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lundi 4 novembre 2013

Laisser les chemins ruraux ouverts au public....



Monsieur le maire de Choranche (38):
Adressée à : Monsieur Bourne Branchu abandonnez l'aliénation et organisez une concertation pour rechercher une solution acceptable par tous.- réouvrez à la circulation tous les chemins ruraux actuellement barrés par les riverains.
Merci d'avoir signé la pétition "Monsieur le maire de Choranche: - abandonnez l'aliénation et organisez une concertation pour rechercher une solution acceptable par tous.- réouvrez à la circulation tous les chemins ruraux actuellement barrés par les riverains."
NON À LA PRIVATISATION DES CHEMINS RURAUX DE CHORANCHE
Le conseil municipal de Choranche a préparé dans le plus grand secret un projet d’aliénation de dix chemins ruraux appartenant au domaine privé de la commune. Cependant il n’a pu se soustraire à l’obligation d’ouverture d’une enquête publique, ce qui a fait éclater l’affaire au grand jour.
Choranche est une commune classée en Commune de Montagne du fait de la vigueur de son relief. Elle est connue nationalement pour ses grottes aménagées qui sont une des toutes premières destinations touristiques du département de l’Isère. Beaucoup de spéléologues fréquentent également ses grottes « sauvages », où circulent de magnifiques rivières souterraines. Les hautes falaises qui constituent son « cirque » et la séparent de la commune voisine de Presles ont une renommée internationale dans le monde des grimpeurs. Enfin, Choranche est traversée par le GR 9, le célèbre itinéraire de randonnée qui court au long de toutes les Alpes françaises.
De toute évidence, le tourisme représente un futur crédible pour la commune dont la population est depuis un siècle en déclin constant (140habitants au dernier recensement), et qui ne comporte plus que quelques exploitations agricoles qui ne peuvent se mécaniser aisément en raison de la raideur des pentes.
Une nouvelle population, souvent constituée de néo-ruraux, tente de relever ce défi, mais se heurte à l’opposition de certains propriétaires fonciers installées depuis toujours sur la commune et pour qui tout « étranger » est un ennemi à bouter hors du territoire.
Le projet actuel n’est que le dernier épisode de cette bataille des anciens et des modernes. Il a pour but, à vil prix (0,1 euro le mètre carré), de dépouiller la collectivité au bénéfice de quelques intérêts particuliers.
Il contrevient à l’intérêt général puisqu’il aboutirait à ramener à presque rien le patrimoine communal, à réduire notablement les possibilités de promenade des habitants, à limiter fortement l’activité des randonneurs, à compliquer ou interdire la traversée du territoire de Choranche par les itinéraires pédestres intercommunaux.
Il tente d’échanger certains chemins ruraux de pente régulière, larges, tracés en milieu ouvert, offrant des échappées superbes sur les paysages remarquables qu’offre Choranche, contre des itinéraires accidentés, étroits, sinueux, inaccessibles aux animaux de bât, sans aucune vue puisque repoussés en forêt, ou par des portions de route goudronnée.
Ce déclassement est organisé sans la moindre concertation, et le conflit d’intérêt y pointe, puisque quatre membres du conseil municipal dont le maire (premier gagnant par la longueur du linéaire déclassé), son premier adjoint (qui achètera en plein village à plus de cent fois au-dessous du prix du marché) et deux conseillers, soit cinquante pour cent de la constitution actuelle du conseil, figurent au premier rang des bénéficiaires des terrains ainsi bradés.
L’association DES CHEMINS POUR TOUS s’est constituée pour empêcher ce déni de justice qui ne fait qu’ajouter de nouveaux problèmes aux difficultés existantes. Elle a la volonté de participer bénévolement à l’entretien des chemins ruraux que la commune n’assure pas, et vous prie de bien vouloir signer la pétition suivante.
Pétition adressée à :
Monsieur Bourne Branchu, Maire de Choranche
- abandonnez l'aliénation et organisez une concertation pour rechercher une solution acceptable par tous.
- réouvrez à la circulation tous les chemins ruraux actuellement barrés par les riverains.
Cordialement,
Votre nom ( déjà 1214 personnes)
 http://www.change.org/fr/pétitions/monsieur-le-maire-de-choranche-abandonnez-l-aliénation-et-organisez-une-concertation-pour-rechercher-une-solution-acceptable-par-tous-réouvrez-à-la-circulation-tous-les-chemins-ruraux-actuellement-barrés-par-les-riverains
Notre blog : http://choranche.blogspot.fr
Merci de faire suivre ce courriel à tous vos amis susceptibles d?être
concernés par cette atteinte aux libertés publiques.
Bien cordialement,
Christian BOUILHOL
2 Allée les Portes du Vercors
26190 Sainte Eulalie en Royans
06 85 50 08 46
chris.bouilhol@free.fr

Taxer le capital...

Annuler la dette ou taxer le capital : pourquoi choisir ?


