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lundi 3 janvier 2011

Charité n' est pas justice


La charité n'est pas la justice

Trois journaux (Libération du 27 décembre, Les Echos du 27 décembre, le Monde daté 28 décembre) consacrent quelques milliers de signes à la philanthropie, celle des milliardaires, celle des entrepreneurs… Les mots ne pèsent pas le même poids mais il s'agit bien de faire apparaître un visage acceptable du capitalisme.

Libération parle des milliardaires américains qui sont prêts à ne pas transmettre à leurs héritiers une partie plus ou moins importante de leur fortune, dansLes Echos le président de la Fondation de France disserte sur "le besoin de générosité inhérent à la nature humaine".

Les trois constatant l'écart entre les engagements des "tycoons US" et la frilosité de leurs équivalents français, trouvant parfois une explication dans la distinction culturelle à faire entre les sociétés imprégnées par le catholicisme et celles marqués par la réforme… Un peu rapide pour être convaincant, dans la mesure où l'expansion de la réforme précisément ne s'est pas faite n'importe où ni sans des conditions socio-économiques et politiques définies.

Ainsi donc les milliardaires radins et dynastiques à la française, même si fort peu d'entre eux sont de vrais "créateurs" d'entreprises et si la plupart n'ont accédé au statut d'hyper-riches que depuis à peine une ou deux générations, seraient différents des pratiquants du culte de l'individu triomphant à l'américaine, qui par leur geste, comme l'écrit l'éditorialiste de Libération, "reconnaissent que l'héritage est une injustice"

Il faut admettre une certaine logique dans la démarche des Warren Buffet et consorts ; si c'est à l'individu dans un système "libéral" de faire la preuve de ses talents personnels, rien ne justifie la transmission de ses avantages acquis à une descendance dont maint exemple montre l'incapacité ou la légèreté dans une vie de parasite doré… D'où la proposition de création d'impôts dépossédant les héritiers, dans ce même édito de François Sergent . Sachant quel est l'actionnariat de Libération, et nonobstant la liberté des journalistes, il faut chercher un peu où git le lièvre.

Bill Gates, par exemple, avoue qu'il existe un niveau de richesse où il devient impossible de tout dépenser soi-même ! Ce n'est pas faute d'imagination, encore que, en faisant preuve d'un peu plus…
Mais laisser à ses enfants 10 % de sa fortune soit 3,88 milliards d'euros sur un total de 38,8, cela laisse à sa famille un revenu annuel, pour un placement de père de famille à 3,5 % de 135,8 millions d'euros qui, même taxé selon une fiscalité redistributive laisse de quoi vivre sans travailler…

Bill Gates veut donc "sauver des vies". Mais le hic, c'est que les mécanismes qui permettent à une poignée d'hommes de devenir milliardaires, laissent aussi dans le même pays plusieurs dizaines de millions d'Américains sous le seuil de pauvreté, et ces mécanismes là ne sont ni interrogés ni remis en cause.

Or, croire que le système s'amendera par les seules vertus d'une politique fiscale équitable, c'est-à-dire prélevant un impôt à la fois proportionnel et progressif alors que depuis trente ans les impôts sont montrés comme un frein à l'initiative, à l'investissement productif et à l'enrichissement généralisé – leurres idéologiques inclus évidemment dans ces formules – et que depuis l'origine du capitalisme l'impôt progressif fait sortir de leurs gonds tous les possédants et tous leurs porte-parole, relève de la douce rêverie.

Selon le Crédit suisse, 24,2 millions de personnes sont millionnaires en dollars et concentrent 35,6 % de la richesse mondiale. Plus du tiers de la richesse monétarisée, fût-ce virtuellement, pour 4 millièmes de la population mondiale donc.

On pourrait en conclure que des changements sont non seulement possibles mais nécessaires. Ce n'est pas la voie choisie, ni par les milliardaires "philanthropes" d'outre-Atlantique ou de Chine, ni par les Harpagons français, ni par les gouvernements qui s'efforcent de gérer au mieux les conditions de valorisation de leurs patrimoines.

La charité n'est pas la justice, on le sait depuis que la philosophie existe et l'égalité, même des "droits" n'est pas admise comme valeur universelle ! Il est donc certain que l'on continuera de voir des politiques dont la transformation sociale n'est pas l'objectif.

D'ailleurs et pour ceux qui en douteraient, le même numéro des Echos en fournit une éclatante illustration et manifeste ainsi la permanence d'un travail idéologique qui permet la poursuite de politiques si contraires aux intérêts de l'écrasante majorité des habitants de la planète : on ne parle plus de la crise du capitalisme financier mais de la crise de la dette…

Entendez la dette contractée par les Etats pour l'accomplissement de leurs missions, la dette des ménages artificiellement comparée à celle des Etats mais point du tout la dette des banques qui seraient incapables d'honorer les retraits de leurs clients et qui ne bénéficient de la possibilité de mélanger leurs fonds propres et ceux de leurs déposants ou de ne disposer en caisse que de 10 % de leurs encours que par des législations taillées sur mesure… Dettes réelles pour les uns, dettes "virtuelles" pour les autres. Ce que la crise a mis en évidence c'est l'insondable cupidité des banquiers, manieurs de l'argent des autres, vrais alchimistes qui transmutent ce qui ne leur appartient pas en patrimoine personnel ! Bonus et stocks-options compris… Fidèlement imités en cela par les patrons du CAC 40, dont pas un ne serait ce qu'il est sans l'active et permanente complicité desdits banquiers.

"Signes porteurs d'avenir, des entrepreneurs ayant connu une réussite exceptionnelle, le plus souvent dans la finance ou les nouvelles technologies, éprouvent le besoin de consacrer une partie de leurs gains à des œuvres d'intérêt général" écrit Yves Sabouret dans son article. On notera sans surprise qu'il est question d'exceptionnelle réussite, sans interrogation ni sur la nature, ni sur les conditions d'acquisitions de gains réputés a priori légitimes… Il y aurait donc des traders vertueux ?

Jean-Paul Beauquier, syndicaliste (FSU)

les grimaces de l' histoire


Les salauds meurent dans leur lit

Nous avons tous fait un jour l'erreur de croire que le démon, celui qui fait du mal et de la haine sa passion et son métier, a un visage hideux, avec un oeil au milieu du front, une grimace à la place de la bouche et le nez en trompe poilue. Comme le souligne Cioran dans Précis de décomposition : "Invoquer le diable, c'est colorer par un reste de théologie une excitation équivoque, que notre fierté refuse d'accepter comme telle." Le démon est une personne ordinaire. Rien de particulier ne s'affiche sur son apparence physique. Il peut être votre collaborateur, votre chef de service , ou simplement votre voisin de palier. Il faut du temps, de l'expérience et le fait d'avoir été une de ses victimes pour déceler dans le fond de ses yeux ce liquide jaunâtre qui trahit la bile que sécrète son âme. La bile qui alimente les manigances en vue de prendre par la force ce qui ne lui appartient pas, pour usurper le travail et le mérite des autres et éclater de rire quand il a triomphé de tout le monde, surtout de la justice et du droit.

Il faut dire que l'imagerie davantage cinématographique que littéraire nous a longtemps menés en bateau. Par exemple, le film de Victor Fleming Dr. Jekyll and Mr. Hyde (1941) joué par Spencer Tracy et Ingrid Bergman nous révèle grâce à une excellente mise en scène comment le Bien se transforme en Mal chez la même personne, sauf que la laideur physique est alliée au Mal.

