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samedi 22 février 2014

Journal : "CQFD" ....

CQFD n°118 (janvier 2014)

Palestine Vivre en cage à Gaza par Mathieu Léonard, Pierre Stambul

CQFD n°119, en kiosque à partir du 15 février 2014.
Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite.
En Une : le Bison Ville de Rémi

A lire aussi avant la manifestation de samedi
Notre-Dame-des-Landes : L’aéroport, c’est toujours NON !
Toutes et tous à Nantes le 22 février 2014 !


Bref aperçu des activités agricoles sur la ZAD

Cultiver pour résister
paru dans CQFD n°117 (décembre 2013), rubrique Le dossier, par André Aspic & Nicolas Rami, illustré par Val K
mis en ligne le 14/02/2014
http://cqfd-journal.org/Cultiver-pour-resister

Revue : "A Babord"....

Présentation du dossier du no 53 de la revue À Babord !

Après-crise ou crise permanente - Où en sommes-nous ?


Depuis la crise économique de 2007-2008, nous vivons une période difficile qui semble se maintenir. Les plans d’austérité appliqués partout dans le monde ont donné de piètres résultats et ne font qu’accentuer le mal. Les populations, qui doivent payer pour les excès des banquiers, voient la qualité des services publics se détériorer et leurs gouvernements se détacher de leurs responsabilités. L’économie mondiale s’enfonce dans une grande stagnation qui crée un climat morose. Les partis politiques au pouvoir sont incapables de proposer des solutions audacieuses pour sortir de ces difficultés. Ils ne parviennent pas à concevoir l’économie autrement qu’à travers les principes néolibéraux, malgré leur inefficacité. La classe financière, quant à elle, profite à plein de la situation : ses profits sont considérables et elle accapare une portion toujours plus grande de la richesse. Comme le souligne Éric Pineault dans l’entrevue qu’il nous a accordée, elle n’a plus besoin de se préoccuper de la croissance pour s’enrichir, ce qui est beaucoup moins exigeant pour elle.
Si bien qu’il devient particulièrement difficile de comprendre où nous en sommes. Vivons-nous une période d’après-crise, qui a résolu certains problèmes, comme l’emballement fou de la finance déréglementée, et qui attend une relance ne pouvant que survenir ? Où sommes-nous dans une situation de crise permanente, un enlisement perpétuel, qui profite au 1 % des plus fortunés ? Comment pouvons-nous concevoir une véritable après-crise, qui relancerait l’économie sur de nouveaux principes, plus favorables à la majorité de la population et à l’environnement ?
Il existe aujourd’hui un important décalage entre les solutions multiples proposées par le mouvement social et l’absence totale de volonté politique de les mettre en application. À la stagnation de l’économie s’ajoute une stagnation intellectuelle du pouvoir, qui tue dans l’œuf toute réforme qui n’agirait pas dans l’intérêt immédiat du grand capital. Ce qui donne cette impression de crise permanente. Les pauvres n’arrivent plus à sortir de la pauvreté, alors qu’ils sont en plus étouffés par une tarification toujours plus élevée des services. La classe moyenne peine à préserver son niveau de vie, et elle le fait souvent au prix d’une dépolitisation qui contribue à accentuer son aliénation.
La classe dominante, quant à elle, refuse de perdre le moindre de ses privilèges. Avec arrogance et détermination, dépensant des fortunes pour s’assurer de conserver un ordre social outrageusement en sa faveur, elle se maintient en entretenant la peur qu’entraîne tout changement. Ce qui est beaucoup plus envisageable lorsqu’un état de crise soigneusement soutenu vient fragiliser les populations.
Dans ce dossier, nous nous proposons de faire un diagnostic de ces temps difficiles. Nous avons cherché à la fois à bien cerner les causes des difficultés économiques que nous traversons et à envisager des solutions, mais sans négliger les obstacles qui se dressent devant elles. En espérant une fois de plus que mieux comprendre l’air du temps nous guide vers les changements à adopter. 
Dominique Bernier, Claude Vaillancourt et Michelle Monette

dimanche 29 décembre 2013

Revisiter les visions maxistes sur l'environnement...

