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jeudi 3 avril 2014

Arréter ce traité transatlantique qui va ruiner les peuples...

Stop au "Grand marché transatlantique" Nouvel outil d’exploitation et de domination des peuples


Depuis le 8 juillet 2013 les États-Unis et l’Union européenne ont entamé les négociations d’un accord de commerce et d’investissement proposé sous le nom de « Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (PTCI). Ce projet d’accord de libre échange bilatéral appelé également Grand marché transatlantique ou TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), se situe dans la lignée des politiques libérales et de dérégulation de la BM, du FMI et de l’OMC.
C’est un outil supplémentaire d’exploitation et de domination particulièrement redoutable, au service de ces politiques.
Les négociations qui sont à leur 3e étape doivent se terminer en 2015 et sont censées rester secrètes, de même que le mandat (qui a néanmoins fuité).
Ambition et stratégie
Le projet de GMT est particulièrement important du fait de la puissance économique et politique des parties. Les USA et l’UE représentent la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges et ce projet d’accord n’est pas le seul.
Il s’inscrit dans une stratégie globale, impulsée par les États-Unis et soutenue par l’UE, de conquête des marchés au niveau mondial face à la concurrence des pays émergents et surtout de la Chine.
Cette stratégie implique d’aller encore plus loin que l’OMC dans le libéralisme économique et la dérégulation et de contourner cette institution limitée par ses règles de fonctionnement et les résistances qu’elle soulève .
Elle vise aussi à entériner le système de délégation de la norme au privé et à imposer ses normes ainsi définies au niveau mondial par la jurisprudence. La nouvelle vague d’accords de libre échange, comme le GMT, l’AECG (l’Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada, actuellement en négociation avancée), le Partenariat transpacifique (PTP) avec 12 pays d’Asie hors la Chine, et de nombreux autres ALE, rentre dans cette stratégie discrète de domination mondiale.

lundi 31 mars 2014

Droit au logement décent pour tous...



31 mars, grande journée de deuil pour le droit au logement.
C’est la fin de la trêve hivernale commencée le 1er novembre… Ouf ! Au 1er avril, le droit de propriété retrouve ses couleurs.
Plus de 115 000 jugements d’expulsion de locataires pour impayés de loyer ont été prononcés en 2012 ; combien, au 1er avril 2014, seront exécutés par la force publique ? Plus de 12 700, comme en 2012 ?
Combien de familles, de femmes et d’enfants, devenus SDF « sans droits ni titres », vont ainsi rejoindre les dizaines de milliers de personnes expulsées les années précédentes et dont le droit à l’hébergement, pourtant reconnu par la loi, est régulièrement bafoué par manque de places ? Exclues par ailleurs de la trêve hivernale, elles sont condamnées à subir les violences de la vie dans la rue pendant les périodes de froid (les demandes au 115 sont en constante augmentation, 55 % d’entre elles n’obtiennent pas de réponse).
La fin de la trêve hivernale, c’est aussi la fermeture de milliers de places d’hébergement d’urgence, étant implicitement admis que vivre et dormir dehors hors gel est absolument sans danger. Seulement ceux qui vivent ainsi meurent en moyenne à l’âge de 49 ans.
La fin de la trêve hivernale, c’est aussi le retour des coupures de gaz et d’électricité pour ceux qui ne peuvent plus payer leurs factures.
Ainsi, trois ans après l’annonce d’un grand « Chantier national prioritaire pour le logement » et le vote récent de la loi Alur, l’accès au logement des personnes sans abri et mal logées n’est toujours pas une priorité, alors qu’augmente le nombre des personnes qui sont sans domicile personnel, à la rue, aux portes des centres d’hébergement ou encore en situation de mal-logement et d’habitat indigne.
C’est dans l’urgence de rendre effectif le droit à un logement de qualité pour tous, que la Ligue des droits de l’Homme, tout en reconnaissant quelques avancées contenues dans la loi Alur :
- demande un moratoire des expulsions locatives sans relogement ;
- dénonce le désengagement de l’Etat et des collectivités territoriales, au vu de l’absence de priorité donnée à la production massive de logements locatifs sociaux et « très sociaux ». Elle en veut pour preuve la promesse de construire en 2014 2 000 logements « PLAI très sociaux » (3 000 en 2015), alors qu’une ordonnance récente lance la construction de 60 000 logements locatifs intermédiaires par an, qui seront inaccessibles aux plus modestes. Les quatre-cinquièmes de cette production bénéficieront du dispositif de « défiscalisation Duflot » ;
- dénonce, par ce fait, la poursuite depuis quarante ans d’une politique d’avantages fiscaux en faveur d’investisseurs privés qui entretiennent un marché immobilier financiarisé, générateur de profits par l’exploitation cynique d’un besoin fondamental auquel personne ne peut se soustraire sans mettre en péril son existence même ;
- demande une politique de l’urbanisme capable de lutter contre l’étalement urbain, facteur d’usage intensif de l’automobile, d’isolement social, de gaspillage des sols, par la promotion d’un habitat dense qui garantisse la qualité de la forme urbaine et de l’espace public avec une politique foncière publique forte.
Se loger et pouvoir se maintenir dans son logement est pour chacun une nécessité vitale.
Un habitat digne pour chacun, garanti par la solidarité du corps social, est un préalable indispensable à l’accès à une citoyenneté effective, combat permanent de la Ligue des droits de l’Homme.
Le délégué Diois de la Ligue des Droits de l'Homme.
Ligue des droits de l'Homme
Section Dioise
Chastel et Bassette
26150 Die

lundi 10 mars 2014

Die 26150 : rencontre avec la Birmanie...avec le CCFD.



Invitation soirée "Transformer nos sociétés"
 vendredi 21 mars 2014
A tous ceux que le sujet intéresse, notez bien la date, les détails sont sur la pièce jointe.
A bientôt!
Caroline Ligouy
Le Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre Solidaire est la première ONG de développement en France. Reconnue d’utilité publique en 1984, l’association a reçu en 1993 le label Grande Cause Nationale et a le statut de consultant auprès du Conseil économique et social des Nations unies. Depuis plus de 50 ans, le CCFD-Terre Solidaire est mobilisé contre la faim dans le monde.

dimanche 9 mars 2014

Emancipation des femmes 1914 ou 1946 ?



« La France de l'entre-deux-guerres s'est crispée sur la question de l'émancipation des femmes »
Dans votre ouvrage  Les femmes au temps de la guerre de 14, publié en 1986, réédité en 2013, vous affirmez que la première guerre mondiale n'a pas émancipé les femmes. Cette question continue d'être débattue par les historiens. Les Françaises ont obtenu moins de droits politiques que les Britanniques ou les Américaines, par exemple. La réponse serait très différente d'un pays à l'autre ?
Françoise Thébaud : Oui, mais la réponse doit être nuancée. L'émancipation, c'est d'abord une question de droits. Y a-t-il eu de nouveaux droits pour les femmes à l'issue de la guerre ? Pour la France, la réponse est non. Aucune des revendications formulées par le mouvement des femmes n'est satisfaite dans les années 1920. Il n'y a ni droit de vote ni amélioration du statut civil de la femme mariée. Le Parlement promulgue une loi répressive en matière de contrôle des naissances. Cette loi demande aux Françaises de devenir des mères et de repeupler le pays. Ce qu'elles ne font pas.
La société française était-elle plus conservatrice que la société anglaise ?
Il est compliqué de répondre précisément à cette question. La société française de l'avant-guerre est confrontée à un défi démographique. Sa population croît moins rapidement qu'en Allemagne. Avant 1914, les associations pro-natalistes militantes sont encore peu entendues par les pouvoirs publics. La natalité devient une question politique pendant la Grande Guerre. L'hécatombe de la guerre (1,4 million de morts) et le déficit des naissances poussent les pouvoirs publics à mettre en place une politique nataliste au lendemain de la guerre. Cette politique est à la fois répressive, — elle interdit le contrôle des naissances — et incitative — elle incite à faire des enfants à travers des allocations et la mise à l'honneur des mères de famille. La question de la natalité est beaucoup moins forte dans d'autres pays européens.

samedi 8 mars 2014

Ce samedi 8 mars : journée de toutes les femmes...