Jean-Paul Sartre a consacré des pages lumineuses à celui qu'il désigne par le terme "salaud". On a pris l'habitude de dire que "les salauds iront en enfer", que "la justice divine sera impitoyable avec eux", mais si nous écartons cet espoir, il faut bien reconnaître que trop souvent les salauds vivent longtemps et meurent dans leur lit. Si on prend les exemples de l'Histoire du XXe siècle, nous avons l'embarras du choix, entre Staline, Franco et Pinochet. Quelques exceptions cependant - Hitler se suicide et Mussolini est pendu comme Saddam Hussein . Mais si nous restons dans la sphère de la vie quotidienne, nous constatons que les salauds sont légion et ne prennent plus de précautions pour sauver la face. L'époque les a rendus arrogants et les a même banalisés (voir les préjugés racistes qui contournent la loi et s'affichent sans crainte).

Je suis persuadé que le démon, du fait qu'il a une pierre à la place du coeur, prolonge la vie de ses organes vitaux. Il repousse le moment de la mort avec une fermeté qui intimide la maladie. Face au Mal, on est démuni. Comme le souligne Georges Bataille , pour "le faible : "il n'y a pas de mal, tout est pur et la science en donne la raison"". La sensibilité, la bonté abîment nos cellules, brisent nos os et accueillent volontiers la maladie puis la mort. Dans Tandis que j'agonise, William Faulkner constate, impuissant : "(...) La douleur et le désespoir des os qui s'ouvrent, la dure graine qui enserre les entrailles violées des événements."

L'époque est avec les tricheurs, les imposteurs, les corrompus et corrupteurs, les usurpateurs et falsificateurs, ceux qui sont devenus puissants par l'argent facile et non par la vertu humanitaire. Regardez autour de vous : Berlusconi se maintient au pouvoir en piétinant les valeurs de la démocratie. Il ne s'en cache même pas. Il devient, au pays de la Mafia, l'exemple et l'image à reproduire. Les hommes se vendent et on peut les acheter, acheter leur vote, leur conscience, leur morale dont ils se dépouillent volontairement parce que c'est ainsi, le Bien, le Droit, la Justice ne sont plus rentables, ne sont plus de mise dans un monde où la brutalité frappe quotidiennement les plus démunis.

Alors que faire ? Pleurer et prier ? Que faire face au démon qui est, comme écrit Cioran, "dans le brasier du sang, dans l'amertume de chaque cellule, dans le frissonnement des nerfs, dans ces prières à rebours qui exhalent la haine partout où il fait de l'horreur, son confort" ?

Rester droit dans ses bottes. Défendre plus que jamais les valeurs de probité, de justice et d'intégrité. De toute façon, on ne s'improvise pas démon. On le devient parce qu'on a pris des cours du soir pour apprendre à voler et violer l'intelligence des gens de bien. Vous trouverez dans les prisons plus de petits voleurs que de grands escrocs, de véritables administrateurs du vol planifié, programmé.

Que de fausses valeurs encombrent les écrans des télévisions ! Des plagiaires condamnés continuent de venir nous expliquer le monde dans des émissions honorables ; des brigands de haut vol dont personne n'a réussi à prouver les méfaits sont admirés et invités à nous narguer en nous dispensant des sourires. Des gens qui n'écrivent pas leurs livres continuent de faire illusion. Leurs noms brillent dans le ciel de la société du spectacle ; leurs nègres se taisent et de ce fait les protègent. La vie est ainsi représentée en play-back et personne ne trouve rien à redire.

De temps en temps, quelqu'un hurle. On le prend pour fou. Ce qui est par ailleurs grave c'est que certains médias font bien leur travail, font des enquêtes sérieuses, débusquent le faux derrière des masques, le dénoncent ; certains vont plus loin et écrivent des livres avec des documents irréfutables à l'appui. Mais la machine continue de tourner. On dirait que la dénonciation fait partie du tout et que le faussaire l'a prévu dans son plan. Le fait que cela ne serve à rien décourage les bonnes volontés et alimente le désespoir commun.

Le démon est en nous. Il s'est installé. C'est ce que nous disent certains philosophes. A nous de le savoir et de l'expulser de nos entrailles, quel qu'en soit le prix. Sinon, nous ne serions que "des pantins bourrés de globules rouges pour enfanter l'histoire et ses grimaces" (Cioran).

Tahar Ben Jelloun

Ecrivain et poète, Tahar Ben Jelloun est membre de l'Académie Goncourt depuis 2008. Il a reçu le prix Goncourt pour "La Nuit sacrée" (Points Seuil) en 1987. Derniers livres parus "Jean Genet, menteur sublime" (Gallimard) et "Beckett et Genet, un thé à Tanger" (Gallimard).


dimanche 2 janvier 2011

L' autre moitié du monde


La présidente "Dilma", son héritage et ses défis

Un ouvrier, une femme. Pour la deuxième fois, la démocratie brésilienne, naguère violentée, aujourd'hui vibrante, innove avec bonheur. Samedi 1er janvier, l'ancien "métallo" Luiz Inacio Lula da Silva cédera son fauteuil à sa dauphine, Dilma Rousseff, l'ex-guérillera, devenue économiste et technocrate, élue il y a deux mois première femme présidente du Brésil.

"Dilma", comme chacun l'appelle, accède à la fonction suprême dans un contexte bien plus enviable que celui de 2002. Nul besoin, comme alors, de rassurer les milieux d'affaires qu'effrayait encore, malgré ses promesses apaisantes, le syndicaliste barbu. Grâce au pragmatisme de Lula, jamais démenti en huit ans, la nouvelle présidente bénéficie de l'héritage de son prédécesseur. Une démocratie consolidée, délivrée de l'inflation, à la richesse décuplée par l'envol du cours des matières premières (?). Emploi, monnaie : les grands indicateurs du Brésil sont au vert. Avec, en prime, un fabuleux trésor pétrolier qui dort pour quelques années encore au large de ses côtes.

Au réalisme économique s'ajoute une relative audace sociale. Grâce au dynamisme ambiant et à une gamme d'aides familiales, quinze millions de Brésiliens ont, depuis huit ans, échappé au chômage, intégré l'économie formelle et cessé d'être pauvres ou très pauvres. Ils ont rejoint l'armée grandissante des classes moyennes avides de mieux vivre.

Comme toute entreprise inachevée, celle de Lula comporte sa part d'ombre, où Dilma Rousseff affrontera ses plus grands défis. L'enseignement reste médiocre et inégalitaire. Le système de santé fonctionne à deux vitesses. La violence et l'insécurité gangrènent les métropoles. La corruption et le népotisme rongent la vie publique dans un pays où la politique est souvent perçue comme un simple moyen de s'enrichir.

Lula lègue à la nouvelle présidente un pays écouté et respecté dans l'arène internationale. Le Brésil y est devenu un acteur majeur qui s'attire beaucoup de louanges et déjà quelques reproches, par exemple à propos de son rapprochement avec le régime de Téhéran. Dans ce domaine, "Dilma" a commencé à faire entendre sa différence en exprimant avec force son souci des droits humains, en particulier ceux des femmes, en Iran et ailleurs.

Mme Rousseff doit son glorieux destin au soutien inflexible de son mentor, dont elle ne possède ni le charisme ni les dons de tribun, il est vrai hors de pair. Elle aura sans doute à coeur de s'émanciper peu à peu de cette tutelle bienveillante. Professeur d'optimisme, Lula a dopé le moral de la nation. Cette confiance collective profite à sa protégée. Plus de quatre Brésiliens sur cinq prédisent qu'elle gouvernera aussi bien, voire mieux, que le président le plus populaire de l'histoire du Brésil. A elle de ne pas les décevoir.