« Une révolution écologique est nécessaire ». Entretien avec John Bellamy Foster


John Bellamy Foster, éditeur de la revue socialiste étatsunienne « Monthly Review » est économiste et enseigne la sociologie à l’Université de l’Oregon. Il est l’auteur d’une série d’ouvrages consacrés à l’écologie et au marxisme, dont « Marx écologiste » (éditions Amsterdam, Paris, 2011) et « The Ecological Revolution » (Monthly Review Press, New York, 2009). Cet entretien a été réalisé par Aleix Bombilà en juin 2010 pour le journal anticapitaliste espagnol « En Lucha ». (Avanti4.be) Dans ton livre « Marx écologiste », tu affirmes que le marxisme a beaucoup de choses à offrir au mouvement écologiste. Quel type de travail commun doit s’établir entre marxistes et écologistes ?
Je crois qu’il est important de reconnaître que les marxistes et les écologistes ne constituent pas totalement deux groupes différents. Bien sûr, il est vrai qu’il y a eu des « rouges » qui ont été anti-écologistes et des « verts » anti-marxistes. Mais il n’est pas surprenant que les deux se superposent et qu’ils convergent sans cesse plus. De nombreux socialistes sont écologistes et de nombreux écologistes sont socialistes. De fait, dans un sens, le marxisme et l’écologie, tant classiques qu’actuels, portent la même conclusion. Pour Marx, l’objectif était la création d’une société dans laquelle la relation métabolique (c’est-à-dire la production) entre l’humanité et la nature est rationnellement régulée par les producteurs associés. Le titre original de mon livre auquel tu fais référence aurait du être « Marx et l’Ecologie », mais je l’ai changé pour « Marx écologiste » vu la profondeur des conceptions écologiques de Marx.
Je pense qu’une approche marxiste critique, particulièrement à notre époque, requiert une cosmovision écologique, tandis qu’une écologie humaine critique requiert en dernière instance une orientation anticapitaliste et socialiste (c’est-à-dire marxiste). Quand au travail commun que les marxistes et les écologistes peuvent partager, je dirai que c’est la justice sociale et le respect des équilibres environnementaux : sauver l’humanité et sauver la planète. On ne peut pas attendre pour obtenir l’un sans l’autre et il n’est pas possible de le faire dans le système actuel. (...)
La lutte contre le changement climatique semble un peu abstraite à première vue. Comment pouvons-nous organiser des campagnes contre le changement climatique ayant un impact réel ? Qui doit les promouvoir ?
Le changement climatique et la crise écologique planétaire dans son ensemble, qui est plus vaste encore, représente la plus grave menace que la civilisation matérielle et, de fait, l’humanité, aient dû affronter. Si nous ne changeons pas de cap, nous risquons de voir la disparition de la Terre en tant que planète habitable pour la majorité des espèces vivantes d’aujourd’hui. Mais, comme tu le dis, cela semble un peu abstrait.
Les gens ne peuvent pas le sentir, vu que cela ne se reflète pas de manière constante dans les conditions climatiques à court terme, au quotidien ou même sur une saison. En outre, ce n’est pas un problème qui grandit peu à peu et doucement, il s’accélère au contraire avec toute une série de points d’inflexion et provoque des changements irréversibles. Ainsi donc, la marge de temps pour l’action est très courte et requiert un certain niveau d’entendement sur ce qui est en train de se passer.
Il existe aujourd’hui parmi les scientifiques une certaine unanimité sur la menace, bien que ce ne soit pas dans tous les détails. Il y a très peu de ces gens faisant autorité qui nient la véracité du réchauffement global et leur « science » a été réfutée à plusieurs reprises. Mais l’opinion qui nie ce changement apparaît constamment amplifiée dans les médias, à cause du pouvoir de la classe capitaliste qui considère toute action destinée à affronter le problème comme une menace pour ses intérêts immédiats.
Les gens sont donc plongés dans la confusion et ne savent que penser. En outre, ils sont frappés par d’autres problèmes matériels qui semblent plus immédiats : la stagnation économique, la récession extrême actuelle et les effets destructeurs de la politique néolibérale. Les travailleurs voient comment leur niveau de vie économique décline et ils sont préoccupés par leur emploi, avec un nombre croissant de chômeurs et de pauvres. Il est difficile par conséquent de se concentrer sur quelque chose d’apparemment aussi nébuleux que le changement climatique.
S’il faut chercher une révolte massive d’en base sur ce terrain, je crois qu’elle émergera en premier lieu non du centre mais bien de la périphérie du monde capitaliste. Arnold Toynbee, dans ses études sur l’Histoire, parle d’un prolétariat interne et d’un autre externe. Sur le changement climatique, ainsi que dans les révoltes contre le capitalisme en général, c’est le prolétariat externe qui jouera le rôle principal.
J’ai signalé dans mes derniers écrits la possibilité de ce que j’ai appelé un « prolétariat de l’environnement ». Les personnes les plus opprimées dans le monde, qui n’ont rien à perdre, se trouvent sans cesse plus dans certaines régions du Tiers-Monde qui sont et seront les plus affectées par les effets du changement climatique. C’est particulièrement évident avec la conséquence de la montée du niveau de la mer dans le delta du Gange et du Brahmapoutre au Bangladesh et en Inde ainsi que dans les terres basses fertiles situées le long de l’Océan Indien et de la Mer de Chine, dans l’état du Kérala en Inde, en Thaïlande, au Vietnam et en Indonésie.
Certaines régions, comme le delta des terres basses du fleuve de la Perle en Chine, correspondent aux zones qui connaissent le développement le plus rapide (dans ce cas-ci, la région industrielle de Guangdong, de Shenzhen à Guangzhou) et aussi les contradictions de classe les plus aigües. Ainsi, les épicentres mondiaux de la lutte environnementale et de la lutte des classes pourraient coïncider et fusionner.
Il y a deux types de signaux qui indiquent que les bases matérielles de la lutte sociale sont en train de se transformer. Cela est démontré par les guerres de l’eau, des hydrocarbures et de la coca en Bolivie, qui ont contribué à l’arrivée au pouvoir d’un mouvement politique socialiste et indigène.
Même dans les centres du système, les écologistes sont en train de mener à bien une grande quantité de luttes, en particulier le jeune mouvement pour la justice climatique. Bien qu’il n’y ait pas actuellement d’indices d’une révolte d’en bas des travailleurs, et malgré le fait que le mouvement syndical semble être totalement inactif aux Etats-Unis – en particulier dans le contexte de détérioration de l’économie (et de l’environnement) -, il y a quelques espoirs que les luttes reposant sur la communauté, le travail et l’environnement génèrent un nouveau contexte pour le changement. Il faut espérer que quelque chose comme le prolétariat environnemental émergera éventuellement dans le centre également. Si tu lis des œuvres classiques comme « La condition de la classe laborieuse en Angleterre » d’Engels, cela te donne une idée de l’importance fondamentale des luttes environnementales dans la formation de la classe ouvrière anglaise à cette époque classique et dans des formes qui contredisent l’étroite vision productiviste.
La vérité, c’est que, quand il s’agit des contradictions duales représentées par les échecs économiques et environnementaux du système, seuls les socialistes sont capables d’intégrer efficacement ces deux problèmes. Seuls les matérialistes historiques peuvent pleinement incorporer une théorie et une pratique qui reconnaissent qu’il ne s’agit pas de questions séparées, qu’elles ont au contraire une base commune dans le mode de production capitaliste. De fait, je crois que nous assistons à une convergence croissante des visions d’avenir socialistes et écologistes, dans une voie qui nous conduit dans une direction beaucoup plus révolutionnaire que dans le passé.
