Information Participative

Médias Citoyens Diois continu !

Retrouvez-nous sur notre nouveau site :

http://mediascitoyens-diois.info

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dimanche 13 avril 2014

Grand Transbahutement à MédiasCitoyenDiois...



Transbahutement interne
Ce blog est le cheminement collectif, depuis septembre 2005 et réalisé le 1er mai 2009 à l’initiative de Médias-Citoyens-Diois (association loi 1901), soutenue par la Région Rhône-Alpes. Outil par et pour les habitant(e)s du Diois, comme du Val de Drôme, au service de nos deux territoires, il est ouvert à chacune et à chacun, individus, associations, institutions et élus. Si vous nous encouragé tous les jours à poursuivre l’aventure, vous avez été nombreux à déplorer le déroulé de ce bog. Dont acte :
Lundi 14 avril 2014  notre nouveau site; 
http://mediascitoyens-diois.info/
 
L’ancien fonctionne toujours pour le moment.
L'objet de l'association Médias Citoyens Diois est de répondre à l’intérêt général, dans une logique de service collectif d’information pour le territoire Diois, par des pratiques d’éducation populaire. Il projette de donner aux citoyens les moyens pratiques de s’informer et de s’exprimer sur la vie locale ; de favoriser la pluralité d’expression, le dialogue et le débat entre les citoyens, les acteurs locaux et les élus de ce territoire ; de faire fonctionner des médias locaux "participatif" sur tous les supports de son choix : site Internet, journal papier, vidéos, radio, blogs, réunions publiques, expression théâtrale ou artistique, crieur public ; liée à aucun parti politique ou groupe religieux, laissant place à l’expression de chaque habitant dès lors qu’il s’engage à respecter l’éthique de l’association pour promouvoir une information fiable, sincère et non partisane. Il se propose de former la population à la compréhension du rôle comme au fonctionnement des médias ;
Pour envoyer une information nous avertir d'un sujet de reportage, nous faire parvenir une brève de votre village ou un article …

mardi 11 mars 2014

Compte rendu de l'Assemblée Générale de MCD...



Assemblée Générale de MEDIA CITOYEN DIOIS
le vendredi 24 janvier 2014

Assemblée Générale Annuelle de MediasCitoyensDiois. Le vendredi 24 janvier 2014 de 12h à 14 h, Hall de la Salle Polyvalente s de Die
Ordre du jour selon les apports et demandes des membres …
Compte Rendu
Bonjour à tous, comme prévu, voici  la Compte Rendu de l’Assemblée Générale de « Médias Citoyens Diois » établi par le secrétaire de séance.                                                                             À tous les membres de Médias Citoyens Diois : correspondants, administrateurs, rédacteurs et adhérents.
PJ : En pièces Jointes ; Statuts et Charte
- Rappel : L’AG 2013 avait modifié les Statuts en présence de tous les adhérents. Modification de l’Article 10 : en rouge sont éliminées les chiffres trop contraignants. Les modifications étaient votées à l’unanimité      Article 10 : Le Conseil d’Administration
L’association est dirigée par un conseil d’administration composé de :
- 10 membres actifs au minimum
- De membres associatifs (au total, deux de moins que les membres actifs).
- De 5 membres du collège des membres de droit désignés par lui et représentant au mieux la diversité des institutions publiques présentes sur le territoire
Restait : Les membres actifs et associatifs sont élus pour 3 ans par chaque collège lors de l’assemblée générale. Ils sont rééligibles et renouvelables par tiers, et par tirage au sort pour les premières années.
Le conseil d’administration est chargé, par délégation de l’assemblée générale, de :
- la mise en oeuvre des orientations décidées en assemblée générale
- la préparation de l’assemblée générale (rapport moral, financier, modification des statuts ou de la charte)
- définir les outils et moyens financiers
- la gestion de la stratégie et des partenariats
- de désigner les membres du Comité de Rédaction en charge de décliner la ligne éditoriale prévue à l'article 2bis dans les supports choisis par lui
Le CA se réunit au moins trois fois par an sur convocation du président ou du quart de ses membres. Les décisions sont prises à la majorité des voix; en cas de partage, la voix du président est prépondérante. Le vote par procuration est autorisé dans la limite d’une procuration par personne.
Tout membre du conseil qui, sans excuse, n’aura pas assisté à 3 réunions consécutives, pourra être considéré comme démissionnaire. En cas de vacance le conseil d’administration peut coopter des membres en cours d’exercice. Toutefois, cette cooptation devra être avalisée par l’assemblée générale suivante.
Après un an de ce nouveau fonctionnement,  il s’est avéré utile et fonctionne bien.
- Evaluation des articles et prestations : à ce jour (25/01/2014) : 5074 articles, 60 membres inscrits et  330 363 visites depuis le premier septembre 2009.  88% de France metropolitaine. Entre 200 et 300 visites par jour et par ordinateur (9000 par mois). Site en place depuis le mois de mai 2009. Et 203 correspondants locaux.
- Comité de Rédaction : Denis Mauplot, Claude Veyret, Abdoulaye Fall, Pierre Joanin, Anne Tesson.
- Contrats aidés acceptés. Un CAE avec l’Etat pour un emploi (à 24 heures) de rédacteur.
- Mise en réseau d'articles avec d’autres médias citoyens locaux : sciences citoyennes, Conseil Général 26, Rue 89 et Basta-mag.
- Renforcer l’occupation du Terrain Local avec une pub A5 en 2000 exemplaires dans les lieux publics. Rechercher correspondants sur le canton de La Motte Chalancon.
- Entrée au Média et son Conseil d’Administration par cooptation- Élection du nouveau Collectif d'animation.
- Ouverture d’un compte à la Caisse d’épargne de Die, Banque locale et délégations de  2 signatures.
- Validation de l’activité : très bonne à l’unanimité
- Évaluation éthique : très bonne à l’unanimité
- Prévisions 2014-15 : 30% de hausse
- Nombre de mails quotidien reçus : +ou- 150. D’ou une sélection très strict.
- Infos mises en ligne 3 ou 4 : un article sur le global; un sur le régional ou départemental et un sur le Diois ou la Vallée. Bon équilibre à conserver.
-
Partenaires
 - Privilégier  les  liens avec nos partenaires informateurs (photo): LDH, Ecologie au Quotidien, Lysandra,  L’Arrêt Public, Terre de liens, Ensemble de Livron, Mjc Nini-Chaise, Agribiodrôme, Corabio, Maison pour tous de Loriol, Cabaret des Ramières, les Groupes Transition du Val De Drôme, Les Amanins, Solidarité paysans, Confédérations Paysannes Drôme et Ardèche, Marque Biovallée, MJC Coluche de Livron,  Université de l’Avenir, Les Compagnons de la Terre, Stop Gaz de schiste Val de Drôme, SDN26-07, Alternatives Economiques, LPO, Survival, CRIIRAD, Place Publique, Planèt’aire, Initiatives-Vercors, LPO, FRAPNA, Monastère de Sainte Croix en Diois, TV-Vercors, PNRV, Alternatives Economique, etc…
- Discussion autour d’informer, d’être constructif, d’être une force d’éducation populaire, de partage et d’échange pour et avec les gens
 - Toile de fond : positivité, poésie et Slow-Press (presse lente).
Voila du travail pour nos adhérents, rédacteurs, militants et coopérateurs.
- Vote du Rapport d’orientation, du Rapport Moral, du Rapport Financier et du Rapport d’activité à l’unanimité des  présents.
- Nouveau Site
Le site est maintenant en place, Il restera toujours des améliorations à faire, des modifications qui pourront être apportées au fur et à mesure mais là il est complètement fonctionnel. Le but de la manœuvre est que je vous vois assez rapidement, (au moins Claude au début), afin de vous former à l'usage de ce nouvel outil.
J'ai créer un compte pour lui et un utilisateur un peu générique médiascitoyensdiois pour faire la différence lorsqu'il signe un article perso ou relaie l'information d'autrui, en attendant que des utilisateurs demandent à pouvoir rédiger eux même des News.
- Mehdi Naïli est Co-Webmaster  avec Denis Mauplot du nouveau site : http://mediascitoyens-diois.info
J'ai fait aussi une redirection de l'adresse mail du site qui est contact@mediascitoyens-diois.info vers l'adresse mediascitoyensdiois@gmail.com de départ comme ça Claude recevra toutes les notifications et contacts pris sur le nouveau site.
Le top c'est que l'intégralité des articles du Blog MCD se retrouvent renvoyés sur le nouveau site sans aucune perte de l'existant. Par contre il faut maintenant rédiger les nouveaux articles dans le nouveau site et laisser l'autre en fonction pour cette redirection d'articles, avec un message renvoyant les usagers vers notre nouvel outil flambant neuf !
Il nous faut aussi sur la première page un magnifique petit mot d'introduction sur l'historique rapide de MCD mais aussi sur cette évolution technique "pour mieux vous servir" - bref un petit rédactionnel COURT et synthétique ; là je vous passe la main, c'est vous les journalistes quoi ;-) C'est très important d'utiliser des mots clairs et précis pour que les moteurs de recherche référence au mieux notre projet.
Après à l'intérieur de "l'usine" il y a un outil pour améliorer ce référencement, mais là c'est de la cuisine interne Mehdi et moi se chargeront de le remplir.
Denis Mauplot
Prestataire de Services Informatiques
Panseri Marco, Rédacteur- administrateur                
Abdoulaye Fall,  Rédacteur –administrateur
Dnis Mauplot, Rédacteur –administrateur
Anne Tesson, Rédactrice –administratrice
MédiasCitoyensDiois, un site participatif et pluriel sur le Diois.
MédiasCitoyensDiois est un site par, pour et avec toutes et tous depuis le 01 mai 2009. MédiasCitoyensDiois est un outil d’information, de communication et de sensibilisation du Pays Diois. Entièrement gratuit pour ses utilisateurs (hors institutions et administrations), MédiasCitoyensDiois vous permet de recevoir une information de qualité et à jour. Grâce à ses correspondants locaux, MédiasCitoyensDiois vous offre une information de proximité. Un  portail de communication où vous pouvez proposer articles, petites annonces, réagir sur les papiers, créer un sujet, dialoguer avec les utilisateurs du site MédiasCitoyensDiois, visualiser des vidéo et photographies, regarder un événement retransmis en direct, poster un commentaire. Nous œuvrons ensemble pour que vous puissiez trouver une information rapide, près de chez vous (se déroulant dans le Diois ou le Val de Drôme) en lien et mise en perspective avec des évènements plus larges qui font sens dans l’évolution de la société. Nous veillerons à faire respecter la liberté de la presse tout en respectant les personnes et les opinions de chacun. Pour toutes les question et remarques, n'hésitez pas à nous écrire. Vous pourrez aussi réagir aux articles déjà déposés en y ajoutant un complément ou diffuser vos propres informations. MédiasCitoyensDiois la est déjà une référence de toutes celles et tous ceux qui veulent comprendre le territoire dans lequel ils vivent, veulent faire vivre le Diois et participer à la vie locale. Devenez correspondant local de MédiasCitoyensDiois dans votre commune…la plus petite soit elle. Il n’y a pas de ‘‘ mauvaise information’’, le lecteur se fera sa propre opinion et sera fidèle s’il trouve une information fiable, intéressante voire éveillante. Nous sommes toutes et tous des correspondants potentiels…
Election du Collectif de Gestion
Marco Panseri, Denis Mauplot, Abdoulaye Fall, Pierre Joanin et Anne Tesson ont été élus à l’unanimité.
Medias Citoyens Citoyens
Informations-Reportages-Formations-Vidéo
Espace Social et Culturel du Diois
Place de l’évêché
26150 Die
mediascitoyensdiois@gmail.com
Nous alimentons quotidiennement un Blog Citoyen : http://mediascitoyens-diois.blogspot.com/
Toute l’équipe de MédiasCitoyensDiois,
Ce vendredi 14 février 2014, (actualisé après quelques mails)  
Contact téléphonique : 04 75 21 00

vendredi 28 février 2014

Notre Média...lieu de débat...