APIS

Donner l' exemple...


Impunité

République et nécessité, démocratie et devoir....

La loi dite SRU continue d’être contournée par de trop nombreux élus de la République. En toute impunité, est-on tenté de dire, les sanctions financières prévues contre les récalcitrants n’ayant rien de dissuasives. Ces maires hors-la-loi se trouvent des deux côtés de l’échiquier politique, même si la droite squatte notre classement des villes cancres de plus de 30 000 habitants. Echarpe bleu, blanc, rouge en bandoulière, ils sapent un des piliers de toute société démocratique : le respect du droit. Ils s’accordent une liberté, celle de contourner la loi, qu’ils sont censés refuser à leurs concitoyens.

A vouloir soigner leurs futurs suffrages, ils oublient juste le second mot qui désigne leur mode d’élection : universel. Ils privilégient les égoïsmes particuliers à l’intérêt général. Ce dernier impose que tous les élus participent à une urgence nationale : la construction de logements, donc de logements sociaux. Car se loger, après avoir un emploi, est la préoccupation majeure des Français.

Il manque aujourd’hui en France entre 900 000 et 1 000 000 logements. Cette pénurie alimente largement l’envolée des prix de l’immobilier. En refusant de construire des HLM sur leur territoire, les édiles tournent non seulement le dos aux valeurs républicaines de mixité et de solidarité, mais ils font aussi le jeu d’un marché incapable de s’autoréguler. Pour toutes ces raisons, il est urgent de revoir le dispositif des sanctions contre les maires défaillants. Un élu ne peut pas être au-dessus des lois de la république.

C.V.


Quelle soumission volontaire ?


Pour une exception de citoyenneté

Nous voyons de plus en plus chaque jour que la colère et l’indignation conduisent des citoyens à se mettre en travers de l’application de la loi dès lors qu’elle conduit à porter atteinte à des droits fondamentaux. C’est pourquoi il faut se demander si on ne devrait pas réfléchir à l’existence d’un nouveau «fait justificatif» qui pourrait être invoqué par ceux qui, s’opposant dans des circonstances exceptionnelles à l’application de la loi, pourraient être exonérés de toute sanction en invoquant une «d’exception de citoyenneté».

Evoquer l’exception de citoyenneté conduit à la nécessité de décriminaliser les dispositions du code pénal qui répriment les actions de solidarité en faveur de ceux dont la dignité est foulée au pied. En droit, le fait justificatif permet aux individus qui sont poursuivis d’obtenir une exonération de la loi pénale. Ce sont la légitime défense, l’état de nécessité et l’ordre de la loi. L’état de nécessité a été invoqué par les «faucheurs volontaires» d’OGM. Si José Bové et ses amis ont pu obtenir la relaxe en première instance, la Cour de cassation a estimé que l’état de nécessité avait été invoqué de façon excessive, les renvoyant dans les cordes du Parlement, seul habilité à changer la loi.

Cette question s’impose aujourd’hui parce que la société française devient de plus en plus sécuritaire, le législateur est convoqué pour voter en urgence des lois en réaction à des faits divers, le pouvoir législatif devient la caisse de résonance du discours de la peur. En contrepoint, certains opposent une résistance citoyenne parce que la mise en œuvre de certaines lois conduit à de graves atteintes à la dignité de l’homme. Elle s’impose parce que des citoyens vivent douloureusement le sentiment d’une impasse absolue, aggravée par le discrédit de la parole publique, ce qui conduit à des actions parfois proches de la rébellion. En toile de fond de cette exception de citoyenneté, il y a un thème plus large, aussi ancien que la démocratie, celui de la désobéissance civile. C’est une question complexe parce que, évidemment, il n’y a pas de démocratie s’il n’y a pas d’obéissance des citoyens à la loi commune. Et cette loi doit prévaloir sur les objections morales que les citoyens pourraient opposer, faute de quoi ce ne serait plus la démocratie mais l’anarchie qui régnerait. Le droit doit toujours prévaloir sur la conscience et sur le nombre. A cela cependant, ceux qui ont théorisé le principe de la désobéissance civile opposent des idées très simples. 1) Le citoyen ne doit pas abdiquer sa conscience au législateur parce que les gens les mieux intentionnés peuvent parfois être injustes. 2) Le principe de légalité ne suffit pas à fonder la légitimité. Citons Martin Luther King : «Il y a deux sortes de lois, les lois justes et les lois injustes. Je suis le premier à préconiser l’obéissance aux lois justes, c’est une responsabilité morale aussi bien que légale. Or, cette même responsabilité morale, la même que celle qui commande d’obéir à la loi nous commande de désobéir aux lois injustes. Et quiconque enfreint une loi injuste doit le faire ouvertement, avec ferveur et la volonté d’en accepter les conséquences. Je soutiens qu’un homme qui refuse d’adhérer à une loi lui paraissant injuste en son âme et conscience et qui se soumet de plein gré à la peine de prison afin d’en démontrer la justice à ses concitoyens, exprime, en agissant ainsi, son très grand respect pour la loi.»La meilleure façon de dire son respect pour la démocratie et la loi est parfois d’y désobéir.

Celui qui, en responsabilité, peut désobéir à la loi n’est pas un délinquant. L’expression de «dissident» paraît plus adaptée. On sait bien que le devoir d’une obéissance inconditionnelle à la loi peut conduire aussi à une forme d’irresponsabilité. Bernanos a écrit : «Il faut beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre.» Face à la menace de l’arbitraire, c’est la résistance citoyenne qui peut être le bouclier de la loi et de la démocratie. Face à la tyrannie, de grands textes depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ont institué le droit sinon le devoir de résister à l’oppression. Une déclinaison étant le droit de résister à l’ordre manifestement illégal, la traduction de ce droit collectif de résister face à la tyrannie à l’échelon individuel. C’est le statut de Nuremberg qui, pour la première fois, a affirmé que le fait qu’un accusé ait agi conformément aux ordres d’un supérieur hiérarchique ne suffit pas à le dégager de sa responsabilité. Le tribunal a créé une jurisprudence universelle reconnaissant non seulement le droit mais aussi le devoir du citoyen de désobéir à des ordres dont l’exécution porte atteinte au respect des droits de l’homme, quelle que soit la fonction de ce citoyen. C’est la question de l’obligation de désobéir à un ordre manifestement illégal.

Une jurisprudence récente de la Cour européenne des droits de l’homme et certaines décisions de la Cour de cassation devraient pouvoir offrir aux citoyens européens et donc français la possibilité de se mettre en travers de la loi ou d’un règlement lorsque leur mise en œuvre conduit à la violation de principes fondamentaux. Les juges prennent en compte le fait que les citoyens deviennent si légitimes, dans des cas de nécessité absolue, à être les défenseurs des principes protecteurs de la dignité de l’homme, que cette légitimité prévaut sur le principe d’obéissance à la loi. L’exception de citoyenneté consiste à invoquer devant le juge, pour justifier d’une transgression de la loi, le fait que sa mise en œuvre conduit à violer un intérêt supérieur à la loi.

