Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

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dimanche 13 avril 2014

Grand Transbahutement à MédiasCitoyenDiois...



Transbahutement interne
Ce blog est le cheminement collectif, depuis septembre 2005 et réalisé le 1er mai 2009 à l’initiative de Médias-Citoyens-Diois (association loi 1901), soutenue par la Région Rhône-Alpes. Outil par et pour les habitant(e)s du Diois, comme du Val de Drôme, au service de nos deux territoires, il est ouvert à chacune et à chacun, individus, associations, institutions et élus. Si vous nous encouragé tous les jours à poursuivre l’aventure, vous avez été nombreux à déplorer le déroulé de ce bog. Dont acte :
Lundi 14 avril 2014  notre nouveau site; 
http://mediascitoyens-diois.info/
 
L’ancien fonctionne toujours pour le moment.
L'objet de l'association Médias Citoyens Diois est de répondre à l’intérêt général, dans une logique de service collectif d’information pour le territoire Diois, par des pratiques d’éducation populaire. Il projette de donner aux citoyens les moyens pratiques de s’informer et de s’exprimer sur la vie locale ; de favoriser la pluralité d’expression, le dialogue et le débat entre les citoyens, les acteurs locaux et les élus de ce territoire ; de faire fonctionner des médias locaux "participatif" sur tous les supports de son choix : site Internet, journal papier, vidéos, radio, blogs, réunions publiques, expression théâtrale ou artistique, crieur public ; liée à aucun parti politique ou groupe religieux, laissant place à l’expression de chaque habitant dès lors qu’il s’engage à respecter l’éthique de l’association pour promouvoir une information fiable, sincère et non partisane. Il se propose de former la population à la compréhension du rôle comme au fonctionnement des médias ;
Pour envoyer une information nous avertir d'un sujet de reportage, nous faire parvenir une brève de votre village ou un article …

Piegros la Clastre : Billie, Belle de Drôme...



PIEGROS-LA-CLASTRE: Le premier “baiser” de Billie
Billie s’est déjà fait remarquer pour son énergie et sa sensualité.
(Photo: Previous Next)
Originaire de la Drôme, elle sort un premier album intitulé "Le baiser"
Originaire de la Drôme, elle sort un premier album intitulé "Le baiser"
“Une voix envoûtante, des claviers captivants pour une fragrance encore inconnue à ce jour”. “Une écriture sensible et mordante… Énergique, la chanson détonne et étonne. Billie aussi…” Avant la sortie le 31 mars de son premier album, “Le baiser”, les retours étaient déjà édifiants.
Il faut dire que la jeune chanteuse lyonnaise, qui a vécu longtemps à Piégros-la-Clastre où habite sa famille, a été bien entourée : la collaboration de Kent, celle de Belle du Berry (Paris Combo), une réalisation signée Romain Tranchart et Grégory Louis… son premier essai risque bien d’être un coup de maître ! D’autant que “Ta bouche” est sur la play list des radios.
« J’avais envie de mélanger la chanson française et la musique électronique »
« J’avais envie de mélanger la chanson française et la musique électronique, confie-t-elle. En 2008, j’avais monté un projet sur scène avec une violoncelliste (Théodora King) ; un pianiste (Vincent Elbaz) nous a rejoint c’est devenu plus électronique. Et l’influence des années 80, que j’aime beaucoup, s’est ajoutée. »
Si elle préfère ne communiquer que son nom de scène, Billie ne cache pas qu’elle a fait partie de l’aventure musicale de Coefficient 7 et du Petit Festival en Herbe. « J’ai hâte de venir jouer dans la Drôme, avoue-t-elle. J’ai écrit les titres il y a deux ans, j’ai fait ces rencontres, ils ont dit oui tout de suite ».
On dit d’elle qu’elle a un sourire de louve, que sa prose est sensuelle, on parle d’elle comme d’une sirène à la poésie sensible, Billie s’est déjà fait remarquer, notamment lors des Transmusicales de Rennes en 2011. Elle est désormais en tournée, avec un passage par Les trois baudets à Paris mardi dernier.
Elisabeth VOREPPE du DL

samedi 12 avril 2014

Les Biovallées d' Europe : le district du "Cilento", Campanie...( 1/5 )



Présentation  du bio district du Cilento
Un Bio-district est une zone géographique où agriculteurs, citoyens, opérateurs touristiques, associations et services administratifs publics établissent un accord pour la gestion durable des ressources locales, à partir du modèle biologique de production et de consummation (filières courtes, groupements d’achat, cantines publiques bio). Dans le Bio-district, la promotion des produits biologiques est étroitement liée à la promotion du territoire et de ses spécificités, pour atteindre le plein développement du potentiel économique, social et culturel.
Le premier Bio-district a été activé en Italie dans les années 2009 par l’Association italienne pour l’Agriculturebiologique (AIAB) dans une partie du Parc national du Cilento, Vallo di Diano ed Alburni (Salerno, Campanie). Entrois ans, le Bio-district Cilento a impliqué 30 communes, 400 entreprises, 20 restaurants et 10 établissements touristiques qui utilisent les produits biologiques de la zone. Il est aujourd’hui un véritable laboratoire permanent, national et international, d’idées et d’initiatives à haut profil culturel, visant le développement equitable et solidaire du territoire, sur base du modèle biologique.
- Sur base de l’impact économique, environnemental et social atteint dans le Cilento, l’AIAB, promoteur de ce projet innovant, s’est impliquée activement dans la promotion et la coordination de Bio-districts dans d’autres zones. Citons : le Bio-district « Grecanico », en Calabre, le Bio-district Via Amerina et « Forre», au Latium, le Bio-district « Greve », dans la région du Chianti, en Toscane.
L’AIAB, qui compte plus de 7000 associés, est une organisation no-profit qui depuis plus de 20 ans fait la promotion du modèle biologique pour la gestion éthique, durable et écologique du territoire. L’association oeuvre également pour la mise en place de réseaux méditerranéens et internationaux de Bio-districts et collabore activement avec l’Union européenne dans le lancement de campagnes de promotion de productions biologiques.

mercredi 9 avril 2014

Crest : Conférence gesticulée sur la sortie du pétrole...



Conférence gesticulée sur la transition ce dimanche à 16h au bosquet à Crest
Oyez oyez,
Après nous avoir révélé brillamment la dett'scroquerie en 2012 (affiche en pièce jointe pour mémoire), Désiré Prunier est de retour de passage dans nos contrées cette fin de semaine!
Il en profite pour nous présenter à cette occasion sa conférence gesticulée sur la transition : "La sortie des fossiles".
Ce dimanche 13 avril à 16h au bosquet à Crest.
Plus de détails ci-dessous et l'affiche en pièce jointe, faîtes tourner!
Au plaisir de vous y voir...
Conférence gesticulée: "La sortie des fossiles".
Retour vers le futur... Comment aurons-nous réussi à surmonter les crises de notre époque, les "années folles du pétrole"?... Comment aurons-nous mené cette grande transition, malgré les aveuglements, les oppositions, les indifférences, les résignations d’alors?
Collectif Transition Val de Drôme
http://transitionvaldedrome.wordpress.com/
Transition Val de Drôme

jeudi 3 avril 2014

Beaufort sur Gervanne : sortie autour des mares...



