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dimanche 13 avril 2014

Débat : Machines aliénantes ou libératrices ?



La rage contre la machine
« La pente naturelle de la machine consiste à rendre impossible toute vie humaine authentique » (Orwell)
Osez critiquer publiquement la technologie et vous vous retrouverez qualifié d’obscurantiste, de nostalgique de la bougie et de l’âge des cavernes, d’antihumaniste, voire de pétainiste nostalgique du « retour à la terre ». Le philosophe Günter Anders prédisait « une mort intellectuelle, sociale ou médiatique » à ceux qui encourent ce risque. Or force est de constater que la technocratie qui règne sur le monde, dédiée intégralement à l’efficacité, a effectivement à voir avec un processus de domination totalitaire auquel l’homme est sans cesse condamné à s’adapter. Dans un ouvrage synthétique, intitulé : « Technocritiques, du refus des machines à la contestation des technosciences » (éditions La Découverte, 2014), l’historien François Jarrige retrace le fil politique des oppositions sociales et intellectuelles aux changements techniques.
On y croise luddites et paysans réfractaires, mais aussi un Rousseau qui refuse de croire en la libération du travail par la technique et propose de « proscrire avec soin toute machine qui peut abréger le travail  » ; un Charles Fourier, annonciateur du dérèglement climatique ; un Gandhi lecteur de William Morris, John Ruskin et Tolstoï ; et aussi Jacques Ellul, les penseurs de la décroissance ou encore les militants de Pièces et main-d’œuvre (PMO).
Discussion avec l’auteur autour de ces résistances qui refusent d’abdiquer face à la captation du futur par la technique.
- Qu’est-ce qui t’a porté vers cet objet de recherche ?
François Jarrige : La question des oppositions et des résistances aux changements techniques m’intéresse depuis longtemps. Ma thèse de doctorat portait sur les ouvriers briseurs de machines au début du XIXe siècle. Comme tout objet de recherche, le sujet du livre est au carrefour de plusieurs influences scientifiques, universitaires ou plus personnelles. J’appartiens à une génération née en même temps que le nouveau milieu technique qui émerge à partir des années 1970 – modelé par l’informatique et les biotechnologies – or la rapidité du processus et la prolifération des discours enthousiastes ne cessent de m’intriguer.
D’un point de vue historiographique, je me place sous la tutelle de l’historien Edward P. Thompson, c’est-à-dire celle d’une histoire sociale « par en bas », qui se veut compréhensive à l’égard des acteurs, qui essaye d’aller au-delà de ce que Thompson appelait la « condescendance de la postérité » – ce mépris que nous, qui pensons être au sommet de l’évolution, portons sur les acteurs du passé. C’est aussi en m’intéressant aux travaux des socio-anthropologues des techniques, comme Alain Gras, que j’ai commencé à réfléchir à la façon dont les sociétés passées pensaient leur rapport aux techniques. Les historiens, de manière générale, se désintéressent de ce domaine, parce qu’il pèse dessus la méfiance associée au « déterminisme technique », qui voudrait ramener toute explication de la société à la technique qui dominerait tout. Or, je pense qu’on ne peut pas la mettre de côté, car elle façonne, sans le déterminer entièrement, le champ des possibles de nos actions, de notre rapport au monde.


dimanche 23 mars 2014

Vers des "villes des solutions"...

Le développement durable passera-t-il à la trappe du vote des Français ?

Image: Julie'14 pour Kaizen Magazine - Mars/Avril 2014
Image: Julie'14 pour Kaizen Magazine - Mars/Avril 2014
Le développement durable n'accapare pas les débats des élections municipales. Une étude réalisée fin 2013 par OpinionWay pour le cabinet de conseil en développement durable Auxilia montre pourtant que près d'un Français sur six estime que cet enjeu comptera dans son vote.

Le durable a de l'avenir dans les territoires

"En dépit d'une situation économique toujours difficile, les Français font du développement durable un enjeu majeur pour l'avenir" souligne l'étude dans laquelle 57% des personnes interrogées considèrent que le respect de l'environnement doit être privilégié - d'autant que les bénéfices obtenus par des comportements plus responsables vont de pair avec la perception du développement durable comme une solution pour sortir de la crise (32% des interrogés avouent privilégier des produits locaux ou saisonniers autant par souci d'économies que de l'environnement).
Si 70% des Français (toutes catégories sociales confondues) font rimer politique de développement durable avec facteur d'innovation, 59% d'entre eux affirment que le développement durable comptera dans le choix de la liste pour laquelle ils voteront en mars prochain - une affirmation plus forte parmi les sympathisants de gauche (68%) que parmi ceux de droite (53%), "mais elle est majoritaire dans les deux cas et varie très peu selon la taille de la commune" relève l'étude.
Pour Bruno Jean Bart, le directeur général adjoint d'Opinion Way, "s'il est évident que les thématiques "développement durable" sont plutôt à la baisse au niveau national, ce n’est pas le cas au niveau municipal. De nombreuses thématiques sont concernées en ce sens pour les électeurs au niveau local : déplacements, propreté, espaces verts, qualité de l’air, etc".
Pour 62% des interrogés, c'est aux pouvoirs publics d'agir dans le domaine du développement durable. Chose intéressante: seuls 51% des Français estiment que leur Maire prend suffisamment en compte le développement durable dans son action, mais l'électeur a plus confiance en sa commune qu'en l'Etat pour porter des projets efficaces en la matière. Bien plus encore: 72% pensent surtout que le développement durable est avant tout l'affaire des citoyens, qui doivent agir à leur échelle.

Créativité et innovation sont devant nous

Pour Frédéric Vasse, ‎ancien collaborateur d'élus et directeur de l'innovation et de la recherche chez Auxilia, "ce baromètre permet d'objectiver une transition souvent souterraine, invisible, et qui doit aujourd’hui influencer notre vision du présent. La révolution culturelle, économique et démocratique que cela demande tétanise un peu tout le monde et c’est compréhensible tant nous devons parer à l’urgence de l’emploi et de la précarité. C’est là pour les élus, toute la complexité de la préoccupation écologique: ils ne sont plus devant des choix simples à faire, entre compromis à trouver pour marier équité sociale, initiative économique et urgence environnementale. L’innovation trouve là toute sa place"
L'étude souligne que l'aspect économique cristallise les attentes les plus importantes: "faciliter la création d'emploi et accompagner les personnes en insertion professionnelle est l'attente prioritaire de 63% des Français. Viennent ensuite le fait de favoriser une meilleure gestion des finances publiques, améliorer la transparence des politiques publiques, favoriser l'accès aux services publics de tous (53% des interrogés) ou bien favoriser un développement économique équitable, local et solidaire, favoriser le développement de l'économie verte et de l'innovation économique (48%)" peut-on lire.
Frédéric Vasse insiste d'ailleurs sur l'opinion des français les plus défavorisés, qui sont également les plus exposés aux nuisances en tous genres ou les plus éloignés des ressources environnementales: "que ce soit le bruit, les risques industriels ou naturels, ou encore la pollution, les quartiers populaires voient se superposer à la précarité sociale – et parfois « l’inesthétisme » des paysages urbains - une misère environnementale manifeste. Combien sont-ils à vivre à proximité d’une usine d’incinération des déchets, d’une voie express ou encore d’un site industriel à risque ? Si les classes moyennes et supérieures ont joué un rôle central dans l’émergence de la problématique environnementale, le développement durable apparait aujourd’hui et c’est nouveau comme une perspective à apporter AUSSI aux populations les plus défavorisés." La preuve? 57% des personnes interrogées pensent qu’il est préférable "de respecter l’environnement même si la croissance économique doit en pâtir". Ils sont 59% à soutenir ce point de vue chez les ouvriers et employés.

Un appel à la "ville des solutions" ?