Le règlement général des armées permet aux subordonnés de refuser d’exécuter l’ordre prescrivant l’accomplissement d’un acte manifestement illégal ou contraire aux conventions internationales. Le statut général des fonctionnaires dispose que celui-ci est délié de l’obligation d’obéir à son supérieur lorsque l’ordre est manifestement illégal ou de nature à compromettre gravement l’intérêt public. Le code de déontologie de la police nationale dispose que les fonctionnaires de police ont un devoir de désobéissance quand l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre un intérêt public. La loi française oblige à refuser d’obéir à un ordre manifestement illégal. Cela s’est traduit dans la jurisprudence d’une façon définitive dans l’arrêt du 13 janvier 1997 - arrêt Papon -, Papon ayant invoqué le fait qu’il n’avait fait qu’obéir à l’ordre qui lui avait été donné. Cela a été appliqué plus discrètement par la Cour de cassation récemment dans l’affaire «des écoutes de l’Elysée». Les fonctionnaires poursuivis avaient invoqué le fait qu’ils ne pouvaient refuser de mettre en place le système de surveillance puisque les ordres venaient de l’administration. Ils ont été déboutés de cet argument qui est un encouragement à la lâcheté. Il y a sous nos yeux d’autres exemples de ces batailles citoyennes. Les membres du Réseau Education sans frontières (RESF) se sont opposés à l’expulsion d’élèves étrangers au prix de poursuites judiciaires. Certains inspecteurs du travail ont refusé de se faire des auxiliaires de la police en faisant la chasse aux salariés victimes de travail illégal, des agents de l’ANPE ont refusé de radier des chômeurs, des agents EDF ont rétabli le courant… Tous ont été condamnés.

Demain, un officier de police judiciaire qui refuserait d’appliquer un règlement dès lors qu’il serait conduit à infliger des traitements dégradants à un gardé à vue devrait pouvoir opposer une exception de citoyenneté, nouvelle forme citoyenne du droit de résister à l’oppression, nouvelle déclinaison du devoir de résister à un ordre manifestement illégal.

L’exception de citoyenneté pourrait trouver sa place dans notre code pénal, ce serait un état de nécessité éthique permettant au juge d’exonérer tout agent public ou privé de sa responsabilité pénale dès lors que, par son action, il aurait tenté d’empêcher une atteinte à la dignité humaine. Devant nous se dessinent de nouvelles déclinaisons du citoyen du monde. C’est un citoyen effrayé, parfois terrorisé, un citoyen marchand et marchandisé. Il doit aussi être un citoyen éthique, celui qui, sommé d’agir par l’extrême gravité de la violation d’un principe universel supérieur, estime impérieux de braver la loi.

Notre propos est d’ouvrir un chantier qui reste à écrire. A ceux qui objecteraient que c’est trop demander aux juges, n’oublions pas que, précisément, ce qui leur est demandé, c’est d’arbitrer de façon parfois complexe et insatisfaisante, mais d’arbitrer quand même, entre des principes dont la hiérarchie peut être mouvante. Ils sont aussi le reflet de l’état de nos contradictions, et c’est pour cela aussi qu’ils sont les gardiens de la loi et de l’intérêt général.

WILLIAM BOURDON avocat et président de Sherpa


Dissoudre le peuple ?


Le peuple a-t-il toujours raison ?

Un vent de fronde souffle en France contre les pseudo-élites. La déception s’ancre dans l’esprit des citoyens. L’abstention bat des records de popularité. Le personnel politique peine à incarner une vision. Pour certains, le recours au peuple est le remède suprême : il suffirait de lui permettre de récupérer une totale souveraineté dans tous les secteurs de la société. Est-ce aussi simple ? Ce recours suppose que le peuple, par son bon sens collectif, sache distinguer le bien du mal, et discerner en son sein les hommes et les femmes capables d’assumer les responsabilités de la gouvernance. Lui faire confiance. Mais ne constate-t-on pas un repli frileux des peuples sur eux-mêmes ? En Italie, Berlusconi privilégie un lien direct avec le peuple et n’hésite pas à brocarderles élites. Autre exemple : Mitterrand, lorsqu’il décide d’abolir la peine de mort en 1981, le fait contre l’opinion. L’essence même de la démocratie n’est-elle pas le «gouvernement du peuple par le peuple» ? Pourquoi pas ? Mais le peuple a-t-il toujours raison ?

Jacques Julliard : Commençons par définir le peuple. Dans sa conception latine, le «populus» désigne l’ensemble de la population tandis que la plèbe ne concerne que la partie de la population opposée aux élites. En démocratie, s’il y a suffrage universel, le dernier mot revient au peuple en tant que «populus», c’est-à-dire le peuple tout entier, y compris les élites. Etre populiste, c’est ne s’adresser qu’à ceux qui composent la plèbe. Rousseau était populiste. Dans Du contrat social, il pose comme principe que la volonté générale ne peut pas se tromper «à condition qu’elle soit libre et non faussée». Il ne doit pas y avoir de partis politiques, de syndicats ou de journaux susceptibles d’entraver la volonté du peuple. En pratique, ces conditions sont impossibles à satisfaire. Rousseau précise que le peuple a toujours raison, même dans des situations d’illégalité. Le peuple souverain peut faire et défaire sa volonté. Montesquieu soutient au contraire que le peuple est souverain à condition que sa volonté soit équilibrée par le respect de la loi, de sa volonté antérieure. Il y a donc des volontés particulières et des volontés constantes. Je me place du côté de Montesquieu. Dans tous ses caprices, ses humeurs et les manipulations dont il est l’objet, le peuple n’a pas toujours raison. Mais on a jamais raison contre le peuple. S’il se trompe, on doit respecter sa volonté, quitte à essayer de la faire évoluer.

Jean-Luc Mélenchon : La question n’est pas de savoir si le peuple a toujours raison mais de déterminer qui exerce le pouvoir. La réponse est le peuple. Dans la République de Platon, on a contesté cette faculté. Seul celui qui était bien éduqué pouvait assumer ces fonctions. C’était du despotisme éclairé, dont la traduction contemporaine est l’élitisme éclairé qui repose sur l’apathie du grand nombre. Le XVIe siècle va marquer le renouveau de l’esprit populaire. L’idée d’une délégation divine du pouvoir est remise en cause. De Rousseau, je retiens surtout que l’idée républicaine jaillit du pouvoir de chacun. La loi est légitime parce qu’elle naît de tous, de la volonté générale et s’appliquera à tous. Pour reprendre Karl Marx : «Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses.»

François Bayrou a déclaré que s’il était élu, son gouvernement serait composé des meilleurs, à droite comme à gauche. Se rend-il compte qu’il applique la définition de l’aristocratie selon Aristote : le gouvernement des meilleurs. Nous vivons sous une oligarchie, le pouvoir d’un petit nombre qui l’exerce pour lui-même. Les dirigeants, les dominants, traversant les sommets des médias, de la banque, du pouvoir, sortis des mêmes écoles, se mariant entre eux. Ils gouvernent la société et font semblant de ne pas être une classe sociale. Ils se cachent, dissimulés derrière des mots paravents qui leur épargnent la confrontation au feu de la critique.

J. J. : Le problème, c’est qu’en démocratie le peuple, en tant que populus, exprime des opinions différentes : une sensibilité de gauche et de droite. On ne peut pas d’emblée décider que l’une ou l’autre ne fait pas partie du peuple. Ce ne serait pas démocratique. Le peuple n’a pas d’opinion unique. Je prends un exemple. A la Libération, les Français ont acclamé Pétain et quelques mois plus tard le général de Gaulle. D’abord rien ne garantit que ce soient les mêmes personnes qui aient ovationné les deux hommes. Ensuite, on ne connaît pas la pensée exacte de chacun. Autre exemple. Est-ce que le peuple était pour l’abolition de la peine de mort ? Non, les élites au pouvoir représentées par François Mitterrand l’ont imposée. C’est désormais reconnu comme un progrès démocratique. Le populisme est donc un raisonnement simpliste parce qu’il considère que le peuple est unique, qu’il a toujours raison. L’exigence de pluralisme dont on ne peut se passer, s’oppose à cette vision totalitaire de la démocratie.