Deux époques, un seul féminisme
Deux générations du féminisme s’accordent pour tirer un constat alarmant sur la place des femmes dans les médias.
Coline de Senarclens, 29 ans, est une des organisatrices de la Marche des salopes. Maryelle Budry, 70 ans, est une militante de la première heure, membre du Mouvement de libération des femmes (MLF) dans les années 1970. Les deux femmes ne s’étaient que brièvement rencontrées auparavant. On a réuni ces représentantes de deux générations de féministes pour analyser ensemble les enjeux actuels de la lutte pour l’égalité sexuelle et la place des femmes dans les médias. Entretien.
- Le féminisme de 2014 est-il différent du féminisme d’il y a quarante ans?
Coline de Senarclens: Non! Les enjeux sont toujours les mêmes: une lutte collective pour les droits des femmes. Mais si l’égalité homme-femme est aujourd’hui inscrite dans la loi, elle n’est pas effective dans la réalité. Les combats d’aujourd’hui sont certainement plus symboliques, en lien avec les valeurs, les représentations féminines et l’éducation.
Maryelle Budry: Certaines femmes ont l’impression que la lutte est terminée. Le concept de féminisme a même acquis une connotation ringarde. Ce qui complique considérablement la mobilisation. Pourtant, le terme «féminisme» reste plus que jamais d’actualité.
C.d.S.: Oui, et je le revendique également. Les médias nous appellent les «néoféministes», comme pour rompre avec une image ennuyeuse du féminisme de l’époque. Il existe pourtant une réelle continuité.
- La question du genre est-elle davantage centrale depuis que l’égalité est ancrée dans la loi?
M.B.: Je ne pense pas. A l’époque du MLF, nos principales revendications étaient la libération des corps, la liberté sexuelle et le droit à l’avortement. Les homosexuels et les lesbiennes manifestaient déjà à nos côtés. Certains disaient que nous étions à l’an zéro du féminisme, mais il existait parallèlement des femmes qui s’engageaient patiemment pour leurs droits, depuis le XIXe siècle. Des disputes éclataient parfois entre ces deux mouvances qui sont maintenant réunies.
C.d.S.: Les femmes sont un groupe hétérogène qui englobe toutes les luttes. La question du genre reste toujours commune.
- Quel regard portez-vous sur la représentation des femmes dans les médias?
C.d.S.: J’ai une fois fait le compte dans un quotidien genevois: environ 20% des photographies montraient des femmes, en comptant les publicités et les annonces de charme! Pour être présentes dans l’espace public, elles doivent obéir à des codes précis, être à leur juste place. Généralement, on cherche plus facilement à interroger des hommes, et ces derniers sont également plus faciles à trouver. Mais les médias sont aussi le miroir de la société, dans laquelle les femmes sont largement sous-représentées dans les postes à responsabilité.
- Quelles sont les causes de cette sous-représentation médiatique?
M.B.: Beaucoup de femmes n’osent tout simplement pas prendre la parole, se sentent moins légitimes. Elles ont intériorisé un sentiment d’infériorité par rapport aux hommes.
C.d.S.: Lorsqu’il s’agit de prestige et d’espace de parole, les hommes ont beaucoup de plaisir à parler pour nous. Par ailleurs, l’arrivée d’un enfant est souvent un frein à la carrière professionnelle, même pour les universitaires. Il existe peut-être 10% de femmes qui travaillent à plein-temps avec un enfant.
- Quelle solution imaginez-vous pour pallier ces inégalités?
M.B.: L’une des grandes bagarres du féminisme est liée à la féminisation des termes. Lorsque je travaillais auprès du service de l’orientation professionnelle, j’ai longtemps œuvré pour que les brochures d’information ne soient plus rédigées uniquement au masculin, que l’on puisse y trouver le mot «ingénieure». Il était important que ce vocabulaire féminisé soit repris par la presse. Nous avons pu constater quelques progrès durant les années 1990, grâce à des directives cantonales qui allaient dans ce sens. Aujourd’hui, j’observe un recul sur ce sujet et des réactions fortes du public.
C.d.S.: La lutte pour le langage épicène est mal comprise. Elle n’est pas jugée prioritaire pour le féminisme. Il s’agit pourtant d’un outil de domination important.
M.B.: Il faut sensibiliser les jeunes journalistes à ces problématiques.
- Les Femen ou la Marche des «salopes» utilisent la nudité pour augmenter leur couverture médiatique. Au détriment du message?
C.d.S.: Sur la méthode, je comprends les Femen qui utilisent l’un des seuls moyens de visibilité pour les femmes: leur corps. Cela dit, je ne suis pas toujours d’accord avec leurs messages, qui peinent en plus à se faire entendre. Au sein de la Marche des salopes, notre manière de manifester est directement liée à notre objet de lutte. Même habillées en salopes – un terme vidé de son sens –, aucun homme n’a le droit de nous violer. Il est évident que cette visibilité nous arrange, au risque que le message ne soit pas toujours bien compris de tous. C’est un paradoxe que nous assumons.
M.B.: Les Femen sont chères à mon cœur, indépendamment de leurs messages. Elles utilisent la provocation, comme à l’époque du MLF. On se revendiquait «les bonnes femmes», comme le font aujourd’hui les salopes. - Quel est le sens du 8 mars aujourd’hui?
C.d.S.: C’est une occasion de se mobiliser. Et il y en a plus que jamais besoin lorsqu’on voit les attaques inédites contre l’égalité. Je pense notamment aux impressionnants rassemblements réactionnaires contre le mariage homosexuel en France.
M.B.: Un jour sur trois cent soixante-cinq pour les droits des femmes, c’est préférable à zéro. Je trouve ahurissant de devoir à nouveau descendre dans la rue pour défendre des droits qui ont été inscrits dans la loi, comme avant les dernières votations sur le remboursement de l’avortement. C’est la preuve que rien n’est jamais acquis en matière de féminisme.
Eric Lecoultre  et  Pauline Cancela

mercredi 5 mars 2014

Ligue des Droits de l'Homme : Pour l'égalité....



Pour l’égalité des femmes et des hommes, pour la mixité des droits
C’est parce que l’égalité de fait a progressé entre les femmes et les hommes depuis les années 1970, grâce aux combats féministes, que les inégalités persistantes sont de plus en plus inacceptables. Plus on a de libertés et de droits, plus fortes sont les exigences d’égalité.
Or l’écart reste immense aujourd’hui entre une législation largement égalitaire et la situation réelle. Les inégalités – le quart de salaire en moins pour les femmes – se maintiennent et, pire, avec la crise économique, la pauvreté et la précarité féminines augmentent : femmes chômeuses, retraitées pauvres, femmes à la rue, femmes privées d’accès aux droits.
Simultanément, l’extrême droite, des traditionalistes au Front national, soutenue par une partie de la droite républicaine, agitent le fantasme d’une prétendue théorie du genre pour renvoyer les femmes à un statut d’inférieures, dans le cadre de la famille patriarcale. Elles stigmatisent l’avortement, s’attaquent aux bibliothèques et à l’école publique, entendent discriminer les homosexuels et, plus largement, les femmes et les étrangers. Idées dangereuses que le Front national instille efficacement dans le débat politique, en attendant les prochaines élections qui risquent de lui donner un poids politique plus lourd.
Ces menaces se précisent dans d’autres pays d’Europe. À l’occasion de cette journée internationale des femmes, nous réaffirmons que nous sommes solidaires des femmes espagnoles qui refusent massivement de se voir priver de leur droit à l’avortement.
De même nous sommes solidaires de celles qui, de l’autre côté de la Méditerranée, se battent pour séparer le politique du religieux et promouvoir l’égalité des droits dans les constitutions de leurs pays.
Nous soutenons les mobilisations et initiatives locales. Et nous attendons de notre gouvernement une défense énergique et effective des droits des femmes. La loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes comporte des avancées, mais elles sont insuffisantes. Oui aux ABCD de l’égalité, oui à la réaffirmation par la loi du droit à l’IVG ; non à l’abandon de la loi famille, aux fermetures de maternités et de CIVG.
Nous voulons l’accès plein et entier de toutes les femmes à leurs droits spécifiques. Nous voulons une loi-cadre contre les violences faites aux femmes. Nous voulons une justice sociale dont les moyens ne relèvent pas seulement du budget de l’Etat, mais d’une véritable volonté politique.
Oui à une société ouverte, où toutes et tous, sans distinction de sexe, d’orientation sexuelle, d’origine ou de classe sociale jouiront des mêmes libertés et des mêmes droits.
La Ligue des droits de l’Homme s’engage avec force pour l’effectivité de l’égalité entre les femmes et les hommes parce que lorsque les femmes luttent pour leurs droits, c’est la société tout entière qui en bénéficie. Elle appelle à la mobilisation de toutes et de tous, partout en France, pour manifester à l’occasion de la journée internationale des femmes.
Claude Veyret
Délégué Diois de la Ligue des Droits de l'Homme.
Ligue des droits de l'Homme
Section Dioise
Chastel et Bassette
26150 Die


vendredi 28 février 2014

Die 26150 : l' association "Die et Z'Elles" pour 50 % de maires femmes dans le Diois...