À l’occasion de la sortie de deux livres importants, Dette 5000 ans d’histoire et Le Capital au XXIème siècle, Mediapart a eu l’heureuse idée d’organiser une rencontre entre leurs auteurs respectifs, David Graeber et Thomas Piketty. Leurs échanges sont accessibles sur le site du journal en ligne (1). Comment sortir de la dette, cette question centrale posée en préambule à ce dialogue est également au cœur des réflexions et de nos activités militantes respectives. C’est pourquoi nous avons souhaité donner un prolongement constructif à ces échanges en proposant le texte qui suit, fruit d’une réflexion collective qui explicite, commente, questionne et critique les points de vue et les arguments avancés par les deux auteurs. Annuler la dette ou taxer le capital ?
Les échanges entre T. Piketty et D. Graeber tournent pour l’essentiel autour de la mise en regard des mérites respectifs de l’impôt sur le capital et de la répudiation de la dette publique. D. Graeber, s’appuyant sur une belle érudition historique et anthropologique, souligne que l’annulation de tout ou partie de la dette, privée ou publique, est une figure récurrente des luttes de classes depuis 5000 ans. Considérant que la dette est un mécanisme central de la domination capitaliste aujourd’hui, il ne voit aucune raison qu’il en aille autrement dans les années à venir.
T. Piketty estime pour sa part qu’on peut obtenir un allègement considérable du poids des dettes par un mécanisme fiscal de taxation des grandes fortunes qui serait plus juste socialement, car il éviterait de frapper les petits et moyens épargnants détenteurs (via les fonds communs de placement gérés par les banques et les compagnies d’assurance) d’une grande partie de la dette publique.
Sans que les deux interlocuteurs ne l’explicitent, on peut sans doute attribuer leur différend à des présupposés philosophiques et politiques opposés. Pour Graeber, de tradition anarchiste, l’annulation de la dette est préférable parce qu’elle ne suppose pas nécessairement de s’en remettre à l’État national, et encore moins à un État ou une institution supranationale : elle peut résulter de l’action directe des débiteurs (cf. le projet de « strike debt » (2 porté par Occupy Wall Street aux États-Unis), ou bien de la pression populaire imposant une décision à un gouvernement. Pour Piketty, de tradition social-démocrate, c’est une fiscalité mondiale sur le capital qui est nécessaire, et des mesures fiscales nationales portées par des gouvernements réformistes peuvent déjà permettre d’avancer.
Au vu précisément des arguments des deux auteurs, nous pensons qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre imposition du capital et annulation de dettes, mais qu’il est judicieux de mettre en œuvre ces deux mesures simultanément.
Annuler la dette, une mesure injuste socialement ?
T. Piketty rejette les annulations de dette au motif que les créanciers seraient en majorité des petits épargnants qu’il serait injuste de faire payer, alors que les très riches n’auraient investi qu’une faible part de leur patrimoine dans les titres de la dette publique. Mais nous lui objectons que l’audit de la dette que nous préconisons a non seulement pour vocation d’identifier la dette légitime (c’est-à-dire la dette au service de l’intérêt général) de celle qui ne l’est pas, mais également d’identifier précisément les porteurs afin de pouvoir les traiter différemment selon leur qualité et le montant détenu. En pratique, la suspension de paiement est la meilleure manière de savoir exactement qui détient quoi car les détenteurs de titres sont forcés de sortir de l’anonymat.
Selon la banque de France, en avril 2013, la dette négociable de l’État en France était détenue à 61,9 % par des non-résidents, essentiellement des investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurance, fonds de pension, fonds mutuels…). Pour les 38,1 % qui sont détenus par des résidents, la part du lion revient aux banques (elles détiennent 14 % des dettes publiques françaises), aux assurances et autres gestionnaires d’actifs (3). Les petits porteurs (qui gèrent directement leur portefeuille de titres) ne représentent qu’une infime minorité des détenteurs de dettes publiques. À l’occasion d’une annulation de dettes publiques, il conviendra de protéger les petits épargnants qui ont placé leurs économies dans des titres publics ainsi que les salariés et les retraités qui ont vu une partie de leurs cotisations sociales (retraite, chômage, maladie, famille) placé par les institutions ou les organismes gestionnaires dans ce même type de titres.
L’annulation des dettes illégitimes doit être supportée par les grandes institutions financières privées et les ménages les plus riches. Le reste de la dette doit être restructuré de manière à réduire drastiquement tant le stock que la charge de la dette. Cette réduction/restructuration peut notamment s’appuyer sur l’impôt sur le patrimoine des plus riches comme évoqué par T. Piketty (4). Annulation des dettes illégitimes et réduction/restructuration du reste de la dette doivent aller de pair. C’est un vaste débat démocratique qui doit décider de la frontière entre les épargnants petits et moyens qu’il faut indemniser et les gros qu’on peut exproprier. On pourrait alors mettre en place une taxe progressive sur le capital, frappant durement les très grandes fortunes, celles des 1 % les plus riches, dont T. Piketty a montré qu’ils possèdent aujourd’hui plus du quart de la richesse totale en Europe et aux États-Unis (5). Cette taxe prélevée en une seule fois permettrait de terminer d’éponger l’ensemble des dettes publiques. Par la suite, une fiscalité fortement progressive sur les revenus et le capital bloquerait la reconstitution des inégalités patrimoniales dont Piketty estime à juste titre qu’elles sont antagoniques avec la démocratie.
Annulation de la dette : au bénéfice de qui ?
Si nous ne pouvons pas suivre T. Piketty quand il affirme que l’annulation de la dette « n’est pas du tout une solution progressiste », il a cependant raison de remettre en cause le type d’annulation partielle de dettes conçue par la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI) pour la Grèce en mars 2012. Cette annulation a été conditionnée par des mesures qui constituent des violations des droits économiques, sociaux, politiques et civils du peuple grec, et qui ont enfoncé encore un peu plus la Grèce dans une spirale descendante. Il s’agissait d’une entourloupe visant à permettre aux banques privées étrangères (principalement françaises et allemandes) de se dégager en limitant leurs pertes, aux banques privées grecques d’être recapitalisées aux frais du Trésor public, et à la Troïka de renforcer durablement son emprise sur la Grèce. Alors que la dette publique grecque représentait 130 % du PIB en 2009, et 157 % en 2012 après l’annulation partielle de la dette, elle a atteint un nouveau sommet en 2013 : 175 % ! Le taux de chômage qui était de 12,6 % en 2010 s’élève à 27 % en 2013 (50 % pour les moins de 25 ans). Avec T. Piketty nous refusons ce type de « haircut » prôné par le FMI, qui vise seulement à maintenir en vie la victime pour pouvoir la saigner encore et toujours plus. L’annulation ou la suspension du paiement de la dette doit être décidée par le pays débiteur, à ses conditions, pour lui donner un vrai bol d’oxygène (comme l’ont fait par exemple l’Argentine entre 2001 et 2005 et l’Equateur en 2008-2009).
La dette et l’inégalité des fortunes ne sont pas les seuls problèmes
Graeber et Piketty s’opposent pour déterminer si c’est la dette ou l’inégalité des patrimoines qui est la cible politique prioritaire. Mais pour nous, les problèmes que rencontrent nos sociétés ne se limitent pas au problème de la dette publique ni à celui de l’inégalité des fortunes privées. Tout d’abord, il est bon de rappeler – et Graeber le fait systématiquement – qu’il existe une dette privée bien plus importante que la dette publique (6), et que l’augmentation brutale de cette dernière depuis cinq ans est due en bonne part à la transformation de dettes privées, celles des banques notamment, en dettes publiques. Ensuite et surtout, il faut replacer la question de la dette dans le contexte global du système économique qui la génère et dont elle n’est qu’un des aspects.
Pour nous, imposition du capital et annulation des dettes illégitimes doivent faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. Un tel programme, qui devrait avoir une dimension européenne tout en commençant à être mis en pratique dans un ou plusieurs pays, comprendrait notamment l’abandon des politiques d’austérité, la réduction généralisée du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien du salaire, la socialisation du secteur bancaire, une réforme fiscale d’ensemble, des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes et la mise en place d’une politique déterminée de transition écologique.
Graeber met l’accent sur l’annulation de la dette car il croit, comme nous, qu’il s’agit d’un objectif politique mobilisateur ; mais il ne prétend pas que cette mesure se suffise à elle-même, et il s’inscrit dans une perspective radicalement égalitaire et anticapitaliste. La critique essentielle qu’on peut faire à Thomas Piketty est qu’il pense que sa solution peut fonctionner en demeurant dans le cadre du système actuel. Il propose un impôt progressif sur le capital pour redistribuer les richesses et sauvegarder la démocratie, mais n’interroge pas les conditions dans lesquelles ces richesses sont produites et les conséquences qui en résultent. Sa réponse ne remédie qu’à l’un des effets du fonctionnement du système économique actuel, sans s’attaquer à la véritable cause du problème. Tout d’abord, admettons qu’on obtienne par un combat collectif une imposition du capital, à laquelle nous aspirons, les recettes générées par cet impôt risquent d’être largement englouties par le remboursement de dettes illégitimes si nous n’agissons pas pour leur annulation. Mais surtout, nous ne pouvons pas nous contenter d’un partage plus équitable des richesses, si celles-ci sont produites par un système prédateur qui ne respecte ni les personnes ni les biens communs, et accélère sans trêve la destruction des écosystèmes. Le capital n’est pas un simple « facteur de production » qui « joue un rôle utile » et mérite donc « naturellement » un rendement de 5 %, comme le dit Piketty, c’est aussi et surtout un rapport social qui se caractérise par l’emprise des possédants sur le destin des sociétés. Le système capitaliste en tant que mode de production est à l’origine non seulement d’inégalités sociales de plus en plus insoutenables, mais de la mise en danger de notre écosystème, du pillage des biens communs, de rapports de domination et d’exploitation, d’aliénation dans la marchandise, d’une logique d’accumulation réduisant notre humanité à des femmes et des hommes incapables de sublimer, obsédés par la possession de biens matériels et oublieux de l’immatériel qui pourtant nous fonde.
La grande question que Piketty ne se pose pas, mais qui saute aux yeux de qui observe les rapports de pouvoir dans nos sociétés et l’emprise de l’oligarchie financière sur les États, est la suivante : quel gouvernement, quel G20 décidera d’un impôt mondial progressif sur le capital, sans que de puissants mouvements sociaux n’aient d’abord imposé le démantèlement du marché financier mondialisé et l’annulation des dettes publiques, instruments majeurs du pouvoir actuel de l’oligarchie ?
Comme David Graeber, nous pensons qu’il faudra imposer l’annulation des dettes sous « l’impulsion des mouvements sociaux ». C’est pourquoi nous agissons dans le cadre du collectif d’audit citoyen (CAC (7)) afin que l’annulation de la dette illégitime résulte d’un audit auquel les citoyens participent comme acteurs. Nous sommes cependant dubitatifs face à son idée selon laquelle « le mode de production actuel est fondé sur des principes moraux plus qu’économiques », car « le néolibéralisme a privilégié le politique et l’idéologique sur l’économique ». Pour nous, il n’y a pas d’opposition entre ces trois champs mais il y a un système, le néolibéralisme, qui les articule à sa manière. Le capitalisme néolibéral n’a pas privilégié le politique et l’idéologique sur l’économique, il les a utilisés et mis au service de la recherche du profit privé maximum, avec un certain succès jusqu’à présent si l’on en juge d’après les données fournies par Piketty dans son ouvrage. Certes, ce système a engendré de monstrueux déséquilibres – dont les dettes privées et publiques – et n’est pas compatible à terme avec une société émancipée, mais dans l’immédiat sa domination se perpétue.
Au-delà des divergences – secondaires avec Graeber, plus profondes avec Piketty – que nous venons d’expliciter, nous sommes bien sûr prêts à emprunter ensemble le chemin de l’annulation des dettes illégitimes et de l’impôt progressif sur le capital. Lorsque nous arriverons à un carrefour dont une des voies indiquera la sortie du capitalisme, il nous appartiendra alors, tous ensemble, de reprendre le débat en tirant les leçons de l’expérience du chemin parcouru.
Thomas Coutrot, Patrick Saurin et Éric Toussaint *
* Thomas Coutrot est membre du Conseil scientifique d’Attac, Patrick Saurin est un des porte-parole de SUD BPCE et Éric Toussaint est président du CADTM Belgique.
Notes
1- http://www.mediapart.fr/journal/cul...
2- Voir le site www.strikedebt.org
3- Reuter, « Les 50 plus gros détenteurs de dette française » http://fr.reuters.com/article/compa... , 28 décembre 2011.
4- T. Piketty, Le capital au XXIe siècle, Le Seuil, 2013, p. 887.
5- T. Piketty, idem, p. 556.
6- En 2011, dans la Zone Euro, la dette brute des États représentait 82 % du PIB, la dette des ménages 61 %, la dette des sociétés non financières 96 % et la dette des sociétés financières 333 % (Base de données Base de données de recherche Morgan Stanley : http://www.ecb.int/stats/money/aggr...
7- Voir le site du CAC : http://www.audit-citoyen.org/


