Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

Affichage des articles dont le libellé est palestine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est palestine. Afficher tous les articles

lundi 3 décembre 2012

La Palestine, retour vers un pays normal ?



La Palestine est devenue jeudi un Etat observateur aux Nations unies, lors d'un vote historique à l'Assemblée générale de l'ONU. Le vote de cette résolution, qui fait de "l'entité" palestinienne un "Etat observateur non membre", a été acquis à une majorité confortable de 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions.
Cette nouvelle stature internationale, qui donne aux Palestiniens accès à des agences de l'ONU et des traités internationaux, constitue une victoire diplomatique majeure.
Avant le vote, le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que l'Assemblée allait signer l'"acte de naissance" d'un Etat de Palestine.
Il a estimé qu'il s'agissait de la "dernière chance de sauver la solution à deux Etats" (Israël et un Etat palestinien) et a promis de "tenter de ranimer les négociations" de paix avec Israël, au point mort depuis plus de deux ans, sans toutefois prendre d'engagements précis.

mardi 20 septembre 2011

La palestine bientôt à l' ONU ?

Faisons un rêve : un "oui" israélien à l'ONU
Dans moins de deux semaines, l'Assemblée générale de l'ONU devrait reconnaître la Palestine en tant qu'Etat. Ce n'est pas tout à fait une "première", plutôt un retour de l'histoire sur elle-même.
Le 29 novembre 1947, la même assemblée adoptait la résolution 181 : elle créait deux Etats sur le territoire de l'ancienne Palestine mandataire - un Etat juif, Israël, et un Etat palestinien. Le second ne vit jamais le jour, du fait de la guerre que les pays arabes voisins déclarèrent au premier.
Soixante-quatre ans plus tard, en soumettant leur projet de reconnaissance à la session d'automne de l'Assemblée de l'ONU, les Palestiniens obtiendraient enfin réparation ? Pas tout à fait.
Aujourd'hui, le pouvoir d'admettre un pays à l'ONU appartient au Conseil de sécurité de l'organisation. Les Palestiniens hésitent à solliciter cette instance pour une bonne raison : les Etats-Unis sont opposés à leur initiative. Barack Obama a prévenu : Washington usera de son droit de veto. Aller au Conseil, c'est provoquer les Etats-Unis. Les Palestiniens en ont-ils envie ?
A l'Assemblée, en revanche, il n'y a pas de veto. Il suffira d'une majorité simple des 193 pays représentés pour adopter le projet de résolution palestinien. Le vote pourrait avoir lieu autour du 23 septembre. Il est déjà acquis. Plus de 120 Etats sont prêts à se prononcer pour le texte de Mahmoud Abbas, patron du Fatah et chef de l'Autorité palestinienne.
Dans le camp des "pour" : la Russie, la Chine, toutes les nouvelles puissances émergentes - de l'Inde à l'Afrique du Sud, en passant par le Brésil -, le monde arabe, la majorité des pays africains et asiatiques. Dans le camp des "contre" : Israël, défendu par les Etats-Unis et quelques dizaines de fidèles. L'Europe étant l'Europe, elle est divisée. Derrière la France et la Grande-Bretagne, la plupart des pays de l'Union européenne sont tentés par le "oui". Emmenés par l'Allemagne, qui ne veut pas chagriner Israël, les Pays-Bas, la Pologne et la République tchèque penchent pour le "non".