Réflexion sur un tirage au sort dans le monde associtif comme plus démocratique...Ou pas !

Le tirage au sort dans la vie associative
Ces pages sont consacrées à l’examen de la proposition de Mehdi Naïli visant l’attribution des responsabilités de l’association Média Citoyen Diois par tirage au sort. Formulée dans une intention démocratique et dans une association dédiée à l’information locale, cette proposition s’inspire de l’idée qui fait son chemin de la désignation des représentants politiques par tirage au sort. Néanmoins, il est notable qu’elle reproduise pour  la vie associative une réflexion sur la vie politique sans que ce qu’implique le passage d’un domaine à un autre ne soit éclairé. Je n’ignore pas que Mehdi Naïli n’a pas développé son point de vue et que s’il l’avait fait il ne m’aurait pas donné l’occasion de m’attarder sur le problème soulevé. Je montre qu’il existe une opposition décisive entre la vie politique et la vie associative et je retourne le questionnement là où il devrait se poser. J’attire pour cela l’attention sur le fait que la construction purement technique d’un procédé d’élection conduit à perdre le sens même de la démocratie et de la liberté. L’idée du tirage au sort des politiques qui a été formulée dès l’Antiquité gréco-romaine touche la vie de la Cité, c'est-à-dire pour nous, à l’élection des représentants à l’échelle nationale ou territoriale. A ma connaissance, les théories politiques n’étendent pas cette technique élective à la vie associative. Pourquoi ? Les raisons n’en ont pas été éclairées, c’est donc l’occasion d’y réfléchir.
A Suivre : http://mediascitoyensdioisdebats.blogspot.fr/

samedi 22 février 2014

Journal : "CQFD" ....

CQFD n°118 (janvier 2014)

Palestine Vivre en cage à Gaza par Mathieu Léonard, Pierre Stambul

CQFD n°119, en kiosque à partir du 15 février 2014.
Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite.
En Une : le Bison Ville de Rémi

A lire aussi avant la manifestation de samedi
Notre-Dame-des-Landes : L’aéroport, c’est toujours NON !
Toutes et tous à Nantes le 22 février 2014 !


Bref aperçu des activités agricoles sur la ZAD

Cultiver pour résister
paru dans CQFD n°117 (décembre 2013), rubrique Le dossier, par André Aspic & Nicolas Rami, illustré par Val K
mis en ligne le 14/02/2014
http://cqfd-journal.org/Cultiver-pour-resister

mercredi 5 février 2014

Edward Snowden , lanceur d' alerte...

Il faut défendre Edward Snowden !

Dans un entretien dimanche sur la chaîne allemande ARD, l’ex-agent de la National Security Agency (NSA) a prévenu que les « responsables du gouvernement [des États-Unis] veulent me tuer. »
« Ces gens, et ce sont des responsables du gouvernement, ont dit qu’il aimeraient me mettre une balle dans la tête ou m’empoisonner quand je sortirai d’un supermarché et me regarder mourir sous la douche, » a déclaré Snowden.
La mise en garde de Snowden sur le fait que le gouvernement américain le veut mort pour mettre fin à ses révélations sur l’espionnage illégal de la NSA doit être prise avec le plus grand sérieux. Cela montre l’urgence qu’il y a à développer un mouvement de masse pour le défendre et s’opposer à la destruction des droits démocratiques.
Snowden fait référence à un article affiché sur le site Web Buzzfeed qui s’appuie sur des entretiens avec des responsables américains du renseignement et de l’armée, qui discutaient avec franchise de leur désir de l’assassiner. Parmi eux, il y avait un officier du renseignement militaire qui a fait une proposition ahurissante pour assassiner Snowden : « […] On pourrait en finir avec ça très rapidement. Rien qu’en marchant dans les rues de Moscou […] il se fait légèrement bousculer par un passant. Il n’y pense pas sur le coup et commence à se sentir un peu fatigué, il pense que c’est un parasite dans l’eau du robinet. Il rentre chez lui comme si de rien n’était et juste après on apprend qu’il est mort sous la douche. »
Étant donné que le gouvernement Obama a déjà procédé à l’assassinat extra-judiciaire de quatre citoyens américains avec des missiles Hellfire, des déclarations de ce type peuvent difficilement être considérées comme un délire. Au contraire, elles sont parfaitement cohérentes avec le banditisme politique dont font preuve les autorités américaines pour préparer la liquidation de Snowden.
Le désir d’en « finir avec ça [les révélations sur l’espionnage des Américains ordinaires et des peuples du monde entier par les États-Unis] très rapidement » est partagé par les agents de la NSA, de la CIA et du Pentagone en remontant toute la hiérarchie jusqu’à la Maison Blanche.
Une chose est sûre, le gouvernement américain n’a aucune intention de proposer à Snowden un procès équitable. Snowden et son avocat l’ont clairement dit. Dans son entretien Snowden a affirmé que toute procédure contre lui ne serait qu’un procès truqué et la Loi sur l’espionnage de 1917 serait utilisée pour l’empêcher de présenter sa défense de ses actes sous prétexte qu’une telle défense nécessiterait de démasquer l’appareil d’Etat secret et illégal. Les documents servant à sa défense seraient considérés comme couverts par le secret défense et exclus du dossier, et il n’aurait aucune possibilité de faire appel aux sentiments démocratiques du jury.
La chasse aux sorcières politique que l’élite américaine est en train de mobiliser contre Snowden démontre qu’elle n’a aucune intention de proposer le moindre procès. Des politiciens des deux partis ont qualifié Snowden d’espion et de traître. Des crapules fascistes dans les médias, comme Daniel Henninger du Wall Street Journal, réclament ouvertement sa mort.
Dans ce contexte, la proposition du procureur général Eric Holder la semaine dernière d’organiser des « conversations » qui aboutiraient à une transaction judiciaire n’est qu’une couverture politique pour les vrais plans du gouvernement américain qui sont d’utiliser des moyens extra-judiciaires pour faire cesser les révélations sur ses opérations d’espionnage illégales.
Insistant lors d’un entretien sur MSNBC sur l’idée que la clémence envers Snowden « va trop loin, » Holder a affirmé, « il a enfreint la loi, il a causé des dommages à notre sécurité nationale, je pense qu’il doit être tenu pour responsable de ses actes. » Les remarques de Holder reprennent son affirmation de jeudi dernier à l’Université de Virginie où il a dit que si Snowden « […] rentre aux États-Unis pour négocier une transaction, nous engagerons la bataille avec ses avocats. »
La proposition que Snowden retourne aux États-Unis et accepte calmement d’aller en prison se résume à un ultimatum : « Tais-toi et va en prison, ou on te tue. » Si Snowden mettait le pied sur le sol américain, personne ne le reverrait plus jamais.
Pour l’ex-agent de la NSA, qui vit maintenant comme un apatride en Russie, la menace de meurtre d’Etat est très réelle, qu’il retourne aux États-Unis ou non. Deux des accusations soulevées contre lui par le gouvernement Obama sont des actes de trahison définis dans la Loi sur l’espionnage et sanctionnés par la peine de mort. L’historique de l’impérialisme américain dans l’assassinat de personnes qu’ils considère comme politiquement indésirables est bien établi, depuis l’époque où la CIA a gagné son surnom de Murder Inc. jusqu’aux frappes de drones d’Obama.
Le Financial Times de Londres a fourni l’une des descriptions les plus franches du « dilemme profondément délicat » du gouvernement américain face à un procès de Snowden. Il a fait remarquer qu’« un procès risquerait d’entraîner de nouvelles révélations et, du point de vue du gouvernement, risquerait de galvaniser encore plus le soutien populaire envers M. Snowden. »
Les sondages montrent un soutien massif pour Snowden, ce qui est d’autant plus remarquable que ce sentiment n’est reflété par aucun des deux grands partis ni dans les médias à la solde des grands groupes, qui l’ont tous diffamé en le présentant comme un traître et un espion. Si le dernier sondage de Pew Research montre que la population dans son ensemble est divisée à peu près équitablement sur le fait de savoir si les révélations de Snowden ont servi l’intérêt public, parmi ceux qui ont entre 18 et 30 ans, 57 pour cent soutiennent son action et seulement 35 s’y opposent.
L’inquiétude s’accroît au sein de l’élite dirigeante sur le fait que les actes courageux de Snowden expriment non seulement sa propre opposition aux activités criminelles du gouvernement, mais aussi les sentiments naissants dans la population dans son ensemble, et notamment parmi les travailleurs, les étudiants et les jeunes. Ces couches supportent de moins en moins un gouvernement des riches, par les riches, et pour les riches, qui détruit les droits démocratiques tandis qu’il transfère la richesse sociales vers l’aristocratie financière et lance des guerres d’agression.
Les révélations de Snowden montrent que ceux qui sont au pouvoir sont les vrais criminels, ce qui les rend encore plus déterminés à le faire taire physiquement pour en faire un exemple. Holden insiste sur l’idée que Snowden « doit être tenu pour responsable de ses actes. » Mais qu’en est-il de tout ceux, depuis Obama jusqu’en bas de l’échelle, qui ont conçu, autorisé, et mis en place ces programmes d’espionnage de masse, un système de contrôle total sur la population, en violation flagrante de la loi et des droits fondamentaux garantis par la Constitution américaine ?
L’appareil d’Etat policier qui a été démasqué par les révélations de Snowden a été construit pour défendre les intérêts de l’oligarchie financière qui contrôle le gouvernement américain. Ses opérations totalitaires ne visent pas à contrecarrer des complots terroristes, mais à faire avancer les objectifs prédateurs du capitalisme américain. À l’étranger, cela implique non seulement de préparer des guerres, mais aussi d’espionner de prétendus alliés et de pratiquer l’espionnage industriel contre les entreprises concurrentes. À l’intérieur du pays, cela veut dire espionner et rassembler des dossiers sur les travailleurs américains, qui sont considérés comme un ennemi de plus en plus hostile et dangereux.
La classe ouvrière représente l’unique base sociale authentique pour la défense des droits démocratiques. Un soutien massif doit être mobilisé parmi les travailleurs, les étudiants et les jeunes pour défendre Edward Snowden et démasquer les conspirations de l’Etat contre lui. Sa défense est inséparable d’une lutte contre le système capitaliste, qui donne naissance aux dictatures policières et détruit les conditions de vie de milliards de gens sur toute la planète.
Bill Van Auken

jeudi 16 janvier 2014

La Radio locale RDWA couvre les Rencontres de Die et de la Vallée de la Drôme...


