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samedi 25 mai 2013

Tranhumance de résistance des éleveurs des Hautes Alpes...

Collectif pour la liberté de l'élevage « Eleveurs solidaires PACA »
Contre les obligations inutiles, une transhumance de résistance !
Des éleveurs ovins et caprins refusent l’obligation d’identification électronique  et la certification des mâles reproducteurs
- Ce vendredi 24 mai 2013, une transhumance s’élancera de Forcalquier pour traverser les Alpes-de-Haute-Provence jusqu’à la préfecture de Digne-les-Bains. « C’est une transhumance de la résistance contre les obligations technocratiques, qui n'ont aucun rapport avec la santé des consommateurs ni avec celle de nos animaux », explique Mathias Guibert, jeune éleveur ayant repris la ferme familiale à Reillanne, qui marchera cette semaine avant de monter plusieurs mois en estive.

Plus de 300 moutons et de nombreux éleveurs et citoyens iront à la rencontre de la population et des pouvoirs publics pour dénoncer deux mesures qui fragiliseront un grand nombre de fermes : l'identification électronique par puces RFID des ovins et caprins depuis 2010, et l'obligation pour 2015 d'acheter des mâles reproducteurs « certifiés ».
« Depuis ces dernières années, les contraintes administratives nous poussent sans cesse vers un élevage industriel », rappelle Albert Widmer, berger installé à Limans. « Nous refusons de nous laisser déposséder de notre métier ». Ces dernières années, le Collectif pour la liberté de l’élevage s’est déjà opposé - avec succès - contre l'obligation de vaccination contre la Fièvre Catarrhale Ovine, autre mesure « inutile » pour la majorité des petits éleveurs.
« L'obligation d’identification électronique n’apporte rien de plus par rapport au système actuel de traçabilité, si ce n’est alourdir notre travail d’une contrainte informatique coûteuse… et assurer un marché aux nanotechnologies » dénonce Mathias Guibert qui, comme les autres membres et soutiens du Collectif, s’interroge sur l'avenir d'une société qui ne voit de salut que dans toujours plus de technologie.
Pourtant, « c’est nous, paysans, qui au fil du temps et grâce aux échanges de mâles entre les fermes, avons su garantir diversité génétique, rusticité, et résistance aux maladies, renchérit Pauline Ladet, éleveuse de chèvre à St-Martin les-Eaux qui dénonce l'obligation de se fournir en reproducteurs issus de centres de sélection. « Nous pensons que les animaux sont autre chose qu'un objet industriel, les éleveurs doivent rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux ».
Le Ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, avait durant son mandat de député européen pris des engagements en faveur de l’élevage durable et paysan. « Nous nous interrogeons aujourd’hui sur ce qui semble un revirement d’opinion, souligne Albert Widmer. Nous attendons de sa part qu’il tranche en faveur des éleveurs plutôt que du modèle industriel, en supprimant ces obligations inutiles ».
Contacts :
Mathias Guibert : 06 32 73 52 27
Albert Widmer : 06 06 47 72 40
Pauline Ladet : 06 85 23 56 32
Mail: resistranshumance04@laposte.net
Pour plus d’informations sur la transhumance :
http://resistranshumance04.over-blog.com

samedi 11 mai 2013

Les Ecologistes en lutte contre les Projets inutiles et chers...

Les opposants à l'aéroport, qui manifestaient ce samedi, affirment avoir réussi leur chaîne humaine géante...

 40.000 personnes opposées à l'aéroport à Notre Dames des Landes  (Loire-Atlantique), venues de toute la France, ont formé samedi une chaîne humaine géante de 25 km, qui a encerclé toute la zone du projet. «Nous avons bouclé la chaîne, plus de 25.000 personnes (le chiffre nécessaire pour le périmètre de 25 km selon les organisateurs, ndlr) sont sur place et ça continue à arriver», ont annoncé les organisateurs peu après 14h30.
Une demi-heure plus tard, ils ont estimé que 40.000 personnes avaient répondu à leur appel «comme le 17 novembre», lors d'une première grande manifestation contre ce projet, alors que des opérations d'expulsion des opposants par les gendarmes avaient débuté un mois plus tôt.

Les principaux dirigeants d'EELV étaient là

Un photographe et une vidéaste de l'AFP, qui ont survolé la zone en hélicoptère, ont constaté de visu que la chaîne, bien qu'incomplète sur certains brefs tronçons, comptait deux à trois rangs à d'autres endroits. «C'est une victoire de la mobilisation citoyenne», a souligné sur place Jean-Philippe Magnen, porte-parole d'Europe-Écologie-Les Verts (EELV), venu participer à la chaîne avec les principaux dirigeants d'EELV comme le secrétaire national, Pascal Durand, ou l'ancienne candidate à la présidentielle, Eva Joly..
Des opposants se réclamant pour la plupart des plus de 200 comités anti Notre-Dame-des-Landes de toute la France, de Savoie, de Lille , de Béziers mais aussi de nombreux venus de Bretagne, avaient fait le déplacement en famille, en voiture ou en autocar. MCD
Marie-Monique Robin

Le 2 janvier 2013, j’ai découvert dans le Journal Officiel que Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, m’avait nominée pour être promue chevalier de la Légion d’honneur.
Cette distinction honore tous ceux et celles dont j’ai illustré les causes dans mes documentaires et livres depuis près de trente ans.
C’est pourquoi je vous invite à célébrer cet événement, le 8 juin 2013, à Notre-Dame-des-Landes. La médaille me sera remise par Dominique Méda, sociologue et philosophe, chevalier de la Légion d’honneur, à 11 h 30 heures.
Suivra une grande fête avec déjeuner sur l’herbe, musique et projection de mon documentaire "Les moissons du futur". Venez nombreux et nombreuses.

Dominique Méda



 Je suis très heureuse de participer à cet événement. Comme Marie-Monique, je voudrais que nous soyons exemplaires dans nos paroles et dans nos actes pour montrer combien la tempérance, la mesure, la capacité à s'autolimiter et donc finalement la raison sont de notre côté. A très vite !

Les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes réunis autour de l'Acipa et de la Coordination, ont accepté avec le plus grand plaisir le soutien que Mmes Robin et Méda leur apportent en venant réaliser sur le terrain de leur lutte la remise de légion d'honneur à Mme Robin.
Soyons nombreux à faire de cette remise un événement aussi mémorable qu'inhabituel, une fête riche en amitié, en musique, en échanges autour des documentaires de Marie-Monique.


Ce samedi 11 mai, Europe Ecologie – les Verts se mobilisent contre le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes en participant à la grande chaîne humaine sur le territoire concerné.
Plus que jamais EELV est aux côtés des paysans, habitants de la zone, comités de soutien, et élu-e-s pour amplifier la résistance contre ce projet de nouvel aéroport. Ce combat partagé doit aboutir à l’abandon de ce projet, de plus en plus justifié après la remise des différents rapports d’expertise il y a un peu plus d’un mois.
Le Secrétaire national, Pascal Durand, les porte-parole Elise Lowy et Jean-Philippe Magnen, ainsi que des parlementaires seront présents sur place samedi. Ils participeront à la chaîne humaine où ils retrouveront de nombreux militants écologistes pour porter cette autre vision du développement et de l’aménagement du territoire. EELV-DIOIS

dimanche 2 décembre 2012

Birmanie : la repression toujours et encore....