Sortie amphibiens : mardi 8 avril
Comme chaque printemps, nous vous proposons une petite sortie autour de nos mares, ce mardi 8 avril de 20 heures à 22h30, à la découverte des amphibiens.
S'inscrire au plus vite par retour de mail (en précisant vos coordonnées téléphoniques). Nous covoiturerons  à partir de Beaufort.
C'est ouvert à tous et gratuit.
Cordialement
Gérard Grassi
Association LYSANDRA
L'esplanade
26400 BEAUFORT SUR GERVANNE
04 75 57 32 34
http://lysandra.asso.free.fr

mardi 1 avril 2014

Du bon usage des plantes dans la médecine vétérinaire....



Soirée - conférence échanges 4 Avril.
" INVITATION HORS UNIVERSITE BUISSONNIERE"
Invitation à  Eurre (éco-site) prés de Crest dans la Drôme
La conférence de Monsieur Thierry Thévenin producteur de simples qui représente un collectif de défense des producteurs de simples et de l'herboristerie. Il parcourt la France pour informer et mobiliser  les personnes qui cultivent et/ou cueillent, transforment, commercialisent des plantes qui rentrent dans la catégorie des plantes médicinales.
J'ai eu l'occasion de rencontrer Thierry Thévenin à différents séminaires d'ethnobotanique à Salagon et non content d'être un "intéressant personnage", il connait bien son rayon et négocie depuis plusieurs années avec les pouvoirs publics. Seule la mobilisation du plus grand nombre de gens possible peut  encore sauver notre liberté  à user des plantes familières, si vous le pouvez allez l'écouter il en cause drôlement bien....
Des 19 heures : Stands, librairie, bar à tisanes, petite restauration…
A 20.30heures : Témoignages, conférence et échanges…
- Thierry Thevenin, producteur et porte parole du Syndicat des simples.
- Michel Bouy, vétérinaire.
- Anne Portier, Naturopathe. Et de nombreux producteurs de plantes aromatiques et éleveurs
Soirée - conférence échanges 4 Avril.
Info mail - Copie.pdf
Miette Ripert
06 73 17 64 97 ou 04 75 25 08 68 
ou 06 12 64 68 48 ou 06 11 60 58 68

lundi 31 mars 2014

Biovallée : une dynamique citoyenne, mariant Associations, Mairies et Entreprises...



Comité d'engagement  BIOVALLEE 
ASSO / CE+CA de ce mercredi 2 avril 8h30 à 11h
Bonjour,
Notre prochain comité d'engagement puis conseil d'administration aura lieu ce mercredi 02/04 de 8h30 à 11h00 à la salle Les Trois Becs de Biovallée - Le Campus sur l'Ecosite d'Eurre. 
Ci-joint l'invitation/Ordre du jour.
Nous aurons 2 nouveaux dossiers à traiter (cf en PJ les fiches de synthèse et les chartes) 
Entreprises :
E1- Cabinet GRAVIR (Crest/Die/Livron) expertise comptable
E2- Le Grand Bois (Poet Celard) éco-hébergeur
Je reste à votre disposition pour toute remarque par mail ou téléphone et vous remercie de votre compréhension pour cet envoi tardif.
A mercredi matin avec boissons chaudes et viennoiseries,
NB : le C-R du CA du 8 janvier vous a déjà été envoyé par mail le 21 janvier un peu avant 17h, si certains ne le retrouvent pas, merci de me le signaler
Anne-Sophie Chupin
Directrice de l'association de la marque Biovallée®
Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.95.71.65.32
L’Observatoire Biovallée
Bonjour à toutes et tous,
Nous nous retrouvons mercredi prochain 2 avril de 11h00 à 12h30 à Biovallée - Le Campus sur l'Ecosite d'Eurre pour le comité de pilotage de l’Observatoire Biovallée dont vous trouverez ci-joint l'ordre du jour.
Merci de me confirmer votre présence au COPIL de l’Observatoire, qui aura lieu à 11h juste après le CA de l’Association Biovallée, pour ceux qui y participent.
Un apéritif sera offert à 12h30 pour nous permettre de continuer d’échanger avec la possibilité, pour ceux qui le veulent, d’aller déjeuner ensemble au restaurant Moun Pais (merci de me confirmer si vous pensez rester pour déjeuner afin de finaliser la réservation).
Je reste à votre disposition pour toute question (par mail ou téléphone).
Cordialement, 
Anna Gasquet
Observatoire Biovallée®
Pépinière d’entreprises du Val de Drôme – Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.27.06.88.37
BIOVALLEE - rencontre Starter
du mercredi 2 avril après-midi
Rencontre d'accueil qui se tiendra mercredi 2 avril de 14h à 17h au Campus sur l'Ecosite pour la quinzaine d'étudiants du programme 2014 avec pour certains leurs maîtres de stage.
Les élus rejoindront ensuite le groupe vers 17h pour un échange et un temps convivial clôturera la rencontre.
Merci de vous rapprocher de Claudine Amauric pour la confirmation de présence.
Cordialement,
Anne-Sophie Chupin
Directrice de l'association Biovallée®
Ecosite - 96 ronde des alisiers – 26400 EURRE
Tél direct : 04.26.52.11.22 - Tél mob. : 06.95.71.65.32

dimanche 30 mars 2014

Saillans : Toutes et tous élus...

A Saillans, les 1 199 habitants ont tous été élus au premier tour !

Ils en avaient assez que le maire sortant décide seul : les habitants de ce village de la Drôme ont travaillé pendant des mois à une liste collégiale, et vécu une belle expérience de démocratie participative.