Ce baromètre serait-il finalement un appel à la "ville des solutions", comme autant de services et d’usages apportés au plus près de la vie quotidienne de tous les habitants du territoire ? Sans aucun doute estime Frédéric Vasse, pour qui "il y aurait un sujet à creuser autour des villes "du milieu" - ni les petites communes en milieu rural ni les grandes villes et métropoles. Là le taux d’insatisfaction est un peu plus fort…"
En attendant, entre les affirmations données dans un sondage et la réalité de terrain, entre les préoccupations ultra-locales et les enjeux globaux qui nécessitent des choix courageux d’ordre législatif et national, "il est sans doute nécessaire de passer par une pédagogie de l’action" reconnaît Frédéric Vasse... histoire de faire le lien entre besoin de propreté, développement des espaces verts et qualité de l’air à niveau local et la mise en place d'une écotaxe, d'une politique d’aménagement du territoire et d'engagements forts sur les choix energétiques et la conversion industrielle de certains secteurs.
Le DD entrera-t-il donc dans vos critères de choix dimanche ?
Anne-Sophie Novel
A lire

samedi 22 mars 2014

Contre l' idéologie de la consommation de masse...

Crise écologique, barbarisation et solidarité...

Ce billet a été écrit par Paul Cliche, chercheur, formateur et consultant associé à l’Université de Montréal et à l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). Impliqué dans le développement depuis le début des années 80, Paul Cliche vient de publier La coopération internationale solidaire. Plus pertinente que jamais aux Presses de l’Université du Québec (PUQ). Face à la crise écologique menaçant le futur de l’humanité, si la tendance se maintient, la voie qui se dessine devant nous est celle d’une progressive barbarisation du monde. Il y a cependant une alternative, celle d’un approfondissement de la voie solidaire entre le Nord et le Sud, avec les groupes aujourd’hui subalternes.
En quoi consiste la crise écologique ? La pollution et la dégradation de l’environnement, l’épuisement des ressources et le changement climatique, dont les causes sont essentiellement anthropiques, c’est-à-dire liées à l’activité humaine, sont autant de phénomènes interreliés entre eux qui menacent notre environnement et notre survie dans cet environnement. Ainsi, la pollution atmosphérique affectant l’air que nous respirons, les terres inondées, désertifiées, épuisées ou contaminées qui rendent la production d’aliments plus difficile et qui affectent notre santé, la diminution des sources d’eau potable essentielles à la vie de même que la pollution des océans réduisant les ressources marines, voilà autant de pressions qui affectent déjà la vie de milliards d’individus.
La tendance est claire. Les pays du Sud et les couches sociales les plus pauvres du Sud et du Nord sont les premières victimes de la crise écologique et ce sont eux qui en subiront de plus en plus les effets néfastes et qui seront aussi les plus dépourvus pour y faire face. Par ailleurs, ce sont les pays du Nord et les couches sociales les plus aisées, c’est-à-dire les premiers responsables de cette crise, qui pourront profiter d’éventuels avantages et qui auront plus de moyens pour s’adapter à ses effets néfastes et les atténuer.
Le modèle de développement qui a engendré cette crise écologique est celui d’un capitalisme fondé sur la compétitivité dans la recherche du profit maximal et croyant aux vertus autorégulatrices du marché. S’il est vrai qu’il a favorisé l’émergence de nombreuses innovations technologiques, il est aussi vrai qu’il a engendré une concentration extrême de la richesse (le 1 % des individus les plus riches de la planète concentrent 46 % de la richesse mondiale pendant que les 50 % les plus pauvres n’ont que 1 %) et un rapport avec la nature qui n’est plus soutenable. Un tel modèle est basé sur une croissance illimitée sur une planète où les ressources et la biocapacité sont en fait limitées. C’est cette foi inébranlable dans le progrès et le développement des forces productives, à l’accumulation qu’il implique et aux technologies qu’il exige, qui a généré un rapport avec la nature qui n’est pas viable. Nous faisons face à une véritable crise de civilisation, de la civilisation du progrès par la croissance qui pousse l’humanité dans le sens d’une nécessaire transition vers un autre modèle.
Ainsi, le mode de vie nord-américain, de consommation de masse, qui a inspiré l’idéologie du développement et de la croissance, constitue à la fois une menace et un mirage. Il est une menace, car il ne peut se reproduire que sur la base d’une externalisation des coûts environnementaux provoquant une dégradation accrue de la nature. Il est un mirage, car il n’est pas généralisable à l’ensemble de la planète et il ne peut se maintenir qu’en excluant de ce mode de vie des milliards d’individus, surtout des pays du Sud. Voilà une situation d’injustice profonde qui est socialement explosive.
Prétendre répondre à cette crise écologique tout en maintenant le pouvoir et les privilèges des individus et des grandes entreprises qui dominent actuellement le monde et sans remettre en question les structures sociales dans lesquelles nous sommes enfermés, revient à dire que ce sont les majorités subalternes et appauvries qui devront assumer le fardeau de la dette écologique. Dans un tel cadre, face aux conflits qui vont inévitablement s’exacerber, on peut s’attendre à une augmentation de la coercition, voire une militarisation croissante du monde incluant le perfectionnement du système de surveillance et de contrôle des citoyens, la mise en place de murs matériels et juridico-politiques pour contrer les mouvements migratoires, la criminalisation des mouvements sociaux, notamment autochtones, paysans et environnementaux qui contestent l’actuel modèle de développement, et la poursuite de la croisade contre le terrorisme, avec ses prisons secrètes, ses drones procédant à des exécutions extrajudiciaires et ses guerres préventives faisant des milliers de victimes civiles, essentiellement dans les pays du Sud. Bref, ce dont il est question ici, c’est d’une barbarisation croissante du monde contre les intérêts des groupes pourtant majoritaires, mais subalternes.
Pour sortir de cette voie de la barbarisation dans laquelle le système mondial est déjà engagé, il faudra affronter la crise écologique avec les groupes majoritaires, notamment dans les pays du Sud, qui sont aujourd’hui largement exclus des processus de prise de décision, en tenant compte de leurs intérêts, de leurs points de vue et de leurs projets de sociétés. Or, nous avons eu l’occasion au cours des trente dernières années d’observer de près de nombreuses expériences menées par des organisations d’Amérique latine et d’Asie et nous sommes persuadés que leur capacité a été généralement sous-estimée et que plusieurs d’entre elles sont porteuses de projets alternatifs de sociétés. Ce qui ressort avec force, si on se donne la peine de se rapprocher d’elles, de les écouter et de les valoriser, est leur grande capacité de résistance et de proposition. Elles sont non seulement capables d’exécuter des projets communautaires à l’échelle locale, mais elles peuvent aussi réaliser des programmes de grande envergure, maîtriser de nouvelles technologies, devenir des acteurs sociaux à l’échelle nationale et internationale, résistant à leur assujettissement et mettant de l’avant des propositions d’approfondissement de la démocratie et de modèles novateurs de développement. Le paradigme du Buen Vivir émanant des cultures autochtones, inscrit dans les constitutions de l’Équateur et de la Bolivie, en est un exemple.
Bref, la solution de la crise écologique peut se faire en solidarité et en alliance avec les groupes subalternes du Sud. On pourrait même affirmer que ces derniers sont porteurs d’alternatives pour l’humanité. Une façon de les mettre de l’avant et de faire le lien entre le Nord et le Sud est par une coopération internationale solidaire qui apprenne de ces alternatives des groupes subordonnés et qui s’insère dans des mouvements de transformation sociale, osant intervenir dans les espaces politiques où se prennent les décisions à l’échelle nationale et internationale et osant mobiliser la population et tisser des alliances pour construire un rapport de force capable de soutenir et de pousser le changement. 
Paul Cliche

vendredi 21 mars 2014

Les lanceurs d' alerte dans nos démocraties...

