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dimanche 19 janvier 2014

les malades de la bagnole sévicent encore...



A défaut de "vrai" Monte-Carlo, le rallye des vieux sera de passage dans le Diois…Au grand regret des habitants et des habitantes…
Dans la foulée du 82e rallye Monte-Carlo, les concurrents du 17e rallye Monte-Carlo des vieux devront affronter un parcours tout aussi sélectif. Ouvert aux modèles de voitures ayant participé au rallye automobile Monte-Carlo entre 1955 et 1980, le Monte-Carlo des vieux débutera le mercredi 22 janvier par les contrôles administratifs à la con, dans les différentes villes de départ : Barcelone, Glasgow, Monte-Carlo, Oslo, Reims et Stockholm.
Direction Die (photo la honte de nos campagnes...)
Die constituera le point de ralliement de cette épreuve débile à compter du vendredi 24 janvier. D’emblée, les concurrents devront disputer une toute première zone de régularité : “La Cime du Mas – Col de l’Echarasson – Col de Gaudissart”, à parcourir en guise de prologue le samedi 25 janvier, avant de rejoindre Saint-Nazaire-en-Royans puis Valence, la ville de fin d’étape du Parcours de Concentration. L’Etape de classement aura lieu dès le lendemain, avec au programme les classiques : “Le Moulinon – Antraigues” et “Burzet – Saint-Martial” en début de journée. Tout un pays livré à des voyous. Après une halte à Saint-Agrève, place à deux autres monuments de l’épreuve : “Lalouvesc – Labatie-d’Andaure” et “Lamastre – Gilhoc – Alboussière”, avant de revenir à Valence, via Plats et Tournon-sur-Rhône, pour une nuit de repos pour  branleurs invétérés . La première partie de l’étape commune est programmée le lundi 27 janvier, avec quatre zones de régularité à parcourir entre Drôme et Isère, dont “Saint-Jean-en-Royans – Col de l’Echarasson – La Cime du Mas” et “Les Nonières – Col de Menée – Chichilianne”. La Gare de Clelles-Mens, haut lieu  de la stupidité du Rallye en Dauphiné, scellera la pause de mi-journée avant que les niaiseux de l’aventure 2014 ne s’attaquent à “L’épine – la Charce” puis à “Recoubeau – Jansac – Col de Pennes”, une épreuve jamais courue en tant que “ZR des temps modernes”. Le summum de la connerie, de la prédation de notre territoire par des imbéciles de la vitesse, du gaspillage et de la concurrence.  Le retour pour une 3e nuitée valentinoise s’opérera en fin d’après-midi par Montoison, au nord-ouest de Crest. On vivra ainsi la fin d’un siècle de bêtise inassouvie…Avant d’êtres des humains conscients et consciencieux.
Albert Idelon
La Chapelle en Vercors


jeudi 12 décembre 2013

Attention un chasseur peut en chasser un autre..



Les Chasseurs se tuent entre eux…
Notre tribune hebdomadaire : Un chasseur, non alcoolisé tué par le tir accidentel d'un autre chasseur non alcoolisé.
Les secours n'ont rien pu faire...
Un nouveau drame classique de la chasse. Un chasseur a tué dimanche accidentellement un de ses partenaires de chasse, âgé de 43 ans, en le touchant à la gorge dans la forêt d'Etrépilly (Seine-et-Marne), a-t-on appris lundi auprès des gendarmes.
Dimanche après-midi, dans cette forêt située non loin de Meaux, six hommes effectuent une partie de chasse. Vers 16h30, l'un d'eux fait feu avec son fusil de chasse de calibre 12, touchant mortellement son partenaire à la gorge. Cette fois l’a-t-il pris pour un chevreuil ou un yéti.
«Malgré l'intervention rapide des équipes de secours, il succombe rapidement», a-t-on précisé. Le tireur, âgé de 42 ans, a été interpellé puis placé en garde à vue pour homicide involontaire. Il n'était pas alcoolisé au moment des faits, selon la même source. (Photo : il court toujours...)
APL

samedi 7 décembre 2013

La Nouvelle religion : la consommation ...


Temples de la consommation

Toujours plus : pourquoi les centres commerciaux géants recouvrent la France


Il en pousse partout de nouveaux : Aéroville, l’Atoll, Europa City, So Ouest, My Place, Rives de l’Orne, Confluence… Les centres commerciaux ne connaissent pas la crise. La France est le pays d’Europe de l’Ouest où s’ouvrent le plus de ces mini-villes faites d’escalators et de galeries marchandes. En période de recul du pouvoir d’achat et de baisse de leur fréquentation, pourquoi ces temples de la consommation se multiplient-ils, malgré tout ? Quels profits en retirent leurs promoteurs ? Quels intérêts y trouvent les élus ? Enquête sur une nouvelle bulle spéculative.
Plus de 50 centres commerciaux sont actuellement en construction en France ! Le pays en compte déjà pourtant plus de 740. Et leur fréquentation est en baisse depuis 2008, tout comme leur chiffre d’affaires [1]. Qu’importe ! En région parisienne, des centaines de milliers de mètres carrés de surfaces commerciales sont sorties de terre en quelques années. S’y ajoutent une vingtaine de rénovations ou d’extensions en cours sur tout le territoire [2]. Le rythme de création des implantations commerciales ne cesse de s’accélérer depuis dix ans. « Tous les ans, la surface commerciale augmente de plus de 3% alors que la consommation évolue à moins de 1% », constate l’Assemblée des communautés de France, qui fédère les élus d’intercommunalités.
Certains projets rivalisent de gigantisme. Un exemple de ces futurs mastodontes du commerce : Europa City, développé par Auchan dans le Val d’Oise. 230 000 m2 de commerces (l’équivalent de 33 terrains de foot !), 2 700 chambres d’hôtel, 20 000 m2 de restaurants, 50 000 m2 de parc d’attraction ! Et même une piste de ski indoor de 300 mètres de long, à 30 minutes de Paris... L’ouverture est prévue en 2020. La liste des autres temples de la consommation en projet est longue : Aéroville (octobre 2013 près de Roissy), Ilô (novembre 2013 à Epinay-sur-Seine), Atoll (ouvert en 2012 à Angers), le Millénaire (Aubervilliers), Confluence (Lyon), So Ouest (Levallois-Perret), Lillenium (Lille) ou Val Tolosa (en projet près de Toulouse)... Dans cette course effrénée, la France devance tous les autres pays d’Europe de l’Ouest. Pourquoi cet engouement des promoteurs, alors que la consommation et la fréquentation ne suivent pas ?
Une bulle spéculative qui gonfle, qui gonfle !
Beaucoup de projets ont été initiés avant la crise de 2008. Mais de nouveaux ont été lancés depuis. « Nombre des implantations sont davantage guidées par la finance que par la pertinence commerciale, explique Philippe Schmit, de l’Assemblée des communautés de France (AdCF). Le risque est que nous soyons entrés dans une bulle spéculative du commerce, qui gonfle, qui gonfle, et qui est sans aucun lien avec la capacité locale de consommation. » D’où vient cette spéculation ? Les développeurs de centres commerciaux sont pour la plupart de grands groupes, actifs en Europe, voire au-delà. Des acteurs majeurs de la grande distribution, comme Carrefour (et sa filiale Carrefour Property), Auchan (via sa filiale Immochan, avec ses 342 centres commerciaux dans 12 pays). Ou des sociétés spécialisées dans le développement immobilier. Comme Unibail-Rodamco, à la tête des projets Aéroville à Roissy et Val Tolosa, et nouveau propriétaire du Forum des Halles de Paris [3]. Ou Klépierre [4], Altarea-Cogedim, ainsi que le groupe Frey, spécialisé dans les parcs commerciaux en plein air, comme les SO Green (Seclin), Be Green (Troyes) ou O’Green (Agen) [5].