dimanche 3 novembre 2013

La Ligne ferroviaire Lyon Turin à 26 milliards...


Les députés français approuvent la réalisation du Lyon-Turin
Le dossier brûlant de l’écotaxe s’invite dans tous les débats. En discutant, jeudi 31 octobre, de la ratification du traité international portant sur l’"Accord entre le gouvernement de la République italienne et le gouvernement de la République française pour la réalisation et l’exploitation d’une nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin", signé à Rome le 30 janvier 2012, certains députés, hostiles au projet, n’ont pas manqué de brocarder la volte-face du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sur l’écotaxe désormais suspendue.
"UN PROJET PHARAONIQUE"
Comment engager des milliards dans un chantier considérable – la Cour des comptes a estimé à quelque 26 milliards d’euros le coût total du percement d’un nouveau tunnel ferroviaire sous les Alpes et la construction de ses accès français et italiens –, et, dans le même temps, se priver du revenu de l’écotaxe prélevée sur la circulation routière des poids-lourds ?, s’interrogeaient ces députés. "La disparition de l’écotaxe est une double peine, a jugé François-Michel Lambert, élu (Europe Ecologie-Les Verts) des Bouches-du-Rhône. Elle a disparu alors qu’elle aurait permis de freiner ces transits inutiles, plutôt que de dépenser de l’argent dont on a bien besoin par ailleurs, dans un projet pharaonique."
Ecotaxe ou pas, le projet du Lyon-Turin, un dossier vieux de plus de vingt ans, continue de déchaîner les passions. Pour la grande majorité des députés et des élus locaux – le projet de loi portant ratification du traité a été voté par 57 voix pour et 9 contre –, ce projet va permettre de soulager les vallées alpines d’un incessant et polluant trafic des poids lourds. "Nos vallées alpines, leurs accès et nos agglomérations sont réduites à des couloirs à camions et attendent avec impatience un report massif de la route vers le rail", a plaidé  la socialiste Bernadette Laclais (Savoie). Saturation des infrastructures routière et ferroviaire; émission de CO2 et pollution de l’air; risques d’accident comme la catastrophe du Mont-Blanc en 1999 (39 morts) ; renforcement de l’axe est-ouest et des relations commerciales avec l’Italie ; développement de l’activité économique régionale avec les chantiers à venir… autant d’arguments repris par les députés socialistes, UMP ou encore radicaux.
BAISSE RÉGULIÈRE DU FRET ROUTIER SUR L’AXE FRANCO-ITALIEN
Les opposants, eux, ont démonté, chiffres à l’appui, nombre de ces éléments. Député de Savoie, Dominique Dord, l’un des rares UMP à s’opposer au projet, a exprimé ses doutes. Tout comme le centriste Bertrand Pancher (UDI, Meuse), qui a présenté les chiffres en baisse régulière du fret routier sur l’axe franco-italien : "En 1998, 35 millions de tonnes transitaient entre nos deux pays, 26 millions en 2007, 23 millions en 2011." "Ce projet ne tient pas compte de l’état actuel du trafic, a aussi pointé la député écologiste d’Isère, Michèle Bonneton. (…) Tout démontre que le fret entre la France et l’Italie est en diminution constante depuis quinze ans." Les opposants pointent aussi la sous-utilisation de la ligne existante. "La ligne transalpine actuelle, celle du Mont-Cenis, pourrait absorber l’essentiel des besoins : (…) son trafic se limite actuellement à 3,4 millions de tonnes, soit à peine 20 % de sa capacité reconnue", a précisé Mme Bonneton.
L'argument est retourné par les défenseurs du Lyon-Turin, qui voient dans ce sous-emploi la preuve de la vétusté du tunnel existant et la nécessité d’en construire un nouveau, ainsi que les effets de la crise économique expliquant les baisses du fret. Mais pour Daniel Ibanez, de la Coordination contre le Lyon-Turin, ce traité est une "arnaque". "Le premier traité, signé par la France et l’Italie en janvier 2001, précisait, dès l’article 1, que la "mise en service devrait intervenir à la date de saturation des ouvrages existant", alors qu'on doit être à 17 % d’utilisation du tunnel existant s’agissant du fret ferroviaire, fulmine-t-il. Et les prévisions de trafic ne tiennent pas compte d’une réorientation du transport de marchandise sur un axe sud-nord, plus qu’est-ouest, ce qu’ont compris les Suisses qui modernisent leurs axes dans ce sens. Enfin, on est passé de 12 milliards d’euros à plus de 26 milliards pour le coût global du projet. Et la somme pourrait encore augmenter."
"FAIBLE RENTABILITÉ SOCIO-ÉCONOMIQUE"
La bataille est rude sur le coût estimé du projet. L’Europe confirme le financement de 40 % des frais de construction de la partie internationale du projet, soit le tunnel dont le coût est estimé à quelque 8,5 milliards d’euros. La France en paierait 25 %, ainsi que le financement des infrastructures d’accès côté français et d’autres chantiers comme le contournement de Lyon, un dossier mis en avant pour justifier la nécessité du nouveau tunnel. Dans un référé d’août 2012, la Cour des comptes critiquait la "forte augmentation" des coûts prévisionnels. Les seules études et travaux préliminaires, estimés initialement à 320 millions d’euros ont vu leur facture bondir à plus de 900 millions d’euros fin 2010. Les juges de la rue Cambon, à Paris, estimaient "faible la rentabilité socio-économique" du projet et, surtout, regrettaient que "d’autres solutions techniques alternatives moins coûteuses aient été écartées sans avoir été complètement explorées de façon approfondie".
Un argument martelé par les opposants. "Ce grand projet n’a aucune rentabilité, a résumé le député Dominique Dord. Il est l’archétype d’une logique technocratique dépassée, de choix qui remontent à trente ans et qui ne sont plus adaptés, de prévisions qui se sont toutes révélées fausses, de chiffrages qui ont dérapé et déraperont encore."
Le traité ratifié jeudi par les députés français doit encore passer au Sénat, le 18 novembre. L'accord doit aussi être approuvé côté italien où l’opposition sur le terrain est plus virulente, avec le mouvement des "No TAV" (No al treno a alta velocita), opposé à la construction du tunnel. Le 20 novembre, les deux chefs d’Etat, Giorgio Napolitano et François Hollande, se retrouveront à Rome. Le Lyon-Turin sera, bien sûr, au menu du sommet franco-italien.
Rémi Barroux
 

Vers de nouvelles émeutes de la faim...

