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jeudi 19 décembre 2013

Drôme : la Centrale atomique de Tricastin est obsolète...

Plongée dans la centrale la plus dangereuse de France

C’est le plus grand site nucléaire de France, qui réunit une centrale électrique et près de dix usines et entrepôts atomiques. Les incidents s’y multiplient depuis quelques années. L’endroit est-il le plus dangereux du pays ? Reporterre y est allé voir.

 Reportage, Pierrelatte (Drôme)
Des fuites de tritium incontrôlées, des arrêts d’urgence de réacteurs à répétition, l’explosion d’une pompe hydraulique touchant trois ouvriers contaminés par des effluents liquides radioactifs, l’intrusion de vingt-neuf militants de Greenpeace au sein de la centrale, le non-respect des mesures élémentaires de sécurité et de confinage, un directeur de centrale remplacé au pied levé...
Ces derniers mois, la centrale nucléaire de Tricastin a connu une actualité chargée d’ inquiétants incidents. Alors qu’est débattue l’idée de prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs à cinquante voire soixante ans, Reporterre s’est donc posé la question : Tricastin est-elle la centrale la plus dangereuse de France ?
Nous sommes partis enquêter sur place. A Pierrelatte précisément, ville de 13 000 habitants, chef-lieu d’un canton de la Drôme, à dix km du site nucléaire de Tricastin. Où l’on a posé le sac à l’hôtel du Tricastin.
L’hôte étant accueillant, on a discuté. A-t-il peur, lui, riverain, de la centrale de Tricastin ? « On n’y pense pas, en réalité. Cela fait tellement longtemps que c’est installé dans la région, on est habitué. Et puis, le risque écologique, on ne le voit pas, donc on vit bien avec ». Au point de donner à son hôtel le nom d’une centrale nucléaire ? « Non, l’hôtel a été fondé en 1963, il est antérieur à la centrale qui a vu le jour dans les années 1970. Tricastin, c’est le nom de cette région de la vallée du Rhône ».
Étymologiquement, le nom provient d’une tribu, les tricastini en latin, qui y vivaient lors de l’Antiquité. Saint-Paul-Trois-Chateaux, capitale de l’époque, en a également tiré son nom. Siège d’un évêché jusqu’à la Révolution, la commune tire aujourd’hui la majeure partie de sa taxe professionnelle des activités nucléaires. Et le nom de Tricastin incarne désormais une autre religion, celle du nucléaire.

Étendu sur une surface de plus de 600 hectares à cheval sur deux départements – Drôme et Vaucluse – et deux régions administratives, Tricastin constitue le plus grand site nucléaire de France, devant la Hague et son usine de retraitement du combustible. Tricastin n’est pas seulement une centrale de production d’électricité, mais un complexe industriel nucléaro-chimique qui réunit plusieurs exploitants et différents procédés de fabrication.
La première activité y est la fabrication du combustible nucléaire. Arrivant de Malvési dans l’Aude, l’uranium y est transformé par l’usine Comurhex pour être ensuite enrichi. Cet enrichissement a longtemps été réalisé par le procédé de diffusion gazeuse, au sein de l’usine Georges-Besse I (le site Eurodif) puis, depuis 2011, par centrifugation, plus économe en énergie, dans l’usine Georges-Besse II. D’autres usines s’adjoignent à ces activités : fabrication de composants d’assemblage, retraitement de l’uranium appauvri, confinement de substances chimiques et radioactives, et traitement des effluents liquides issus de ces activités.

Au total, six entreprises filiales de la compagnie Areva participent au cycle du combustible. Celui-ci est ensuite envoyé à Romans-sur-Isère où il est assemblé et rendu prêt à l’emploi dans les centrales nucléaires. L’uranium enrichi et produit au Tricastin alimente ainsi le parc des réacteurs nucléaires français et plus d’une trentaine d’autres en Europe et dans le monde. Tricastin est donc au cœur de la filière nucléaire française.
Occupant la majorité du site, Areva cohabite avec deux autres plateformes, plus petites. La première appartient au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et rappelle que la vocation originelle du site était militaire : de 1964 à 1996, l’usine de Pierrelatte y a enrichi l’uranium nécessaire aux bombes atomiques. L’usine est démantelée, mais reste occupée par le CEA, qui y mène des recherches en nucléaire civil.

Adossée à la rive droite du canal de Donzère-Mondragon, la centrale nucléaire EDF complète l’implantation du site de Tricastin, sur cinquante-cinq hectares . C’est une des plus petites centrales de France en termes d’emprise au sol ; elle fut construite essentiellement pour alimenter en énergie l’usine Georges-Besse I. « La centrale EDF est la pile qui fait fonctionner le générateur du nucléaire que représente le site de Tricastin », explique Olivier Veyret, adjoint au chef de division Sûreté à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) à Lyon.
La centrale se compose de quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) d’une puissance de 900 MW (mégawatts) chacun. Selon les derniers chiffres communiqués par EDF, la centrale de Tricastin a produit 24 TWh (terawatts-heure) en 2012, soit 6 % de la production électrique française. Alors que les deux-tiers de cette production étaient initialement consacrés à fournir en énergie le site Eurodif, le démantèlement annoncé de celui-ci a permis d’affecter une plus grande partie de cette électricité au réseau. Ainsi, EDF estime que sa production approvisionne « la consommation d’environ 3,5 millions d’habitants et […] répond aux besoins énergétiques de 45% de la Région Rhône-Alpes ».

La centrale de Tricastin est la troisième plus âgée du parc nucléaire français. Construite à partir de 1974, puis mise en service en 1980 (réacteurs 1 et 2) et 1981 (réacteurs 3 et 4), elle a dépassé sa durée de fonctionnement initialement fixée à trente ans. Le réacteur n°1 de Tricastin a d’ailleurs été le premier du parc français à obtenir l’autorisation de l’ASN d’une prolongation d’exploitation de dix ans, en décembre 2010.
Pourtant, plusieurs voix s’opposent à cette prolongation. Le collectif Stop Tricastin estime que le vieillissement des installations est un enjeu de sûreté et de sécurité. « Tricastin est une centrale périmée. Elle a été conçue pour durer trente ans et elle est arrivée à son terme. Les nombreuses détériorations nous prouvent qu’on ne devrait pas aller au-delà du temps de fonctionnement envisagé initialement », témoigne Alain Volle, militant du réseau Sortir du nucléaire dans la Drôme et cofondateur du collectif Stop Tricastin.
La centrale du Tricastin est-elle réellement dangereuse ?