Liberté, égalité, parité ! La nouvelle campagne Die et Z'Elles (Osons le féminisme).
Die et Z'Elles (Osons le féminisme) lance une campagne pour de nouvelles avancées en matière de parité : 50 % de maire.
Alors que la France a été pionnière en votant une loi pour la parité en 2000, notre pays est aujourd’hui à la traîne. La France pointe à la 69ème place dans les classements internationaux sur la parité. Avec 18,5% de femmes députées et 13,9% de Maires, la France fait moins bien que ses voisins.
En pleine période d’élections, Die et Z'Elles (Osons le féminisme) lance aujourd’hui une campagne pour dénoncer le retard pris depuis dix ans en la matière et mettre en avant des propositions pour que le quinquennat qui s’ouvre soit synonyme de nouveaux progrès pour la parité.
La campagne ?
A l’approche des élections municipales de 2014,
Die et Z'Elles (Osons le féminisme) lance la série «Madame la Maire», composée d’interviews et de portraits d’élues venant de toute la France qui partagent avec nous leurs expériences de femmes politiques.
En 2008, le pourcentage de femmes maires est passé de 11 % à 13.9 %, très légèrement tiré vers le haut grâce à la loi sur la parité qui a imposé à cette date autant de femmes que d’hommes sur les listes municipales. Ce chiffre reste aussi marqué par de fortes disparités régionales : on compte 21 % de femmes maires dans l’Yonne, contre 7 % dans les Bouches-du-Rhône et 3 % en Martinique !
De façon paradoxale, ce sont les plus petites communes où la loi sur la parité ne s’applique pas encore qui élisent le plus de femmes maires : elles sont 14 % dans les localités de moins de 3 500 habitants. A l’inverse, dans les villes de 9 000 à 30 000 habitants, les femmes ne représentent que 8 % des maires. 
Si certaines femmes maires de grandes villes sont connues, telles Dominique Voynet, élue à Montreuil, ou encore Valérie Fourneyron, maire de Rouen avant de devenir Ministre de la Jeunesse et des Sports, on connait moins les parcours des femmes élues dans des plus petites communes. Die et Z'Elles (Osons le féminisme) est allé à la rencontre de ces femmes maires, qui œuvrent au quotidien pour leur municipalité et leurs citoyens. Elles partagent dans notre série « Madame la Maire » leur parcours et leurs expériences, et vous invitent à les rejoindre en investissant les têtes de listes municipales.
Dans les assemblée… 
Nous ne devrions pas avoir à écrire ce texte.
Les femmes n'ont-elles pas les mêmes droits civiques –celui de voter et d’être éligible– que les hommes depuis soixante-dix ans déjà ? Des lois dites de parité n'ont-elles pas été votées dès 1999, première mondiale érigeant en principe le fait de favoriser l'égal accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives ? Et ne vient-on pas de nommer le premier gouvernement paritaire de la Ve République? Alors comment se fait-il que le pouvoir soit en fait toujours aussi viril ?
L’exclusion des femmes demeure une réalité dans les instances de pouvoir: l’Assemblée nationale élue en 2007, lors des dernières législatives, était à 81,5% masculine. Depuis 1988, sur les 577 circonscriptions, 413 n’ont envoyé aucune femme à l’Assemblée. Cette année, l'UMP n’a investi que 25% de femmes candidates aux législatives. Le classement de notre pays concernant la proportion de femmes parlementaires empire avec les années : la France est aujourd’hui à la 69e place au niveau mondial.
Cette exception française et cette résistance de l’Assemblée Nationale, institution pourtant emblématique de la démocratie représentative, incarne le fait qu’au-delà des équations individuelles, l’inertie d’un ordre sexué perdure. Celui-ci puise ses racines dans notre histoire, y compris démocratique : la citoyenneté à la française, pensée par les Lumières, fait encore de l’ombre aux femmes qui ont été exclues d’un universalisme en réalité masculin. Leur sexe faisant d’elles des êtres d’instinct plus que de raison, elles ont été exclues de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du suffrage universel, du Code civil… Il nous reste encore à mener un travail de désacralisation de ces principes, entamé par les mouvements féministes pro-parité des années 90.
En conséquence, le monde politique se caractérise encore aujourd'hui par un sexisme ordinaire, parfois inconscient. L’inclusion des femmes, telle que nous venons de le voir au sein du gouvernement, n’est ainsi pas contradictoire avec la persistance de leur exclusion du pouvoir. Elle s’exprime par la désignation de candidates dans des circonscriptions  « difficiles », voire « ingagnables », par les délégations qui leur sont confiées mais aussi par le fait qu’elles sont plus souvent choisies pour leur cumul de différence (sexe, origine réelle ou supposée, âge, affiliation associative, etc.). Nous appelons à la vigilance pour que les usages de la parité ne conduisent pas à une révolution conservatrice assignant les femmes à leur(s) différence(s), mais à une déconstruction de l’ensemble des inégalités.
Enfin, cette mandature se clôt sur des tentatives de remise en cause de la parité. En atteste la réforme territoriale, qui, en remplaçant les conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux élus au suffrage uninominal, le mode de scrutin le plus défavorable à la parité, aura pour conséquence de faire reculer de manière spectaculaire les progrès accomplis depuis 2000 au niveau des collectivités locales.
Renaît, avec le renouvellement des Maires, l'espoir de voir la parité progresser de nouveau. Nous, militant-e-s féministes, nous, candidat-e-s, nous, universitaires, nous voulons participer à l’ouverture d’une nouvelle ère de la parité. Pour y parvenir, nous défendons un renforcement des lois dites sur la parité. Afin que la sanction financière ne soit pas qu’incitative mais aussi contraignante, nous soutenons une suppression pure et simple de toutes les aides publiques aux partis qui ne respectent pas la parité des candidatures. Afin de lutter contre la professionnalisation et la confiscation de la vie politique, nous défendons une limitation du cumul des mandats simultanément et dans le temps. Nous nous mobiliserons enfin pour que la Constitution « garantisse » et non plus seulement « favorise » l'égalité, changement sémantique préalable à des mesures plus ambitieuses encore.
La question du partage du pouvoir ultime, le pouvoir politique, est centrale. Remettre en cause le monopole du pouvoir par la moitié masculine de la population n'est ni anecdotique, ni l'apanage d’une élite, ni un luxe outrancier en période de crise. C'est questionner le sens de notre démocratie, la place qu'occupe chacun-e d’entre nous et la manière dont nous voulons vivre et décider ensemble. Toutes et tous ensembles.
Die et Z'Elles (Osons le féminisme).

samedi 15 février 2014

Réinventer la coopération avec le Sud...



Glasnost pour la coopération française
L’Assemblée nationale discute lundi d’une proposition de loi visant à rendre plus transparente l’aide au développement française. Satisfaction mesurée pour les ONG.
En France, la gestion de l’aide publique au développement est longtemps demeurée opaque. Aucune loi n’encadrait le dispositif d’aide, quand la Suisse dispose d’un tel texte depuis 1976 1! Avec le projet de loi d’orientation et de programmation relatif au développement et à la solidarité internationale, en discussion dès lundi à l’Assemblée nationale, la France devrait se doter d’un tel outil.
Coordination Sud, qui rassemble plus de 130?ONG françaises de solidarité internationale, s’en félicite. «La loi apporte une structure. Elle permet une meilleure orientation, un meilleur contrôle», soutient Sébastien Fourmy, directeur du plaidoyer à Oxfam. Mais il regrette qu’elle soit «plus une loi d’orientation que de programmation». Aucune date n’est d’ailleurs fixée pour atteindre l’objectif de consacrer 0,7% du revenu national brut à l’aide publique de développement. Le ministre délégué au Développement Pascal Canfin, assume (lire ci-dessous).
Indicateurs de résultats
La loi fixe pour objectif ultime la lutte contre la pauvreté mais aussi contre le changement climatique et insiste sur la transparence. Les parlementaires auront désormais leur mot à dire. Tous les deux ans un rapport leur sera remis. Ils pourront ainsi contrôler et évaluer l’impact de l’aide.
Pour mieux informer les Français et les bénéficiaires, la loi détaille trente indicateurs de résultats, par exemple le niveau d’accès ou de scolarisation des enfants. Un site internet suivra les évolutions des projets, comme c’est déjà le cas pour l’aide française au Mali 2.
Sur ce site, les activités financées par Paris figurent sur une carte interactive où sont décrits les objectifs, la hauteur des financements et les échéances. Les Maliens peuvent prévenir d’un retard par SMS ou e-mail. Autant de moyens qui permettent une bonne utilisation des finances publiques et de lutter contre la corruption.
Impliquer la société civile
Un autre acteur sera davantage sollicité: les organisations non gouvernementales. Le rapport des Cours des comptes remis en juin 2012 relève que «la part d’aide publique au développement transitant par leur canal est (...) plus faible en France que chez les autres donateurs: 9?millions d’euros en 2010, soit 0,15% seulement de l’aide bilatérale, alors qu’elle s’élève en moyenne à près de 2% pour les membres de l’OCDE».
Le gouvernement français s’est engagé à doubler la part de l’aide transitant par les ONG d’ici la fin du quinquennat. Ces organisations seront régulièrement consultées via le Conseil national du développement et de la solidarité internationale (CNDSI), créé en décembre où siègent aussi des parlementaires, des représentants du secteur privé, des collectivités locales et des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
L’Afrique, principal réceptacle des fonds de l’aide au développement français, est concernée au premier chef par cette réforme. Vecteur d’influence voire de corruption, la coopération française va-t-elle enfin tourner la page de la Françafrique? Du côté de Survie, ONG spécialisée dans cette relation néocoloniale, on demeure dubitatif.
JEAN-BAPTISTE MOUTTET

dimanche 9 février 2014

Cultures et Territoires...