(De Saillans, Drôme) Que ceux qui ne croient plus à la politique aillent donc passer quelques jours dans ce petit coin au sud du Vercors. Ce qui s’y est passé ces derniers mois pourrait bien les faire changer d’avis. Joachim Hirschler, l’un des nouveaux élus de Saillans, rapporte avec délice la remarque d’une habitante :
« C’est magnifique : c’est la première fois que je vote avec le sourire. »

Le pont de Saillans (Emilie Brouze)
Dans ce village de la Drôme, les municipales ont brassé une énergie formidable.
Face au maire sortant, quelques habitants ont lancé l’idée d’une « liste collégiale ». Avec l’envie de changer les choses, de ne pas voter « par dépit », ils se sont lancés dans une nouvelle manière de gérer leur commune, en sollicitant tous leurs voisins.
Une « démocratie participative » pour laquelle ils ont renversé l’organisation pyramidale de la mairie.
Hop, voilà les 1 199 habitants au sommet. Par petits groupes, ils ont imaginé ensemble des dizaines de projets et jusqu’à 250 personnes se sont réunies lors des réunions publiques – soit presque le quart de la population !
Ces deux derniers mois, on ne parlait plus que de politique, au village. Joachim Hirschler :
« A la fin on n’en pouvait plus, il fallait vraiment faire ces élections. »
La Drôme à Saillans, en mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)
La Drôme à Saillans, en mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

Réveil des consciences

Cris de joie à l’annonce des résultats dimanche dernier, dans une salle bondée : la liste collégiale remporte les élections au premier tour avec 56,8% des voix (pour 1 070 inscrits) et 110 bulletins d’écart avec la liste du maire sortant, qui conserve trois sièges.
L’annonce des résultats des élections
Le soir même, les membres de la liste collégiale et ses sympathisants ont bu plus de Clairette de Die que prévu. Il ne reste que des bouteilles de jus de pomme qu’Annie Morin, la première adjointe, a mis de côté pour le conseil municipal du vendredi suivant. Le tout premier.
« Va falloir travailler ensemble, maintenant, pour l’intérêt commun ! », fait remarquer une vieille dame qui promène son caniche près du cimetière. « Les gens attendaient quelque chose de ces élections », sourit Sabine Girard, l’une des élues. Isabelle Raffner, sur la même liste, acquiesce :
« Qu’on gagne ou qu’on perde, il s’est passé un truc. Un réveil des consciences. Des rencontres, du partage. Quoi qu’il arrivait, ça allait changer. »

« Un village un peu rebelle »

A Saillans, la vie est habituellement aussi douce que les couleurs des maisons. Sur les façades, du saumon, de la menthe à l’eau ou des nuances de rose. La Drôme qui coule sous le pont de pierre à l’entrée du village est d’un bleu lagon, tout en transparence.

Deux façades à Saillans (Emilie Brouze)
Les habitants affirment qu’il y a dans ce village une énergie hors du commun. Une effervescence qui doit en partie expliquer ce qui s’est déroulé ces dernières semaines. Saillans a connu l’exode rural et ses maisons abandonnées, avant de voir sa population grossir depuis une dizaine d’années. Vincent Beillard, le nouveau maire, installé depuis 2005, fait partie de ces « néo ».
Making of
C’est une riveraine, Ludmilla, qui nous a signalé l’expérience de Saillans et la victoire de la « liste collégiale » : « ...79 % de votants, une belle mobilisation pour contrer le maire sortant François Pégon cadre-politicien, qui menait une politique mono-décisionnelle [...] S’il y a un nouveau maire c’est que la constitution l’exige, car la volonté de la nouvelle maire est tout autre ».

Le village foisonne aussi d’associations (une quarantaine, selon Annie Morin). Comme L’Oignon, lancé en 2011, qui propose des soirées vinyles ou des cours de langues.
Son local, sur la Grande rue, hébergeait autrefois un cercle républicain – L’Union. L’Oignon compte plus d’adhérents que d’habitants.
Confinés dans la vallée, les villageois assurent enfin qu’ils bénéficient d’un microclimat : quand ça souffle à Crest (la commune d’Hervé Mariton, réélu au premier tour), le mistral passe au-dessus des Saillansons.
« Le village est réputé pour être un peu rebelle », s’exalte Michel Gautheron.
« Il y a l’histoire de la supérette, de la carrière ou la fermeture de la gare – on s’était mis sur la voie pour arrêter les trains ! »

« Faut faire quelque chose ! »

L’aventure de « Autrement pour Saillans... tous ensemble » a démarré en juin autour d’un trio de villageois, Fernand Karagiannis, Annie Morin et André Oddon. Ils en avaient marre du coté « chef de village » du maire, François Pégon, qui prenaient des décisions sans consulter la population. Ils ont commencé à imaginer une démocratie participative.
Annie, ex-enseignante, raconte que le maire sortant était très attaché au mode électif :

Le « A » d’anarchie sous l’abri-bus
« J’ai dit “x fois” au maire que ça ne fonctionnait plus. De moins en moins de gens assistaient au conseil, les gens se désintéressaient. »
Dans le trio, André Oddon ne tenait pas en place : « Faut faire quelque chose ! »
IIs ont commencé à réfléchir à un projet de gestion municipale alternatif. Leur envie a commencé à s’ébruiter après les grandes vacances, par bouche à oreille.

Le supermarché, goutte d’eau de trop

Un événement a cristallisé le ras-le-bol, en 2010 : le projet d’une supérette qui devait être implantée à la sortie du village. Le maire n’a pas consulté les habitants pour cette décision importante : le supermarché, qui n’était pas accessible à pied depuis le centre, risquait d’affecter les petits commerces.
Un collectif, Pays de Saillans vivant, s’est mobilisé contre le projet, à grand renfort de pétitions, manifestations et courriers. Avec succès : le supermarché a été abandonné.
La bataille du supermarché a fourni l’énergie nécessaire aux débats sur la gestion de la commune : le succès des premières réunions publiques en a surpris plus d’un.
Au début, on ne parlait ni de liste, ni de programme. Il n’y avait qu’une feuille en papier sur la table pour que les intéressés puissent laisser leurs coordonnées.
Le 16 novembre, dans une salle polyvalente remplie (120 têtes, « un événement en soi »), les habitants ont été invités à parler de leur village – une sorte de diagnostic – avant d’avancer des idées.
Huit groupes de travail ont été constitués, encadrés par des animateurs : environnement, vivre ensemble, sport, jeunesse... Tristan Rechid, qui travaille dans un centre social, explique qu’ils ont utilisé les méthodes de l’éducation populaire, avec des gommettes et des post-it :
« On avait ce pari fou : bâtir un programme qui ne sortait pas de la tête d’un élu. On était en posture d’animateurs, à l’écoute, et trente projets ont été définis, initiés par des propositions d’habitants : de petites choses quotidiennes, de l’embellissement aux crottes de chien en passant par la redéfinition du stationnement. »
Pendant cette réunion, les habitants ont beaucoup parlé de lien social, d’écoute et de ce qu’ils pourraient faire pour décloisonner les générations et les groupes.
Les personnes âgées, par exemple, avaient envie d’être intégrées au projet de Maison de l’enfance et de la parentalité, issu de l’ancienne municipalité.