Complément d’infos :
• Le dernier dossier de presse en date d’EDF sur la centrale nucléaire de Tricastin.
• L’analyse de Greenpeace sur les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité – dont fait partie Tricastin.
. La région du Tricastin, approche géographique (écrit… en 1931).

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre.
Lire la suite : Plus de mille incidents et le record français de fissures. Tout va bien à Tricastin.

jeudi 12 décembre 2013

Pierrelatte 26 : Centrale de cogénération à biomasse, la mauvaise "bonne idée"...



Centrale de cogénération de Pierrelatte : le déboisement des forêts du Sud-Est a commencé. Ça va faire très mal.
Centrale de cogénération à biomasse à Pierrelatte, les forêts en danger!
Je suis en charge de l'animation du site Natura 2000 "Milieux alluviaux du Rhône Aval" et vous êtes très certainement au courant de l'installation et de la mise en service de la Centrale de cogénération à biomasse sur la commune de Pierrelatte.
J'ai été contactée par des propriétaires forestiers. Et comme nous pouvions le craindre, ils ont été démarchés pour réaliser des coupes sur leurs parcelles situées en site Natura 2000. Ces propriétaires connaissaient la valeur environnementale et patrimoniale de leur boisement, mais quand est-il des autres propriétaires?
La CNR DR Avignon a constaté des coupes sur le DPF et soupçonne des propriétaires de déborder sur le celui-ci pour vendre le bois.
Les DDT 26 et 07 ont été alertés, mais le plus important reste la veille sur le terrain.
Avez-vous constaté ces derniers temps des coupes importantes sur le territoire qui seraient à relier à l'alimentation de la centrale?
Cordialement,
Coralie Le Borgne 
Chargée de Mission Natura 2000
Site FR8201749 - Milieux alluviaux et aquatiques de l'Ile de la Platière  
Site FR8212012 - Ile de la Platière
Site FR8201677 - Milieux alluviaux du Rhône aval
Site FR8201679 - Rivière du Roubion (assistance technique)
Association des Amis Ile de la Platière
38550 PEAGE DE ROUSSILLON
Tel : 04 74 84 35 01
http://www.ile.platiere.reserves-naturelles.org/
Coralie Le Borgne
Cordialement,
Roger MATHIEU
Le trou du loup
26400 BEAUFORT-sur-GERVANNE
04 75 76 44 27
06 30 12 20 52
Nota : La mégacentrale biomasse de Pierrelatte : un choix énergétique non-durable et non-équitable !
Une catastrophe écologique
À Pierrelatte, pour remplacer la production d’eau chaude  générée par l’usine d’enrichissement d’uranium, une centrale à cogénération biomasse est mise en service aujourd’hui : la consommation annuelle  de  cet  équipement  est de 150 000 t de bois !
L’utilisation de la biomasse pour alimenter les chaufferies et produire de l’électricité par cogénération, bénéficie de mesures incitatives importantes qui créent une opportunité financière. En Drôme, une autre grosse centrale est en projet sur Laveyron qui consommera 200 000 t de bois par an… D’autres projets plus gros encore sont prévus autour de ces équipements sur le quart sud-est de la France.  Les consommations de bois cumulées de ces centrales ne tiennent aucun compte des potentialités de nos forêts. La FRAPNA Drôme lance l’alerte. Nous avançons vers une catastrophe écologique à court terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois.
Le pillage des territoires au profit des grands groupes industriels
Nous avions avec le bois l’opportunité de disposer d’une ressource énergétique de proximité, générant des emplois, gérée durablement au bénéfice des citoyens des territoires disposant de forêts exploitables. Ces mégacentrales viennent en concurrence avec les chaufferies communales : elles enrichissent les grands groupes industriels en pillant la ressource locale avec l’aide de financement public. Les citoyens payent pour que leur environnement soit détruit, leur territoire dévalorisé, et leurs ressources dévalisées!
Après le pétrole, puis le nucléaire, voilà le gaz de schiste et les mégacentrales biomasse : des choix énergétiques non-durables et non équitables pour continuer à nier l’urgence d’une transition vers un autre modèle de société.
Menace sur la forêt drômoise ?