Ces quatre entreprises sont des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC), un statut créé en 2003. Une SIIC est une société foncière qui redistribue à ses actionnaires au moins 85% des loyers perçus et 50% des plus-values réalisées, en échange d’une exonération d’impôt sur les sociétés [6]. Un statut qui a largement aidé à l’émergence de géants français des centres commerciaux, estime Christophe Cuvillier, le patron d’Unibail-Rodamco. Si 60% des activités du groupe sont en France, plus de 90% de ses actionnaires sont étrangers. Ces développeurs se trouvent au cœur de la spéculation des marchés financiers. « A partir des années 2000, les investisseurs (de l’immobilier commercial) ont été de plus en plus nombreux à suivre une logique financière. Celle-ci consistait à valoriser leurs murs à partir des loyers qu’ils sont susceptibles de générer dans le futur », détaillait en 2011 le chercheur en économie et urbanisme Pascal Madry, dans un article intitulé « Le commerce entre dans sa bulle ». La valeur des murs sert ensuite aux SIIC « à garantir de nouveaux appels de fonds pour la réalisation de nouvelles opérations ». Une fuite en avant infinie !
Des élus accros aux centres commerciaux
Mais comment ces projets, en concurrence les uns avec les autres, peuvent-ils voir le jour ? Les centres commerciaux de plus de 1 000m2 nécessitent une autorisation spécifique pour s’implanter. Celle-ci est accordée par les commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC), qui les refusent rarement. L’an dernier, plus de 88% des demandes ont été acceptées. Les CDAC sont composées d’élus locaux et de personnes qualifiées en matière de consommation, de développement durable et d’aménagement du territoire. « Les élus sont majoritaires dans les commissions. Et ils ne contestent presque jamais les projets », témoigne Bernard Loup, porte-parole du collectif pour le Triangle de Gonesse, opposé au projet de centre commercial Europa City.
En tant que représentant d’une association environnementale, Bernard Loup siège régulièrement au sein de la CDAC du Val d’Oise et vote souvent contre les projets. Ils sont peu nombreux à faire de même. Comme sur ce « village des marques » (parc commercial en plein air de boutiques de marques dégriffées, aménagé sous forme de village traditionnel) en projet dans une commune de 2 000 habitants. « Presque tous les élus du secteur se sont exprimés en faveur du projet. » Bernard Loup a déposé un recours auprès de la Commission nationale d’aménagement commerciale (Cnac), où siègent principalement des hauts-fonctionnaires, moins bienveillante en matière d’autorisations : en 2012, elle n’a donné son aval qu’à 56% des surfaces. Retoqué au niveau national, le projet est pourtant repassé en CDAC quelques mois plus tard, un rien modifié, et a été de nouveau autorisé. Pour éviter un deuxième recours de Bernard Loup, le maire de la commune lui propose alors un « partenariat » et même « une subvention pluriannuelle à l’association d’un montant significatif au regard du budget annuel, qui pourrait être consacrée à des études ou à des expertises » [7]. L’association de Bernard Loup a refusé. Tous les requérants font-ils de mêmes ?
Tout le monde veut son Ikea
« Curieusement, certains recours (en Cnac) sont retirés par les requérants avant d’être jugés… », note Le Canard enchainé dans un article du 25 septembre 2013 [8]. « Sans modification du fonctionnement des CDAC et du mode d’autorisation des centres commerciaux, le phénomène des nouvelles ouvertures et de sur-offre ne peut que s’accélérer », conclut Bernard Loup. Les élus sont souvent favorables à ces projets, qui fournissent aussi aux territoires des revenus fiscaux conséquents. En Seine-Saint-Denis, le centre commercial Le Millénaire rapporte ainsi 1 à 2 millions d’euros annuels de taxe foncière à la ville d’Aubervilliers, qui en a bien besoin. Et 1,5 million d’euros de contributions équivalentes à l’ancienne taxe professionnelle à la communauté d’agglomération de Plaine commune.
L’enjeu est aussi d’affirmer l’attractivité de sa commune face aux autres. « Un élu d’une ville de 20 000 habitants qui voit tous les samedis sa commune se vider parce que ses habitants vont à 50 kilomètres dans le grand centre commercial moderne voisin, se sent victime d’une double-peine. Il va perdre ses commerces de centre-ville et n’a aucun bénéfice en termes de développement. Il va alors ouvrir sa périphérie à des parcs commerciaux », résume Philippe Schmit.

« Nous avons réalisé l’Atoll parce qu’on avait un manque d’équipement à Angers dans le domaine du meuble et de la maison. Les acheteurs, en particulier les moins de 30 ans qui représentent la moitié de la population angevine, allaient à Nantes, Rennes ou Tours », rapporte Daniel Loiseau, vice-président (PS) de la communauté d’agglomération d’Angers chargé du développement économique. « On nous a vendu l’idée que Nantes et Tours avaient un Ikea, donc Angers devait également se doter d’un pôle commercial centré sur la maison et le meuble », confirme Nicolas Gouon, animateur du groupe local EELV à Angers.
Des élus en situation de conflit d’intérêt ?
Les développeurs comme Unibail ou Klépierre, qui encaissent chacun près d’un milliard d’euros de loyers annuels grâce à leurs centres commerciaux, ont-ils besoin de faire pression sur les élus pour que ceux-ci leur ouvrent les bras ? Au sein des CDAC, les élus prennent parfois les promesses des développeurs pour argent comptant. Existe-t-il pour autant des conflits d’intérêt ? Dans un ouvrage qu’il a co-écrit sur la grande distribution [9], Vincent Lecoq, délégué de l’association Anticor dans le sud-est, recense de nombreux cas dans les années 1980 et 1990. La situation a-t-elle changé depuis ? « C’est sûrement moins visible. Mais il y a toujours des marchés bidons, des surfacturations des espaces de pubs… », estime Vincent Lecoq.
A Paris, des factures du journal électoral d’Anne Hidalgo, première adjointe du maire de Paris et candidate à la succession, ont été réglées « par des promoteurs immobiliers », rapporte un article du Canard enchainé daté du 5 mai 2010. « Ces sociétés qui se sont offert à prix d’or des pages entières dans une feuille que personne ne lit, continuent d’être en affaire avec l’Hôtel de Ville. Un mélange des genres d’autant plus détonnant qu’Anne Hidalgo est en charge de l’architecture et de l’urbanisme à la Mairie », rappelle l’hebdomadaire. « Des bétonneurs ont ainsi acheté la quasi-totalité des 10 pages de pub (sur 32) d’« Objectif 15 », destiné aux électeurs du XVe arrondissement. » A côté de Vinci ou Nexity, Unibail – qui a racheté en 2010 le Forum des Halles – figure également sur cette liste de « bienfaiteurs », nous apprend le journal satirique.
Des centres commerciaux « innovants, connectés et écolos »...
Recettes fiscales, attractivité du territoire, communication politique... Autant d’éléments qui poussent les élus à vouloir des centres commerciaux sur leur territoire. D’autant que ceux qui s’ouvrent en France sont vendus par leurs promoteurs comme des équipements de « nouvelle génération », toujours « innovants » et qui seraient des « lieux de vie ». Ils ressemblent moins aux anciens hypermarchés assortis d’une galerie marchande, et plus aux shoppings malls américains. Leur architecture, comme celle de l’Atoll d’Angers, change, nous assure-t-on, des centres classiques. Cette fois, le bâtiment est « unique et beau » comme le qualifie son promoteur, la Compagnie de Phalsbourg. Ces nouveaux centres peuvent même être « poétique(s) » avance le directeur de cette société, Philippe Journo, au sujet d’un nouveau projet près de Rennes. Et pourquoi pas « à la fois connecté, global et émotionnel », selon Altarea-Cogedim !