Mais nous ne devons pas verser dans un optimisme aveugle. Car tout cela requiert aussi une organisation. Et il y a de grands dangers, comme la croissance de l’écofascisme ou des tactiques dilatoires des gouvernements, qui pourraient signifier « la ruine conjointe des classes belligérantes ».
Comment pouvons-nous promouvoir la justice environnementale sans affecter la classe travailleuse ?
On pourrait aussi se demander « comment ne pas fomenter la justice environnementale sans affecter la classe travailleuse » ? Une des premières œuvres sur la justice environnementale est, comme je l’ai déjà signalé, celle d’Engels sur la condition de la classe laborieuse en Angleterre, qui s’est centré sur la manière dont la classe travailleuse était soumise à des conditions de vie toxiques, avec ses conséquences en termes de santé, et en cherchant la forme sous laquelle ceci avait affecté les divisions de classe et la structure urbaine.
Ces préoccupations faisaient partie de la lutte de la classe travailleuse dès ses débuts. La justice environnementale inclut aussi la santé et la sécurité dans les entreprises – et dans un sens plus large de ce qu’on entend généralement par là, en incluant des questions comme la durée du temps de travail, l’intensité des cadences, etc. C’est le développement d’un mouvement syndical de « services » et sa segmentation abandonnant d’autres aspects qui concernent pourtant eux aussi la classe travailleuse qui a fait qu’on imagine que le mouvement ouvrier ne peut se centrer que sur des questions très restrictives et séparées de la justice environnementale. En réalité, cette dernière mesure l’inégalité subie par les gens dans les multiples domaines matériels de la vie.
Bien entendu, l’injustice environnementale aux Etats-Unis est vue, de manière compréhensible, comme étant liée à une question de « race », et peut être d’une manière plus forte que comme une question de classe, vu que son impact majeur repose principalement sur les personnes et les communautés qui sont l’objet d’un « racisme environnemental ». Comme on le sait, les résidus toxiques sont plus souvent l’objet d’un dumping dans les communautés de couleur. On est ainsi souvent confrontés à l’idée erronée qu’il s’agit strictement d’un problème de « race » et non de classe. Ce qui est souvent implicite ici aussi, c’est la notion fausse selon laquelle la classe ouvrière est blanche et que, s’il s’agit d’un problème qui affecte principalement les Indiens, les Noirs, les Latinos et les Asiatiques, cela signifie alors que ce n’est pas un problème de classe. Pourtant, la classe travailleuse aux Etats-Unis est précisément majoritairement composée par les dénommées « minorités raciales ».
Cela n’a donc aucun sens de dire que la classe travailleuse est blanche, comme certains le supposent. La justice environnementale est donc bien à la fois une question de « race » et de classe (et aussi de genre). Elle pose des questions que le mouvement ouvrier contemporain, avec sa position limitée de « négociateur » et avec les divisions « raciales » qu’il a souvent contribué à perpétuer, n’est pas très bien équipé pour affronter. C’est un mouvement socialiste de la classe travailleuse qui pourra aborder la question avec plus de facilité.
Est-ce que l’imposition des industries polluantes constitue une solution ?
Si tu te réfères à une solution définitive, la réponse est non. L’unique solution réelle est de se débarrasser du capitalisme et de créer une société égalitaire et soutenable à charge des producteurs associés. Mais nous devons affronter le fait que le problème de l’environnement, y compris le changement climatique, est en train de s’accélérer. Il s’agit d’une question de survie pour l’humanité et pour la majorité des espèces qui peuplent la Terre.
La marge de temps pour agir si nous voulons éviter une détérioration environnementale irréversible est incroyable courte, c’est une question d’une génération plus ou moins pour mettre en route un changement de cap drastique. C’est du moins ce que la science nous dit aujourd’hui. Dans ces circonstances, nous avons besoin de réponses radicales à court terme et d’une révolution écologique à long terme. Les premières doivent aider à promouvoir les conditions pour la seconde.
A court terme, nous avons besoin, et j’en suis convaincu, d’un impôt sur le carbone comme celui proposé par James Hansen : un impôt progressif mensuel sur les puits de pétrole, les mines, etc., et avec un taux de 100% des revenus ainsi collectés qui soient dirigés vers la satisfaction des besoins des populations. Comme le dit Hansen, l’objectif est de garantir dans la mesure du possible que cet impôt sur le carbone s’impose dans la production et qu’il retombe sur ceux qui ont l’empreinte carbone la plus importante (surtout les riches). Pour sa part, la majorité de la population sortirait gagnante avec la distribution de ces fonds, vu que son empreinte est inférieure à la moyenne par habitant.
Ni le capital ni les gouvernements contrôlés par le capital n’auraient le contrôle de ces revenus, qui reviendraient directement à la population. L’application de cette mesure dans le type de société que nous connaissons serait évidemment difficile. Mais si elle est comprise comme étant à la fois nécessaire pour la protection de la Terre (en augmentant le prix du carbone) et comme une forme de redistribution des richesses favorable à ceux d’en bas, elle pourrait bénéficier d’une grand soutien populaire.
Le fait est que, tant que nous sommes dans une société capitaliste, la voie fondamentale pour le contrôle d’un produit polluant – et, malheureusement, le dioxyde de carbone est devenu cela – sera l’augmentation de son prix. Des formes politiques de régulation plus directes doivent également être utilisées, bien entendu. Il faut, par exemple, interdire la construction de centrales à charbon tant qu’on ne dispose pas d’une technologie permettant de « séquestrer » leurs émanations (et il y a actuellement toutes sortes d’obstacles à cela), et celles existantes doivent être éliminées. Mais pour parvenir à cela à l’échelle nécessaire, il faut une révolution écologique générale qui bouleverse à la fois la manière avec laquelle nous produisons et nous consommons ainsi que la forme d’organisation de notre société.
Existe-t-il une solution collective possible à la crise écologique au sein de ce système (énergies renouvelables, amélioration des transports publics, fin des grandes infrastructures…) ?
Encore une fois, il n’existe aucune solution définitive à l’intérieur de ce système. Mais nous pouvons promouvoir des réformes collectives de l’intérieur du système, ce qui va à l’encontre de sa logique et jouera un rôle important dans la transition vers un autre système contrôlé par les gens. La nouvelle société surgira de l’intérieur de l’ancienne. Fred Magdoff et moi avons discuté en détail du problème du capitalisme et de l’environnement dans un article de mars 2010 de la « Monthly Review », intitulé « What Every Environmentalist Should Know About Capitalism » (« Ce que tout écologiste doit savoir sur le capitalisme »).
Le point essentiel, qui requiert évidement une élaboration, c’est le fait que le régime du capital repose sur la création de valeur de manière auto-expansible. Pour son existence même, le capitalisme requiert une croissance économique constante et, de manière plus explicite, une accumulation de capital constante. Ce système peut être jusqu’à un certain point très clairement efficace dans la stimulation de la production et dans le développement économique. Mais il est également très exploiteur et, en dernière instance, il conduit à la destruction des conditions environnementales nécessaires à l’existence. L’unique solution réelle, sociale et écologique, est une société non centrée sur la croissance économique en soi, mais bien sur le développement humain soutenable.