M. Abbas joue prudent. Il concocte un texte modéré, dit-on de bonnes sources, un projet de résolution qui reprend les grandes lignes des plans américains pour régler le conflit israélo-palestinien. Il s'agit de créer un Etat dans les frontières de 1967 "aménagées", pour tenir compte des blocs d'implantations israéliennes en Cisjordanie. Il aurait Jérusalem- Est pour capitale. Le "droit au retour" des réfugiés palestiniens serait limité, les intérêts de sécurité d'Israël respectés - bref, tout ce qui est dans les cartons des diplomates depuis plus de trente ans, mouliné jusque dans les plus petits détails.
En contrepartie, le chef du Fatah n'obtiendra pas un Etat en bonne et due forme - cette consécration-là, le Conseil de sécurité peut seul la lui donner. L'Assemblée lui accordera une amélioration du statut dont le mouvement national palestinien dispose aujourd'hui à l'ONU. La Palestine y figurera dorénavant en tant qu'"Etat non-membre", comme le Vatican, par exemple. C'est l'ultime étape du purgatoire avant le paradis de la vraie indépendance.
Ce n'est pas rien. C'est plus qu'un symbole. Le statut d'Etat non-membre donne accès à toutes les organisations du système de l'ONU. La Palestine pourra aller devant la Cour internationale de justice pour y faire condamner les colonies. La résolution rehaussera les moyens d'action juridiques et diplomatiques des Palestiniens ; elle soulignera l'isolement politique croissant des Israéliens.
Mais, sur le terrain, rien ne changera. La Cisjordanie sera toujours sous le contrôle d'Israël, la partie orientale de Jérusalem aussi, et l'autre grand territoire palestinien, la bande de Gaza, toujours sous blocus. L'accès de la Palestine au statut d'Etat jettera un coup de projecteur impitoyable sur les sempiternelles divisions du leadership palestinien. Quel chef pour cet Etat ? Patron du Fatah, M. Abbas ne gouverne que la Cisjordanie ; Gaza est aux mains des islamistes du Hamas.
Farouchement opposé à cette initiative, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou craint une flambée de violences contre les colonies. Il dénonce une démarche unilatérale et réclame un retour aux pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens. A quoi bon ?, répliquent ces derniers - avec raison. Depuis les accords dits d'Oslo, rien n'est sorti de dix-huit ans de pourparlers directs entre les deux parties. Echec total qui a conduit Mahmoud Abbas, en dernier espoir, à lancer son opération ONU.
Il ne manque pas d'Israéliens haut placés pour penser que leur gouvernement devrait saisir l'occasion et voter la résolution palestinienne. Elu travailliste, ex-ministre de la défense, Benyamin Ben Eliezer explique au New York Times : "Si j'étais Bibi Nétanyahou, je reconnaîtrais l'Etat palestinien, nous en négocierions alors les frontières et la sécurité. Sinon, ce sera encore l'immobilisme. Nous serons laissés avec un seul allié, les Etats-Unis, et même cette relation est en train de se dégrader."
Patriote exigeant et réfléchi, l'historien Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël à Paris, juge - dans Marianne - que l'initiative palestinienne redonne une chance à la négociation : "Une chose est de négocier avec une entité improbable, une autre avec un Etat indépendant (enfin, presque), reconnu comme tel par la communauté internationale." Négociant au nom d'un Etat, les Palestiniens auront plus de poids face à leurs interlocuteurs israéliens, mais aussi plus de marge pour leur faire des concessions.
L'environnement stratégique d'Israël est plus mouvant que jamais, ses relations avec deux pays-clés, l'Egypte et la Turquie, remises en question. Un "oui" israélien à New York briserait cette spirale de l'échec et de l'isolement. Il suppose un geste à la Itzhak Rabin, reconnaissant la légitimité du mouvement national palestinien en septembre 1993. Il suppose du courage politique.
Alain Frachon