Forcément, ces nouveaux centres se veulent écolos ! Leur lien à la nature consiste souvent à planter des arbres (plusieurs centaines à l’Atoll d’Angers, deux milliers annoncés à Val Tolosa), à limiter les consommations énergétiques et à travailler le recyclage. Est-ce assez pour se targuer d’être écologique, quant ces projets construisent aussi des milliers de places de parking ? « À Angers, on nous a vendu un éco-parc ! C’est comme ça que l’Atoll est nommé. Mais ça n’a pas plus de sens que de dire que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est écologique parce que le bâtiment est HQE (haute qualité environnementale), commente Nicolas Gouon, d’EELV Angers. Il y a des éléments qui par nature sont anti-écologiques. L’Atoll a un bâtiment HQE. Ses pratiques de recyclage et la place accordée aux espaces verts sont respectables. Mais un tel parc commercial reste antinomique avec le développement durable. » Nous ne sommes pas vraiment dans les filières courtes ou les commerces de proximité. Encore moins dans la sobriété.
Dans le domaine, la palme de la communication revient sans doute à Europa City dans le Val d’Oise, lauréat 2012 du prix Pinocchio des Amis de la terre. Le promoteur, Auchan, assure en effet « mettre le développement durable au cœur du projet », mais va sacrifier 80 hectares de terre agricole fertile pour les remplacer par un immense complexe touristique avec piste de ski. Et présente son projet comme « environnementalement positif »...
Que deviennent les centres commerciaux abandonnés ?
Derrière le vert des discours, la réalité est beaucoup moins « durable ». A côté de ces nouveaux centres commerciaux « innovants » et « inédits », les centres-villes français se portent de plus en plus mal. Le taux de vacance des commerces y est en hausse, et dépasse même 10 % dans 46 villes du pays. « Il n’y a pas d’étude officielle en France sur l’effet des centres commerciaux sur les petits commerces, mais il existe des études américaines : les effets ne se font sentir qu’après environ cinq ans, explique Vincent Lecoq, auteur de Le « toujours moins cher » : à quel prix ?. Au début, les petits commerçants font appel à leurs fonds propres pour compenser la baisse de leur chiffre d’affaire. Or, cette période de cinq ans, c’est presque une législature locale. Ce n’est donc pas le maire qui voit ouvrir le centre commercial qui va devoir gérer le problème politique de la fermeture des petits commerces. Lui, il a le bénéfice de la création d’emplois, des revenus fonciers… »

Un autre problème se dessine : celui des futures friches. Les États-Unis ont connu une vague de faillites de leur shopping centers durant la dernière décennie [10]. Une fois abandonnés, les immenses bâtiments reviennent… à la charge des collectivités. Le centre commercial O’Parinor à Aulnay-sous-Bois semble par exemple en mauvaise posture. Il est situé à moins de 10 km et à quatre stations de RER du futur centre commercial Aéroville (Roissy). Plus de cinquante des enseignes du premier se trouvent aussi dans le deuxième. « Avec l’arrivée de complexes comme Aéroville, il est à prévoir que des centres existants comme O’Parinor ou Bobigny 2 seront mis à mal dans les cinq ans », fait remarquer Alain Amédro, vice-président (EELV) de la région Ile-de-France. Une crainte que partage le directeur de l’Établissement public d’aménagement Plaine-de-France, Damien Robert, qui soutient pourtant Europa City : « Nous nous inquiétons en effet des risques de friches. Il y a un certain nombre de centres existants qui s’apprêtent à souffrir, surtout ceux dits de destination, où l’on se rend en voiture. » Les nouveaux équipements n’attirent pas toujours les volumes de consommateurs espérés. Le centre commercial du Millénaire à Aubervilliers a souffert à ses débuts du manque d’infrastructures d’accès (nouvelles stations de métro, tram…) qui n’étaient pas encore prêtes. La Fnac a quitté le complexe à l’automne, faute d’une rentabilité suffisante.
L’emploi local, un argument en trompe-l’œil
Malgré tout, les élus locaux espèrent que ces projets serviront à mieux aménager leur ville, et permettront de créer de l’emploi. Un argument de taille dans certains territoires où le chômage est élevé. À Aéroville, les promoteurs et les collectivités ont annoncé la création de 2 600 emplois. Plus de 9 000 candidats se sont présentés au premier forum de recrutement. Au final, 1 200 à 1 600 postes auraient été pour l’instant créés. Le bilan précis n’est pas encore disponible. À Val Tolosa-Portes de Gascogne, le promoteur Unibail promet 3 000 créations de postes. Mais, dans l’autorisation donnée au projet par la Cnac en 2008, il est question de « plus de 1 000 emplois équivalent temps plein ». « Dans le document de la préfecture, c’est 1 785 ! Les chiffres changent tout le temps », déplore Jutta Dumas, du collectif Gardarem la Ménude, qui s’oppose au projet.
À Europa City, le volume des emplois promis est à l’échelle de son gigantisme : plus de 17 000, dont environ 11 500 emplois directs, d’après une étude du cabinet Sémaphore. « Nous avons demandé au cabinet d’étude s’ils avaient pris en compte les emplois possiblement détruits dans d’autres centres commerciaux. La réponse a été : “Ce n’était pas la commande” », rapporte Bernard Loup. L’enjeu de l’emploi est bien souvent un trompe-l’œil... Sans compter que les emplois créés sont plutôt mal payés. A Aéroville, il s’agira d’« une majorité de CDI », selon Patricia Fizet, chargée de mission à l’agglomération Terres de France. Avec 70% de temps plein, en grande partie payés au Smic [11]. L’essentiel des postes proposés dans un centre commercial, même quand il se revendique « 4 étoiles » comme Aéroville, concerne des emplois de vendeurs, d’employés polyvalents de restauration, d’employés de la sécurité et du nettoyage. Des métiers souvent mal rémunérés.
Concurrence effrénée et fin du repos dominical
« Il y a un risque de course en avant. Que les centres existants, pour se maintenir, se développent encore plus », regrette Alain Amédro. Le centre O’Parinor (Aulnay-sous-Bois) prévoit d’ouvrir en 2014 un multiplexe pour tenir tête à celui d’Aéroville, qui abrite un cinéma, le premier du groupe de Luc Besson. « Ils sont dans une concurrence effrénée, sans voir que celle-ci ne garantit pas leur survie et amène en plus une logique de destruction du travail, avec les demandes d’ouverture le dimanche. Ce sont finalement les salariés qui en font les frais. »
O’Parinor réclame d’ouvrir les dimanches pour jouer d’égal à égal avec Aéroville, qui a le droit de commercer 7 jours sur 7 puisqu’il se trouve en zone aéroportuaire. Le maire (PS) d’Aubervilliers, Jacques Salvator, plaide également pour l’ouverture dominicale de centre commercial du Millénaire : « Pas pour toujours, mais au moins ces prochaines années, le temps que les infrastructures publiques d’accès arrivent et que le centre soit rentable. » Le même débat a lieu à Angers autour de l’Atoll. Pour Christophe Lecompte, secrétaire national de la fédération du commerce du syndicat FO, « c’est une stratégie du patronat de dire qu’il faut ouvrir le dimanche à cause de la concurrence. » Le syndicaliste rappelle que l’une des premières grèves des employés des grands magasins parisiens, ancêtres des centres commerciaux, a eu lieu en 1869 pour… le repos dominical. Dans la concurrence effrénée entre centres commerciaux, pas sûr que les salariés y gagnent. Ni les consommateurs.
Rachel Knaebel
Photos : CC Chris Ford (Une et 2ème photo) / Ivan Constantin (Photos noir & blanc)

Notes

[1Selon les chiffres du Conseil national des centres commerciaux.
[2Source : CBRE, Le commerce en France, Étude annuelle 2013.
[3Le groupe possède plus 80 centres, dont une trentaine en France
[4propriétaire d’une centaine de centres en France, dont Le Millénaire, Val d’Europe, Rives d’Arcins…
[5Il existe encore d’autres sociétés spécialisées dans le développement immobilier qui investissent dans les centres commerciaux en France : La Compagnie de Phalsbourg, à l’origine de l’Atoll d’Angers, qui a à son compte 13 autres projets réalisés ou en cours ; ou Apsys, qui possède ou développe une quinzaine de centres en France et d’autres en Pologne. Le développeur britannique Hammerson gère une dizaine de centres français, dont O’Parinor et Italie Deux, et a une poignée de projets en cours.
[6Ces pourcentages doivent être relevés dans la nouvelle loi de finances. Les dividendes sont imposés entre les mains des actionnaires qui les perçoivent.
[7Ces propositions lui ont été transmises via un e-mail, que nous avons lu : « L’objectif est de vous associer pleinement à la conception du projet selon les modalités ci dessous : Une étroite association à la conception du permis de construire (notamment au regard du traitement des façades, de la composition paysagère, des aménagements piétonniers, du choix des végétaux, etc …). La prise en charge financière d’une étude faune et/ou flore d’ampleur significative (couloirs écologiques interdépartementaux pour la faune, par exemple) avec observations d’été et d’hiver », écrit l’élu. Tout cela pour « sortir de cette logique frontale de manière constructive : nous, associations, entreprises et élus devront œuvrer ensemble pour l’intérêt général », explique le maire dans son mail. Avant de terminer : « Ce type de partenariat pourrait faire figure d’un nouveau mode de relations entre les associations environnementales, les entreprises et les collectivités. »
[8« Les grandes surfaces fomentent un coup d’étal »
[9Le « toujours moins cher » : à quel prix ?, paru en mars 2013 aux Éditions Yves Michel.
[10Voir, par exemple, ces articles du New York Times et du Wall Street Journal.
[11Selon une évaluation de la Maison de l’emploi de l’est du Val d’Oise.

dimanche 1 décembre 2013

Un chasseur tue un apiculteur...