La forêt est une ressource pour l’homme : sa préservation passe par une politique de gestion préservant les grands équilibres planétaires et la biodiversité de chaque territoire.  Dans ces conditions, l’utilisation de la biomasse comme ressource énergétique présente de nombreux avantages, mais ne remplacera jamais les énergies fossiles ou nucléaires pour continuer à alimenter notre gaspillage énergétique.
Le projet de centrale biomasse de Pierrelatte
Sur Pierrelatte, l’usine Eurodif d'Areva enrichit de l'uranium pour EDF : cette activité génère de l’eau chaude issue de son système de refroidissement, qui est en partie valorisée dans un réseau local.  Ce réseau de chaleur est utilisé pour chauffer des logements sociaux (environ 2400 foyers) à Pierrelatte, et en retour,  des serres agricoles (41 hectares) ainsi qu'un élevage de crocodiles. La gestion de ce réseau a été confiée au SMARD, Syndicat Mixte d'Aménagement Rural de la Drôme, une collectivité territoriale crée en 1971, par le Conseil Général et la Chambre d'Agriculture.
Mais, à partir de 2012, Eurodif utilisera une nouvelle technologie d’enrichi ssement d’uranium par centrifugation qui ne produira plus d’eau chaude valorisable. Cette ressource  va donc disparaître, le réseau reste et les utilisateurs aussi !
Pour trouver rapidement une solution permettant de continuer à fournir de la chaleur à prix bas, il a été décidé de remplacer l’eau chaude fournie par Eurodif par celle fournie par une centrale de cogénération biomasse à construire.
Pour les responsables, il existe une réelle opportunité économique, puisque l’installation bénéficiera d’un tarif préférentiel d’achat d’électricité pour une durée de 20 ans, ce projet étant soutenu par l’Etat dans sa politique de renouvellement énergétique.
Cette centrale de génération biomasse serait associée à une chaufferie gaz auxiliaire. Elle devrait utiliser 50% de plaquettes forestières sur une consommation totale de 150 000t de bois.
Des questions
Le permis de construire de cette centrale a été accordé par le préfet de la Drôme le 2 mai 2011.
La FRAPNA Drôme se pose les questions suivantes :
- D’où viendra ce bois ? Les filières locales sont-elles en capacité de fournir une telle quantité de combustible ? Si ce n’est pas le cas, quel sera l’impact du déplacement de la matière première vers la centrale ?
- Quel sera l’impact de cette demande sur l’organisation de la filière ?
- Cette demande de bois vient en concurrence avec les acheteurs du marché actuel (producteurs de piquets du nord-Drôme, papèteries…).
- Quelle sera l’incidence sur les autres acteurs économiques dépendant de cette filière ? Quel sera le mode d’exploitation des massifs boisés (coupes à blanc) ?
- Ce projet ne risque-t-il pas de bloquer la réalisation de petites unités locales de production de chaleur écologiquement souhaitables ?
- La combustion du bois dans un équipement de cette importance ne génèrera-t-il pas des pollutions difficilement gérables ? Comment sera traité le volume important de cendres ?
- Au regard de l’histoire et du coût financier du réseau d’eau chaude existant, cette nouvelle unité de production ne risque-t-elle d’être une nouvelle fuite en avant ? Avec quel bilan pour les forêts drômoises l’environnement et les contribuables ?
Article extrait des Epines drômoises n°163 sur la forêt, été 2011
Les projets les plus démesurés démarrent  plus facilement que certains  projets simples et de bon sens.
 La première pierre a été posée ce  samedi 14 Octobre 2011   à  Pierrelatte pour la centrale de cogénération bio-masse.
Le réseau de chaleur que fournissait AREVA va s'arrêter fin 2012. Il servait à chauffer la ferme aux crocodiles, à alimenter en chaleur des serres et pour une faible partie des logements.
Pour le remplacer un projet de centrale de cogénération à partir du bois a été imaginé par des pirates pollueurs en mal de projets industriels et peu attentifs aux conséquences induites de leurs projets. Des hommes politiques également atteints par la mégalomanie qui pensent que la co génération industrielle rime avec développement durable ont été convaincus  et le tour est joué.
150.000 tonnes de bois vont être nécessaires chaque année pour alimenter cette centrale, ce sont 22 camions chaque jour qui vont transiter !! Sans compter les 200  camions qui viendront récupérer les 6000 tonnes de cendres produites vers quelles destinations ??
Et ce sont quelques 20 tonnes de produits polluants supplémentaires qui vont s'échapper chaque année et que vont respirer les riverains. Comme les incinérateurs les grosses chaudières bois produisent différents toxiques dont les particules fines, les dioxines, et autres gaz dont les dioxyde d'azote. La France est déjà mauvaise élève de l'Europe pour la production de particules fines et de dioxydes d'azoté, en rajouter une couche ne fait pas peur aux pirates pollueurs, ils n'habitent pas sur place et n'ont rien à faire de la santé de leurs concitoyens ou de la déforestation de tout un territoire et au-delà puisque le bois pourra être acheminé des pays de l'Est. Par ailleurs ce projet va priver de ressources d'autres projets locaux d'utilisation du bois-énergie.
Je suis très étonnée qu'au Conseil général de la Drôme seuls les écologistes se soient élevés  conte la déforestation massive de notre département et l'impact sur la biodiversité, la santé. Le Conseiller Général de Die, Philippe Leewenberg,  chargé de la « filière Bois » après avoir été dubitatif, a retourné sa veste et est désormais pour cette Centrale de cogénération à biomasse sur la commune de Pierrelatte. L’imaginaire productiviste et destructeur  a encore quelques zélateurs.
Albert Idelon
La Chapelle en Vercors

mercredi 13 novembre 2013

Le grand prix des pollueurs ( 1/3 )



Prix Pinocchio.  Les Nominés : AREVA
La cérémonie publique de remise des Prix se déroulera le  mardi 19 novembre 2013 à la Java, 105 rue du Faubourg du Temple, 75010 Paris: pour plus d'informations
Entrée libre et gratuite, merci de remplir le formulaire d'inscription
 « Plus vert que vert »
Prix décerné à l'entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles.
Les entreprises aiment surfer sur la vague du développement durable pour légitimer leurs activités. Mais la réalité est souvent bien moins verte !
Areva réécrit en vert l'histoire de l'uranium
URÊKA, le musée de l'aventure de l'Uranium (1), vient d'ouvrir à Bessines en Haute-Vienne. « L'épopée française de l'uranium a commencé en Limousin en 1948. Aujourd'hui encore l'aventure continue... ». Tout comme la pollution irréversible des 230 sites miniers français… et la dévastation de bien d’autres territoires par Areva dans le monde entier.
Alors qu’Areva fête l’ouverture de son parc d’attraction, les souvenirs laissés par l’entreprise sont loin d’être roses : en Limousin, plus de 60 mines abandonnées polluent sources, rivières et nappes phréatiques. Malgré des réaménagements « paysagers », les traces subsistent. Bessines, où s’est implanté UREKA, accueille déjà plus de 200 000 tonnes d’uranium appauvri et d’autres substances radioactives et mériterait bien le statut d’installation nucléaire.
Le film « Il était une fois l’uranium » présente l’histoire réécrite par AREVA, bien éloignée de celle vécue par les habitants. « Parcourez les anciens sites réhabilités », propose UREKA, taisant les conséquences de l’extraction sur la santé et l’environnement, la pollution des eaux, les émissions de radon…
Le musée célèbre les mineurs, prétendument surveillés médicalement pendant leur activité. Et après ? Rappelons qu’un excès de décès par cancers du poumon et du rein a été « découvert » sur une cohorte d’anciens mineurs (2).
UREKA invite enfin à « explorer l'uranium au présent » et admirer « l'actualité mondiale du minerai » : 120 permis de recherche chez les Aborigènes d’Australie, 139 permis et sites miniers au Niger (3)… Rien sur les conséquences de 40 années d’exploitation : faune et flore détruites, eaux contaminées, nappe d’eau épuisée, un peuple chassé de ses terres et privé de ses activités traditionnelles…
Un sort qui pourrait aussi concerner le Nunavut, territoire Inuit dans le Grand Nord Canadien, où AREVA veut aussi s’implanter (4). Un tel projet serait un désastre pour ce territoire déjà fragilisé par le changement climatique, polluant les sols et les eaux, perturbant les zones de chasse (la culture des Inuit est étroitement liée à la chasse au caribou) et ouvrant la voie à d'autres mines sur ces terres.
Mais AREVA y construira peut-être un autre musée une fois le territoire ravagé ?
En savoir plus :
- « Uranium en Limousin », film de Thierry Lamireau.
La fédération des Amis de la Terre France est une association de protection de l'Homme et de l'environnement, à but non lucratif et indépendante de tout pouvoir économique et religieux. Créée en 1970, elle a participé à la fondation du mouvement écologiste en France, et à la formation du premier réseau écologiste mondial, Friends of the Earth International , présent dans 77 pays avec 2 millions de membres.
Les Amis de la Terre forment un réseau d'une trentaine de groupes locaux autonomes qui agissent selon leurs priorités locales et relaient les campagnes nationales et internationales sur la base d'un engagement commun en faveur de la justice sociale et environnementale.
La Responsabilité sociale et environnementale des entreprises
Les Amis de la Terre-France poursuivent depuis 2007 une campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSEE), dans le cadre d'un projet européen mené avec les Amis de la Terre-Europe, les Amis de la Terre-Pays-Bas, les Amis de la Terre-Allemagne et CEE Bankwatch. Son but ? Démontrer que les approches volontaires sont inefficaces, et que les pouvoirs publics doivent mieux encadrer leurs activités.
Pour plus d'informations:
2B, rue Jules Ferry - 93100 Montreuil
Tél : +33 1 48 51 18 92

mercredi 16 mai 2012

Flicage : Mauvais coups de Guéant avant de partir...