Les sympathisants de la liste collégiale, à Saillans, en février 2014 (Emmanuel Cappellin)

Les municipales, passage obligé

La liste de « Autrement pour Saillans » s’est constituée au début de l’année. Beaucoup d’associatifs et une majorité d’actifs, de 20 à 66 ans. Tout le monde est au même niveau : l’absence de hiérarchie se ressent au niveau de l’animation des réunions.
Ils n’ont jamais parlé de la « politique avec un grand P » et ignorent les penchants de leurs colistiers – le village vote plutôt à gauche. Ils disent se rassembler autour de valeurs communes, mises au propre dans une charte – on retrouve le dialogue, la transparence ou la protection de l’environnement.
Campagne
Un local de permanence sur la Grande Rue, des réunions publiques, une présence sur le marché du dimanche... la campagne de « Autrement pour Saillans... tous ensemble » a coûté 1 500 euros, financée par des dons.

« Ça m’a fait plaisir que de voir que des gens différents se retrouvaient ensemble, sans aucune cooptation », résume une élue, Dominique Balderanis.
Pour choisir leur tête de liste, ils ont tranché selon les disponibilités de chacun. Tristan Rechid :
« On a essayé de tenir jusqu’au bout pour ne pas avoir une personne désignée. Il y avait “la liste de Pegon” [le maire sortant, ndlr] et “la liste collégiale”.
On a gagné sur ce point : on n’a pas voté pour une personne mais pour un projet. »

Conseil des sages

Durant les réunions publiques, les habitants ont également construit le schéma de fonctionnement de leur municipalité idéale.

Le schéma de fonctionnement « collégial et participatif »
« On est même allés jusqu’à se demander si on avait besoin d’un maire », précise Tristan Rechid. Les conseillers municipaux fonctionneront en binôme autour de sept compétences communales. Les indemnités leur seront équitablement réparties, en fonction du temps investi.
Que faire des trois élus de l’opposition ? « On va les intégrer dans notre fonctionnement, leur proposer de travailler selon nos méthodes », précise Vincent Beillard, le nouveau maire.
Une à deux fois par an, la population sera invitée à donner ses idées lors d’assemblées (les « commissions participatives » du schéma). Le reste de l’année, il y aura des petits comités sur des sujets précis, comme le choix du mobilier urbain ou la question des rythmes scolaires. Et s’il faut trancher sur une chose importante, les élus aimeraient organiser des référendums.

Des chats se la coulent douce à Saillans (Emilie Brouze)
Sabine se souvient que beaucoup d’habitants avaient critiqué l’abattage d’arbres centenaires, sous l’ancienne municipalité :
« Peut-être que ce choix était rationnel... Si on avait eu tous les éléments du dossiers, on serait peut-être arrivé au même résultat. On veut prendre des décisions qui paraissent justes. »
Dans ce schéma de fonctionnement, il y aussi un « conseil des sages » : neuf habitants, qui veilleront au respect de la politique participative et en seront les ambassadeurs.
Car les élus veulent partager leurs méthodes, « essaimer » dans d’autres communes.

Saillans et Les Trois becs, à l’horizon (Emilie Brouze)

« Complètement utopiste »

« Quand je suis sortie de la première réunion, je me suis dit que c’était complétement utopiste, qu’on y arriverait jamais », se souvient Sabine Girard, une géographe de 36 ans, attablée à la terrasse du Café des sports.
L’élue continue :
« Je suis quand même revenue et je me suis laissée embarquer par l’énergie du groupe. »
Les plus vieux ont joué un rôle important, juge-t-elle, alors que sa propre génération y croyait mollement.
Toutes ces réunions, ces centaines d’e-mails, cette campagne... Ça n’a pas été « un long fleuve tranquille », raconte Annie.
« Il y avait beaucoup d’interrogations. Parfois, je rentrais et j’avais l’impression de ne pas avancer. Il y avait des frictions, du débat, on savait que ça allait être épuisant mais on est restés. »
Les participants parlent tous d’un mélange d’utopie et de rigueur, de rêve et de travail.

Les élus dans la salle du conseil, le 27 mars 2014 (Emilie Brouze)

« Arme de discussion massive »

Ce jeudi, le maire et sa première adjointe, fraîchement élus, s’arrêtent toutes les cinq minutes pour dire bonjour, serrer des mains, faire des bises. Vincent porte un T-shirt à message de circonstance : « arme de discussion massive », est-il indiqué sous un haut-parleur.
Plus loin, un homme les interpelle déjà car sa vigne vierge a été prétendûment arrachée par du personnel communal :
« C’est toujours mieux de le dire amicalement plutôt que d’envoyer une lettre avec des photos. »

Annie Morin et Vincent Beillard (Emilie Brouze)
Les résultats du premier tour sont encore placardés sur la porte en bois de la mairie. Le premier magistrat n’a pas encore récupéré les clés de l’entrée mais les nouveaux élus utilisent une salle au premier étage, pour leur « réunion de pilotage » hebdomadaire, ouverte au public. La première des six ans de mandat.

Hollande caché derrière un buste dans la salle du conseil (Emilie Brouze)
Comme ils se trouvent à côté de la salle du conseil, plusieurs élus vont jeter un œil. « Ils ont caché Hollande ! », rient-ils en pointant le portrait, posé au fond derrière un buste.
Le maire prend la parole et fait le point sur le pot offert aux employés municipaux ou les travaux de la grande rue.
Ils parlent aussi de l’intercommunalité : les élus ont rencontré plusieurs maires pour parler stratégie :
« C’est vrai que dès qu’on sort de Saillans, on est obligés de rentrer dans le jeu politique. »

Lors du comité de pilotage le 27 mars 2014 (Emilie Brouze)
A la fin, surprise : le maire reçoit un petit cadeau de ses colistiers qu’il déballe, amusé. Une paire de chaussettes.
« On en avait marre de voir les tiennes trouées. »
Pour Sabine Girard, le pire maintenant serait de décevoir les attentes. Ou s’enliser dans une machine ingouvernable.
Puisque les habitants les ont choisi, ils vont devoir travailler ensemble. Avec Olivier, le secrétaire de mairie, ils sont en train d’étudier les obligations légales pour clarifier l’organisation de la nouvelle municipalité. Sabine Girard craint la routine, aussi :
« Le défi, ça va être aussi de maintenir cette énergie. »

Annie Morin et Vincent Beillard, première adjointe et maire, dans la salle du conseil de Saillans ( 
Emilie Brouze pour Rue89

lundi 24 mars 2014

Crest ...avant ce 23 mars...

Gilles dans ses ateliers, sur l'écosite d'Eurre, en mars 2014 (Rémi Noyon/Rue89).
Cassez-vous les crasseux

A Crest, Hervé Mariton ferraille contre les babas cool


Gilles dans ses ateliers, sur l’écosite d’Eurre, en mars 2014 (Rémi Noyon/Rue89).
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L’UMP Hervé Mariton brigue un quatrième mandat dans cette ville drômoise de 8 000 habitants. Ses adversaires dénoncent sa volonté de « désinfecter » cette « bab’s vallée » où pullulent artistes et militants de tout poil.