Le FMI revient à la charge avec les mesures qui provoquent des émeutes de la faim


Quelques jours avant l’assemblée générale annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui s’est tenue du 11 au 13 octobre 2013 à Washington, le FMI est revenu à la charge. Concrètement, en Espagne, après avoir proposé une baisse de salaires qui a provoqué une réaction inhabituelle |1| , il réclame désormais de réduire la liste des produits et services considérés basiques ou de première nécessité qui bénéficient des taux réduits de TVA. Il s’agit bien du même remède qui provoqua les fameuses émeutes de la faim, aussi appelées « émeutes FMI », au Sud de la planète, quand le prix du pain ou de l’essence montait d’un coup en une nuit jusqu’à des prix inabordables pour la majorité de la population. On peut citer entre autres exemples, le soulèvement connu comme « Caracazo » au Venezuela en 1989, lors de la mise en œuvre d’une mesure du plan du FMI qui a provoqué l’augmentation subite du combustible ; ou celui du Pérou en 1991, quand le prix du pain a été multiplié par 12 alors que les salaires amorçaient leur chute ; du Zimbabwe en 2000 ; Argentine, Paraguay et Uruguay en 2001… La liste est aussi longue, que l’est l’histoire du néocolonialisme économique de l’institution de Washington.
En somme, le FMI suit la voie de l’austérité qu’il applique au Sud, où ses politiques échouent depuis des décennies. Au-delà de quelques nouvelles propositions sur les prélèvements, il n’y a rien de nouveau dans l’idéologie de l’institution. Déjà en 1999, dans un rapport sur les Effets des politiques d’ajustement structurel sur la jouissance effective des droits de l’homme, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies portait sur les plans d’austérité au Sud ce constat que nous pouvons appliquer à l’actuelle crise de la dette au Nord.
Malheureusement, aussi bien le FMI que la Banque mondiale considèrent la gestion de la crise d’endettement comme une activité distincte de la tâche fondamentale qui est le développement humain. Une forte croissance du produit national brut (PNB) ou la réduction de l’inflation ne débouchent sur le développement qu’à condition de s’accompagner de changements dans la répartition du revenu, de manière à permettre à une plus large proportion de la population de jouir effectivement de ses droits économiques, sociaux et culturels. |2|
L’austérité, un projet politique à échelle internationale
Ces politiques d’austérité du FMI, en plus de violer la souveraineté des peuples, anéantissent les droits les plus élémentaires des personnes. La proposition d’introduire un impôt exceptionnel avec un taux de 10% sur le capital de toutes les épargnes quel qu’en soit leurs montants, cela pour réduire la dette publique des pays européens au niveau d’avant la crise en 2007, ne doit pas nous induire en erreur. Bien sur, cela nous rappelle ce qui est arrivé à Chypre, même si dans ce cas il s’agissait d’un taux de 47,5% sur tous les comptes disposant de plus de 100 000 euros. Ceci dit, on a plutôt l’impression d’être face à une attitude désespérée afin d’attirer l’attention pour dissimuler d’autres mesures à venir. De la même manière, quand le FMI affirme qu’il reste de la marge pour augmenter les taux d’imposition des tranches supérieures de revenus, il semble que, devant le chaos que génèrent ses propres mesures, il doive faire semblant d’innover pour que sa politique soit soutenable… et suive le même chemin capitaliste. D’ailleurs, comme disait le rapport de l’ONU en 1999 déjà cité, il faut comprendre les politiques d’austérité bien plus comme un projet politique à échelle internationale.
L’ajustement structurel va au-delà de la simple imposition d’un ensemble de mesures macroéconomiques au niveau interne. Il est l’expression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les programmes d’ajustement structurel (PAS) jouent un rôle de "courroie de transmission" pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la libéralisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’État dans le développement national. |3|
Le 9 octobre 2013, après la présentation du rapport Taxing Times du FMI, Michael Keen, directeur adjoint du département des finances publiques du FMI, déclara que l’Espagne « n’a pas eu suffisamment recours à la TVA » pour augmenter ses recettes. Il n’aura vraisemblablement pas suffit d’appliquer une hausse de TVA de 13 points, passant de 8 à 21% pour les secteurs de la Culture, des livres ou du matériel scolaire. Les Espagnols apprécieront l’attention particulière du FMI à ce propos. Après deux hausses brutales de l’impôt régressif le plus injuste, d’abord sous le gouvernement du parti dit socialiste (PSOE) et de la droite (PP) ensuite, les recommandations du FMI sont scandaleuses. Ils prétendent soigner la maladie en tuant le patient.
Dans son rapport fiscal d’octobre 2013, Le FMI, affiche une soudaine préoccupation pour réduire la dette publique aux niveaux d’avant la crise en 2007, sans pour autant reconnaitre que dans certains cas, et en Espagne en particulier, la dette publique s’est envolée précisément en conséquence du sauvetage bancaire. En guise de solution, le FMI revient à faire des propositions profondément injustes et erronées, tel l’impôt exceptionnel déjà mentionné de 10% sur l’économie des foyers. |4| Dans son argumentaire, le FMI met en garde contre « les risques des alternatives » à cette proposition, tel que « la répudiation de la dette publique ». Un « risque » qui constituerait plutôt pour nous un premier pas vers une sortie de crise.
Depuis la Plateforme espagnole d’Audit Citoyen de la Dette, nous ne devons pas, nous ne payons pas (Plataforma Auditoría Ciudadana de la Deuda, No debemos , no Pagamos), nous développons des activités afin que les citoyennes et citoyens puissent envisager des alternatives, définir des critères pour qualifier une dette illégitime et en refuser le paiement. 
Jerome Duval et Felippe Martin
Traduction Jérôme Duval et Virginie de Romanet
Voir en ligne : http://auditoriaciudadana.net/2013/...

Notes
|1| Jérôme Duval, Fátima Fafatale, Espagne. Le sombre avenir que nous réserve le FMI : Dette, chômage et pauvreté.
|2| Effets des politiques d’ajustement structurel sur la jouissance effective des droits de l’homme, point 6. http://www.cetim.ch/fr/documents/pa...
|3| Nations Unies, Ibid, point 31.
|4| A One-Off Capital Levy ?, in Taxing Times, Fiscal Monitor, FMI, octobre 2013, page 49. http://www.imf.org/external/pubs/ft.

samedi 2 novembre 2013

La Ligne SNCF, Valence-Die-Gap, encore fragilisée...



