il est antérieur à la centrale qui a vu le jour dans les années 1970. Tricastin, c’est le nom de cette région de la vallée du Rhône ».
Étymologiquement, le nom provient d’une tribu, les tricastini en latin, qui y vivaient lors de l’Antiquité. Saint-Paul-Trois-Chateaux, capitale de l’époque, en a également tiré son nom. Siège d’un évêché jusqu’à la Révolution, la commune tire aujourd’hui la majeure partie de sa taxe professionnelle des activités nucléaires. Et le nom de Tricastin incarne désormais une autre religion, celle du nucléaire.

Étendu sur une surface de plus de 600 hectares à cheval sur deux départements – Drôme et Vaucluse – et deux régions administratives, Tricastin constitue le plus grand site nucléaire de France, devant la Hague et son usine de retraitement du combustible. Tricastin n’est pas seulement une centrale de production d’électricité, mais un complexe industriel nucléaro-chimique qui réunit plusieurs exploitants et différents procédés de fabrication.
La première activité y est la fabrication du combustible nucléaire. Arrivant de Malvési dans l’Aude, l’uranium y est transformé par l’usine Comurhex pour être ensuite enrichi. Cet enrichissement a longtemps été réalisé par le procédé de diffusion gazeuse, au sein de l’usine Georges-Besse I (le site Eurodif) puis, depuis 2011, par centrifugation, plus économe en énergie, dans l’usine Georges-Besse II. D’autres usines s’adjoignent à ces activités : fabrication de composants d’assemblage, retraitement de l’uranium appauvri, confinement de substances chimiques et radioactives, et traitement des effluents liquides issus de ces activités.

Au total, six entreprises filiales de la compagnie Areva participent au cycle du combustible. Celui-ci est ensuite envoyé à Romans-sur-Isère où il est assemblé et rendu prêt à l’emploi dans les centrales nucléaires. L’uranium enrichi et produit au Tricastin alimente ainsi le parc des réacteurs nucléaires français et plus d’une trentaine d’autres en Europe et dans le monde. Tricastin est donc au cœur de la filière nucléaire française.
Occupant la majorité du site, Areva cohabite avec deux autres plateformes, plus petites. La première appartient au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et rappelle que la vocation originelle du site était militaire : de 1964 à 1996, l’usine de Pierrelatte y a enrichi l’uranium nécessaire aux bombes atomiques. L’usine est démantelée, mais reste occupée par le CEA, qui y mène des recherches en nucléaire civil.

Adossée à la rive droite du canal de Donzère-Mondragon, la centrale nucléaire EDF complète l’implantation du site de Tricastin, sur cinquante-cinq hectares . C’est une des plus petites centrales de France en termes d’emprise au sol ; elle fut construite essentiellement pour alimenter en énergie l’usine Georges-Besse I. « La centrale EDF est la pile qui fait fonctionner le générateur du nucléaire que représente le site de Tricastin », explique Olivier Veyret, adjoint au chef de division Sûreté à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) à Lyon.
La centrale se compose de quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) d’une puissance de 900 MW (mégawatts) chacun. Selon les derniers chiffres communiqués par EDF, la centrale de Tricastin a produit 24 TWh (terawatts-heure) en 2012, soit 6 % de la production électrique française. Alors que les deux-tiers de cette production étaient initialement consacrés à fournir en énergie le site Eurodif, le démantèlement annoncé de celui-ci a permis d’affecter une plus grande partie de cette électricité au réseau. Ainsi, EDF estime que sa production approvisionne « la consommation d’environ 3,5 millions d’habitants et […] répond aux besoins énergétiques de 45% de la Région Rhône-Alpes ».

La centrale de Tricastin est la troisième plus âgée du parc nucléaire français. Construite à partir de 1974, puis mise en service en 1980 (réacteurs 1 et 2) et 1981 (réacteurs 3 et 4), elle a dépassé sa durée de fonctionnement initialement fixée à trente ans. Le réacteur n°1 de Tricastin a d’ailleurs été le premier du parc français à obtenir l’autorisation de l’ASN d’une prolongation d’exploitation de dix ans, en décembre 2010.
Pourtant, plusieurs voix s’opposent à cette prolongation. Le collectif Stop Tricastin estime que le vieillissement des installations est un enjeu de sûreté et de sécurité. « Tricastin est une centrale périmée. Elle a été conçue pour durer trente ans et elle est arrivée à son terme. Les nombreuses détériorations nous prouvent qu’on ne devrait pas aller au-delà du temps de fonctionnement envisagé initialement », témoigne Alain Volle, militant du réseau Sortir du nucléaire dans la Drôme et cofondateur du collectif Stop Tricastin.
La centrale du Tricastin est-elle réellement dangereuse ?

Complément d’infos :
• Le dernier dossier de presse en date d’EDF sur la centrale nucléaire de Tricastin.
• L’analyse de Greenpeace sur les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité – dont fait partie Tricastin.
. La région du Tricastin, approche géographique (écrit… en 1931).