Quelles que soient les mesures introduites pour moderniser le capitalisme et le rendre « écologique », le système requiert une croissance constante de la production. Si on remplace le transport privé par des transports publics, si on introduit les énergies renouvelables et adoptons d’autres mesures collectives, tout cela peut aider. Mais ces mesures tendent à être limitées vu l’objectif global d’accumulation du système. Le passage aux ressources renouvelables, par exemple, est important. Mais, pour cela, on a précisément besoin d’un système qui permette leur renouvellement. Ce qui n’est pas le cas du capital qui repousse sans cesse toutes ces frontières et limites.
Cela ne signifie pas qu’il faudrait renoncer à la promotion de solutions plus sociales, collectives et publiques. Mais nous devons reconnaître qu’en allant toujours dans cette direction-là, cela signifie aller toujours à l’encontre de la logique du système et que cela nécessite une organisation radicale. Nous parlons donc de créer, en partie à l’intérieur du capitalisme, l’infrastructure pour un type de société différent.
Avec une pression constante d’en bas, on peut conquérir certaines choses, tant que cela n’affecte pas substantiellement l’objectif d’accumulation du système. Mais si ce dernier est mis en péril, c’est l’accumulation du capital qui va l’emporter et il est probable que les petites victoires nous seront arrachées. L’unique réponse – et pas simplement posée comme une question de justice, mais aussi de survie – est de pousser les choses au-delà de ce que le capital est disposé à accepter ; autrement dit, promouvoir les besoins humains et collectifs au-delà de ce qu’on appelle le système de « marché ». Dans ce cas, si nous allons suffisamment loin que pour marquer une différence réelle, il s’agit alors d’une révolution écologique et sociale et d’une transition vers un autre type de société.
Certains mouvements sociaux croient qu’il est possible de vivre en marge du capitalisme. Crois-tu que c‘est possible ou bien que cela ne conduit qu’à une atomisation de l’opposition ?
Le socialiste nord-américain Scott Nearing, qui a écrit pendant de nombreuses années une rubrique dans la « Monthly Review », a été l’un des penseurs les plus influents de l’autosuffisance et du soutien au mouvement paysan. Il ne fait aucun doute que ce type de séparation individuelle vis-à-vis de la logique principale du système et ses effets (un mode de vie en dehors du système) constitue une sorte de résistance passive – mais une résistance tout de même.
Tout au long de l’histoire de l’humanité, face à des systèmes répressifs, des êtres humains ont décidé de « retourner à la terre » et de cultiver leurs propres potagers, pour ainsi dire. Cela peut représenter une forme de cure ou de regroupement. Bon nombre de ceux qui ont été dans cette direction générale ont été des pionniers dans les alternatives d’agriculture, y compris l’agriculture écologique, pour une agriculture ayant un soutien communautaire.
Nous ne devons pas sous-estimer l’impact que ces actions peuvent parfois avoir en créant des alternatives fondamentales pour le développement d’une nouvelle société qui se niche d’abord dans les interstices du système. Mais la véritable lutte pour créer une nouvelle société requiert, en outre, la résistance active et l’organisation politique : une révolte directe contre les rapports sociaux de production existants. Aussi, les forces accumulées pendant une période de « retraite » doivent faire partie elles aussi d’une telle résistance active.
Se retirer complètement d’un système capitaliste globalisé est en grande partie une illusion. Il est intéressant de noter comment Nearing combine sa vie en autarcie avec une résistance continue et active. Il a travaillé à partir des deux extrêmes. Nous avons aujourd’hui besoin de personnes qui sont actives dans leur résistance. Si elles peuvent combiner cela avec diverses formes visant à se libérer du système, c’est encore mieux.
Le mouvement pour la décroissance promeut des initiatives individuelles et collectives dans la recherche d’alternatives au capitalisme. Quelle est ton opinion sur lui ? Comment pouvons-nous décroitre globalement à l’intérieur du système capitaliste ?
On ne peut pas. Le capitalisme repose sur l’accumulation ; il s’agit d’un système où l’alternative se résume à « croître ou mourir », et cela à une échelle sans cesse plus globale. Quand il n’y a pas de croissance économique, et en particulier de croissance du taux de profit, les choses déraillent et le système entre en crise, comme aujourd’hui. Et cela se traduit par un chômage massif.
Il y a tout un tas de bonnes choses à dire sur le mouvement pour la décroissance. Cependant, il repose sur le présupposé irréel selon lequel un état stationnaire serait possible, autrement dit une économie de croissance zéro. Il s’agit là tout simplement d’un malentendu quant à la nature réelle du capitalisme. Comme l’a écrit l’économiste Joseph Schumpeter, le capitalisme sans croissance est une contradiction en acte. Il est exact que nous avons besoin d’une nouvelle structure économique centrée sur l’autosuffisance. Une réduction générale de la production économique au niveau mondial et en particulier dans les pays riches pourrait s’accompagner de progrès dans le développement humain soutenable, dans l’amélioration des conditions de vie réelles de l’humanité, en passant d’un individualisme possessif au collectivisme. Mais pour qu’une telle chose soit possible, il faut une économie socialiste.
Si l’alternative au capitalisme est une économie démocratiquement planifiée, comment devrait-elle fonctionner pour inclure les questions écologiques ?
Je crois que nous devons rappeler l’avertissement de Marx dans « Le Capital » sur le fait « d’écrire des recettes de cuisine pour les marmites du futur ». Ce serait une erreur que de tenter de décrire le plan détaillé d’une société socialiste et la manière dont elle intègrera les questions écologiques.
Cependant, je crois que Paul Burkett a brillamment démontré dans un article intitulé « Marx’s Vision of Sustainable Human Development » (« La vision de Marx sur le développement humain soutenable »), en octobre 2005 dans la « Monthly Review », que la notion de Marx du communisme reposait sur un développement humain soutenable et que c’est uniquement en ces termes que nous pouvons comprendre comment devrait fonctionner une société de producteurs librement associés qui régulent leur métabolisme avec la nature.
Hugo Chávez avait définit la lutte pour le socialisme du 21e siècle en termes de « triangle élémentaire du socialisme ». En accord avec cette conception, dérivée de Marx, le socialisme consiste alors en : 1) la propriété sociale des moyens de production, 2) la production sociale organisée par les travailleurs et 3) la satisfaction des besoins sociaux.
D’après moi, on peut aussi parler d’un « triangle élémentaire de l’écologie », découlant directement de Marx et qui mène la lutte à un niveau plus profond. Il peut être défini comme ; 1) l’usage social – et non la propriété – de la nature, 2) la régulation rationnelle par les producteurs associés du métabolisme entre les êtres humains et la nature et 3) la satisfaction des besoins sociaux, non seulement des générations actuelles, mais aussi de celles du futur.
Source : http://www.enlucha.org/site/?q=node/2190 
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