Culture(s) et territoire(s)
Ré-enchanter le local :   Culture et territoire sont dotés de frontières multiples et poreuses.
Ces derniers subissent de plein fouet une mondialisation qui disloque les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Pour réhabiliter le local, sans tomber dans le repli identitaire, il faut renouer avec sa capacité universelle.
Peut-on penser le territoire, sa cohésion, sa cohérence, son contenu, son essor, ses limites, indépendamment des espace-temps plus grands dans lesquels il s’inscrit ? Est-il imaginable de penser le local sans prendre en compte le global, même si celui-ci se décline au pluriel ? C’est à travers un questionnement trans-spatial, du local au global, que nous pouvons mieux saisir les enjeux de cette problématique : si tous affirment la nécessité d’un lien entre culture et territoire, comment peut-on faire advenir une vraie pensée de ce lien ? Cette pensée ne suppose-elle pas que nous prenions la pleine mesure des dynamiques culturelles qui expriment la vitalité des femmes, des hommes et des communautés ?
De même que le territoire est traversé par des lignes spatiales diverses (locale, régionale, nationale, continentale, planétaire), la culture est portée par des tensions, qui peuvent être créatrices ou mortelles, qui renvoient à ces mêmes horizons géographiques. L’entrelacement entre culture et territoire est donc un processus complexe. Les territoires existent – cette existence est même l’une des condition de la vie sociale, à moins de croire dans ce cauchemar qu’est la « cyber-ville-monde » –, mais leurs frontières sont beaucoup moins précises que ce que nous pourrions penser. Les frontières juridiques, administratives, institutionnelles, économiques, fiscales, politiques entrecroisent les frontières naturelles, culturelles, psychologiques et imaginaires. Ces entrecroisements dessinent une multiplicité qui est un acquis de l’histoire sociale, pour peu que les différences ne deviennent pas des différends. Cela signifie que pour éviter les replis sur soi, sur les supposées frontières de son supposé territoire, il est nécessaire de réhabiliter avec force et intelligence la dimension universelle du local.
La mondialisation, « viol de l’imaginaire »
Depuis le début des années 80, un nouveau mouvement a lieu à l’échelle planétaire : la mondialisation. C’est le cadre par excellence dans lequel se déroule
l’ensemble des processus auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient économiques (financiarisation, néo-libéralisation, dérégulation), technoscientifiques (cyberespace, biotechnologies, nanotechnologies) ou culturels et idéologiques (standardisation des identités, fondamentalisme, uniformisation), écologiques (réchauffement climatique, désertification, urbanisation sauvage…). La mondialisation affecte directement les territoires, non pas les territoires abstraits, mais les territoires vécus. Notre thèse est que la mondialisation disloque et désagrège les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Or, seuls les grands États et les grands consortiums économiques peuvent vivre dans cet espace-temps monde. La délocalisation globale propulse l’humain dans un « temps-monde » et un « espace-monde » 1 qui sont invivables. Si la délocalisation déracine les activités humaines des espaces-temps locaux, elle vise aussi à dissoudre les imaginaires intérieurs, les temps de la psyché, de l’émerveillement. Nous rejoignons l’idée de l’urbaniste Paul Virilio selon laquelle la mondialisation tend à uniformiser la pluralité des temporalités, des rythmes, et à fabriquer un seul temps, linéaire, rectiligne, marchand, utilitariste. La seule valeur de ce temps est l’accélération de la vitesse… La culture est la première victime de la mondialisation et l’ancienne ministre de la Culture du Mali, Aminata Traoré, évoque un « viol de l’imaginaire » pour parler de son impact dans les territoires sociaux et culturels. D’ailleurs, de nombreux analystes ont montré que le monde, dans sa pluralité, ne participe pas à la mondialisation comme sujet historique créateur, mais comme objet du système marchand. Derrière la mondialisation, il y a d’abord une occidentalisation du monde. Pour que la réhabilitation du local ne soit pas le prétexte à un repli sur soi, il nous faut souligner sa capacité à être universel. Une œuvre est dite universelle, non pas au regard du nombre de ses lecteurs ou auditeurs, mais en fonction de sa qualité intrinsèque. Quand Dostoïevski écrit les Frères Karamazov, il nous offre une œuvre singulière, déterminée géographiquement, historiquement et culturellement. Mais cela ne signifie nullement que ces ancrages locaux dans la Russie du XIXe siècle soient des obstacles à sa dimension universelle. Elle est simultanément locale et universelle. L’universalité d’une œuvre ou d’une situation locale est le fruit d’une qualité et non pas un horizon vers lequel il faudrait tendre. La reconnaissance d’une valeur universelle au local suppose qu’il ne soit pas réduit à la plus petite unité de mesure d’un espace euclidien. En effet, les lieux locaux sont fécondés par des temps locaux et ces espaces-temps locaux sont les sites qui permettent à l’humain concret et pluriel d’exister. C’est précisément dans la mesure où l’économique, le politique, le culturel, l’écologique et le sacré sont réinscrits dans le tissu des espaces-temps locaux que le principe de localité peut devenir un principe créateur d’universalité.
L’humain délocalisé, unidimensionnel
C’est au sociologue Herbert Marcuse que nous devons l’expression de « l’homme unidimensionnel ». Elle dit avec exactitude le projet capitaliste concernant la figure de l’humain dont il espère voir l’avènement. Cette unique dimension est bien évidemment économique, mais aussi au cœur d’une entreprise mutilante de réduction généralisée : le réel est réduit au matériel ; le matériel est réduit à l’économique ; l’économique est réduit au financier. Le projet de la délocalisation globale et celui de la marchandisation du monde sont les produits de mort d’une même matrice : la réification, la chosification. Il convient de faire un détour, ici, par Karl Marx et par Max Weber pour rendre intelligible l’aliénation fondatrice exercée par le fétichisme de la marchandise. Ainsi, ce qui pose en vérité problème, ce n’est pas tant l’existence d’une économie de marché, c’est le fait, d’une part, que cette économie est une économie-monde (en réalité une économie-Occident mondialisé) et, d’autre part, que les lois du marché pénètrent les sphères non marchandes de la réalité, y compris l’organisation du vivant. Max Weber nous parle de désenchantement du monde pour caractériser le capitalisme. En effet, en tant qu’entreprise de réification généralisée, le capitalisme désenchante les espaces-temps locaux, notamment en tentant de dissoudre l’Âme du monde (l’anima mundi des anciens), les génies des lieux, toute cette classe de phénomènes subtils que nos poésies, nos imaginaires, nos spiritualités désignaient sous les beaux (et parfois inquiétants) noms de lutins, elfes, fées, gnomes, djinns, ghouls, ondines. « Le mot désenchantement a été lancé par le sociologue allemand Max Weber », écrit Jean-Louis Schlegel. « En allemand, le mot est Entzauberung, et, si on le traduit littéralement, il signifierait que les objets, dans le monde moderne, sont dépouillés de toute aura magique, de tout sens merveilleux, que la nature ou le cosmos, en d’autres termes, deviennent un monde d’objets à étudier, à analyser, à classer, à calculer, à mesurer. Descartes en avait donné le principe philosophique et, à partir de Newton, la chose fut acquise : la nature est un grand mécanisme. Entzauberung : “ cosmos désenflé ”, c’est-à-dire un cosmos qui a cessé d’être un monde symbolique, un monde vivant, avec une âme ou des milliers d’âmes, un monde d’énergies aussi. » 2
Valoriser les projets de civilisation
« Le recours au local comme projet de civilisation. » La philosophe Dominique Méda a eu cette belle formule dans son livre Qu’est-ce que la richesse ? 3 en opposant la civilisation à la mondialisation. Il est vrai que face à la logique de guerre qui préside aux entreprises de mondialisation, il est plus que jamais important de valoriser le sens civique, la civilité et les projets de civilisations qui, à partir des espaces-temps locaux, peuvent épanouir nos cultures. Comme nous l’avons dit, la réhabilitation du local, loin de signifier retour au passé et repli identitaire, est la condition même de l’universel et du civilisationnel. Espace de justice sociale, d’égalité, de démocratie participative, d’écologie globale, de fécondité culturelle et de vie spirituelle, les civilisations peuvent être ces territoires, ces lieux où les espaces-temps locaux, régionaux, nationaux et continentaux échangent entre eux, en vue, non d’une accumulation du capital ou d’une exploitation de l’humain et du saccage de la nature, mais à l’inverse pour faire tenir ensemble le singulier et l’universel.
Mohamed Taleb
cardabelle_taleb@yahoo.fr
1- La vitesse de libération, Paul Virilio, éd. Galilée, Paris, 1995.
2- « Le réenchantement du monde et la quête du sens de la vie dans les nouveaux mouvements religieux », Jean-Louis Schlegel, in Les spiritualités au carrefour du monde moderne, traditions, transitions, transmissions, colloque à la Sorbonne, éd. Centurion, Paris, 1994. Jean-Louis Schlegel est philosophe, sociologue et membre du comité de direction de la revue Esprit.
3- Qu’est-ce que la richesse ?, Dominique Méda, éd. Champs-Flammarion, Paris, février 2000.
Le singulier universel, pôle coordinateur d’un réseau interassociatif euro-méditerranéen et transculturel consacré au développement personnel, inter-personnel, à la transformation sociale et à l’écologie.
37, rue d’Amsterdam 75008 Paris
06 67 12 92 66

dimanche 2 février 2014

Face aux mensonges de l'extrème droite...