Guéant : un de moins. Fichiers : deux de plus !
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, n'a rien oublié en partant. Désireux de terminer sa besogne sécuritaire, avant de fermer la porte, il a fait paraître au Journal officiel les 6 et 8 mai 2012 les décrets d'application concernant la création de deux fichiers de police prévus par la Loppsi 2.
Le premier officialise la fusion des fichiers Judex (gendarmerie) et Stic (police). La Cnil avait pourtant, en janvier 2009, particulièrement en ce qui concerne le Stic, attiré l'attention de l'administration sur les très nombreuses erreurs que comportait ce fichier. Il y a fort à craindre que le fichier Taj (Traitement des antécédents judiciaires) comportera toujours les mêmes erreurs constatées, aucune information concernant des rectifications effectuées n'ayant été communiquée à ce jour.
Les données collectées peuvent être relatives aux origines « raciales » et « ethniques », aux opinions religieuses, politiques, philosophiques, à l'appartenance syndicale, à la santé ou à la vie sexuelle, et conservées pendant dix ans à quarante ans, selon les infractions.
L'ampleur de cette liste représente une violation, en particulier, de l'article 8 de la loi du 6 janvier 1978, et la durée de conservation des données est disproportionnée au but recherché pour un tel fichier.
Le second fichier concerne un « fichier d'analyse sérielle », destiné à croiser et à exploiter l'ensemble des données privées (réseaux sociaux, e-mail, sites web consultés, etc.) dont disposent l'Etat et ses services sur un individu, ainsi que le développement de l'utilisation des systèmes de reconnaissance faciale des caméras de vidéosurveillance.
Il s'agit bien d'un nouveau mauvais coup contre les libertés publiques. L'ex-ministre de l'Intérieur est parti, mais en tentant de parachever son œuvre de contrôleur généralisé. La LDH considère qu'il y a urgence à reconsidérer l'ensemble de la politique concernant les fichiers de police, dont plus de la moitié n'ont pas d'existence légale.
Ligue des droits de l'Homme
Délégation Régionale Rhône-Alpes de la Ligue des Droits de l'Homme.
Maison des Associations
67 Rue St François de Sales
73 000 Chambéry
LDHrhonealpes@aol.com
04 79 28 21 20
Section Dioise
Chastel et Bassette
26150 Die
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mercredi 28 mars 2012

La Plate -Forme gazifère en mer du Nord risque d' exploser...


Une importante fuite de gaz est hors de contrôle sur une plate-forme gazifère en mer du Nord
Le 25 mars 2012, Total a annoncé qu'une importe fuite de gaz avait été détectée sur le gisement d'Elgin en mer du Nord britannique, à environ 240 km à l'est d'Aberdeen, lors d'une intervention sur un puits. Outre le risque d'explosion de la plate-forme gazifère, la pollution induite pourrait être sérieuse.
Selon les informations fournies par Total, le complexe Elgin/Franklin comprend deux plates-formes puits, l'une sur le gisement d'Elgin, l'autre sur le gisement de Franklin, ainsi qu'une plate-forme de production et d'habitation (PUQ), située sur Elgin, qui purifie le gaz. Celle-ci est reliée à la plate-forme puits d'Elgin par une passerelle de 90 mètres de long.
Ces deux gisements de gaz à condensats haute pression/haute température permettent d'extraire des couches géologiques un gaz principalement constitué de méthane et d'impuretés : sulfure d'hydrogène et dioxyde de carbone. En 2011, grâce à ces champs, le groupe Total a produit environ 60 000 barils équivalent pétrole par jour. 
Le 25 mars 2012, une intervention sur un puits de forage a entrainé une fuite. D'après le magazine britannique New Scientist, qui s'appuie sur des sources provenant de chez Total, la fuite ne proviendrait pas du réservoir géologique principal dans lequel le gaz naturel est extrait, mais d'une nappe intermédiaire, plus proche de la surface. Le gaz remonterait à la surface par le coffrage qui entoure les tubes de forage.
Le porte-parole de Total a déclaré à l'AFP : "Nous sommes presque sûrs que la fuite provient de la partie de la plate-forme située au-dessus du niveau de la mer, ce qui rendrait probablement plus faciles les opérations de réparation". 
Suite à cet accident reconnu par le groupe énergétique comme le "plus gros incident en mer du Nord depuis au moins dix ans", l'ensemble du personnel sur place a été évacué, soit 238 personnes. Total indique également avoir « déclenché son plan d'urgence et mobilisé des équipes de gestion de crise à Aberdeen et à Paris » qui se traduit notamment par l'arrivée de navires et d'avions de surveillance et l'appel à la compagnie Oil Spill Response Limited pour évaluer la situation. De plus, La production des champs d'Elgin, Franklin et West Franklin a été totalement arrêtée.
Risques d'explosion de la plate-forme
Au 28 mars 2012, la fuite restait hors de contrôle avec un risque d'explosion de la plate-forme à cause de l'inflammabilité des gaz volatils qui s'échappent. C'est pourquoi, Total a coupé l'alimentation électrique du site. Cependant, la torchère principale, qui sert à brûler les gaz non exploitables, continue de fonctionner.
Selon Total, « un avion de surveillance a confirmé la présence d'irisations à proximité de la plate-forme. Il s'agit de boues de forage et/ou de produits légers associés au gaz représentant un volume actuellement estimé à environ 30 m3. Les premières indications montrent qu'il n'y pas d'impact significatif sur l'environnement et que l'utilisation de dispersant n'est pas nécessaire à ce stade. »
Pour l'instant, Total poursuit ses investigations pour mieux comprendre et contrôler cette fuite.
Identification des principaux risques pour l'environnement
Outre la pollution directe de la mer en hydrocarbures, la principale menace réside dans la présence de sulfure d'hydrogène.
L'hydrogène sulfuré (H2S) est un composé chimique de soufre et d'hydrogène, que l'on reconnait rapidement à cause de son odeur désagréable d'œuf pourri. Ce gaz, naturellement présent dans les hydrocarbures et les émanations volcaniques  est hautement toxique pour la vie comme en témoigne les conséquences du pourrissement des algues vertes entassées sur certains littoraux bretons.
De faibles quantités de sulfure d'hydrogène suffisent à rendre toxique un milieu et à l'appauvrir en oxygène. Son rejet continu dans le milieu marin serait le pire des scénarios selon Simon Boxall du National Oceanography Centre à Southampton (Grande-Bretagne), cité par New Scientist. En effet, les animaux et plantes aquatiques environnants pourraient être décimés.
Le méthane serait consommé par les micro-organismes et converti en dioxyde de carbone. L'augmentation de la concentration en dioxyde de carbone pourrait rendre l'eau légèrement plus acide, mais l'effet serait de courte durée et localisé, ce qui ne devrait pas être trop préjudiciable pour la vie marine.
Combien de plates-formes pétrolières en mer de part le monde...
Ecologie au Quotidien
DIE, Rhône-Alpes, France
Le Chastel 26150 DIE
Tel : 04 75 21 00 56       