Interview des Rencontres de Die passe ce Mercredi 15 janvier à 17h10 et demain Jeudi 16 janvier à 7h10
12 èmes Rencontres de l’Écologie au Quotidien : Biodiversité, Cultivons la Vie
Les 12 èmes Rencontres de l’Écologie au Quotidien, temps fort de la vie associative et grande messe annuelle écologique du Diois, consacrée cette année au thème  " Biodiversité, Cultivons la Vie" aura lieu à Die dans la Salle Polyvalente du 23 janvier au 3 février 2014 et dans toute la vallée de la Drôme du 19 janvier au 9 février 2014. Sitaëlle Berthoux, 13 ans, bénévole et stagiaire dans l'association, Anne Tesson, salariée et Claude Veyret, administrateur sont venus parler de cette édition 2014 qui comme les années passées, foisonnent d'ateliers, de conférences, de tables rondes et de visites souvent liées au thème proposé; La biodiversité mais pas que.
Date : 14.01.14
Durée : 32'52''
Lieu : Studio RDWA
Réalisation : Louis
Bertrand
Pour plus de renseignements et consulter le programme visitez leur site, Vous pouvez aussi leur envoyer un mail  ou téléphoner à l'association Écologie au Quotidien au  04 75 21 00 56
FacebookGoogle +
Salut à tous
L'interview avec Sitaelle, Anne et Claude passe ce soir à 17h10 et demain matin 7h10
vous pourrez celui ci trouvez à partir de 17h40 dans l'onglet Interview
http://www.rdwa.fr/Interview_r26.html
A rediffuser à votre mailing list à votre convenance

lundi 13 janvier 2014

Même les torchons "Télé" touchent des subventions à la Presse...



Tribune publiée sur Mediapart le 11 janvier 2014 
Alors que j'étais plongée dans la lecture d'un article du Monde Diplomatique sur le Japon, que vois-je là, dans l'edito... Mince, sérieux ? Télé 7 Jours favoriserait 38 fois plus la « libre communication des pensées et des opinions » que Le Monde Diplo ? Intriguée, je remonte à la source et de fait. La lecture des chiffres 2012 des aides à la presse est très instructive. On y apprend ainsi que pour dévoiler les amours secrètes du Président de la République, Closer reçoit 558 000 euros de la part de l’État. On ne sourit pas.
Plus sérieusement, juste pour savoir : qu'est-ce qui justifie l'attribution de ces fonds publics à Auto-Moto ou à Mieux vivre votre argent ? Je ne suis pas une experte du monde professionnel des médias, mais je suis élue de la République. Et à la Région, je peux vous dire qu'avec ma camarade du PG, Elisa Martin, on épluche tous les dossiers de subvention en se posant à chaque fois la même question : où doivent aller les fonds publics, l'impôt de nos concitoyen-ne-s ? Dans certains cas, c'est facile. Pour STMicroelectronics, entreprise de droit hollandais dont le siège est en Suisse, qui dégage 830 millions de résultat net et licencie un peu partout dans le monde, la subvention de 25 millions, pour nous c'est non. D'autres fois c'est plus délicat, il faut peser l'intérêt général, l'utilité d'attribuer une aide, estimer à quoi ça sert, si c'est utile, ce qui se passerait si on ne la versait pas, tout en essayant de ne pas faire de la Région un palliatif aux déficiences de l’État. C'est le cas pour les hôpitaux de proximité, avec des maternités menacées par la tarification à l'acte (T2A) et la loi HPST dite Bachelot, que le gouvernement avait promis d'abroger et qui continue d'étrangler les petits établissements de santé comme chez moi, dans le Diois. Évidemment c'est du ressort de l’État, garant des solidarités et de la santé publique, mais on ne peut pas les laisser crever comme ça. Alors on vote pour, tout en rappelant le gouvernement à ses responsabilités.
Bref, pour en revenir aux aides à la presse : en quoi Télé 7 Jours (7 millions d'euros d'aides publiques), Télé Star (5 millions), Télé Loisirs (4,5 millions), Télé Z (3,7 millions), Télé Câble (3,3 millions), Télé Poche (1,7 million), Télé 2 semaines (1,2 million), TV Grandes chaînes (1 million) et Télé Magazine (0,2 million) contribuent-ils à l’intérêt général ? Pour près de 28 millions d'euros tout de même... 28 millions d'euros, tiens, c'est aussi le montant de l'amende imposée par l'Union européenne pour entrave à la concurrence au « cartel de la crevette ». Sûr que là, la pluralité du programme télé est assurée.
28 millions d'euros... Quand on passe notre temps à entendre le discours euro-libéral débordant d'austérité du président Hollande et les appels à se serrer la ceinture ? Alors qu'on nous annonce une hausse de la TVA pour réduire les déficits publics et répondre à l'injonction de la « règle d'or » de la Commission européenne ? Sérieux, 28 millions d'aides publiques pour connaître les programmes télé, à l'ère de l'Internet ?
Internet parlons-en d'ailleurs, car il ne se trouve curieusement que très peu de sites d'information en ligne dans ce tableau des aides à la presse : epresse.fr, 20minutes.fr et slate.fr. Quant à Mediapart, Terra Eco ou Arrêt sur Images (qui explique pourquoi il dit non aux aides), le gouvernement s'en occupe d'une autre manière, en leur envoyant des contrôles fiscaux. La raison ? Tous ont pris la décision, au sein du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (SPIIL) d'appliquer le taux réduit de TVA de 2,1 %, le même que celui de la presse imprimée. L’administration fiscale, elle, veut leur imposer un taux de 19,6 %, comme d'autres services en ligne. Donc, si on récapitule : Télé 7 Jours c'est de l'information à subventionner avec un taux de TVA réduit, Mediapart c'est du service en ligne. Ah.
Avec une recherche rapide sur Internet, on se rend compte que 28 millions d'euros, c'est aussi ce qu'a perçu David Beckham pour faire de la publicité, via ses sponsors, entre juin 2011 et 2012, selon le magazine américain Forbes. Ou encore, c'est le montant qu'un Canadien a gagné à la loterie avant de décider de tout reverser à des œuvres caritatives.
Voilà comment d'un article sur la bataille du Pacifique, percutée par une actualité de brève de comptoir, on s'en retrouve au cocktail télé, charité, publicité, loto et foot-business. Panem et circenses. On n'en sort donc jamais ?
Corinne Morel-Darleux
Nota 1 : Montants des aides publiques à la presse
Le journal Le Monde a publié tous les montants des aides publiques à la presse. Tous, sauf le montant des subventions au Monde, évidemment.
En 2012, les journaux dont la pub ne dépasse pas 25% des recettes totales ont reçu 9 millions d’euros d’aides publiques. Ces journaux ont généralement une orientation politique ou religieuse marquée.
Ainsi, l’Humanité a reçu 3 millions d’euros d’aides publiques à la presse en 2012, La Croix, 2,949 millions et Libération 2,875 millions. Le quotidien d’extrême-droite Présent a quant lui touché 227 000 euros d’aides publiques à la presse en 2012.
Le Monde, qui a publié ces chiffres, s’est bien gardé de préciser le montant de l’aide publique qui lui était accordée. Et l’on comprend mieux pourquoi: en 2010, le Monde, 2ème journal le plus subventionné par l’Etat derrière Le Parisien, avait bénéficié de 17 millions d’euros d’aides publiques.
Le Monde a récemment reçu 480 000 euros de subventions dans le cadre de l’opération « Mon journal offert », qui offre des abonnements aux jeunes lecteurs. Le Monde a également réclamé 1,5 million d’aides publiques supplémentaires pour baisser son prix de vente à l’étranger… De quoi faire jalouser ses concurrents.
Le montant total des aides publiques à la presse s’élève à 516 millions d’euros en 2013.
source: arretsurimages.net
- Nota 2  : Classement des aides à la presse
La ministre de la Culture Aurélie Filippetti envisage de réformer le système d’attribution des aides à la presse pour mettre en place une aide sélective. Aurélie Filippetti souhaiterait ainsi privilégier les subventions aux journaux d’information « citoyenne » au détriment des aides à la presse loisir. Actuellement, de nombreux journaux et magazines loisirs bénéficient d’importantes subventions à […]
La ministre de la Culture Aurélie Filippetti envisage de réformer le système d’attribution des aides à la presse pour mettre en place une aide sélective.
Aurélie Filippetti souhaiterait ainsi privilégier les subventions aux journaux d’information « citoyenne » au détriment des aides à la presse loisir.
Actuellement, de nombreux journaux et magazines loisirs bénéficient d’importantes subventions à la presse, alors que d’autres journaux d’information sont moins généreusement subventionnés. En effet, 5 hebdomadaires télé (sans intérêt) figurent parmi les 30 journaux les plus subventionnés en 2011. Avec une subvention de 7,288 millions d’euros, Télé 7 jours  est la 9ème parution la plus subventionnée en France.

Voici le classement de toutes les aides à la presse en 2011
- Le Monde : 16 932 067 euros de subvention
- Le Figaro : 15 990 740 euros de subvention
- Ouest France : 14 108 028 euros de subvention
- La Croix : 10 437 334 euros de subventions
- Télérama : 9 533 479 euros de subvention
- Libération : 8 971 182 euros de subvention
- Le Nouvel Observateur : 7 917 224 euros de subvention
- L’Express : 7 621 766 euros de subvention
- Télé 7 jours : 7 288 021 euros de subvention
- Aujourd’hui en France : 6 777 475 euros de subvention
- Sud Ouest : 6 707 844 euros de subvention
- L’Humanité : 6 259 222 euros de subvention
- Paris Match : 5 359 329 euros de subvention
- La Nouvelle République du centre ouest : 5 171 578 euros de subvention
- A2 presse : 4 868 424 euros de subvention
- Télé Star : 4 790 124 euros de subvention
- La Voix du Nord : 4 546 741 euros de subvention
- Le Point : 4 543 178 euros de subvention
- Télé Loisirs : 4 411 904 euros de subvention
- La Dépêche du Midi : 4 038 548 euros de subvention
- Le Dauphiné libéré : 3 927 893 euros de subvention
- Newsprint SAS : 3 900 000 euros de subvention
-  Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) : 3 771 080 euros de subvention
- Les Échos : 3 753 737 euros de subvention
- La Montagne : 3 747 371 euros de subvention
- Télé Z : 3 745 212 euros de subvention
- Télégramme : 3 739 454 euros de subvention
- Télécâble Sat hebdo : 3 324 771 euros de subvention
- Le Petit Quotidien : 3 298 437 euros de subvention
 Source: lepoint.fr


mardi 7 janvier 2014

Die 26150 : Assemblée Générale de votre Média....MediasCitoyensDiois ( 3 ).