Face aux mensonges de l’extrême droite, le gouvernement doit soutenir les ABCD de l’égalité

Des activistes d’extrême droite ont lancé une action nationale pour l’interdiction de l’étude du genre à l’école. Cette campagne est basée sur un mensonge. En effet, les programmes scolaires et notamment les ABCD de l’égalité contiennent, conformément au Code de l’éducation, des éléments pédagogiques combattant les archétypes sexistes et promouvant l’égalité entre les sexes.
L’école, et c’est son rôle, enseigne le refus des discriminations, l’égalité entre les filles et les garçons, la liberté de construire l’esprit critique et l’intelligence par l’accès au savoir. C’est cette dimension d’égalité qui agresse une extrême droite familialiste, dont le modèle de société est de remettre les femmes « à leur place », à la maison ; de propager auprès des parents la peur d’une société sans préjugés et sans discriminations.
En appelant à boycotter l’école sur la base du mensonge et de la désinformation, en provoquant la censure d’un livre* publié par le Centre national de documentation pédagogique, sous l’autorité du ministère de l’Education nationale lors du Salon de l’éducation, cette extrême droite familialiste entend peser sur les publications, les programmes ou encore la fréquentation scolaire.
Ces prétentions sont à prendre au sérieux et doivent être combattues énergiquement. L’école doit pouvoir poursuivre son travail pour la compréhension et l’éducation des rapports entre les hommes et les femmes, entre masculin et féminin, avec leur dimension d’inégalité, dont on sait qu’elle est grande. Leur « loi de la nature », c’est la loi du plus fort : alors que l’égalité se construit, s’apprend, comme la démocratie.
C’est pourquoi nous en appelons à la vigilance de tous les citoyens et citoyennes, face à des tentatives d’immixtion rétrogrades dans le système scolaire et de retour à l’ordre moral.
Paris, le 29 janvier 2014
http://www.ldh-france.org/Face-aux-mensonges-de-l-extreme.html
*Publié aux éditions Sceren-CNDP, et intitulé Déjouer le genre. Pratiques éducatives au collège et au lycée. L’auteur, Hugues Demoulin, est chargé de mission égalité filles/garçons dans l’académie de Rouen.
Ligue des Droits de l'Homme
Section du Diois
Chastel et Bassette
26050 Die
chateauravel@gmail.com


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jeudi 30 janvier 2014

Rencontres Citoyennes de Rhône-Alpes...( J+9 )

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN

Jeudi 30 janvier 2014 MANGER POUR VIVRE

Die
Salle Beauvoisin
10hAtelier Découverte Alimentation Vivante
Echanges sur l’alimentation vivante et préparation de différents plats.
Venez apprendre à vous régaler de préparations simples, vivantes et crues, pour faire le plein de vitalité.Die
Die Salle Polyvalente 10h Film 7 Milliards d’Autres de Yann Arthus-Bertrand
Du pêcheur brésilien à la boutiquière chinoise, de l'artiste allemande à l'agriculteur afghan, 6000 personnes ont répondu aux mêmes questions sur leurs peurs, leurs rêves, leurs épreuves, leurs espoirs…
Die Palais Social - Escdd-Place de l’Evêché- Die
10h30Atelier  Massage Nourrissons
Aurélie Vuinée 
14h Salle Polyvalente Transition Energétique : quel territoire pour après demain ?
A partir de scénarios du rural en 2042 imaginés par des habitants ardéchois, l’atelier propose une animation/débat sur l’avenir du territoire. Construire collectivement une vision commune et partagée du rural à travers un jeu de rôle.
Nicolas Senil et Durand Lucas du Cermosem, Antenne de l’Université de Grenoble en Ardèche. Université de Saint martin d’Hères.
Die Salle Beauvoisin
14hFilm Dr Catherine Kousmine
Hommage au Dr Kousmine. Cinq  médecins fond un constat sur l'Alimentation actuelle. Que devons-nous manger ?
Marion Kaplan
Die Salle Beauvoisin
16h Ecoloconte Poèlitico-Rigolo Episode 2
Mais c'est où les freins ? Développement durable quand tu nous tiens...à coeur d'être une réalité !
Pistil, fabuliste
Die Salle Polyvalente 17hFilm/Débat Love Meat Tender de Manu Coeman et Yvan Beck
Un documentaire qui dévoile ce qui se cache sous notre steak. La Terre en paie le prix fort : animaux-machines, pollution, épuisement des sols, des forêts, réchauffement climatique. Echanges sur des alternatives.
Daniel Cauchy-la Maison du Développement Durable, Louvain la Neuve
Résonance Locale : naturopathes drômois
Die Salle Polyvalente 20h30 L’Alimentation, Source de Santé 
Comment prévenir et guérir de nombreuses maladies par l’alimentation.
Notre façon de se nourrir influe sur notre vie et sur notre santé physique et psychique.
Marion kaplan, élève du Dr Kousmine, nutritionniste, auteure de 17 ouvrages sur l'alimentation
Résonance Locale :Anne Portier, naturopathe

jeudi 23 janvier 2014

Les Rencontres Citoyennes de Die , du Diois et de la Drôme...c' est ce jour...( J = 0 )



Die et le Diois vont vivre une mobilisation citoyenne incroyable pendant 19 jours et la Biovallée de la Drôme pendant 23 jours. Cet évènement a pris une dimension internationale. Des Quatre coins de France, mais aussi de Belgique, de Suisse et d’Allemagne des citoyens affluent pendant un mois. Cette Rencontre est avant tout celle de « la Fraternité… ». 
L’Association Ecologie au Quotidien présentait son programme 2014 : «Biodiversité, cultivons la vie…» 23 jours, avec 130 rendez vous et 300 intervenants. « La biodiversité, c’est le passage de « l’homme et la nature » à « l’homme dans la nature », voire « l’homme est la nature». C’est l’ensemble des êtres vivants avec leur diversité et leurs relations. C’est le tissu vivant du phénomène que l’on appelle la vie. Nous sommes la biodiversité. Ensemble, cultivons la vie!» explique Anne Tesson, chef de projet des Rencontres de l’écologie au Quotidien. « C'est dans cette vision transformatrice, que nous impulsons tout au long de l'année, des ateliers de la citoyenneté, des ateliers d'échanges pour valoriser les pratiques et les savoirs des participants ( gestes écologiques au quotidien, co-voiturage, potager collectif, espace de troc, réduction de la facture énergétique...), des rencontres publiques avec des élus pour co-construire des politiques locales ( Eco-Quartier de Chanqueyras, compostage, création de mares,...) et des débats et controverses autour du thème de «Habitat légers, liberté de la Presse, économie financiarisée » complète Annick Paoli. « La participation citoyenne est, dans une société fragmentée et individuée, un enjeu aussi difficile que complexe. Il s'agit bien, dans ce projet, de temps avec des allées retours de la parole, des buts concrets atteignables, de formation de groupes apprenants, de stimulation de l'intelligence collective créatrice. Ces espaces de vie sociale sont des lieux de connaissance et de reconnaissance des différents partenaires; société civile, élus, monde économique, structures associatives. « Cette synergie participative est le ferment et d'une émancipation individuelle et d'un enrichissement collectif de la démocratie. Ecologie au Quotidien est  ambassadrice du Territoire et depuis treize ans, les Rencontres de l’Ecologie de Die contribuent au rayonnement du territoire au niveau national et international (Rencontres internationales de la Démocratie participative). Les Journées de l’Ecologie contribuent à développer un réseau national (avec apports internationaux) d'acteurs, de témoins et d’experts qui  participent également au développement du territoire (conférences, études, mise en place de stages...), prenant ainsi toute sa part dans le déploiement du pilier " territoire école" de la Biovallée » évoque la responsable. «Nous faisons intervenir des personnes reconnues au niveau national et international, des leaders d’opinion, des administrations, des associations,  des institutions, des élus dont la pensée et l’action sont représentatives des transformations culturelles en cours dans les domaines scientifiques, éducatifs, artistiques, économiques, techniques, psychologiques, politiques, sociologiques» conclut Mme Tesson.
12ème Rencontres de l’ Ecologie du 23 janvier au 03 févier 2013 à Die et du 19 janvier au 9 février dans la Biovallée de la Drôme. Ecologie au Quotidien, Le Chastel 26150 DIE, Tel:04 75 21 00 56. Courriel:ecologieauquotidien.die@gmail.com. Sites : www.ecologieauquotidien.fr
(Article du Dauphine Libéré)

lundi 20 janvier 2014

Oui , la France change... en matière d' écologie au quotidien...

Elus ou citoyens, de tendance écolo et acharnés, ils ont déjà changé la France


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Il est de petits livres qu'on attend parfois de pied ferme pour montrer que l'écologie n'est pas qu'un truc de beatniks. Des livres qui ne sont pas dans la théorie, qui dépassent l'idéologie et le dogmatisme pour simplement prouver que les alternatives fonctionnent en pratique. Explications avec Pascale d'Erm, auteure d'"Ils l'ont fait et ça marche", paru le 2 début janvier 2014 aux Ed. Les Petits Matins.

Pourquoi ce livre ?

