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mercredi 7 mars 2012

Si le capitalisme ne meurt pas il nous tuera tous...

http://www.youtube.com/watch?v=AhMTc0h5JZM&feature=player_embedded

En Grèce : + 40% de suicides, qui est responsable ?
Vivre fin 2011 en Grèce est l’occasion de se rendre compte de la réalité qui nous attend si nous ne savons pas résister maintenant. En particulier, la crise sanitaire menace. Médecins du Monde qui s’est implantée en Grèce, dénonçait dans son rapport de décembre 2011 la situation sanitaire grecque. « pour les plus précaires, il n’est plus question d’austérité, mais de survie ». On constate une augmentation de 40 % des suicides depuis 2010. Quand jugera-t-on les financiers responsables de ces milliers de morts comme on juge aujourd'hui les responsables du médiator ? Voir l'article complet: http://www.assemblee-constituante.fr/index.php/post/2012/01/21/En-Gr%C3%A8ce,-la-crise-sanitaire-menace : (ici dessous)
En Grèce, la crise sanitaire menace
Vivre fin 2011 en Grèce est l’occasion de se rendre compte de la réalité d’une crise dont les conséquences se font de plus en plus ressentir. Nul besoin de rappeler tous les détails de la crise politique et démocratique que traverse la Grèce. Pourtant, derrière toutes les unes, les reportages sur la Grèce, on oublie bien souvent que les plans de rigueur successivement appliqués depuis 2010 ont des implications économiques, sociales, et sanitaires très importantes.
Si jusque-là, c’était encore « vivable », la situation devient de plus en plus critique, à tel point qu’une minorité grandissante ne pourra pas passer les fêtes dans des conditions acceptables. Un reportage de la BBC à Sparte montrait combien en si peu de temps la situation s’est dégradée : les restaurants et magasins normalement remplis à cette période sont cette année vides. Le 1er novembre, plus d’un an après le premier plan d’austérité d’une longue série, le président français Nicolas Sarkozy déclarait à propos de la Grèce : « La solidarité de tous les pays de la zone euro ne saurait s’exercer sans que chacun consente aux efforts nécessaires » sous-entendant en quelque sorte que les efforts déjà consentis n’avaient pas été suffisants. Pourtant, force est de constater que les grecs ont fait des efforts, et cela à un prix gigantesque, compte tenu de la situation actuelle. Que l’on se rende bien compte, et les grecs le reconnaissent eux-mêmes : la Grèce actuelle n’est plus la même qu’il y a quelques années.
Les plans d’austérité ont drastiquement réduit les salaires, dans des proportions parfois inhumaines. Pour les plus hauts salaires, les réductions ont parfois atteint plus de 70 % ! On me raconte le cas d’un ingénieur qui gagnait 3 200 euros en 2009 et qui en gagne aujourd’hui 1 100. De même pour les retraités, qui ont vu leur pension grandement diminuer. Un ancien ingénieur de chez Apple aujourd’hui à la retraite, touchait 2 500 euros par mois pour 32 années de cotisations, une des retraites les plus élevées ici. Aujourd’hui il n’en touche plus que 1 500. Les tranches les plus basses, elles non plus, n’ont pas été épargnées, certains ne touchant aujourd’hui plus que 350 euros par mois, dans un pays où le coût de la vie avoisine, voire dépasse celui de la France. En parallèle, le gouvernement a multiplié les nouvelles taxes. Et cela avec une vigueur assez particulière. La taxe sur le patrimoine imposée par le biais de la facture d’électricité, est très élevée et entraîne une coupure d’électricité si non payée. Ce sont pourtant plusieurs centaines d’euros que la population doit payer à un moment où elle ne s’y attendait pas. Dans le même temps, les taxes qui existaient déjà ont été augmentées.
Et alors même que les salaires sont déjà à leur plus bas niveau, de plus en plus de grecs ne sont même plus payés. C’est le cas des gardiens de l’Acropole, qui ne sont plus payés depuis deux mois, et qui bloquent l’accès au Parthénon durant les week-ends. La classe moyenne, grande gagnante de la période de prospérité qui a précédé la crise est finalement aujourd’hui celle qui est le plus concernée. Il est assez touchant de voir dans la rue, des hommes en costume, réclamant de l’argent non pour se nourrir sur le moment, mais pour acheter de la viande pour le réveillon. L’inflation depuis 2010 avoisine les 5 % pour une réduction du salaire réel par tête de 10 % entre 2009 et 2011 (selon Natixis), induisant une baisse de la consommation privée importante, celle-ci même qui était la principale source de revenu d’un pays assez peu industrialisé. Pour l’année 2010, selon le gouvernement, la production industrielle a chuté de 8 %. On voit mal comment l’activité pourrait reprendre, alors que les plans successifs ont endommagé les leviers de l’économie.
Face à un chômage de plus en plus important (16 % pour la population active, 40 % chez les moins de 25 ans), conséquence d’un marché du travail qui se resserre, l’économie souterraine se développe. Il était opportun pour certains grecs, de gagner plus en n’étant pas déclarés pour un travail dans la restauration par exemple. Mais le chômage a aujourd’hui atteint une telle ampleur, que la population est prête à tout pour obtenir le moindre euro. Un ami me fait part de son inquiétude quant aux salaires versés dans la restauration, où a commencée et va se développer une compétition ardue pour obtenir un travail. Il me raconte son expérience : non déclaré, il travaillait pour 30 euros par jour (pour 8 heures de travail, soit 3,75 euros l’heure) dans un bar, et il s’est fait renvoyer du jour au lendemain, puisqu’un ancien fonctionnaire qui avait perdu son travail était prêt à travailler pour 20 euros par jour. On voit bien tous les risques que cela comporte.
Plus grave encore que la situation économique, la Grèce fait aujourd’hui face à une crise sociale et sanitaire inédite. À cause d’une coupe budgétaire de près de 40 % pour le secteur hospitalier, la qualité des soins a radicalement diminué. Certains laboratoires pharmaceutiques refusent aujourd’hui de livrer des médicaments aux hôpitaux et pharmacies, de peur qu’ils ne puissent pas payer. Au-delà même de la qualité des soins, les hôpitaux sont contraints aujourd’hui de décliner les admissions, pour les cas les « moins graves ». De 25 à 30 % des personnes qui se présentent aujourd’hui à l’hôpital sont refusées. Cela prend malheureusement aujourd’hui des proportions inimaginables. Plusieurs hôpitaux grecs sont contraints de refuser les femmes enceintes, incapables de payer les 900 euros en moyenne qui leur sont demandés.
L’ONG Médecins du Monde s’est implantée en Grèce, et alertait dans son rapport de décembre 2011 sur la situation sanitaire grecque. Pierre Salignon, directeur général de Médecins du Monde estime que « pour les plus précaires, il n’est plus question d’austérité, mais de survie ! ». En parallèle, on observe une augmentation de 20 % de l’usage d’héroïne alors même qu’un tiers des programmes d’accompagnement ont été supprimés à cause d’une réduction du budget qui leur était alloué. La prostitution, elle, a radicalement augmenté, certains médias rapportant même le développement de la prostitution de femmes mariées, ou d’étudiantes. Conséquence presque directe : le nombre de personnes atteintes du virus du SIDA a augmenté de 54 % depuis 2010. Le Centre Grec de Documentation et Surveillance des Drogues rapporte, lui, que de plus en plus de grecs s’injectent volontairement le virus, dans l’objectif de toucher les 700 euros mensuels (plus que le SMIC !) donnés aux séropositifs.
La situation économique et sociale dans son ensemble a pour principale conséquence une dégradation incroyable des conditions de vie. Les journaux rapportent assez souvent des évènements inouïs. Dans plusieurs écoles, à Thèbes ou Héraklion par exemple, des enfants se sont évanouis, avouant par la suite qu’ils n’avaient pas mangé depuis plusieurs jours parfois, faute d’avoir de l’argent pour pouvoir se nourrir. Les écoles ont parfois fermé les cantines, tandis que certains bus scolaires ont été supprimés. Le gouvernement a récemment publié les derniers chiffres du taux de suicide. La Grèce était il y a 3 ans le pays d’Europe où le taux de suicide était le plus bas. Avec une augmentation de 40 % des suicides depuis 2010, c’est le pays où l’augmentation a été la plus forte en 2011. La majorité des suicides ont été commis par des hommes d’une cinquantaine d’années. Le quotidien ekathimerini explique : « Dans une société patriarcale où on attend du père qu’il pourvoit aux besoins de sa famille, le sentiment d’échec personnel et d’aliénation est profond ».
On peut reprocher beaucoup de choses à la population grecque : avoir vécu au dessus de leurs moyens, profitant de conditions de crédit largement favorables par exemple, instaurant de fait un certain sentiment d’invincibilité, aujourd’hui profondément déstabilisé par la dégradation de la situation économique. Ils ne méritent pas pour autant une telle régression, spécialement puisque l’État grec n’a pas réalisé au préalable l’effort nécessaire dans l’optique d’inscrire la croissance dans une dynamique solide et pérenne. Surtout, les perspectives envisagées par cette population ne sont généralement pas très optimistes. Personne ou presque ne croit à une amélioration par l’intérieur. La seule échappatoire consiste donc à partir, et rejoindre la communauté vivant à l’étranger déjà importante. Ce sont 10,7 % de grecs qui sont à l’étranger selon un rapport de la Banque Mondiale. Le problème est d’autant plus grave que les personnes qui migrent sont en général diplômées. En 2000 c’était 12 % des personnes diplômées qui avaient migré, ce qui n’ira probablement pas en s’améliorant. C’est finalement une chance en moins pour le pays de reprendre l’activité, ces migrants étant potentiellement ceux qui pourraient être à l’origine d’un changement de grande ampleur.
Le rapport de The Lancet conclut de la manière suivante : « Il faudrait accorder plus d’attention à la santé et à l’accès aux soins pour s’assurer que la crise grecque ne détruise la source fondamentale de la richesse du pays : son peuple ». La Grèce a encore cette chance d’avoir un peuple dont la culture très riche et généreuse les conduit à aider les personnes dans le besoin. Le risque, dans l’avenir se trouve très exactement sur ce point. La solidarité familiale encore en marche en Grèce, risque peu à peu de s’effriter et conduire à une aggravation significative de la crise qui a déjà beaucoup changé.
Mehdi Zaaf
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Le Pélican N° 40
Lettre d’information de RECIT à l’usage des adhérents et sympathisants
Tout maigre, le Pélican engrange de la nourriture dans son bec généreux pour la restituer à ses petits. Cette lettre mensuelle apporte quelques informations sur des thèmes qui ne sont pas traités dans les medias, ou qui s’y trouvent noyés. Un lien permet d’accéder à la source de l’information et de la consulter dans son intégralité.