Les lanceurs d’alerte ou la solitude de la vérité

Dans un livre, Florence Hartmann nous raconte par le menu les mésaventures de ces défenseurs de la démocratie d’un type particulier que sont les « Lanceurs d’alerte » (Editions Don Quichotte. 2014). Ils sont les dissidents d’aujourd’hui, les mauvaises consciences de nos démocraties . Leur combat ? La conscience aigüe que la démocratie est mise en danger par des pouvoirs dominant auxquels personne n’ose s’attaquer : l’armée, les services secrets, les gouvernements, les géants du numérique. Un combat mal compris, car solitaire. Leur force : le courage et la preuve. Mais les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Mon premier, c’est l‘histoire du soldat Bradley Manning, accusé de mettre en danger les USA et la démocratie pour avoir transmis à Wikileaks les documents du Pentagone. Son but était de fournir au peuple américain les preuves des actions liberticides menées par le gouvernement américain dans le monde, en Irak et en Afghanistan. Il est aujourd’hui en prison.
Mon second, c’est l’histoire de l’informaticien Richard Snowden qui a l’ambition de remettre sur les rails la démocratie de son pays en dénonçant, preuves à l’appui, l’espionnage du siège européen de l’ONU par la CIA. Son objectif : donner aux citoyens du monde la possibilité de « réfléchir dans quelle société nous voulons vivre ». Il est aujourd’hui l’homme le plus recherché de la planète.
Mon troisième, c’est l’histoire de Daniel Ellsberg qui, en 1971 publie les fameux « papiers du pentagone », une étude secrète retraçant l’engagement des Américains au Viet Nam. Il est alors sous le coup de 115 années d’emprisonnement. Son action débouche sur la démission du Président Nixon.
Mon tout, c’est l’histoire des lanceurs d’alerte, des Marc Felt, des David Kelly, des Mordechai Vanunu, et autres Thérondel… Des hommes qui, au mépris de leur sécurité personnelle, sont devenus des solitaires traqués pour avoir placé la paix et la vérité au premier rang de leurs valeurs.
A l’origine, on les appelle les « whistleblowers » (soufflant dans son sifflet) un terme popularisé par Ralph Nader, l’avocat militant des droits des consommateurs dans les années 70, pour désigner des individus, salariés, citoyens, usagers, qui dénoncent des entraves aux libertés dans les entreprises ou dans les administrations. Il aura fallu attendre 2013 et pas mal d’affaires pour que le droit d’alerte soit reconnu, autorisant la divulgation d’une information concernant un fait, une donnée ou une action, dans la sphère publique « dès lors que la méconnaissance de ce fait, de cette donnée, des cette action lui paraît dangereuse pour la santé ou pour l’environnement ». Quelques années plus tôt, en 2002, la loi Sarbanes-Oxley prévoit des structures d’alerte dans le domaine de la finance et de la comptabilité des entreprises afin d’inciter au signalement des fraudes commises à l’encontre de l’état et des investisseurs. En 2004, l’ONU et nombre d’organisations internationales appellent au renforcement du droit d’accès à l’information pour consolider les démocraties. En 2010, le Conseil de l’Europe demande aux pays membres d’adapter leurs règlementations d’ici à la fin 2012 afin de protéger les lanceurs d’alerte salariés mais aussi les soldats et les membres des services de renseignements.
Cela fait maintenant plus de 40 ans que l’alerte est présente dans les textes de lois de 60 pays, mais sans modifier l’attitude des gouvernements sur les secrets d’état et secrets défense, malgré les promesses de transparence, comme celles d’Obama en 2008 qui, lors de son élection, s’est engagé à protéger les lanceurs d’alerte mettant à jour le gaspillage, la fraude et l’abus de pouvoir.
Cette histoire racontée par Florence Hartmann dans son dernier livre « Lanceurs d’alerte est au cœur des débats sur les libertés.
L’auteur rappelle qu’il a fallu vaincre beaucoup de réticences pour que cette fonction de lanceur d’alerte soit reconnue du fait principalement de la connotation négative attribuée à tout ce qui est dénonciation. « Nous confondons volontiers l’alerte civique et la délation totalitaire, et notre conception de la loyauté ne fait que renforcer cette connotation négative ». Sont-ils des solitaires paranoïaques amateurs de complots ou des militants politiques vigilants ? Sont-ils des consciences éclairées défenseurs de la démocratie ? Des simples individus révoltés par l’injustice ? Des traitres, des héros ? Le jugement à leur égard connaît toutes les gammes de l’expertise en renseignement.
Pour Florence Hartmann, « le lanceur d’alerte n’est ni de mauvaise foi, ni mu par une intention de nuire mais désireux de prévenir une catastrophe ou de mettre un coup d’arrêt à des actes répréhensibles ». Selon Transparency International, ONG menant le combat contre la corruption, le lanceur d’alerte est une personne « témoin dans son activité professionnelle d’actes illicites ou dangereux pour autrui et qui, par civisme, décide d’alerter les autorités ayant le pouvoir d’y mettre fin ». « Il signale une dérive », explique le sociologue Francis Chateaureynaud. Et il interpelle les pouvoirs en place sur les dangers ou les risques de ces dérives en suscitant la prise de conscience des citoyens. Comme l’écrit Florence Hartmann, « les lanceurs d’alerte sont bien face à un cas de conscience, à une impasse, écartelés entre leur devoir moral de défendre l’intérêt public, celui de tout citoyen, et leur devoir d’allégeance à leur hiérarchie ».
En général, les lanceurs d’alerte sont sans statut et sans protection et n’ont rien des illuminés que certains voudraient voir. Ceux qui s’acharnent à percevoir en eux des dictateurs de la transparence ont tout faux. Ils devraient prendre au contraire la mesure de leur courage mais aussi de leur solitude. La plupart ne retrouvent jamais de travail. Même les médias, après les avoir placé sou les feux de la rampe, les boudent comme analystes. Trop indépendants ! Quant aux conséquences de leur acte, ils en subissent la sanction. Sévère ! « Il existe un contraste choquant entre la peine infligée à Manning et l’indulgence, voire l’impunité complète, dont ont bénéficié les responsables de certaines des graves violations des droits humains révélées par ses fuites ».
Rejetés, peu soutenus, ne bénéficiant que de maigres soutiens médiatiques, les lanceurs d’alerte ont pourtant mis à jour l’un des dangers les plus graves qui menacent nos sociétés : la surveillance de masse et en particulier le pouvoir exorbitant des services de renseignement. L’américain Richard Snowden en a payé le prix lourd. Obligé de se réfugier en Russie, il en appelle à la communauté internationale pour que cessent les poursuites de son pays contre lui. C’est en particulier grâce à lui que les dérives de l’agence américaine NSA, la plus grande agence étatique de fichage de la planète ont été mises à jour. Son activité ? Intercepter la plupart des communications mondiales et les données électroniques qui les accompagnent et fournir ces données à d’autres puissances, moyennant échanges. Ces pays s’entendent finalement dans le plus grand secret autour d’une « vaste bourse d’échange dans laquelle la vie privée des citoyens, y compris celle de millions de Français, est troquée comme une vulgaire marchandise ». Tout cela se pratique au nom de l’antiterrorisme. Comme l’explique Florence Hartmann, « les états européens ont été piqués au vif lorsqu’ils ont découvert être eux-mêmes la cible de la NSA. Les Etats-Unis n’ont pas respecté « le code de bonne conduite » et se sont adonnés à l’espionnage ciblé ». Le président de la commission européenne lui-même a qualifié l’espionnage de la NSA de « totalitarisme ». Mais aucune élite politique pour venir en aide à Snowden et lui donner le droit d’asile.
Peu à peu, l’opinion prend conscience de l’ampleur des dérivés révélés par les lanceurs d’alerte. Depuis un an, des plaintes ont été déposées aux USA pour violation des droits constitutionnels. Des écrivains se mobilisent, réclamant la création de nouvelles règles garantissant la vie privée et l’adoption d’une convention internationale des droits numériques.
Ai-je été une lanceuse d’alerte, se demande Florence Hartmann en conclusion de son livre ? Non répond-elle. Mais un peu quand même. Florence Hartmann est cependant bien placée pour entreprendre une telle analyse. Comme journaliste, anciennement correspondante du Monde à Belgrade, elle a été l’une des premières à alerter sur les menaces de guerre en ex-Yougoslavie. Comme conseillère et porte-parole de la procureure du Tribunal Pénal international pendant six ans, elle a eu le courage de mettre à jour à l’issue de sa mission, dans une publication, les dérives de certains juges compromis avec le pouvoir serbe. Ce qui lui a valu d’être poursuivi par ce même Tribunal pour divulgation d’informations confidentielles. Elle a été peu soutenue par ses confrères et consoeurs de la presse, au moment où elle avait elle-même besoin d’aide. La presse ne s’est en effet pas bousculée pour sensibiliser l’opinion sur son histoire, une histoire qui illustre bien la solitude des démonteurs de systèmes.
D.Sabo

jeudi 13 mars 2014

Faut il revisiter la notion de travail ?