9782363831064-240x377Je m'intéresse aux questions écologiques depuis le milieu des années 1990. A l'époque je travaillais pour la Fondation Nicolas Hulot et produisais une série intitulée "un autre regard", pour aller sur le fond des choses. J'ai déjà écrit plusieurs ouvrages et réalisé plusieurs documentaires (notamment pour Ushuaïa TV), mais avec ce livre j'avais envie mettre des mètres cubes et des kilowatt heure à côté des utopies et des idées. Avec l'écologie nous ne sommes pas sur le rêve mais sur le besoin.
Les 17 projets détaillés dans l'ouvrage sont décrits avec force de chiffres et de budgets, on sait combien ça coûte et combien ça rapporte. Je voulais aussi prouver que la mise en place d'alternatives ne relève pas d'éco-gestes, mais d'initiatives qui répondent au plus profond au besoins des villes et des territoires.
Je retiens aussi surtout de cette enquête une autre vision des élus, d'hommes de terrain qui agissent pour le bien commun, qui innovent, investissent, soutiennent des initiatives citoyennes. En 2009 par exemple, quand Strasbourg a commencé à soutenir le co-habitat personne n’en voulait. Pourtant la mairie s'est engagée, et cet engagement des élus qui sont dans le réel et agissent dans l'ombre prouve qu'il est possible d'innover tout en répondant à nombre de contraintes, de besoins, en intégrant les ressources locales, etc. Aujourd'hui, les dix immeubles participatifs qui sont sortis de terre créent une nouvelle façon de vivre ensemble.

Que retenez-vous des exemples que vous avez étudiés ?

Je crois que mon livre met en avant les freins et les difficultés dans la mise en place du changement. Règlementations administratives, financements, obtention de subventions, etc. sont autant d'obstacles qui se présentent sur cette voie, mais la volonté des porteurs de projet leur permet d'en venir à bout. ATramayes par exemple, la mise en place de la chaufferie bois coûtait un million d'euros - un budget surréaliste pour la taille de la commune, si bien que la collectivité a emprunté à titre privé et pris le risque de son ambition… au point de réussir, et d'économiser désormais 110 000 litres de fuel par an !
Idem à Nantes, où les organisateurs des Ecossolies ont essuyé plusieurs moqueries au début de leur projet: on a comparé leur initiative à une kermesse, et au final ils ont réuni 30 000 personnes ! C'est dire à quel point il est nécessaire de franchir les barrages psychologiques.
Le maire de l'Île Saint Louis a su m'expliquer tout cela avec grand discernement: le plus difficile d'après lui, ce n’est pas de trouver des financements, mais de briser la routine et les habitudes, d’inciter les gens à agir autrement… "Il est plus difficile de désagréger un atome qu’un préjugé" disait Einstein, et avec l'écologie c'est toute une culture que nous devons changer !

Cela fait-il sens d’appliquer les solutions qui existent à l’étranger ?

Je ne peux pas répondre de manière générale. Le cohabitat vient de l’étranger, et plus précisément de Fribourg en Allemagne. Sur la transition énergétique, l'inspiration nous vient d'Angleterre, avec les mouvements en transition. Ce que fait Lyon en aménageant de nombreux projets pour les seniors est clairement inspiré par l’appartenance au réseau OMS "ami des aînés". Appartenir à des réseaux internationaux facilite donc le travail. Mais nous avons aussi des innovations françaises, notamment dans le cadre de l'économie sociale et solidaire.
A mon sens, nous innovons quand nous sommes face à des besoins qui répondent à des soucis de précarité énergétique, d'alimentation, de liens social et culturel… même si on est  un "pays riche", ce sont ces besoins qui poussent l’innovation.

Comment faire bouger les lignes, faut-il forcer les règlements en vigueur ?

Ce n'est pas forcément par une action illégale et militante hors les règles que tout se résout… Il est possible d'agir à l’intérieur des règles, mais dans un esprit pirate. Ainsi, quand les organisations veulent appliquer des mesures, elles anticipent les règlements avant même que la loi facilite les choses. Si ce n'est pas possible ou légal, ça ne les dérange pas. Ils vont anticiper les lois. Ne dit-on pas qu'il n'y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu…? Ceux qui agissent forcent les lignes, militent, illustrent le principe de l’écologie de l’action d’Edgar Morin.
Forcément, c’est long et c'est un vrai processus d’essais et d’erreurs: c'est par tâtonnements qu'une ville comme Tramayes arrive à économiser des litres de fuels, que l'Île Saint Denis est en avance de sept ans sur les objectifs européens de transition énergétique, que la soixantaine d'entreprises réunies dans l'écosystème Darwin génèrent 50 millions d’euros... Ces initiatives vont de l'avant et rectifient souvent le tir en route.
Est-ce duplicable plus rapidement par la suite ? Oui, d’autres élus peuvent s’en emparer, capitaliser sur l’expérience d'ores et déjà menée. La "bataille homérique" dont parle un ancien conseiller municipal de Besançon ayant travaillé sur l'instauration de la redevance incitative n'aura pas servi qu'à cette commune où, depuis 2008, le volume des ordures ménagères résiduelles du Grand Besançon a baissé de 27% !
Sans oublier l'implication des citoyens, qu'il faut soigner tant elle est indispensable à la longévité des projets.

Est-ce tant l’écologie que l’envie de vivre autrement, localement, au quotidien qui anime ces projets ?

Ce n’est plus l’écologie, c’est le principe du réel. C’est le besoin de se chauffer autrement, de se nourrir en circuit court, d’économiser du fuel, etc. Ces motivations sont celles qui poussent vraiment les projets. Mais les valeurs qui les animent ont l'écologie pour pivot, bien souvent !
J'aime aussi cette image de la ville comme un cerveau qui se réinvente et s'adapte de lui-même. Confrontées à des problématiques nouvelles ou à des situations complexes, voire à des dangers, les synapses créent d'elles-même des nouvelles connexions entre les neurones pour trouver des solutions ou des échappatoires. Les villes, confrontées à de nombreux défis, doivent réduire leurs émissions de gaz à effets de serre, trouver des solutions à la raréfaction des ressources fossiles, ou encore favoriser l'intégration sociale et intergénérationnelle. Face à l'urgence de ces enjeux, les habitants sont autant de millions de petits neurones qui tissent de nouveaux liens, et forme une "plasticité synaptique" urbaine qui se traduit par un foisonnement d'initiatives. Ceux qui les portent n'ont pas la prétention de changer le monde, et pourtant ils changent leur monde, quitte à forcer un peu les règlements en vigueur.
Ces minorités actives à l'oeuvre aujourd'hui forment autant de laboratoires qui peu à peu font système, et changent le système de l'intérieur. Cela prend du temps, mais l'évolution de la société dépend d'eux.
Anne-Sophie Novel 

samedi 4 janvier 2014

La construction sociale de la Violence dans la société...

Le service militaire ou la production sociale d’une classe de sexe dominante

Au-delà des larmes des hommes

Extraits de la présentation du livre de Pinar SELEK, Devenir homme en rampant, Paris, l’Harmattan, par Jules Falquet :
L’interrogation première de Pınar Selek [1] était simple : qu’est-ce qui transforme au fil des années un innocent enfant en un adulte assassin ? La construction sociale de la violence, son lien avec la “virilité” et le service militaire — mais aussi de manière plus générale la (re)production de sociétés autoritaires et hiérarchiques et l’organisation de l’oppression des femmes — se trouvent au cœur de Devenir un homme en rampant.
À l’heure où se développent des discours masculinistes sur les hommes comme “victimes de la domination masculine”, Pınar Selek nous permet de penser plus loin. Dans la ligne des travaux sur les hommes comme dominants, elle nous invite ici à une profonde analyse des liens entre la construction sociale des hommes et la production structurelle du pouvoir masculin et de la hiérarchie sociale.