mercredi 22 février 2012

Et si Sarkozy , lui même n' en voulait pas ?

Un appel : délivrons Nicolas Sarkozy
Ce «chuis candidat», lâché sur le plateau de la chaîne de l’ami Bouygues ; cette affiche bizarroïde qui ressemble à une campagne de recrutement de stewards d’Air France, avec une photo de la mer prise… en Grèce ; ce début de campagne sans message, sans ressort, sans plaisir, ce numéro devant les caméras avec un traiteur de luxe d’Annecy, opportunément anti-35 heures, qui pue le trafiqué ; ces piques émoussées contre Hollande, qui ne dépassent pas le minimum syndical : observant les premières heures de campagne de Sarkozy, comment se défaire de l’impression d’une campagne sans désir, sans enthousiasme, en un mot, bâclée ? Il est temps de dévoiler la vérité. De source bien informée (le cousin d’un visiteur du soir de l’Elysée, témoignage aussitôt croisé avec la conseillère multimédia d’un ministre du tout premier cercle), la chronique Médiatiques est en mesure de vous révéler un des secrets les mieux gardés de la République : Sarkozy ne souhaite pas être réélu. Cette perspective l’épouvante.
Seule cette hypothèse explique de nombreux phénomènes apparemment surnaturels de ce début d’année. La surréaliste annonce d’une hausse de la TVA, à quatre mois de l’élection. La confondante exhibition télévisée en caniche de Merkel, ressuscitant la cauchemardesque créature de synthèse Merkozy, alors que le sort des Grecs commence même à émouvoir les plus endurcis. Le choix du cadre le plus conformiste possible (le 20 heures de Laurence Ferrari) pour la déclaration de candidature, après avoir laissé murmurer par l’entourage qu’on allait opter pour une mise en scène inédite. (Une gendarmerie ? Une usine photovoltaïque ? Un chantier dans la région parisienne ?). La première visite de candidat réservée à une fromagerie de Haute-Savoie («Pourquoi pas une fromagerie ?», demandera-t-on. A quoi l’on pourrait répondre : «Mais pourquoi une fromagerie ?») Et jusqu’à ces annonces de référendums incompréhensibles, si éloignées des préoccupations des gens. Incompréhensibles ? Pas totalement. On n’y a compris qu’une chose : qu’ils visent les immigrés et les chômeurs, alors que des millions de citoyens comptent dans leur famille au moins un chômeur, et que tous les sondages, chèrement payés, indiquent que l’immigration a rétrogradé dans les profondeurs du classement des peurs récurrentes de l’électeur, y compris de droite. Non, décidément, si Sarkozy souhaitait être écrabouillé, il ne s’y prendrait pas autrement. Le drame du président sortant, c’est que ce secret est évidemment inavouable. Si Sarkozy pouvait se contenter de ne pas se représenter, tout serait simple. Mais non. Sous la Ve République, le monarque ne sort de son palais que les pieds devant, ou presque (en phase de cancer terminal, ou bien sourd et diminué).
Sarkozy dérogerait-il à cette tradition républicaine, qu’il serait aussitôt harcelé de questions intrusives par des inquisiteurs enhardis. Si vraiment il a perdu la motivation, pourquoi ne l’a-t-il pas avoué plus tôt ? Quand exactement cette démotivation intime s’est-elle révélée à lui comme une évidence ? Et n’eût-il pas été plus honnête, dans ces conditions, de démissionner tout de suite ? On lui consacrerait des thèses de psychologie. Il laisserait peut-être son nom à un syndrome, que les générations futures risqueraient confondre avec celui de Kaposi. Toutes perspectives éprouvantes, qui l’obligeraient à une introspection à laquelle, logiquement, il s’est toujours refusé.
En vérité, cet homme sait bien qu’il vaut infiniment mieux que le destin de chef d’Etat, auquel un engrenage fatal l’a assigné. Il n’aspire qu’à une chose : reprendre une activité d’avocat d’affaires aux barreaux de Paris et de New York, comme tout le monde (enfin, tous ceux qui échappent au sort des minables qui se contentent de 5 000 euros par mois, comme disait Copé) en vendant son carnet d’adresses à un taux horaire équivalent au salaire mensuel d’un membre du G20 lambda.
Mais il est prisonnier. Il est condamné à tout faire comme s’il désirait vraiment être réélu. Sa stratégie, extrêmement délicate, va donc consister à mimer le désir de réélection, tout en faisant tout pour être battu, si possible de justesse (une humiliation trop cuisante serait préjudiciable à sa future carrière). C’est de l’orfèvrerie. Electrices, électeurs, cet homme est à bout. Il a réalisé l’ampleur du malentendu entre son destin et lui. Ne soyons pas inhumains. La rancune est mauvaise conseillère. Quels que soient nos griefs, montrons-nous magnanimes, délivrons Sarkozy !
DANIEL SCHNEIDERMANN

jeudi 16 février 2012

+ 34 % pour le patronat ; - 40 % pour les salariés....Tout va bien.