mardi 6 mars 2012

Portes lès Valence : Journée des femmes... ce 08 mars 2012


L'égalité hommes-femmes, comment mieux faire ? avec Mariya Nedelcheva, (photo) eurodéputée bulgare
Jeudi 8 mars, nous célébrons les 100 ans de la Journée internationale de la femme. 100 ans de progrès indéniables, 100 de droits acquis à force de persévérance.
Les révolutions actuelles dans le monde arabe sont aussi les révolutions des femmes de ces pays, en quête d’un renouveau sur tous les plans : social, économique et politique.
L’Europe est certes en avance sur une grande partie des pays du monde mais force est de constater que le chemin pour l’égalité des genres est encore long et semé d’embuches.
Nous avons donc choisi d’intituler cette 16ème émission de la saison 2010-2011 : Egalité des droits hommes-femmes : l’Europe patine !
Pour aborder cette question nous avons le plaisir de recevoir Mariya Nedelcheva députée européenne bulgare, dont le rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne sera voté le 8 mars prochain, à l’occasion de la Journée internationale de la femme.
Bonne écoute !!
Contexte :
Priver les femmes de leurs droits c'est priver plus de la moitié de l'humanité de sa liberté. Le 3 mars 2011 le Parlement européen célèbre la journée internationale de la femme. Il s'agit cette année du 100ème anniversaire. En 100 ans que de chemin parcouru ! Le droit de vote au suffrage universel est appliqué dans bon nombre de pays, le droit à la contraception a facilité aux femmes l'accès au marché du travail. Les femmes gagnent petit à petit des postes à hautes responsabilités dans le monde de l'entreprise et même dans le monde politique. Il n'y a qu'à voir. par exemple les brésiliens, les allemands, les islandais, les néo-zélandais, les finlandais, les anglais, les australiens, les philippins, les israéliens, les indiens ou encore les chiliens ont déjà été ou sont gouvernés par des femmes.
Malgré ces grandes avancées les inégalités homme/femme perdurent un peu partout dans le monde. Même dans les pays développés l'égalité salariale ne va pas de soi. Pire la précarité touche en premier lieu les femmes. De nombreuses mères seules doivent combiner petit job et éducation des enfants. On peut juger de la qualité démocratique et sociale d'une société à la manière dont sont traités les minorités et les plus faibles. Les femmes rappelons-le représentent la majorité de l'humanité. L'égalité et le droit à l'indifférence sur le marché du travail devraient être une évidence.
Crédits photo (c) Parlement européen, Unité audiovisuelle, 2011
Rémi Praud et Arezki Yaiche

La Coordination Française Marche Mondiale des Femmes
Porto Alegre 2012 : déclaration de l’Assemblée des mouvements sociaux
Nous, de la MMF, avons participé à des diverses activités organisées pendant le Forum social thématique "Crise capitaliste, justice sociale et environnementale», qui s'est tenu à Porto Alegre (RS), Brésil, du 24 au 29 janvier 2012. Dans cet espace, nous avons renforcé notre processus d'alliance avec d'autres mouvements sociaux qui luttent contre le système capitaliste patriarcal et raciste, qui est maintenant caché sous un masque vert (le concept d '«économie verte»).
Dans le cadre de nos alliances, nous avons renforcé nos axes communes de lutte, décidés en 2011, à Dakar: contre les transnationales, pour la justice climatique et pour la souveraineté alimentaire, pour l’élimination des violences faites aux femmes et pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, l’occupation et la militarisation de nos territoires. Pendant 2012, ces luttes seront fortement présentes lors des manifestations contre l'OTAN et le G-8, dans le Sommet des peuples paralèle à la Conférence Rio +20 de l'ONU et le Forum Social Palestine Libre.
A la suite de l'Assemblée des mouvements sociaux, nous sommes également en train de construire une journée mondial commune d'action le 5 juin, visant à envoyer un message fort à chacun de nos gouvernements avant la conférence Rio+20 de l'ONU, dans lequelle nous allons mettre en évidence notre position en contre la marchandisation de la nature, de nos vies et nos corps et pour affirmer nos alternatives.
Cliquez pour lire la déclaration de l'Assemblée des mouvements sociaux de Porto Alegre 2012 en:
français; anglais; espagnol; portugais  
Nous allons bientôt envoyer d'autres nouvelles sur les activités tenues à Porto Alegre.
Solidarité avec le peuple grec! Manifestation le 18 février
La Coordination Française Marche Mondiale des Femmes souhaite exprimer sa solidarité avec le peuple grec, avec les femmes grecques, en lutte depuis près de 2 ans contre les politiques libérales en cours.
Nous dénonçons les choix budgétaires et idéologiques des institutions européennes et internationales (Banque Mondiale – B.C.E - FMI – Agences de Notations – UE) imposés au peuple grec. Les mesures d'austérité sont particulièrement brutales : les coupes de budget de tous les services sociaux et la diminution manifeste des salaires des fonctionnaires et des retraites de tout-es ont un effet terrible sur le quotidien de toute la population, et plus particulièrement sur celui des femmes. La faim sévit aujourd'hui à Athènes, et de nombreux enfants subissent la malnutrition. Lles hôpitaux ont fermé 40 % des lits sur décision d’un gouvernement aux ordres de la finance internationale.
Les femmes paient comme d'habitude le plus lourd tribut : elles sont les premières licenciées - en particulier celles qui travaillaient dans la Fonction publique - elles assument les tâches abandonnées par les services sociaux défaillants en plus des tâches domestiques habituelles, elles subissent de plein fouet l'idéologie patriarcale et capitaliste de retour au foyer qui se durcit en contexte de crise.
Loin d'être isolée, la Grèce est, au contraire, le laboratoire d'une politique plus large menée en réalité à l'échelle du continent européen. Cette politique amène les peuples européens à la misère, aggrave la pauvreté des moins privilégié-es, accroit les violences contre les femmes, au bénéfice des plus riches qui s'enrichissent toujours plus.
Dans ce contexte :
- Nous condamnons les violences des policiers qui attaquent les manifestant-es grec-ques descendu-es dans la rue, bafouant les droits fondamentaux des peuples à manifester. Nous réaffirmons la légitimité des peuples à choisir leur destinée ;
- Nous condamnons les institutions financières et politiques qui créent et organisent ce démantèlement de la vie des femmes et des hommes grec-ques ;
- Nous affirmons notre solidarité avec le peuple grec, mais aussi avec toutes celles et tous ceux qui, aujourd'hui en Europe, s'organisent pour résister aux offensives néolibérales et rétrogrades : espagnol-es, portugais-es, roumain-es, italien-es … ;
- Nous appelons les peuples européens, et en particulier les femmes, à prendre la mesure des attaques à nos droits, à nos acquis, à nos libertés, et à organiser nos solidarités, nos résistances et nos luttes collectives.
La Coordination Française Marche Mondiale des Femmes