COMMUNIQUE DE PRESSE
Accidents graves dans le Diois…
La sous-traitance privée est une nouvelle fois épinglée !
Des travaux de rénovation de ligne devaient avoir lieu entre Livron et Die du 30 septembre au 31 octobre 2013.
Conformément au dogme libéral en vigueur, ce travail a été sous-traité par Réseau Ferré de France (RFF) à l’entreprise privée La Champenoise. Au moins 3 autres entreprises privées travaillaient également pour différentes prestations.
Aucun cheminot SNCF ne devait intervenir sur ce chantier sur « voie fermée »...
Dans la nuit du 23 octobre, le déraillement d’un train de travaux s’est produit. Les salariés ne s’en sont probablement pas aperçu immédiatement, ce qui expliquerait les dégâts importants.
La voie est littéralement détruite sur 2,6 km. Des milliers de traverses, et des installations électriques et mécaniques ont été brisées et arrachées...
Sur ce même chantier, un autre accident a conduit à la destruction d’un passage à niveau. Et 2 autres incidents avec un déraillement avaient eu lieu avant cette catastrophe. Cela fait beaucoup pour un chantier de seulement 5 semaines.
Et les exemples se sont multipliés par ailleurs sur d’autres chantiers de la
Région en 2013.
Les travaux auront donc au minimum 5 semaines de retard (et probablement largement plus). La responsabilité de ces entreprises privées, de RFF, de la SNCF et des autorités est engagée. La privatisation de ces travaux conduit à une « prise en otage » des usagers qui seront privés de trains pendant une longue période. Etrangement, nous constatons que l’indignation sur les suppressions de trains est sélective !
Pour la CGT, c’est le dumping social imposé au secteur ferroviaire grâce au système de la sous-traitance, qui est à l’origine de la multiplication des incidents et accidents !
Avec un statut social de haut niveau, les salariés de ces entreprises pourraient acquérir une bonne connaissance du terrain, bénéficier de bonnes formations initiales et continues, de moyens humains et matériels adaptés aux charges de travail, de bonnes conditions de travail et de repos indispensables au maintien de la vigilance, etc…
C’est ce qu’apporte le statut des cheminots aux agents de la SNCF.
C’est donc la SNCF, avec son personnel qualifié, qui devrait réaliser TOUTES les interventions sur le système ferroviaire, sans exception. C’est une condition du retour à la sérénité sur nos voies !
Au lieu de cela, le système qui se met peu à peu en place s’appuie sur la soustraitance en cascade, du personnel peu formé, ne parlant parfois même pas le français, donc exploité et mis en situation de danger.
Ce personnel est par ailleurs soumis à des pressions patronales intolérables comme l’interdiction de déclarer des accidents de travail.
La CGT considère que le gouvernement porte la responsabilité des dérives qui se multiplient. Loin d’imposer un retour à la maîtrise publique par l’entreprise nationale avec du personnel à Statut, il prépare une réforme ferroviaire qui conforte le « laisser-faire », la dilution des responsabilités et l’accroissement de la privatisation des travaux et activités ferroviaires.
Un système libéral dans lequel les salariés doivent toujours travailler plus avec moins d’emplois et de moyens, sans aucune reconnaissance, ni protection.
De leurs côtés, les directions de RFF et de la SNCF, sont plus préoccupés par le business que par le service public ferroviaire. Elles considèrent de plus en plus la sécurité comme une contrainte, dont elle s’affranchissent en organisant le recours à ces entreprises privées.
C’est intolérable !
La CGT compte bien agir pour ne pas laisser détruire les acquis sécuritaires et sociaux construits par des générations de cheminots.
Un projet alternatif de réforme ferroviaire a été élaborée, avec l’expertise des cheminots, par la Fédération CGT. Le gouvernement porte la responsabilité de ne pas vouloir le prendre en compte.
S’il persiste, les cheminots s’élèveront violement contre la réforme gouvernementale, dont les principes inspirés par le Président de la SNCF nous conduisent tous dans le mur !
D’ores-et-déjà, les cheminots de la Région de LYON interpelleront, à l’appel de la CGT, leur direction régionale le 21 novembre 2013, à l’occasion de la restitution d’un rapport accablant sur la sous-traitance privée qui sera présenté au comité d’entreprise.
Le Secteur fédéral CGT des cheminots de la Région de LYON
SECTEUR FEDERAL CGT des CHEMINOTS - Région de LYON
23 rue Pierre Sémard 69007 LYON
Tél. PTT : 04 26 21 78 63
Tél. SNCF : 540 863
Adresse de messagerie :
SECTEUR.CGTLYON@wanadoo.fr
Lyon, le 31 octobre 2013

Valence : Le Laboratoire indépendant change de locaux...



VALENCE Locaux écolos pour la Criirad
Pratiquement tous les fondateurs de la Criirad étaient là pour inaugurer les nouveaux locaux du laboratoire indépendant.
Ils ont choisi le bois et la paille pour réaliser un bâtiment “passif”. Une manière de faire coïncider la forme avec le fond du combat pour l’environnement qu’ils conduisent depuis 27 ans.
Hier, à Valence, la Criirad inaugurait ses “nouveaux” locaux. 550 m2 conçus par Enertech, dans lesquels l’équipe de ce laboratoire indépendant, créé au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, pourra poursuivre ses analyses, et son combat.
Aux côtés du président Roland Desbordes, l’euro-députée Michèle Rivasi bien sûr, ainsi que les autres membres du « canal historique » de la Criirad, comme s’est amusée à les appeler l’élue européenne.
Mais également de très nombreux autres représentants politiques, du Département, de la Région (Rhône-Alpes et Paca), de l’Agglo ou de la Ville. Oui, beaucoup de monde pour fêter ce “renouveau”, et se souvenir ensemble de débuts pas forcément évidents…
Aujourd’hui, ce sont près de 7 000 adhérents et une équipe de 14 salariés qui font le quotidien de l’association.
Quant au coût de plus d’un million d’euros de ce bâtiment, il aura été assumé par la Criirad (400 000 euros + 300 000 de prêts bancaires), la Région (250 000€) et le Département (100 000€).

Nouvelle adresse !
29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE
Tél : 04 75 41 82 50
Tel 2 : 09 51 75 52 97
Fax : 04 75 81 26 48
contact@criirad.org
www.criirad.org
communication@criirad.org
Ligne directe : 04 75 41 82 54
Roland Desbordes, Président
Permanence téléphonique
chaque lundi de 15h à 18h

Quand le populisme et conservatisme vont en guerre...


Les plus réactionnaires, Patrons de la Grande Distribution, Patrons du MEDEF, Droite dure de la Manif’ pour tous et cléricaux de tous poils, exploitants de l’agriculture intensive et chimique de la FDSEA, et autres pollueurs  s’apprêtent à manifester à Quimper…Alors que les problèmes qu’ils ont crées de toute pièce leur empêche de voir leurs propres erreurs. MCD
En Bretagne, un modèle agricole intensif à bout de souffle
Samedi 2 novembre, des représentants des entreprises Tilly-Sabco, Doux ou Gad manifesteront dans les rues de Quimper. Les salariés de ces abattoirs de volaille et de porcs sont les victimes les plus visibles de la crise qui secoue le secteur agroalimentaire en Bretagne.
La fermeture de l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère), du siège finistérien de cette entreprise et d'un autre site à Saint-Nazaire vont se traduire par près de 900 licenciements. Chez Doux, près d'un millier d'emplois ont d'ores et déjà disparu et l'entreprise est toujours en redressement judiciaire. Quant à Tilly-Sabco, il est sur la corde raide.
Ces trois entreprises ont en commun d'être nées au moment où la Bretagne a misé sur l'agriculture intensive. Avec peu de terres disponibles, des personnes très formées et motivées, cette région excentrée a choisi de tourner le dos à la petite ferme de polyculture et d'élevage traditionnelle pour installer des porcheries et des élevages de poulets à l'échelle industrielle. Un virage négocié à partir des années 1960, porté par la politique de décentralisation.
Bâtiments d'élevage, abattoirs, usines d'alimentation animale et entreprises agroalimentaires se sont déployés dans cette région qui représente 7 % du territoire national. Des sociétés privées comme Gad, Tilly-Sabco ou Doux, mais aussi de grosses coopératives comme Cooperl, Cecab ou Triskalia ont connu un développement rapide. Et la Bretagne s'est imposée non seulement comme la première région productrice de porcs - avec plus de 50 % de la production nationale -, mais aussi d'œufs (plus de 40 % de la production du pays). C'est, en outre, en Bretagne que sont élevées près du tiers des volailles de consommation.
Par ailleurs, la région s'est imposée dans l'exportation de poulets congelés, en particulier vers les pays du Moyen-Orient, grâce à un type de subventions à l'export octroyées par Bruxelles et dénommées "restitutions".
Mais les premières limites du "modèle" breton ont commencé à apparaître au milieu des années 1990. Avec l'ouverture des marchés européens, négociée dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, l'agriculture bretonne axée sur le volume et les faibles marges s'est trouvée confrontée à la concurrence de pays comme le Brésil. Au sein même de l'Europe, avec l'entrée dans l'Union des ex-pays de l'Est, des distorsions de concurrence sont apparues entre la France et des pays comme l'Allemagne, qui ont recours dans leurs abattoirs à la main-d'œuvre roumaine ou polonaise payée au salaire de leur pays d'origine. Quant aux "restitutions", elles ont commencé à baisser, et l'Union européenne a voté leur disparition à terme.
A cet accroissement des problèmes de concurrence est venue s'ajouter la fluctuation du prix des matières premières agricoles, de plus en plus spéculatives. Or, l'élevage breton importe une bonne part de la ration, en particulier le soja, devenu plus coûteux au fil des ans. Le développement de la grande distribution, qui pèse inexorablement sur les prix et les marges de ses fournisseurs, a aussi contribué à mettre le secteur sous tension.
Enfin, avec la densification de l'élevage s'est posée la question du traitement des rejets. L'élévation du taux de nitrate dans l'eau est devenue un sujet de préoccupation pour les organisations environnementales mais aussi pour les citoyens. Les algues vertes sur les plages bretonnes ont frappé les esprits. Tous les tenants de l'élevage intensif n'ont pas de mots assez durs pour qualifier la circulaire Le Pensec-Voynet de 1998, qui selon eux a contribué "à briser leur élan" et "à vitrifier l'élevage". L'arrêt donné à l'extension des élevages et les différentes directives, européennes comme françaises, ont tenté de réduire les impacts environnementaux. Les stations de traitement des lisiers se sont multipliées dans les élevages.
UN DOSSIER COMPLEXE
Le paquebot de l'agroalimentaire breton a continué à voguer sur sa lancée. Mais progressivement, des voies d'eau l'ont fragilisé. Des rapports sur la crise de la filière porcine et avicole ont été commandés et se sont accumulés sur les bureaux des gouvernements successifs. Mais le sujet est complexe. Les rivalités entre entreprises, les querelles de clochers, les intérêts de chacun, les influences politiques ne facilitent pas la mise en place d'un projet ou d'une coopération régionale, les récentes manifestations bretonnes l'ont prouvé.
Le mouvement de contestation s'est cristallisé sur le rejet de l'écotaxe, devenue un symbole du "pouvoir jacobin". Il a fédéré une coalition hétéroclite, regroupant les tenants d'une agriculture productiviste comme la FDSEA, branche bretonne du syndicat agricole FNSEA, et les Jeunes Agriculteurs, qui demandent moins de contraintes environnementales, les délégués FO des entreprises Doux et Gad, des représentants des transporteurs, du Medef régional, de la grande distribution et des élus. Ils sont à l'origine de l'appel à manifester samedi à Quimper.
D'autres refusent de se joindre au mouvement. Comme la CFDT. "Le modèle breton, basé d'abord sur les volumes, est à bout de souffle", reconnait le syndicat, qui ajoute : "est-ce à dire que tout l'agroalimentaire breton est en crise ? Non, la plupart des entreprises qui ont fait le choix de la valeur ajoutée, de la qualité et de l'innovation s'en sortent bien, et elles ont un vrai avenir si elles sont accompagnées dans cette recherche".
Les entreprises qui tombent aujourd'hui, comme Doux ou Gad, filiale de Cecab, ne peuvent pas uniquement invoquer la crise pour expliquer leur situation. Choix stratégiques aventureux et mauvaise gestion sont les premières causes de leur chute. Même si elle vit une crise structurelle, la Bretagne garde donc de nombreux atouts sur les marchés agricoles et agroalimentaires. A condition toutefois que les acteurs soient capables de discuter et de mettre en place un "nouveau" modèle.
Laurence Girard