Le contexte actuel fait la part belle au populisme en Europe, surtout à droite. En Suisse, le parti de l’UDC gagne du terrain tandis qu’en France grandit la menace Marine Le Pen. Le populisme, qu’il soit de gauche ou de droite, est la conséquence d’un certain élitisme. Le danger, c’est que ce populisme aille dans le sens de la xénophobie, du racisme, du protectionnisme. Un peuple resserré sur lui-même. La crise a mis sur le devant de la scène des élites habituées à fonctionner en circuit fermé, pour elles-mêmes. On a redécouvert qu’il y avait des riches et des pauvres, que ces disparités s’accentuaient. Les gens n’acceptent plus une loi à plusieurs vitesses. On l’a vu avec l’affaire Bettencourt. L’injustice est la raison fondamentale du populisme. Robespierre, Saint-Just et Hébert ont fait la Révolution non pas pour abolir les classes, il y aura toujours des riches et des pauvres, mais contre l’existence des ordres : ceux qui sont au-dessus des lois et ceux qui les subissent. Pour une société où le droit soit le même pour tous.

J.-L. M. : Notre confrontation n’est pas que sémantique, elle s’inscrit dans le réel. Peu m’importe la catégorie que vous nommiez peuple. Quelle que soit la frontière entre salariés et rentiers, je constate que le peuple est expulsé de la prise de décision au profit d’une minorité si étroite qu’elle pourrait tenir dans le bureau du directeur du FMI. La politique que nous subissons est celle d’une disparition progressive de l’Etat ou son emploi à l’unique fonction de protection du système. C’est le cas en Irlande et en Grèce. En France, le principe d’organisation politique est mort avec le référendum de 2005. Cette année-là, le peuple refuse à 55% une constitution européenne qu’on lui imposera deux ans après. Jacques Chirac a cassé le lien magique de la Ve République qui existait entre le peuple et son leader. Il a été désavoué par référendum mais n’a pas quitté le pouvoir. Le système est faussé.

Savez-vous que le budget de chaque Etat-nation doit être examiné par la Commission européenne avant d’être soumis au Parlement national. Le Parti de gauche et le Parti communiste ont déposé une loi pour empêcher cette situation et réaffirmer la souveraineté de l’Assemblée nationale. Mais la droite et le Parti socialiste, à l’exception d’Henri Emmanuelli, ont voté contre. Ils trouvent normal qu’une instance européenne soit mieux au fait de ce qui est bon pour le peuple. Enfin, je veux m’insurger contre l’utilisation dont certains font du populisme, devenu un terme injurieux, et qui vise à dénier au peuple le droit de se mêler de ses affaires. On agite la menace de Le Pen, un fasciste qu’on rhabille en populiste, pour effrayer le bon peuple qu’on soupçonne d’être raciste. En lui faisant peur, on le pousse à voter pour des solutions au final assez identiques.

J. J. : J’ai toujours été un partisan du oui au référendum sur l’Europe. Depuis, j’ai compris que si le non l’a emporté, ce n’est pas par opposition à la construction de l’Europe mais par crainte d’un libéralisme européen ou extra-européen. C’est donc un vrai problème démocratique, que l’on n’ait pas tenu compte du non au référendum. On comprend pourquoi l’idée d’Europe ne fait plus recette en France.

Vous vous plaignez de stigmatisation et de discrédit de la part des «médias» et des «élites». Mais, vous prêtez le flan à la critique. Il n’y a qu’à voir le titre de votre livre Qu’ils s’en aillent tous ! Poujade a dit exactement la même chose, faites attention. Vous êtes suffisamment homme des médias pour savoir que lorsqu’on lance une expression, on ne la contrôle plus. De même, votre formule «reprendre l’argent des riches» va à l’opposé de ce que vous dites par ailleurs. Vous savez très bien que la richesse d’un pays n’est pas seulement dans son capital, mais aussi dans sa capacité de richesse. Vous n’êtes pas populiste au sens fort et péjoratif du terme, bien que vous l’assumiez, peut-être pour des raisons médiatiques. Vos formulations sont ambiguës, compte tenu du rôle que vous jouez, c’est dangereux.

J.-L. M. : Vous devez vous faire à l’idée que je propose non pas une alternance mais une révolution citoyenne. Un changement des institutions par une Constituante, un nouveau partage des richesses, la sortie du traité de Lisbonne et de la Pax americana. Pour y parvenir, il faut un niveau d’implication populaire absolument incompatible avec le ronronnement des alternances actuelles, qui finiront dans un désastre.

Commençons par l’argent qui s’évapore systématiquement dans la bulle financière au lieu d’irriguer l’économie. Au cours des vingt-cinq dernières années, par rapport au total de la richesse produite par le pays, dix points sont passés des poches du travail à celles du capital. Soit 195 milliards d’euros par an. J’appelle à une restitution sociale. Si je gouverne, je reprendrai cet argent. Je veux dé-financiariser l’économie, expulser des postes de décision ceux qui ont participé de près ou de loin au système des stock-options. Toutes ces élites qui ont comme par le passé trahi leur pays. Celui qui délocalise une usine, comme l’entreprise Molex par exemple, pour permettre l’enrichissement de quelques-uns, est un traître. Je suis dangereux, c’est vrai, mais dangereux pour ces gens-là.

J. J. : La part du salaire à l’échelle non seulement nationale mais internationale est effectivement trop faible par rapport à celle du capital. De ce point de vue, je me sens de plus en plus marxiste. Vous dites vouloir reprendre l’argent, cela me fait penser à l’anarchisme du début du XXe siècle. Je crois que la démocratie exige de la pédagogie, sinon on tombe dans le populisme. Vous avez réussi quelque chose d’extraordinaire : en attaquant les médias, vous les avez mis à vos pieds. C’est une opération admirable mais je le répète, dangereuse.

J.-L. M. : Vous ne pouvez pas me réduire à quelques formules à l’emporte-pièce, même si je les assume. Ce que j’explique a le mérite d’être simple et clair. Les autres n’ont pas l’intention d’être compris. Les journalistes sont des sortes de curés qui donnent un temps de parole égal à la victime et au bourreau. Ils incarnent une vérité du juste milieu. Or la vérité est provisoire et approximative. Je m’indigne contre une médiacratie qui nonobstant tout esprit critique croit que devant un ouvrier qui perd son travail, on va donner raison à David Pujadas.

J. J. : Je ne suis pas en désaccord avec une dénonciation des médias, seul pouvoir à ne pas avoir de critique. Si vous attaquez les médias, vous risquez de mettre en cause la démocratie. Le véritable antidote au populisme c’est le pluralisme des opinions et la liberté de la presse.

Jacques Julliard
Historien et éditorialiste à Marianne. Auteur de la Reine du monde. Editions Flammarion, Champs actuel.

Jean-Luc Mélenchon Fondateur du Parti de gauche, animateur du Front de gauche.
Auteur de
Qu’ils s’en aillent tous ! Editions Flammarion.

Débat animé par Max Armanet
Retranscrit par Tania Kahn

samedi 1 janvier 2011

S' informer sur les Média

Ressources;

Nous sommes toujours surpris par l' inculture de nos élus...Voici quelques données pour se rattraper.

Des livres et des revues sur les médias parus en 2010

Publié le 30 décembre 2010

En attendant mieux et plus, voici quelques ouvrages parus en 2010. L

[Merci de nous signaler les omissions ; nous compléterons progressivement]

Livres

- Acklin Muji (Dunya), Gohard-Radenkovic (Aline), Entre médias et médiations. Les « mises en scène » du rapport à l’altérité, L’Harmattan, 2010, 274 p., 26,50 €.