Cinéma Jeudi 8 mars 20:30 
Projection gratuite : "Et maintenant on va où ?"
Le 8 mars : soirée spéciale proposée par la Municipalité en partenariat avec l’association LES FEMMES SOLIDAIRES de Portes-Lès-Valence dans le cadre de la journée internationale des droits de la femme
à 18 h 30 : apéritif d’ouverture au centre culturel Louis Aragon.
à 20h30 : projection gratuite du film "Et maintenant on va où ?" - suivie d’un débat  au train-cinéma
Train-Cinéma - 1 Rue Louis Aragon - 26800 Portes-lès-Valence -
Tél. : 04 75 57 28 97
Train-Cinéma
Responsable : Hervé GALLIANO
Ligne directe : 04 75 57 85 45
Email : traincine@train-theatre.com

Le train-cinéma est le cinéma de l’agglomération Valence agglo sud Rhône-Alpes. Sept à huit séances par semaine sont proposées avec la projection de deux films (Un film grand public et en alternance un film pour enfant ou visant les publics spécifiques).
Le Train-Cinéma pratique également une politique d’abonnements et accueille comités d’entreprise, scolaires… Recevoir par email gratuitement le programme :
traincine@train-theatre.com
Projection unique qui sera présenté en version originale, sous titré en français, accès libre dans la limite des places disponibles.
(voir aussi le 9 mars : le spectacle “La différence est légal”)
FILM : Et maintenant on va où ?
Réalisé par Nadine Labaki
Avec Nadine Labaki, Claude Msawbaa, Leyla Fouad
Genre : Comédie dramatique
Synopsis : Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d’autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d’une guerre funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux : l’un musulman, l’autre chrétien…

Visionner la plaquette du programme du train-cinéma, du 15 février 2012 au 13 mars 2012
Femmes solidaires de Portes-lès-ValenceAdresse du siège social : Pôle social Eugènie Cotton, 3 rue F. Jourdain - 26800 PORTES LES VALENCE
Activité : Femmes solidaires est un mouvement féministe pour toutes, françaises et immigrées, qui agit pour faire reculer le racisme, les violences faites aux femmes, pour la parité, le droit et l’accès à l’emploi, l’égalité des femmes et des hommes au travail, le droit à la santé pour tous, la solidarité. C’est aussi des permanences juridiques gratuites et à portes 5 séances de gym par semaine et une permanence le 2e jeudi de chaque mois de 14h à 16h au pôle social pour écoute, conseils, aide à la rédaction de courriers. Femmes solidaires c’est beaucoup d’amitié, de solidarité, d’espoir.
Présidente : Mme ASTIER Micheline
6 place Jacques Prévert - 26800 PORTES LES VALENCE
Tél. : 04 75 57 05 79 


La Coopérative , modèle contre le libéralisme sauvage....

L'entreprise coopérative : un modèle anti-crise
Relancer la croissance : il y a quelque chose d'incantatoire dans la façon dont la plupart des candidats à l'élection présidentielle martèlent cet objectif prioritaire sans pour autant proposer de solutions concrètes et réalistes pour l'atteindre ou en se contentant d'évoquer celles de pays étrangers qui ne sont pas toujours adaptées au contexte de notre pays. Et pourtant, l'une des voies les plus sûres, les plus reconnues, qu'il conviendrait d'emprunter pour sortir de l'impasse économique et budgétaire de la France est là, sous nos yeux, sur notre territoire national et plus particulièrement dans nos régions agricoles. Elle se présente sous la forme d'un outil productif performant et d'un modèle particulièrement adapté à une situation de crise : l'entreprise coopérative. A se demander comment nos postulants à la magistrature suprême ont pu s'égarer à ce point dans les méandres de la politique politicienne pour ne pas s'en être encore aperçu.
A droite, le mot "coopérative" n'est jamais prononcé dans les meetings électoraux où l'on y parle cependant volontiers d'agriculture. A gauche, quand le concept d' "entreprise coopérative" est évoqué, c'est nimbé d'une idéologie qui le rend souvent méconnaissable. Alors peut être serait-il opportun de délaisser la surenchère verbale de la campagne présidentielle pour se rapprocher des réalités, combien plus tangibles et porteuses d'avenir, de nos ... campagnes.
D'abord une réalité trop souvent ignorée : si le nombre d'agriculteurs diminue, du fait notamment de l'automatisation des moyens de production, de l'innovation et des concentrations d'exploitations, la population active liée à l'agriculture et l'agroalimentaire, est bel et bien en croissance et constitue un vivier d'emplois (15% des emplois en France). L'une des clés de ce succès est l'efficacité de notre réseau de coopératives qui a particulièrement bien résisté à la crise et dynamise l'économie locale ou régionale.
Le premier avantage de ces entreprises basées sur la solidarité de leurs membres et le développement partagé, est en effet leur caractère indélocalisable et non "opéable" puisqu'elles sont statutairement attachées à des territoires qu'elles animent et au sein desquels elles créent de la valeur. Leurs activités et leurs initiatives pour redynamiser certaines zones rurales - ouverture d'une jardinerie par exemple - en font très souvent les principaux employeurs de la commune ou de la région. Et puisque le retour au "made in France" est dans l'air du temps, rappelons qu'il est dans l'essence même de l'entreprise coopérative agricole dont les adhérents sont aussi les propriétaires. En outre l'ancrage territorial des coopératives n'est pas incompatible avec la nécessaire ouverture de notre économie sur le monde extérieur, afin de profiter des débouchés qu'offre la croissance mondiale et de valoriser les potentialités de l'agriculture française. Ainsi, la qualité de la production agricole et de l'industrie agroalimentaire "made in France" est mondialement appréciée (la gastronomie française est classée depuis peu au patrimoine mondial de l'UNESCO ), au même titre que notre industrie du luxe.
En ces temps d'instabilité et de concurrence exacerbée, où l'on voit, dans certains secteurs, les ravages commis par les adeptes du "court termisme", l'entreprise coopérative présente l'immense avantage d'une garantie de pérennité absolue et de gestion à long terme. Pour la bonne et simple raison qu'elle ne se trouve jamais confrontée, comme c'est souvent le cas pour les PME, à un problème de transmission ou de filiation. On n'achète pas et on ne revend pas une coopérative, on passe le relais . Paraphrasant Antoine de Saint-Exupéry, je dirais que les coopératives ne nous appartiennent pas, ce sont nos enfants qui nous les ont prêtées. Ainsi nombre de coopératives, telles la Scael à Chartres ou Triskalia en Bretagne, sont plus que centenaires !
Enfin n'oublions pas que la coopérative est fille de la crise. Elle a été conçue pour reconstruire l'agriculture d'après-guerre ou encore pour faire face aux terribles crises viticoles de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Car toute crise incite au rapprochement, à la mutualisation et à la solidarité. L'endettement de notre pays, l'incertitude sur l'avenir de l'Euro, la montée du chômage, la folie spéculative sur les marchés, sont les nouveaux fléaux qui, tel le phylloxera fondant naguère sur nos vignobles, menacent d'ébranler notre économie. En France, la sortie de crise ne se fera pas avec des promesses ou des slogans électoraux, mais en décidant de jouer collectif, d'unir nos forces et de "chasser en meute". Dès lors que le caractère stratégique de l'agriculture française pourra s'exprimer dans les faits autant que dans les discours, les coopératives agricoles sauront assumer toutes leurs responsabilités pour participer au renouveau de l'économie française au cœur des territoires ruraux.
Philippe Mangin, président d'ACOOA (Alliance des Coopératives Agricoles), de COOP de France et d'InVivo

La démocratie contre la démagogie....