Le travail pour tous dans une société inclusive
Qu’est-ce donc que le travail ? Le travail est un terme ambivalent avec ses deux faces : en négatif, labeur, souffrance, tension, exploitation ; en positif, création, épanouissement, accomplissement, œuvre dans le plaisir et la joie.
Cette ambivalence ne peut être comprise que si on rapproche le terme de travail de celui d’activité. La personne active au sens économique du terme se définit comme celle qui participe à la production sociale échangeable, c’est-à-dire à l’économie dans sa matérialité mesurable des comptes nationaux. Le travail est ici identifié à l’emploi au sens des économistes.
Au sens général du terme, l’activité revêt deux formes : celle de l’activité immanente et celle de l’activité transitive.
L’activité immanente est celle de l’exercice de l’intelligence, de la mémoire et de la volonté. C’est le cœur de l’humanité de l’Homme, son intériorité profonde qui constitue son humanité.
L’activité transitive est celle qui transforme les rapports avec la nature et les rapports entre les personnes. Elle vise la production et l’organisation, dans un sens plus large que l’activité au sens économique du terme : il s’agit en effet de toute l’activité liée à la vie quotidienne des familles et s’étend à une grande partie de l’activité éducative, culturelle, scientifique, artistique, relationnelle et sociale.
L’activité humaine est plus que le travail et le travail plus que l’emploi. Un vocabulaire équivoque, ambivalent, imprécis, vague et confus peuple nos débats sur le travail.
La société inclusive repose sur trois piliers: les capacités et les droits de l’Homme ; la reconnaissance par la société, notre posture de base face aux autres.
Concernant cette dernière question de l’identité, de l’altérité et du rapport aux autres, l’histoire d’Ulysse nous dit ceci : de retour de la guerre de Troie, le fils de Laërte se trouve engagé dans une Odyssée qui ne lui permettra de retrouver sa femme, la fidèle Pénélope qu’après dix années d’aventures aussi périlleuses que rocambolesques. Accueilli chez lui comme un hôte inconnu, Pénélope est alors entourée de prétendants que l’absence d’Ulysse, qui semblait se prolonger sans fin, ne fait qu’impatienter davantage. Pénélope dit à celui qu’elle considère comme un étranger : « Ce que je veux d’abord te demander, mon hôte, c’est ton nom et ton peuple et ta ville et ta race ». Ulysse refuse de répondre tant lui est pénible l’histoire de son odyssée. Mais, pendant le bain de pied que lui offre la vieille servante d’Ulysse, celle-ci « reconnut le maître… à la blessure qu’Ulysse avait jadis reçue d’un sanglier à la blanche défense » (Chant 19).  
Notre identité est-elle révélée par nos cicatrices ou par notre carte d’identité ? La société inclusive prend en compte les histoires singulières de chacun. Les dispositifs administratifs peuvent être améliorés, mais ils ne seront jamais en eux-mêmes à la hauteur des enchevêtrements de responsabilités qui sont les nôtres. Celles-ci nous lient les uns aux autres et nous invitent à nous reconnaître au-delà de l’identité sociale convenue.
Le travail pour tous ne se définit pas par un taux de chômage inférieur à 8 % de la population active. Il implique la reconnaissance de l’autre dans son activité au service de la société. Le travail pour tous est un travail à soi et pour soi, un travail qui donne sens à la participation à la société, car il sera reconnu non seulement pour son utilité sociale mais aussi comme l’expression de personnes vivantes et fraternelles.
Hugues Puel

Le nucléaire, irréversible déclin ?



Fukushima + 3 ans : l’industrie nucléaire mondiale en déclin brutal et irréversible. La part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à environ 9% aujourd’hui
- La WNA a fait disparaître de son site web la courbe mauve (la part du nucléaire dans la production
mondiale d’électricité) au lieu de la mettre à jour comme ci-dessus. Voir ici la mise au jour de ce peu glorieux subterfuge. Mais il est vrai que la tendance est désespérante pour les promoteurs de l’atome...
Trois ans après le début de la catastrophe de Fukushima, dont les conséquences vont hélas continuer à s’aggraver pendant des décennies, l’industrie nucléaire tente de faire bonne figure et prétend même "repartir de l’avant". Des organismes de propagande comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou la World nuclear association (WNA) diffusent des chiffres sidérants : des centaines de réacteurs seraient d’ores et déjà commandés et seraient "bientôt" mis en chantier, la production nucléaire serait amenée à progresser massivement dans les années à venir, etc.
 La réalité est totalement différente, et il suffit pour s’en convaincre de consulter les données officielles (il convient donc de ne pas confondre information et communication, cette dernière relevant de la tromperie).
On peut ainsi constater que :
- la part du nucléaire dans l’électricité mondiale s’est effondrée depuis 10 ans, passant de 17% en 2001 à environ 11% en 2011 (1), et est à coup sûr passée désormais sous les 10% du fait de la baisse nette de production nucléaire en 2012 et 2013 (cf point suivant). Il est très important de noter que ce phénomène est structurel, commencé bien avant Fukushima, et qu’il continue bien entendu depuis.
- la production nette d’électricité nucléaire décline depuis 2006 (hormis un "rebond" en 2010, effacé depuis), comme on peut le voir sur le propre site de la World nuclear association (2). Ce n’est pas seulement la part relative du nucléaire qui diminue (sachant que les autres énergies progressent vite, en particulier les renouvelables) : la quantité d’électricité nucléaire diminue année après année. La WNA a d’ailleurs censuré sa propre publication pour faire disparaître la courbe (en chute libre !) de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale (3) . On attend avec impatience le chiffre officiel de 2012 (publication en juillet 2014).
On note par ailleurs que la part des énergies renouvelables dépasse 20% (plus du double de celle du nucléaire) et est en augmentation rapide.
- 42% du parc nucléaire mondial a plus de 30 ans  : les fermetures définitives vont se multiplier.
Ces derniers mois, 4 réacteurs ont été définitivement fermés aux USA (Crystal River 1, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1) et un autre le sera en fin d’année (Vermont Yankee). Ce sont les prémices d’un phénomène général qui va voir la production nucléaire continuer décroître inexorablement.
- les réacteurs en construction ne pourront compenser les fermetures
La WNA agite le nombre "record" de 72 réacteurs en construction mais certains le sont depuis 20 ou 30 ans, et même 40 ans pour Watts Bar (USA). On connaît aussi les problèmes insurmontables rencontrés par Areva en Finlande et EDF à Flamanville. Par ailleurs, la majorité des chantiers en cours le sont en Chine, pays qui investit bien plus dans les renouvelables (les éoliennes produisent désormais plus que le nucléaire) : c’est donc un "engouement" bien virtuel qui cache mal le déclin net de l’atome mondial.
- De nombreux chantiers annoncés ne verront en fait jamais le jour
D’innombrables nouveaux réacteurs ont été annoncés avec tambours et trompettes ces dernières années, mais ont pour la plupart été ensuite discrètement annulés. On peut ainsi citer le prétendu programme nucléaire turc, annoncé puis annulé à de nombreuses reprises… depuis 1967 ! De même, les réacteurs EPR que EDF prétend construire en Grande-Bretagne bénéficient de la part de Londres de subventions massives qui ne passeront assurément pas le filtre de Bruxelles : il est injustifiable de rendre "rentable", avec l’argent public, un projet gravement déficitaire. Ces EPR ne seront assurément jamais construits.
Conclusion : l’avenir du nucléaire est assuré… par ses catastrophes et ses déchets radioactifs.
L’industrie nucléaire n’a aucune perspective d’avenir : elle va seulement tenter de survivre en prolongeant le plus longtemps possible la vie des réacteurs actuels, pourtant déjà anciens et plus dangereux que jamais. Les fermetures de réacteurs sont néanmoins inéluctables et vont se multiplier dans les années à venir, les quelques nouveaux réacteurs (principalement en Chine) ne faisant que freiner momentanément ce processus.
Par contre, l’avenir du nucléaire est "assuré" par… ses catastrophes et ses déchets radioactifs  : des situations insolubles et dramatiques qui vont empoisonner (au sens propre comme au sens figuré) la vie des humains pendant des millénaires, et cela seulement pour seulement quelques dizaines d’années de production électrique nucléaire.
OBSERVATOIRE du NUCLEAIRE
mardi 11 mars 2014 - 21h32
(1) Agence internationale de l’énergie, Key world energy statistics 2003 et 2013, p24 :

mardi 11 mars 2014

Un être humain, pour quoi faire ?