- Agnès (Yves), Eveno (Patrick), dir., Ils ont fait la presse. L’histoire des journaux en France en 40 portraits, Vuibert, 2010, 351 p., 21 €.

- Almeida (Fabrice D’), Delporte (Christian), Histoire des médias en France de la Grande Guerre à nos jours, Flammarion, 2010, 505 p., 12 €.

- Astouric (Alain), La tyrannie du marketing, è®e, 2010, 160 p., 15 € (chap. 3 : « Le marketing et les médias »).

- Attali (Michael), dir., Sport et médias. Du XIXe siècle à nos jours, Atlantica, 2010, 832 p., 60 €.

- Awad (Gloria), Ontologie du journalisme, L’Harmattan, 2010, 180 p., 17 €.

- Awokou (Kokou), Médias et TIC dans l’éducation de 1960 à 2006. Le cas du Togo, éd. universitaires européennes, 2010, 300 p., 102 €.

- Bartok (Ambre), Ça se passe derrière la télé. Le dico incorrect de la télé, Timée, 2010, 146 p., 17 €.

- Bergier (Bertrand), Pas très cathodique. Enquête au pays des « sans-télé », Erès, 2010, 245 p., 23 €.

_ Bertin-Maghit (Jean-Pierre), Denis (Sébastien), dir., L’insurrection médiatique. Médias, histoire et documentaire dans le cinéma de Peter Watkins, Presses universitaires de Bordeaux, 2010, 176 p., 18 €.

- Beylot (Pierre), Le Corff (Isabelle), Marie (Michel), Images en question. Cinéma, télévision, nouvelles images : les voies de la recherche, Presses universitaires de Bordeaux, 2010, 200 p., 22 €.

- Bianca (Lisa Maria), Merlin (Roland), La presse assassinée. L’affaire Couraud, Res Publica, 2010, 261 p., 18,90 €.

- Blandin (Claire), dir., Le Figaro. Histoire d’un journal, éd. Nouveau monde, 2010, 409 p., 49 €.

- Blandin (Claire), Le Figaro littéraire. Vie d’un hebdomadaire culturel (1946-1971), Nouveau Monde éditions, 2010, 655 p., 49 €.

- Bougnoux (Daniel), Comte-Sponville (André), Debray (Régis), Gauchet (Marcel), Michaud (Yves), Des intellectuels jugent les médias, tome 1, Mordicus, 2010, 105 p., 11,90 €.

- Boulmot (Françoise), La violence scolaire dans la presse. Entre presse grand public et presse militante du milieu éducatif (1970-2006), Éditions universitaires européennes, 2010, 392 p., 110 €.

- Boutet (Josiane), Le pouvoir des mots, La Dispute, 2010, 192 p., 14 €.

- Bouvier (Pascal), La politique à l’écran : esthétique et imagerie du pouvoir, éd. Marie Delabre, 2010, 288 p., 28 €.

- Brachet (Camille), Peut-on penser à la télévision ? La culture sur un plateau, Le bord de l’eau, 2010, 250 p., 19,80 €.

- Buckingham (David), La mort de l’enfance : grandir à l’âge des médias, Armand Colin, 256 p., 25 €.

- Buxton (David), Les séries télévisées. Forme, idéologie et mode de production, L’Harmattan, 2010, 158 p., 15,5 €.

- Cardon (Dominique), Granjon (Fabien), Médiactivistes, Presses de Sciences Po, 2010, 147 p., 12 €.

- Cardon (Dominique), La démocratie Internet. Promesses et limites, République des idées/Seuil, 2010, 102 p., 11,50 €.

- Chantriaux (Olivier), De Gaulle et la diplomatie par l’image, INA, 2010, 218 p., 20 €.

- Chevrier (Jean-François), Entre les beaux arts et les médias : photographie et art moderne, Arachnéen, 2010, 221 p., 25 €.

- Chollet (Mona), Cyran (Olivier), Fontenelle (Sébastien), Reymond (Mathias), Les Éditocrates. Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi, Pocket, 2010, 210 p., 6,50 €. Réédition de poche d’un ouvrage

- Coignard (Tristan), L’apologie du débat public. Réseaux journalistiques et pouvoirs dans l’Allemagne des Lumières, 2010, 336 p., 25 €.

- Collectif, Le guide de la presse française 2010, Développement presse médias, 2010, 428 p., 39 €.

- Collectif, Libération, les unes, éd. de la Martinière, 2010, 352 p., 49 €.

- Colonna (Vincent), L’art des séries télé, ou comment surpasser les Américains, Payot, 2010, 384 p., 20 €.

- Cornu (Daniel), Les médias ont-ils trop de pouvoir ?, Seuil, 2010, 137 p., 14 €.

- Corroy (Laurence), Roche (Emilie), La presse en France depuis 1945, Ellipses, 2010, 144 p., 14,50 €.

- Damian-Gaillard (Béatrice), Frisque (Ségolène), Saitta (Eugénie), dir., Le journalisme au féminin. Assignations, inventions, stratégies, Presses universitaires de Rennes, 2010, 284 p., 20 €.

- Dink (Hrant), Chroniques d’un journaliste assassiné, Galaade, 224 p., 23 €.

- Doua (Edmond), Les médias dans les politiques culturelles africaines, Éditions universitaires européennes, 2010, 372 p., 109 €.

- Eck (Hélène), Blandin (Claire), dir., « La vie des femmes ». La presse féminine aux XIXe et XXe siècles, Éditions Panthéon-Assas, 148 p., 30 €.

- Endeweld (Marc), France Télévisions [off the records], Flammarion, 2010, 475 p., 21, 90 €. Présentation à venir sur le site.

- Esquenazi (Jean-Pierre), Les séries télévisées : l’avenir du cinéma ?, Armand Colin, 2010, 224 p., 18 €.

- Fontenelle (Sébastien), Même pas drôle. Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy, Libertalia, 2010, 172 p., 8 €.

- Frère (Marie-Soleil), Élections et médias en Afrique centrale. Voie des urnes, voix de la paix ?, Karthala, 2010, 364 p., 28 €.

- Frobert (Ludovic), dir., L’Écho de la fabrique. Naissance de la presse ouvrière à Lyon (1831-1834), ENS Éditions, 2010, 368 p., 27 €.

- Gabszewicz (Jean), Sonnac (Nathalie), L’industrie des médias à l’ère numérique, La Découverte, 2010, 126 p., 9,50 €.

- Goetschel (Pascale), Jost (François), Tsikounas (Myriam), dir., Lire, voir, entendre. La réception des objets médiatiques, Publications de la Sorbonne, 2010, 400 p., 35 €.

- Golmakani (Jamshid), L’image de l’Iran à la télévision française, L’Harmattan, 2010, 282 p., 25 €.

- Goulet (Vincent), Médias et classes populaires. Les usages ordinaires des informations, INA, 2010, 336 p., 20 €, préface de P. Champagne. Lire une présentation de cet ouvrage ici même.

- Greilsamer (Laurent), L’homme du Monde. La vie d’Hubert Beuve-Méry, Perrin, 2010, 754 p., 12 €.

- Grévisse (Benoît), Déontologie du journalisme. Enjeux éthiques et identités professionnelles, De Boeck, 2010, 296 p., 19,50 €.

- Groupe Marcuse, De la misère humaine en milieu publicitaire, La Découverte, 2010 (réédition), 182 p., 8 €.