Birmanie: Aung San Suu Kyi réclame des excuses après une manifestation réprimée
(Photo : Aung San Suu Kyi, en médiatrice du conflit autour d'une mine de cuivre exploitée par un groupe chinois, le 29 novembre 2012 à Monywa, en Birmanie, Ye Aung Thu)
La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a réclamé vendredi des excuses aux autorités, après la répression violente d'une manifestation d'opposants à une mine de cuivre chinoise, un dossier dans lequel elle a entamé des efforts de médiation.
Les images de moines bouddhistes brûlés grièvement et gisant sur leur lit d'hôpital ont rappelé aux Birmans les violences commises par la junte dissoute il y a un an et demi, et soulevé des questions sur la capacité du nouveau régime à répondre aux attentes croissantes de la population.
"Nous savons que les chefs de la police sont responsables de ce qui s'est passé, mais nous devons savoir pourquoi ils l'ont fait. Personne n'est satisfait de ça", a déclaré Suu Kyi à la presse à Monywa, ville proche de la mine.
"Je pense que les moines bouddhistes méritent des excuses".
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la police avait mis fin par la force au rassemblement sur le site de quelque 300 moines, villageois et étudiants qui exigeaient l'abandon du projet, dénonçant notamment l'insuffisance des compensations financières pour les saisies de terres.
Selon Myo Thant, un cadre de l'organisation pro-démocratie Génération 88, environ 100 personnes ont été blessées. Une trentaine a été hospitalisée et "huit sont dans un état critique", a-t-il ajouté.
Les forces de l'ordre ont utilisé des canons à eau et gaz de nature indéterminée. Mais le gouvernement a rejeté les accusations de médias locaux et de militants assurant que la police avait utilisé des armes chimiques.
Quelque 200 moines, dont beaucoup blessés la veille, ont organisé un sit-in vendredi à Mandalay (centre) pour dénoncer la répression. Une cinquantaine ont aussi défilé à Rangoun, a constaté l'AFP.
"Nous demandons au gouvernement de s'excuser auprès des moines blessés d'ici cinq jours", a déclaré à l'AFP Thawbita, un organisateur, promettant des manifestations similaires dans tout le pays dans le cas contraire.
Villageois, étudiants et moines veulent l'abandon de ce projet situé à Monywa, dans la Division de Sagaing (nord). Lors de premiers rassemblements en septembre, ils avaient affirmé que 3.200 hectares leurs avaient été confisqués sans consultation et sans compensation. La mine de cuivre, située près de Monywa dans la Division de Sagaing (nord), est gérée par une société mixte formée par le groupe chinois Wanbao et la société appartenant à l'armée Myanmar Economic Holdings visée ces derniers mois par des accusations de corruption de la presse locale.
Suu Kyi a entamé ses efforts de médiation jeudi, lors d'une visite prévue avant l'intervention de la police pendant laquelle elle a rencontré tous les protagonistes.
"Je veux que le problème (...) soit résolu de façon pacifique (...) Je crois que je réussirai si les gens m'accompagnent pour trouver une solution".
L'opposante a pu constater combien sa popularité restait forte, en traversant en voiture des foules compactes saluant son convoi. "Elle nous a dit de demander ce qui était possible (...), plutôt que de réclamer l'impossible", a indiqué Khin Mar Thin, une villageoise de 35 ans.
Suu Kyi n'a en tout cas pas exigé l'arrêt pur et simple du projet. "Nous pouvons évaluer la situation seulement si le projet n'est pas arrêté", a-t-elle estimé vendredi, en référence à une commission d'enquête du parlement.
Une position qui pourrait en partie satisfaire Pékin, qui a plaidé pour la poursuite des opérations. "Les questions de relogement, de compensation, de protection de l'environnement et de partage des profits concernant le projet ont été réglées par les négociations" en amont du projet, a assuré l'ambassade de Chine à Rangoun.
Pékin a profité des décennies de dictature pour étendre son influence sur la Birmanie, en particulier sur son appareil économique. Mais le changement de régime modifie la carte géopolitique et l'opposition de la population à certains des grands projets chinois se fait de plus en plus vive.
Suu Kyi a fait preuve de la plus grande prudence sur ce dossier. La Birmanie doit être "amie" avec son voisin, a-t-elle estimé, tout en relevant n'avoir "jamais considéré la Chine comme notre bienfaiteur".
MCD-APL

lundi 19 mars 2012

Il y 50 ans : Les accords d' Evian signifient la fin de la guerre d' Algérie...