Invitation à notre AG à la Salle Polyvalente Municipale de Die. 
Vendredi 24 Janvier 2014  de 12h-14h dans le Hall d’arrivée.
MCD est à vous !
Qu’est ce que vous en faites ?
Medias Citoyens Dois a été créé et a évolué comme un projet collectif, collaboratif, dans et comme un mouvement d’émancipation. Dans cette période où l’offensive médiatico-libérale fragilise nos valeurs et nos combats et précarise chacunE d’entre nous, que faisons-nous de ce projet ?
Être au service du mouvement social, dans une vision positive, ce n’est pas de proposer des services. « Nous  » ce n’est pas seulement la dizaine de personnes qui se réunissent chaque vendredi soir. «  Nous  » c’est les abonnéEs qui reçoivent nos infos « quotidiennes », c’est les 250 visiteurs du site internet chaque jour (si l’ on considère qu’une seule parsonne regarde un seul ordinateur), c’est aussi les soixante adhérentEs et la vingtaine d’associations coopératrices-correspondantes. En réalité nous avons plus de 15.000 visites par mois…
Des adhésions qui augmentent...
Parce que depuis trois ans, le nombre d’adhésions augmente sensiblement, parce qu’il nous semblait pertinent de nous donner les moyens de se passer de subvention (On bouge la dessus car on a enfin demandé 10 000€ a la Région Rhône-Alpes), que le loyer et les charges sont pour l’instant absents, se pose aujourd’hui la question de savoir comment faire vivre ce projet collectif au-delà de 2014. Les visiteurs du site et les destinataires de "Ce Quotidien Local Associatif Pluriel" augmentent,… Sans un nombre significatif d’adhérentEs, M.C.D. n’aurait plus de sens et c’est ce sens que nous voulons questionner ici avec vous.
Ce projet collectif contient la nécessité d’une participation de touTEs.
Alors, plus important finalement que le problème du financement d’un local ou de l’hébergement du site, nous nous interrogerons sur la participation collective au projet. Il est nécessaire aujourd’hui que d’autres nous rejoignent, qu’ils fassent évoluer ce projet comme cela a été le cas auparavant. Le site par exemple est largement ouvert à la contribution de rédacteurs/trices mais leur participation effective reste modeste : alors n’hésitez pas, envoyez/rédigez infos et analyses.
Une critique de la «normose » (on comprend toutes et tous ce mot dans MCD) doit s’enrichir de nos diversités et différences.
Le projet de MCD ce n’est pas produire du service de "communication", de l’aide sociale ou de la location de salle. C’est de créer un lieu de rencontre entre des groupes en réflexion ou de critique sociétale, une interaction entre des points de vue, des positions, des réflexions différents. C’est de mettre à disposition des outils que chacunE puisse utiliser pour co-construire un pôle d’intervention ouvert à tous les courants critiquant un  système obsolète.
En clair, MCD est à vous ...mais qu’est ce que vous voulez en faire ? (Oui, Nous vous avons annoncé trois fois cette AG. Nous nous y sommes pris 78 jours à l' avance, puis 36 jours, puis 18, comme la loi le prévoit…) 
Nous vous invitons à venir en débattre lors de notre AG
Vendredi 24 Janvier à 12h-14h
Vous pouvez envoyer vos contributions par mails, lettres ou téléphone.
(L’année passée, l’AG était au même lieu, même heure, le vendredi 25 janvier 2013).
Nous alimentons quotidiennement un Blog Citoyen :
Les Medias Citoyens du Diois
MediasCitoyensDiois

mercredi 1 janvier 2014

la meilleure place de la Télévision reste la cave ou la poubelle...

Ces programmes télés et ces JT devenus de grandes poubelles…

Si le métier de journaliste comporte toujours pour certains d’entre eux, des risques à exercer leur profession – voir à ce sujet les statistiques disponibles sur le web pour l’année 2013 – l’on ne peut pas en dire autant de ceux qui nous présentent certaines émissions, et particulièrement les JT.
De fait, quand on voit que certains journalistes paient de leur vie le sens aigu qu’ils ont de nous informer au plus près des sujets brûlants qui font et défont le monde, on peut se demander si ceux qui ont la charge de nous présenter les programmes et les infos en saisissent toute la portée, en ont pleinement conscience !?...
Ou alors, s’agit-il de deux métiers différents. Les premiers, souvent inconnus du grand public, seraient de vrais journalistes, avec tout ce que cette profession comporte de prise de risques, de responsabilité assumée et de recherche de la vérité au plus près des évènements ; quand les autres ne seraient que des fonctionnaires planqués en quête insatiable de reconnaissance sous les feux de la rampe, quel que soit le sujet à traiter… 
Mais, ces derniers prennent-ils vraiment la mesure de leur inanité voire de leur médiocrité ? Comment se situent-ils par rapport à leurs collègues payant de leur vie pour nous transmettre des situations de terrain, quand ils choisissent de nous abreuver de leurs anecdotes et faits-divers sans le moindre intérêt journalistique !? Que ce soit l’accident « évité de justesse », mais alors pourquoi en parler parfois pendant plusieurs minutes !? Ou de la météo qui non contente d’avoir déjà sa place avant et après le JT, se voit de plus en plus invitée à meubler l’espace au cœur de l’info !? Pour ne pas parler de toutes les conneries pour remplir le temps de parole… ni de bouffe !
Aujourd’hui, dans ce monde où la précarité gagne du terrain partout, il n’en est plus que pour les émissions tournant autour de la cuisine, même sur Arte ! Les restos du cœur pour les plus démunis battent record sur record, mais on nous bassine sans arrêt avec des émissions qui ne parlent que de bouffer ! Chef pâtissier par-ci, Masterchef par-là, en passant par Chef la recette, Miam, Top chef, À table, Un dîner presque parfait, la Cuisine des Terroirs, etc, etc… et cela ne semble pas prêt de s’arrêter.
En cette époque de fêtes obligées, où règne en maître absolu le seul objectif de faire du fric, toujours plus de fric, les chaînes télés en sont tellement à ne plus rien avoir à nous donner comme information digne de ce nom, que les quelques vedettes fardées pour leur demi-heure de prestation nous gavent telles des oies de conneries qui ne tournent plus qu’autour de la table. 
Recettes de réveillon, table idéale, entrée parfaite, huitres ceci, homard cela, dessert insolite, avis des « chefs », sans parler des statistiques dont tout le monde se fout de savoir « qu’en France, on aurait dépensé 2% de plus que l’an dernier pour la table »… Et sans parler non plus du sapin, des derniers cadeaux, de la course effrénée dans les boutiques, des parfums, bijoux, tablettes, bref, de ce luxe écœurant tant il bafoue, outrage le commun des mortels, et j’en passe…
Non mais, de quoi nous parle-t-on dans ces JT censés nous informer de ce qui se passe dans le monde !? 
De celles et ceux qui grelottent, enfants compris, sous les couvertures élimées de l’ONU parce que chassés loin de chez eux et parqués dans des camps de réfugiés ; de celles et ceux qui ont tout perdu par la folie dominatrice de quelques-uns qui se gaveront de foie gras et de champagne ; de celles et ceux qui n’ont plus que de maigres rations de survie ; de celles et ceux qui dans des conflits alimentés par notre commerce des armes florissant ont vu mourir leurs proches et ont souvent tout perdu ; de celles et ceux qui tentent d’échapper à leur destin en se noyant à quelques encablures de nos côtes ; de celles et ceux qui définitivement sont en marge d’une société malade d’égoïsme ; de celles et ceux qui dans nos villes éclairées pour ces fêtes formatées n’ont même pas un toit pour dormir ; de toutes celles et de tous ceux que cet ignoble et nauséabond étalage de consumérisme tuent un peu plus encore ; sans oublier de parler de l’environnement que nos pratiques et habitudes de nantis autour de tables richement achalandées massacrent lentement mais sûrement…
Ô oui, je sais et j’entends déjà les remarques offensées des lèvres pincées et des culs serrés : le monde va tellement mal qu’en cette période, on peut bien passer un peu de temps à parler de ce qui fait la joie, la fête, l’insouciance… Mais la joie, la fête et l’insouciance de qui !? Des quelques privilégiés qui de toutes façons se contrefoutent toute l’année de ce qui peut bien arriver aux plus démunis, aux délaissés, aux oubliés, aux parias d’une société de plus en plus malade de ses excès !?
Honte à vous, journaleux, si vous ne comprenez pas l’indignation que vos grands-messes médiatiques provoquent ! 
Honte à vous pour balayer d’un revers de main la plus grande part de l’humanité pour célébrer les fastes de quelques fortunés ! 
Honte à vous de ne pas être plus solidaires de vos compagnons morts dans l’exercice de leur fonction pour tenter de nous présenter autre chose que ce ramassis de mauvais goût, véritables poubelles géantes ! 
Honte à vous pour nous prendre pour des imbéciles et croire que nous ne faisons pas la différence ! 
Honte à vous du service public, pour agir ainsi avec notre argent et monopoliser notre temps de soirée avec vos histoires et vos cancans insipides, inodores et incolores ! Honte à vous qui ne devriez plus avoir droit à cette carte de journaliste dont vous êtes définitivement indignes !
Daniel VANHOVE , Auteur  

jeudi 26 décembre 2013

De la Malinformation...à la surinformation jusqu'à la désinformation....

Malinformation, Sédentarisme culturel et Obésité intellectuelle

Médias et Information : il est temps de tourner la page.

«  La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » David Bohm, 1977

Préambule

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que «  les choses sont comme ça » et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak - et participe à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents - elle se voit simplement «  remerciée » et l’affaire est classée dans le casier «  déontologie ». Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une «  liberté » qu’elle se garde bien de définir avec précision.
Pourtant, l’idée que «  l’information est devenue un produit de consommation comme un autre » n’est pas nouvelle. Mais ce serait alors le seul produit de consommation pour lequel il n’existe aucune date de péremption, aucun suivi ni traçabilité imposés par des textes, aucune association de consommateurs représentative ni aucune réglementation sur la qualité ou sur les normes.
Comment ont-ils réussi à nous faire admettre pour notre esprit ce que nous n’accepterions jamais pour notre corps ?

Etat des lieux : vite fait = mal fait

Un jour, j’ai reçu un coup de fil d’une journaliste de France-Info, une certaine Sophie Parmentier, «  grand reporter » est-il précisé sur le site de la radio, qui voulait m’interviewer sur un sujet précis concernant Cuba. Je me suis rapidement aperçu qu’elle ne connaissait pas le sujet et qu’elle cherchait à obtenir des réponses «  attendues ». Lorsque je lui ai demandé depuis quand elle était sur le sujet et proposé quelques sources à consulter et de me rappeler plus tard, elle m’a répondu qu’elle avait commencé à étudier son sujet à 9h00 et qu’elle devait le rendre à 16h00. En clair : elle n’avait pas le temps.
Faisons une expérience. Prenez au hasard un parterre d’inconnus. Examinez-les à tour de rôle et essayez d’énoncer une vérité sur chacun d’entre eux. A part de décrire quelques éléments physiques apparents, vous n’irez pas loin. Pour faire mieux, il faudrait poser des questions, éventuellement recouper des informations, etc. Bref, il vous faudra un élément essentiel à la recherche de la vérité : le temps. A présent, recommencez et, cette fois-ci, énoncez un mensonge. Facile : untel a marché sur la lune, un autre a traversé le Pacifique à la nage.
Cette simple, évidente et incontournable contrainte du temps, contrainte physique, mécanique, induit le truisme suivant : «  La vérité exige du temps alors que le mensonge s’accommode parfaitement avec la vitesse. »
Demandez à un garagiste de faire la révision de votre voiture en une heure. Maintenant demandez-lui de la faire en 5 minutes. Demandez à un médecin de vous ausculter en une demi-heure. Maintenant demandez-lui de le faire en 2 minutes. Par quelle magie les journalistes échapperaient-ils à la dégradation générale et inéluctable du résultat de leur travail induite par la réduction du facteur «  temps » ?
Obnubilés par la technologie qui permet la circulation quasi-instantanée de « données », on en oublie d’analyser le délai, pourtant essentiel, entre un fait et la transmission quasi-instantanée de données présentées comme des informations. Et plus ce délai est court, plus l’écart entre l’information et la réalité risque d’être - et même sera - grand. C’est mécanique, c’est physique, c’est incontournable. L’absence du facteur temps dans un métier où la vitesse est de plus en plus un «  critère » conduit inéluctablement à une dégradation continue de la qualité de l’information. Ceci est vrai même dans le cas de ce que nous appellerons un bon journaliste.
Ce qui nous permet de compléter le truisme : «  La vérité exige du temps alors que le mensonge s’accommode parfaitement avec la vitesse. Il s’ensuit que plus l’information va vite et plus elle est fausse. » Le contraire n’étant pas forcément vrai.
Ce phénomène de dégradation s’amplifie avec la complexité du sujet. En effet, annoncer qu’un train a eu une panne à tel endroit à telle heure peut se faire avec une certaine fiabilité. Après tout, la quantité d’information à traiter est limitée. Pour annoncer les résultats d’un matche de foot, c’est encore plus simple. Ici, la vitesse de traitement n’a qu’un effet mineur sur la vérité. A l’inverse, dans le cas d’un événement complexe (comme la Syrie par exemple), la vitesse de traitement produit inévitablement une dégradation de la qualité de l’information. Puisqu’il faut aller vite, et parce que l’événement est complexe, le résultat est prévisible : ce n’est pas la vitesse de traitement qui sera ralentie, mais l’événement qui sera simplifié pour pouvoir être traité dans les délais impartis. Et parce que la vitesse de traitement est relativement constante, tous les événements se verront donc compressés jusqu’à un niveau de «  compatibilité » avec les formats de transmission. Plus un sujet est complexe et plus la dégradation du significatif sera forte. A vitesse constante, la dégradation de la qualité de l’information est donc proportionnelle à la complexité du sujet traité.