(De Crest) Au moins, ils s’accordent sur la définition. Le « baba cool » est un hippie d’arrière-garde, un improductif pas toujours sobre. Pas tout à fait punk à chien, mais pas non plus bobo des campagnes. Guère mélioratif.
Là s’arrête l’analyse partagée. A ma droite, Hervé Mariton, petites lunettes carrées, russophone revendiqué et troupier acharné de la droite morale ; à ma gauche, Gilles Rhode, la soixantaine burinée, le chapeau des Blues Brothers et la tronche d’un Pierre Rabhi en moins dégarni.
Député-maire de Crest, dans la Drôme, Hervé Mariton compte bien se faire réélire pour un quatrième mandat. Bien sûr, il y a une liste socialiste (avec de vrais morceaux de communistes), mais Gilles figure sur un rassemblement « citoyen », entre le centre et la gauche (il ne faut pas le dire), saucé d’écologie. Une nouvelle opposition au maire.

Hervé Mariton nous présente une spécialité locale, le 14 mars 2014, à Crest (Remi Noyon/Rue89)

« Jamais pu blairer les écolos »

Gilles et quelques uns de ses colistiers crachotent des noyaux d’olives dans le bar du chef de file, François Bouis. Ils se doutent qu’ils étaient visés lorsque le maire sortant a expliqué au Dauphiné que le « mix entre les gens et les babas [n’était] pas toujours réussi ». Pas gêné, l’élu s’est empressé de préciser :
« Je ne vous cache pas que la vision très baba cool de la ville peut poser problème parce qu’il y a un certain nombre de gens qui ne se sentent pas à l’aise. »
La remarque a fait jaser dans le bourg, chacun y allant de son exégèse. « Il n’a jamais pu blairer les écolos », explique l’un. « C’est un élu du nucléaire », renchérit un autre. Un certain Maki, Claude Amic de son vrai nom, s’est piqué de répondre au maire dans le journal local, Le Crestois :
« Il faut, pour remettre les choses au point, savoir que dans plusieurs pays, “baba” signifie papa, et cool est bien connu pour remplacer les adjectifs calme, pacifique, pour récuser l’agressivité de l’esprit et surtout la compétition. [...] Le baba cool authentique ne représente donc pas un danger pour la ville, au contraire ! »
Hervé Mariton ne regrette rien : il voulait dire que l’agriculture bio c’est sympa, mais que ce n’est pas une raison pour laisser crever les semenciers. Fermez le ban.

La ville de Crest depuis le pont en bois, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)

« Pas de propriétaire de la ville »

C’est qu’il faut vous imaginer la ville de Crest. A regarder les performances de son maire dans l’Hémicycle, on soupçonne une ville à sa mesure, dirigée en libéral assumé, guindée sur les valeurs morales. Un coin trempé dans la prudence et les économies de matelas. Un bout de terre conservateur, en somme.
Grave erreur. A la fin des années 80, Mariton a cherché à conquérir Valence. La droite y est divisée, il perd face au maire sortant PS. Réorientation vers Crest, à une trentaine de kilomètres. Banco. En 1995, il ne rate son élection au premier tour que de 79 voix. Près de vingt ans plus tard, il vise, sans trop d’inquiétudes, sa réélection dans cette ville de 8 000 habitants [PDF].
Pourtant, l’humus local ne lui assurait pas une arrivée tout confort. Chemin de refuge pour les protestants qui se planquaient dans la rocaille, la vallée de la Drôme est devenue un coin alternatif, irriguée par les « néo-ruraux », ces citadins adeptes du retour à la terre.
Aujourd’hui, la zone continue de drainer une population joviale qui aime se mettre de la couleur dans les cheveux. Pour vous donner une idée, Sinsemilia grenouille dans le coin et tout le monde est très fier que la Drôme soit le département le plus bio de France.
Sur la terrasse de son bar, François Bouis, qui gère également une fonderie d’art, parle spontanément de « bab’s vallée » :
« C’est vrai que lorsque des amis viennent me voir, ils disent : “On ne voit pas partout des gens habillés comme ça.” »

François Bouis (à droite), dans son bar, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Hervé Mariton lui-même a l’air étonné d’être toujours là. Pas rancunier pour un sou (Rue89 n’a pas été très tendre avec lui), il reçoit dans un salon de thé qui fait office de base arrière. Il sait qu’il retournera à sa permanence, mais il a quand même calé sous son bras une pile de dossiers. Toujours avoir l’air de bosser lorsqu’on est en campagne.
« Il est vrai que le territoire est plutôt à gauche. Mais je pense que les gens apprécient mon travail et les réseaux auquel j’ai accès en tant que député. »
Blabla. On l’interroge sur sa saillie anti-baba. Sans se dédire, monsieur le maire est plus prudent :
« A Crest, il y a des populations très diverses. La ville vit dans la variété : les catholiques et les protestants, la population traditionnelle et les intermittents du spectacle... Il ne faut pas qu’un groupe cherche à être propriétaire de la ville. Ce qui est apparu à certains comme une polémique qui me serait défavorable est, à mon avis, bien perçu par beaucoup de gens. »

« Il désinfecte avant de replanter »

Peut-être. Mariton s’appuie sur un cœur de cible moins visible dans le centre-ville. La paroisse est encore vivace et les retraités l’adorent – il a par exemple mis en place un système de navettes pour amener les personnes âgées dans un foyer restaurant et s’est converti aux poubelles à pédales, « parce que ça évite de se baisser ».
Les habitants qui ne l’apprécient pas beaucoup moquent ces « maritoniens fervents » qui le regardent « avec des yeux d’amour », ces « papis et mamies » qui passent « leur vie devant la télé » où le maire fait de fréquentes apparitions.
Crest illustre les tiraillements de ces villes attractives à la démographie changeante, traversées de cassures entre les générations, les familles « enracinées » et les nouveaux arrivants, souvent très diplômés, parfois bohèmes.
Comment Hervé Mariton a-t-il cherché à façonner la ville ? Pour s’entendre raconter la légende noire, il faut se tourner vers Gilles. Ce dernier a une métaphore plutôt vivifiante pour décrire l’action du maire :
« C’est comme l’agriculture chimique. Il désinfecte tout avant de replanter. »

Gilles Rhode dans son bureau, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)

Le « lama » avait un drôle de nom

La saga anti-babas a ses racines. On peut remonter au lendemain de l’élection du maire. En 1997, celui-ci fait appel à des vigiles de la société SAS pour arpenter les rues. La mairie s’inquiète de « la population un peu marginale [attirée par la région] qui génère un marché [de la drogue] et une petite délinquance ». A la même époque, Hervé Mariton décide de réduire le temps de travail de ses employés communaux pour alléger l’endettement. Libéral un jour...