Et un non chasseur de plus, un! (ou de moins)
Un chasseur tue un apiculteur
Le chasseur a tiré après «avoir vu quelque chose bouger» dans un fourré, sans avoir formellement identifié sa cible... Et quand ça bouge, ça chatouille l'index... Il devrait être mis en examen pour « homicide involontaire ».
Un apiculteur de 50 ans qui s'occupait de ses ruches sur un terrain privé à Clans, dans la vallée de la Tinée (Alpes-Maritimes), a été tué dans un accident de chasse samedi, selon les gendarmes.
Un sexagénaire qui participait à une battue au gros gibier près de ce terrain boisé et escarpé a tiré dans sa direction après «avoir vu quelque chose bouger» dans un fourré, sans avoir formellement identifié sa cible, selon les premiers éléments de l'enquête confiée à la compagnie de Puget-Théniers. L'apiculteur ressemblait-il à un sanglier ou à une girafe? Cela n'a pas d'importance. Pas besoin d'identification. Si ça bouge, on tire.
La victime a été atteinte d'une «balle de gros calibre» et est décédée rapidement malgré l'arrivée des secours, ayant eu une artère fémorale sectionnée, selon la même source.
Le chasseur, «fortement choqué», a dû être hospitalisé et n'a pu être placé dans l'immédiat en garde à vue. Il devrait être mis en examen pour «homicide involontaire». Cet accident prouve encore une fois que certains chasseurs ne devraient pas posséder d'armes et donc de permis de chasse. Il prouve également que les punitions ne sont pas assez sévères envers ces gens qui, rappelons le , doivent identifier la cible avant de tirer. Ceci prouve aussi à coup sûr, que bien des animaux sont abattus, alors qu'appartenant à des espèces protégées, ils ne devraient jamais être inquiétés.
Mais là, la victime est un homme, alors quelle sera la sentence, quelles excuses lui trouvera t’ont cette fois-ci ?
APL

vendredi 29 novembre 2013

Vive la chasse aux chasseurs...



DRÔME Montclar-sur-Gervanne : auteur de 425 infractions, le chasseur risque la prison ferme
Les chevreuils ou les sangliers qu'ils poursuivaient sont morts, transpercés par des plombs. Aujourd'hui c'est eux qui sont poursuivis… par la justice. Un père et son fils, propriétaire d’une chasse privée sur les communes de Montclar-sur-Gervanne et Egluy-Escoulin, ont comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de plus de 425 infractions.
Chasse à l’aide de moyen prohibé, prélèvements d’animaux au maximum par un plan de chasse, absence de marquage ou transport de gibiers morts non identifié, chasse sur terrain d’autrui, transport d’une arme non déchargée ou encore menace de morts sur agent de l’ONCFS, la liste des délits constatés par les agents de l’ONCFS qui ont surveillé pendant un an les chasseurs, est longue. Des actes qui sont formellement interdits par le plan de chasse et répréhensibles par la loi.
Le procureur a requis 4 mois de prison ferme pour le père, déjà condamné pour d’autres faits, et l’interdiction de chasser pendant 5 ans ainsi qu’une lourde amende pour son fils et plusieurs actionnaires de la chasse privée. Mis en délibéré, le jugement sera rendu le 6 décembre prochain.

dimanche 17 novembre 2013

Ces Sociétés Transnationales qui colonisent le monde...



Comment les transnationales colonisent le monde
ÉCONOMIE : En avant-goût de la conférence de Susan George lundi à Genève, le professeur Juan Hernández Zubizarreta analyse le pouvoir des entreprises transnationales et les pistes de résistance.
On dit qu’elles dominent le monde, que les plus grandes pèsent davantage que nos Etats. Facteur de développement global ou prédatrices sans foi ni loi, les sociétés transnationales (STN) sont pourtant une invention récente – née de la dérégulation – et encore peu étudiées. Juan Hernández Zubizarreta, professeur de droit à l’Université du Pays Basque et membre du réseau altermondialiste Enlazando Alternativas 1, en a fait son objet d’étude et de militance. Pour Le Courrier, il passe au crible cet acteur symbole d’une globalisation qui marche sur la tête 2.
- Vous êtes professeur de droit. Qu’est-ce qui définit, selon vous, une société transnationale (STN)?
Juan Hernández Zubizarreta:
Dans les faits, c’est une grande société dont le siège juridique, la matrice, se situe dans un pays dit développé et exerce, depuis là, un pouvoir dans d’autres Etats, que j’appelle récepteurs, ou périphériques, à travers diverses formes juridiques (filiales, sous-contractants, etc.). Leurs pratiques et relations autour de cette chaîne juridique varient selon les secteurs, les entreprises pétrolières ne sont pas organisées comme les banques ou le textile, etc.
Leur point commun est l’utilisation de toutes les sortes de stratégies et de techniques que leur offre la globalisation pour se soustraire à leurs responsabilités. La mondialisation a rompu l’unité de l’espace et du temps, créant un environnement où les transnationales se meuvent comme des poissons dans l’eau. Avec leurs structures tentaculaires, elles multiplient les stratagèmes pour optimiser leurs flux et leurs intérêts. Dérégulée, la finance favorise ces va-et-vient opaques.
Or, malgré cette réalité transnationale, ces entreprises continuent à être adossées à des unités juridiques nationales. Cet appareil légal est manifestement dépassé, c’est pourquoi, avec d’autres, je milite pour l’extraterritorialité.

mercredi 13 novembre 2013

les riches contestent carrément la société...