La démagogie contre la démocratie
Cette campagne est moins marquée par la brutalité que par la démagogie. Chacun ressent le besoin de mieux partager la prise de décision publique quand les efforts demandés sont si douloureux, mais comment ? Nicolas Sarkozy propose de rendre le pouvoir aux citoyens par le recours aux référendums, quitte à marcher sur les corps intermédiaires (journalistes, parlementaires, hauts fonctionnaires et syndicats). Or ils sont justement là pour équilibrer les pouvoirs et faire vivre la démocratie. Ce qui est présenté comme une ouverture ressemble à un moyen de restaurer le "césarisme" de la Ve République, tout en divisant pour mieux régner. Surtout s'il s'agit de monter la France qui travaille contre celle qui est au chômage.
Dans un tout autre genre, François Bayrou souhaite un référendum pour "moraliser la vie politique". Noble objectif mais drôle de moyen. Qui ira voter pour dire "non" à la moralisation de la vie politique ? Ne vaut-il pas mieux faire campagne sur ce thème et faire voter les lois nécessaires une fois élu ? Dans ces deux cas, l'idée d'un référendum vise moins à trancher une question qu'à mettre en scène un récit politique. La France forte, et même dure, contre l'assistanat, d'un côté. Le candidat aux mains pures contre les partis de gouvernement aux mains sales, de l'autre. Les deux surenchères ne se valent pas. Il est certainement plus noble de vouloir se mettre en scène sur le dos de la corruption que sur le dos des chômeurs, mais la démarche pose question et contribue au discrédit, décidément très à la mode, de la démocratie représentative.
Cela ne veut pas dire que le recours au référendum soit toujours démagogue. A condition de trancher une question précise, qui ne recoupe pas des clivages uniquement partisans ou moraux mais concrets, la consultation directe peut s'avérer utile. Pour ou contre le statut concordataire en Alsace-Moselle, par exemple. Il existe aussi des cas, plus dramatiques, où la consultation directe est le seul moyen de partager les responsabilités, voire d'éviter le chaos, comme en Grèce. Autant l'idée d'organiser un référendum retardant l'entrée en vigueur d'un plan négocié - dans l'urgence et la douleur - entre gouvernements européens relevait du suicide... autant le pays ne pourra pas continuer à empiler les plans d'austérité via un gouvernement technique sans consulter ses citoyens. Mais pas n'importe comment. Ce jour-là, la question posée devra impérativement permettre de trancher entre deux types de solutions, sous peine d'ajouter une crise de la gouvernance à la crise économique.
Redonner du sens
Mais nous voilà au coeur du problème. Ce besoin de recourir tous azimuts à la consultation directe trahit l'impuissance de la démocratie représentative européenne. C'est pourtant là que tout se joue si nous voulons surmonter la crise des dettes publiques, si menaçantes pour nos souverainetés et nos démocraties. D'où l'urgence de redonner du sens et du pouvoir au Parlement européen. Pour que les politiques menées à cette échelle ne soient pas vécues comme des "diktats" ou des "sanctions automatiques", mais soient l'objet de confrontations, lisibles, entre différents partis élus par les citoyens européens. C'est-à-dire démocratiques.
Caroline Fourest ( photo), Sans détour
Essayiste et journaliste rédactrice en chef de la revue "ProChoix", elle est l'auteure notamment de "La Dernière Utopie"(Grasset, 2009) et de "Libres de le dire", avec Taslima Nasreen (Flammarion, 2010).

lundi 5 mars 2012

SOLidaires pour une Accorderie dans le Diois


A Die, on détruit bien les haies....

Comment protéger les haies du Parc Naturel Régional du Vercors
Ce printemps, Ecologie au Quotidien du Diois  a été à plusieurs reprises, alerté de la destruction de haies par arrachage.
Après la destruction massive de haies dans le Diois lors du Remembrement, à Die un important linéaire de haies a été arraché par une personne (P.G.) qui ne pouvait ignorer le sens de ses actes, et donc le préjudice porté à l’environnement. Une pratique d’autant plus irresponsable puisque la commune a manifesté de nombreux efforts pour se trouver aujourd’hui dans les initiatives du Parc, et que renseignements pris auprès du maire, les haies de la commune sont classées voire en Zone Naturelle Protégées dans le PLU en cours. Cette destruction constitue donc une violation flagrante et délibérée d’une disposition communale et du PNRV.
Aux alentours de Die, sur les routes de Chastel et Bassette, à hauteur des Remparts romains de Die, des haies ont été détruites (Photo ci-contre)
Sans vouloir jeter l’opprobre sur l’ensemble de la profession agricole chargée de façonner nos paysages, il est grand temps pour certaines « brebis galeuses » de prendre en compte la dimension paysagère, ce qui n’est pas incompatible avec la dimension économique
Tout  un arsenal pour protéger les haies, pour autant qu’il y ait une véritable volonté politique ! 
1 - Le décret no 2006-1643 du 20 décembre 2006 portant publication de la convention européenne du paysage, signée à Florence le 20 octobre 200. Il vise :
a) à reconnaître juridiquement le paysage en tant que composante essentielle du cadre de vie des populations, expression de la diversité de leur patrimoine commun culturel et naturel, et fondement de leur identité ;
b) à définir et à mettre en œuvre des politiques du paysage visant la protection, la gestion et l’aménagement des paysages par l’adoption des mesures particulières visées à l’article 6 ;
c) à mettre en place des procédures de participation du public, des autorités locales et régionales, et desautres acteurs concernés par la conception et la réalisation des politiques du paysage entionnées à l’alinéa b ci-dessus ;
d) à intégrer le paysage dans les politiques d’aménagement du territoire, d’urbanisme et dans les politiques culturelle, environnementale, agricole, sociale et économique, ainsi que dans les autres politiques pouvant avoir un effet direct ou indirect sur le paysage.
« Depuis le 2 juillet 2003, de nouvelles dispositions de la loi Urbanisme et Habitat permettent aux communes, même non dotées de documents d’urbanisme, de protéger certains éléments paysagers, tels les haies,  arbres remarquables ou mares. Pour cela, la commune doit soumettre la liste des éléments qu’elle souhaite protéger à enquête publique, puis l’approuver en conseil municipal. Dès lors, tous les travaux sur les éléments protégés sont soumis à une autorisation, délivrée par le maire ou l’Etat.
Pour encourager cette nouvelle disposition, le Parc naturel régional du Vercors propose aux communes un inventaire du maillage bocager sur leur territoire, accompagné d’une analyse qui permet de sélectionner les éléments les plus intéressants en fonction des enjeux écologiques, paysagers ou de la prévention des risques (distance par rapport aux cours d’eau, visibilité de la haie, etc.) ».
 3 -SAGE de la Vallée de la  Drôme-Diois :
« Dans les communes non dotées d’un PLU, le Conseil Municipal peut, par délibération  prise à l’issue d’une enquête publique, identifier et cartographier les éléments présentant un intérêt patrimonial, écologique ou paysager, qu’il souhaite préserver ».
« Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou à non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseau de haies, des plantations d'alignements. Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements ».
« Tous travaux ayant pour effet de détruire un élément de paysage identifié par un plan d’urbanisme en application du 7° de l'article L. 123-1 et non soumis à un régime d'autorisation doivent faire faire l’ objet d’ une autorisation préalable au titre des installations et travaux divers dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ».
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Dissidence...