Détail du Dauphiné en 2006, lorsqu’un drapeau a de nouveau été déployé sur la tour
Après 1998, son élection à la région grâce aux voix du Front national envenime gravement les choses. Réunis dans le mouvement Vaccin (Vigilance, art, culture contre les idées noires), des artistes de la région Rhône-Alpes le traitent de « nazi » et de « collabo ». En 2003, des intermittents arrachent un immense drapeau tricolore déployé à l’occasion du 14 Juillet sur la tour médiévale, symbole de la ville.
Au même moment, Gilles entame son bras de fer avec le maire. Le bonhomme a créé l’une des plus anciennes et importantes compagnie de théâtre de rue – Transe Express. Il participe à un carnaval « joyeux et libertaire ». C’est du désordre, c’est du bruit. On est loin de l’image idéale de la ville voulue par le maire, loin de son électorat. Mariton :
« Franchement, c’était sale. Des œufs sur les bâtiments, de la mousse à raser sur des gens, des pétards dans les pattes... On ne pouvait plus supporter cela. »

De jolis graffitis dans la ville de Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
« Karnavalacrest » s’interrompt. De son propre aveu, Gilles en fait voir de « toutes les couleurs » au maire. Mariton jure que cela ne l’a pas atteint, mais ses yeux se durcissent à l’évocation d’une anecdote racontée par le fondateur de Transe Express :
« Un jour de fête de rue, on fait sortir un “bouc émissaire” et on propose aux gens de le sacrifier : “Au feu, au feu”.
C’est un magnifique bouc et, au dernier moment, on fait venir un lama en carton et on fait chanter à la foule : “Brûlez le lama, brûlez le lama !”
A cet instant-là, on lui donne un nom : “Riton”. Voilà la foule qui chante : “Brûlez le lama Riton, brûlez le lama Riton”. »

« On s’était habillés en travelos »

Depuis, les deux hommes ne se sont pas rabibochés. Hervé Mariton a laissé partir avec satisfaction la compagnie – qui emploie tout de même 150 intermittents. Pour Gilles, le maire a pris prétexte de l’extension des activités de la cartonnerie, l’une des principales industries de la ville, pour les éjecter. L’élu jure qu’il leur a proposé un local en périphérie de la ville.

Gilles Rhode dans ses ateliers, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Quoi qu’il en soit, Gilles a installé sa troupe et ses ateliers dans un « écosite » aux allures de village gaulois. L’endroit, qui sent la résine, est situé sur le territoire d’une commune limitrophe, séparée de Crest par une ligne de chemin de fer sur laquelle un plaisantin a tagué en énorme « Tibet libre ».
De temps en temps, la compagnie vient titiller le maire, comme lors de la première gay pride de Crest, organisée l’année dernière par un collectif LGBT de la région :
« C’était drôle, on s’était habillés en travelos. »
Un journaliste du Crestois se souvient :
« C’était bon enfant et puis ils ont fait marcher le commerce, même s’il y a eu quelques tags sur les murs. »

« Grand froid » sur la ville

A entendre les opposants – le sans-étiquette François Bouis et le socialiste Samuel Arnaud, conseiller municipal sortant –, c’est après ce grand ménage que Hervé Mariton a cadenassé la ville. Les deux candidats d’opposition regorgent d’anecdotes sur le « grand froid » qui a soufflé sur la commune, même s’ils admettent tout deux que le maire n’a pas fait que des bêtises.

Le centre-ville de Crest, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
D’abord, après avoir expurgé la Maison des jeunes et de la culture – selon lui parce qu’elle était minée par les querelles internes, selon ses opposants parce que c’était bourré de gens de gauche –, le maire a reconstruit quelque chose de plus pépère dépendant de la Centre communal d’action sociale (CCAS) et donc, in fine, de la mairie.
Gilles, dans son style hardi, ne l’a toujours pas digéré :
« Elle ne propose que des ateliers de bien-être, de loisirs. La mairie se fout de la créativité, de l’éducation populaire. »
Plus froid, plus pondéré, le candidat socialiste Samuel Arnaud ironise :
« C’est amusant, il a municipalisé la culture pour se débarrasser des personnes qui l’agaçaient alors que pour tout le reste, sa doctrine est d’externaliser, de baisser le nombre d’employés municipaux. »
Lui note que la ville a voté à 57,20% pour François Hollande et est persuadé que la tentative d’enfumage de Mariton, qui tente de faire passer ses opposants pour des babas pas sérieux, ne passera pas.

Samuel Arnaud, le candidat socialiste, dans sa permanence à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Les conseillers municipaux d’opposition n’ont toujours pas avalé la motion contre le mariage pour tous présentée en conseil municipal, le 22 novembre 2012. Le maire y faisait savoir qu’il avait « choisi de développer des actions pour la famille durable avec, entre autres, la préparation au mariage civil, prévue dans l’Agenda 21 pour le développement durable » [PDF].
Vous avez bien lu : s’opposer au mariage gay serait, selon Hervé Mariton, un principe du développement durable. Devant son thé, le député assume au nom de son personnalisme philosophique :
« A mon sens, donner le maximum de chance aux mariés n’est pas hors du champ du développement durable. »
La mairie propose même une « formation » au mariage civil. L’idée est d’expliquer aux couples comment va se passer la cérémonie et d’insister sur la portée de ce choix...

Hervé Mariton à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)

McDo pour socialiser les jeunes

Pour les critiques, le symbole de cette anesthésie de la ville est la place de l’église, rénovée par Hervé Mariton. Un espace coupé en trois par des blocs de granit qui ressemblent à des pierres tombales : église, terrasses de cafés, parking. La vie compartimentée, sous l’œil des caméras de vidéosurveillance qu’il a fait installer.
« Tout le monde sait que Mariton veut une ville de vieux. »
Derrière le comptoir du bar La Caverne, le seul troquet encore ouvert après 21 heures, le barman, Ahmed, souligne, bon joueur, que le maire n’est pas mauvais puisqu’il est réélu depuis presque vingt ans.
Mariton, lui, s’agace : la place fait appel à l’art contemporain (« comme Pompidou »), le kebab est ouvert jusqu’à 22 heures et l’animation du centre-ville est compliquée par le bâti historique et la pente – un vrai sujet.