- Guillaumin (Maud), Les Enfants de Mitterrand. De la gauche à Sarkozy, l’itinéraire de Georges-Marc Benamou, Denoël, 2010, 290 p., 19 €.

- Hoog (Emmanuel), La télé : une histoire en direct, Gallimard, 2010, 127 p., 14 €.

- Jost (François), Les médias et nous, Bréal, 2010, 128 p., 12,50 €.

- Koukoutsaki-Monnier (Angeliki), Thiéblemont-Dollet (Sylvie), dir., Médias, dispositifs, médiations, Presses universitaires de Nancy, 2010, 205 p., 18 €.

- Lacroix (Franck), L’autre Drucker, Jacob-Duvernet, 2010, 461 p., 21 €.

- Lafrance (Jean-Paul), Critique de la société d’information, CNRS, 2010, 181 p., 8 €.

- Laske (Karl), Valdiguié (Laurent), Le vrai canard. Les dessous du Canard enchaîné, Seuil, 2010, 507 p., 8 €.

- Laville (Camille), Les transformations du journalisme de 1945 à 2010. Le cas des correspondants étrangers de l’AFP, De Boeck/ INA, 2010, 224 p., 27,5 €.

- Le Bohec (Jacques), Dictionnaire du journalisme et des médias, Presses universitaires de Rennes, 2010, 640 p., 28 €.

- Le Brun (François), Traiter l’information économique et financière. Manuel de pratique journalistique, CFPJ, 2010, 156 p., 28 €.

- Le Foulgoc (Aurélien), Politique et Télévision : extension du domaine politique, INA, 2010, 331 p., 20 €.

- Lemieux (Cyril), dir., La subjectivité journalistique, Éditions de l’EHESS, 2010, 315 p. 16 €.

- Lemieux (Cyril), La sociologie sur le vif, Presses de l’École des Mines, 2010, 326 p., 19 €.

- Lemieux (Cyril), Un président élu par les médias ? Regard sociologique sur la présidentielle de 2007, Presses de l’École des mines, 2010, 207 p., 19 €.

- Lévêque (Sandrine), Ruellan (Denis), dir., Journalistes engagés, Presses universitaires de Rennes, 2010, 180 p., 15 €.

- Loew (Lionel), Sport et idéologie dans la presse internationale. Les Jeux Olympiques de Sapporo (1972), Éditions universitaires européennes, 2010, 480 p., 109 €.

- Manovich (Lev), Le langage des nouveaux médias, Les presses du réel, 2010, 608 p., 26 €.

- Marchetti (Dominique), Quand la santé devient médiatique. Les logiques de production de l’information dans la presse, Presses universitaires de Grenoble, 2010, 191 p., 21 €.

- Maréchal (Denis), RTL. Histoire d’une radio populaire, Nouveau Monde éditions., 2010, 582 p., 25 €.

- Marie (Vincent), Lucas (Nicole), Médias et mémoires à l’École de la République : construction, instrumentalisation, pouvoirs, Le Manuscrit, 2010, 480 p., 31 €.

- Martin (Alban), Et toi, tu télécharges ? Industries du divertissement et des médias à l’ère du numérique, Village Mondial, 2010, 214 p., 22 €.

- Mathe (Michel), Vite et bien. Des nouvelles de La Dépêche, Privat, 2010, 187 p., 15 €.

- Méadel (Cécile), Quantifier les publics. Histoire des mesures d’audience de la radio et de la télévision, Économica, 2010, 283 p., 24 €.

- Mérigeot-Magnenat (Clarisse), Presse people. Récit d’une collaboration toxique, Anabet, 2010, 186 p., 12 €.

- Morales (Julie), L’ouragan Stan : de l’objet médiatique à l’instrument politique, Éditions universitaires européennes, 2010, 480 p., 99 €.

- Morelli (Anne), Principes élémentaires de propagande de guerre. Utilisables en cas de guerre chaude, froide ou tiède, Aden, 2010, 222 p., 12 €.

- Morin (Edgar), Nora (Pierre), Onfray (Michel), Savater (Fernando), Des intellectuels jugent les médias, tome 2, 2010, 105 p., 11,90 €.

- Naud (Pascal), Perles des journalistes 2011. Le florilège des sottises et des bourdes !, Éditions 365, 2010, 365 p., 14,90 €.

- Parasie (Sylvain), Et maintenant, une page de pub. Une histoire morale de la publicité à la télévision française (1968-2008), INA, 2010, 265 p., 20 €.

- Pereira (Irène), Les travailleurs de la culture en lutte, Éditions d’ores et déjà, 2010, 180 p., 8 €.

- Pernelet (Rémy), Télé, un monde sans pitié, Flammarion, 2010, 302 p., 20 €.

- Piet (Grégory), Wintgens (Sophie), Stans (Davi), dir., La guerre à Gaza : de l’analyse du discours médiatique à l’analyse politologique, Éditions Peter Lang, 2010, 222 p., 35,80 €.

- Ploquin (Frédéric), Hubert Beuve-Méry : “Non à la désinformation”, Actes Sud, 2010, 96 p., 7,80 €.

- Porte (Didier), Insupportable ! Chronique d’un licenciement bien mérité, First, 2010, 253 p., 14,90 €, postface de Raoul Vaneigem.

- Renaud (Lise), dir., Les médias et la santé. De l’émergence à l’appropriation des normes sociales, Presses de l’Université du Québec, 2010, 429 p., 20 €.

- Ricaud (Pascal), L’autre Europe des médias. Médias, territoires et identités dans les espaces transfrontaliers : exemples basque et catalan, Éditions universitaires européennes, 2010, 672 p., 99 €.

- Rieffel (Rémy), Mythologie de la presse gratuite, Le Cavalier Bleu, 2010, 96 p., 14,50 €.

- Roche (Christian), dir., Grands reporters. Prix Albert Londres - 100 reportages d’exception de 1950 à aujourd’hui, Les Arènes, 2010, 640 p., 29,90 €.

- Roffat (Sébastien), Propagandes animées. Les dessins animés politiques entre 1933 et 1945, Bazaar & co, 2010, 336 p., 28 €.

- Rognon (Frédéric), dir., Médias et démocratie. Entre affinités électives et mutuelles suspicions, Presses universitaires de Strasbourg, 2010, 190 p., 18 €.

- Rouquette (Sébastien), L’hypermédia Internet. Analyse globale de l’espace médiatique Internet, INA, 2010, 280 p., 20 €.

- Schiffrin (André), L’argent et les mots, La fabrique, 2010, 112 p., 13 €. Voir .

- Secail (Claire), Le crime à l’écran. Le fait divers criminel à la télévision française (1950-2010), Nouveau Monde Éditions, 2010, 700 p., 49 €.

- Sifaoui (Mohamed), Eric Zemmour. Une supercherie française. Pamphlet barbaresque, Armand Colin, 2010, 251 p., 16,50 €.

- Thérenty (Marie-Ève), Vaillant (Alain), dir., Presse, nations et mondialisation au XIXe siècle, Nouveau Monde Éditions, 2010, 450 p., 49 €.

- Thoër (Christine), Lebouché (Bertrand), Lévy (Joseph), Sironi (Vittorio), dir., Médias, médicaments et espace public, Presses de l’Université du Québec, 2010, 330 p., 29 €.

- Thureau-Dangin (Philippe), André (Catherine), dir., Courrier International, 1991-2011. Une contre-histoire : 20 ans d’actualité vue d’ailleurs, Flammarion, 2010, 351 p., 32 €.

- Tissot (Sylvie), Tévanian (Pierre), Les mots sont importants (2000-2010), Libertalia, 2010, 296 p., 13 €.