Vàclav Havel et le «pouvoir des sans-pouvoirs»
Le slogan «Havel au Château» (Havel na Hrad) et son élection à la présidence de la République constituèrent les points culminants de notre révolution pacifique de novembre 1989. Son caractère «de velours» fut le mérite, entre autres, de Václav Havel. Durant cette révolution, il demeurait encore, dans l’esprit des Tchèques, avant tout un dramaturge, l’auteur de la Fête en plein air et de Mémorandum. Seul un groupe restreint parmi ceux que l’on appelait «dissidents», le connaissait comme essayiste, coauteur de la Charte 77, homme politique doué, et en raison de ses principes moraux. Václav Havel avait énoncé lui-même le principal d’entre eux : vivre dans la vérité. Une revendication capitale dans une société où le mensonge devient une norme à l’aune de laquelle l’individu est jugé par le pouvoir.
Dès les années 70, lorsqu’il écrivit ses essais les plus profonds, Havel était conscient du fait que ce monde de l’apparence, cette vie dans le mensonge n’étaient pas seulement imputables à la société post-totalitaire, mais aussi à la société de consommation. Ainsi, même après la «révolution de velours», lorsqu’il quitte sa situation de dissident pour la présidence, ne cesse-t-il de prôner la vie dans la vérité. Pour Havel, cette quête comportait des risques, car cette vision de la société «post-totalitaire» suscitait la rage du pouvoir en place. Cette rage avait changé de dimension après la mort de Staline et cessa de vouer ses victimes à une mort certaine. Dix ans plus tôt, la Fête en plein air n’aurait jamais pu être mise en scène et son auteur aurait très vraisemblablement été condamné à extraire de l’uranium dans les mines de Jáchymov.
L’aliénation du langage devint le sujet de la pièce Mémorandum - qui fait apparaître un langage incompréhensible, artificiellement construit, le «ptydepe», qui sert à donner des ordres et à rédiger des mémorandums que personne ne comprend. La parole perd sa fonction originelle - la communication - pour devenir un moyen d’aliénation. Cette situation menace l’individu, altère sa capacité à se faire entendre. Mais elle convient au pouvoir post-totalitaire pour réprimer tout dialogue.
Dès le début des années 70, Havel envisage la dissidence comme une révolte rigoureusement non-violente, il n’établit pas d’objectif noble pour ce mouvement, mais l’oriente vers l’individu, le citoyen : défendre ses libertés, contredire les mensonges idéologiques promettant les lendemains radieux auxquels conduit une violence transitoire. Puisque le pouvoir est violent, une révolte non-violente doit devenir le fondement du mouvement dissident.
Un jour, organisant avec lui une réunion collective, je lui demandai comment lui faire parvenir l’information sur le lieu de la rencontre. Il m’a répondu : «Appelle-moi par téléphone, on ne fait rien d’illégal.» Téléphoner à un numéro sur écoute signifiait que la police secrète serait au courant. Mais la question de la légalité était essentielle pour Havel. Se réclamant, en effet, de toute une série d’accords et conventions pour la défense des droits de l’homme, le régime post-totalitaire démontrait publiquement, chaque fois qu’il avait décidé de faire un procès aux dissidents les plus actifs, qu’en pratique, il foulait aux pieds ces droits fondamentaux. A plusieurs reprises, Havel lui-même fit l’objet d’une procédure judiciaire et écopa, au total, de quatre ans de prison ferme.
A l’aide de quelques amis, au moment où toutes ses œuvres étaient interdites de publication, il réussit ainsi à présenter, sous la baguette de son ami le metteur en scène Andrej Krobot, sa nouvelle pièce inspirée de l’Opéra de quat’sous. La représentation eut lieu dans une banlieue de Prague. La plupart de ses amis, avec stupeur, assistèrent ainsi, en 1975, à la première d’une comédie signée par un auteur interdit. Pour plus d’une centaine de spectateurs, la représentation fut non seulement un événement artistique, mais aussi un acte de résistance encourageant. Cette mise en scène correspondait à la conception de la révolte de Havel. Il refusait toute proclamation grandiose de visions politiques et demandait que l’intérêt de la dissidence se porte sur les destinées des individus, ce qui signifiait prendre la défense des personnes que le régime menaçait.
Václav Havel fut parmi les premiers à formuler la nécessité d’une autre culture, d’une culture parallèle. Mettre publiquement en scène sa pièce constitua une preuve de l’existence de cette culture non-officielle. Les créations dans le domaine littéraire virent aussi le jour sous forme de samizdat, dès l’occupation soviétique. D’autres pièces - celles de Pavel Kohout ou de Karol Sidon - furent présentées lors de soirées de lectures privées. Václav Havel songeait ainsi à une révolution existentielle. Il a été sans doute le seul homme politique tchèque qui ait cru en la société civile, quand la politique reposait sur l’activité de petites communautés, constituées souvent juste pour mettre en œuvre un seul objectif concret, et censées disparaître après l’avoir atteint. Aujourd’hui, je me rends compte que le point fort de Havel après novembre 1989 ne réside ni dans ses capacités d’analyse ni dans ses années d’expérience politique, mais plutôt dans son intégrité morale.
IVAN KLÍMA Ecrivain et dramaturge tchèque
Traduit du tchèque par Zuzana Tomanová et Maxime Forest.
En partenariat avec «Libération», les Délégations permanentes de la République tchèque et de la France auprès de l’Unesco rendent aujourd’hui un hommage à Václav Havel. De 18 heures à 20 heures au 125, avenue de Suffren (salle IV -Fontenoy). 75007.

dimanche 4 mars 2012

Les DioisEs dans la Chaîne Humaine contre le Nucléaire... ce 11 mars

Rejoignez la grande chaîne !
Le 11 mars approche. La chaîne humaine* contre le nucléaire peut être un moment symbolique marquant qui manifeste notre volonté de sortir rapidement de l'énergie nucléaire avant la catastrophe finale.
Pour rallier la chaîne voir le site "chainehumaine.org/informations-pratiques" (cf: lien plus bas).
Ca fonctionnera ainsi: rendez-vous à l'un des parkings relais à partir de 13h30; départ à la queue leu-leu soit vers le Nord soit vers le sud. Quand la jonction est faite, on se prend la main et on fait la "Ola"...
Et pour paraphraser Jean-Louis Aubert, on peut chanter: « La chaîne humaine/ Tu la tiens dans ta main/ T'as un détonateur/ juste à côté du coeur/ La chaîne humaine/ C'est toi elle t'appartient/ Si tu laisse AREVA prendre en main ton destin / C'est la Fin! »
La Réaction en Chaine humaine est engagée !
Départs groupés depuis la Drôme pour le 11 mars
Infos, lieux et heures de RDV ci-dessous
et sur la page des départs groupés
La grande chaîne humaine se répartira en 10 maillons, entre les villes suivantes : Lyon (69), Vienne (38), Roussillon (38), Saint Vallier (26), Tain l’Hermitage (26), Valence (26), Livron (26), Montélimar (26), Bollène (84), Orange (84), Avignon (84).
Vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire à la grande chaine et choisir un point de RDV.
En attendant la grande chaîne du 11 mars, participez déjà à la mobilisation :
Retrouvez tous les informations utiles sur la page informations pratiques
Pour être informés par e-mail, abonnez-vous à notre lettre d’info mensuelle.
Pour nous contacter :
contact@chainehumaine.org
0777 202 771
Deux articles vont paraître pour l'un ( et qui concerne plus spécialement les Diois ) et un autre plus général ( pourquoi une chaîne humaine ) et si ce n'est pas encore fait, je vous invite à vous inscrire à la chaîne humaine du 11 Mars : déplacement en car, départ parking du magasin La Vie Claire, à Die, à 12 h pour une arrivée aux Tourettes (en face la centrale de Cruas à 13 h 30.  Retour à Die entre 18 h et 20 h.  Inscriptions et paiement ( 10 € / personne à Marc Isoard  Le Serre de Pibous et Cougnès 26150  DIE Tél : 04 75 21 19 10  mail   : marc.isoard@orange. fr. )
Pour ceux qui n'habitent pas le Diois, il y a d'autres déplacements prévus ( à Crest, Nyons, Dieulefit ... .
Marc et Gilberte ISOARD et
 Mireille Verdet
Le Serre de Pibous et Cougnès
26150  DIE
Tél : 04 75 21 19 10 
Ecologie au Quotidien (Le Chastel 26150 DIE) s’associe totalement  à l’action contre le nucléaire et sera dans le car et organise plusieurs covoiturages vers les Tourettes-Montélimar. 
Tel : 04 75 21 00 56 ;

Les grandes manipulations scientifiques du Communisme...

L’affaire Lyssenko, ou la pseudo-science au pouvoir

« Comment peut-on parler de science sans citer une seule fois le nom du plus grand savant de notre temps, du premier savant d’un type nouveau, le nom du grand Staline ? »
Victor Joannès, responsable communiste, en 19481

« On pourra nous mener au bûcher, on pourra nous brûler vifs, mais on ne pourra pas nous faire renoncer à nos convictions. (…) renoncer à un fait simplement parce que quelqu’un de haut placé le désire, non, c’est impossible. »
N. I. Vavilov, éminent généticien soviétique, mars 19392.