lundi 18 novembre 2013

Lire les auteures du Diois : Elisabeth Chabuel



Elisabeth Chabuel
Poète, dramaturge, plasticienne et traductrice de littérature albanaise.
Élisabeth Chabuel écrit régulièrement sous la forme de performance en partenariat avec des plasticiens, musiciens, vidéastes.
Elle écrit notamment 7 44 - Performance poétique réalisée en 2004, publiée chez K éditions en 2008 – texte mis en scène par l’INFINI DEHORS/Théâtre en 2008 et participe en temps qu’auteure au travail collectif mené autour de la légende de la Belle Justine.
Elle est dramaturge associée à la compagnie de théâtre des Mangeurs d’Étoiles à Grenoble, pour laquelle elle écrit plusieurs pièces de théâtre.
Élisabeth Chabuel a notamment écrit :
Théâtre :
- La foire aux voyageurs : Mise en scène de Tristan Dubois/ création à l’Heure Bleue – Saint Martin d’Hères 2012
- Aux pieds de nos murs : (Déambulation artistique)
Mise en scène de Tristan Dubois/ création à la Villeneuve – Grenoble 2006 Festival ’Quartiers libres’
- Antigone(s) (Théâtre -Texte dramatique)
Mise en scène de Tristan Dubois/ création au Théâtre de Poche-Grenoble, 2004
- Notes de Pétersbourg :(Théâtre-Adaptation libre des Nouvelles de Nicolas Gogol). Mise en scène de Nicolas Favre/ création au Théâtre du Gymnase- Marseille, 2002
Poésie :
7 44 (Poésie dramatique)
Lectures théâtralisées, mise en espace Natacha Dubois Tour de Purgnon – Die 2004
- K éditions ;  Rochechinard, Vercors 2008
Avec le concours de La Région Rhône-Alpes
- Intime violence
(Poésie) ; Avec des empreintes d’Elisabeth Bard
Édition Anne-Laure H- Blanc La Petite Fabrique
38760 Varces 2009
- Louve ; (Poésie) Avec des estampes de Cécile Beaupère
Édition Anne-Laure H-Blanc La Petite Fabrique
38760 Varces 2012
Par ailleurs, elle traduit de la littérature de langue albanaise
Traductions :
- Petite saga carcérale (roman) de Besnik Mustafaj, Actes Sud, 1994
- Terre sans continent (poésie) de Preç Zogaj, l’Esprit des Péninsules, 1995
- Le tambour de papier (roman) de Besnik Mustafaj, Actes Sud, 1996
-  Doruntine Fille-soeur (théâtre) de Besnik Mustafaj, Actes Sud, 1997
- Le vide (roman) de Besnik Mustafaj, coll. Grandes traductions, Albin Michel, 1999
- Leka un enfant partisan (roman) de Mehmet Myftiu, Noir sur Blanc, 1999
- Le gardien de chevaux (récit) de Musa Jupolli, Michalon, 2001
- Il est temps (poésie) de Din Mehmeti, Coll. Poésie Buchet Chastel, 2006
Elle lira son dernier livre "Louve", qui est une commande pour un film sur le Vercors.
Récital-concert
Récital concert
texte : Élisabeth Chabuel
voix :Natacha Dubois et Laura Lantez
Guitare électrique : Clément Combes
7 44 est publié par K éditions en mai 2008, avec l’aide de la Région Rhône-Alpes trouver le livre via la librairie le Sphinx
Dossier de 744 (PDF)
Le texte, une performance d’écriture : 7 44
« Au printemps 2004, alors qu’on parlait un peu partout de célébrer le 60ème anniversaire des événements de 1944 dans le Vercors, je propose d’effectuer une performance à la librairie Mosaïque à Die. J’ai dit aux libraires que je voulais faire une écriture quotidienne, que du 1er au 31 juillet, je voulais venir chaque matin afficher un texte que j’aurais écrit la veille.
J’ai un fort lien affectif avec le Vercors, tout particulièrement avec Vassieux, le village natal de ma mère. C’est l’endroit où elle a passé son enfance. Et c’est l’endroit où ensuite, en compagnie de mon grand-père, mon oncle, ma tante, mes cousins et leurs amis, j’ai moi aussi passé toutes les vacances de mon enfance. La forêt, la campagne étaient pleines de mystères. Il y avait un univers étrange, un univers peuplé de présences, entre autre lié à des esquisses d’histoires que m’avait racontées ma mère à propos des événements de 44 qu’elle y avait vécus. Elle me racontait à demi-mot ses petites choses d’enfant : sa paire de souliers neufs brûlée avec la maison. Un jour où après la pluie, ils s’étaient hasardés à rentrer pour se changer, et parce qu’elle avait rechaussé ses vieux souliers avant de repartir. Ou également sa poupée, fourrée dans un baluchon de linge que sa mère avait eu la présence d’esprit de jeter dans un champs à quelques pas de la maison. La maison a brûlé et c’est tout qui est resté, ce baluchon...
Elle m’a raconté des petites choses concrètes, des fragments tout en désordre. Et puis j’ai grandi et on n’a plus parlé de rien...
Au printemps 1999, pendant la guerre du Kosovo, au moment des bombardements de l’Otan, un jour à table devant l’exode des Albanais à la télévision, ma mère a subitement redit un mot pour évoquer qu’elle avait vécu un peu ça à Vassieux en juillet 44. Elle voulait comparer les événements. Pour moi ça a été une sorte de choc.
Ce mot de ma mère déclenche en moi ce début de quête que je concrétise en juillet 2004 par la performance 7 44. Je voulais retrouver ce que m’avait raconté ma mère pendant mon enfance, sur un événement vécu de son enfance, et tenter, au fur et à mesure, d’en restituer quelque chose, dans une sorte de processus ouvert.
Je suis partie sur le souvenir suivant : la famille a dû quitter sa maison, pour se cacher dans les bois. Je voulais me représenter leur survie, sachant qu’ils se sentaient traqués, donc perpétuellement sous l’emprise de la peur.
Après quelques essais, j’ai choisi d’écrire : « J’entends l’histoire » et dans cette voix (ma voix) qui dit : « j’entends l’histoire » se feraient entendre les voix de mes quatre personnages : L’enfant, La mère, Le père, et Les parents les amis. J’avais moi-même fixé mes contraintes : que chaque texte quotidien ne fasse pas plus d’une page, que chaque page soit à la fois indépendante, car des lecteurs pourraient ne venir qu’une fois, et à la fois s’inscrire dans la continuité, car d’autres lecteurs allaient sans doute revenir chaque jour. Une fois la page exposée, le texte serait comme scellé. J’ai donc écrit le premier texte le 30 juin, pour l’afficher le 1er juillet et ainsi de suite jusqu’au 31, tous les jours ouvrables de la librairie. Chaque jour, j’ai collé ma page du jour, sur la page du jour précédent. »
Élisabeth Chabuel

vendredi 15 novembre 2013

Le trésor perdu de la politique...

Le trésor perdu de la politique. 

Espace public et engagement citoyen


Le trésor perdu de la politique. Espace public et engagement citoyen, de Diane Lamoureux, paraîtra en librairie le mercredi 14 novembre prochain, dans la collection Théorie. Qu’est-ce qu’être une intellectuelle critique aujourd’hui ? Comment se situer par rapport aux luttes sociales ? Que signifie l’engagement citoyen à l’ère du néolibéralisme ? En prenant appui sur la pensée d’Hannah Arendt, Diane Lamoureux tente de répondre à ces ques-tions dans six textes ­ dont un sur le Printemps érable ­ qui reflètent son parcours d’universitaire, de militante et de féministe.
Pour elle, le rôle des philosophes politiques dans les démocraties occidentales contemporaines est d’entretenir le processus de réflexivité des sociétés sur elles-mêmes. Mais cette contribution au débat public devrait davantage se faire en soulevant des questions qu’en apportant des réponses, car la politique est d’abord et avant tout une activité collective qu’il convient de « déprofessionnaliser ». Pour débusquer l’injustice, la domination et l’oppression, Diane Lamoureux suggère de miser sur les pratiques délibératives et l’intelligence citoyenne : « Ce que je propose, c’est une pratique d’accompagnement/aiguillonnage citoyen qui refuse le confort, l’indifférence et le cynisme et qui reconnaît que toute vérité est au mieux provisoire et locale. »
Avec un souci constant de solidarité et d’inclusion, Diane Lamoureux insiste sur la diversité des luttes contemporaines pour l’émancipation, sur l’importance de la référence aux droits et sur l’aspiration à une autre forme de démocratie. Elle nous invite, du même souffle, à retrouver ce «  trésor perdu » de la politique.
Quand la politique devient le gouvernement, nous entrons dans une période historique où la politique, au sens arendtien du terme, disparaît derrière l’administration. Cette disparition s’explique à la fois par la massification des sociétés modernes mais aussi par un dévoiement de l’idée de politique : celle-ci s’inscrit de plus en plus dans l’ordre de la fabrication laissant ainsi de côté l’action, c’est-à-dire l’interaction entre des individus libres, égaux et distincts. Ainsi nous sommes confrontés à un risque fondamental puisque « [l]e danger consiste en ce que le politique disparaisse complètement du monde ».
Elodie Comtoit

Diane Lamoureux est professeure de philosophie politique au département de science politique de l’Université Laval. Elle est l’auteure de divers textes portant principalement sur le féminisme, l’antiféminisme et la théorie politique, dont Pensées rebelles. Autour de Rosa Luxemburg, Hannah Arendt et Françoise Collin (Remue-ménage).

Table des matières
Préface. Penser et agir la liberté, par Lorraine Guay
Présentation générale - Qu’est-ce qu’être une intellectuelle critique aujourd’hui ?
- 1. Hannah Arendt et le « trésor perdu » de la politique
- 2. Droits et subjectivation politique
- 3. Démocratiser radicalement la démocratie
- 4. Néolibéralisme, néoconservatisme et antiféminisme au Québec et au Canada
- 5. À quelles conditions l’anticapitalisme peut-il permettre de fédérer les luttes contre l’injustice ?
- 6. Printemps érable et engagement intellectuel

mercredi 11 septembre 2013

Le Capital du XXIème siècle...sur les inégalités

Piketty ausculte le capitalisme, ses contradictions et ses violentes inégalités


C’est un livre exceptionnel que publie l’économiste Thomas Piketty. Intitulé Le Capital au XXIe siècle (Editions du Seuil), cette somme érudite dresse un impressionnant constat de la répartition des richesses, non pas seulement en France mais sur toute la planète, non pas seulement pour la période récente mais pour les trois derniers siècles.  L’auteur analyse la contradiction fondamentale qui oppose croissance économique et rentabilité du capital.