Enjeu, complexité et vitesse : le trio perdant

Nous avons vu que le vitesse de traitement était relativement constante. Relativement, parce qu’il lui arrive de s’accélérer encore plus, notamment dans le cas d’événements exceptionnellement spectaculaires. Alors que la vitesse habituelle ne permet pratiquement aucun recul, aucune analyse sérieuse, il s’avère que dans les cas d’événements exceptionnels, la notion même de recul, de réserves, disparaît, pour céder la place à une débauche de «  savoir-faire » de pure forme.
Or, dans le cas du train en panne, l’enjeu politique est faible pour ne pas dire inexistant. Après tout, ça arrive. Dans le cas de la Syrie, pour garder cet exemple, l’enjeu politique est extrêmement élevé.
Si l’enjeu politique d’un événement est faible, la volonté de le manipuler sera faible. A l’inverse, plus un événement présentera un enjeu politique et plus une manipulation par les parties intéressées (notion plus large que les « parties concernées ») sera tentée - et plus la prudence et la réserve des grands médias devraient être de rigueur. C’est pourtant le contraire qui se produit.
Ainsi, la probabilité d’une manipulation d’un événement est directement proportionnelle à l’importance des enjeux politiques qui l’entourent alors que dans le même temps, la prudence des médias est inversement proportionnelle aux enjeux politiques. Leur prudence est donc - paradoxalement - inversement proportionnelle à la probabilité de manipulation. Conclusion : plus le risque de manipulation est grand, moins les médias jouent leur rôle. Moins les médias jouent leur rôle, plus la manipulation sera facilitée et par conséquence tentée, augmentant ainsi sa probabilité de manière exponentielle jusqu’à devenir «  quasi certaine ».
Notons au passage que l’attitude standard d’un «  consommateur de l’information » est de considérer que plus un événement est couvert par les médias, plus les risques de manipulation sont faibles et mieux nous sommes informés. Erreur classique et aux conséquences tragiques, ne serait-ce que parce que la multiplicité des médias n’a aucun rapport avec la multiplicité des sources et des opinions.
En résumé :
  • Le niveau de couverture médiatique d’un événement ne garantit aucunement la fiabilité des informations.
  • La mal-information (la partie «  involontaire ») est proportionnelle à la complexité d’un événement multipliée par sa vitesse de traitement. Plus un événement est complexe et plus son traitement est rapide, plus nous serons mal informés.
  • La manipulation (la partie «  volontaire ») est proportionnelle aux enjeux politiques multipliés par l’absence de réserve des médias. Plus les enjeux politiques d’un événement sont grands, moins les médias feront leur travail, et plus nous serons désinformés.
  • Lorsqu’un événement présente à la fois une complexité et un enjeu, la probabilité que nous soyons à la fois mal informés et désinformés est quasi certaine. Nos chances de connaître la vérité s’inversent donc et deviennent quasi nulles.
Ramené en une seule phrase : Plus un événement est complexe et présente un enjeu politique, moins nous sommes réellement informés - et ce, quel que soit son niveau de couverture médiatique.



La Mal-information

A l’instar de la malbouffe qui désigne à la fois les productions d’une industrie agroalimentaire et nos propres habitudes alimentaires, la mal-information désigne à la fois les produits de l’industrie de l’information et aussi nos propres habitudes de consommation.
Ce n’est pas le hamburger consommé de temps à autre qui nous bouche les artères pas plus que le sandwich occasionnel avalé à la hâte au coin d’une table de bistrot qui nous déglingue... C’est le train-train quotidien, ce petit morceau de sucre après l’autre, ce fruit chargé de pesticides ou signé Monsanto, le lent empoisonnement via nos assiettes et/ou nos propres habitudes qui se conjuguent pour nous tirer inexorablement vers le mal-être.
De même, ce n’est pas le film américain consommé de temps à autre qui nous bouche les neurones, ce n’est pas une désinformation occasionnelle avalée au coin d’une table du salon qui déglingue notre capacité d’analyse... C’est le train-train quotidien, ce petit mensonge après l’autre, cette information chargée de contre-vérités ou signée TF1, le lent empoisonnement via nos média et/ou nos propres habitudes qui se conjuguent pour nous tirer inexorablement vers le mal-savoir.
Et comme la malbouffe, la mal-information est le résultat de conditions imposées par les forces économiques mais aussi le résultat de nos propres habitudes de consommation.

La confusion entre «  ingurgiter des informations » et s’informer.

«  Moi, ça va, je passe beaucoup de temps à m’informer ». Souvent entendue, cette phrase ne fait qu’exprimer la même confusion qu’entre manger et se nourrir. Dire «  je suis informé parce que je m’informe » équivaut à dire «  je me nourris parce que je mange ». Et si cette dernière expression vous paraît cohérente, relisez la en rajoutant à la fin «  ...parce que je mange des cailloux ». Absurde, n’est-ce pas ?
La confusion entre, d’une part, le temps passé à ingurgiter des informations et, d’autre part, le temps consacré à la recherche de l’information est très répandue. L’action brute (comme rester planté toute la journée devant une chaîne d’information en continue ou même l’Internet) remplace, et généralement annule, l’objectif recherché.
La mal-information est la lente et permanente distillation de «  Amadinejad a dit qu’il voulait rayer Israël de la carte », de «  Chavez, populiste - et antisémite », de «  Kadhafi a fait bombarder sa population », de «  l’OTAN est une ONG humanitaire », de «  les 2 tours sont tombées toutes seules... Pardon ? Il y en avait trois ? », ainsi que toutes les variations de «  il n’y a pas d’alternative ».

Le «  sédentarisme culturel »

La mal-information est à la fois le résultat d’une information «  institutionnelle » médiocre et de notre propre passivité - par manque de temps, de moyens ou de savoir-faire, peu importe. Mais pour produire un résultat optimum, la mal-information doit se conjuguer avec un autre élément indispensable : le sédentarisme culturel.
Un des aspects les plus agaçants lorsqu’il m’arrive de débattre avec des connaissances, c’est leur évidente et totale incapacité à projeter leur pensée (ou imagination). On peut pourtant ne pas apprécier les Taliban et considérer que les enfants afghans n’ont pas à être massacrés par des cowboys surarmés. On peut ne pas apprécier feu-Kadhafi et penser, ne serait-ce que penser, que le bombardement d’un pays ne fait pas avancer la cause de la «  démocratie ». On devrait pouvoir conceptualiser que la vision de l’occident vue de l’extérieur n’est peut-être pas la même que celle de l’intérieur.
Le sédentarisme culturel annihile la capacité de se «  projeter dans l’autre », d’avoir un authentique recul sur soi et son environnement, d’éprouver une empathie réelle pour quelqu’un qui ne fait pas partie de son environnement immédiat. Par contre, le sédentarisme culturel renforce la capacité d’asséner des formules toutes faites comme des vérités premières et prétendument universelles. Après tout, comme disait l’autre, «  Rien n’est plus dangereux qu’une idée lorsqu’on n’en a qu’une ».
Se forger une vision du monde et de l’histoire à partir de son canapé et devant la télévision (ou Internet...), ou en lisant toujours le même journal, est une opération intellectuellement risquée. Le sédentarisme culturel induit une vision où son auteur se perçoit au «  centre » de quelque chose et par conséquence le reste du monde et des peuples se voient relégués vers une «  périphérie ».
Demandez à n’importe qui comment s’appelle le président des Etats-Unis et vous obtiendrez probablement plus de 99% de bonnes réponses. Demandez qui est le président de la Chine et si vous obtenez plus de 1% de bonnes réponses (et je suis optimiste), je vous offre le champagne. Combien de noms de villes connaissez-vous en Chine à part les deux que tout le monde connaît ? Il ne s’agit pas ici d’un problème de mal-information stricto sensu car vous pourriez le savoir, si vous vouliez le savoir. Mais d’un autre côté, d’où nous vient cette absence de curiosité, cette absence de «  sentiment d’ignorance » ? Le sédentarisme culturel est donc à la fois le produit de la mal-information et son moteur.
Notons au passage qu’être cultivé - au sens «  accumulation de savoir » - n’empêche nullement le sédentarisme culturel. Le passage par la machine à formater du système éducatif - notamment le système éducatif occidental, totalement orienté centre/périphérie - est souvent l’un des meilleurs moyens d’y sombrer. Je ne suis pas le premier - Chomsky l’a bien expliqué et nombreux sommes-nous à l’avoir constaté - à dire que ce sont généralement les catégories les plus «  éduquées » de la population en Occident qui sont les meilleurs piliers du système. Probablement parce que leur éducation a fortement produit une vision «  centrée » du monde et que leur attitude peut se résumer à ceci : «  Pourquoi diable chercher à savoir (ou comprendre) puisque je sais (ou comprend) déjà ? ».
Tous ceux qui ont déjà essayé d’expliquer quelque chose - n’importe quoi - à un enseignant, un journaliste, un diplômé d’une grande école ou un lecteur assidu du Monde savent de quoi je parle.

Obésité intellectuelle.

A l’instar de la malbouffe qui, associée au sédentarisme physique, produit l’obésité physique, on peut prolonger le parallèle et énoncer un nouveau truisme : «  La mal-information associée au sédentarisme culturel produit l’obésité intellectuelle. ».
L’obésité intellectuelle, c’est l’incapacité à suivre une explication de plus de trois phrases ou à lire un long article en entier. C’est l’incapacité à suivre un raisonnement de plus d’un niveau - essoufflé dès les premières marches. C’est lire toujours le même journal. C’est regarder en boucle les chaînes dites d’information. C’est consulter toujours les mêmes sites sur Internet. C’est s’enfoncer dans l’univers ouaté de ses certitudes. C’est ne plus réagir au, et même accepter, le concept infâme de «  guerre humanitaire ». C’est ne plus réagir, ni même réfléchir, aux guerres menées en notre nom. Et enfin, l’obésité intellectuelle est la propension à ne vouloir lire que ce que l’on a (déjà ) envie d’entendre et son corollaire : éviter l’effort de mettre ses certitudes à l’épreuve en les confrontant à des avis divergents.