- White (Aidan), Vous dire la vérité : initiative pour un journalisme éthique, Victoire, 2010, 259 p., 22 €.

- Wisdom (Myriam), Mythographies et scénographies des couples politiques. Images de presse et récits médiatiques, Éditions universitaires européennes, 2010, 352 p., 110 €.

Revues (dossiers)

- Alternatives internationales, « Menaces sur l’indépendance des médias », n° 46, 2010, p. 48-59.

- Savoir/Agir, « Reportage en précarité : entretien avec Florence Aubenas », Éditions du Croquant, « La médiatisation de l’enquête de Florence Aubenas : un cache-misère ? »n° 12, 2010. Sur la réception médiatique de cet ouvrage, lire ici même .

- Communication et langages, « Journalistes et citoyens : qui parle ? », n° 165, 2010, p. 15-86.

- Discepolo (Thierry), « Tout ça n’est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d’une politique éditoriale », Revue Agone, n° 44, 2010, p. 57-71. Du même auteur, lire ici même « Notes sur la pratique d’une politique éditoriale », qui en reprend l’essentiel.

- Horizons maghrébins, « Médias au Maghreb et en milieu migratoire », n° 62, 2010.

- La Revue internationale et stratégique, « Les médias peuvent-ils changer la politique internationale ? », n° 78, 2010.

- Les Cahiers du journalisme, « Journalisme et formation », n° 21, automne 2010.

- Les Cahiers Dynamiques, « Nouveaux médias, nouveaux jeunes » , n° 47, 2010.

- Le Temps des Médias, « Fiction » (n° 14, printemps 2010) ; « Justice(s) » (n° 15, automne 2010).

- Mouvements, « Critiquer les médias ? », n° 61, 2010. Avec, notamment : « Où en est la critique des médias ? Entretien avec Henri Maler de l’association Acrimed », que l’on peut lire ici même. Sommaire du numéro disponible ici.

- Moyen-Orient, « Nouveaux outils médiatiques et communication politique dans le monde arabe », n° 6, 2010, p. 63-81.

- Netsuds, « Les médias africains à l’heure du numérique », n° 5, septembre 2010.

- Quart Monde, « Médias et pauvreté », n° 213, 2010, p. 4-46.6Réseaux, « Presse en ligne », n° 160-161, 2010.

- Revue européenne des migrations internationales, « Les médias des minorités ethniques : représenter l’identité collective sur la scène publique », n° 26/1, 2010, p. 3-139.

    ACRIMED



Encore un coup dur pour l' agriculture


L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE ENCAISSE UN MAUVAIS COUT

Afin de faire des « économies », le gouvernement fait flèche de tout bois, s’attaquant aujourd’hui au crédit d’impôt pour l’agriculture biologique en le divisant par deux.

Le projet de loi de finances 2011, qui vient d’être adopté par le Sénat, réduit de 4 000 à 2 000 € le montant du crédit d’impôt sur le revenu dont bénéficient les agriculteurs convertis à l’agriculture biologique. Une mesure drastique à l’échelle des fermes, sous couvert d’économie d’argent public, mais une économie globale somme toute bien dérisoire comparée aux autres pôles de financement prévu par le projet de loi.

Ce crédit d’impôt avait comme principal mérite de remettre un peu de justice dans l’attribution des aides, notamment parce qu’il ciblait surtout les petites structures qui n’en percevaient pas ou très peu. L’annonce du doublement de

celui-ci avait été faite en fanfare à la suite du Grenelle de l’environnement. Elle n’aura pas été effective bien longtemps…

L’agriculture biologique est aujourd’hui la plus à même de préserver concrètement et durablement les ressources naturelles, la biodiversité et la richesse des sols. Cette mesure financière est un message très négatif adressé à la Bio et une trahison complète des objectifs affichés par le Grenelle de l’environnement. Cela n’emp

êche pas la France de clamer son soutien au développement du mode de production biologique afin de réduire l’usage des pesticides. Lancé en 2007, : le plan « Agriculture biologique : horizon 2012 » visait à tripler les surfaces cultivées en bio pour les porter à 6 % de la surface agricole française en 2012. On est encore bien loin de cet objectif puisque les surfaces cultivées en bio s'élevaient fin 2009 à 670 000 hectares… soit seulement 2,6 % de la surface agricole utilisée. Cette coupe franche dans les crédits ne va sûrement pas aider !

Alors que la demande française de produits bio va croissant, que les taux de surface en conversion n’y suffisent pas et que la relocalisation fait des émules, que restera t-il au marché Bio français pour s’approvisionner ? L’importation ? Est-ce vraiment une solution souhaitable et pérenne ? En aucun cas !

Ne serait-il pas plus cohérent d’encourager la production biologique locale ?

Nature & Progrès, la Confédération Paysanne et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) demandent vivement à ce que le Ministère de l’économie revoit sa copie, en accord avec les annonces du Grenelle.

Les exemples ne manquent pas pour affirmer que les économies de bouts de chandelle d’aujourd’hui se paieront au prix fort demain.

Contact :

Confédération paysanne - Nature et Progrès - FNAB

Philippe Colin (porte-parole) 06 76 41 07 18, philippe.collin3@wanadoo.fr
Roxanne Mitralias 01 43 62 18 73, rmitralias@confederationpaysanne.fr

Encore un coup dur

Régression sociale

Retraites : le recul de l'âge légal de départ à 62 ans publié au JO

La loi la plus antisociale depuis la libération applicable ...

La mesure phare de la contre réforme des retraites, le recul de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, a été publiée vendredi au Journal officiel.

Le texte de la réforme, promulgué par Nicolas Sarkozy après une forte mobilisation ( 3 millions de manifestants et 72% d'opposants) sociale pendant plusieurs semaines, stipule un recul progressif de quatre mois de plus par an, à compter du 1er juillet 2011.

Les assurés nés avant le 1er juillet 1951 seront les derniers à pouvoir liquider leur retraite à 60 ans. Il faudra attendre 60 ans et quatre mois pour les assurés nés après cette date, 60 ans et huit mois pour ceux nés en 1952, etc...

La nouvelle borne des 62 ans s'appliquera aux salariés nés à partir de 1956.

Le décret détaille également les modalités de départ anticipé pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes, avant l'âge de 16 ans, sous réserve d'avoir cotisé deux ans ans de plus que la durée requise pour le taux plein.

Ce dispositif dit "carrières longues" permet à ces salariés de prendre leur retraite entre 56 ans et 60 ans, en fonction de leur année de naissance et de l'âge auquel ils ont débuté leur carrière.

Le texte stipule aussi que les parents d'enfants lourdement handicapés pourront continuer à partir à 65 ans sans décote ainsi que les mères de trois enfants, nées entre 1951 et 1955, ayant arrêté de travailler pour les élever. La retraite est aussi maintenue à taux plein à 65 ans pour les travailleurs handicapés.

Un autre décret publié vendredi vient aligner le taux de cotisation retraite des fonctionnaires sur celui du privé (passage de 7,85 à 10,55%), étalé sur 10 ans.

Un troisième modifie le barème de calcul des rachats de trimestres d'années d'études. Par un effet mécanique du report de l'âge légal de départ en retraite, ce rachat sera moins cher à partir de 2011.

Enfin, un autre décret pérennise le dispositif de "retraite progressive", qui permet à certains salariés de continuer à travailler à temps partiel tout en touchant une partie de leur pension.

La FSU, premier syndicat dans la Fonction publique d'Etat, a de nouveau fustigé dans un communiqué une réforme "brutale et injuste" et demandé "son abrogation".

C.V.