C’est un bulldozer théorique et politique que publie le 5 septembre l’économiste Thomas Piketty. Intitulé Le Capital au XXIe siècle (Editions du Seuil, 976 pages). Compte tenu du retentissement que mérite d’avoir ce livre, compte tenu de l’importance qu’il peut avoir dans le débat économique, Mediapart a décidé de lui accorder une place elle-même exceptionnelle : en donnant la parole longuement à l’auteur sous la forme d’un entretien, que l’on pourra découvrir ci-dessous ; et puis, en publiant dans les prochains jours des bonnes feuilles de ce livre, celles qui exposent l’idée d’un impôt mondial sur le capital, assorties de la suite de l’entretien avec l’auteur, sur ce volet spécifique de son livre.
Les lecteurs et abonnés de Mediapart connaissent de longue date Thomas Piketty, qui a souvent pris la parole dans nos colonnes ou dont les travaux de recherche y ont souvent été évoqués. Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, il a publié déjà des travaux marquants, dont Les Hauts Revenus en France au XXe siècle (Grasset, 2001), ou encore, en collaboration avec Camille Landais et Emmanuel Saez, Pour une révolution fiscale (Seuil, République des idées, janvier 20013), un ouvrage qui a marqué les débats économiques à gauche et dont le parti socialiste s’est inspiré, avant que François Hollande ne finisse par opter pour le conservatisme fiscal.
Sur Mediapart, Thomas Piketty a aussi souvent pris la parole : une fois dans un face-à-face avec François Hollande, en ouverture de la campagne présidentielle (on retrouvera les vidéos ici), et de nombreuses autres fois pour analyser la politique fiscale du gouvernement et la déception qu’elle lui inspirait.
Mais avec ce nouveau livre, Thomas Piketty affiche une tout autre ambition. Produit de quinze années de recherches, les siennes et celles d’autres économistes qui ont travaillé avec lui, alimenté par des études historiques sur longue période et des sources statistiques inédites couvrant une vingtaine de pays de par le monde, l’auteur montre avec minutie ce qu’ont été les évolutions de la répartition des richesses, celles des revenus tout autant que celles des patrimoines. C’est, en somme, une véritable plongée dans le cœur même du capitalisme à laquelle nous invite l’auteur, pour en cerner ses tendances profondes en même temps que ses contradictions. Plongée très argumentée puisque l’auteur a même pris soin de fournir la totalité des sources et données statistiques mentionnées dans son livre, en accès libre sur une page dédiée du site Internet de l’École d’économie de Paris : on peut la consulter ici3.
Thomas Piketty nous conduit donc dans une promenade intellectuelle cultivée, interpellant au passage quelques célèbres anciens, de Pareto jusqu’à Marx (et sa fameuse loi tendancielle de péréquation des taux de profit, que l’auteur revisite, à la lumière des évolutions de très long terme du rendement du capital). Mais surtout, il nous montre les inégalités formidables, également sur une très longue période, que cette dynamique interne au capitalisme peut engendrer – jusqu’aux inégalités d’aujourd’hui qui menacent les principes de justice sociale.
Car si les inégalités face au patrimoine sont de nos jours beaucoup moins spectaculaires qu’elles ne l’étaient avant la première guerre mondiale, à l’époque de ce que l’on a improprement appelé la Belle Epoque, elle se creusent de nouveau sous l’effet de l’enrichissement accéléré d’une infime minorité. Enrichissement qui, selon lui, ne peut pas être soutenable sur le long terme, sauf à accepter une remise en cause de l’équilibre même de nos démocraties.
Le chercheur en vient donc à analyser la dynamique interne du capitalisme, qui est à l’origine de ces violentes mutations sociales, et nous invite à réfléchir à ce qui lui apparaît être la contradiction centrale du système, celle qui oppose la croissance économique au rendement du capital.
En bref, pour le débat économique et politique, c’est, nous semble-t-il, une œuvre majeure que publie Thomas Piketty.

lundi 9 septembre 2013

Die 26150 : rendez vous Est Ouest...



Venez découvrir le Festival Est-Ouest en avant première!
Le mercredi 11 septembre à la médiathèque de Die
- 18h / Présentation des auteurs invités animée par la commission littéraire
- 19h / Vernissage de l'exposition de photographies "Portraits d'écrivains" de Pascal Hée
- 19h30 / Rencontre de la jeune auteure Alisei Apollonio
Le vendredi 20 septembre à l'Espace Ti-Nive (32 rue de l'armellerie / Die) à 18h / Rencontre de Daniel De Roulet & Corinne Desarzens avec l'association Lettres Frontières
Des Rendez-vous aussi hors de Die...
Le vendredi 13 septembre à la Maison des Italiens (82 rue du Dauphiné, 69003 Lyon) à 19h / Rencontre d'Alisei Apollonio & Sébastien Berlendis
Le samedi 14 septembre à la librairie Le Baz'art des mots (20 grande rue, 26390 Hauterives) à 20h / Rencontre d'Alisei Apollonio en première partie, suivi du concert de Dario Muci
Le vendredi 20 septembre à la médiathèque Monnaie (rue ninon vallin, 26100 Romans) à 18h30 / Rencontre d'Alisei Apollonio
Vous pouvez consulter le programme sur notre site : www.est-ouest.com
Dans l'attente du plaisir de vous rencontrer prochainement, recevez, Madame, Monsieur, l'assurance de nos salutations les plus cordiales.
Pour l'équipe du Festival,
Charlotte Sieri
Chargée de la communication et des Relations Presse
04 75 22 12 52
Renseignements et réservations : 04 26 58 80 35 ou
 

lundi 26 août 2013

Nos lectures de l' été : Zeev Sternhell...