Une violence considérable et ses effets

Même si elle ne semble pas spécifique au service militaire turc et qu’on la retrouve dans toutes les armées, la violence incessante, arbitraire et brutale qui est exercée contre les jeunes recrues, tout particulièrement pendant la première période — celle des classes — constitue l’un des thèmes les plus saillants des témoignages.
Dès l’entrée dans la caserne, commence la description parfois difficilement soutenable de la violence exercée par ce qui apparaît comme une institution totale — rappelant les prisons, les hôpitaux psychiatriques, voire même les camps de concentration. Tous les éléments de la déshumanisation se déploient l’un après l’autre :
Tonte systématique de jeunes recrues, mise à nu pour l’examen “médical”, traitement anonyme et pluie d’injures. Les uniformes grotesques, de taille inadaptée, l’entassement dans des lieux inconnus, l’obligation d’user d’un langage hiérarchique et dépersonnalisant, organisent l’humiliation et le dépouillement de l’individualité, provoquant un sentiment d’aliénation poignant chez la plupart des recrues. Ces premiers mois de classes sont faits d’appels interminables dans l’aube glacée, d’humiliations incessantes et de violence physique permanente. Beaucoup évoquent cette période avec horreur, soulignant que la principale tactique possible pour la supporter consistait, ils s’en sont vite rendu compte, à “devenir intelligent”, c’est-à-dire accepter de courber l’échine et de ramper.
Non seulement les récits rapportés sont choquants, mais Pınar Selek souligne les effets traumatiques à moyen terme de ces violences, qui induiraient un certain nombre de comportements durables. Pour qui s’intéresse aux effets psychodynamiques de la torture — comme j’ai eu l’occasion de le faire [2]— il est particulièrement significatif de retrouver chez les recrues le syndrome “d’impuissance apprise”, qui converge avec l’idée de “devenir intelligent” et consiste à ne pas réagir devant l’insupportable, à se laisser faire quand l’on n’a manifestement pas le rapport de force.
Cependant, les recherches en psychologie sociale montrent bien que la violence n’a rien d’une “pulsion” pré ou a-sociale : elle n’existe que grâce à un contexte matériel et idéel (des mécanismes de justification et de légitimation) qui lui donne sa forme et son sens [3]. En ce sens, il est intéressant d’analyser la rationalisation par les soldats des violences subies, sur laquelle Pınar Selek revient plusieurs fois. Comme on l’a vu, un des mécanismes de légitimation consiste pour les jeunes recrues à penser que la violence des gradés exprime un “amour” paternel, qu’elle est justifiée par un principe supérieur, “maintenir l’ordre” et défendre la Patrie. Le caractère “inévitable” de la relation où s’exercent les violences et la légitimité sociale des personnes maltraitantes joue également un grand rôle dans l’organisation de la violence du service militaire, dans son acceptation et dans ses effets.
Ne pas se laisser aveugler par les larmes des hommes
Le constat de l’importance considérable de la violence peut conduire à deux séries d’interprétations. La première consiste à compatir avec les malheureux Mehmetçik ainsi maltraités, violentés et meurtris. Cependant, ce regard empathique envers des jeunes hommes malmenés, voire brisés par une structure totalitaire, peut conduire à plaindre les soldats en mettant en avant leur humanité mais en oubliant tout contexte. Par exemple, on souligne que des hommes pleurent et on en déduit que ces larmes signifient qu’ils souffrent même si c’est parce qu’ils viennent de brutaliser une jeune recrue. De l’empathie choquée à l’idée que les hommes sont victimes, puis du victimisme à l’indulgence, le glissement est facile. En considérant les ex-soldats comme traumatisés, victimes d’un effet retard des sévices endurés qui les conduirait malgré eux à reproduire la violence, on peut en arriver à comprendre, voire à justifier, les violences que certains exercent ensuite envers leurs subordonnés dans l’armée, puis éventuellement comme époux, pères ou “hommes” dans la vie civile. L’idée de la violence traumatisante les dédouanerait au moins partiellement de leur responsabilité.
Or, cette lecture est précisément celle des groupes masculinistes [4], groupuscules ultra-conservateurs qui ont développé des lectures victimisantes d’abord des violences, puis plus généralement de l’ensemble des contraintes que la socialisation masculine impose aux hommes, sans les relier à l’acquisition d’un statut dominant. Dans leur interprétation, la violence, l’homosocialité et le déploiement de certaines pratiques homosexuelles occupent une place particulière. S’appuyant notamment sur le travail déjà mentionné de Maurice Godelier, La production des Grands hommes [5], certains insinuent que la socialisation masculine dans les sociétés occidentales ressemble à l’initiation des hommes Baruya — où les aînés imposent aux plus jeunes une brusque séparation du monde des femmes, une violence soudaine, brutale et terrifiante, l’apprentissage de la douleur et l’ingestion de sperme répétée, dans l’entre-soi de la Maison des hommes. Selon eux, la virilité serait produite par la violence exercée par les hommes plus âgés sur les plus jeunes et la manipulation homophobe de l’homosocialité. Ils placent l’accent sur la souffrance des jeunes hommes et évacuent entièrement la question des femmes elles-mêmes. Or Godelier, bien au contraire, souligne surtout la violence que les hommes Baruya exercent collectivement contre les femmes — l’objet de son livre étant justement d’analyser les ressorts de la domination collective des hommes sur les femmes, la “production sociale” de cette domination. En réalité, ce que Godelier met en lumière, c’est la double construction des hommes comme classe sociale, et comme classe dominante.
En plein développement aujourd’hui, les travaux sur la masculinité sont sans cesse menacés de glisser —involontairement ou délibérément — vers des lectures masculinistes qui individualisent et déresponsabilisent les hommes, voire les posent en victimes, effectuant des symétrisations hâtives entre femmes, hommes, homosexuels et trans (en invisibilisant complètement les lesbiennes). Pourtant, ces groupes sont très clairement hiérarchisés dans la société réelle et définis les uns par rapport aux autres dans des rapports d’oppression. En misant le livre de Pınar Selek, il faut nous garder de cet écueil. Certes, les dominant-e-s souffrent aussi. On ne naît pas homme, et pour le devenir il faut payer son écot — mais c’est une souffrance qui “vaut la peine”. Comme nous allons le voir, la violence infligée aux (futurs) dominant-e-s par d’autres dominant-e-s n’a qu’une ressemblance superficielle avec celle infligée par les dominant-e-s aux dominé-e-s.
Une violence contrôlée et pédagogique
La lecture attentive des récits montre qu’en réalité, le déferlement apparemment arbitraire de brutalité est tout ce qu’il y a de plus organisé — des règlements précis lui imposent d’ailleurs certaines limites. Savamment contrôlé, il évoque un processus de conditionnement qu’on peut rapprocher, par exemple, de l’entraînement méthodique des Kaïbiles, les soldats contre-révolutionnaires “d’élite” des années 80 au Guatemala. Basée sur une première phase d’humiliation et de violence suivie d’une promesse d’impunité totale, cette formation synthétisant les connaissances de l’OAS, des dictatures du Cône Sud et de l’armée états-unienne [6] transformait des hommes “normaux”, souvent Indiens et paysans, en terrifiants assassins capables, à froid, d’arracher avec leurs dents la tête d’un coq vivant, pour traumatiser la population civile.
Le travail passionnant de l’activiste-artiste états-unienne Coco Fusco [7] converge avec cette perspective d’analyse. Profondément choquée par la “révélation” de la torture exercée par des femmes à Abu Graïb, Coco Fusco a voulu comprendre comment des personnes lambda devenaient des tortionnaires accompli-e-s. Pour approcher de vrai-e-s profesionnel-le-s, elle s’est intéressée au business en pleine expansion développé par d’anciens militaires et policiers revenus d’Afghanistan ou d’Irak, qui consiste à proposer des formations de résistance à la torture aux travailleur-e-s expatrié-e-s des ONGs et entreprises envoyé-e-s dans des pays “dangereux”. Or, tous les spécialistes le savent, pour comprendre pleinement les logiques de la torture, rien de tel que d’expérimenter les deux côtés de la violence.
Précisément, les récits rapportés par Pınar Selek montrent bien qu’après la cérémonie du serment, les soldats recyclent rapidement l’expérience de la violence qu’ils ont traversée pour l’exercer à leur tour, consciencieusement, sur les nouveaux “bleus”. Loin de l’image de victimes déboussolées d’une violence qu’ils reproduiraient de manière involontaire et erratique, ces hommes s’avèrent pour la plupart parfaitement capables de ne pas être violents tant qu’ils sont en position dominée, mais aussi d’exercer la violence à leur tour dès que leur position hiérarchique supérieure leur confère la légitimité nécessaire. Ainsi, la lecture psychologisante d’une violence incompréhensible qui s’entretiendrait toute seule en produisant des séquelles individuelles conduisant à d’autres comportements violents incontrôlables, échoue à expliquer les pratiques réelles d’exercice ou d’abstention de la violence. En restant au niveau purement individuel et comportementaliste, elle masque l’organisation d’un véritable entraînement à subir puis infliger la violence, à contrôler son administration. Surtout, elle nous détourne de l’acteur qui organise cet entraînement — l’institution militaire et in fine, l’État-nation.

L’acceptation de la hiérarchie comme clé de la production de la classe des hommes