vendredi 1 novembre 2013

Le Parlement Libre des Jeunes réuni à Sainte Croix en Diois...



« Nous sommes le changement »
Sainte Croix avait bien doublé de population en ces trois journées de mobilisation des jeunes.  Cette première du « Parlement Libre des Jeunes » au Monastère de Sainte Croix en Diois est née de la rencontre d’une centaine de jeunes de tous les milieux et régions de France avec l’Association AequitaZ, association sans domicile fixe qui invente des stratégiques politiques et poétiques pour défendre ses droits face à la précarité et aux discriminations. Ce sont des jeunes de quartiers populaires vivant des situations de pauvreté, jeunes au chômage sans protection sociale, migrants précaires, personnes en souffrance psychique…qui se sont retrouvés pendant trois jours de séminaire au coeur du Diois. Ici 80 jeunes de 18 à 30 ans ont fait le déplacement et réfléchissent sur des propositions sociétales qui pourraient être proposées aux élus de la République , mais aussi faire leur chemin dans la société civile afin de modifier notre « vision du monde ». Chacun des sept groupes de travail devait élaguer ses multiples diagnostics et projets pour faire émerger une réelle proposition susceptible d’être votée par l’assemblée plénière, tel le Parlement Français. « Un exercice délicat quand on connaît les manipulations des esprits par les médias et le formatage dans le cadre des institutions et des pratiques » évoquait Jérôme Bar, un des animateurs. Mais l’exercice était riche tant des sept propositions initialement retenues (lutte contre les discriminations, carnets de compétence, imaginer une autre économie éthique…) que de la difficulté de se mettre à la place du législateur et in fine de voter pour en retenir que trois (Intégrer des jeunes aux structures élues, renforcer le goût d’apprendre hors structures scolaires, etc...). Pour faire avancer la démocratie, « les constats et les colères sont amers : éloignement des représentants, inégalité récurrente, résignation, mais les rêves sont au rendez vous : vitalité des associations, apprendre à argumenter, solidarité avec les démunis, achats de biens en commun, partage dans une France riche, liberté de s’installer où on veut…les jeunes de 2013 ont bien des rêves et entendent le faire savoir » explique Hugo. « Oui, la puissance de la  France, ce sont ses jeunes qui redonnent au pays son lustre, son courage et son audace. Au pays de Condorcet, de Hugo, Jaurès, Louise Weiss, Louise Michel ou Olympe de Gouges, tout est possible. Cette élite est là et va tirer le pays vers le haut en interpellant les pouvoirs publics et rendre sa vitalité à la démocratie » concluait le Garde des Sceaux, Mme Christiane Taubira qui n’aurait jamais voulu rater une telle initiative d’un Parlement Libre des Jeunes. « Ne jamais perdre l’espoir » pointait Manu Bodinier un autre animateur de cette initiative AequitaZ. Une rencontre qui sera reconduite si l’on en croit les désirs partagés. 
Veyret Claude pour le D.L.

Valence : Manifestation pour la liberté d'accoucher à domicile...



Drôme: Les sages-femmes à domicile mobilisées
Près de 150 personnes étaient hier place Porte-Neuve à Valence pour soutenir l’action des sages-femmes.
De la musique, des enfants, du soleil et des revendications. Joli programme que celui concocté hier par certaines sages-femmes de Drôme et d’Ardèche au nom du Mouvement national pour la liberté de choisir son lieu d’accouchement. Une manifestation lancée dans une ambiance bon enfant mais autour d’un sujet qui met leur profession en péril.
Comme l’explique une des porte-paroles du mouvement, la Crestoise Sybille Berresheim : « notre philosophie est simple, un accouchement n’est pas une maladie donc ne doit pas automatiquement se faire dans un hôpital. Là-bas on y accouche les femmes mais ce ne sont pas elles qui accouchent. » Depuis le début de sa carrière Sybille a fait naître 800 enfants : « j’ai fait une seule fois appel au Samu et une fois aux pompiers. »
« Des assurances à 20 000 euros par an »
Les sages-femmes qui pratiquent les accouchements à la maison sont six en Ardèche et sept en Drôme, et leur avenir est plus qu’incertain. « On craint que les femmes françaises n’aient plus le choix. Jusqu’en 2001, il n’y avait pas d’obligation d’assurance de responsabilité civile professionnelle pour notre métier. Maintenant les rares assurances qui veulent nous assurer demandant 20 000€ par an ce qui est bien au-deçà de nos revenus. » Alors les sages-femmes ne s’assurent plus. « On nous explique que c’est calculé en fonction du risque, mais on nous impose les tarifs des obstétriciens alors que nous ne faisons pas le même travail. Nous procédons à un suivi physiologique et eux pathologique. »
Pour elles, l’accouchement n’est pas dangereux : « par le passé peut-être mais on n’est plus du tout dans les mêmes conditions aujourd’hui. On accepte uniquement quand mère et enfant sont en bonne santé, avec une surveillance médicale mais sans médication et dès qu’il y a besoin d’intervenir on demande un transfert. »
La sommation est survenue après un rappel à l’ordre européen et une date butoir du 31 octobre : « On encourt désormais 45 000 euros d’amende, et une radiation du conseil de l’ordre. »
Clarisse ABATTU le 27/10/2013

Nos AmiEs de Crest s' engagent en novembre 2013...