Journalistes : complices et acteurs, ou victimes ?

Un jour, je discutais avec un journaliste de TF1 qui devait se rendre à Cuba. Nous avons discuté un peu du pays et je ne sais plus exactement comment j’en suis arrivé à reprocher «  le manque de sérieux des journalistes ». Il s’en est défendu, évidemment, en rétorquant que lui ferait son travail en (devinez...) «  toute objectivité ». Je lui ai dit que non. Il m’a dit que si. Non. Si.
«  Faisons une expérience » que je lui dis. «  Imaginez, vous êtes à La Havane, micro à la main, la caméra tourne. Vous commencez votre reportage par la phrase «  à La Havane, le régime communiste de Castro a déclaré...  », etc. Votre reportage passera à la télé ? » Il me répond «  oui, bien sûr ». J’ai continué : «  Et maintenant, imaginez, vous êtes devant la Maison Blanche, micro à la main, la caméra tourne. Vous commencez votre reportage par la phrase «  à Washington, le régime capitaliste d’Obama a déclaré... », etc. Et là , votre reportage, il passera à la télé ? ». Il a admis que non, mais il a aussitôt rajouté «  Mais c’est pas pareil  ».
Et parce qu’il n’y pas de meilleur porte-parole d’un mensonge que celui qui y croit, énonçons le truisme suivant : «  Les journalistes sont à la fois les premières victimes et les principaux vecteurs de la malinformation ».
Car aussi étonnant que cela puisse paraître, la plupart des journalistes croient aux conneries qu’ils racontent. Comment s’en étonner puisqu’ils sont les premiers producteurs et consommateurs de la mal-information, l’expression-même du sédentarisme culturel et donc logiquement les plus gros obèses intellectuels ?

La tâche ardue de l’auto-diagnostic.

«  Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été trompés. » - Mark Twain
Annoncer que la terre est ronde ou qu’elle tourne autour du soleil a failli mener plus d’un au bûcher. Aujourd’hui, ces anciennes croyances nous font sourire. Lesquelles de nos croyances modernes feront sourire les générations futures ?
Si le résultat de la malbouffe est relativement simple à mesurer, celui de la malinformation présente un véritable casse-tête. Dans le premier cas, une balance et un diagnostic suffisent. Dans le deuxième, le seul outil à notre disposition est notre propre intellect, celui qui est justement la victime et la cible de la malinformation... Ce qui reviendrait à tenter de mesurer la précision d’un outil en ayant recours à l’outil même que l’on veut mesurer. Opération compliquée, mais réalisable.
Donc, comment savoir que l’on est victime de la mal-information ? Comment savoir que l’on ne sait pas ? Mieux encore : comment arriver à admettre qu’on s’est - ou qu’on a été - trompé ? Ce qui est certain, c’est que le réveil peut se révéler une expérience douloureuse car la victime de la mal-information est comme le cocu du village : le dernier à le savoir et le dernier à l’admettre. Mais le fait d’avoir constaté de visu une ou plusieurs manipulations médiatiques facilite le réveil - et provoque aussi une certaine habitude de «  réserve » lorsque les médias aboient à l’unisson.

Choses vues qu’il est impossible de -voir

En 1982 j’ai décidé de me rendre au Nicaragua qui avait connu trois ans auparavant une révolution. En juillet 1979, le Front de Sandiniste de Libération Nationale avait renversé la dictature de Somoza. Entre 1979 et 1982, la presse est passée (comme toujours) d’une attitude de «  sympathie compréhensive » envers ces «  poètes révolutionnaires, marxistes et chrétiens » à une franche hostilité. De la guerre menée par l’armée mercenaire des Etats-Unis, il était rarement question. En 1982, le magazine français l’Express publiait un article qualifiant le pouvoir en place de «  dictature marxiste-léniniste ». Brrr… De quoi annuler son voyage et demander le remboursement du billet. Toujours est-il qu’en arrivant à Managua, la capitale, ma première surprise fut de recevoir à la sortie de l’aéroport (de la capitale donc) un tract de... l’opposition. Ma deuxième surprise fut d’apercevoir tout le long de la route qui menait au centre-ville une série de panneaux publicitaires vantant les partis de … l’opposition. Ma troisième surprise fut de tenter d’acheter des journaux et de ne pouvoir trouver que La Prensa, un journal de... l’opposition. Ma quatrième surprise fut d’allumer la radio de ma chambre d’hôtel et de n’entendre que des voix de... l’opposition. Il m’aura fallu en tout et pour tout quatre heures environ pour m’apercevoir que la presse de chez moi me décrivait un pays où le ciel était vert et l’herbe bleue alors que c’était exactement le contraire. Alors, soit le journaliste de l’Express n’avait jamais mis les pieds au Nicaragua, soit il s’y est rendu mais n’est pas descendu de l’avion. Ou soit il est descendu de l’avion mais n’est pas sorti de l’aéroport. Et s’il est effectivement sorti de l’aéroport, alors il mentait.
(ceux qui connaissent déjà cette histoire peuvent sauter ce qui suit)
En février 1990, je suis retourné au Nicaragua pour suivre la campagne de l’élection présidentielle (car oui, il y avait des élections) qui opposait Daniel Ortega (FSLN au pouvoir) à Violeta Chamorro, candidate de la UNO, une coalition de 14 partis d’opposition créée ex-nihilo sous les auspices des Etats-Unis et où se côtoyaient à la fois l’extrême-droite et l’extrême-gauche (version trotskisme local). J’ai constaté que les journalistes «  envoyés spéciaux » avaient un rayon d’action d’environ 300m autour de l’Hôtel Intercontinental, c’est-à -dire la distance des dernières boutiques de souvenirs qui entouraient le bâtiment. J’ai croisé une équipe de FR3 Guadeloupe qui était venue en reportage et qui ne savait pas que le pays était en guerre depuis 11 ans. J’ai fait connaissance avec le correspondant «  Amérique centrale » de la chaîne états-unienne CBS qui m’a expliqué que l’invasion du Panama par l’armée américaine qui s’était produite quelques mois auparavant «  n’avait pas fait beaucoup de victimes » (Comment le savait-il ? Eh bien, il s’y était rendu quelques semaines plus tard et « Les gens dans la rue avaient l’air normaux » (sic). J’ai constaté comment leurs articles avaient comme «  sources » («  sûres », «  bien informées », «  ayant requis l’anonymat », etc.) un chauffeur de taxi, le barman de l’hôtel ou un obscur «  chargé de presse » d’une ambassade occidentale.
J’ai assisté aussi au dernier meeting de la candidate pro-US qui se tenait sur la Plaza de la Revolucion (ou Plaza de la Republica, selon votre humeur). La Place de la Révolution est située sur la Primera Avenida et elle a une forme presque carrée. Après vérification via Google Maps (la mémoire peut se révéler défaillante), cette place a des dimensions d’environ 70x80 mètres. Arrondissons à 100x100 et disons qu’elle a donc une superficie de 10.000m2. Retenez bien ce chiffre et notez que la place est par ailleurs en partie occupée par la vieille cathédrale (abîmée et désaffectée depuis un tremblement de terre à la fin des années 70).
Arrivés sur place, nous avons été bousculés et traités de «  hijos de putas sandinistas », probablement parce que j’avais eu la mauvaise idée - un geste involontaire - de suspendre mon appareil photo à une bride aux couleurs rouge et noir, les couleurs du Front Sandiniste. Toujours est-il que nous avons préféré nous éloigner et nous poser à l’ombre en attendant l’arrivée de la candidate, comptant sur une certaine retenue de la part de la foule une fois les médias présents.
Alors que nous étions encore en train de profiter de l’ombre, un haut-parleur a soudain annoncé que le meeting allait finalement se tenir dans le parc Carlos Fonseca (un grand terrain vague à l’époque), qui se trouvait juste en face de nous, de l’autre côté de l’avenue, et invitait donc la foule à s’y rendre. Une fois dans le parc, et au bout de quelques minutes, la foule a été invitée à retourner sur la place de la Révolution. Sur le moment, nous nous sommes demandés « que pasa ? ». La candidate est finalement arrivée et pendant son discours, je me suis mêlé à la foule qui n’avait d’yeux que pour elle et ne faisait plus attention à moi et à mes couleurs. Je suis monté en haut de la cathédrale et j’ai pris des photos de la foule présente au moment du discours. La place était loin d’être pleine. Mon estimation à l’époque me disait qu’il y avait environ 5000 personnes. La population totale du Nicaragua à l’époque était d’environ 4 millions, dont un million dans la capitale.
Le lendemain, dans le quotidien de l’opposition, La Prensa, un titre barrait la une en annonçant «  100.000 personnes au meeting de Violeta Chamorro ». En appui, le titre était accompagné de trois photos où l’on voyait des gens sur la place de la Révolution, des gens sur l’avenue et des gens dans le parc en face, le tout destiné évidemment à faire croire que la place de la Révolution avait littéralement «  débordé » à travers l’avenue et jusqu’au parc. Evidemment, nous avons bien rigolé en voyant cette manipulation maladroite, au vu et au su de tous, notamment de la presse internationale qui était présente. Nous avons par contre moins rigolé en constatant que Le Monde annonçait le même chiffre. Et c’est ainsi que j’ai assisté à une manipulation en bonne et due forme - et plutôt artisanale. Une manipulation à laquelle le Monde (et toute la presse en fait), a participé apparemment sans le moindre état d’âme.
Auparavant, Le Monde avait déjà lancé, via son «  spécialiste de l’Amérique latine » de l’époque, Bertrand de la Grange, une campagne sur - retenez votre souffle - «  Le génocide des indiens Miskitos » par le gouvernement sandiniste, sous la forme d’un article occupant pas moins de quatre pages entières du quotidien.
Et enfin, ce fut le Figaro Magazine qui enfonça le clou en publiant une photo d’un tas de «  cadavres d’indiens Miskitos » qu’on faisait brûler et qui avait été supposément massacrés par les sandinistes. La supercherie du magazine fut révélée un peu par hasard lorsque l’auteur reconnut sa photo et porta plainte pour violation du droit d’auteur. En réalité, la photo avait été prise après le tremblement de terre susmentionné. Sur la photo originale, on voyait à l’arrière-plan des gens portant des brassards de la Croix-Rouge. Sur la photo publiée, ces derniers avaient disparu grâce à des retouches photos effectuées par le Figaro Magazine.
C’est pourtant ce magazine-là et cette photo-là qui furent brandis aux Nations-Unies par la représentante des Etats-Unis, Jeanne Kirkpatrick, comme «  preuve » des «  crimes commis » par le gouvernement sandiniste . Et toute ressemblance avec une scène similaire devant les mêmes Nations Unies peu avant l’invasion de l’Irak n’est probablement pas fortuite. Il y a des méthodes éprouvées et tellement simples qu’il faudrait être fou pour ne pas les réutiliser.
Le Figaro Magazine fut condamné à 3500 frs d’amende et le Nicaragua à une «  guerre de libération » sanglante menée par une armée de mercenaires - les «  combattants de la liberté », selon Ronald Reagan. Et nous, nous fûmes condamnés à la désinformation, la propagande et à l’ignorance, du moins pour la grande majorité d’entre nous.
Reste que Bertrand de la Grange a pris sa retraite et le Figaro Magazine a survécu à l’amende. Restent aussi les innombrables croix bleues plantées le long des routes au Nicaragua pour marquer l’emplacement des camarades tombés. Restent encore et toujours la sempiternelle arrogance, incompétence et malhonnêteté de la profession.
La morale de cette histoire : ce n’est pas une sympathie a priori (et très hypothétique) envers le gouvernement syrien - par exemple - qui provoque le doute sur les événements décrits là -bas par les grands médias, mais l’expérience vécue (et un certain entraînement par la suite) qui permet de reconnaître les signes de la malinformation en général et de la désinformation en particulier.
C’est donc fort de ces expériences-là , et de bien d’autres - réelles et concrètes, pas virtuelles - et cet air de «  déjà vu » que nous évitons de crier au loup lorsque les médias chassent en meute.