Hervé Mariton dans le centre-ville de Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Il met aussi en avant le McDo construit à l’entrée du village (mais en retrait de la route pour ne « pas avoir un empilement de bâtiments-boîtes »). Malgré l’opposition d’un collectif « Action Peace », la mairie n’a pas cédé, au prétexte que c’était un lieu de socialisation des jeunes et que c’était écologique :
« J’assume totalement. On ne va pas se masquer les yeux. Que l’on n’aille pas exiger de moi un racisme anti-McDo. Cela amène des gens qui auraient été à Loriol en consommant du carburant. »
Le maire contre-attaque. Il a un message à faire passer. Il est peut-être un « juif errant, un pâtre grec », mais il a le droit de poser ses valises et ne supporte plus ce procès en illégitimité qui lui est fait :
« On s’est moqué de mes enfants, on raconte qu’on leur jetait du chewing-gum à la figure à l’école. On m’a même dit que j’étais un colon parce que je suis né à Alger. Quand un déséquilibré ma tiré dessus, je suis allé à l’hôpital de Crest, pas à l’hôpital américain de Neuilly comme certains le suggèrent. »
Vient sa caution verte : le maire est très fier de son pont en bois, structure vieille de treize ans, qui est supposée agir comme un piège à CO2. La construction de la passerelle l’a confirmé dans sa conviction que la politique de l’offre est la seule efficace (eh oui) :
« Personne ne me l’avait demandé, tout le monde en est content. »

La Caverne à Crest, le 14 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Quant à la construction d’un nouvel hôpital sur la commune, Mariton jure l’avoir obtenue grâce à ses réseaux. De manière générale, l’élu se flatte d’avoir arrosé sa commune grâce à la réserve parlementaire et veut suggérer que malgré la remise à plat de Claude Bartolone, il continue de palper :
« Tout le monde a le même montant, sauf ceux qui ont plus. »
Avec cet argent, il a fléché vers la commune près d’un million d’euros en trois ans (552 000 euros en 2011, 234 000 euros en 2012, 100 000 euros en 2013), ce qui a le don d’agacer Yann Louvel, un blogueur écolo connu de la commune, qui parle de « concurrence déloyale ». Les crédits de la réserve lui ont également permis de soigner la fiscalité.
Dans sa permanence, entre deux tractages, Samuel Arnaud soupire :
« Le débat d’orientation budgétaire se résume à un chiffre : 0. Ne pas augmenter les taux d’imposition. »
Les opposants à Mariton font valoir que plus d’argent aurait pu être injecté via les intercommunalités ou la participation à la bio-vallée. Mais monsieur le maire avait décidé qu’il n’était pas question de participer à ces « usines à gaz ».

Mauvais exemple pour la jeunesse

A L’Arrêt public, café associatif, on cause du « dispensaire de soins alternatifs », de la légende punk de la région dans les années 90 et du clone de Mariton (« Il est partout, il a bien un secret », disent les gens).
Jacqueline, qui est sur la liste de François Bouis et de Gilles Rhode, assure la permanence entre les affiches anti-gaz de schiste et les tracts de Colibris, le mouvement de Pierre Rabhi :
« Ce monde-là ne l’intéresse pas, il n’est jamais entré ici. Il ne nous comprend pas. »

Le bar L’Arrêt public à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Même son de cloche de l’autre côté de la rue, dans les locaux de l’association Terre de Liens, qui aide de petits exploitants agricoles à s’installer. On tombe sur Hélène, une conseillère municipale d’opposition. Elle engage la conversation avec un certain Raphaël, qui a travaillé à la mise en place de l’intercommunalité à laquelle Crest s’est liée à contre-cœur.
Pour eux, Hervé Mariton n’a pas embrayé sur le foisonnement de la vallée, le tissu de l’économie sociale et solidaire ou les entreprises comme Sanoflore, marque de soins bios lancée par une communauté de babas suisses (décidément) au début des années 70.
Maki ne dit pas autre chose :
« Le McDo, le Casino, le nouvel hôpital sont une très bonne chose, mais ils ont, par leur implantation, tué le centre-ville. Ce dernier ne peut revivre qu’en changeant totalement d’activité. [...] Notre Crest a besoin de tous, même des babas cool. »

« Aider signifie donner de l’argent ? »

Quinze associations, dont Les Amis de la Terre, ont envoyé un questionnaire aux trois listes candidates : que comptez-vous faire pour la pollution lumineuse, les forêts, les terres agricoles, le gaz de schiste, etc. ?
Seuls les socialistes d’Arnaud et les sans-étiquettes de Bouis ont répondu. Mariton a snobé les militants, dont il sait qu’ils ne lui sont pas favorables. Son explication :
« Aussi important que puisse être le sujet de la zone de libre-échange transatlantique (Tafta), je ne vois pas en quoi ce débat concerne les municipales... »
Son directeur de campagne a répondu en affirmant que trois de ces associations étaient « largement aidées » par la mairie.

L’atelier de réparation de vélos, à Crest, le 15 mars 2014 (Remi Noyon/Rue89)
Cela fait bien marrer Nicolas, qui participe à deux d’entre elles – Autour du Cycle, un atelier de réparation de vélos, et Taupine en Bourg, qui a tenté d’installer des composts dans la ville :
« Ils ont juste mis un plot devant la porte de notre local pour éviter que des voitures se garent. Nous ne recevons aucune subvention et lorsque l’on a lancé l’association, la mairie n’a pas souhaité nous aider au prétexte que nous allions faire de la concurrence aux professionnels du vélo, ce qui n’est évidemment pas vrai. »
L’œil soudain malicieux, Mariton s’étonne de ce « matérialisme » :
« Depuis quand “aider” signifie “donner de l’argent” ? »

Le fondateur d’Apple

Gilles regrette également que le député Mariton se soit engagé aussi clairement pour la refonte du statut des intermittents du spectacle, pourtant nombreux dans sa ville :
« Il nous voit comme des chômeurs, des renégats et un mauvais exemple pour la jeunesse. Il nous accuse d’avoir un statut immoral, je pense pourtant que ce statut vaut mieux que celui d’homme politique. Et puis j’ai envie de lui dire que le mec qui a inventé Apple était un baba cool. ». Rue 89

samedi 22 mars 2014

Aides aux travaux de rénovation énergétique...



Professionnels du bâtiment,  êtes-vous prêts pour les marchés de demain ?
Bonjour, Pourriez-vous faire paraître cet article dans votre prochain journal. Je vous remercie pour votre collaboration, Cordialement…
Vous êtes une entreprise, vous réalisez des travaux d’économie d’énergie, vous installez des équipements valorisant les énergies renouvelables ?
À partir du 1er juillet 2014, certaines aides publiques (Eco prêt à taux zéro, Crédit d'impôt développement durable), distribuées aux ménages souhaitant faire des travaux de rénovation énergétique de leur logement, seront conditionnées au recours à des professionnels porteurs de signes de qualité RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Vous avez déjà certaines qualifications ou certifications, êtes-vous  déjà reconnu professionnel RGE ? Sinon comment le devenir ?
Le Site de Proximité de la Communauté des Communes du Diois et BiovalléeÒ vous invitent  à une réunion d’information de jeudi 3 avril 2014 de 18h à 20h dans les locaux de la CCD
CCD - 42. Rue Buffardel - 26150 DIE - 04.75.22.29.44
Pulchérie Comte
Chargée de communication/Gestionnaire de données/Secrétaire
BP 41 - 42, rue Camille Buffardel
26150 Die
Tél. : 04 75 22 29 44
Fax : 04 75 22 19 14

jeudi 20 mars 2014

Piegros la Clastre 26400 : Formations et démarche personnelle...