Voyons maintenant ce qui apparaît lorsque l’on parvient à aller au-delà des larmes des hommes. Au bout de trois mois, on l’a dit, les Mehmetçik quittent le rang des “bleus” pour devenir des soldats à part entière. Une nouvelle vie commence pour eux, dans laquelle ils peuvent se décharger des pires corvées sur une nouvelle génération de recrues à qui ils font subir à leur tour vexations et brimades. Même si certains ont des états d’âme, il s’agit globalement d’un mécanisme bien huilé donc le fonctionnement repose sur un renouvellement permanent des soldats “à la base” et sur la progression prévisible de chacun dans la hiérarchie, par le simple effet du temps passé dans l’armée.
La violence pour rendre la hiérarchie désirable
Pınar Selek insiste sur l’importance de la hiérarchie, comme étant l’un des apprentissages essentiels du service militaire. Or, c’est grâce à un mécanisme en deux temps que le service militaire inculque aux jeunes hommes la désirabilité — et du coup, la légitimité — de la hiérarchie. D’abord, en leur faisant subir la violence brutale et massive déjà analysée, qui leur donne le désir de quitter cette position au plus vite, tout en leur fournissant une connaissance intime de la violence qui leur sera utile par la suite. Puis, immédiatement après, en leur donnant le droit d’exercer à leur tour, de manière parfaitement légitime, leur violence sur d’autres soldats plus jeunes, droit qui repose sur leur avancement automatique dans la hiérarchie. Autrement dit : sans hiérarchie, pas d’espoir de cesser de subir la violence ni de pouvoir l’exercer à son tour !
Au lieu d’une violence aveugle et incompréhensible, on voit alors apparaître différents rôles de la violence organisée du service militaire : enseigner à ceux qui la subissent comment l’exercer ; rendre désirable, pour l’éviter, l’ascension rapide dans la hiérarchie, en légitimant la hiérarchie elle-même ; et en prime, aveugler les recrues tout comme le regard extérieur sur ce qui se passe réellement dans l’institution militaire.
Il faut remarquer que les traumatismes potentiellement engendrés par les violences sont minimisés dans le cas du service militaire par la certitude que la violence n’est que passagère. On l’a dit, la violence n’est pas une entité transcendante possédant un sens et des effets universels et atemporels : le sens que donnent les personnes à des gestes dépend éminemment du contexte dans lequel ces gestes sont effectués [8]. Chacun-e sait que dans un cadre S/M consensuel, le pincement appuyé d’une partie sensible du corps ou une humiliation sont vécus de manière très différente de ce qu’ils évoqueraient dans une cellule [9].
Des liens entre hiérarchie, exemption des corvées, vie civile et professionnelle
La survisibilisation de la violence à laquelle il faudrait à tout prix échapper peut également cacher un autre mécanisme clé du désir de progresser dans la hiérarchie : l’exemption des corvées que dans la vie civile, on nomme “travail domestique”. On retrouve ici à nouveau certains éléments analysés par Devreux [10]. Celle-ci n’avait pas manqué de s’étonner de l’apparent paradoxe qui veut que les hommes accomplissent dans l’armée des tâches qu’ils ne font “jamais” gratuitement dans la vie civile — cuisiner, laver leurs vêtements à la main, faire leur lit au carré ou balayer avec application. Or, Devreux utilise le même genre de grille d’analyse que celle de Godelier : non pas l’inculcation individuelle d’une “masculinité” somme toute difficile à cerner, mais la production sociale et collective des hommes comme dominants. Elle constate du coup que les soldats acceptent d’autant mieux d’effectuer ces tâches humiliantes car assimilées aux tâches domestiques réputées féminines, qu’ils savent qu’il s’agit d’une simple parenthèse dans leur vie.
En effet, quand ils se rendent en permission, ils trouvent tout naturel de confier à nouveau leur linge sale à leur mère/compagne/sœur. Surtout, Devreux a souligné qu’au sein de l’institution militaire elle-même, se décharger de ces tâches sur des soldats moins gradés constituait une puissante motivation pour tenter de monter dans la hiérarchie.
En d’autres termes, les hommes comprennent tout l’intérêt de la hiérarchie en découvrant qu’elle leur permet d’échapper aux corvées du travail domestique.
Enfin, l’apprentissage de la hiérarchie entre hommes — la connaissance précise et l’acceptation de la place que l’on y occupe — peut être aisément mobilisé et constitue pour les hommes un “plus” dans d’autres domaines de la vie sociale, en particulier dans la vie professionnelle. La féministe dominicaine Magaly Pineda [11] suggéra un jour que la pratique assidue du football, en équipe, ancrait chez les garçons des habitudes d’agir ensemble efficacement, chacun à sa place, habitudes qu’ils pouvaient ensuite facilement recycler dans d’autres espaces. Andrée Michel pour sa part a bien montré l’existence de liens profonds entre l’emploi civil et le complexe-militaro-industriel, notamment dans le domaine de la taylorisation du travail induite par les logiques de production de l’industrie militaire [12]. En tout état de cause, l’acquisition à travers le service militaire d’un ensemble de qualifications techniques mais aussi de savoir-être (en particulier la docilité et le conformisme tant que l’on ne peut progresser dans la hiérarchie), s’avère extrêmement importante pour l’insertion privilégiées des hommes sur le marché du travail.
Produire la classe des hommes
Comme on le sait depuis la critique fondatrice du naturalisme par Colette Guillaumin [13], femmes et hommes ne sont pas des catégories naturelles mais des construits sociaux, plus précisément des classes de sexe [14]. L’une des grandes difficultés des femmes, comme l’avait déjà souligné Flora Tristan en affirmant qu’elles devaient elles aussi “faire leur 89” et se structurer en classe [15], est d’acquérir une conscience commune. Généralement séparées les unes des autres dans leurs unités familiales, elles n’ont que peu d’occasions dans les sociétés dites complexes, d’accéder à des expériences collectives et exclusives qui les “souderaient”. Pour les hommes en revanche, le service militaire tel que Pınar Selek nous le donne à voir, se révèle une pièce clé du dispositif qui les transforme en membres d’une classe de sexe unifiée, consciente d’elle-même — et dominante.
Ainsi, le service militaire permet d’abord de réunir matériellement les hommes et de les unir symboliquement dans une idéologie patriotique commune hautement valorisée, sous l’œil ému des familles. Il permet de dépasser momentanément leurs profondes différences de classe et de “race”. L’important est de créer une unité apparente, organisée ici autour d’un critère somatique précis : sont potentiellement admis dans ce groupe, pour peu qu’ils fassent un effort d’adaptation-simulation-conformité durant quelques mois, tous les porteurs de pénis, et eux seuls. L’exclusion radicale et systématique des femmes définit en creux la classe des hommes et surtout lui donne sens. C’est en effet l’existence des femmes et simultanément leur exclusion qui rend acceptable, pour les hommes, leur nécessaire période en tant que “bleus”. En effet, les hommes peuvent accepter de passer un moment au plus bas de la classe des hommes, parce qu’ils savent pertinemment qu’il y a encore quelqu’un en dessous d’eux — l’ensemble des femmes. Cela rend beaucoup plus supportable leur position subordonnée de « bleus », de toute façon assez brève (90 jours dans une vie). Cette idée rejoint ce que Paola Tabet [16] appelle “la grande arnaque”, lorsqu’elle montre que l’homme le plus misérable et dominé trouve presque toujours la possibilité, au moins, de s’offrir une pute [17].
Jules Falquet, 2013. Préface au livre de Pinar SELEK, Devenir homme en rampant, Paris, l’Harmattan.
[1suite aux menaces proférées par l’instigateur présumé du meurtre de Hrant Dink (Important intellectuel, journaliste et écrivain arménien dont l’assassinat en janvier 2007 a indigné l’opinion), contre le romancier Orhan Pamuk et l’ensemble des écrivain-e-s et intellectuel-le-s du pays, au moment où il sortait du tribunal
[2Falquet, Jules, 1997. "La violence domestique comme torture, réflexions sur la violence comme système à partir du cas salvadorien". Nouvelles Questions Féministes, Vol. 18, 3-4, pp 129-160.
[3Bandura, Albert,1975, Análisis del aprendizaje social de la agresión. In Ribes Iñesta, Emilio ; Bandura, Albert (compilateurs) (1975). Modificación de la conducta : análisis de la agresión y de la delincuencia. México : Trillas.
[4Illustration de la facilité de « glisser » d’une position critique à une position complaisante : historiquement, un courant du masculinisme trouve sa source chez des hommes se considérant pro-féministes et progressistes, qui s’interrogeaient sur leur « être masculin » : Blais, Mélissa ; Dupuis-Déri, Francis, (eds.), 2008. Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué, Montréal, Les Éditions du remue-ménage, p. 258.
[5Godelier, op. cit.
[6Robin, Marie-Monique. 2004. Escadrons de la mort, l’école française. Paris : La Découverte. 456 p
[7Fusco, Coco, 2008, Petit manuel de torture à l’usage des femmes-soldats, traduit de l’américain par François Cusset, Paris, Les Prairies ordinaires, 128 p.
[8Martín Baró, Ignacio (compilateur). 1990. Psicología social de la guerra : trauma y terapia. San Salvador : UCA.
[9Même si des liens complexes peuvent être culturellement établis entre les deux situations.
[10Devreux, Anne-Marie, 1997, « Des appelés, des armes et des femmes : l’apprentissage de la domination masculine à l’armée », Nouvelles Questions Féministes, Vol. 18, No. 3/4, pp. 49-78.
[11Commentaire lors d’un atelier de réflexion féministe, San Salvador, novembre 1993.
[12Michel, op. cit.
[13Guillaumin, Colette. Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de Nature. Paris : Côté-femmes.
[14Ces deux classes sont dialectiquement liées par les rapports sociaux de sexe, organisés en l’occurrence par le sexage, ou appropriation physique directe, individuelle et collective.
[15On verra aussi à ce sujet le travail théorique d’Elsa Galerand sur la mobilisation d’un collectif de « femmes » dans le cadre de la fédération internationales de groupes de femmes la Marche mondiale des femmes : Galerand, Elsa. 2006. « Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes ». Travail et mondialisation. Confrontations Nord/Sud. Cahiers du Genre, n°40. Pp 163-202.
[16Tabet, Paola. 2004. La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel. Paris, l’Harmattan, 207 p.
[17En général, une membre de la classe des femmes, éventuellement, un homme socialement féminisé.