Roger-Pol Droit : un être humain, pour quoi faire ?
Depuis ses premiers articles, Roger-Pol Droit ne cesse d’interroger l’humain, sa singularité, ses motivations, les rouages qui le conduisent à mener des actions engagées, courageuses, dignes ou, au contraire, à violer les droits des autres hommes. Une démarche qui pousse le journaliste-écrivain-philosophe à se frotter également sans concession à ce qu’il est lui-même, afin de ne pas risquer d’enfermer sa pensée dans des concepts qui pourraient emprisonner sa soif de comprendre et son désir de liberté intérieure.
Cette quête, Roger-Pol Droit la poursuit dans son dernier livre, Si je n’avais plus qu’une heure à vivre. Le propos, épuré, invite à se demander à sa suite, page après page, “quels actes accomplir ? Que penser, éprouver, vouloir ? Quelle trace laisser… si je devais mourir dans une heure précisément ? Que représente le mystère de cet arrêt, de ce qu’il y a au-delà ?” Chacun y répondra selon son histoire, bien sûr, mais mettre sa vie en perspective, prendre le temps de la réflexion, poser des actes avant qu’il ne soit trop tard… peut être une manière de répondre à cette question : à quoi sert une vie humaine ?
“C’est un livre sur la vie et non sur la mort”

dimanche 2 mars 2014

Réforme Territoriale absurde : La Biovallée perd six communes...



Le Pays de Bourdeaux rejoint le Pays de Dieulefit : Le conseil communautaire en date du 9 janvier avait un petit quelque chose de spécial. En plus d'être le premier de l'année, il était le premier sous sa nouvelle forme élargie, comprenez avec les 6 communes de Bourdeaux, Bouvières, Crupies, Truinas, Les Tonils et Bezaudin-sur-Bine. D'ailleurs, il avait lieu (aussi pour la première fois) à la nouvelle salle des fêtes de Bourdeaux. Tout un symbole...
Mettre les choses à plat
"Depuis sa création en 1992, le périmètre n'avait pas, ou peu évolué, rappelait Claude Raspail. Uniquement le retrait de la commune de Manas avait changé nos frontières". Cet agrandissement effectif au 1er janvier est donc un cap important pour le Pays de Dieulefit. "Nous n'avons pas encore réglé tous les problèmes, comme la collecte des ordures ménagères... Mais je tiens à remercier tous les services qui ont beaucoup œuvré" a poursuivi le président de la CCPD. Pierre Belle, maire de Bourdeaux, a rajouté "que si on est là avec vous, c'est qu'on l'a voulu". S'il est fier d'avoir tous les services sur sa commune, il reconnaît aussi partager beaucoup de choses avec Dieulefit (comme des associations sportives par exemple). "Le col est difficile à passer, mais maintenant les services de l'équipement enlèvent la neige avant même qu'elle ne tombe, alors y a pas de raison..."
Pour commencer dans cette voie, la réunion débutait par la désignation des délégués du Sivom du Pays de Bourdeaux, incluant désormais des élus du Pays de Dieulefit. "Les compétences de ce syndicat sont des compétences que la communauté de communes n'a pas", rappelait Pierre Belle. Ce qui n'est pas le cas du syndicat départemental de Télévision (SDT) pour lequel la CCPD se substituera au Sivom du Pays de Bourdeaux...
Ça s'échauffe sur le Scot
Avant de voter la demande de subventions pour le Parc d'activités économiques de Boulagne à La Bégude-de-Mazenc, l'assemblée s'échauffait contre toute attente à l'évocation du périmètre Scot (schéma de cohérence territoriale). Ce périmètre, qui est évoqué sans problème dans toutes les assemblées du bassin de vie, divisait à Bourdeaux. Daniel Brun, maire de La Roche-Saint-Secret, refusait "de voter un Scot à 2 mois des élections. Il faut qu'on ait un vrai débat". L'élu dénonçait au passage la méthode du maire de Montélimar qui avait présenté le Scot apparemment de façon abrupte en décembre 2012. "J'avais aussi déploré cette réunion où nous étions assis devant le public à devoir lever le doigt pour poser des questions..." avoue Christine Priotto, maire de Dieulefit. Mais pour Marc-André Barbe, maire de La Bégude-de-Mazenc, "on ne peut pas commencer sans définir un périmètre. C'est après qu'on discutera ce qu'on peut mettre dedans". Malgré tout, les élus votaient le report du vote concernant le périmètre Scot, demandant au passage une réunion d'informations. Une décision que regrettait amèrement Robert Palluel, maire de Pont-de-Barret, craignant que la CCPD passe "pour des guignols"...
Justine Minet

vendredi 28 février 2014

Notre Média...lieu de débat...

Réflexion sur un tirage au sort dans le monde associtif comme plus démocratique...Ou pas !

Le tirage au sort dans la vie associative
Ces pages sont consacrées à l’examen de la proposition de Mehdi Naïli visant l’attribution des responsabilités de l’association Média Citoyen Diois par tirage au sort. Formulée dans une intention démocratique et dans une association dédiée à l’information locale, cette proposition s’inspire de l’idée qui fait son chemin de la désignation des représentants politiques par tirage au sort. Néanmoins, il est notable qu’elle reproduise pour  la vie associative une réflexion sur la vie politique sans que ce qu’implique le passage d’un domaine à un autre ne soit éclairé. Je n’ignore pas que Mehdi Naïli n’a pas développé son point de vue et que s’il l’avait fait il ne m’aurait pas donné l’occasion de m’attarder sur le problème soulevé. Je montre qu’il existe une opposition décisive entre la vie politique et la vie associative et je retourne le questionnement là où il devrait se poser. J’attire pour cela l’attention sur le fait que la construction purement technique d’un procédé d’élection conduit à perdre le sens même de la démocratie et de la liberté. L’idée du tirage au sort des politiques qui a été formulée dès l’Antiquité gréco-romaine touche la vie de la Cité, c'est-à-dire pour nous, à l’élection des représentants à l’échelle nationale ou territoriale. A ma connaissance, les théories politiques n’étendent pas cette technique élective à la vie associative. Pourquoi ? Les raisons n’en ont pas été éclairées, c’est donc l’occasion d’y réfléchir.
A Suivre : http://mediascitoyensdioisdebats.blogspot.fr/

dimanche 16 février 2014

L' Ecologie n' est pas un luxe...

Que pouvons nous apprendre du Sud ?


L’écologie serait-elle un « luxe » reservé aux pays développés, une question qui ne concerne que la population aisée du monde industrialisée ? Un minimum d’attention à ce qui se passe dans les pays du Sud en général et l’Amérique Latine en particulier nous enseigne à tordre le cou à ce lieu commun de la pensée conforme. 1) Le Sud à l’avant-garde des luttes
En réalité, les peuples du Sud se trouvent à la tête de mobilisations importantes pour la défense de l’environnement. Ces mobilisations sont d’autant plus nécessaires que c’est vers la périphérie du système que sont exportées les formes de production les plus brutalement destructrices de la nature et de la santé des populations. Peu importe si les mobilisations contre la pollution de l’eau, les luttes en défense des forêts ou les résistances aux activités nuisibles des industries chimiques se font ou non au nom de l’« écologie » – terme que ne connaissent pas la plupart des acteurs populaires engagés dans ces mouvements ; l’essentiel est que ces luttes ont lieu, et qu’elles touchent très souvent à des questions de vie ou de mort pour les populations concernées.

mercredi 12 février 2014

Que faire ?