La rémunération totale des patrons du CAC 40 a augmenté de 34% en 2010. Selon le cabinet Proxinvest, elle a atteint 4,11 millions d'euros en moyenne…
La crise? Quelle crise? En 2010, les quarante dirigeants du CAC 40 ont touché en moyenne une rémunération totale de 4,11 millions d’euros, options et actions comprises, soit un bond de 34%. Le cabinet Proxinvest qui a compilé ces chiffres n’hésite pas à parler de «hausse spectaculaire».
Dans le détail, voici comment se décomposent leurs émoluments: 995.000 euros en rémunération fixe (24% du total), 1.374.000 en variable annuel (33%), 647.000 en options (16%), 574.000 en actions (14%) et 524.000 euros en autres éléments comme les avantages en nature et des jetons de présence d’administrateur (13%).
Si la rémunération de ces présidents exécutifs n’atteint que 50% de la rémunération de leurs collègues britanniques, 70% de leurs homologues italiens, 80% de leurs voisins espagnols, suisses ou allemands, elle est 16% plus élevée qu’en Hollande, en Belgique ou en Irlande et même 150% supérieure à la Scandinavie.
Une moyenne inférieure à celle de 2006
Après trois années de baisse, nos grands patrons français se sont donc bien rattrapés, même si ce cru reste en-deçà des 5 millions d’euros de 2006.
En 2010, onze dirigeants français ont donc passé la barre socialement acceptable fixée par Proxinvest, à 240 SMIC annuel soit  4,6 millions d’euros. Les voici dans l’ordre: Jean-Paul Agon (L’Oréal – 10,7 millions d’euros), Bernard Arnault (LVMH – 9,7 millions d’euros), Carlos Ghosn (Renault – 9,7 millions d’euros), Bernard Charlès (Dassault Systèmes – 9,5 millions d’euros), Franck Riboud (Danone – 7,7 millions d’euros), Maurice Levy (Publicis – 6,2 millions d’euros), Christopher Viehbacher (Sanofi-Aventis – 6,1 millions d’euros), Arnaud Lagardère (Lagardère SCA – 4,9 millions d’euros), Henri de Castries (AXA – 4,9 millions d’euros) et Lars Olofsson (Carrefour – 4,8 millions d’euros).
Mais ce n’est pas tout. En effet, ces données «n’incluent pas le complément de retraite sur-complémentaire dont ils bénéficient presque tous sans informer sur leur coût pour l’entreprise», précise Proxinvest.
Série d’anomalies
Le cabinet de conseil pour les actionnaires fustigent également une série d’anomalies supplémentaires «comme notamment l’augmentation des bonus des dirigeants de banque désormais pour partie différés ou l’utilisation d’instruments synthétiques de nature à éviter les contrôles de l’assemblée générale des actionnaires. Trop de bonus annuels apparaissent pour partie garantis et trop de plans conditionnels d’options et d’actions gratuites présentent des conditions de performance sur une durée trop courte de deux ans seulement».
Dans son code de gouvernement d’entreprises, le Medef et l’Afep (Association Française des Entreprises Privées) qui représentent l’essentiel des groupes du CAC, il est pourtant stipulé que: «La rémunération des dirigeants mandataires sociaux de l’entreprise doit être mesurée, équilibrée, équitable et renforcer la solidarité et la motivation à l’intérieur de l’entreprise.»
Manquement à l’auto-régulation
Au regard de ces manquements notamment au «raisonnable», Proxinvest parle «d’échec de l’auto-régulation».
En 2010, les big boss de l’indice phare de la Bourse de Paris n’ont pas été les seuls à voir leurs poches bien remplies. En effet, les 80 autres présidents exécutifs des sociétés listées sur le SBF 120 auront vu leur rémunération totale atteindre 2,08 millions d’euros, en hausse de 31%.
En revanche, les dirigeants des valeurs moyennes composant l’ancien indice SBF 250, ont connu pour 2010 une baisse de 17% de la rémunération totale. A 511.000 euros, elle est  huit fois inférieure à celle de leurs homologues du CAC 40.
MCD
Grèce: La solidarité marche à plein
L'entraide familiale est une valeur largement partagée face à la crise...
Des mégaphones, ça, oui, il en vend. Depuis deux ans, avec toutes ces manifestations, c'est même l'un des produits qu'il vend le mieux, Nicolaou Thanos.
Dans sa boutique, «les gens continuent d'acheter, mais seulement les prix d'entrée de gamme. Les accessoires comme les clés USB se vendent bien, mais plus les autoradios et autres articles désormais considérés comme luxueux.» Un régime sans fantaisie que s'applique à lui-même ce père de cinq enfants. «Tout mon argent va dans la nourriture. Pour ce qui est des vêtements, on fait le minimum.»
Des baisses de salaire de 40 %
Theodora faisait de la danse l'année dernière encore, mais elle a dû interrompre ses cours, faute de moyens. En guise de sorties, cette étudiante timide de 19 ans regarde des films téléchargés avec des amis.
Son père est chauffeur de taxi, sa récente licence achetée en bonne et due forme a plombé son activité, tout comme la crise. «Les gens prennent le bus, ils n'ont plus assez d'argent pour le taxi», ajoute la jeune femme. C'est désormais sa mère, productrice d'huile d'olives, qui assume les charges.C'est que la solidarité familiale, en Grèce, est une institution.
Thomais Vekiou en sait quelque chose. Sa mère ne touche pas de pension de retraite alors, la travailleuse sociale de 41 ans lui verse une partie de ses 700 € de salaire tous les mois. Une rémunération en baisse de 40 % depuis l'année dernière, jure-t-elle. Elle participe aux manifestations dès qu'elle le peut. Celle de mardi la concernait tout particulièrement : l'Etat va fermer l'organisation d'aide aux ouvriers où elle est employée. D'ici à six mois, elle devrait être au chômage.
Bien loin de se douter de ce qui se passe au même moment devant le ministère du Travail, Giota Tsatsaki fume une cigarette avant de reprendre son service à l'hôtel. Elle a sorti sa calculette depuis le vote du nouveau plan d'austérité : le mois prochain, peut-être le suivant, elle va perdre 200 € par mois, sur un salaire de base de 690 €. Elle fait partie de ces salariés du privé, ceux du bas de l'échelle, accablés par le dernier plan d'austérité. Désemparée, elle écrase son mégot et retourne travailler.
Envoyée spéciale à Athènes, Lucie Romano

samedi 11 février 2012

Pétition Contre les OGM...