L’affaire Lyssenko appelle sous la plume de ceux qui se penchent sur elle les superlatifs les plus réprobateurs : « l’épisode le plus étrange et le plus navrant de toute l’histoire de la Science  », selon le prix Nobel de biologie Jacques Monod3 ; « une régression, unique dans les annales de la science contemporaine  », pour les journalistes Joël et Dan Kotek4 ; et rien moins que la « plus grande aberration rencontrée dans l’histoire des sciences de tous les temps  »5, si l’on veut bien suivre le généticien Denis Buican.6
Il est vrai que 60 ans plus tard, celui qui parcourt cette histoire est rapidement frappé par le caractère délirant de certains aspects du lyssenkisme. Comment l’URSS, qui proclamait par ailleurs son adhésion à une vision scientifique du monde, a-t-elle pu confier son agronomie à un charlatan, tout en le laissant détruire un pan entier de la recherche soviétique, celui de la génétique, pourtant jusque-là plutôt bien portant dans ce pays ?

La génétique, science « réactionnaire » ?

Pour ce qui est de la France, l’affaire Lyssenko commence le 26 août 1948, dans le journal communiste Les Lettres françaises, avec un reportage qui se fait l’écho de la session d’août de l’Académie Lénine des sciences agronomiques. Son titre : « Un grand événement scientifique : l’hérédité n’est pas commandée par de mystérieux facteurs »…
Science fausse et fausse science
Ce texte de Jean Rostand, paru en 1958, contient la première étude critique consacrée à l’Affaire. L’essai traite notamment de l’affaire des Rayons N, de la radiesthésie, des médiums (domaine appelé à l’époque la « métapsychie »), et pour finir de la « biologie mitchourinienne ».
Pourtant, aucune authentique découverte n’est à signaler, et le seul fait avéré est alors le suivant : la session qui a débuté le 31 juillet 1948 a vu la prise de pouvoir par l’agronome T.D. Lyssenko, qui proclame la déchéance de la génétique et l’avènement de ses propres conceptions en matière d’hérédité. Son rapport vise à « bannir le hasard de la biologie » et se situe lui-même dans la perspective suivante : « Dans la période post-darwinienne, la plus grande partie des biologistes du monde, au lieu de continuer à développer la doctrine de Darwin, firent tout pour avilir le darwinisme, pour en étouffer la base scientifique. L’incarnation la plus éclatante de cette dégradation est donnée par Weismann, Mendel, Morgan, fondateurs de la génétique réactionnaire contemporaine »7.
La génétique, qui est ici qualifiée de « réactionnaire », est alors une science jeune8, qui, en quelques dizaines d’années, a mis à jour les mécanismes de l’hérédité en s’appuyant sur l’idée de transmission des caractères par le biais des gènes qui en seraient le support matériel exclusif. Et ceux qui sont accusés ici de dégrader le darwinisme sont les principaux savants ayant contribué à la percée de la génétique :
Le moine autrichien Johann Gregor Mendel est considéré comme le père de la génétique pour avoir publié en 1865 ses travaux, passés inaperçus à l’époque, sur les lois de l’origine et de la formation des hybrides, à partir de ses expériences avec des variétés de pois. Il constate, en étudiant les descendances d’hybrides, l’existence de lois statistiques régissant la distribution des caractères concernés par le croisement.
August Weismann est un biologiste allemand de la fin du XIXe siècle, qui a réfuté l’hypothèse très répandue à l’époque de la transmission héréditaire des caractères acquis, par exemple en coupant la queue à des générations de souris… et en constatant que les souris continuaient à naître avec une queue longue ! Il a également émis l’hypothèse d’un « plasma germinatif » qui contiendrait l’information héréditaire.

Quant au généticien états-unien Thomas Hunt Morgan, il a pour sa part reçu le prix Nobel de médecine en 1933 pour avoir montré que les chromosomes étaient les supports physiques de l’information héréditaire. Ses expériences sur les fameuses mouches « drosophiles » du vinaigre ont confirmé l’application des lois de Mendel chez les animaux, en étudiant les descendances de mouches aux yeux blancs ou rouges croisées entre elles.
Ce sont toutes ces avancées que le lyssenkisme s’efforce de balayer. Et, dans le contexte du début de la guerre froide, alors que Jdanov a lancé la bataille idéologique sur le terrain culturel, le lyssenkisme est alors présenté par ses partisans comme l’exemple réalisé d’une « science prolétarienne » unifiant la théorie et la pratique et permettant par là-même de dépasser les horizons d’une « science bourgeoise » qui serait, elle, l’expression forcément limitative de l’idéologie d’une classe sociale aux abois… Au-delà de ces querelles purement idéologiques, Lyssenko annonce que sa compréhension nouvelle des mécanismes de l’hérédité va permettre de véritables révolutions agronomiques susceptibles de faire fortement progresser les rendements de l’agriculture soviétique collectivisée. Et c’est bien dans le domaine de l’agronomie, et non celui de la génétique, que le lyssenkisme a commencé sa singulière aventure…

L’ascension de Lyssenko

Lyssenko, l’agronome, se fait connaître en 1926-1927 par des expériences sur des cultures hivernales de plantes comme le pois. Il acquiert une certaine réputation avec sa technique de la « vernalisation » : il « découvre » que les variétés hivernales semées au printemps plutôt qu’en automne peuvent produire à condition d’avoir été préalablement exposées au froid. La vernalisation consistait à humidifier sous abri les semences de blé ou d’autres céréales, en les remuant sans cesse et en les maintenant dans des conditions déterminées. Les graines étaient semées alors qu’elles avaient déjà commencé à gonfler. Les fortes pertes de grains en Ukraine lors de l’hiver 1927-1928 provoquent un intérêt croissant pour la vernalisation, et Lyssenko reçoit le soutien du commissaire à l’agriculture Yakovlev, mais sa communication au Congrès d’agronomie de 1929 ne convainc pas les scientifiques réunis à cette occasion.9
Lyssenko se présente alors comme le continuateur des expérimentations du botaniste Ivan Vladimirovitch Mitchourine, qui a développé une pratique de croisements de variétés fondés notamment sur des greffes, et prétend avoir ainsi créé par « hybridation végétative » des centaines de nouvelles variétés. Mitchourine est parvenu dans les années 1920 à obtenir un certain soutien de la part du gouvernement soviétique, qui était initialement très sceptique, mais il est resté jusqu’à sa mort en 1935 largement déconnecté de la communauté scientifique, ce qui ne l’a pas empêché de devenir une sorte de héros populaire de la botanique, le prototype du nouveau scientifique intéressé par la pratique plus que la théorie. Lyssenko et Mitchourine ne sont alors que des pratiquants d’une agronomie plus ou moins fantaisiste prospérant en marge de l’agronomie scientifique privilégiée par le régime soviétique. Celle-ci est incarnée par la figure du généticien et botaniste Nikolai Ivanovitch Vavilov, président de l’Académie Lénine des Sciences agronomiques et membre du Comité Central. Il avait entamé un programme unique au monde d’importation systématique de variétés de plantes venues d’autres parties de la planète, et il avait initié l’étude de ces variétés dans le but d’améliorer les espèces.
Les attaques de Lyssenko contre Vavilov se développent à partir de 1931. Lyssenko estime que les progrès des rendements permis par les méthodes d’amélioration variétale de l’école de Vavilov sont beaucoup trop lents, et il affirme aux autorités soviétiques que l’application de ses propres méthodes à grande échelle permettrait d’atteindre les objectifs fixés pour le court terme, et ce d’une manière plus adaptée à la nouvelle agriculture socialisée. Les lyssenkistes remettent alors en cause les principes mêmes de la recherche scientifique incarnée par Vavilov : ils expliquent qu’il est absurde d’expérimenter dans des stations agronomiques spécifiques avant de généraliser l’usage des variétés obtenues, et que chaque paysan doit lui-même devenir un expérimentateur, la pratique primant sur les canons de la recherche scientifique10. Ainsi, au cours des années 1930, Lyssenko et ses disciples s’immiscent dans des questions d’ordre scientifique et en viennent à attaquer de front la génétique, dont les fondamentaux infirment leur propre approche de l’amélioration variétale, et notamment de l’hérédité des caractères acquis par les plantes au moyen de greffes.
En 1936 et 1939, lors de deux conférences sur le sujet, la majorité des scientifiques se taisent ou essaient d’apaiser Lyssenko par peur des représailles à l’encontre des « spécialistes bourgeois ». La discussion, engagée sur le terrain de la primauté du critère de la pratique, en reste au pur niveau de la théorie, sans référence précise à des données expérimentales11. La répression commence contre certains généticiens, dans un contexte de terreur généralisée à l’encontre de tous ceux qui sont accusés d’être des ennemis de l’intérieur. Le VIIe congrès International de génétique, qui aurait dû avoir lieu à Moscou en 1937, ne peut s’y tenir et se déroule finalement en 1939 en Écosse. Le généticien états-unien Hermann J. Muller, futur prix Nobel et sympathisant communiste installé au pays des Soviets, quitte l’URSS en 1937. Vavilov est arrêté et emprisonné en 1940, et meurt dans son cachot en 1943. Après son triomphe de 1948, Lyssenko est à la tête de l’agronomie et de la biologie soviétique, qu’il gère de manière dictatoriale en l’expurgeant de ses adversaires.
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Numéro 1, en janvier 1952, du bulletin de l’Association des amis de Mitchourine, principal artisan en France du « lyssenkisme expérimental ». Créée en 1950 et principalement animée par Claude-Charles Mathon, l’association a revendiqué au faîte de sa gloire 5 000 expérimentateurs, et a poursuivi ses activités jusqu’en 1963.