Que faire de ce que nous apprend Thomas Piketty sur Le capital au XXIe siècle


Le livre Le capital au XXIe siècle |1| est indispensable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la répartition inégale de la richesse au sein de la société. En lisant cette somme (950 pages, auxquelles s’ajoute une grande quantité de données statistiques et de tableaux accessibles via internet |2|), une première conclusion vient à l’esprit : le mouvement Occupy Wall Street a bien raison de cibler le 1 % le plus riche. En effet, en France, en 2013, le 1 % le plus riche détient 25 % du patrimoine total du pays |3|. Au Royaume-Uni (R.U.), il détient 30 %. En Suède, 20 %. Aux E.U., 32 % |4|. Si on inclut la part dissimulée de la richesse dans les paradis fiscaux ou sous d’autres formes, le pourcentage augmenterait d’au moins 2 ou 3 points. Pour faire simple, le 1 % de la population, c’est grosso modo la classe capitaliste et elle concentre une part impressionnante du patrimoine |5|.
Si on élargit l’étude aux 10 % les plus riches, on atteint les pourcentages suivants : en France, les 10 % plus riches détiennent 60 % du patrimoine ; au R.U., 70 % ; en Suède, 60 % ; aux E.U., 70 %. Grosso modo, on peut considérer que les 9 % ainsi ajoutés représentent l’entourage ou les alliés au sens large de la classe capitaliste.
Le mouvement populaire devrait avancer des revendications précises en matière de mesures à prendre à l’égard du 1 % le plus riche et des 9 % qui le suivent. La masse de biens mobiliers et immobiliers que ces 10 % détiennent révèle à quel point la richesse est inégalement distribuée et montre qu’un gouvernement de gauche pourrait trouver des ressources en très grande quantité pour, à la fois, mener une politique d’amélioration des conditions de vie de la majorité de la population et réaliser de profonds changements structurels de manière à amorcer la sortie du capitalisme productiviste et lancer la transition écologique.
Thomas Piketty résume dans un tableau saisissant les parts de richesse détenues par les 10 % les plus riches, les 40 % qui suivent et les 50 % d’en bas.
Tableau 1. L’inégalité de la propriété du capital |6|
Part des différents groupes dans le total du patrimoine Europe 2010 États-Unis 2010
La moitié de la population des pays du Nord ne détient en tout et pour tout que 5 % du patrimoine, c’est évidemment une raison impérieuse pour dire que lorsque la gauche revendique de taxer le patrimoine, cela ne vise absolument pas les 50 % d’en bas. Quant aux 40 % du milieu, pour reprendre l’expression de Thomas Piketty, ils détiennent 35 % du patrimoine total en Europe occidentale continentale et 25 % aux États-Unis et au R-U, ils sont constitués principalement de salariés, et en minorité de travailleurs indépendants. Ils pourraient être également exemptés de l’impôt sur le patrimoine, en tout cas par exemple pour les trois-quarts d’entre eux.
Si on passe des pourcentages à des montants en euros, on mesure encore un peu mieux ce que signifie la concentration de la richesse par une fraction très réduite de la population.

dimanche 9 février 2014

Cultures et Territoires...