Nous sommes tous des Truman Burbank

Dans le film «  The Truman Show », le jeune Truman Burbank mène une vie tranquille et pépère dans un environnement cliché du «  rêve américain ». Seulement voilà  : à son insu, Truman est le personnage d’une méga émission de télé-réalité. Depuis sa naissance, ses faits et gestes sont relayés par des caméras astucieusement cachées un peu partout ; sa femme, ses collègues de travail, ses voisins sont des acteurs ; les passants de simples figurants et son environnement un gigantesque décor intérieur de cinéma où il fait presque toujours beau et le ciel n’est qu’un très haut plafond peint. Tout est faux et Truman ne le sait pas.
Mais un jour (attention, spoiler  : ) un projecteur se décroche du faux ciel et tombe à ses pieds. Panique à la régie et sur le plateau. Truman commence à «  remarquer des choses » et à «  se poser des questions ». Il décide pour la première fois de sa vie de partir - où ça ? N’importe où, donnez-moi un billet pour une destination quelconque. Mais il y a «  toujours un problème », le vol est annulé, les pilotes en grève, et puis pourquoi veut-il partir alors qu’on est «  si bien chez soi ? ». Truman ne l’entend pas de cette oreille et s’empare d’une embarcation pour traverser ce qu’il croit être la mer et finit par s’écraser contre le faux horizon qui n’est qu’un mur de studio. Le tout avec des larmes et des violons parce qu’on est à Hollywood, malgré tout. Et à un degré ou un autre, nous sommes tous des Truman Burbank.

Indicateurs de la malinformation : les ruptures narratives et les comportements atypiques.

Toute la profession vous le dira : il faut parler des trains qui déraillent et pas des trains qui arrivent à l’heure et sans encombre. C’est pratiquement leur raison d’être, leur définition résumée de l’information. Il y a d’autres exemples, tout aussi «  incontournables » : l’équité dans le temps de parole lors des débats, la neutralité du journaliste, etc. (et bla bla bla). Autant de leitmotivs répétés en boucle dans toutes les rédactions et dans toutes leurs réponses aux lecteurs en colère. La profession serait donc guidée par des «  lois du métier », des «  comportements types » qui s’appliqueraient «  en toutes circonstances » et en dehors de toute considération personnelle, partisane ou idéologique. Admettons.
Mais tout mensonge finit à la longue par se heurter au mur de la vérité. Pour maintenir le cours du mensonge, il faut donc effectuer un détour, une entorse aux «  lois du métier » susmentionnés car si elles étaient réellement appliquées, elles finiraient par révéler la supercherie, forcément. Et nous avons vu qu’un mensonge est plus facile à énoncer qu’une vérité. Il se trouve aussi qu’il est plus facile de détecter un mensonge que de trouver la vérité.
Prenons l’exemple des astrophysiciens qui ne peuvent pas voir les trous noirs dans l’univers mais détectent leur présence par le comportement «  inhabituel » des corps célestes environnants. Les «  trous noirs » de la mal-information sont généralement invisibles - à moins d’être soi-même bien informé sur le sujet traité - mais sont néanmoins signalés par un comportement «  anormal » du corps médiatique. Et ces anomalies sont comme les ennuis et les trous noirs : plus on en cherche et plus on en trouve.
J’ai assez empiriquement classé ces «  anomalies » en deux catégories : les comportements atypiques et les ruptures narratives.
Comportements atypiques :
Les comportements atypiques désignent les violations des «  lois du métier » par le métier lui-même. Violations qui ne s’expliqueraient pas sans une volonté, consciente ou non, de manoeuvrer pour éviter le fameux mur des réalités. Les comportements atypiques se détectent en se posant une question relativement simple : «  Si j’étais réellement un journaliste mû par la volonté d’informer, à la recherche des trains qui déraillent et de l’exceptionnel, guidé par mon seul souci d’objectivité et ma déontologie, comment procéderais-je ? ». A chaque fois, je suis sidéré par l’écart entre les professions de foi et certaines réalités.
Voici quelques exemples de comportements atypiques :
  • Si vous faites référence à une source d’information telle que la radio/télévision iranienne, ou syrienne (en fait n’importe quelle source située en périphérie), la réaction systématique est de mettre en doute la fiabilité ou l’objectivité de la source. Une mise en doute qui sera accompagnée par une «  explication » de qui est derrière la source en question - mise en doute et questionnement qui ne sont jamais formulés lorsqu’il s’agit d’un média dominant. Alors, voici en guise de petite illustration une question simple à tous les lecteurs : comment s’appelle le rédacteur en chef du journal télévisé de la première chaîne française ?
  • Si on vous mentionnait le procès le plus long de toute l’histoire des Etats-Unis, un procès qui a mobilisé un casting digne d’un blockbuster hollywoodien (des amiraux, des généraux, des dignitaires, accompagné de motions adoptées par des Assemblées nationales de plusieurs pays, des interventions de chefs d’état, des ténors du barreau US, et même des prix Nobel...), on serait en droit de penser qu’il aurait fait ad minima l’objet de nombreux articles et commentaires «  par simple curiosité ». Ce fut exactement le contraire. Le procès est celui des cinq cubains condamnés aux Etats-Unis à d’absurdes peines (double peine de prison à vie «  plus » 15 ans....) pour avoir combattu le terrorisme. Absurde et révoltant. Le comportement atypique ici consiste à éviter une information «  à sensation » alors que la tendance naturelle des médias est de se tourner vers le sensationnel. Le fait qu’ils ne suivent plus leur comportement habituel signale la présence d’un trou noir informationnel.
  • Qui a déjà entendu parler un représentant de la résistance Irakienne ? Les médias ont pris totalement fait et cause pour les envahisseurs, jetant par-dessus bord le moindre semblant de l’objectivité dont ils se gaussent. Le comportement atypique ici est simplement la violation flagrante et ouverte de leur soi-disant «  neutralité de journaliste ».
  • Si l’on vous disait que le président des Etats-Unis en exercice à l’époque avait fait un discours sur la nécessité de combattre sans pitié le terrorisme, et que sur le podium des personnalités invités se trouvait un personnage justement condamné par la justice US pour actes de terrorisme, on serait en droit de penser que les médias relèveraient l’étrange contradiction. Mais pas un mot. Le président en question était George W. Bush et le terroriste s’appelait Aquino.
  • Le plus grand attentat de l’histoire a été moins enquêté que les frasques de DSK. Le comportement atypique ici est de traiter en mode «  mineur » un événement «  majeur » et inversement.
  • Très récemment, le magazine Le Point a admis (avoué) dans un article laconique qu’Amadinejad n’avait effectivement jamais dit qu’il voulait «  rayer Israël de la carte ». Après des années de matraquage et de citations hasardeuses, on aurait pu s’attendre à un examen de conscience ou une remise en cause style «  Faux charnier de Timisoara ». Que nenni. Le magazine, après des années de désinformation continue, prétend avec tranquillité et aplomb nous «  informer » (de ce que nous savions déjà en réalité).
  • Le centre de torture US de Guantanamo. Ici, l’horreur de la situation est traitée avec une décontraction inouïe, en totale contradiction avec les supposés attachements aux droits de l’homme. Est-il réellement nécessaire de s’étendre ? Ah... si ce centre avait été Russe, Chinois, Iranien ou Cubain...

Ruptures narratives :
Les ruptures narratives sont des contradictions, des absurdités, des changements brutaux de ligne sans explication... Comme un navire qui changerait subtilement de cap en faisant semblant de suivre la même route. Les ruptures narratives sont plutôt difficiles à détecter lorsqu’on est «  accroché aux infos », avec l’esprit sans cesse bombardé par de nouvelles informations qui chassent les précédentes - et dont la plupart sont totalement inutiles à notre compréhension, ou totalement incompréhensibles, ce qui revient presque au même.
Sans surprise, c’est lorsqu’on se désintoxique des médias, en prenant une sérieuse distance que les ruptures narratives deviennent cruellement évidentes. Eteignez la télévision pendant un mois ou deux puis revenez-y, vous comprendrez...
Voici quelques exemples de ruptures narratives :
  • Où est passé le fameux trou dans la couche d’ozone ? Vous savez, celui qui annonçait la fin du monde. Disparu, résorbé ou finalement on s’en fiche ?
  • Après un an d’informations sur le printemps de jasmin en Tunisie, les médias nous ont appris la victoire d’un parti dont on n’avait jamais entendu parler auparavant. C’est vous dire si leurs analyses avaient du sens. Le consommateur inattentif pensera simplement qu’il en avait entendu parler mais ne s’en souvenait plus. La rupture narrative ici consiste à ne pas feindre la surprise et de mentionner le parti vainqueur des élections comme si de rien n’était...
  • Les Taliban en Afghanistan, à l’époque de l’occupation soviétique, étaient décrits comme des combattants de la liberté (décidément un terme très en vogue). Les mêmes sont désormais présentés comme des abominations. Une rupture narrative des plus classiques.
  • Lors de l’annonce en 2008 à Cuba du «  licenciement » de «  centaines de milliers de travailleurs » du secteur public, les médias ont trompeté la «  fin d’un modèle ». Deux ans plus tard, on attend toujours les images de foules en guenilles abandonnées à leur sort et errant dans les rues de La Havane.
Les ruptures narratives et les comportements atypiques partagent les caractéristiques suivantes, ce qui permet aussi de les reconnaître :
  • Ils font l’objet d’un non-dit, même lorsqu’ils sont évidents. C’est pour cela qu’on ne les confondra pas avec «  un changement de version » ou un démenti qui sera toujours intégré (récupéré) dans la narrative standard (par exemple lorsqu’ils disent : «  Nous nous sommes trompés, nous le reconnaissons, vous pouvez donc encore nous faire confiance »). Les véritables ruptures narratives et comportements atypiques ne sont jamais annoncés.
  • Ils ne sont jamais reconnus comme tels. Si vous en pointez un du doigt, ils préféreront hausser les épaules ou faire semblant de ne pas comprendre. D’ailleurs, souvent ils ne comprennent pas. Au mieux, vous aurez comme réponse un « Ah, mais, c’est pas pareil ». Les véritables ruptures narratives et comportements atypiques ne sont jamais reconnus
  • Ils sont partagés par l’ensemble de la profession, révélant ainsi des affinités idéologiques profondes.
  • Ils sont indispensables pour préserver la construction narrative qui, sans eux, s’effondrerait.

Médias alternatifs et Internet : une histoire d’amour ou de haine ?