La colonisation de l’Algérie par la France débuta en juin 1830 lorsque la soldatesque française débarqua à Sidi-Ferruch dans la région d’Alger. Après la capitulation du Dey d’Alger le 5 juillet 1830, face à la résistance du peuple algérien, la « pacification » du pays fut obtenue au prix de la systématisation des « razzias » par le général Lamoricière et de la mise en place d’une politique de la « terre brûlée » par le maréchal Bugeaud. La première phase de la conquête, appelée « pacification », se termina en 1857 après le « nettoyage de la Kabylie ». Durant la période allant de 1830 à 1871, la France se lança dans une politique génocidaire émaillée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité plus horribles les uns que les autres. (Photo : arrivé des délégations à Evian le 17 mars 1962)
Dans la nuit du 6 au 7 avril 1832, la tribu des Ouffia fut exterminée près d’El-Harrach (Maison-Carrée) par le gouvernement du duc de Rovigo. A ce moment, Pellissier de Reynaud affirmait : « Tout ce qui vivait fut voué à la mort ; tout ce qui pouvait être pris fut enlevé, on ne fit aucune distinction d'âge ni de sexe. Cependant l'humanité d'un petit nombre d'officiers sauva quelques femmes et quelques enfants. En revenant de cette funeste expédition, plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances et une d'elles servie, dit-on, à un horrible festin. » (1)
- Par la suite, l’assassinat de tribus entières se renouvela à plusieurs reprises. En 1844, le général Cavaignac procéda à l’enfumage de la tribu des Sbéahs pour obtenir leur reddition. Décrivant cette « opération », le général Canrobert écrivait : « On pétarada l'entrée de la grotte et on y accumula des fagots de broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain quelques Sbéahs se présentèrent à l'entrée de la grotte, demandant l'aman à nos postes avancés. Leurs compagnons, les femmes et les enfants étaient morts. » (2)
- En 1845, dans le Dahra, devant les difficultés à réprimer une insurrection menée par un jeune chef maraboutique surnommé Boumaza, le colonel Pélissier décida d’enfumer les Ouled Riah. Ceux-ci s'étaient retranchés par centaines dans des grottes de montagnes. De grands feux furent allumés et entretenus devant les issues des grottes. Loin d’être un acte isolé, l’« enfumade » des Ouled Riah fut encouragée par le gouverneur général d’Algérie, le maréchal Bugeaud, qui ordonna au colonel Pélissier d’employer cette méthode le 11 juin 1845 : « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbeha. Fumez-les à outrance comme des renards/ » (3)
- Quelques semaines après l’« enfumade » des Ouled Riah, le colonel de Saint-Arnaud fit procéder à l’emmurement d’autres membres de la tribu des Sbéahs : « Alors je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n'est descendu dans les cavernes ; personne... que moi ne sait qu'il y a là-dessous cinq cents brigands qui n'égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal simplement, sans poésie terrible ni images. » (4)
- Au-delà de ces multiples crimes contre l’humanité, les correspondances et les mémoires des acteurs de la conquête abondent en témoignages qui attestent des velléités génocidaires des conquérants et du caractère systématique de l’entreprise exterminatrice. La chasse à l’homme fut le titre de l’ouvrage du Comte d’Hérisson (5).  Dans ses Lettres, le lieutenant-colonel de Montagnac évoquait clairement son projet exterminateur : « Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que, s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils reçoivent une volée de coups de plat de sabre. » (6). Face à la résistance algérienne, l’anéantissement et la déportation étaient les solutions proposées par Montagnac : « Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs ; en un mot en finir, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens… » (7).
- Gouverneur général de l’Algérie et à la tête du corps expéditionnaire, Bugeaud justifia toutes les exactions commises par les troupes françaises. En 1842, il affirmait : « Il n’y a pas d’autres moyens d’atteindre et de soumettre ce peuple extraordinaire. » (8). Parlant de la guerre exterminatrice menée en Algérie par l’armée française, le colonel de Saint-Arnaud affirmait : « Voila la guerre d’Afrique ; on se fanatise à son tour et cela dégénère en une guerre d’extermination. » (9). Ces citations des principaux acteurs de la conquête de l’Algérie illustrent les projets génocidaires des autorités coloniales françaises.
- Les militaires français étaient loin d’être les seuls partisans de cette conquête génocidaire de l’Algérie. Médecin à Alger, le docteur Bodichon exprimait les mêmes velléités exterminatrices dans un article publié en 1841 : « Sans violer les lois de la morale, nous pourrons combattre nos ennemis africains par la poudre et le fer joints à la famine, les divisions intestines, la guerre par l’eau-de-vie, la corruption et la désorganisation […] sans verser le sang, nous pourrons, chaque année, les décimer en nous attaquant à leurs moyens d’alimentation. » (10).
- Des intellectuels renommés et respectés, appartenant à des courants de pensée différents voire opposés, s’enthousiasmaient pour la colonisation et allaient jusqu’à justifier « philosophiquement » crimes et massacres. Un penseur « libéral » comme Alexis de Tocqueville écrivait en 1841 : « J'ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n'approuve pas, trouver mauvais qu'on brûlât les moissons, qu'on vidât les silos et enfin qu'on s'emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre. » L’auteur de De la démocratie en Amérique ajoutait : « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l'époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu'on nomme razzias et qui ont pour objet de s'emparer des hommes ou des troupeaux. » (11).
- Défenseur du droit et des humbles, Victor Hugo n’en exprimait pas moins une ferveur coloniale débordante. Dans son journal, Choses vues, Hugo rapportait un débat qu’il avait eu avec le général Bugeaud en janvier 1841. Face au manque d’enthousiasme colonial de Bugeaud, Hugo expliquait : « Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c’est à nous d’illuminer le monde. Notre mission s’accomplit, je ne chante qu’Hosanna. Vous pensez autrement que moi c’est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d’action. Moi je parle en philosophe et en penseur. » (12).
- Un penseur révolutionnaire comme Friedrich Engels se montrait lui aussi favorable à la conquête de l’Algérie par les armées françaises même s’il en critiquait les « excès ». En janvier 1848, il écrivait à propos de la conquête génocidaire de l’Algérie : « C'est très heureux que ce chef arabe [Abd el-Kader] ait été capturé. La lutte des bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l'Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation […]. Et la conquête de l'Algérie a déjà obligé les beys de Tunis et Tripoli et même l'empereur du Maroc à prendre la route de la civilisation. […] Le bourgeois moderne avec sa civilisation, son industrie, son ordre, ses « lumières » relatives, est préférable au seigneur féodal ou au voleur maraudeur, et à la société barbare à laquelle ils appartiennent. » (13).
- Les positions de ces différents acteurs – militaires français, penseurs libéraux ou révolutionnaires – montrent l’enthousiasme quasi unanime que suscitaient les conquêtes coloniales au sein des opinions publiques européennes en général et de la population française en particulier. Les crimes les plus horribles étaient acceptés, voire soutenus et justifiés, car les colonisés n’étaient pas considérés comme des êtres humains à part entière mais comme une sous-humanité entièrement à part. Au mieux cette sous-humanité devait être « civilisée » pour avoir l’« honneur » d’être hissée, dans un futur improbable, au niveau de l’humanité occidentale. Pour les colonisés, l’inhumanité était érigée en règle par les Européens qui divisaient les Hommes en deux catégories : les occidentaux/humains et les autres/infrahumains.
- Au niveau démographique, la conquête génocidaire menée par les troupes françaises provoqua une importante baisse de la population algérienne. En quelques années, le peuple algérien fut véritablement décimé. Avant la conquête française de 1830, l’Algérie comptait entre 3 et 5 millions d’habitants sur son territoire. La population algérienne a connu un recul démographique quasiment constant durant la période de la conquête jusqu'à son étiage le plus bas en 1872. La période de la conquête de l’Algérie (1830-1871) fut marquée par trois grandes phases démographiques d'évolution de la population algérienne. De 1830 à 1856, la population algérienne tomba d’environ 5 à 3 millions d’habitants à environ 2,3 millions. Par la suite, elle remonta jusqu'à 2,7 millions en 1861 avant de connaître sa chute la plus brutale à 2,1 millions d’habitants en 1872. La population algérienne ne retrouva son niveau d’environ 3 millions d’individus qu’en 1890 (14).
- En se basant sur ces chiffres, nous pouvons établir que l’Algérie a perdu entre 30 et 58% de sa population au cours des quarante-deux premières années (1830-1872) de la colonisation française. Des pertes humaines d’une telle ampleur, volontairement provoquées par une autorité politique responsable, ne peuvent être qualifiées que par le terme de génocide (15).
- Durant la première phase de la conquête de 1830 à 1856, la décroissance démographique de la population algérienne s’explique par l’extrême violence des méthodes utilisées par l'armée française. Les massacres de masse, les « enfumades » et autres procédés génocidaires décimèrent la population algérienne. De plus, la politique de la « terre brûlée », décidée par Bugeaud, eut des effets dévastateurs sur les équilibres socio-économiques et alimentaires de l’Algérie. Elle provoqua des famines et favorisa le développement d’épidémies qui permirent d’accélérer le processus de conquête du pays et de mettre en œuvre une politique d’éradication du peuple algérien.
- Après une période de baisse d’intensité de la violence suite à la fin de la première phase de conquête en 1857, la période 1866-1872 a vu à nouveau la population algérienne fondre sous les coups de la politique coloniale française. De 1866 à 1872 – en raison du développement d'une épidémie de choléra en 1867, de typhus et de variole de 1869 à 1872 et de la famine en 1868, de la répression de l'armée française après la grande révolte de 1871 et d’un tremblement de terre – la population algérienne diminua de plus de 500.000 personnes. La famine de 1868 aurait été responsable de la mort de 300.000 à 500.000 Algériens alors que la répression de la révolte de 1871 aurait causé la mort d’environ 300.000 personnes. Etudiant cette période, Djilali Sarri estime qu’un million d’Algériens seraient morts durant les années 1866-1872. Il parle de véritable « désastre démographique » (16).
(Peinture :  L'attaque de Constantine par les troupes coloniales françaises le 13 novembre 1837)
- En 1880, le déclin démographique de la population algérienne était tel que, dans une étude intitulée La démographie figurée de l’Algérie (17), le docteur René Ricoux, chef des travaux de la statistique démographique et médicale au bureau de statistique du gouvernement général de l'Algérie, prévoyait la disparition des Algériens. Selon lui, les Berbères et les Arabes, « races inférieures » et surtout « races dégénérées », devaient tendre « à disparaître d’une façon régulière et rapide » (18).
- Etudiant l’évolution démographique de la population algérienne depuis l’invasion française de 1830, le docteur Ricoux expliquait : « A notre arrivée, en 1830, la population indigène était évaluée à trois millions d’habitants. Les deux derniers recensements officiels, à peu près réguliers, donnent en 1866 : 2.652.072 habitants, et en 1872 : 2.125.051 ; le déchet en 42 ans a été de 874.949 habitants, soit une moyenne de 20.000 décès par an. Durant la période 1866-72, avec le typhus, la famine, l’insurrection, la diminution a été bien plus effrayante encore : en six ans il y a eu disparition de 527.021 indigènes ; c’est une moyenne non de 20.000 décès annuel mais de 87.000 ! » (19). Au regard de ces chiffres, le docteur Ricoux affirmait qu’ « un déchet aussi considérable (nous pouvons ajouter qu’il se reproduit régulièrement chaque année) suffit à démontrer […] que les indigènes […] sont menacés d’une disparition inévitable, prochaine. » (20).
- Les prédictions apocalyptiques du docteur Ricoux ne se réalisèrent pas mais elles exprimaient clairement le « désastre démographique » frappant la population algérienne depuis le début de la conquête française en 1830. Même de farouches partisans de la domination française, comme le docteur Ricoux, reconnaissaient les conséquences dramatiques de la colonisation pour le peuple algérien qui était voué à disparaitre, à l’instar des Amérindiens ou des premiers habitants de la Tasmanie.
- L’oppression du peuple algérien ne cessa pas après la période de la conquête (1830-1871). Elle se perpétua sous d’autres formes notamment par une politique de destruction de l’identité culturelle et civilisationnelle du peuple algérien. A la suite de la conquête génocidaire, la France mit en place une politique ethnocidaire visant à faire disparaître l’ensemble des caractères sociaux et culturels du peuple algérien en s’attaquant prioritairement à l’islam et à la langue arabe qui fut déclarée langue étrangère dans son propre pays. Les structures d’enseignement prévalant avant la colonisation, les mosquées et autres lieux de culte musulmans furent largement détruits.
- Les massacres de masse reprirent au lendemain de la guerre 1939-1945 afin de lutter contre le mouvement national algérien qui voulait libérer l’Algérie du joug colonial français. Les massacres de mai 1945 dans le nord-constantinois firent plusieurs milliers de victimes. Après le déclenchement de la Révolution algérienne, en novembre 1954, les massacres de masse perpétrés par les troupes françaises prirent une nouvelle ampleur. Massacres, viols collectifs, tortures systématiques ou internement de populations civiles dans des camps de « regroupement », la répression française fut, durant près de huit ans (1954-1962), une suite de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Dans sa lettre de démission adressée à Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, le secrétaire général de la police d’Alger, l’ancien résistant Paul Teitgen, qui avait été torturé par la Gestapo, n’hésita pas à comparer l’action des militaires français à celle de la police secrète du Troisième Reich (21).
- Au total, cent trente deux ans de colonisation française en Algérie (1830-1862) aurait fait, selon l’historien Mostafa Lacheraf, environ 6 millions de morts algériens (22).
- Loin de s’interroger sur son histoire coloniale, la France officielle reste dans une attitude négationniste quant à son passé génocidaire en Algérie. Pour elle, la colonisation de l’Algérie est toujours vue sous un angle favorable malgré les travaux faisant état des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ayant été perpétrés durant cent trente deux années d’occupation française de la terre algérienne.
- La loi du 23 février 2005 portant « reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » est venue graver dans le marbre cette vision révisionniste de l’histoire de la colonisation française. Présenté par l’UMP, le projet de loi originel avait été discuté à l'Assemblée nationale le 11 juin 2004 sans qu’il n’y ait d’opposition particulière de la gauche parlementaire. Lors de la discussion du texte de loi au Sénat, le 16 décembre 2004, aucune objection ne fut soulevée et le groupe socialiste vota en faveur du texte main dans la main avec la droite. Finalement, le texte fut définitivement adopté le 10 février 2005 et la loi fut promulguée le 23 février 2005. 
- L’article 4 alinéa 2 de cette loi prévoyait que les « programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. » Cependant, après de multiples protestations, le Conseil constitutionnel a constaté le caractère règlementaire de l’alinéa 2 de l'article 4 afin de permettre sa suppression par simple décret.
- La suppression de l’article 4 alinéa 2 a permis de passer sous silence les autres articles de la loi du 23 février 2005 qui s’inscrivent tout autant dans une perspective révisionniste. Par exemple, l’article 1 stipule que « la Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. »