Pétition pour une protection de l’apiculture et des consommateurs face au lobby des OGM. L’impossible coexistence « OGM / apiculture » établie par la justice
Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Sous l’influence du lobby OGM et semencier, la Commission Européenne et les autorités nationales sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel.
Or, un apiculteur allemand qui a constaté la présence de pollen de maïs OGM MON 810 dans son miel a intenté une action en justice. Le 5 septembre 2011, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé qu’un tel miel ne pouvait pas être commercialisé [1].
Nos gouvernants ne peuvent donc plus feindre d’ignorer cette réalité : l’autorisation de cultures d’OGM en plein champ serait fatale à l’apiculture (miel, pollen, propolis) et à l’abeille.
Gare aux manigances
Les consommateurs européens ne veulent pas d’OGM dans le miel. La prise de conscience environnementale est devenue telle que la Commission Européenne ne peut prendre le risque de sacrifier délibérément l’abeille au profit de multinationales. Depuis la décision de la CJUE, les tractations vont pourtant bon train.
L’arrêt de la Cour de Justice s’appuie sur le fait que le pollen de maïs MON 810 n’est pas autorisé à la consommation humaine. Des manipulations juridiques qui permettraient de contourner cette interdiction dans le cas du miel sont à l’étude, au mépris de la transparence exigée par les consommateurs.
Seule solution : le moratoire
La coexistence des cultures OGM en plein champ et de l’apiculture est impossible. Personne ne peut plus ignorer cette réalité.
L’abeille est un élément indispensable de l’environnement, de la biodiversité, et un atout incontournable pour la pollinisation de nombreuses cultures. Déjà mise à mal par la pression des pesticides, elle pourrait tout bonnement disparaître de nos campagnes par décision politique, ou être accusée de disséminer les pollens OGM !
Face à ce risque inadmissible, nous demandons instamment à John Dalli, Commissaire européen à la Santé et à la Consommation, et à nos décideurs européens et nationaux de protéger l’abeille, l’apiculture et les professionnels de l’apiculture et de :
- suspendre immédiatement et ne pas renouveler l’autorisation de culture en plein champ du maïs MON 810,
- bloquer l’avancée de tous les dossiers de plantes génétiquement modifiées nectarifères ou pollinifères,
- faire évaluer rigoureusement l’impact des plantes transgéniques sur les ruchers, notamment les couvains et les abeilles hivernales, et de rendre publics tous les protocoles et résultats
- respecter le droit à la transparence pour les consommateurs.
Le miel et les produits de la ruche doivent rester des aliments sains et naturels.
Nous nous engageons à ne pas céder à des tiers les données personnelles des signataires de la pétition. Vos données ne seront pas utilisées en dehors du cadre des activités du site www.ogm-abeille.org.
130231 Signatures
Les organisations qui soutiennent la pétition
Plus d’informations sur les impacts des OGM sur les abeilles et l’apiculture

dimanche 15 janvier 2012

Une crise de panique sans fin...

Comme des poulets sans tête
En 2010, on descendait dans la rue. En 2011, on nous y jette.
Ce qui est fascinant, si l'on jette un regard en arrière, c'est que nous venons de passer 10 ans sous le régime de la terreur. Ça a l'air tellement énorme, lâché comme cela, au détour d'une petite phrase sans conséquence.
Mais s'il y a bien quelque chose à retenir de la décennie écoulée, c'est que notre pire ennemi, c'est nous-mêmes et notre indépassable capacité à accepter tout et n'importe quoi à partir du moment où l'on a suffisamment peur pour que le premier guignol venu puisse passer pour notre sauveur.
Cela fait maintenant 10 ans que nous sommes plongés en permanence dans une sorte d'ambiance de fin du monde, dans une crise de panique sans fin dont la principale conséquence, et non des moindres, est d'oblitérer chez nous toute capacité cognitive un tant soit peu rationnelle. Depuis le spectacle terrible et joué en boucle de la chute des deux tours, nous expérimentons dans nos corps et nos esprits la fameuse stratégie du choc décrite par Naomi Klein. Et le plus fabuleux dans tout cela, c'est que même informés de cet état de choses, car ce n'est pas l'information qui nous fait défaut, loin de là, même conscients de cette culture permanente de notre état de sidération, nous n'en continuons pas moins de paniquer et de gesticuler en tous sens, comme des poulets sans tête.
Si nous parvenons à secouer quelques minutes notre joug de peur, il peut nous être donné de visualiser l'ensemble du schéma. Voici comment l'on nous assène le grand coup de massue des attentats de 2001, complaisamment mis en scène par les médias du monde entier, presque immédiatement suivis de l'emballement des états d'alerte, de la nécessité de la guerre perpétuelle contre l'ennemi le plus effrayant qui soit : celui qui n'a ni visage ni nom, celui qui a mille têtes, mille haines, mille colères, l'ennemi innommable, l'ennemi intérieur. Voici comment l'on justifie, comment même on en appelle à des hommes en armes dans nos villes, nos gares, nos centres commerciaux. Voici comment on légitime la fuite en avant sécuritaire, notre nécessaire protection contre le danger multiforme, confus, insaisissable.
Tous les amateurs de films qui font peur vous le diront : rien n'est plus effrayant que le danger qu'on ne voit pas, rien n'est plus efficace qu'un cri derrière une porte qui se referme, rien n'est plus flippant que le hors-champ, ce non-lieu même où nos imaginaires paniqués tricotent des visions terribles et angoissantes.
Vous ne vous souvenez déjà plus de la météo terroriste (dans tous les sens du terme) qui rythmait la vie des États-Uniens au début du millénaire ? Pourtant, c'était énorme : chaque matin, à l'heure du petit déjeuner, on annonçait aux familles qui mastiquaient placidement leurs croquettes pour humains macérées dans du lait au pus, l'état de risque d'attentats terroristes du jour, avec des gradations, du vert, très rare, des journées qui s'écoulent tranquillement dans des démocraties avancées, au rouge, voire au noir de la panique, quand l'ennemi, the guy next door, s'apprête à t'exploser le mall.
Ben non, oublié le plan Vigipirate, d'ailleurs toujours en vigueur pour autant que je sache, depuis nous avons eu d'autres peurs à gérer, depuis nous nous sommes habitués à être nous-mêmes traités comme des terroristes à chaque aéroport sous prétexte de nous en protéger. Vertigineux retournement de situation, non ?
Le régime de la terreur, jusqu'au sein des plus grandes institutions internationales : qui se souvient encore de la grande prise d'otage de l'ONU par un général va-t-en-guerre muni d'une simple petite fiole de sucre ou de farine, de quelques photos truquées et schémas foireux et qui a réussi à suffisamment terroriser la docte assemblée pour qu'elle s'empresse de dissoudre définitivement tout embryon de droit international dans ce qui est tout de même une longue série de guerres d'invasion, à visée confiscatoire des ressources naturelles ?
Le régime de la terreur mondiale, enfin, la guerre financière totale contre les peuples, sur fond de crise écologique, morale et démocratique.
Depuis la déclaration de guerre financière contre tous, la stratégie du choc prend toute son ampleur et la panique institutionnalisée justifie en elle-même toutes les bassesses, toutes les régressions. L'état de sidération des peuples est tel que nous avons même perdu la capacité de rire du ridicule le plus achevé. De sommets de la dernière chance, en plans de rigueur qui s'enfilent comme des perles, présentés comme des lavements nécessaires et des saignées vitales pour sauver le malade qui se portait bien jusque-là, la crise perpétuelle justifie absolument tout depuis quelques années.
Il a suffi de déclarer l'état de crise financière pour pouvoir braquer, dans la plus totale impunité, les ressources des États souverains. Et il suffit d'une simple annonce aujourd'hui pour remplacer un chef d'État démocratiquement élu par un bankdit, pour revenir sur un vote, y renoncer, décider de s'en passer, juste pour un temps, enfin pour le moment.
Nous sommes tellement englués dans cette atmosphère de terreur et de panique que nous en avons perdu tout sens critique, toute capacité à faire un pas de côté et juste déclarer en éclatant de rire : mais putain, regardez : le roi est nu !
Nous ne rions même plus à leurs gesticulations ridicules et pathétiques, la dernière en date, et non des moindres, étant celle des notations. Prenez le temps d'expliquer à vos enfants qu'il y a de moins en moins d'argent à consacrer à les éduquer, les nourrir, les soigner, les loger, les vêtir parce que, quelque part ailleurs, dans une haute tour de verre, de béton et de métal, il y a 1 ou 2 gus qui s'apprêtent, qui s'apprêtent juste, parce qu'ils ne sont pas encore totalement décidés, à nous retirer un A.
Oui, il faut expliquer à nos enfants qu'on est en train de renoncer à l'ensemble de nos droits sociaux, salariaux et citoyens sous prétexte que des gens vont filer une mauvaise note à notre pays, un peu comme un charcutier qui se ferait rétrograder de l'andouillette.
Quelque chose du genre : Pas de A, pas de chocolat.
Il faut expliquer à nos enfants que la classe moyenne grecque est en train de disparaître parce que les chefs des Grecs ont pris une mauvaise note. Il faut expliquer à nos enfants qu'il y a des petits Grecs qui s'évanouissent à l'école de faim, parce que leur pays a pris une mauvaise note et que la même chose est en cours chez les petits Espagnols, les petits Portugais, les petits Italiens, et qu'après Noël, dans 4 ou 5 mois, au plus, ce sera notre tour.
Il y en aura bien un pour nous rire au nez et nous expliquer que l'on est bien cons de continuer à marcher dans la combine.
Le Monolecte
Le blog des agitateurs du vide
http://blog.monolecte.fr