L’assimilation entre Internet et média alternatif est courante. Probablement parce qu’effectivement, pour de simples raisons de moyens matériels, la plupart des médias alternatifs se trouvent sur Internet. Mais cette assimilation est trompeuse et confond le fond et la forme. Il existe des médias réellement alternatifs sur papier (Fakir, Le Sarkophage) comme il existe des médias dominants sur Internet (Rue89.com, par exemple).
Alors à quoi reconnaît-on un «  média alternatif » ? Le premier signe de reconnaissance d’un média authentiquement alternatif est sa capacité à déceler et dénoncer les comportements atypiques et les ruptures narratives dominants, pour tenter de rétablir une courbe de raisonnement ininterrompue et cohérente. Le deuxième est un rapport à l’information qui, contrairement à la propagande véhiculée par les «  grands » médias, est quasi-sacré. Un troisième pourrait être le refus du «  deux poids deux mesures ».

Et l’internet dans tout ça ?

Panacée pour les uns, malédiction pour les autres. Oui, je sais, le printemps arabe, Facebook, Twitter et bla bla et bla. Je n’en crois pas un mot.
Dans l’exemple de l’Egype, je me suis demandé combien de gens avaient Facebook, Twitter et bla bla bla. Les chiffres trouvés sur des services spécialisés sont de l’ordre de grandeur suivants : 20 000 comptes Twitter et 1 million de comptes Facebook. Et «  comptes » ne veut pas dire «  utilisateurs actifs ». Et «  utilisateurs actifs » ne veut pas dire «  opposants ». Et «  opposants » ne veut pas dire «  militants actifs ». Alors, que reste-t-il pour un pays de plus de 80 millions d’habitants ? Pas grand chose en réalité, sinon un autre fantasme de geek et une nouvelle légende urbaine.
Lors d’une interview, Julian Assange, fondateur de Wikileaks, avait abordé ce thème. Il avait expliqué comment les mots d’ordre de la révolution égyptienne avaient été consignés dans un livret qui circulait sous le manteau via le réseau des clubs de football. En première et dernière page de ce manuel, on pouvait lire l’avertissement de ne pas utiliser Facebook ou Twitter, trop facilement infiltrables et manipulables. J’ai observé des nuits entières le déroulement des événements place Tahrir. J’ai été très attentif à certains détails. Comment, par exemple, les groupes qui défendaient la place et les immeubles environnants réussissaient à se protéger des infiltrations et provocations. Tout simplement parce qu’ils se connaissaient entre eux. Ou parce qu’untel connaissait untel qui connaissait untel. Pas vraiment un système à toute épreuve, j’en conviens, mais on en reparlera le jour où votre vie dépendra de la confiance accordée à un pseudo rencontré sur Facebook. Et, dernière puce à l’oreille : l’hommage appuyé d’un personnage aussi grotesque que Hillary Clinton à Facebook, Twitter et bla bla bla et leurs «  cyber-révolutions ». Lorsque quelqu’un comme Hillary Clinton m’indique un chemin à suivre, j’ai tendance à faire demi-tour.
Si l’Internet avait réellement l’importance que d’aucuns semblent lui accorder, il me paraît évident que George Bush, Tony Blair et même Obama seraient en prison, que Guantanamo serait fermé, que Gaza serait libéré, que Sarkozy serait en fuite, que les banques seraient nationalisées, que le Parti Socialiste français serait redevenu un groupuscule. Car les camarades semblent avoir oublié un détail : si l’Internet nous aurait bien servi, figurez-vous que l’ennemi s’en sert aussi bien, sinon mieux. Où est le progrès ? Je veux dire, concrètement ?
Il me semble que l’Internet n’a de sens que pour ceux qui ont déjà une expérience en dehors de celui-ci, c’est-à -dire dans les cas où l’Internet n’est qu’un outil complémentaire, un facilitateur, et non une source en elle-même. La cacophonie ambiante, la multiplicité des blogs, du chacun pour soi et chacun son site, la diffusion d’une chose et son contraire, la multiplication des faux-nez, de pseudos-ci et des pseudos-ça, les trolls dans les forums (genre «  J’ai vécu 10 ans en Syrie, et je peux vous dire que... » Signé : Blanche Neige), les lectures en diagonale, l’impatience devant un article trop long, le click trop facile et le butinage incessant... Le zapping à l’état pur.
Le fait est que la grande majorité de la population continue de «  s’informer » via les médias dominants, y compris dans leurs versions internet où l’on retrouve les mêmes «  ennemis de l’information », tout sourires et pas gênés plus que ça par notre présence.
On me rétorque souvent «  sans Internet... ». Oui, mais sans Internet, nous aurions peut-être, et même probablement, mené d’autres combats, d’autres réflexions sur les médias. Nous aurions présenté d’autres exigences au lieu de déserter le champ de bataille et nous retrancher dans le virtuel.
Et je me demande même si, à force de trop de « révélations », parfois contradictoires, l’Internet n’aurait pas eu un effet démobilisateur, provoquant un sentiment de tâche insurmontable, une attitude de « à quoi bon ? ».

Médias alternatifs et Internet : forces et faiblesses

Tous les responsables de médias alternatifs vous le diront : les journalistes sont grosso modo des ignares, à quelques exceptions près. Lorsqu’on a soi-même subi la contrainte du temps qu’il a fallu pour connaître véritablement un sujet et qui leur fait justement défaut (alors même qu’ils sont censés intervenir sur tout et n’importe quoi, sautant du coq à l’âne), comment s’en étonner ? Mais à les voir et les entendre, ils savent tout sur tout et finissent même par le croire.
Les médias alternatifs ont un sacré avantage sur eux : 1) Ils ont le temps. Le temps de choisir leurs sujets, de les étudier en profondeur, 2) Ils n’ont pas de comptes à rendre, pas de pressions à subir, pas de conformisme à suivre...
Ces avantages sont contrebalancés par l’absence de moyens. Et cette absence de moyens pose le problème des sources de l’information. En effet, nombre de médias alternatifs se cantonnent à «  décortiquer » les informations véhiculées par les grands médias, à analyser leurs comportements atypiques et pointer du doigt les ruptures narratives. Un travail utile mais qui a ses limites car ils se retrouvent, malgré toute leur bonne volonté, à travailler sur un produit qui a déjà fait l’objet d’un filtrage par les grands médias. On peut toujours analyser le contenu d’une bouteille d’eau, il est plus difficile de remonter à la source, là où l’eau jaillit...
«  Oui, mais sur place, il y aura un autre média alternatif qui... » Voire. Car comment savoir si ce média alternatif est plus fiable qu’un article de Libération ? Le coup de la fausse blogueuse syrienne et des faux-nez «  anars et antifas » des réseaux Indymedia sont là pour nous rappeler tous les jours la fragilité de tout ce réseau «  alternatif » informel et infiltrable à souhait...

La liberté de la presse (de faire ce que bon lui semble) contre notre droit d’être informés

«  Seule la vérité est révolutionnaire »
Notre comportement vis-à -vis de l’information est déterminé par notre rapport à celle-ci. Pour certains, peut-être la majorité, ce rapport se résume à considérer l’information comme un «  supermarché de faits » où l’on viendrait puiser des certitudes, ce qui en retour rétrécit le champ de réflexion. Petit à petit, le nombre «  d’articles prélevés » diminue pour ne plus se résumer qu’à l’indispensable kit de survie. D’autres ont un rapport boulimique. L’un comme l’autre participent à la malinformation. Mais s’entendre dire qu’il faut réviser notre rapport à l’information, c’est comme s’entendre dire qu’il faudrait faire de la gym : on y pense, on se le promet, et les mois et les années passent tandis que dans les périphéries de notre perception, les dangers et les dégâts s’accumulent.
Personnellement, je ne reconnais aucun droit à aucun journaliste de «  filtrer » l’information, et l’argument qui consiste à rétorquer «  Allez consulter d’autres sources » ne me convient nullement. D’abord parce que les sources en question, si elles se multiplient dans la forme, se raréfient sur le fond. Ensuite parce que c’est faire peu de cas de mon «  Droit à l’information ». Ce droit, je le revendique, je l’exige. Et aucun média ne saurait me convaincre qu’il faut faire avec ce que l’on a, pas plus qu’un boucher indélicat ne me convaincra qu’il me suffit de changer de boutique. De quel droit ? Et comment se sont-ils arrangés pour nous faire nous résigner à cet état de choses ?

Quelle est la gravité de la situation ?

Je vois partout et tous les jours des formes d’indécence s’étaler, des charlatanismes s’exprimer, des horreurs se banaliser.
Je vois des tas de magazines «  sérieux » publier régulièrement une rubrique qui annonce votre avenir selon votre date de naissance. Je connais des ministres condamnés pour propos racistes. Je vis dans un pays qui voue un culte à Napoléon Bonaparte. Je vois les journalistes se montrer révérencieux envers George Bush et Tony Blair. J’entends des gens «  cultivés » et «  intelligents » prôner des «  guerres humanitaires » - et je me demande ce qu’ils penseraient d’un nouveau concept de mon invention, celui de «  torture thérapeutique »...
Voir couler plus d’encre sur une femme portant un voile que sur une bombe larguée sur elle au nom de la société succinctement décrite plus haut me donne envie de vomir.
L’absurdité de la situation et la pauvreté de notre perception sont telles que des lois sur les médias récemment adoptées en Amérique latine (toujours une longueur d’avance sur nous) visant à élargir les espaces de liberté, à donner de la substance à la liberté d’expression, sont fréquemment qualifiées ici - y compris par des militants de gauche - de lois «  liberticides ». Est-il possible d’être plus «  à côté de la plaque » que ça ?
Le combat des médias n’est pas un combat annexe : il est devenu le combat. Certains l’ont bien compris et n’hésitent pas à acheter un journal qui perd des millions d’euros par an. Se pose-t-on assez souvent la question de savoir pourquoi un capitaliste investirait des millions d’euros dans une affaire qui perd de l’argent alors que dans le même temps il n’hésitera pas à fermer une usine qui en gagne, mais pas assez ? Par amour de la démocratie et du pluralisme de la presse, peut-être ?
L’information est une forme d’éducation, elle forge notre vision du monde. Mais accepterions-nous que nos enfants à l’école soient éduqués par des enseignants sortis d’on ne sait où, formés dans des «  écoles de journalisme » privées et indépendantes de toute tutelle, même mineure, indéboulonnables quel que soit leur degré d’incompétence ?
Est-il normal d’exiger le non-cumul des mandats d’un élu (qui, après tout, est élu) tout en acceptant sans broncher l’ubiquité des journalistes ? Est-il normal de limiter le nombre de réélections d’un élu (qui, après tout, est élu) tout en acceptant sans broncher de voir les mêmes têtes partout sur toutes les chaînes et radios pendant vingt ans et plus ? Est-il normal que le premier abruti venu muni d’une carte de presse puisse qualifier Chavez de dictateur dans un journal distribué gratuitement à des dizaines de milliers d’exemplaires ou sur un site Internet pseudo-alternatif ?
N’y aurait-il point de nom pour désigner un système où un pouvoir avant tout économique et commercial et non-élu supplanterait celui des représentants du peuple ?
Forts du leurre que constitue une certaine facilité sur Internet, nous avons de facto abandonné avec armes et bagages le champ de bataille des médias. Champ à partir duquel l’adversaire nous bombarde en toute... liberté.
Alors, si combat pour le pouvoir il doit y avoir, autant viser le véritable pouvoir. Car ce ne sera qu’à partir de ce moment-là , et de ce moment-là seulement, que nous pourrons dire que nous avons enfin tourné la page.
Viktor Dedaj
"J’aurais pu faire plus court, c’est vrai"