De quelle « œuvre » cette loi parle-t-elle ? Des « enfumades », des viols collectifs, des tortures et autres massacres de masse ? De quels crimes de guerre et de quels crimes contre l’humanité la loi du 23 février 2005 fait-elle l’apologie ? De l’ethnocide visant à détruire la culture arabo-musulmane en Algérie ? Qui sont ces femmes et ces hommes à qui la nation française exprime « sa reconnaissance » pour « l'œuvre accomplie » ? Bugeaud, Saint-Arnaud, Montagnac, d’Hérisson ou Cavaignac ? Bodichon, Tocqueville ou Lavigerie ? Naegelen, Soustelle, Lacoste, Massu, Salan ou Bigeard ? Tous ces hommes n’ont fait que planifier, commanditer, justifier et mettre en œuvre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui seraient reconnus comme tels si la France officielle reconnaissait les Algériens comme des êtres humains à part entière.

En effet, si les crimes d’Hitler sont pleinement reconnus comme tels par la France officielle, c’est avant tout parce que ses victimes sont considérées comme appartenant de plein droit à l’humanité. A l’instar de l’ensemble des peuples non-occidentaux, les Algériens n’ont pas ce privilège. Comme durant la période coloniale, la France officielle continue à traiter les Algériens et l’ensemble des non-occidentaux comme des sous-hommes. Le négationnisme de la France officielle quant à son histoire coloniale nous rappelle ce qu’Aimé Césaire dénonçait déjà au lendemain de la guerre 1939-1945 dans Discours sur le colonialisme. Selon lui, les Occidentaux ne reprochent pas à Hitler « le crime en soi, le crime contre l’homme, » « l’humiliation de l’homme en soi, » mais « le crime contre l’homme blanc », c’est-à-dire « d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. » (23).
Dans une France postcoloniale structurée par le racisme, seuls les crimes de masse contre l’homme blanc peuvent être pleinement reconnus comme des crimes contre l’humanité puisque les attributs de l’humanité ne sont pas entièrement reconnus aux non-occidentaux.
Youssef Girard Mardi 27 Décembre 2011
Notes de lecture :
(1) Julien Charles-André, Histoire de l'Algérie contemporaine. La conquête et les débuts de la colonisation (1827-1871), Paris, P.U.F, 2 édition, 1979, page 92. Cf. Sellam Sadek, « Conquête de l’Algérie : crimes de guerre et crimes contre l’humanité », in. Parler des camps, penser les génocides, Paris, Albin Michel, 1999
(2) Ibid., page 320
(3) Nouschi André, Prenant André, Lacoste Yves, Algérie, passé et présent, Paris, Ed. Sociales, 1960, page 305
(4) Julien Charles-André, Histoire de l'Algérie contemporaine. La conquête et les débuts de la colonisation (1827-1871), op. cit., page 321
(5) Comte d’Hérisson, La chasse à l’homme, Paris, Ed. Paul Ollendorf, 1866
(6) Colonel de Montagnac, Lettres d’un soldat, Paris, 1885
(7) Ibid.
(8) Maréchal Bugeaud, « A propos de la destruction des villages et des récoltes opérées chez les Béni Menaçer » (Lettre au Maréchal Soult, avril 1842)
(9) Saint-Arnaud, « Lettre du 28 mars 1843 », in Lettres du Maréchal Saint-Arnaud, Cf. Le Cour Grandmaison Olivier, Coloniser exterminer, Sur la guerre et l’Etat colonial, Paris Ed. Fayard, 2005, page 190
(10) Cf. Kateb Kamel, Européens, « indigènes » et juifs en Algérie (1830-1962), Paris, Ined/PUF, 2001, page 40
(11) de Tocqueville Alexis, « Travail sur l'Algérie », 1841. in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1991, pages 704 et 705
(12) Hugo Victor, Choses vues, Paris, Ed. Gallimard, Folio Classique, 1972, page 168
(13) Engels Friedrich, Northern Star, 22 janvier 1848.
(14) Cf. Kateb Kamel, Européens, « indigènes » et juifs en Algérie (1830-1962), op. cit.
(15) Même s’il ne s’agit pas de comparer les crimes de masse entre eux, durant la guerre 1939-1945 les nazis exterminèrent environ 46% de la population juive européenne (environ 5,1 millions sur une population de 11 millions) et 33% de la population tzigane (environ 250.000 sur une population de 750.000).
(16) Kateb Kamel, Européens, « indigènes » et juifs en Algérie (1830-1962), op. cit., page 30
(17) Ricoux René, La démographie figurée de l’Algérie, Paris, Ed. Masson, 1880
(18) Ibid., page 260
(19) Ibid.
(20) Ibid., page 261
(21) Cf. Teitgen Paul, « Lettre de démission à Pierre Lacoste ministre résident en Algérie », 24 mars 1957. Publiée dans le journal Le Monde le 1ier octobre 1960.
(22) Cf. Lacheraf Mostefa, L’Algérie : Nation et Société, Alger, Ed. Casabah, 2004
(23) Césaire Aimé, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 2004, page 14