L'arrêt public en novembre 2013
Oyez, oyez...
Le café ouvre ses portes le vendredi de 10h à 14h30,tout comme le samedi, toute personne adhérent-e voulant aider est la bienvenu-e.
Pour ceux qui ne me connaissement pas encore, je suis Caroline, la nouvelle service civique de l’arrêt public. Une petite présentation brève et rapide...Je suis arrivée dans la Drôme pour mes études il y a 8 ans, aujourd'hui je vie à quelques pas de Crest. J'ai voulu faire faire un service civique pour mieux connaître la population créstoise et me socialiser.
- Toujours disponible le café Zapatiste et l'huile de Palestine.
- Nouveaux : un livre sur le jardinage et un livre sur la cuisine sans moyens (les anges gardins) sont disponibles. Plus d'infos: http://terredopale.fr/manuel.
Possibilité d'acheter badges et autocollants (collectif non au gaz de schistes val de Drôme).
L'association Tallégale nous quitte au 31 décembre 2013. Nous avons donc un local de 9 m2 à mettre à disposition à raison de 150 euros par mois (téléphone Internet et chauffage compris). Renseignement auprès de Caroline 04.75.83.08.16 le matin sinon laisser un message avec vos coordonnées.
Votre avis nous intéresse
Pour une meilleure lisibilité du lieu, nous pensons en dessous de l'enseigne écrire :
- café citoyen
- café associatif
- café associatif et citoyen
Venez nous dire votre avis au café...
Nous attendons aussi vos suggestions pour la rénovation de la façade en projet. Un dossier auprès de la mairie va bientôt être déposé.
- Une main courante est posée sur le mur de l'escalier.
Toujours d'actualité et brûlant...
- Un panneau est à votre disposition pour s'inscrire aux permanences du samedi matin préciser votre téléphone au cas où. Et toujours le repas partagé vers 13h.
- Projet de ressourcerie à CREST <ressourceriecrest@gmail.com>
- La NEF, société de finance éthique, vient de lancer une plate-forme de financement local : http://www.pret-de-chez-moi.coop/
A G E N D A
Avec l'Arrêt Public ...
Changement de date exceptionnel :
- La permanence Colibri sera le vendredi 8 novembre à 18h
- L'atelier de médiation artistique sera le vendredi 8 novembre à 14h30
- Jeudi 14 novembre 20h
Atelier proposé par Benjamin Ziberman pour expliquer la nécessité de travailler collectivement et donner une structure pour élever l’intelligence collective.d'un groupe. Des jeux en binôme et en groupe sont ensuite proposés. Ces jeux peuvent servir à démarrer tout projet collectif. Les personnes repartent avec des outils concrets.
- Vendredi 15 novembre à 18h
Projection Débat et Repas partagé : Nhan vous propose le documentaire SOUS LES PAVÉ, LA TERRE ! De Thierry Kruger et Pablo Girault. Ce documentaire traite de trois domaines : se loger, se nourrir, se mouvoir. Vous verrez des personnes qui ont réalisé l’utopie dans ces domaines, ou tout du moins en ont validé les procédures d’agréments. Connus, inconnus ou reconnus, ils ont tous la même part dans ce dossier en fonction de leur propos ou de l’actions qui à un moment ont changé leur rapport à la Terre.
- Vendredi 22 novembre à 18h30
L’assemblé générale du SEL (Système d'échange local, comment échanger sans argent). Venez fêter les 1 an de notre SEL. Accueil dès 18h00, Repas partagé en suivant. Ouvert aux adhérents et aux autres.
- Samedi 23 novembre à 17h30
Présentation du 3éme livre de Philippe Gasparini « La tentation autobiographique de l'Antiquité à la Renaissance ». Puis débat sur l’histoire des écritures de moi Montrer le lien entre environnement culturel, politique, religieux et expression personnelle, épanouissement individuel. En partenariat avec la Balançoire.
- Vendredi 29 novembre à 18h
Le collectif Transition vous invite à fêter l'automne.
«CHAUD LES MARRONS !» Venez vous réchauffer et découvrir le collectif Transition Val de Drôme à l'occasion d'un repas partagé aux saveurs de l'automne. Au programme : tournée de vin chaud, pelles de marrons grillés, dégustation à l’aveugle de votre meilleure soupe d’automne (oignon, courge, potimarron...amenez un échantillon !), le tout ponctué d’entremets artistiques.
Ateliers et activités permanents de l’Arrêt Public
Conversation en Anglais : Mardi de 13h00 à 14h30
Atelier de tricot : Jeudi de 14h00 à 16h00
Atelier de médiation artistique : 1er vendredi du mois de 14h30 à 16h30
Permanence des Colibris : 1er vendredi du mois de 18h à 20h
Conversation en Espagnol : Samedi de 10h00 à 11h00
Permanence du SEL : Samedi à 12h
Événements locaux en lien avec l'écologie, la citoyenneté et la solidarité
- Vendredi 1er novembre à partir de 20H30
à l'espace social Crest Actif, salle Roch Grivel ; Radio saint ferréol vous invite à une soirée "Bougeons les lignes, contre les Discriminations", un événement soutenu par la Région Rhône-Alpes suivi d'un concert de La Marabunta. En première partie de soirée, émission en public de Radio Saint Ferréol : Aujourd'hui, dans la vallée de la Drôme, aucune association de lutte contre les discriminations (SOS Racisme, SOS Homophobie, MRAP, LDH, …) n'est présente. Cette absence est une véritable carence en terme d'information, de sensibilisation et de mobilisation sur notre territoire. Cette soirée proposera débat/réflexion public pour mieux cerner les enjeux et réfléchir sur les discriminations en zone rurale en compagnie d'intervenants et d'organisme qui font face au quotidien à l'exclusion, au racisme,à l'inégalité entre les hommes et les femmes ...
Cette émission sera suivie d'un moment festif au cours duquel les jeunes monteront sur scène présenter les slam qu'ils auront écrit au cours de 3 ateliers encadrés par la Prose des sables au sein de la radio.
Et ensuite place au groupe La Marabunta pour un concert 100% hip hop !
Soirée ouverte à tou(te)s Prix d'entrée pour le concert : 5€
Plus d'infos via Radio St Ferréol au 0475406249 ou antenne@radiosaintfe.com
- Du 1er au 3 novembre à 21h
Au Ciné Labor à Dieulefit : Documentaire de Clarisse Barreau « Une douce résistance ». Présence de la réalisatrice aux séances pour répondre à vos questions. La récolte des pommes de terres sonne la fin de l’été.
Marco et Omya sont pris dans les activités de la ferme: réparer le moulin, faire le pain, ramasser les pommes, travaillant dans une économie de moyens qui leur demande beaucoup d’efforts.
Ghislain prépare sa rentrée à l’école d’ostéopathie et Geneviève appréhende l’hiver qu’elle passera de nouveau seule avec ses deux enfants. Tandis qu’à l’autre bout du champ de nouveaux arrivants installent leur yourte. Ils ont changé de vie pour essayer autre chose.
Ces jeunes paysans ont fait des choix et ils essayent de leur donner de la réalité mais ce n’est pas sans quelques sacrifices. En partageant l’intimité de ces trois familles, le film nous plonge dans un autre temps et suggère un autre monde
-Vendredi 8 novembre :
Réunion ouverte à toutes et tous de Ecologie au Quotidien.
Salle municipale des sociétés, Rue Joseph Reynaud, à Die.
13h : repas partagé
14h-16h : Travail sur la programmation 2014, la communication, l’affiche, etc… Ecologie au Quotidien, Le Chastel 26150 DIE, Rhône-Alpes, France , Tel : 04 75 21 00 56       
- Samedi 9 novembre à 14h30
Conférence aux Amanins : "Apprendre à changer. Un changement humain pour un changement de société", avec Pierre Rabhi, Isabelle Filliozat, Éric Julien et Erwan Lecoeur. Participation à la conférence libre.
Possibilité d'un dîner « du jardin à l'assiette » à 19h30 sur réservation.
Pour réserver : 04.75.43.75.05 ou info@lesamanins.com
- Samedi 23 novembre de 10h à 19h
5ème édition de la FAITES DE LA RECUP' à la Mathériauthèque de Romans sur Isère, située au 21 avenue de la Déportation (vers le Rond point Pyramide...). Faites de la récup' est un événement ludique et festif d’informations pratiques autour de la récupération et de la réparation. Il s'agit de rassembler, le temps d’une journée, des bricoleurs, des passionnés de récupération, des personnes sensibilisées ou non au problème des déchets, des curieux...
Renseignements, au numéro de la Ressourcerie Verte au 04 69 28 14 10, soit par mail à sensibilisation@laressourcerieverte.com
- Jeudi 28 novembre à 20h
Projection du documentaire Silence ! On vaccine de Lina Moreco
A la salle des acacias Crest. Soirée présenter par ALIS (Association liberté information santé). De nos jours, l’enfant nord-américain reçoit environ 48 doses de 14 vaccins différents avant l’âge de six ans, soit le double du nombre prescrit 25 ans auparavant. Un documentaire qui donne la parole à des victimes de la vaccination, ainsi qu’à des chercheurs et des spécialistes des domaines médical et juridique au Québec, en France et aux États-Unis. Des recherches en cours semblent indiquer que la vaccination serait directement responsable de désordres immunitaires ou neurologiques chez certaines personnes prédisposées génétiquement ou neurologiquement à mal réagir aux composantes des vaccins. Autisme, sclérose en plaque, syndrome de Guillain-Barré, myofasciite à macrophages, encéphalites, paralysies, neuropathies et autres; la liste des maladies répertoriées indique bien la gravité de la situation.
Et les copains
Radio Saint Ferréol 94.2
Trois émissions à ne pas manquer:
- Biotop : Tous les derniers jeudi du mois de 18h à 19h.
Rediffusion le dimanche à 12h ; produit par RSF avec le soutien du CCVD et de la Biovallée.
- Soleil vert : Tous les 4ème mercredi du mois à 21h.
Rediffusion le dimanche à 21h ; Coproduit par le collectif Transition Val de Drôme et Les Amis de la terre Antenne Drôme.
- Libertaria : Tous les 1er mercredi du mois à 21h.
Rediffusion le dimanche suivant à 19h.
Plus d'informations ici.
Les autres cafés associatifs et culturels de Crest
Archijeux : ici !
Sur les Quais : par !
1 rue de la République
26400 CREST
04.75.83.08.16
Webmestre : Nelly Rivat