L’écho international de l’affaire

La révélation internationale du coup de force de Lyssenko a été une sorte de coup de tonnerre dans un ciel serein. En effet, la situation précaire de la génétique en URSS après 1939 était mal connue dans le reste du monde, comme le montre la perception du cas Vavilov. Les biologistes ayant des sympathies communistes, comme par exemple l’anglais J.B.S. Haldane, tendent alors à considérer les rares informations ayant filtré à propos de la mort de Vavilov comme de la propagande antisoviétique, et ils continuent à croire à la liberté de discussion scientifique en URSS12. Le biologiste français Pierre-Paul Grassé raconte comment, lors d’un voyage en URSS en juin 1945, les participants cherchent à rencontrer Vavilov et s’étonnent des réponses évasives et embarrassées de leurs interlocuteurs, jusqu’à ce qu’ils finissent par découvrir la vérité13.
La France est le pays où l’écho de l’affaire a été le plus profond, en partie du fait du poids du Parti Communiste dans l’immédiat après-guerre. La polémique enfle immédiatement après la parution de l’article des Lettres Françaises. Elle est relancée notamment en octobre 1948 lorsque le poète stalinien Louis Aragon s’improvise spécialiste en biologie en consacrant un numéro de sa revue Europe à la promotion des thèses lyssenkistes144. L’historien des sciences Stéphane Tirard, auquel les analyses qui suivent sont empruntées, a dressé la liste des différentes contributions parues à ce sujet entre septembre et décembre 1948, et constate que le débat a agité avant tout la presse de gauche. Il examine ensuite en détail les réactions d’un certain nombre de biologistes, les prises de position de trois d’entre eux étant très significatives15 :
Jean Rostand16 fait part de ses doutes sur la réalité des annonces faites par Lyssenko et prévient : « Ne tombons pas dans le ridicule de politiser les chromosomes ». Il tente de maintenir la discussion sur le strict plan scientifique, et met en quelque sorte les lyssenkistes au défi de produire les preuves de ce qu’ils avancent. Il esquisse un parallèle avec un lamarckisme alors en déclin, suggérant que le lyssenkisme allait probablement connaître le même sort17.
Jacques Monod, qui est chercheur à l’Institut Pasteur et proche du Parti Communiste, réagit lui de manière plus radicale. Il ne fait aucun doute pour lui que les arguments de Lyssenko sont mensongers, et il s’interroge plutôt pour savoir comment celui-ci a pu l’emporter. Il place le débat sur le terrain de la liberté d’expression en URSS et affirme ainsi sa rupture avec le PCF : « En définitive ce qui ressort le plus clairement de cette grotesque et lamentable affaire, c’est la mortelle déchéance dans laquelle est tombée en URSS la pensée socialiste  »18.
Marcel Prenant est dans une position extrêmement délicate. Personnalité prestigieuse, il est membre du Comité Central du Parti Communiste, dont il est le biologiste le plus connu. Le titre que la rédaction de Combat19 donne à sa contribution traduit son embarras : « Selon le Pr Marcel Prenant Lyssenko respecte les bases de la génétique classique mais estime avoir obtenu la fixation héréditaire de caractères acquis  ». Des années plus tard, Marcel Prenant commentait : « J’ai écrit des bêtises, je le sais très bien, j’essayais de trouver une troisième voie. Je me disais, c’est pas possible que des gens qui ont la qualité d’esprit, de réflexion et de matérialisme qu’ont les soviétiques… car même du point de vue matérialiste et dialectique, l’histoire de Lyssenko est une folie (…). Il n’y avait aucune découverte, il n’y avait rien, rien. Pendant quelques temps, j’ai cherché une voie… Je me disais où est la faille ? J’ai essayé de faire avaler ça de toutes les façons.  »20 L’URSS jouit alors d’un grand prestige, et, dans les rangs communistes, il est impossible d’imaginer qu’il s’agit là d’une fraude. Marcel Prenant, de plus en plus conscient que c’en est une, est définitivement convaincu après sa rencontre avec Lyssenko en novembre 1949, et refuse de prendre la tête de la croisade lyssenkiste que veut mener en France le PCF. Il est donc exclu du Comité Central en 1950.
Un témoignage du généticien Philippe L’Héritier
On peut penser que dans ce récit le « type » en question est Claude-Charles Mathon, qui avait demandé à Marcel Prenant d’utiliser les salles de TP de la Sorbonne pour ses expérimentations. Georges Teissier, cité dans cet extrait, était zoologiste et biologiste et a été directeur du CNRS de 1946 à 1950. Membre du Parti Communiste, il appartenait également au comité de direction de la revue communiste La Pensée.
« Cette affaire Lyssenko avait mis Teissier dans l’embarras à cause de ses opinions politiques. Mais il n’y a jamais cru, pas plus que Marcel Prenant. Je me souviens d’une conférence à la Sorbonne où un type nous prêchait le “lyssenkisme” et argumentait en disant qu’en France si quelqu’un s’avisait de défendre des théories non mendéliennes, sa carrière était fichue. J’avais dû intervenir. “Ne charriez pas ! En 1937 Teissier et moi, c’est ce qu’on a fait avec notre sensibilité de la drosophile au gaz carbonique… et aujourd’hui, nous sommes tous les deux professeurs à la Sorbonne !”. Monod dans son coin se tordait de rire »
Cité dans Jean-François Picard, La République des savants : la recherche française et le CNRS 1939 – 1989, Paris, Flammarion, 1990, p. 139.
Si l’adhésion au lyssenkisme reste ainsi marginale parmi les biologistes, fussent-ils par ailleurs communistes, celui-ci n’est souvent pas dénoncé de front, comme d’autres fraudes scientifiques ont pu l’être21 – par exemple du fait de leur incompatibilité avec des théories existantes et déjà solidement éprouvées, comme c’était le cas pour la génétique. Il vaut la peine ici de se pencher un instant sur l’attitude adoptée à l’époque par les organisations rationalistes qui se fixaient pour tâche de défendre et de promouvoir l’esprit et la culture scientifiques. Si l’on se penche sur les prises de position publiques22, on constate que c’est surtout un silence gêné qui prévaut. L’Union Rationaliste, par exemple n’évoque jamais l’affaire dans sa publication principale, Les cahiers rationalistes. Et il faut même attendre le numéro 183 de décembre 1959 pour que soit évoquée la question de la génétique, avec un article intitulé « Problèmes de l’hérédité », qui est consacré en fait aux aptitudes intellectuelles et pas du tout aux questions posées par le lyssenkisme. Cette stratégie d’évitement s’explique aisément par la proximité de l’association d’avec le Parti Communiste : son président est alors Frédéric Joliot-Curie, et des personnalités comme Marcel Prenant ou son collègue et camarade Georges Teissier font partie du comité d’animation. Même si l’on s’éloigne de la galaxie communiste et que l’on va regarder du côté de la collection de La Raison Militante, organe de la « Fédération Nationale des Libres Penseurs de France et de l’Union Française », on trouve très peu de choses. La première mention de l’affaire Lyssenko se produit seulement dans le numéro 17 bis de février 1949, à travers un bref compte rendu du numéro spécial de la revue Europe, qui est qualifié d’«  extrêmement intéressant ». Une chronique, signée Paul-Henri Paillou paraît dans le numéro 19 d’avril 1949, sous le titre « Le coup de tonnerre de Lyssenko ». Là aussi, le ton est très prudent, bien loin des prises de position tranchées de Rostand ou Monod : « Il est trop tôt pour se prononcer en faveur de Mendel ou de Lyssenko. Il convient d’attendre les vérifications pour savoir si l’expérience du savant soviétique a été correctement conduite. Quelles que soient nos convictions philosophiques, nous n’avons pas le droit en la matière de prendre parti contre Mendel parce qu’il était moine ni contre Lyssenko parce qu’il est communiste. Devant un si grave problème scientifique, l’homme doit imposer silence à ses passions. » L’article, qui est pour moitié consacré à rappeler l’abandon des théories de Lamarck, se termine par une évocation de l’invalidation des expériences d’hybridation de végétaux par la greffe menées par le français Daniel à la fin du XIXe siècle, expériences qui semblaient déjà à l’époque confirmer l’héritabilité des caractères acquis. On peut y voir une prise de distance d’avec le lyssenkisme, mais cet article reste isolé, et le problème n’est plus soulevé de toute la décennie suivante, même lorsque le PCF promeut activement la théorie des « deux sciences ». Là aussi, la raison de ce silence est d’ordre politique, les Libres Penseurs prônant alors l’unité de la famille républicaine face au danger incarné par l’Église et le MRP, et refusant donc de s’associer à tout ce qu’ils considèrent comme des campagnes anticommunistes23.
L’interprétation du lyssenkisme aujourd’hui
Aujourd’hui, le lyssenkisme est l’objet de différentes interprétations. Jaurès Medvedev, auteur de la première (excellente) synthèse sur le sujet, le présente comme un dommage collatéral du stalinisme et du « culte de la personnalité »24. Dominique Lecourt, quelques années plus tard, parle lui surtout du produit de la déformation du marxisme que représenterait le « Diamat », philosophie officielle des pays dominés par une bureaucratie stalinienne25. L’école historiographique la plus active en France depuis près de 30 ans, autour d’historiens comme Denis Buican ou Cédric Grimoult, y voit l’incarnation à la fois d’une forme de néolamarckisme tardif et du matérialisme dialectique marxiste26. À cette dernière interprétation, très idéologique, nous préférerons celle qui nous semble de loin la plus rigoureuse et compatible avec l’ensemble des faits, celle du socio-historien étatsunien David Joravsky27. Son ouvrage, déjà ancien, mais malheureusement jamais traduit en français, décrit l’aventure lyssenkiste comme celle d’une pure pseudo-science – ce que n’est pas le néolamarckisme, aussi réfuté ait-il été par ailleurs –, qui a pu profiter d’un contexte historique et social très particulier pour s’imposer, en écrasant pour un temps les authentiques scientifiques soviétiques, que ceux-ci aient été des « spécialistes bourgeois » mais aussi, bien souvent, d’authentiques militants bolchéviques de longue date. Même si l’« affaire » a pu prendre cette tournure en Occident, le lyssenkisme n’oppose pas fondamentalement le marxisme à ses adversaires idéologiques. Il oppose plus prosaïquement la pseudo-science à la science, et, sous la contrainte du réel, c’est cette dernière qui l’a emporté, en URSS comme ailleurs.
Le prestige du lyssenkisme est toutefois de courte durée. En 1950, Staline lui-même condamne la distinction science bourgeoise/science prolétarienne (dans un opuscule sur la linguistique), ce qui coupe court à la campagne du PCF. Lyssenko est ponctuellement remis en cause dans les années 1950 après la mort de Staline, et est définitivement limogé en 1965 après la chute de Khrouchtchev, son dernier protecteur. La génétique a alors triomphé et l’URSS est réintégrée dans ce secteur de la recherche scientifique à l’échelle internationale.
 Yann Kindo