Ni droite ni gauche, de Zeev Sternhell
J’avais précédemment parlé du fabuleux ouvrage de Zeev Sternhell, La droite révolutionnaire. La précision de ce travail et l’audace de ses thèses m’avaient alors ébloui. Lorsque j’ai vu que Gallimard publiait une nouvelle édition de son œuvre suivante, Ni droite ni gauche, je me suis précipité dessus sans états d’âme. Coupons court à tout suspense : je n’ai pas été déçu, ne serait-ce que par la taille de cette quatrième édition revue et augmentée, plus de mille pages. La droite révolutionnaire se focalisait sur les années 1885-1914, qui ont vu le boulangisme, l’affaire Dreyfus, la montée (puis le déclin) du mouvement jaune et du syndicalisme révolutionnaire, avec des grandes figures comme Barrès, Déroulède, Sorel, Biétry et Guérin. L’idée principale de l’ouvrage était que le fascisme, en tant qu’idéologie, était né en France durant le tournant du XXe siècle, préparant l’arrivée des grands mouvements d’extrême-droite européens. Ni droite ni gauche (sous-titre : L’idéologie fasciste en France) reprend les choses au lendemain de la première guerre mondiale. Cette fois-ci, l’objet d’étude est un secteur méconnu de l’histoire politique française : le fascisme en France. C’est un lieu commun de dire que la France a échappé au fascisme, que le régime de Vichy était un avatar lointain d’une droite légitimiste et réactionnaire, et qu’aucun mouvement de masse digne de ce nom n’a émergé à la droite de la droite. Ces éléments contiennent chacun un degré plus ou moins grand de vérité, à l’exception du premier : la France a bel et bien connu une pléthore de mouvements fascistes durant l’entre-deux-guerres. Sternhell va s’employer à le prouver, tout en engageant une passionnante réflexion sur la définition du fascisme.
Ce long chemin commence par un retour sur la Belle Époque, avec l’étrange aventure des Cahiers du Cercle Proudhon, entreprise menée par Georges Valois, personnage essentiel, pour joindre la pensée de Charles Maurras avec celle de Georges Sorel. La haine de la démocratie bourgeoise avait poussé ce dernier à rompre avec le mouvement socialiste, ce qui l’a entraîné à dialoguer avec le mouvement le plus antidémocrate de son temps, l’Action française. Se dessine à partir de là une première ligne de partage, un premier critère du fascisme. Déçus par l’évolution de la politique française, un certain nombre de leaders socialistes ne conçoivent plus le prolétariat comme l’élément révolutionnaire par excellence, puisque ses velléités de changement semblent limitées… Ils se tournent donc vers une autre idée, capable de dépasser l’impuissance prolétarienne pour renverser l’ordre des choses : la nation. Le concept de nationalisme révolutionnaire fait doucement son chemin, mais n’aura pas vraiment de succès en France, jusqu’au lendemain de la Grande guerre. Par contre, il connaîtra une fortune bien plus grande en Italie, avec un Mussolini qui avait toujours été sensible aux idées socialistes et nationalistes du Cercle Proudhon. Mais c’est bel et bien en France que va surgir le premier mouvement purement fasciste en-dehors d’Italie : le Faisceau, fondé en 1925 par Valois. Ce dernier venait de rompre avec l’Action Française, et profita de l’appui de quelques grands patrons, dont le fameux parfumeur François Coty. Le but de Valois est clair : détruire les valeurs bourgeoises, renverser le capitalisme, recréer la grandeur française, grâce à une fusion entre la Nation et le Socialisme. L’expérience tournera court. Harcelé par ses anciens amis de l’Action Française, qui considère le Faisceau comme une menace mortelle pour son vivier d’adhérents, lâché par ses bailleurs de fonds, le parti disparaît en 1928. Georges Valois fonde dans la foulée le petit Parti républicain syndicaliste, qui finira par se fondre dans le Front populaire. Valois périra à Bergen-Belsen en 1945, après avoir rejoint la Résistance, à plus de soixante-cinq ans.
Zeev Sternhell aborde ensuite le cas, fort méconnu en France, des théories d’Henri de Man. Leader du Parti ouvrier belge, ce dernier a publié en 1927 un ouvrage essentiel, Au-delà du marxisme. De Man, après avoir fait partie de l’aile la plus rouge du parti, se convertit après la Grande guerre à un socialisme gestionnaire, pleinement compatible avec la démocratie représentative et avec l’ordre social existant. Son but principal est le dépassement du marxisme, puisque celui-ci est le produit d’une époque dépassée ; il réclame donc le remplacement du matérialisme inhérent au marxisme par un vitalisme hérité du freudisme, pour bâtir un socialisme qui soit véritablement moral. En termes plus clairs, de quoi s’agit-il ? Le moteur de l’Histoire n’est pas, pour de Man, la lutte des classes, mais la psychologie des hommes. Il remplace donc la dialectique des forces et des rapports de production par le volontarisme des leaders syndicaux et socialistes. Ceci pourrait apparaître comme une doctrine sociale-démocrate assez fade, mais la fusion entre socialisme et idéalisme aura de lourdes conséquences… Henri de Man est resté loin des doctrines fascistes, mais accueillera favorablement l’invasion de la Belgique en 1940, avant de s’exiler en Suisse.
Plus célèbre est le cas de Marcel Déat. Normalien, agrégé de philosophie, l’homme rejoint la SFIO et commence une carrière fulgurante. Il devient rapidement l’un des leaders de la droite du parti socialiste. Son ouvrage Perspectives socialistes, paru en 1931, marque sa prise de distance avec le marxisme : ce dernier n’est pour lui qu’un outil de réflexion, qui doit être adapté à la réalité contemporaine. Il réclame aussi un mouvement en faveur des classes moyennes, mais aussi la réconciliation du socialisme avec la nation dans son ensemble. Déat ne va pas tarder à rejoindre le camp planiste, et va professer un étatisme conciliant le capitalisme privé et un socialisme de type national. Léon Blum se heurte de front à Déat et ses séides, d’une façon très claire : « un socialisme national ne serait plus le socialisme et deviendrait rapidement antisocialisme ». Les « néo-socialistes » sont exclus de la SFIO dès novembre 1933. Les aspects planistes de leur doctrine vont s’amplifier de plus en plus, avec in fine le fantasme d’un socialisme sans prolétariat. La question nationale va également prendre de plus en plus d’importance. Déat tentera sans succès d’empêcher la réussite du Front populaire, puis dérivera rapidement vers la droite, jusqu’à s’engager corps et âme dans la collaboration avec l’Allemagne nazie.
Thierry Maulnier, qui après la guerre deviendra académicien, s’était engagé, au travers de la revue Combat, dans un long affrontement contre le matérialisme qui selon lui dominait l’époque : le matérialisme de droite, libéral, consumériste, corrupteur ; le matérialisme de gauche, marxiste, violent, chaotique. Thierry Maulnier, tout comme Drieu la Rochelle et Brasillach, défend le spiritualisme, l’idéalisme, seul capable de donner du sens à l’existence humaine et capable d’expliquer ses penchants. L’homme est traversé par des pulsions vitales, de violence, de cruauté et de domination. Il faut donc lui donner un gouvernement qui sache reconnaître ces pulsions, et s’en servir. Ce gouvernement ne pourra être qu’un gouvernement fort, viril, nationaliste, qui ne se cache pas derrière la rationalité bourgeoise ou le prolétarisme… Sternhell consacre également de longs développements à Emmanuel Mounier, directeur de la revue Esprit, dont l’antimatérialisme offre de nombreuses similitudes avec les thèses fascistes. C’est là l’une des thèses les plus importantes de l’ouvrage : le fascisme est un idéalisme. Le fascisme révère l’esprit, mais pas la raison. Le fascisme est un vitalisme, une idéologie basée sur une interprétation réactionnaire de la psychologie humaine : les hommes sont cruels par nature. Ce n’est pas regrettable, au contraire… Il faut s’en réjouir. Ce qui est, on en conviendra, une pensée typiquement droitière.
Zeev Sternhell rappelle également le comportement peu honorable d’une partie des intellectuels français durant la guerre, comme celui d’Alfred Fabre-Luce et Bertrand de Jouvenel, proches du PPF de Doriot, qui se sont reconvertis après-guerre en libéraux bon teint. L’historien termine sur une longue tirade critiquant la position de Raymond Aron, qui s’est échiné à défendre l’indéfendable Carl Schmitt, passant sous silence ses innombrables compromissions avec le national-socialisme.
Ceci dit, quelles sont les thèses à retenir de cet ouvrage ? La plus importante, c’est que l’ensemble des mouvements socialistes qui ont quitté le marxisme ont dérivé, d’une manière ou d’une autre, vers le fascisme, soit en remplaçant le prolétariat par la nation, soit en abandonnant le matérialisme pour l’idéalisme. L’idée est audacieuse, voire même grossière, mais Sternhell fournit de nombreux éléments de preuve. Difficile de trancher, tant ces questions sont méconnues, mais le comportement de Déat, de Doriot, de de Man et de Valois fait lourdement pencher la balance du côté de l’auteur… Dans tous les cas, la démonstration de l’existence réelle du fascisme en France durant l’entre-deux-guerres est faite.
D’autre part, Zeev Sternhell nous offre toutes les clés pour parvenir à une définition digne de ce nom du fascisme, dont nous avons d’ailleurs bien besoin. Le fascisme est donc un mouvement politique nationaliste, professant un socialisme antimarxiste et organiciste, basé sur un idéalisme antirationaliste et antimatérialiste.
Le fait que cette description s’applique presque totalement à un certain parti contemporain n’est pas fortuit. Au contraire, c’est tout à fait logique.
S.C. pour APL