samedi 15 octobre 2011

Nous sommes tous des Indignés espagnols...


LE MOUVEMENT DES INDIGNES DEVIENT PLANETAIRE
L'indignation à son comble à Rome
Parti de Wall Street il y un mois, le mouvement des indignés contre les excès du capitalisme s'est répandu samedi à travers le monde, notamment à Rome, lieu de la plus importante manifestation.
Des dizaines de milliers de protestataires parcourent les rues de la capitale italienne en brandissant des pancartes où l'on peut notamment lire « Une seule solution, la révolution » ou « Nous ne sommes pas des biens dans les mains des banquiers ». Les médias italiens estiment qu'ils sont entre 100 000 et 200 000.
Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour tenter de contrôler une centaine de manifestants cagoulés de noir, en marge de la marche des indignés, lançant des bouteilles et des cocktails Molotovs.
Des coktails Molotovs auraient mis le feu à une annexe du ministère de la Défense. Entre six et sept voitures ont été incendiées et des vitrines de magasins fracassées. Aucun blessé n'a été signalé.
Les plus grands monuments de la capitale ainsi que quatre stations de métro ont été fermés. Quelque 1500 policiers ont été mobilisés, et deux hélicoptères survolent la zone.
Le gouverneur de la Banque d'Italie, Mario Draghi, qui doit prendre la tête le mois prochain de la Banque centrale européenne (BCE), dit comprendre le sentiment des indignés.
« Ils sont en colère contre le monde de la finance. Je les comprends », a-t-il déclaré samedi en marge du G20 qui se tient à Paris. « Nous, les adultes, nous sommes en colère à cause de cette crise. Alors pensez aux jeunes de 20 ou 30 ans... », a-t-il ajouté.
Au Portugal, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Lisbonne. Les manifestants dénoncent la politique d'austérité du gouvernement, appliquée sous la pression de l'Union européenne et du FMI.
« Nous sommes victimes de la spéculation financière et ce programme d'austérité va nous ruiner. Il faut changer ce système pourri », a dénoncé à l'AFP Mathieu Rego, 25 ans.
Ailleurs en Europe, quelque 5000 personnes ont manifesté devant le siège de la Banque centrale européenne à Francfort. À Londres, environ 500 personnes ont marché depuis la cathédrale Saint-Paul jusqu'à la Bourse. Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, se trouve parmi eux.
« Nous soutenons ce qui se passe ici parce que le système bancaire à Londres est le bénéficiaire d'argent issu de la corruption ».
— Julian Assange
Des centaines de personnes ont aussi manifesté à Paris.
Des rassemblements ont auparavant eu lieu dans les grandes villes de l'Océanie et de l'Asie où ils ont attiré tout au plus jusqu'à quelques milliers de personnes.
Le Canada participe à la contestation. Des manifestations se tiennent dans une douzaine de villes. Le plus gros rassemblement a lieu à Toronto, où Occupons Wall Street deviendra Occupons Bay Street.
Répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, les citoyens manifestent pour dénoncer les excès du capitalisme qui, disent-ils, condamnent une partie de l'humanité à la pauvreté.
Le réseau 15october.net a recensé des appels à manifester dans 951 villes de 82 pays.
« Nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers qui ne nous représentent pas. Nous allons manifester pacifiquement, débattre et nous organiser jusqu'à obtenir le changement mondial que nous voulons ».
— United for Global Change (Unis pour un changement global)
Des racines en Espagne
Le mouvement a pris naissance au printemps en Espagne, le pays de l'Union européenne (UE) qui présente le taux de chômage le plus élevé : plus de 20 % de la population active et jusqu'à 45 % chez les jeunes de 18 à 25 ans.
L'occupation de la Puerta del Sol, à Madrid, a inspiré d'autres pays d'Europe, dont la Grèce qui doit imposer de sévères mesures d'austérités à sa population pour recevoir de l'aide financière de l'UE et du Fonds monétaire international.
Aux États-Unis, le mot d'ordre Occupons Wall Street a été lancé par les militants d'Adbusters, un groupe créé à Vancouver qui lutte contre le capitalisme et détourne les codes de la société de consommation. « Nous avions le sentiment qu'une indignation véritable montait en Amérique et nous avons voulu produire l'étincelle qui permettrait à cette indignation de s'exprimer », explique Kalle Lasn, cofondateur du groupe.
Occupons Wall Street appelait à se mobiliser autant de temps que nécessaire à partir du 17 septembre. Les protestataires campent toujours dans le parc de Zucotti, près du coeur financier de Manhattan.
Selon certains analystes, l'efficacité de cette mobilisation reste toutefois à démontrer. « Il y a plus de sympathisants que de personnes qui manifestent réellement », souligne Mary Bossis, professeure à l'université grecque du Pirée. Malgré des situations de désespoir engendrées par les mesures d'austérité, ajoute-t-elle, il semble que l'étincelle qui lancerait un mouvement durable fait défaut.
Radio-Canada.ca et APL

vendredi 14 octobre 2011

Créer le sentiment d' insécurité ...pour controler les citoyens.