LES SOIRÉES DE L’AUBE, Evènements à venir
Au fil des mois à 20h*
Jeudi 27 mars à 20h00
- « Environnement, santé, alimentation »
Par Marie-Christine Albarel :
La pollution de notre environnement domestique par toutes sortes de produits, plastics, pollution rurale par les pesticides, désherbants… nous expose à certaines substances qui peuvent avoir un impact nocif sur notre santé. Nous verrons quels sont les effets sur le fonctionnement hormonal humain, mais aussi sur la grossesse, le nourrisson et au moment de la puberté.
Entrée : 3€
Jeudi 17 avril 2014
- « Nos finances et les banques »
Jacky blanc : a été président du directoire de la Nef pendant plus de 10 ans. Il est membre fondateur de Terre de lien. Et est aussi actuellement membre du comité de pilotage du mouvement Colibris. La machine à générer des crises financières est-elle définitivement enrayée ?
Les banquiers sont-ils devenus plus vertueux sous la pression d’une réglementation plus contraignante ? Et si la solution était un peu en chacun d’entre nous, comme un tout petit grain sur la balance du monde ?
Entrée : 3€
Jeudi 22 mai 2014
- « La méthode H3D »
Laurence Cottet et son invité le Dr Reynes
Le parcours de Laurence est celui de nombreux alcooliques : en 1998, à trente-huit ans, elle devient alcoolique dépendante. Elle a perdu la liberté de s’abstenir de boire. Aujourd’hui, depuis cinq années, elle a retrouvé cette liberté.
Elle n’est plus esclave de l’alcool ni d’aucune autre dépendance. Elle a mis au point ma méthode H3D qui est une réflexion quotidienne « douce » pour faire face à une drogue devenue « dure » pour des millions de personnes : l’alcool.
Entrée : 3€
Les week-ends à thème
15 et 16 mars 2014
- « Le couple dans tous ses états! »
Stages "Couple"
Week-ends à deux dans la Drôme animé par le Dr Hugues REYNES
Vivre durablement en couple est une expérience d’autant plus complexe, que nous n’avons pas été préparé à traverser les difficultés que tout couple rencontre naturellement un jour.
Et si nous prenions un temps pour faire le point et redonner du souffle à la vie à deux ?
Ces week-ends s’adressent :
Aux couples de tous âges qui souhaitent s’offrir un week-end d’intimité pour renforcer leur relation, qu’ils aient ou non des difficultés de couple.
Les buts :
Comprendre les enjeux de la vie à deux.
Découvrir et vivre les différentes dimensions de couple qui se succèdent dans le temps.
Devant des difficultés, comprendre les mécanismes en jeu pour apprendre à les dépasser.
Week-end du 26 et 27 avril 2014
- « Les enjeux de la cinquantaine »
Par le Dr Hugues Reynes
Le début d’une nouvelle étape de l’existence
La période de la ménopause : Comment bien vivre cette nouvelle étape de l’existence et trouver le nouvel élan qu’elle contient.
Qu’en est-il de l’homme et de " l’andropause" ?
Lire la suite...
Les cycles en week-ends
les 29 et 30 mars - 14 et 15 juin 2014
Nous renouvelons le cycle SEXUALITÉ sur 2 WE
- La sexualité - ce que l’on ne vous a jamais dit! »
Par le docteur Hugues Reynes
Connaître les mystères du plaisir
S’épanouir avec le sien
Améliorer et enrichir sa vie sexuelle
22 et 23 mars - 12 et 13 juillet 2014
- Séjours d’étude et recherche sur l’apparition et l’évolution de la vie »
Astrophysique, Phylogenèse, Anthropologie, Embryologie
Mieux comprendre comment la vie évolue depuis 15 Milliards d’années.
Mieux saisir ce qui s’est joué à travers les règnes précédents, (minéral, végétal et animal), et ce qui se joue dans le règne actuel, (humain).
Les séjours
Du 17 au 21 mars 2014
- Séjours Recul à l’Aube avec Bernard Montaud »
Faire un bilan de sa vie, accompagné par Bernard Montaud
Vivre pleinement sa vie!
Ce séjour va permettre de faire un point complet sur sa vie affective, professionnelle et spirituelle pour reprendre le bon cap et ré-enchanter son existence.
Vous pourrez côtoyer Bernard Montaud pendant votre séjour, fréquenter un autre rythme et un certain silence, tenter l’expérience du meilleur de soi et de ses propres dialogues inspirés.
Lire la suite...
- Séjours libres autour de Hugues Reynes »
Des « séjours libres » sont proposés à l’Aube accompagnés par Hugues Reynes.
Ces séjours s’adressent aux personnes :
Désirant prendre un temps de recul pour faire le point sur leur vie, résoudre une difficulté particulière ou aborder une question personnelle.
Ayant des questions sur la sexualité, le désir d’enfant, l’infertilité, la parentalité (quelque soit l’âge des enfants) ou la ménopause.
Souhaitant s’offrir simplement quelques jours dans un lieu calme et propice à la réflexion
- Dates séjours libres 2014
du 31 mars au 3 avril
les 14-16 et 17 avril
du 21 au 25 avril
du 28 avril au 1er mai
Les prochaines dates seront à découvrir sur le site de l’Aube
Lire la suite...
Et encore!
Posez une question sur la sexualité au Dr Hugues Reynes
Dans le respect de la tolérance et de l’anonymat, une page du site est ouverte où vous pouvez poser une question relative à la sexualité au Dr Hugues Reynes.
Vos questions et leurs réponses peuvent servir à d’autres personnes qui ont les mêmes interrogations et n’osent pas poser de question.
Lire la suite...
Le Dr Hugues Reynes est invité régulièrement sur RMC à l’émission de Brigitte Lahaie.
"Lahaie, l’amour et vous"
L’équipe communication
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Permanence de l’Aube : 04 75 40 03 24 (de 12h30 à 14h du lundi au vendredi)
Contact par courrier électronique : Ici
Centre de l’Aube - association Accueil & Échanges les Combeaux 26400 Piégros-la-Clastre - France