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre.
Lire la suite : Plus de mille incidents et le record français de fissures. Tout va bien à Tricastin.

dimanche 17 novembre 2013

La CRIIRAD réagit au chantiers de décontamination atomique...

La CRIIRAD réagit à l’accident au CEA Grenoble

Le 23 août 2013, un ouvrier a subi une contamination radioactive lors d’un chantier de démantèlement d’une installation nucléaire du Commissariat à l’Énergie Atomique de Grenoble. Son dosimètre portatif aurait sonné, mais personne n’aurait entendu l’alarme étant donné le bruit sur le chantier. Ce n’est qu’en fin de journée que l’accident aurait été identifié, l’ouvrier ayant été exposé à une dose radioactive supérieure aux limites annuelles réglementaires. Le CEA a proposé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire[1] de classer cet accident d’un niveau 2 sur l’échelle INES, qui va de 0 à 7[2]. L’ouvrier contaminé travaillait pour une entreprise sous-traitante, pour le compte du CEA. (source : Dauphiné Libéré, 05/09/13)
Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), l’une des rares associations de contre-pouvoir sur les questions nucléaires françaises, présente ici son point de vue sur cet accident. Propos recueillis le 18 octobre 2013 par Marathone.
Que vous évoque l’accident survenu au CEA Grenoble en août dernier ?
Roland Desbordes : Les seules informations dont nous disposons émanent du CEA Grenoble et de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, nous ne pouvons rien dire de plus sur cet accident. En revanche, nous avons beaucoup à dire sur les chantiers de décontamination. Le CEA Grenoble a décidé d’abandonner l’essentiel de ses activités nucléaires pour se concentrer sur les bio et nanotechnologies. Il ne reste désormais que le réacteur nucléaire de l’Institut Laue Langevin[3] en service. Les autres réacteurs nucléaires ont été démantelés ces dernières années. Or lors de son fonctionnement, toute installation nucléaire subit des incidents, parfois des accidents, qui peuvent entraîner la contamination des sols et de la nappe phréatique. Les installations nucléaires du CEA Grenoble n’y ont pas échappé[4].

dimanche 10 novembre 2013

Tricastin ( 26 ) : Fuite d' oxyde d' uranium radioactif...