1 Cité par Jean-Toussaint Desanti dans Dominique Desanti, Les staliniens, Paris, Fayard/Marabout, 1975, p. 362.
2 Communication à l’Institut pansoviétique de culture des plantes.
3 Préface au livre de Jaurès Medvedev (1971), p. 7.
4 Joel et Dan Kotek, L’affaire Lyssenko, Bruxelles, Ed. Complexes, 1986, p. 10.
5 Denis Buican, Lyssenko et le lyssenkisme, PUF, Que-sais-je ?, 1988.
6 Denis Buican, L’éternel retour de Lyssenko, Paris, Ed Copernic, 1978, p. 7.
7 T.D. Lyssenko, Agrobiologie, Éd en Langues Étrangères, Moscou, 1953, p. 532, cité par Denis Buican, Lyssenko et le lyssenkisme, Paris, PUF, Que sais-je ?, 1988, chap. I.
8 Ce n’est qu’en 1945 qu’a été ouverte la première chaire de génétique en France, pays, il est vrai, alors particulièrement en retard dans ce domaine.
9 Jaurès Medvedev, Grandeur et chute de Lyssenko, Paris, Gallimard, 1971, p. 40-43.
10 David Joravsky, The Lyssenko affair, Chicago et Londres, Chicago University Press, 1970, p. 56
11 Ibid., p. 97-109.
12 Joël et Dan Kotek, L’affaire Lyssenko, Bruxelles, Éd. Complexes, 1986, p. 117-118.
13 Pierre-Paul Grasse, La défaite de l’amour, Paris, Albin Michel, 1976, p. 76.
14 Voir par exemple son article d’ouverture au titre particulièrement mal choisi : Louis Aragon, « De la libre discussion des idées », Europe n° 33-34 (spécial Lyssenko), octobre 1948 p. 3-24.
15 Stéphane Tirard, « Les biologistes français et l’affaire Lyssenko à l’automne 1948 », Historiens et Géographes, n° 358, 1997, p. 95-106.
16 Jean Rostand est présenté par Joël et Dan Koteck p. 138 de leur ouvrage comme étant alors une sorte de compagnon de route du PCF.
17 Voir ses articles : « On ne renverse pas une théorie scientifique comme on renverse un ministère », Combat, 8 septembre 1948 ; « Le biologiste Lyssenko a-t-il découvert du nouveau sur l’hérédité ? », Le Figaro Littéraire, 2 octobre 1948 ; « Un grand débat sur l’hérédité », Le Figaro Littéraire, 13 novembre 1948 ; « Conclusions au débat sur l’hérédité. Comment les "mitchouriniens" soviétiques écrivent l’histoire de la biologie », Le Figaro Littéraire, 4 décembre 1948.
18 Voir sa prise de position dans Combat le 15 septembre 1948.
19 Édition du 14 septembre 1948.
20 Jeanine Verdes-Leroux, Au service du Parti. Le Parti Communiste, les intellectuels et la culture (1 944-1 956), Paris, Fayard-Minuit, 1983, p. 227.
21 Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Paris, La Découverte, 2001.
22 Seules les publications ont été consultées, je n’ai pas à ce stade mené d’entretiens ou d’enquête dans des archives internes.
23 Voir par exemple l’encart « Point sur les i » dans le numéro 22 de juillet-août 1949.
24 Jaurès MEDVEDEV, Grandeur et chute de Lyssenko, Paris, Gallimard, 1971, 317 p. Le manuscrit a commencé à être rédigé en 1961-1962. Sa publication aux États-Unis en 1968 valut à l’auteur d’être victime de la répression, à travers un internement en hôpital psychiatrique.
25 Dominique LECOURT, Lyssenko, histoire réelle d’une « science prolétarienne », François Maspero, 1976. Réed Paris, PUF, « Quadrige », 1995.
26 Voir par exemple Denis BUICAN, Lyssenko et le lyssenkisme, PUF, Que-sais-Je ?, 1988.
27 David JORAVSKY, The Lyssenko affair, Chicago et Londres, Chicago University Press, 1970, 459 p.