Ces milliardaires qui spéculent sur l’avenir de la planète

Ils possèdent des compagnies pétrolières, des gazoducs, des mines, des aciéries et même des médias. Ils influencent gouvernements et institutions pour empêcher toute réglementation trop contraignante. Et figurent parmi les plus grandes fortunes mondiales. Un rapport d’un centre de recherche aux États-Unis les considèrent, du fait de leur puissance et des pollutions que leurs activités génèrent, comme la plus grande menace qui pèse sur l’environnement et le climat. Qui sont ces multimilliardaires qui bâtissent leur fortune en hypothéquant l’avenir de la planète ?
En photo : Action du « Sauvons les riches » anglo-saxon (Billionaires for Bush) / source
Ils sont 50. Cinquante milliardaires à être pointés du doigt pour leur responsabilité individuelle dans la dégradation du climat. Ils tirent leurs richesses d’activités très polluantes, et n’hésitent pas à dépenser des millions pour influencer gouvernements et opinions. Leurs fortunes cumulées représentent 613 milliards d’euros. À 50, ils pèsent financièrement davantage que le Fonds européen de stabilité, censé défendre la zone euro – 17 pays – contre la spéculation. C’est dire la puissance qu’ils possèdent. C’est cette aberrante concentration de pouvoir que dénonce un rapport du Forum international de la globalisation (IFG), un institut indépendant installé à San Francisco, qui regroupe économistes et chercheurs, dont l’Indienne Vandana Shiva ou le Canadien Tony Clarke, connus pour leurs combats face aux abus des multinationales.
Leur volumineux rapport, Outing The Oligarchy [1], a pour objectif « d’attirer l’attention du public sur les individus ultrariches qui profitent le plus – et sont les plus responsables – de l’aggravation de la crise climatique ». Du fait des pollutions qu’ils génèrent et de leur lobbying pour défendre les combustibles fossiles, ce groupe de milliardaires constitue, selon l’IFG, « la plus importante menace qui pèse sur notre climat ». L’institut a donc décidé de mettre des visages et des noms sur cette menace. Pour que les « 99 % » qui subissent les conséquences de leur enrichissement démesuré – pour reprendre la formule du mouvement Occupy Wall Street – sachent de qui on parle. Une sorte « d’outing » forcé.
L’homme qui valait 63,3 milliards
Ces 50 milliardaires sont états-uniens, russes, indiens ou mexicains. Mais aussi brésiliens, chinois (de Hong-Kong) ou israéliens. Certains sont bien connus en Europe : Lakshmi Mittal, PDG du géant de la métallurgie ArcelorMittal, Rupert Murdoch, le magnat des médias anglo-saxons, Silvio Berlusconi, l’ancien Premier ministre italien aux 6 milliards de dollars, Roman Abramovich, propriétaire du club de foot de Chelsea… D’autres sont anonymes pour qui n’est pas un lecteur assidu du classement des grandes fortunes édité par le magazine Forbes. Des anonymes pas comme les autres. Ils possèdent des compagnies pétrolières, des mines, des médias, une armée de gardes du corps.
Prenez le Mexicain Carlos Slim, l’homme le plus riche du monde (63,3 milliards de dollars), qui a pleinement profité de la privatisation de la compagnie publique des télécoms, Telmex. Il détient 222 entreprises à travers le monde, aussi bien dans les télécommunications, la banque, l’industrie minière, l’énergie, la restauration ou la santé, employant 250 000 personnes et générant un chiffre d’affaires annuel de 386 milliards de dollars. Si bien qu’il est « presque impossible de passer une journée au Mexique sans contribuer à enrichir Carlos Slim, que ce soit en téléphonant, en mangeant dans un de ses restaurants ou en déposant de l’argent à la banque ». Comme si chaque Mexicain lui versait 1,5 dollar par jour.
« Une large part de la richesse de Carlos Slim vient de ses holdings industrielles très destructrices en matière d’environnement », dénonce le rapport. Déplacement forcé de population pour ériger des barrages, contamination de sols à l’arsenic, destruction de villages, conditions de travail exécrables… Il semble que les industries de Carlos Slim ne reculent devant rien. « Ses partenariats, comme son initiative en faveur de la santé avec le gouvernement espagnol et l’influent Bill Gates, lui permettent de construire et de soigner une image positive, derrière laquelle il peut dissimuler l’étendue des dégâts environnementaux et humains de ses projets miniers ou pétroliers », regrettent les chercheurs de l’IFG.
Les nouvelles oligarchies émergentes
Pourquoi ces cinquante-là et pas Bill Gates (2e fortune mondiale) ou Bernard Arnault (1re fortune française, 4e mondiale) ? Les milliardaires correspondant à trois critères ont retenu l’attention des analystes : la richesse totale (mesurée par le magazine Forbes) ; les dommages écologiques et les émissions de carbone générées par leurs activités économiques [2] ; et leur soutien, affiché ou discret, aux politiques favorisant les activités fortement émettrices de CO2, comme l’industrie pétrolière. Résultat : les milliardaires des pays émergents sont les plus représentés. On ne compte que 2 Européens (hors Russie) – Silvio Berlusconi et le Chypriote (ex-Norvégien) John Fredriksen, un armateur qui a bâti sa fortune grâce à sa flotte de pétroliers – parmi, entre autres, 13 Russes, 9 Indiens, 3 Mexicains et 2 Brésiliens.
Les grandes fortunes européennes seraient-elles plus vertueuses que leurs homologues des pays émergents ? Pas forcément. La désindustrialisation et la financiarisation des économies du Nord les ont rendues moins polluantes. Et les nouveaux mégariches des anciennes puissances industrielles bâtissent aujourd’hui leur fortune sur la spéculation financière ou les nouvelles technologies de l’information (Internet). Cela ne rend pas leur accumulation de richesses moins obscène, juste un peu moins dévastatrice. Les auteurs du rapport n’exonèrent pas pour autant les anciennes dynasties industrielles européennes de leur responsabilité en matière d’environnement. Mais, en dehors de quelques magnats du pétrole états-uniens, celles-ci ne font plus partie de cette nouvelle « oligarchie des combustibles fossiles » qui tente de dicter sa loi en matière de production énergétique, d’extraction minière et de pollutions. Certains milliardaires de la vieille école, comme Warren Buffet, adoptent même des positions plutôt progressistes comparées au cynisme ambiant qui règne au sein de leur caste.
De Goldman Sachs à ArcelorMittal
Profil type de ces nouveaux milliardaires sans scrupules : Lakshmi Mittal. Malgré une fortune estimée à 19,2 milliards de dollars, le patron d’Arcelor continue de vider les hauts-fourneaux français et européens de leurs ouvriers métallos. Non par souci de polluer moins, mais pour « rationaliser » les coûts et profiter des pays où la réglementation publique est faible, ou inexistante. Son réseau d’influence est tentaculaire, y compris en dehors de la sidérurgie : de Wall Street – où il siège au conseil d’administration de Goldman Sachs, l’une des banques les plus puissantes du monde – à l’Europe (conseil d’administration d’EADS) en passant par l’Afrique du Sud, le Kazakhstan ou l’Ukraine.
Comment s’exercent concrètement les influences et le lobbying de ces 50 mégapollueurs ? Des États-Unis à la conférence sur le climat de Durban, les frères Koch sont devenus des maîtres en la matière. Avec une fortune estimée à 50 milliards de dollars, David et Charles Koch sont à la tête d’un vaste conglomérat d’entreprises opérant principalement dans le secteur de la pétrochimie. Leurs dollars s’accumulent par millions grâce à leurs participations dans des pipelines transportant du pétrole brut, des gazoducs, des produits pétroliers raffinés ou encore des engrais chimiques. La plupart des activités de Koch Industries, dont le siège est au Kansas, sont méconnues du grand public, à l’exception de quelques produits tels que les cotons DemakUP® ou encore le papier-toilette Lotus®. Charles et David Koch ont derrière eux une longue histoire d’engagement politique conservateur et libertarien. Leur père, Fred Koch, fut l’un des membres fondateurs de la John Birch Society, qui soupçonnait le président Eisenhower d’être un agent communiste. En 1980, les deux frères ont financé la campagne du candidat Ed Clark, qui se présentait à la droite de Reagan. Son programme préconisait l’abolition du FBI, de la Sécurité sociale ou du contrôle des armes…
Des millions pour les climatosceptiques
Considéré comme l’un des « dix premiers pollueurs atmosphériques aux États-Unis » par l’université du Massachusetts, Koch Industries a été poursuivi sous l’administration Clinton pour plus de 300 marées noires dans six États fédérés, avant de régler une amende de 30 millions de dollars en janvier 2000. Les frères Koch demeurent des soutiens inconditionnels du cercle des climatosceptiques, qui nient le changement climatique. Entre 2005 et 2008, ils ont dépensé plus d’argent que la compagnie pétrolière américaine Exxon Mobil (18,4 millions d’euros) pour financer des organisations qui, selon Greenpeace, « répandent des informations erronées et mensongères à propos de la science du climat et des politiques d’énergies propres ».
À l’occasion du sommet à Durban, Greenpeace a classé les frères Koch au top douze des dirigeants d’entreprises polluantes œuvrant en coulisse pour miner un accord international sur le climat. Ils accordent ainsi d’énormes subventions à des associations industrielles comme l’American Petroleum Institute – un organisme représentant les compagnies pétrolières américaines. Si leur rôle dans les négociations climat est important, les frères Koch veulent rester discrets. Charles Koch a déclaré qu’il faudrait « lui passer sur le corps » pour que sa société soit cotée en Bourse. Sans cotation, la société n’a pas l’obligation de publier les subventions accordées aux diverses organisations. Une situation idéale pour pratiquer dans l’ombre un lobbying intensif. La compagnie a ainsi versé plus d’un million de dollars à la Heritage Foundation, « pilier de la désinformation sur les problématiques climatiques et environnementales », selon Greenpeace.
Les frères Koch auraient également largement participé à l’amplification du « Climate Gate » en novembre 2009. Ce scandale avait été déclenché par le piratage et la diffusion d’une partie de la correspondance des climatologues de l’université britannique d’East Anglia. Les Koch ont financé des organismes, comme le think tank de la droite radicale Cato Institute, dont ils sont cofondateurs, pour monter en épingle cette affaire, mettant ainsi en doute l’existence du réchauffement. Autre fait marquant : en réponse au documentaire du vice-président Al Gore sur le changement climatique, les deux milliardaires ont versé 360 000 dollars au Pacific Research Institute for Public Policy pour le film An Inconvenient Truth… or Convenient Fiction (Une vérité qui dérange… Ou une fiction qui accommode). Un pamphlet totalement climatosceptique.
Du pétrole dans le Tea Party
Koch Industries a également initié, il y a un an, une campagne référendaire visant à empêcher l’entrée en application de la loi californienne de lutte contre le changement climatique (dite « AB32 »). Leur argument : le développement des énergies propres en Californie coûterait beaucoup d’emplois à l’État… Aux côtés d’autres groupes pétroliers, les frères Koch y ont investi un million de dollars. Leur proposition a finalement été rejetée, et la loi impose aujourd’hui à la Californie une réduction de 25 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 (afin de revenir au niveau de 1990). Malgré ce revers, le comité d’action politique de Koch Industries, KochPac, continue de pratiquer un lobbying intensif à Washington, en vue d’empêcher toute législation contraignante en matière d’émissions de gaz à effet de serre. D’après le rapport de Greenpeace, le comité a dépensé plus de 2,6 millions de dollars en 2009-2010 pour suivre le vote de la loi Dodd-Frank, qui vise une plus grande régulation financière.
Les frères Koch financent aussi le très conservateur Tea Party et participent au groupe Americans for Prosperity (AFP). Créé en 2004, l’AFP est à l’origine de nombreuses manifestations contre l’administration Obama, notamment contre son projet de taxe sur le carbone. La Cour suprême ayant levé depuis janvier 2010 les limites au financement des campagnes électorales nationales par les entreprises, il semblerait que les Koch soient prêts à investir encore plus d’argent dans le Tea Party en vue des élections de 2012. Leur lobbying est si tentaculaire qu’ils sont surnommés « Kochtopus », un jeu de mots mêlant leur nom de famille à celui de la pieuvre (octopus en anglais).
Les 99 % sacrifiés par les 1 % ?
Pour restreindre le pouvoir de ces nouvelles ploutocraties et de ces fortunes démesurées, le rapport de l’IFG préconise une série de mesures fiscales pour assurer une véritable distribution des richesse : indexer les hauts salaires sur les plus bas, par exemple, imposer davantage et plus lourdement les très hauts revenus, ou taxer les transactions financières. De nouvelles réglementations pour empêcher ces énormes concentrations de sociétés et sanctionner les dégradations environnementales qu’elles provoquent sont également nécessaires.
Il y a urgence : « Une augmentation de 4 °C de la température mondiale (...) est une condamnation à mort pour l’Afrique, les petits États insulaires, les pauvres et les personnes vulnérables de l’ensemble de la planète, alerte Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International, à Durban. Ce sommet a amplifié l’apartheid climatique, les 1 % les plus riches de la planète ayant décidé qu’il était acceptable d’en sacrifier les 99 %. » Cela signifie que les États, les gouvernements et les citoyens doivent reprendre la main. D’autant qu’ils sont sous la pression de plus en plus forte des « marchés financiers », dont ces 50 multimilliardaires sont des acteurs incontournables…
Sophie Chapelle et Ivan du Roy