Culture(s) et territoire(s)
Ré-enchanter le local :   Culture et territoire sont dotés de frontières multiples et poreuses.
Ces derniers subissent de plein fouet une mondialisation qui disloque les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Pour réhabiliter le local, sans tomber dans le repli identitaire, il faut renouer avec sa capacité universelle.
Peut-on penser le territoire, sa cohésion, sa cohérence, son contenu, son essor, ses limites, indépendamment des espace-temps plus grands dans lesquels il s’inscrit ? Est-il imaginable de penser le local sans prendre en compte le global, même si celui-ci se décline au pluriel ? C’est à travers un questionnement trans-spatial, du local au global, que nous pouvons mieux saisir les enjeux de cette problématique : si tous affirment la nécessité d’un lien entre culture et territoire, comment peut-on faire advenir une vraie pensée de ce lien ? Cette pensée ne suppose-elle pas que nous prenions la pleine mesure des dynamiques culturelles qui expriment la vitalité des femmes, des hommes et des communautés ?
De même que le territoire est traversé par des lignes spatiales diverses (locale, régionale, nationale, continentale, planétaire), la culture est portée par des tensions, qui peuvent être créatrices ou mortelles, qui renvoient à ces mêmes horizons géographiques. L’entrelacement entre culture et territoire est donc un processus complexe. Les territoires existent – cette existence est même l’une des condition de la vie sociale, à moins de croire dans ce cauchemar qu’est la « cyber-ville-monde » –, mais leurs frontières sont beaucoup moins précises que ce que nous pourrions penser. Les frontières juridiques, administratives, institutionnelles, économiques, fiscales, politiques entrecroisent les frontières naturelles, culturelles, psychologiques et imaginaires. Ces entrecroisements dessinent une multiplicité qui est un acquis de l’histoire sociale, pour peu que les différences ne deviennent pas des différends. Cela signifie que pour éviter les replis sur soi, sur les supposées frontières de son supposé territoire, il est nécessaire de réhabiliter avec force et intelligence la dimension universelle du local.
La mondialisation, « viol de l’imaginaire »
Depuis le début des années 80, un nouveau mouvement a lieu à l’échelle planétaire : la mondialisation. C’est le cadre par excellence dans lequel se déroule
l’ensemble des processus auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient économiques (financiarisation, néo-libéralisation, dérégulation), technoscientifiques (cyberespace, biotechnologies, nanotechnologies) ou culturels et idéologiques (standardisation des identités, fondamentalisme, uniformisation), écologiques (réchauffement climatique, désertification, urbanisation sauvage…). La mondialisation affecte directement les territoires, non pas les territoires abstraits, mais les territoires vécus. Notre thèse est que la mondialisation disloque et désagrège les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Or, seuls les grands États et les grands consortiums économiques peuvent vivre dans cet espace-temps monde. La délocalisation globale propulse l’humain dans un « temps-monde » et un « espace-monde » 1 qui sont invivables. Si la délocalisation déracine les activités humaines des espaces-temps locaux, elle vise aussi à dissoudre les imaginaires intérieurs, les temps de la psyché, de l’émerveillement. Nous rejoignons l’idée de l’urbaniste Paul Virilio selon laquelle la mondialisation tend à uniformiser la pluralité des temporalités, des rythmes, et à fabriquer un seul temps, linéaire, rectiligne, marchand, utilitariste. La seule valeur de ce temps est l’accélération de la vitesse… La culture est la première victime de la mondialisation et l’ancienne ministre de la Culture du Mali, Aminata Traoré, évoque un « viol de l’imaginaire » pour parler de son impact dans les territoires sociaux et culturels. D’ailleurs, de nombreux analystes ont montré que le monde, dans sa pluralité, ne participe pas à la mondialisation comme sujet historique créateur, mais comme objet du système marchand. Derrière la mondialisation, il y a d’abord une occidentalisation du monde. Pour que la réhabilitation du local ne soit pas le prétexte à un repli sur soi, il nous faut souligner sa capacité à être universel. Une œuvre est dite universelle, non pas au regard du nombre de ses lecteurs ou auditeurs, mais en fonction de sa qualité intrinsèque. Quand Dostoïevski écrit les Frères Karamazov, il nous offre une œuvre singulière, déterminée géographiquement, historiquement et culturellement. Mais cela ne signifie nullement que ces ancrages locaux dans la Russie du XIXe siècle soient des obstacles à sa dimension universelle. Elle est simultanément locale et universelle. L’universalité d’une œuvre ou d’une situation locale est le fruit d’une qualité et non pas un horizon vers lequel il faudrait tendre. La reconnaissance d’une valeur universelle au local suppose qu’il ne soit pas réduit à la plus petite unité de mesure d’un espace euclidien. En effet, les lieux locaux sont fécondés par des temps locaux et ces espaces-temps locaux sont les sites qui permettent à l’humain concret et pluriel d’exister. C’est précisément dans la mesure où l’économique, le politique, le culturel, l’écologique et le sacré sont réinscrits dans le tissu des espaces-temps locaux que le principe de localité peut devenir un principe créateur d’universalité.
L’humain délocalisé, unidimensionnel
C’est au sociologue Herbert Marcuse que nous devons l’expression de « l’homme unidimensionnel ». Elle dit avec exactitude le projet capitaliste concernant la figure de l’humain dont il espère voir l’avènement. Cette unique dimension est bien évidemment économique, mais aussi au cœur d’une entreprise mutilante de réduction généralisée : le réel est réduit au matériel ; le matériel est réduit à l’économique ; l’économique est réduit au financier. Le projet de la délocalisation globale et celui de la marchandisation du monde sont les produits de mort d’une même matrice : la réification, la chosification. Il convient de faire un détour, ici, par Karl Marx et par Max Weber pour rendre intelligible l’aliénation fondatrice exercée par le fétichisme de la marchandise. Ainsi, ce qui pose en vérité problème, ce n’est pas tant l’existence d’une économie de marché, c’est le fait, d’une part, que cette économie est une économie-monde (en réalité une économie-Occident mondialisé) et, d’autre part, que les lois du marché pénètrent les sphères non marchandes de la réalité, y compris l’organisation du vivant. Max Weber nous parle de désenchantement du monde pour caractériser le capitalisme. En effet, en tant qu’entreprise de réification généralisée, le capitalisme désenchante les espaces-temps locaux, notamment en tentant de dissoudre l’Âme du monde (l’anima mundi des anciens), les génies des lieux, toute cette classe de phénomènes subtils que nos poésies, nos imaginaires, nos spiritualités désignaient sous les beaux (et parfois inquiétants) noms de lutins, elfes, fées, gnomes, djinns, ghouls, ondines. « Le mot désenchantement a été lancé par le sociologue allemand Max Weber », écrit Jean-Louis Schlegel. « En allemand, le mot est Entzauberung, et, si on le traduit littéralement, il signifierait que les objets, dans le monde moderne, sont dépouillés de toute aura magique, de tout sens merveilleux, que la nature ou le cosmos, en d’autres termes, deviennent un monde d’objets à étudier, à analyser, à classer, à calculer, à mesurer. Descartes en avait donné le principe philosophique et, à partir de Newton, la chose fut acquise : la nature est un grand mécanisme. Entzauberung : “ cosmos désenflé ”, c’est-à-dire un cosmos qui a cessé d’être un monde symbolique, un monde vivant, avec une âme ou des milliers d’âmes, un monde d’énergies aussi. » 2
Valoriser les projets de civilisation
« Le recours au local comme projet de civilisation. » La philosophe Dominique Méda a eu cette belle formule dans son livre Qu’est-ce que la richesse ? 3 en opposant la civilisation à la mondialisation. Il est vrai que face à la logique de guerre qui préside aux entreprises de mondialisation, il est plus que jamais important de valoriser le sens civique, la civilité et les projets de civilisations qui, à partir des espaces-temps locaux, peuvent épanouir nos cultures. Comme nous l’avons dit, la réhabilitation du local, loin de signifier retour au passé et repli identitaire, est la condition même de l’universel et du civilisationnel. Espace de justice sociale, d’égalité, de démocratie participative, d’écologie globale, de fécondité culturelle et de vie spirituelle, les civilisations peuvent être ces territoires, ces lieux où les espaces-temps locaux, régionaux, nationaux et continentaux échangent entre eux, en vue, non d’une accumulation du capital ou d’une exploitation de l’humain et du saccage de la nature, mais à l’inverse pour faire tenir ensemble le singulier et l’universel.
Mohamed Taleb
cardabelle_taleb@yahoo.fr
1- La vitesse de libération, Paul Virilio, éd. Galilée, Paris, 1995.
2- « Le réenchantement du monde et la quête du sens de la vie dans les nouveaux mouvements religieux », Jean-Louis Schlegel, in Les spiritualités au carrefour du monde moderne, traditions, transitions, transmissions, colloque à la Sorbonne, éd. Centurion, Paris, 1994. Jean-Louis Schlegel est philosophe, sociologue et membre du comité de direction de la revue Esprit.
3- Qu’est-ce que la richesse ?, Dominique Méda, éd. Champs-Flammarion, Paris, février 2000.
Le singulier universel, pôle coordinateur d’un réseau interassociatif euro-méditerranéen et transculturel consacré au développement personnel, inter-personnel, à la transformation sociale et à l’écologie.
37, rue d’Amsterdam 75008 Paris
06 67 12 92 66

vendredi 7 février 2014

La moyenne justifie l' absurde....

Quand la "moyenne" devient le moyen de justifier l’absurde


Camarades, citoyens. Vous me voyez perplexe car depuis quelques temps je me torture l’esprit avec une notion constamment répétée par nos "dirigeants". Effectivement, il est d’usage de parler d’une classe aspirante, la classe "moyenne", (middle class), de la France "moyenne", le Français "moyen".
Je suis très confus car mon souvenir d’école est que "moyen" était plutôt "médiocre". Mais voila qu’aujourd’hui, c’est une norme, une mesure d’excellence. A croire que le milieu du peloton c’est très bien, presque une victoire.
- Moyenne, médian : Qui se trouve au milieu.
- Médiocre : Qui se trouve au milieu, entre le "moyennement" bien, pas si bien que ça et le mauvais.

La "moyenne" d’une population est donc 50%. Dans une consultation électorale, "démocratique", on parle d’une majorité à partir de 50% PLUS UN, et d’une minorité à 50% MOINS UN. La différence entre 49,99% et 50,01% est infime mais aux conséquences et signification remarquablement différentes :
A 50,01% on chante "cocorico" et à 49,99% on déprime.
Alors disons, pour simplifier, que le Français "moyen" c’est 50% (plus ou moins UN) de la population.
Si j’affirme que : Le Français "moyen", à 50,01%, est raciste, égoïste, de droite et réactionnaire, on m’accusera d’être un provocateur, un démagogue qui dénigre la démocratie, et d’insulter le peuple et la république. Rien que ça.
Mais si j’affirme que le Français est "moyennement", (à 49,99%), raciste, égoïste, de droite et réactionnaire, on me dira ; "oui, mais peu importe car la "majorité" des Français ne le sont pas".
Considérons ces quelque propositions et leurs conséquences :
Le Français "moyen" est pauvre et victime de l’exploitation, et
Le Français n’est que "moyennement" pauvre et exploité.
En "moyenne" la France est un pays juste et équitable, et
La France n’est que "moyennement" juste et équitable.
En "moyenne" la France est un pays démocratique, et
La France n’est que "moyennement" démocratique.
Le Français "moyen" respecte les institutions et les valeurs républicaines, et
Les Français ne respectent que "moyennement" les institutions et les valeurs républicaines.
C’est le délire sémantique d’une offensive idéologique des "neo-cons", qui veulent nous faire croire que dans une économie capitaliste "globale" il n’y a plus d’exploiteurs et exploités mais que nous sommes tous des participants actifs, des actionnaires, et que dans un marché de l’offre et la demande, il ne tient qu’a chacun de réussir son potentiel. La classe "moyenne" n’est que "la carotte". Les pauvres, laissés pour compte, ne sont que des "victimes des circonstances" (collateral damage), et que la richesse individuelle est toujours justifiée et méritée.
Les VRAIS "bourgeois", oligarques et autres riches, puissants d’argent, ne craignent pas les imitateurs, les arrivistes, les prétentieux "petit bourgeois", car ils savent que c’est eux qui détiennent le vrai pouvoir et, pour le préserver, sont prêts à "acheter" tous ceux qui leur sont utiles et qui veulent bien leur lécher les bottes.
"Prolétaire", ça fait pauvre, dérisoire, synonyme d’exploitation. Technicien de vente, d’hygiène, sanitaire, agent de fabrication, de production, chef, cadre, responsable de... etc., ça sonne mieux. La promotion (et division) sociale par "titres honorifiques" (et quelques miettes en plus).
Les maitres changent mais les esclaves sont les mêmes.
"La majorité des gens, la plupart du temps, agissent dans l’ignorance et en méconnaissance de cause.
Une minorité de gens, la plupart du temps, agissent avec conscience et en connaissance de cause.
Mais c’est seulement lorsque la majorité des gens, la plupart du temps, agiront en toute conscience et connaissance de cause que le monde serra autrement plus juste et équitable".
C’est ça la lutte de(s) classe(s), l’essentiel du "marxisme dialectique".
Le "Neomarxisme, le campisme, neocampisme" ? Connais pas.
Aujourd’hui, Marx pourrait dire ; "qu’un salarié (ou prolétaire) est toujours l’esclave exploité, et peu importe les petits privilèges (symboliques) individuels qu’on veut bien lui accorder".
"La vanité individuelle est à la conscience sociale ce que l’obscurantisme est à la raison".
Si la confusion de(s) "classe(s)" existe, c’est surtout chez la "majorité" d’exploités qu’on la trouve.
La "moyenne" n’est pas toujours si bien que ça, même plutôt mauvaise.
ADskippy
illustration : Binet
Réflexion inspirée par l’article de Christian DELARUE- "Neomarxisme et la classe sociale"