Partout dans le monde, on manifeste contre Monsanto...

Peut-on vaincre Monsanto ?


L’une des plus grandes multinationales du monde est aujourd’hui la cible de divers mouvements et de multiples actions internationales. Plaintes et mobilisations de tous types convergent contre une entreprise qui représente un sérieux danger pour la santé de l’humanité. Analyser la variété des initiatives existantes et apprendre d’elles peut nous aider à comprendre un mouvement d’un genre nouveau, transfrontalier, capable d’articuler des activistes du monde entier dans des activités communes concrètes. Le campement de protestation dressé aux portes de la fabrique de semences que Monsanto est en train de bâtir à Malvinas Argentinas, à 14 Km de la ville de Cordoba (Argentine), est l’un des meilleurs exemples de la mobilisation en cours. La multinationale prévoit d’y installer 240 silos de semences de maïs transgénique dans le but de semer 3,5 millions d’hectares. Cette fabrique utilisera des millions de litres d’agents agrochimiques pour le traitement de ces semences et une partie des résidus « seront déversés dans le sous-sol et l’eau, provoquant ainsi de graves dommages » soutient Medardo Ávila Vázquez, du Réseau des Médecins des Villages Fumigés.
Le mouvement contre Monsanto a obtenu certaines victoires à Ituzaingó, un quartier de Cordoba proche du lieu où l’ont veut installer la fabrique de semences de maïs. C’est là qu’est née il y a dix ans l’association des Mères de Ituzaingó qui a découvert que 80% des enfants du quartier ont des agents agrochimiques dans le sang et qu’il s’agit d’une des causes de mortalité et de malformation infantiles. En 2012, elles ont gagné pour la première fois un procès contre un producteur et un fumigateur condamnés à trois ans de prison conditionnelle.
Le campement de Malvinas Argentinas existe déjà depuis un mois et il est soutenu par l’ « Assemblée des Voisins Malvinas Lutte pour la Vie ». Ils sont parvenus à gagner le soutien d’une bonne partie de la population : selon des sondages officiels, 87% de la population veut un référendum populaire et 58% rejette l’installation de la multinationale Monsanto, mais 73% craignent d’exprimer publiquement leur opinion de peur des préjudices possibles (Página 12, 19/09/13).
Les campeurs ont résisté à une tentative d’expulsion menée par le syndicat de la construction (UOCRA) affilié à la CGT (Confédération Générale du Travail, principale fédération syndicale argentine, NdT), et au harcèlement policier et des autorités provinciales, mais ils comptent avec le soutien du maire, d’autres syndicats et d’organisations sociales. Ils ont reçu le soutien du Prix Nobel de la Paix, Adolfo Pérez Esquivel, et de Nora Cortiñas, des Mères de la Place de Mai. Ils sont parvenus à paralyser la construction de la fabrique et à empêcher l’arrivée de camions.
La lutte contre Monsanto a également atteint un tout petit village touristique du sud du Chili, Pucón, au bord du lac Villarrica, où 90 dirigeants de la multinationale provenant des Etats-Unis, d’Argentine, du Brésil et du Chili s’étaient réunis dans un luxueux hôtel pour une convention. Des groupes écologistes, des coopératives et des collectifs d’Indiens mapuche de Villarrica et Pucón se sont consacrés à « escrachar » [1] la présence de Monsanto dans le pays (El Clarín, 13/10/13).
Il s’agit là de seulement deux actions parmi de nombreuses autres qui se produisent dans toute la région latino-américaine contre Monsanto. A mon avis, les diverses mobilisations qui ont lieu dans plus de 40 pays contre cette multinationale nous permettent de tirer quelques conclusions du point de vue de l’activisme antisystémique :
En premier lieu, les actions massives auxquelles participent plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le monde sont importantes parce qu’elles permettent de montrer à l’ensemble de la population que l’opposition à des entreprises comme Monsanto, et par conséquent aux OGM, n’est pas limitée à des minorités critiques. Dans ce sens, les Journées Mondiales d’action, comme celle du 12 octobre dernier, sont indispensables.
Les mobilisations de petits groupes, de plusieurs dizaines ou centaines de personnes, comme celles qui ont lieu à Pucón et à Malvinas Argentinas, ainsi que contre plusieurs projets miniers dans la cordillère andine, sont tout aussi nécessaires que les grandes manifestations. D’une part, c’est un moyen d’être présent dans les médias de manière permanente. Mais, surtout, c’est la meilleure voie pour forger des militants, harceler les multinationales et opposer une action critique à toutes leurs initiatives.
C’est dans ces petits groupes que s’élaborent les idées et c’est en leur sein que naissent les nouvelles formes de lutte capables de rénover la culture politiques et les méthodes de protestation. C’est là où peuvent naître des liens communautaires, les liens solides entre les personnes qui sont tellement nécessaire pour approfondir la lutte. Après un mois de campement à Malvinas Argentinas, les manifestants ont « commencé à ériger des murs en torchis, construit un four en argile et un verger organique au bord de la route » (Día a Día de Córdoba, 13 octobre 2013).
En troisième lieu, il est fondamental d’étayer les dénonciations avec des arguments scientifiques et, si possible, d’impliquer des autorités avisées en la matière. Le cas du biologiste argentin Raúl Montenegro, prix Nobel Alternatif en 2004 (« Right Livelihood Award »), qui s’est impliqué dans la lutte contre Monsanto et avec les Mères de Ituzaingó, montre que l’engagement des scientifiques est nécessaire autant que possible.
La quatrième question importance est celle de l’opinion des simples gens, de diffuser leurs croyances et leur sentiment sur les transgéniques (ou contre toute initiative du modèle extractiviste). La subjectivité des personnes s’exprime d’une manière qui ne s’accorde pas toujours aux plus rigoureuses études académiques, mais leurs opinions sont tout aussi importantes que ces dernières.
Enfin, je crois qu’il est nécessaire de ne pas seulement nous focaliser sur une multinationale comme Monsanto, qui est l’une des plus terribles de celles qui opèrent dans le monde. En réalité, elle n’est que la partie la plus visible d’un modèle d’accumulation et de développement que nous qualifions d’« extractiviste » et qui se consacre à l’expropriation des biens communs et à la transformation de la nature en marchandise. Dans ce sens, il est important de souligner ce qu’ont en commun les monocultures transgéniques, l’industrie minière et la spéculation immobilière, c’est-à-dire la forme assumée par l’extractivisme dans les villes.
Si nous parvenons à vaincre Monsanto, alors nous pouvons vaincre les autres multinationales.
Raùl Zibechu
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera [1] Escrache est le nom donné en Argentine, Uruguay, Espagne et d’autres pays hispanophones à un certain type de manifestation publique ou des activistes vont sur le lieu de travail ou de domicile de ceux qu’ils veulent dénoncer publiquement. Cette dénonciation publique est pacifique et se fait aux moyens de chants, pancartes, musique, graffiti et théâtre de rue… (source : Wikipédia)