Le grand prix des pollueurs ( 1/3 )



Prix Pinocchio.  Les Nominés : AREVA
La cérémonie publique de remise des Prix se déroulera le  mardi 19 novembre 2013 à la Java, 105 rue du Faubourg du Temple, 75010 Paris: pour plus d'informations
Entrée libre et gratuite, merci de remplir le formulaire d'inscription
 « Plus vert que vert »
Prix décerné à l'entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles.
Les entreprises aiment surfer sur la vague du développement durable pour légitimer leurs activités. Mais la réalité est souvent bien moins verte !
Areva réécrit en vert l'histoire de l'uranium
URÊKA, le musée de l'aventure de l'Uranium (1), vient d'ouvrir à Bessines en Haute-Vienne. « L'épopée française de l'uranium a commencé en Limousin en 1948. Aujourd'hui encore l'aventure continue... ». Tout comme la pollution irréversible des 230 sites miniers français… et la dévastation de bien d’autres territoires par Areva dans le monde entier.
Alors qu’Areva fête l’ouverture de son parc d’attraction, les souvenirs laissés par l’entreprise sont loin d’être roses : en Limousin, plus de 60 mines abandonnées polluent sources, rivières et nappes phréatiques. Malgré des réaménagements « paysagers », les traces subsistent. Bessines, où s’est implanté UREKA, accueille déjà plus de 200 000 tonnes d’uranium appauvri et d’autres substances radioactives et mériterait bien le statut d’installation nucléaire.
Le film « Il était une fois l’uranium » présente l’histoire réécrite par AREVA, bien éloignée de celle vécue par les habitants. « Parcourez les anciens sites réhabilités », propose UREKA, taisant les conséquences de l’extraction sur la santé et l’environnement, la pollution des eaux, les émissions de radon…
Le musée célèbre les mineurs, prétendument surveillés médicalement pendant leur activité. Et après ? Rappelons qu’un excès de décès par cancers du poumon et du rein a été « découvert » sur une cohorte d’anciens mineurs (2).
UREKA invite enfin à « explorer l'uranium au présent » et admirer « l'actualité mondiale du minerai » : 120 permis de recherche chez les Aborigènes d’Australie, 139 permis et sites miniers au Niger (3)… Rien sur les conséquences de 40 années d’exploitation : faune et flore détruites, eaux contaminées, nappe d’eau épuisée, un peuple chassé de ses terres et privé de ses activités traditionnelles…
Un sort qui pourrait aussi concerner le Nunavut, territoire Inuit dans le Grand Nord Canadien, où AREVA veut aussi s’implanter (4). Un tel projet serait un désastre pour ce territoire déjà fragilisé par le changement climatique, polluant les sols et les eaux, perturbant les zones de chasse (la culture des Inuit est étroitement liée à la chasse au caribou) et ouvrant la voie à d'autres mines sur ces terres.
Mais AREVA y construira peut-être un autre musée une fois le territoire ravagé ?
En savoir plus :
- « Uranium en Limousin », film de Thierry Lamireau.
La fédération des Amis de la Terre France est une association de protection de l'Homme et de l'environnement, à but non lucratif et indépendante de tout pouvoir économique et religieux. Créée en 1970, elle a participé à la fondation du mouvement écologiste en France, et à la formation du premier réseau écologiste mondial, Friends of the Earth International , présent dans 77 pays avec 2 millions de membres.
Les Amis de la Terre forment un réseau d'une trentaine de groupes locaux autonomes qui agissent selon leurs priorités locales et relaient les campagnes nationales et internationales sur la base d'un engagement commun en faveur de la justice sociale et environnementale.
La Responsabilité sociale et environnementale des entreprises
Les Amis de la Terre-France poursuivent depuis 2007 une campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSEE), dans le cadre d'un projet européen mené avec les Amis de la Terre-Europe, les Amis de la Terre-Pays-Bas, les Amis de la Terre-Allemagne et CEE Bankwatch. Son but ? Démontrer que les approches volontaires sont inefficaces, et que les pouvoirs publics doivent mieux encadrer leurs activités.
Pour plus d'informations:
2B, rue Jules Ferry - 93100 Montreuil
Tél : +33 1 48 51 18 92

samedi 2 novembre 2013

Quand le populisme et conservatisme vont en guerre...