jeudi 7 juillet 2011

Construire la paix au proche orient...


Après le "printemps arabe", celui de la paix doit venir
Plusieurs événements risquent très prochainement de créer la surprise au Proche-Orient, alors pourquoi ne pas relancer sérieusement les espoirs de paix entre Palestiniens et Israéliens ?
Le premier changement notable qui pourrait intervenir est un échange de prisonniers : la libération d'un millier ou plus de palestiniens détenus en Israël, dont le célèbre et symbolique chef du Fatah Marwan Barghouti, en échange du soldat israélien Gilad Shalit. Les intermédiaires français, allemands, turques et surtout égyptiens y consacrent des efforts importants. En témoigne la présence de plusieurs responsables israéliens et du Hamas au Caire ces derniers jours, à commencer par le général Amos Gilad, conseiller du ministre de la défense, et le chef de la branche armée du Hamas. Un entretien a également eu lieu entre Ehud Barak, ministre israélien de la défense, et le maréchal Tantawy.
La question des prisonniers, au combien importante pour les Israéliens et les Palestiniens, donnerait un nouveau souffle, une chance réelle de reprise des négociations.
Cela signifierait que pour la première fois, Hamas, Fatah, et un gouvernement israélien dirigé par le Likoud réussiraient à surmonter leurs divergences pour arriver à un accord concernant les prisonniers palestiniens et la libération de Gilad shalit. Il s'agirait d'un geste fort: non seulement un signe de bonne volonté, mais aussi et surtout un geste politique permettant au gouvernement israélien et à la communauté internationale de reconnaître un gouvernement Hamas-Fatah unifié.
En effet, la constitution récente de l'unité nationale chez les Palestiniens permet une relance du processus démocratique. Les élections prévues pour la fin de l'année, la reprise probable des négociations, s'inscrivent dans la droite lignée du vent de liberté que fait souffler le printemps arabe dans la région.
Aussi, la conférence des donateurs initiée par la France, prévue pour le mois de juillet, a pour objectifs de développer les réalisations économiques et de renforcer les institutions palestiniennes en germe. Par là, la France affirme une ferme volonté de donner à la prochaine création de l'Etat palestinien une dimension hautement politique.
Il est important de se fonder sur les paramètres énoncés le 19 mai par le président Barack Obama. Ouvrir des pourparlers concernant les territoires sur la base des frontières de 1967, consacrer les garanties de sécurité aux deux Etats, envisager d'ici un an les négociations sur les réfugiés et Jérusalem, constitueraient les jalons essentiels d'une future réconciliation.
Au regard de tous ces éléments, il est donc possible qu'Israéliens et Palestiniens parviennent à conclure un accord qui verrait la création d'un Etat palestinien cette année. Au lieu de la reconnaissance symbolique par l'Assemblée générale des Nations unies, une déclaration internationale instaurant l'Etat de Palestine aux cotés de l'Etat d'Israël est nécessaire et plus que souhaitable.
Les paramètres de la réconciliation et d'une paix durable pourraient être les suivants :
Jérusalem-Est sera la capitale de la Palestine et Jérusalem-Ouest celle d'Israël. Les 1,5 km2 de lieux saints seront administrés par un comité regroupant Israël, la Palestine, la Jordanie, le Maroc, l'Arabie Saoudite et le Quartet par exemple.
Sur la question des réfugiés, Israël et les pays arabes reconnaîtront leurs responsabilités dans la tragédie qu'ils ont subis. Un fond d'indemnisation doté de soixante milliards de dollars alimenté par Israël, les pays producteurs de pétrole et les pays de l'OCDE permettra de dédommager et/ou aider tous ceux qui désireront s'installer en Palestine. Les réfugiés préférant rester dans les pays d'accueil (Liban, Syrie, Irak ou ailleurs) pourront devenir citoyens à part entière de ces Etats, lesquels leur accorderont la nationalité ainsi demandée. Israël devra également accepter certains réfugiés au nom du regroupement familial, comme discuté entre le président Mahmoud Abbas et le Premier Ministre Ehud Olmert.
Les habitants des colonies juives qui le désirent seront intégrés dans l'Etat de Palestine et deviendront citoyens palestiniens à part entière.
Sur la question de la sécurité, les Etats du Proche-Orient signataires de la paix pourraient créer une force régionale en partenariat avec l'OTAN. Des soldats d'une force multinationale (comme ceux basés dans le Sinaï) seraient déployés aux frontières jordano-palestinienne et égypto-palestinienne.
Une normalisation des relations entre les Etats de cette région entraînera l'établissement de liens diplomatiques entre la Palestine, Israël et leurs voisins arabes et musulmans. Les pays ouvriront une nouvelle ère de coopération, d'échanges et de développement dans tous les domaines (culturel, économique, scientifique…).
Entre Israël et la Syrie, la question du plateau du Golan pourra se régler par une démilitarisation de ce dernier qui serait restitué à Damas, et l'offre d'un bail pour les terres louées à des Israéliens.
Finalement, l'objectif majeur est qu'à moyen terme, Israéliens, Palestiniens et toutes les autres populations arabes voisines se dessinent un futur commun. Des commissions de réflexion devraient être mises en place pour examiner les possibilités et les moyens de bâtir à terme une Confédération israélo-jordano-palestinienne d'abord, élargie à d'autres pays arabes ensuite. Ou en échange explorer une possible adhésion d'Israël et de La Palestine a union Européenne.
Pour ce faire, les sociétés civiles doivent aujourd'hui plus que jamais faire pression sur leurs dirigeants pour les pousser à mettre fin à un conflit qui n'a que trop durer. Parce qu'aujourd'hui plus que jamais, les peuples de la région aspirent à la liberté, la dignité, l'éducation, la démocratie, la justice, le développement économique, la sécurité; et finalement, l'arrivée d'un autre printemps dans la région : le printemps de la paix.
Ofer Bronchtein, cofondateur et président du Forum international pour la paix