dimanche 11 août 2013

Cornillon sur Oule : Pain et Paysage intérieur....



Samedi 17 août à NYONS
Présent Simple et EcriSud, en partenariat avec la Ville de Nyons
Vous proposent, dans le cadre des Journées Barjavel : « Le pain, paysage intérieur » 
Écrire et pétrir la pâte des mots et celle du pain, sur les traces de l’écrivain René BARJAVEL dans l’ancien fournil de sa famille.
6 rue Gambetta à NYONS de 10 h à 12 heures et de 15h à 17 heures.
Annick Combier, écrivain, animatrice d’ateliers d’écriture, membre de l’association EcriSud vous convie à un atelier d’écriture autour du pain.  Antoine et Dominique Toupet, boulangers professionnels, accompagneront les participants à travers les étapes d’une fournée bio!. Repas tiré du sac. Participation aux frais pour la boulangerie : minimum 15 euros par personne, 25 euros pour un couple, 8 euros pour les enfants de moins de dix ans,
Contact Le Présent Simple 06 42 30 53 52   www.lepresentsimple.com         www.ecrisud.fr
Nombre de participants limité à 12 personnes, sur réservation.                                                                             Atelier ouvert à tous, de 7 à 77 ans !
Une Balade ECRITURE !
A CORNILLON, LE LONG DE L’OULE  DIMANCHE 18 AOÛT de 10h00 à 16h00
Journée à la découverte d’une écriture poétique qui se laisse façonner par les paysages, animée par Annick Combier, Ecrivaine, animatrice d’ateliers d’écriture.
Participation  à l’atelier : minimum 10 euros/personne.                                    
Ouvert à tous, de 7 à 77 ans
Repas tiré du sac, uniquement sur inscription, nombre de participants limités 
Contact : Dominique et Antoine Toupet 06 42 30 53 52  www.lepresentsimple.com       
Annick Combier 06 30 18 06 46 www.ecrisud.fr   
*Itinéraire : Au plan d’eau de Cornillon, en venant de Cornillon tourner à droite avant le pont (à l’angle de la maison aux volets vert au bord de la route) en venant de la motte après le pont tourner à gauche devant la même maison, suivre le chemin sur 800 mètres pour arriver à destination du Pré Chorier.

mardi 6 août 2013

Châtillon en Diois : 3ème Journée des Ecrits et des Auteurs...



Journée des auteurs et des écrits de Chatillon en Diois : 3ème Journée des Auteurs et des Écrits sur le Diois.
(Photos :  ce dimanche 28 Juillet 2013, avant l'orage...)
Après les journées organisées en 2010 et 2011, l’association Châtillon Arts et Vigne organisait sa 3e journée des auteurs et des écrits sur le Diois le 28 juillet prochain. Comme l’explique Danièle Haeringer, responsable de la journée, cette manifestation sera désormais organisée tous les deux ans afin de laisser aux auteurs le temps de mise en œuvre de nouvelles publications. Rappelons que cette journée, qui a pour objectifs de faire connaître à nos visiteurs « juillettistes » la richesse documentaire d’un pays qu’ils apprécient, mais dont ils méconnaissent souvent les écrits dispersés est aussi l’occasion de discuter avec les auteurs divers (nature, jeunesse, histoire, géographie, ethnographie…), au cours d’une journée conviviale, d’acheter ou commander, de faire dédicacer. Les auteurs, diffuseurs, éditeurs intéressés peuvent dès maintenant prendre contact avec l’organisation.
On rencontrait, entre autre,  donc :
- Reverdy, Peintures
- Jacques Planchon, Michèle Bois, Pascale Conjard-Réthoré : Carte archéologique de la Gaule 26 : la Drôme : 783 pages, 1073 figures Date de parution : 2010 Prix : 70 €

- Bernard Jalliffier-Ardent : Les 100 pas du Vercors et Randonnées sur les passages d'antan, 144 pages, Prix : 30.50 €
Des Revues :
Informations sur la parution de revues d’histoire locale et régionale.
Revue trimestrielle éditée par la Société d'Archéologie, d'Histoire et de Géographie de la Drôme depuis 1866. C'est l'héritière des bulletins de sociétés savantes créées dans la plupart des départements français au XIXe siècle.
- Etudes drômoises
Revue bimestrielle éditée par l'association universitaire d'études drômoises depuis 1960 et se veut la revue du patrimoine de la Drôme.

- Les Cahiers de l'Oule
Sont édités par la section archéologique du Club sportif et culturel Mottois (La Motte Chalancon).
- Terres voconces
Diffusion : Le Gardenotes Baronniard, Robert Laudet, Lotissement Fontouvières, 26470 La Motte-Chalancon.
Et  quelques ouvrages anciens réédités (ou pas)…

Ouvrages anciens du 17e au 19e siècle, aujourd’hui quasiment introuvables mais accessibles par la base GALLICA de la Bibliothèque Nationale de France.
Les liens permettent la consultation directe des ouvrages référencés.
- Etat de l'evêché de Die vers 1474
Fillet (abbé) - 1890
- Histoire de Crest
Mailhet André, 1900
- Histoire de Die
Mailhet André, 1897
- Histoire de Saillans
Mailhet André, 1892
- L'album du Dauphiné
Cassiet et Debelle, 1835/1839
- Le cartulaire de Durbon 1126-1216
Romand Joseph, 19??
- Le Dauphiné
Donnet Gaston, 1900
- L'estat politique de la province de Dauphiné
Chorier Nicolas, 1671/1672
3ème JOURNÉE des AUTEURS  et des ÉCRITS sur le DIOIS
Le dimanche 28 juillet 2013
Sur le Champ de Foire de 10h à 18h.
Association Châtillon Arts et Vigne
D. Haeringer 04 75 21 80 66
Danielle Haeringer, historienne de formation, organise la "Journée des auteurs et des écrits à Chatillon en diois" qui se déroulait donc ce 28 juillet 2013, organisée par le "Festival Des Arts et de la Vigne".
Des auteurs, des passionnés, des raconteurs se sont succèdés afin de nous offrir une journée aux accents historiques, locaux, et toujours teintée de passion, d'anecdotes et de savoirs.