Les plus réactionnaires, Patrons de la Grande Distribution, Patrons du MEDEF, Droite dure de la Manif’ pour tous et cléricaux de tous poils, exploitants de l’agriculture intensive et chimique de la FDSEA, et autres pollueurs  s’apprêtent à manifester à Quimper…Alors que les problèmes qu’ils ont crées de toute pièce leur empêche de voir leurs propres erreurs. MCD
En Bretagne, un modèle agricole intensif à bout de souffle
Samedi 2 novembre, des représentants des entreprises Tilly-Sabco, Doux ou Gad manifesteront dans les rues de Quimper. Les salariés de ces abattoirs de volaille et de porcs sont les victimes les plus visibles de la crise qui secoue le secteur agroalimentaire en Bretagne.
La fermeture de l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère), du siège finistérien de cette entreprise et d'un autre site à Saint-Nazaire vont se traduire par près de 900 licenciements. Chez Doux, près d'un millier d'emplois ont d'ores et déjà disparu et l'entreprise est toujours en redressement judiciaire. Quant à Tilly-Sabco, il est sur la corde raide.
Ces trois entreprises ont en commun d'être nées au moment où la Bretagne a misé sur l'agriculture intensive. Avec peu de terres disponibles, des personnes très formées et motivées, cette région excentrée a choisi de tourner le dos à la petite ferme de polyculture et d'élevage traditionnelle pour installer des porcheries et des élevages de poulets à l'échelle industrielle. Un virage négocié à partir des années 1960, porté par la politique de décentralisation.
Bâtiments d'élevage, abattoirs, usines d'alimentation animale et entreprises agroalimentaires se sont déployés dans cette région qui représente 7 % du territoire national. Des sociétés privées comme Gad, Tilly-Sabco ou Doux, mais aussi de grosses coopératives comme Cooperl, Cecab ou Triskalia ont connu un développement rapide. Et la Bretagne s'est imposée non seulement comme la première région productrice de porcs - avec plus de 50 % de la production nationale -, mais aussi d'œufs (plus de 40 % de la production du pays). C'est, en outre, en Bretagne que sont élevées près du tiers des volailles de consommation.
Par ailleurs, la région s'est imposée dans l'exportation de poulets congelés, en particulier vers les pays du Moyen-Orient, grâce à un type de subventions à l'export octroyées par Bruxelles et dénommées "restitutions".
Mais les premières limites du "modèle" breton ont commencé à apparaître au milieu des années 1990. Avec l'ouverture des marchés européens, négociée dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, l'agriculture bretonne axée sur le volume et les faibles marges s'est trouvée confrontée à la concurrence de pays comme le Brésil. Au sein même de l'Europe, avec l'entrée dans l'Union des ex-pays de l'Est, des distorsions de concurrence sont apparues entre la France et des pays comme l'Allemagne, qui ont recours dans leurs abattoirs à la main-d'œuvre roumaine ou polonaise payée au salaire de leur pays d'origine. Quant aux "restitutions", elles ont commencé à baisser, et l'Union européenne a voté leur disparition à terme.
A cet accroissement des problèmes de concurrence est venue s'ajouter la fluctuation du prix des matières premières agricoles, de plus en plus spéculatives. Or, l'élevage breton importe une bonne part de la ration, en particulier le soja, devenu plus coûteux au fil des ans. Le développement de la grande distribution, qui pèse inexorablement sur les prix et les marges de ses fournisseurs, a aussi contribué à mettre le secteur sous tension.
Enfin, avec la densification de l'élevage s'est posée la question du traitement des rejets. L'élévation du taux de nitrate dans l'eau est devenue un sujet de préoccupation pour les organisations environnementales mais aussi pour les citoyens. Les algues vertes sur les plages bretonnes ont frappé les esprits. Tous les tenants de l'élevage intensif n'ont pas de mots assez durs pour qualifier la circulaire Le Pensec-Voynet de 1998, qui selon eux a contribué "à briser leur élan" et "à vitrifier l'élevage". L'arrêt donné à l'extension des élevages et les différentes directives, européennes comme françaises, ont tenté de réduire les impacts environnementaux. Les stations de traitement des lisiers se sont multipliées dans les élevages.
UN DOSSIER COMPLEXE
Le paquebot de l'agroalimentaire breton a continué à voguer sur sa lancée. Mais progressivement, des voies d'eau l'ont fragilisé. Des rapports sur la crise de la filière porcine et avicole ont été commandés et se sont accumulés sur les bureaux des gouvernements successifs. Mais le sujet est complexe. Les rivalités entre entreprises, les querelles de clochers, les intérêts de chacun, les influences politiques ne facilitent pas la mise en place d'un projet ou d'une coopération régionale, les récentes manifestations bretonnes l'ont prouvé.
Le mouvement de contestation s'est cristallisé sur le rejet de l'écotaxe, devenue un symbole du "pouvoir jacobin". Il a fédéré une coalition hétéroclite, regroupant les tenants d'une agriculture productiviste comme la FDSEA, branche bretonne du syndicat agricole FNSEA, et les Jeunes Agriculteurs, qui demandent moins de contraintes environnementales, les délégués FO des entreprises Doux et Gad, des représentants des transporteurs, du Medef régional, de la grande distribution et des élus. Ils sont à l'origine de l'appel à manifester samedi à Quimper.
D'autres refusent de se joindre au mouvement. Comme la CFDT. "Le modèle breton, basé d'abord sur les volumes, est à bout de souffle", reconnait le syndicat, qui ajoute : "est-ce à dire que tout l'agroalimentaire breton est en crise ? Non, la plupart des entreprises qui ont fait le choix de la valeur ajoutée, de la qualité et de l'innovation s'en sortent bien, et elles ont un vrai avenir si elles sont accompagnées dans cette recherche".
Les entreprises qui tombent aujourd'hui, comme Doux ou Gad, filiale de Cecab, ne peuvent pas uniquement invoquer la crise pour expliquer leur situation. Choix stratégiques aventureux et mauvaise gestion sont les premières causes de leur chute. Même si elle vit une crise structurelle, la Bretagne garde donc de nombreux atouts sur les marchés agricoles et agroalimentaires. A condition toutefois que les acteurs soient capables de discuter et de mettre en place un "nouveau" modèle.
Laurence Girard

dimanche 27 octobre 2013

Ces villes du nucléaire esclaves de l'atome...

Ces villes arrosées par le nucléaire

A l’ombre de la centrale de Tricastin, qui emploie 2900 personnes, Saint-Paul-Trois-Châteaux et ses 9000 habitants dépendent largement du site nucléaire.
 