mercredi 15 juin 2011

Demain la paix...avec un état plestinien


Oui, l'unité palestinienne va bien dans le sens de la paix
Un nouveau gouvernement palestinien doit être bientôt formé suite à l'accord signé entre les principales factions palestiniennes, le Fatah et le Hamas. Le nouveau gouvernement de transition composé de personnalités indépendantes aura pour tâche d'ouvrir la voie vers la tenue d'élections parlementaires et présidentielle en mai 2012.
La réconciliation palestinienne compte parmi les bouleversements fondamentaux survenus au Moyen-Orient. Négociée par l'Egypte après sa propre révolution et reflétant un fort désir public de surmonter quatre années de division interne, la réconciliation palestinienne est un fruit du "printemps arabe".
En tant qu'anciens dirigeants internationaux et négociateurs de paix, nous avons appris qu'obtenir une paix durable exige une approche inclusive. Nous considérons qu'il est d'une importance capitale que la communauté internationale soutienne l'unité palestinienne et évite toute étape qui pourrait compromettre le fragile processus de réconciliation. En particulier, nous exhortons les Etats-Unis et l'Union européenne à s'engager avec le gouvernement de transition, ainsi qu'avec le pouvoir palestinien qui résultera des élections de 2012. Cela est primordial pour les raisons suivantes :
Premièrement, surmonter la scission entre la Cisjordanie et la bande de Gaza est une condition préalable à la création d'un Etat palestinien viable et unifié. Deuxièmement, un accord durable avec Israël ne pourra être obtenu que si le pouvoir palestinien est en mesure de négocier au nom de tous les Palestiniens et avec l'accord des principales forces politiques. La réconciliation est donc un préalable pour parvenir à la solution des deux Etats. Demander au Fatah de choisir entre faire la paix avec le Hamas et faire la paix avec Israël présente un faux choix : une paix durable avec Israël n'est possible qu'avec l'implication du Hamas.
La réconciliation palestinienne constitue une opportunité de renforcer la sécurité d'Israël. L'accord d'unité pourrait aider à consolider un cessez-le-feu, en prévenant de nouvelles attaques depuis la bande de Gaza contre les civils israéliens. Un échange de prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit , capturé par le Hamas, pourrait être une autre conséquence positive de cet accord.
L'opportunité que représente l'accord d'unité doit être saisie sans répéter les erreurs du passé. En 2006, après la victoire du Hamas aux élections, les Etats-Unis et l'UE ont opté pour un boycottage politique et financier. Avec du recul, ces politiques ont constitué un revers majeur pour le processus de paix, en exacerbant les divisions entre les Palestiniens et en consolidant le blocus de la bande de Gaza.
Le nouvel accord d'unité et les événements survenus dans la région offrent une chance aux Etats-Unis et à l'UE de changer de cap. Les principes du quartet, dont la reconnaissance d'Israël, devraient être considérés comme des objectifs plutôt que comme des prérequis à un engagement avec les dirigeants et factions palestiniens. L'adhésion à un cessez-le-feu et à la non-violence est un seuil réaliste sur la base duquel entamer des négociations.
En soutenant l'unité palestinienne à ce moment crucial, les Etats-Unis et l'UE ont l'opportunité de montrer leur engagement en faveur de la solution des deux Etats ainsi qu'envers les aspirations démocratiques exprimées à travers le Moyen-Orient. L'alternative est difficile à envisager. Si la réconciliation palestinienne est mise en péril, cela précipitera le conflit israélo-palestinien dans une impasse encore plus profonde, avec des conséquences dramatiques pour toutes les parties et pour la communauté internationale au sens large.
Collectif
Massimo d'Alema, ex-premier ministre italien ;Hanan Ashrawi, ex-porte-parole de la délégation palestinienne pour le processus de paix au Moyen-Orient ;Shlomo Ben Ami, ex-ministre israélien des affaires étrangères ;Hervé de Charette, ex-ministre des affaires étrangères ;Louis Michel, ex-commissaire européen belge au développement et à l'aide humanitaire ;Yezid Sayigh, ex-négociateur de la délégation palestinienne pour le processus de paix au Moyen-Orient ;Alvaro de Soto, ex-coordinateur spécial de l'ONU ;Hubert Védrine, ex-ministre des affaires étrangères.