Disputes au sujet des anges
Le plus énervant, c’est de se faire accuser d’angélisme dès qu’on ouvre la bouche pour parler de migration ou de sécurité. Dans le climat de Droitisation actuel, plus aucune parole positive sur notre société plurielle ne peut être prononcée sans qu’on nous traite de doux rêveurs, optimistes décalés ou radoteurs attardés. Nous sommes nombreux à fricoter avec les anges: le terme «angélisme» est revenu des dizaines de fois ces derniers temps dans les médias. A propos de Genève, trop laxiste face aux durs à cuire de la France voisine; à propos de la prison de Gorgier, dans le canton de Neuchâtel, qui ferait preuve d’une «stupidité congénitale» (1) à cause de ses visions humanitaires et de sa foi en la réhabilitation possible des délinquants; à propos des défenseurs du droit d’asile; à propos, bien entendu, de toute la gauche qui persiste à ne pas vouloir brasser avec les populistes de droite des tonnes d’air vicié autour de l’insécurité de nos villes. Prendre le parti des faibles, des recalés, des désespérés, est-ce donc une tare si avilissante qu’on doive s’en défendre ou s’en protéger?
La criminalité, la menace, la peur, je sais ce que c’est. Inutile de me faire un dessin. Comme d’autres, j’ai eu ma ration de cambriolages, escroqueries, violences. Je songe à ces années où, jeune étudiante, je rentrais à pied à travers la ville jusque dans ma lointaine banlieue, à trois heures de matin, légère et insouciante, assurément protégée par ce bataillon d’angelots qui nous ferait si cruellement défaut aujourd’hui. Vous pensez que le risque était moindre? C’est faux! La criminalité n’a fait que baisser, du moins pour les délits répertoriés depuis que les statistiques fédérales existent. En 1982, on comptait 446 brigandages avec armes à feu contre 356 aujourd’hui; 83 homicides contre 53 en 2010. (2) Dans ces années-là, on remettait aussi fortement en question les politiques d’enfermement. Un large mouvement de contestation militait contre l’isolement et les quartiers de haute sécurité. On s’était battu avec succès pour faire abroger la loi sur l’internement administratif; les requérants d’asile déboutés n’étaient pas jetés en taule; les articles de l’ancien code pénal qui permettaient d’interner les «délinquants d’habitude» et les «anormaux» étaient en passe de tomber en désuétude. Donc, il y a quarante ans, je risquais plus, mais j’avais moins peur.
Aujourd’hui, c’est fait, je suis contaminée, et je ressens, comme tout un chacun, des frissons d’angoisse quand je prends le régional en fin de soirée pour rentrer chez moi. Récemment, l’étude du professeur Killias sur la criminalité a été accueillie à grand tapage. Tous les médias se sont fendus de ce même commentaire: nous sommes devenus comme les autres pays! Bon sang! Quelle humiliation! «Par amour de la Suisse», on peut toujours dire que c’est la faute des étrangers! Aujourd’hui, le drame de notre société, c’est son allergie au risque et son obsession sécuritaire. «On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitude qu’il est capable de supporter», écrivait Kant. A cette aune-là, le peuple des moutons blancs, pétri de certitudes outrancièrement simplificatrices, en est plutôt mal pourvu.
Aujourd’hui, je dirais que la naïveté a changé de camp. L’angélisme, (le satanisme?) il est du côté de ceux qui croient qu’enfermer, emprisonner, exclure, déporter, emmurer, renvoyer, nous protégera du crime, ou de l’incivilité, ou simplement de ce qui nous est étranger. La ministre genevoise de Justice et police va prendre ses conseils à New York, dont l’ancien maire s’est rendu célèbre par sa «tolérance zéro». Or actuellement, New York dépense plus pour ses prisons que pour ses écoles, ce qui finira probablement par se retournera contre elle. A Paris, quelques réfugiés clandestins meurent dans l’incendie qui ravage leur logement de fortune. Peu après, j’entends le président Sarkozy annoncer: «J’ai décidé de faire construire 30000… – je dresse l’oreille, pensant qu’il parle de logements – … 30000 nouvelles places de prison». C’est bien connu, si on ne fait pas la guerre à la pauvreté, il faudra faire la guerre aux pauvres!
Ce qui nous sauve de l’angélisme, c’est au contraire notre sens de la réalité. Un réalisme qui prend en compte la complexité des enjeux et la profondeur des injustices. Sur ce registre, une lueur d’espoir nous vient de l’essayiste américain Jeremy Rifkin qui, dans son dernier livre (3), évoque ce «principe de réalité», «consistant à chercher l’affection, la compagnie, l’intimité, l’appartenance», et qui affirme qu’«une grande partie de nos interactions quotidiennes avec nos compagnons d’humanité sont empathiques, parce que c’est notre vraie nature». Angélique? Non! Scientifiquement prouvé.
Anne-Catherine Menétrey-Savary
Genève, Suisse
1- Propos de Dominique Warluzel, Le Matin, 2 juillet 2011.
2- cf. Le Courrier, «La criminalité a baissé en Suisse», 23 mars 2011.
3- Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie, Jeremy Rifkin, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par F. et P. Chemla, Ed. Les liens qui libèrent, 2011.

jeudi 6 octobre 2011

Guéant et l' hospitalité française...

Claude Guéant,
Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités Territoriales et de l'Immigration
Place Beauvau - 75008 Paris.

Mesdames et Messieurs les préfets,
Valérie PECRESSE vient de vous présenter les orientations et les paramètres du projet de loi de finances pour 2012, et je l'en remercie. Je vais maintenant vous présenter les éléments les plus significatifs qui sous-tendent le budget du ministère de l'intérieur ; sachez que je les présenterai aux organisations syndicales du ministère lundi prochain.

samedi 13 août 2011

Les pauvres se révoltent au Royaume Uni...

Chopez les abrutis !
Sweet Mary
Oui, c'est cool, non... c'est aussi le titre d'une chanson chantée par un français qui sait ce que c'est qu'un noir désir
Police
Trêve de civilités, on n'est pas là pour se faire des amis en tous cas, vous êtes mal partie. Outrage à la police et à la justice... vous allez le payer très très cher...
Sweet Mary
Je vous méprise anglo-collabos... vos méthodes sont dignes de la Gestapo... Vous incitez les populations à se dénoncer les uns, les autres... ce n'est pas très catholique... tout ça... un petit air de l'antéchrist... vous ne trouvez pas ? Allo.... Adolf... réveillez-vous... ces anglais sont devenus fous...
Police
Propagande... gauchiste... Qui vous manipule ? Qui vous mène en bateau? Votre mac peut-être ?
Bobo... coco... communiste-petite-bourgeoise, avec l'extrémisme, on aura tout vu... le tout et le contraire de tout...
Regardez-moi quand je vous parle!
Pourquoi avez-vous entrainé la police sur une fausse piste? Moi je sais pourquoi, mais je voudrais vous l'entendre dire... puisque vous instruisez si bien toute seule, votre dossier.
Sweet Mary
J'ai lu quelques titres à la une de vos tabloïds de merde avec vos gros sabots fachos : "shop a Moron" ... chopez les abrutis: votre petit ami, votre voisin de pallier, votre rival d'en face...j'ai même vu une mère balancer sa fille... c'est le moment où jamais de balancer votre prochain et de le traîner dans la boue... j'ai vomi... puis j'ai appelé la police et je leur ai fourni un vrai faux renseignement ,à savoir : que l'une de mes amies s'apprêtait à faire ses besoins sur le drapeau du Royaume Uni en plein centre de Birmingham... chose promise, chose due, je l'ai fait, mais je n'ai rien fait d'autre qu'humilier ceux qui veulent humilier la Grande Bretagne !
Police
Est-ce que vous savez au moins ce qui vous attend maintenant ?
Sweet Mary
Oui je vais être déportée ... removed.... dans un trou ou dans un asile de fous... parce que je ne suis plus au service de sa Majesté la Reine, qui ferme ses yeux sur ce genre de grand écart!
Police
Des gens comme vous on n'en veut pas, on n'en veut plus... avec ces émeutes, on en profite pour faire le grand ménage... et garantir la paix et la prospérité pour tous les patriotes.
Sweet Mary
Je vous emmerde ... avec vos fichiers et votre système policier... honte à vous, shame on you ! au Royaume désuni et aux délateurs de tous pays, je vous dit MERDE et je vous chie dessus.

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/08/catch-a-british/

mercredi 3 août 2011

Mais c' est un homme....