mercredi 5 février 2014

Rencontres de l' Ecologie Rhône-Alpes ...( J+15 )

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN

Jeudi 6 février 2014 RECONSIDERER LES RICHESSES

 
Eurre-26
20h30 Ecosite - Trans-Express
Spectacle Les Contes de la Richesse : le paradoxe de l’Erika d’après Patrick Viveret 
Une plongée au cœur du fonctionnement économique et de ses paradoxes. Qui pourrait croire que des catastrophes comme la marée noire de l'Erika ou encore les accidents de la route sont favorables à la fameuse croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) ?
Compagnie Tribouille  - Participation Libre                

Avenir...

Bienvenue dans une nouvelle ère géologique, déterminée par les humains pour le meilleur et pour le pire : l’Anthropocène

La civilisation industrielle a franchi une nouvelle étape. Selon de nombreux scientifiques, elle s’est élevée au rang de force géologique capable de décider de l’avenir de la Terre. Notre empreinte sur l’environnement est telle que ses impacts se font déjà ressentir : hausse de la température du globe, « sixième extinction » des espèces, acidification des océans… Nous entrerions ainsi dans l’Anthropocène, « le nouvel âge des humains ». Loin d’être inéluctables, ces impacts sont déterminés par des choix politiques, économiques et idéologiques pris par une petite partie de l’espèce humaine. Comment l’Humanité peut-elle reprendre collectivement la main sur son destin ? Analyse.
« Nous ne sommes plus dans l’Holocène mais dans l’Anthropocène ! », lance le prix Nobel de chimie Paul Crutzen devant un parterre de scientifiques [1]. C’était il y a 14 ans. Depuis, de plus en plus de scientifiques commencent à penser que nous avons changé d’époque géologique. De quoi s’agit-il ? L’histoire de la Terre est subdivisée en époques géologiques de plusieurs milliers à quelques millions d’années [2], chacune marquée par un évènement biologique, climatique ou sismique dont le sol, puis les couches sédimentaires, garderont la trace indélébile. Le Jurassique supérieur a ainsi vu l’apparition des premiers oiseaux, quand, 70 millions d’années plus tard, la fin du Crétacé entérinait la disparition des dinosaures. Nous vivons actuellement dans l’Holocène, commencée il y a 11 500 ans avec l’émergence de l’agriculture et la sédentarisation de l’être humain.
Or, ces mêmes humains, nous, sont aujourd’hui devenus une force géologique, influençant la faune, la flore ou le climat de la même manière que pourraient le faire les courants telluriques faisant dériver les continents. « L’empreinte humaine sur l’environnement est devenue si vaste et intense qu’elle rivalise avec certaines des grandes forces de la Nature, en termes d’impacts sur le système Terre », explique Paul Crutzen [3]. L’avènement de cette puissante empreinte marquerait donc la fin de l’Holocène et le début de l’Anthropocène. Un nom issu du grec ancien anthropos, qui signifie « être humain », et kainos pour « récent, nouveau ». Un groupe de travail de l’Union internationale des sciences géologiques prépare un rapport pour savoir si cette nouvelle époque géologique doit être officialisée dans le tableau de l’échelle des temps géologiques. Il sera rendu en 2016.

En quoi les êtres humains sont-ils devenus une force géologique ?

Autour de vous, des zones industrielles, des autoroutes, des villes, des lotissements, mais aussi des prairies et des forêts plantées. Ce modelage artificiel des milieux naturels couvre désormais près du tiers de la surface terrestre, contre seulement 5 % en 1750. D’autres bouleversements naturels moins perceptibles sont à l’œuvre. 90 % de la photosynthèse sur Terre se fait aujourd’hui par des écosystèmes aménagés par les êtres humains. Même le cycle de l’eau a été modifié par les 45 000 grands barrages édifiés [4]. Des substances nouvelles comme le plastique ou les perturbateurs endocriniens sont largués dans l’atmosphère depuis 150 ans, laissant des traces dans les sédiments et les fossiles en cours de formation.

Pour mieux évaluer l’empreinte humaine, des scientifiques ont observé l’évolution de 24 paramètres du système Terre depuis 1750, de l’accroissement de la population à celles des véhicules motorisés, en passant par la déforestation, l’équipement en téléphones, l’utilisation d’engrais ou les grandes inondations... [5]. Tous ces indicateurs s’emballent dès le 19e siècle, boostés par l’envolée de la consommation énergétique. Hausse de la température du globe, appauvrissement de la couche d’ozone, recul des glaciers, montée des mers, acidification des océans constituent autant de changements planétaires provoqués sur des échelles de temps très courtes par l’exploitation maximaliste de l’écosystème.

Rencontres de l' Ecologie Rhone-Alpes en Biovallée ( J+ 14 )...

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN
Mercredi 5 février 2014  
  
Aoûste-sur-Sye Salle des Fêtes - Participation Libre
20h Film/Débat : Cherche Zones Blanches Désespérément avec Marc Khanne, réalisateur
Electrohypersensibles ?Ils ne supportent plus les champs électromagnétiques  liés aux systèmes sans fil : téléphones portables, Wi-fi.
 

dimanche 2 février 2014

12ème et 13ème Jours des Rencontres de Die et de la Drôme...

XIIe RENCONTRES ECOLOGIE AU QUOTIDIEN
Lundi 3 février 2014

D'AILLEURS ... NOUS SOMMES D'ICI

 
9h à 13h nettoyage et débarrassage de la Salle Polyvalente de Die par toutes et tous les volontaires.
14 h Débat : Comment se situer, nous société civile, face aux enjeux de société...
17h Cercle de Parole ouvert à toutes et tous  : «Biodiversité, Cultivons la Vie…»
Evaluation des journées, de l’impact sur la Biovallée et de la dynamique collective.
19h Les Petits Contes de la richesse à l’usage des êtres humains
Compagnie laTribouille 
20h Repas Partagé de Clôture des Rencontres Citoyennes.  
Mardi 4 février 2014DONNER DE LA VOIX

Die
10h Evaluation : bilan participatif ouvert  à tous
Comment j’ai vécu…ces  12èmes Rencontres.
Die
20 h30 Cinéma Le Pestel
Film : Au Bord du Monde de Claus Drexel 
Empathie et poésie se déroulent au fil des images et des mots dans un Paris nocturne sublimé.
 
Fin  des Rencontres de l’Ecologie au Quotidien
à la Salle Polyvalente de Die – Bd du Ballon