Difficile d’être écolo autour d’une centrale. A Saint-Paul-Trois-Châteaux, ville avoisinant le dangereux réacteur de Tricastin, l’argent de l’atome saute aux yeux.
Juillet 2008: une fuite de plus de 74 kg d’uranium contamine les cours d’eau. Février 2012: un dysfonctionnement sur une vanne pousse à l’arrêt d’un réacteur. Juillet 2013: 29 militants de Greenpeace parviennent à pénétrer sur le site... Août 2013: fuite de tritium dans une nappe souterraine. La centrale de Tricastin, construite sur une faille sismique dans le sud de la Drôme, à quelque 230 km de Genève, ne cesse d’inquiéter. Et pourtant, dans les rues d’une commune avoisinante, Saint-Paul-Trois-Châteaux, personne n’élève la voix contre la centrale dont les réacteurs surplombent la plaine.
Pas d’écolos dans les parages
«J’y ai travaillé, mon mari y travaille, mon père aussi, mes sœurs... Ici tout le monde a un membre de sa famille qui travaille au Tricastin», rappelle une jeune femme, Pauline, assise en terrasse d’un restaurant. Comme d’autres habitants de la ville, elle assure «ne pas avoir peur car [elle] sait comment cela fonctionne». Que le réacteur aurait dû être fermé en 2010, trente ans après sa mise service, ne change rien à l’affaire.
Ce discours mi-rassurant mi-désabusé, Alain Volle le connaît bien. Le responsable d’Europe Ecologie-Les Verts à Montélimar, à 20 km, reconnaît qu’il est quasi impossible de trouver un militant écolo dans les communes jouxtant la centrale. De ses incursions, il ne rapporte que de «rudes discussions avec les habitants».
C’est que la ville dépend largement de l’atome. Selon Areva, le site de Tricastin emploie plus de 2900 personnes. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime que 35% des 9097 habitants de la ville sont dépendants de l’activité nucléaire!
Et ce n’est pas un cas particulier. Autour du Tricastin et du site voisin de Marcoule, près de 50 000 habitants seraient directement ou indirectement liés à l’activité nucléaire sur des dizaines de communes.
Mais les centrales ne profitent pas à tous. Le rapport démontre que l’offre d’emploi ne correspond pas à la demande, ce qui handicape les jeunes de 18 à 24 ans. Entre le site de Tricastin et de Marcoule, plus au sud, près de 19% d’entre eux sont au chômage, selon l’étude.
A Saint-Paul-Trois Châteaux, cette précarité ne se voit pas. Toutes les rues du centre sont pavées, fleuries, les places mises en valeur par du mobilier urbain et, à l’inverse de certaines villes voisines, ce centre est animé par ses cinquante commerces et vingt cafés et restaurants, comme le proclament des panneaux touristiques. Une commerçante qui souhaite demeurer anonyme va jusqu’à qualifier sa ville de «petit Saint-Tropez».
Dans la démesure
Ici, ses 9000 habitants disposent de trois gymnases, un boulodrome couvert, un autre découvert, deux terrains de football, un stade de rugby, un complexe tennistique... Et surtout du centre «Saint-Paul 2003», longtemps déficitaire, terminé dans les années 1980, avec son sauna, son spa, son hammam, sa salle de remise en forme, sa salle de musculation, ses douze pistes de bowling, ses deux terrains de squash et sa piscine couverte de vingt-cinq mètres, alors que la ville possède aussi une piscine découverte...
Selon le rapport de 2012, le montant global des dépenses d’équipement de la commune pour 2007-2009 s’est élevé à 17 millions d’euros (65% pour le seul exercice 2007). La ville emploie environ 200 personnes, dont une vingtaine pour Saint-Paul 2003.
Le budget de la municipalité est à l’avenant: 21,76 millions d’euros en 2012. A titre de comparaison, le budget de Crest, dans la Drôme, de taille similaire (environ 8000 habitants), plafonne à 9,4 millions. La différence? Des revenus d’impôts des entreprises, notamment d’Areva et d’EDF, pesant près de 14 millions d’euros contre 809 000 à Crest...
Pour le maire socialiste, Jean-Michel Catelinois, élu en 2008, le temps des grandes dépenses est cependant révolu. «A l’époque il y avait de l’argent mais il n’était pas géré. Nous partons du principe que nous utilisons l’argent là où il est», assure-t-il en ajoutant que la ville ne fait plus d’emprunt et fera des efforts dans la gestion du personnel.
Saint-Paul-Trois-Châteaux n’arrête pas pour autant d’investir. La culture prend la priorité sur le sport. Le 27 novembre est achevée une nouvelle salle de spectacle avec ses 900 places et ses têtes d’affiche, «une par mois pour seulement 45 euros», selon le maire, comme Superbus, l’humoriste Laurent Gerra ou, à venir, le chanteur Serge Lama pour un coût total estimé à 3 millions et demi d’euros.
Prospérité à accoutumance
Difficile pour les habitants de Saint-Paul-Trois-Châteaux d’imaginer un scénario économique en dehors de la centrale. Pourtant, selon l’organisation Sortir du nucléaire, les travailleurs de l’uranium pourraient aussi profiter d’un démantèlement du réacteur. L’organisation se base sur les recherches de l’association NégaWatt, enrichies par Philippe Quirion, économiste de l’environnement et chargé de recherche au CNRS-CIRED (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement). Cette étude montre que la fin du nucléaire coûterait 65 000 emplois en 2020 et jusqu’à 92 000 en 2025. Les créations induites par le démantèlement compenseraient marginalement ces suppressions. Mais la transition énergétique serait créatrice d’emplois grâce à l’essor des énergies renouvelables ou la rénovation des bâtiments. NégaWatt évalue ainsi la création à 235 000 emplois en 2020, 632 000 de plus que si la France demeure dans le nucléaire. 
Jean Baptiste Mouttet
 

Nouveaux incidents au Tricastin

Lundi 16 septembre, un communiqué de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) informe d’une «présence anormale» de tritium dans les eaux souterraines du Tricastin. Un incident sans gravité, assure le gendarme du nucléaire français, qui l’a toutefois conduit, quatre jours plus tôt, à enjoindre Electricité de France (EDF) à «surveiller» la nappe phréatique. En d’autres termes, la fuite se poursuit et on ne sait pas comment la colmater.
Au réseau Sortir du nucléaire, la situation est qualifiée de «grave». D’autant que le tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène fortement cancérigène, s’écoulerait anormalement depuis juillet, avec des rejets multipliés par 40 sous le réacteur No 3. Mais ce n’est que le
2 août qu’EDF s’inquiète officiellement de la fuite et le 6 qu’elle avertit l’ASN. «Quarante-cinq jours pour aviser le public et la presse, de quoi faire rêver TEPCO au Japon», ironisent les antinucléaire.
Du côté d’EDF, a contrario, on se veut rassurant. L’entreprise assure que l’eau souillée demeure emprisonnée dans l’enceinte du site et que les riverains n’ont rien à craindre. Peu convaincues, les associations Next-Up et CRIIRAD ont pris l’initiative de prélèvements dans les environs du site pour s’en assurer.
Dans ce climat de suspicion, l’explosion le 7 octobre d’un système de pompe hydraulique entre les réacteurs 3 et 4 semble indiquer, selon les écologistes, des difficultés dans les opérations de pompage. Trois salariés de la centrale ont été aspergés de «liquides radioactifs», et l’un a dû être hospitalisé.
Les associations appellent en conséquence à l’arrêt immédiat de la centrale construite dans les années 1970 et à une enquête indépendante sur cet incident. Selon la Coalition antinucléaire du Sud-Est, «cette ou ces fuites détectées» constituent «l’indicateur d’une alerte majeure sur
l’état de délabrement de la centrale nucléaire». 
BENITO PEREZ

mardi 22 octobre 2013

Vercors et pied-monts..avidité pour accaparer les granulats...



Le Vercors une mine d’or pour les carriers
Le Vercors une mine d’or pour les carrières et les......marchands de sable. Après l'air et l’eau, le sable est la 3ème ressource naturelle exploitable par l'homme. Avec les carrières du Royans qui ont défrayé les chroniques, après celle de Rochechinard maintenant celle d'Oriol en Royans, bien sûr on est loin des 15 milliards de tonnes de sable exploitées par an. Mais avec une image plus  parlante de l’exploitation du sable depuis 5 000 ans par l’homme cela  représenterait  une montagne de  100 kms de long sur 40 kms de large et 4 kms de haut sur notre planète. Beaucoup de gens s'imaginent que c'est une ressource inépuisable et qu’on peut sans discernement "taper" dedans. Et le sable, curieusement, disparaît !
Or, c'est le cas avec nos besoins  grandissants, à voir avec notre démographie qui avoisine 7 milliards d’hommes et une demande en matériaux en hausse par l’exploitation affairiste. Le Vercors, n'échappe pas à cette règle mondiale et à voir les flancs du Vercors rudement balafrés sur ses bords, de Sassenage à la Rivière, dans le Royans et les Monts du Matin. Bien sûr, cela ne représente qu'une infime partie de l'iceberg mais il n’empêche que nous sommes dans un Parc Naturel Régional du Vercors.
Et  celui-ci, à son corps défendant, participe à détruire l'environnement  et ainsi  le Vercors se voit amputé de ses ressources naturelles !
Ce sable, cette ressource si limitée, devrait faire réfléchir l'ensemble de nos concitoyens quant à l’utilisation de celui-ci et si on peut bâtir encore des châteaux en  Espagne en sable, faisons en sorte de penser au plaisir  de celui-ci sur les plages. Et commencer à s'interroger du fait que le sable  ne doit  pas disparaître du seul fait qu'on l’exploite sans limites !
Et ces châteaux en Espagne s'écrouler faute de matériau ! A moins que le marchand de sable qui venait égayer nos soirées enfantines  viennent nous rappeler nos devoirs de responsabilité face à cette ressource  pas si abondante que cela !
Jean Paul Vierron
Saint Laurent en Royans 
Article paru dans le lien no 21 automne 2013
bulletin de la  FAUP
Fédération des amis et usagers du  parc du Vercors