Déclaration du 1er août 2011
Citoyenneté, liberté, psychiatrie : déclaration d’entrée en résistance
La loi du 5 juillet 2011 relative « aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge » et ses décrets d’application entrent en vigueur. Le mouvement fort de lutte contre cette loi peut et doit se poursuivre après sa promulgation.
Cette loi, —dans la même veine que celles sur les étrangers, l’immigration, la récidive, la rétention de sûreté, la justice des mineurs, la sécurité intérieure, etc.— participe des atteintes considérables portées aux libertés et aux droits sociaux. Elle organise la surveillance sociale des vulnérables et précaires stigmatisés en « classes dangereuses ». A l’exemple du fichage généralisé de tout fauteur de trouble et mauvais élève potentiel, elle ouvre même un « casier psychiatrique » des « malades mentaux », sans véritable « droit à l’oubli ».
Cette loi est fondamentalement inacceptable car elle impose la contrainte et le contrôle social comme organisation du soin en psychiatrie, de l’hôpital au domicile, sous la nouvelle appellation aberrante de soins sans consentement. La position soignante dans sa qualité relationnelle y est dégradée en « expertise de dangerosité », ce qui aggrave la situation actuelle faite de souffrance psychique et de désillusions dans de nombreuses équipes, avec pour résultat d’amplifier les errements de sens du soin à domicile.
L’« entrée » en observation et soin se fera désormais par une garde à vue psychiatrique de 72 heures, sans même les garanties arrachées récemment dans le cas de la garde à vue policière.
La psychiatrie contemporaine a remis en cause significativement le grand renfermement. Les luttes organisées par les professionnels, les usagers, les militants des droits de l’homme ont obtenu le développement des droits et mis en cause la légitimité de l’enfermement et du statut d’exception du « fou ».
Nous n’acceptons pas que la psychiatrie et la santé mentale soient embrigadées comme faisant partie des polices de la société. Nous récusons la politique de la peur.
Faisant fi de tout débat sur l’obligation de soin et le droit au refus de traitement, le pouvoir impose des dits « soins sans consentement » jusqu’au domicile : assignation à résidence, programme de soins imposé et appelé à fonctionner sur le mode du chantage ou du marchandage, traitements médicamenteux contraints y compris à domicile, géolocalisation, etc. Nous dénonçons l’hypocrisie du législateur et la duperie de la loi : un véritable soin psychique ne peut se concevoir sans le consentement.
A cette orientation répulsive donnée au soin psychiatrique s’adjoignent les effets et conséquences de la logique entrepreneuriale et de la casse du service public. Nous refusons le type de moyens supplémentaires attribués après le discours d’Antony de décembre 2008 pour « sécuriser ». Nous exigeons une orientation et des moyens qui relancent la psychiatrie de secteur, assurent et pérennisent les pratiques fondées sur l’éthique de la complexité, du prendre soin, de l’accueil, de l’hospitalité, du rôle des tiers sociaux et familiaux, de l’accompagnement, d’une réelle réhabilitation, …..
Pour en former contours et contenus, nous sommes favorables à un débat national dont l’objet soit :
- l’abrogation de la loi du 27 juin 1990 et celle du 5 juillet 2011. L’abrogation de la loi du 27 juin 1990 et celle du 5 juillet 2011. La nécessité d’une loi qui en finisse avec l’exception psychiatrique et qui relève du soin psychique bien conçu articulé au droit commun: c’est-à-dire de l’autorisation et du contrôle du juge civil.
- la mise en chantier d’une loi programmatique pour une psychiatrie démocratique dont l’objet et l’éthique sont proposés dans notre manifeste initial, qui soit à l’opposé des gouvernances de mise au pas gestionnaire dont sont représentatifs les plans de santé mentale actuels et annoncés.
Il nous faut débattre, mais il nous faut également agir. Nous ne devons respecter les lois que si elles mêmes respectent le droit, en l’occurrence les libertés individuelles et l’intimité de la vie privée. La loi, qui dans la tradition est libératrice, est désormais un instrument du contrôle social. Elle formate, arrêtés et certificats à l’appui. La tradition de désobéissance civile, c’est depuis 1789 de s’opposer aux lois, mais c’est aussi désormais de combattre la loi par le droit. L’application servile de la loi ne créerait pas seulement l’injustice ou l’aberration psychiatrique ; elle créerait l’illégalité. La loi est celle d’une majorité conjoncturelle, mais le droit, construit dans le temps, est l’œuvre de tous. Où allons-nous ? Vers ce qui n’est pas écrit, et seule la radicalité de l’analyse permet de s’extirper des modèles bien-pensants, déjà prêts à nous ensevelir.
Dans l’immédiat et à cette date du 1er août qui marque l’entrée en vigueur de la loi, nous proposons un plan d’action et de résistance éthique :
- le refus des psychiatres et des soignants, dans la mesure du possible, de mettre en place des mesures de contrainte. Et notamment, le refus des collectifs soignants de tout programme de « soin contraints » à domicile contraires à la déontologie et aux droits fondamentaux. De même, il faut opposer un refus de tout avis médical sans avoir pu examiner le patient.
- la saisie systématique du juge des libertés, le patient devant être entendu hors visio-conférence.
- développer l’information, notamment lors des 72 heures, afin que les personnes ne tombent pas dans la trappe psychiatrique que cette loi organise, mais accèdent aux soins psychiques auxquelles elles ont droit.
- le soutien des recours et défenses des patients soumis à ces « soins sans consentement », y compris les QPC qui ne manqueront de survenir. La création d’un collectif d’avocats et juristes sera essentielle en ce sens.
- la construction d’un observatoire national de suivi de l’application de cette loi qui assure le recueil de données, l’alerte aux droits des personnes soumises aux « soins sans consentement », qui rapporte au législateur, au contrôleur des libertés et des lieux de détention, à la Commission nationale consultative des droits de l’Homme et au public les atteintes aux droits de l’Homme et à l’éthique du soin psychique.
Nous sommes et demeurerons mobilisés pour concrétiser une œuvre de démocratie et de professionnalités.
Organisations signataires membres du collectif “Mais c’est un Homme”:
Advocacy France, CRPA, la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Europe Écologie Les Verts, FASE, LDH, PCF, Parti de Gauche, SUD santé sociaux, SNPES PJJ/FSU, Syndicat de la Magistrature, USP
Pour rappel nous joignons à cette déclaration notre appel constitutif : Mais c’est un Homme – l’Appel contre les soins sécuritaires http://www.maiscestunhomme.org/
Appel contre les soins sécuritaires
Les politiques sociales et sanitaires, les lois récentes et à venir transforment nos représentations: les soins y deviennent un marché concurrentiel et la « folie » y est représentée comme un état forcément dangereux.
Il est douloureux pour nous, et pourtant fondamental dans la période que nous vivons, d’avoir à rappeler que ce qu’on appelle un « fou », est d’abord un homme !
Après la loi « HPST » qui organise la concurrence entre public et privé lucratif pour les missions de service public, vient le « Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge », qui est l’application attendue du discours du président de la République du 2 décembre 2008.
Ce projet fait du « soin sans consentement » le modèle du soin psychique. Il maintient l’exception française en Europe d’une loi spécifique pour le traitement sous contrainte en psychiatrie, sans qu’un juge intervienne dans l’autorisation de cette privation de liberté. En posant le principe d’un soin sous contrainte imposable tant à l’hôpital qu’au domicile du patient, il y ajoute l’atteinte à la vie privée. Ainsi, les patients, fichés et contraints, se verraient enfermés dans une véritable trappe psychiatrique : considérés à vie comme des malades mentaux potentiellement dangereux.
L’entrée dans le soin est annoncée de fait comme une garde à vue psychiatrique de 72 heures, durant laquelle toute action de traitement contraint serait autorisée. C’est plus encore qu’un régime de liberté surveillée, puisque pouvant autoriser toute intrusion dans l’intimité et le corps du patient.
Nous sommes également opposés à des soins sans consentement en « ambulatoire ». Ce serait la partie immergée d’une psychiatrie sécuritaire, autoritaire et paternaliste. Pour les professionnels comme pour les usagers ce serait accepter que l’obligation de moyens pour l’Etat en vue d’une psychiatrie d’accueil et de soin, soit au contraire celle de l’organisation d’un nouveau « grand renfermement » actualisé. Depuis décembre 2008, l’État a trouvé l’argent pour construire 4 unités pour malades difficiles, pour installer ou rénover des chambres d’isolement et installer la vidéosurveillance ! N’oublions pas qu’une telle disposition entre aussi dans le cadre de la nouvelle gouvernance : cela coûterait moins cher et cela pourrait donner lieu au développement de services à but lucratif.
Au vu de l’application de fichiers dans d’autres domaines (que nous dénonçons), ce projet contient la perspective d’un fichage national généralisé de toute personne bénéficiant de soins spécialisés. Cette disposition adhère à l’amalgame entre « folie » et « dangerosité », amalgame que nous condamnons. Toutes les études sur le sujet en démontrent la fausseté. En insistant sur la figure de l’aliéné, le pouvoir justifie sa politique de la peur et la société de surveillance qu’il met en place. Tel est le véritable sens du « soin sans consentement » prévu dans ce texte
Citoyens, élus, usagers, professionnels, nous devons tenir bon.
Le soin psychique ne concerne pas que des « états aigus », des « troubles du comportement », auxquels la réponse unique serait simplement médicale, médicamenteuse et normalisatrice. Le soin psychique demande des approches complexes, des disponibilités d’accueil, d’écoute, d’accompagnement, d’hospitalité, des pratiques de négociation avec le patient et son entourage, avec des intervenants souvent nombreux, en difficulté, et aux intérêts différents. Cela implique que la « personne présentant des troubles psychiques » soit pensée et vécue comme un corps, une subjectivité singulière, une personne, un individu social, et un sujet de droit. Une telle fondation éthique a pu et peut toujours s’illustrer dans des pratiques concrètes. L’État se doit de les favoriser.
On comprendra alors notre appel pour une mobilisation publique contre un tel projet de « condamnation au soin », et contre le projet politique qu’il promeut. Si une obligation de soin peut s’imposer, elle doit être cadrée de manière à assurer l’articulation du droit à des soins garantissant la préservation de l’intégrité de la personne et de ses droits, et de droits de recours effectifs. La mise en œuvre d’une telle obligation ne peut se dérouler que pour une durée limitée sous le contrôle de la justice dans un lieu de soins spécialisé agréé et assurant des soins 24h / 24. Nous soutenons qu’il est possible pour l’essentiel d’aménager des espaces et des temps d’accueil, de traitement actif de la demande des tiers, de négociation et d’élaboration avec une personne présentant un état psychique pouvant éventuellement conduire à un traitement contraint.
Il faut en finir avec l’exception psychiatrique ; le droit commun doit s’appliquer. Il faut en finir avec le pouvoir du Préfet, qui a toujours signifié loi de police et mesure de sûreté. Il faut une mesure de protection de la personne, qui relève alors de recommandations médicales et d’une obligation de prendre soin pour les services psychiatriques dans le respect de la dignité de la personne et de sa parole, autant que d’une autorisation et d’un contrôle par l’instance d’un juge judiciaire.
Ce projet de loi est un leurre démagogique à l’égard des familles, des voisins, de l’ordre public. Voté, il aurait des conséquences lourdes pour les libertés individuelles, les droits collectifs et le soin psychique. Nous demandons instamment aux parlementaires de repousser un tel projet. Nous invitons professionnels, élus, usagers, citoyens à débattre partout et à faire valoir l’alternative esquissée ici pour répondre à la situation.
Mireille BERTHO
Déléguée Régionale Rhône-Alpes de la Ligue des Droits de l'Homme.