Tricastin Areva : fuite de 30kg d’oxyde d’uranium radioactifs
Et ça continue ! EDF et Areva rivalisent de semaine en semaine pour décrocher la timbale du meilleur initiateur d’une catastrophe nucléaire.
Ce jeudi 31 octobre dans la matinée, alors que des fuites radioactives se poursuivent dans la centrale nucléaire d’EDF, c’est une nouvelle rupture de confinement de tuyauterie qui entraîne la dispersion de près de 30 kilos d’oxyde d’uranium dans une installation de Areva NC. L’exploitation de l’atelier est suspendue, la zone est contaminée et des salariés ont été conduit vers le contrôle radiologique pour des examens médicaux.
Alors que toute la presse unanime* vient de reprendre d’une seule voix les propos mensongers de la direction d’Areva, le nouvel incident nucléaire qui vient de se produire ce 31 octobre au matin dans une installation d’Areva au Tricastin (TU5) est de toute autre nature.
Non il ne s’agit pas d’une "légère fuite" mais bien de la fuite de 30kg d’oxyde d’uranium radioactifs (U308) propulsés dans les airs et dont une partie s’est retrouvé au sol après la rupture de confinement d’une tuyauterie aérienne.
C’est par hasard qu’un salarié a constaté la présence de poudre d’oxyde d’uranium radioactifs sur le sol, à l’extérieur de l’atelier W de transformation de l’hexafluorure d’uranium (UF6), atelier exploité par AREVA NC et situé dans le périmètre de l’INB n°155 (dite installation TU5)
La poudre radioactive provient d’une rupture de confinement d’une tuyauterie aérienne
La poudre radioactive provient d’une rupture de confinement d’une tuyauterie aérienne de transfert entre deux ateliers. Cette rupture a engendré la fuite de poudre radioactive et l’accumulation d’une trentaine de kilogrammes de poudre dans la partie basse du coffrage de protection des tuyauteries. Et comme ce coffrage n’est pas étanche, une dispersion dans l’air et une cascade au sol se sont produites, la valeur de près de 1 kilo de produits radioactifs mortels.
Areva a alors été contraint immédiatement de mettre à l’arrêt le fonctionnement de l’atelier puis de délimiter un périmètre de sécurité et de mener dans l’urgence des contrôles radiologiques à proximité de la tuyauterie défaillante et plus largement autour. Des intervenants ont alors du tenter de récupérer la matière radioactive dispersée. Plus d’une quinzaine de personnes travaillant à proximité a du être conduit au service médical afin d’examens médicaux. La zone contaminée est actuellement en cours de tentative d’assainissement.
De premiers contrôles radiologiques dans l’environnement montre une contamination à l’intérieur du périmètre autour de la tuyauterie. Les personnels contrôlés ne présenteraient pas de contamination externe ou interne. Et comme à l’accoutumé la direction déclame : "Cet événement n’a pas conduit à des rejets à l’extérieur du site et n’a pas eu d’impact sur la santé des travailleurs". Mais la dispersion d’uranium en poudre est nettement plus dangereuse pour les travailleurs qu’en bloc : elle peut être inhalée et une contamination interne est ce qu’il y a de encore plus dangereux. Alors la direction, relayée béatement par les médias affirme que la poudre d’oxyde d’uranium est trois fois moins radioactive que l’uranium "naturel". Qu’est-ce qui justifie cette affirmation ? rien ! un pur bluff et mensonge.
En fait c’est la défaillance de la dernière barrière de confinement de matière radioactive qui a conduit à la dispersion de poudre à l’extérieur du bâtiment. Un défaut d’étanchéité au niveau du transfert pneumatique d’une des conduites circulant à l’extérieur entre deux bâtiments de l’atelier de défluoration de l’uranium naturel appauvri, Ce n’est pas anodin car le sens et la puissance du vent a pu entraîner les particules radioactives autant sur d’autres espaces du site nucléaire que bien au-delà de l’enceinte du site. Le fait que l’U308 sont incombustible ne retire rien à sa dangerosité et à sa toxicité mortelle.
L’incident nucléaire a été classé au niveau 1 de l’échelle INES par Areva mais l’ASN va instruire cette demande de classement au vu des éléments qui auront été recueillis. (http://www.asn.fr/index.php/content...)
Une dizaine d’entreprises proches du site ont été mises en alerte et chez Gerflor à Saint-Paul les Trois Châteaux, les salariés présents au moment des faits ont été mis à l’abri à l’intérieur du bâtiment, dont les issues ont été fermées, pendant plus une partie de la matinée.
De difficultés en défaillances, d’incidents en accidents qui annoncent la catastrophe
L’usine W transforme l’hexafluorure d’uranium appauvri en provenance de l’établissement d’Eurodif (mis à l’arrêt depuis plus d’un an), en oxyde d’uranium stable permettant un entreposage radioactif de longue durée. Longue durée tant que cela ne fuit pas. L’atelier TU5 traite, quant à lui, le nitrate d’uranyle en provenance de la Cogema de la Hague. Le nitrate d’uranyle, un des produits résultant du retraitement des combustibles usées des centrales électronucléaires, est converti en tétrafluorure d’uranium ou en oxyde d’uranium. Cet uranium de retraitement est, pour une part, entreposé sur le parc P18, l’autre part étant expédiée à l’étranger pour enrichissement. Plus de 2220 000 tonnes d’uranium appauvri (en masse d’uranium) sont entreposée, essentiellement au Tricastin, sous forme d’U3O8. Cet uranium "appauvri" qui peut être incorporé dans l’armement militaire.
Cette fuite d’oxyde d’uranium fait suite à une série d’incidents qui touchent le site nucléaire du Tricastin depuis plusieurs semaines tant chez Areva que chez EDF. Le 7 octobre, trois salariés de la centrale nucléaire du site avaient été touchés par des effluents liquides radioactifs lors de l’explosion d’une pompe hydraulique. Le 16 septembre, l’ASN avait annoncé avoir demandé à EDF une surveillance renforcée des eaux souterraines de la centrale nucléaire et d’identifier la cause d’une "présence anormale" de tritium depuis début juillet. Fuite toujours en cours. Les autres incidents et défaillances de TU5 sont répertoriés - dans un jargon bien aseptisé et à décrypté - par l’ASN (http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-e... )
L’ASN mentionnait d’ailleurs dans son "appréciation 2012" que l’exploitant Areva rencontrait des "difficultés à maîtriser la quantité d’hydrogène présente dans le procédé de l’usine W " depuis 2011 et que des travaux de modernisation de la zone d’entreposage de l’acide fluorhydrique (cuves et structures) de l’usine W devraient commencer courant 2013. La mise en évidence, en 2011, d’une dose cumulée supérieure à 1mSv sur deux des dosimètres de surveillance placés à la clôture de l’établissement ont contraint à entreprendre des déplacements d’entreposages. Mais l’ASN constatait que "ces actions n’ont pas encore permis d’améliorer notablement la situation et des investigations complémentaires sont en cours". Doutant de la bonne volonté d’Areva à respecter les prescriptions l’Autorité de Sûreté Nucléaire a demandé une tierce-expertise de l’étude de dangers de la nouvelle unité d’entreposage. Et pour enfoncer le clou du danger : " AREVA NC doit améliorer la rigueur de réalisation des rondes de surveillance sur l’installation". (http://www.asn.fr/index.php/content...)
Le "patron" du site Areva est plus prompte à ordonner à ses troupes de pourchasser les citoyens antinucléaires qu’à assumer ses responsabilités de sécurité. Un peu à l’image de son alter-égo de EDF qui vient d’être débarqué en une soirée de la direction de la centrale nucléaire du Tricastin.
le vendredi 1 novembre 2013