vendredi 28 janvier 2011

Manifeste de la Jeunesse de Gasa

Le manifeste de la jeunesse de Gaza
Collectif de jeunes artistes et militants associatifs de la bande de Gaza
"On en marre d’être présentés comme des terroristes en puissance, des fanatiques aux poches bourrées d’explosifs et aux yeux chargés de haine ; marre de l’indifférence du reste du monde"
Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU et à l’Unrwa [1]. Merde à l’Amérique ! Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d’Israël, du Hamas, de l’occupation, des violations permanentes des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale.
Nous voulons crier, percer le mur du silence, de l’injustice et de l’apathie de même que les F16 israéliens pètent le mur du son au-dessus de nos têtes, hurler de toute la force de nos âmes pour exprimer toute la rage que cette situation pourrie nous inspire. Nous sommes comme des poux coincés entre deux ongles, nous vivons un cauchemar au sein d’un autre cauchemar. Il n’y a pas d’espace laissé à l’espoir, ni de place pour la liberté. Nous n’en pouvons plus d’être piégés dans cette confrontation politique permanente, et des nuits plus noires que la suie sous la menace des avions de chasse qui tournent au-dessus de nos maisons, et des paysans innocents qui se font tirer dessus simplement parce qu’ils vont s’occuper de leurs champs dans la zone « de sécurité », et des barbus qui se pavanent avec leurs flingues et passent à tabac ou emprisonnent les jeunes qui ont leurs idées à eux, et du mur de la honte qui nous coupe du reste de note pays et nous enferme dans une bande de terre étriquée.
On en marre d’être présentés comme des terroristes en puissance, des fanatiques aux poches bourrées d’explosifs et aux yeux chargés de haine ; marre de l’indifférence du reste du monde, des soi-disant experts qui sont toujours là pour faire des déclarations et pondre des projets de résolution mais se débinent dès qu’il s’agit d’appliquer ce qu’ils ont décidé ; marre d e cette vie de merde où nous sommes emprisonnés par Israël, brutalisés par le Hamas et complètement ignorés par la communauté internationale.
Il y a une révolution qui bouillonne en nous, une énorme indignation qui finira par nous démolir si nous ne trouvons pas le moyen de canaliser cette immense énergie pour remettre en cause le statu quo et nous donner un peu d’espoir. Le dernier coup qui a encore aggravé notre frustration et notre désespoir s’est produit le 30 novembre, quand des miliciens du Hamas ont débarqué au siège du Sharek Youth Forum (www.sharek.ps, une organisation de jeunesse très active à Gaza) avec leurs fusils, leurs mensonges et leur agressivité. Ils ont jeté tout le monde dehors, arrêté et emprisonné plusieurs personnes, empêché Sharek de poursuivre ses activités ; quelques jours plus tard, des manifestants regroupés devant le siège de Sharek ont été agressés, battus et pour certains emprisonnés.
C’est vraiment un cauchemar au sein d’un autre cauchemar que nous vivons. Il n’est pas facile de trouver les mots pour décrire la pression qui s’exerce sur nous. Nous avons difficilement survécu à l’opération « Plomb durci » de 2008-2009, quand Israël nous a systématiquement bombardé la gueule, a détruit des milliers de logements et encore plus de vies et de rêves. Ils ne se sont pas débarrassés du Hamas comme ils en avaient l’intention mais ils nous ont fichu la trouille pour toujours, et le syndrome du « stress post-traumatique » s’est installé à jamais en chacun de nous, parce qu’il n’y avait nulle p art où fuir les bombes.