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Ligue des droits de l'Homme
Délégation Régionale Rhône-Alpes de la Ligue des Droits de l'Homme.
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73 000 Chambéry
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Section Dioise
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26150 Die
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samedi 4 juin 2011

Grenoble ...Tous les soirs on s' indigne...

Democracia Real Ya ! à Grenoble
Sur le modèle du mouvement des "indignés" qui a lieu actuellement en Espagne sous le nom de Democracia Real Ya ! - une démocratie réelle maintenant ! (voir notamment les articles suivants : Les révoltes en Espagne, Propositions des manifestant-e-s de Barcelone, Propositions des manifestant-e-s de Madrid), depuis le vendredi 20 mai, des personnes se réunissent chaque soir sur la place Victor Hugo à Grenoble. Des assemblées générales sont organisées, auxquelles chacun/chacune peut participer pour apporter son point de vue ou ses idées afin de s’organiser "contre le fait qu’une poignée de personnes de la sphère politique et économique a confisqué le pouvoir des citoyens pour son propre intérêt" (voir le manifeste du mouvement grenoblois).
Mais, alors que les rassemblements quotidiens ne semblaient déranger personne, lundi 30 mai, le maire de Grenoble a décidé d’envoyer la police municipale pour enlever les banderoles de la place. Décidément, à Grenoble, qu’on se le dise : la contestation, sous toutes ses formes, c’est non !
Pour les jours de pluie tels qu’aujourd’hui mardi et les jours pluvieux à venir, nous changeons temporairement d’endroit pour nous rassembler à l’abri du kiosque du Jardin de Ville.
Et nous confirmons que depuis le 30 mai, le rendez-vous est non plus à 20h mais à 19H.
Passez-vous le mot !

En espagne ...Résistance toujours

Les «indignés» espagnols se réunissent pour décider de la suite du mouvement…
MOBILISATION ce samedi 04 juin. Le mouvement des jeunes «indignés» espagnols réuni samedi et dimanche à la Puerta del Sol à Madrid pour «consolider et étendre le mouvement».
Le mouvement des jeunes «indignés» espagnols était réuni samedi et dimanche à la Puerta del Sol à Madrid pour décider de la suite à donner à ce mouvement inédit de protestation, selon un message diffusé sur leur site internet officiel.
Cette «rencontre nationale des porte-paroles» des «indignés» qui occupent des places publiques à Madrid, Barcelone et dans les principales villes espagnoles, a pour but de «débattre et réfléchir" à une position commune sur l'avenir du mouvement.
L'intention est de «consolider et étendre le mouvement", selon le communiqué diffusé sur le site «madrid.tomalaplaza.net».
Les pressions se font croissantes sur les campeurs de la Puerta del Sol, épicentre du mouvement, pour qu'ils libèrent ce haut lieu du commerce et du tourisme de la capitale espagnole.
Une des idées débattues est d'organiser une marche pendant un mois à travers le pays qui aboutirait à Madrid, là où ce mouvement a démarré le 15 mai.
Les «idées et résolutions» prises par les représentants des mouvements «d'indignés» de 53 villes espagnoles, devaient être présentées dimanche.
Exaspération d'une partie de la société
Une porte-parole, citée par l'édition en ligne du journal El Mundo, a toutefois souligné que les indignés «ne se sentaient absolument pas obligés de prendre des décisions sous la pression» en référence à la pression croissante des autorités espagnoles pour que le village de toile et tentes de la Puerta del sol soit démonté.
Le mouvement de contestation, relayé par les réseaux communautaires, rassemble beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens espagnols de tous horizons, exaspérés par le chômage, la précarité sociale et les excès du capitalisme.
Mercredi, le ministre de l'Intérieur socialiste Alfredo Perez Rubalcaba a pour la première fois haussé le ton, demandant aux manifestants de respecter la liberté de circulation sur la place.
M. Rubalcaba a toujours assuré que la police agirait «avec mesure» face aux manifestants. Le gouvernement a jusqu'à présent laissé faire, embarrassé face aux risques que lui ferait courir une épreuve de force.
APIS