vendredi 13 janvier 2012

Le tourisme stade supème de l' aliénation ?

Le tourisme  stade suprême de l’aliénation…
Inde (New Delhi) : une vidéo de "zoo humain" avec des femmes tribales provoque la colère
(Photo : Des jeunes filles de la plus petite tribu d'Inde exécutent une danse traditionnelle près Siliguri-nord-est)
NEW DELHI - Une vidéo montrant des femmes issues d'une tribu primitive protégée en train de danser pour des touristes en échange de nourriture sur les îles Andaman, en Inde, a provoqué la colère de militants et d'hommes politiques et déclenché l'ouverture d'une enquête.
Le journal britannique The Observer a diffusé sur son site internet une vidéo non datée prise par un touriste montrant des femmes de la tribu Jarawa, certaines nues, en train d'exécuter des danses après des pots-de-vin qui auraient été versés à un policier pour qu'elles se donnent en spectacle.
Honte
La vidéo, prise par un touriste, montre des femmes s'enquérant de la nourriture promise après quelques pas de danse accompagnée de chants.
Selon la loi indienne destinée à protéger les groupes tribaux de l'influence extérieure et des maladies, il est interdit de les photographier ou d'entrer en contact avec eux.
Le ministre indien des Affaires tribales, V. Kishore Chandra Deo, a ordonné mercredi l'ouverture d'une enquête après cet incident, qu'il a qualifié de "dégoûtant".
"C'est déplorable. On ne peut pas traiter des êtres humains comme des bêtes de foire pour se faire de l'argent. Je désapprouve totalement ce genre de tourisme et nous allons l'interdire", a déclaré M. Deo à l'agence Press Trust of India.
Survival International, qui milite pour le droit des tribus dans le monde, a dénoncé la vidéo dans laquelle les touristes semblent apprécier "les zoos humains".
Zoos humains
"Il est assez clair que l'attitude de certaines personnes envers les populations tribales n'a pas changé d'un iota. Les Jarawa ne sont pas des animaux de cirque que l'on fait danser sur commande", a commenté Stephen Corry, le directeur de l'organisation, cité dans un communiqué.
Un anthropologue indien, A. Justin, qui travaille sur les îles Andaman, a toutefois émis des doutes sur l'actualité récente de la scène.
"Avant le tsunami de 2004, les gens auraient pu les forcer à danser (...). Depuis le tsunami, une politique de grande autonomie avec un minimum d'intervention a été mise en place. Les choses se sont un peu améliorées, il y a un grand soin (apporté à la sécurité) maintenant", a-t-il assuré.
"La vidéo semble ancienne, lorsque les Jarawa ne s'habillaient pas. Aujourd'hui, ils s'habillent en public", a relevé le directeur général de la police, Samsher Deol.
La police a ouvert une enquête pour connaître l'identité du vidéaste et de ceux qui ont payé et reçu le pot-de-vin.
En juin l'an dernier, Survival International avait accusé huit agences de voyage indiennes d'organiser des "safaris humains" pour que les touristes puissent photographier les Jarawa.
L'organisation avait appelé les touristes à ne pas emprunter la route utilisée pour entrer dans la réserve de cette tribu, qui compte 403 membres et est menacée d'extinction. Les Jarawa seraient parmi les premiers hommes à avoir migré d'Afrique en Asie. Ils ont un mode de vie nomade au sein des forêts tropicales des piles Andaman.
Les îles Andaman et Nicobar, perdues dans l'océan Indien, abritent quatre autres tribus dites "primitives, dont chacune compte moins de 350 membres.
La vidéo peut être vue à l'adresse http://www.guardian.co.uk/world/video/2012/jan/07/andaman-islanders-human-safari-video