Nous sommes une jeunesse au cœur lourd. Nous portons en nous un poids tellement accablant qu’il nous empêche d’admirer le coucher de soleil : comment pourrait-on, alors que des nuages menaçants bouchent l’horizon et que des souvenirs effrayants passent dans nos yeux à chaque fois que nous les fermons ? Nous sourions pour cacher la douleur, nous rions pour oublier la guerre, nous gardons l’espoir pour ne pas nous suicider tout de suite.
Au cours des dernières années, Hamas a tout fait pour prendre le contrôle de nos pensées, de notre comportement et de nos attentes. Nous sommes une génération de jeunes qui se sont déjà habitués à évoluer sous la menace des missiles, à poursuivre la mission apparemment impossible qui consiste à mener une existence normale et saine, et nous sommes à peine tolérés par une organisation tentaculaire qui s’est étendue à travers notre société, tel un cancer malveillant déterminé à détruire dans sa propagation jusqu’à la dernière cellule vivante, la dernière opinion divergente, le dernier rêve possible, à paralyser chacun de nous en faisant régner la terreur. Et tout ça arrive dans la prison qu’est devenu Gaza, une prison imposée par un pays qui se prétend démocratique.
A nouveau l’histoire se répète dans toute sa cruauté et tout le monde a l’air de s’en moquer. Nous vivons dans la peur. Ici, à Gaza, nous avons peur d’être incarcérés, interrogés, battus, torturés, bombardés, tués. Nous avons peur de vivre parce que chaque pas que nous faisons doit être sérieusement considéré et préparé, parce qu’il y a des obstacles et des interdits partout, parce qu’on nous empêche d’aller où nous voulons, de parler et d’agir comme nous le voulons et même parfois de penser ce que nous voulons, parce que l’occupation colonise nos cerveaux et nos cœurs, et c’est tellement affreux que c’est une souffrance physique, que nous voulons verser des larmes de révolte et de colère intarissables.
Nous ne voulons pas avoir de haine, ressentir toute cette rage, et nous ne voulons pas être encore une fois des victimes. Assez ! Nous en avons assez de la douleur, des larmes, de la souffrance, des contrôles, des limites, des justifications injustifiées, de la terreur, de la torture, des fausses excuses, des bombes, des nuits sans sommeil, des civils tués aveuglément, des souvenirs amers, d’un avenir bouché, d’un présent désespérant, des politiques insensées, des politiciens fanatiques, du baratin religieux, de l’emprisonnement.
Nous disons : ASSEZ ! Ce n’est pas le futur que nous voulons !
Nous avons trois exigences : nous voulons être libres, nous voulons être en mesure de vivre normalement et nous voulons la paix. Est-ce que c’est trop demander ? Nous sommes un mouvement pacifiste formé par des jeunes de Gaza et des sympathisants de partout ailleurs, un mouvement qui continuera tant que la vérité sur ce qui se passe chez nous ne sera pas connue du monde entier, et à tel point que la complicité tacite et la tonitruante indifférence ne seront plus acceptables.
Ceci est le manifeste pour le changement de la jeunesse de Gaza !
Nous allons commencer par rompre l’ ;occupation qui nous étouffe, par nous libérer de l’enfermement mental, par retrouver la dignité et le respect de soi. Nous garderons la tête haute même si nous rencontrons le refus. Nous allons travailler nuit et jour pour changer la situation lamentable dans laquelle nous nous débattons. Là où nous nous heurtons à des murs, nous construirons des rêves.
Nous espérons que vous qui lisez maintenant ces lignes, oui, vous, vous nous apporterez votre soutien. Pour savoir sous quelle forme c’est possible, écrivez sur notre mur ou contactez-nous directement à freegazayouth@hotmail.com
Nous voulons être libres, nous voulons vivre, nous voulons la paix.
[1] Agence de l’ONU crée en 1948 pour prendre en charge les réfugiés palestiniens.
http://www.liberation.fr/monde/0101...
Traduit de l’anglais par Bernard Cohen.
Jacques Liottard
26400 Crest