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mardi 26 juin 2012

Aurel en Diois : Toutes et tous contre les gaz de schite...


TOUS A « AUREL », LE 1ER JUILLET 2012 entre SAILLANS et VERCHENY
Bonjour à toutes et tous,
LE PERMIS "PREALPES"
Depuis notre dernière lettre d'infos, une 4e demande de permis de recherche de gaz de schiste a été rendue publique courant juin sur le site du ministère du "développement durable" (http://www.developpement-durable.gouv.fr/Prealpes,28307.html). Baptisé "Préalpes", ce permis demandé par la compagnie australienne Continental Oil and Gas s'étale sur 4 départements et plus de 5000 km2, englobe le Vercors (parc naturel!), une bonne partie du Diois, descend jusqu'à Gap et remonte en Isère où il couvre le Trièves (cf carte en PJ). Nous vous rappelons que 3 autres demandes de permis sont toujours en attente de réponse depuis l'automne, dont "Montélimar-extension", qui englobe Chabeuil, Crest, Saou, Bourdeaux...
TOUS A AUREL LE 1ER JUILLET !
Ceci montre que si aucune exploitation n'a encore commencé en France, les compagnies gazières et pétrolières ne désarment pas, loin s'en faut. Ces permis de recherche sont encore au stade de demandes : à nous de faire en sorte qu'elles soient refusées ! Venez nombreux à "SCHISTE ALORS!", une après-midi festive à Aurel ce dimanche 1er juillet pour affirmer votre refus et soutenir le collectif ! Voici le programme :
- toute l'après-midi de 14h à 19h30 : stands des collectifs et assos, buvette, crêpes, producteurs locaux, animations nature pour les enfants, jeux en bois, sérigraphie en direct sur tee-shirts...
- 14h-15h (dans l'herbe) : FARANUME (musique tzigane)
- 15h-16h30 (kiosque) : forum d’échanges
- 15h (dans l'herbe) : JACQUES GIRARD (chanteur engagé)
- 16h (dans l'herbe) : RIPITIKI (chorale)
- 16h30 (scène) : prise de parole du collectif
- 17h (scène) : BRETONS DE L'EST (chanson swing manouche)
- 17h (dans l'herbe) : COMPAGNIE DOUBLE UN (conteuse)
- 18h (scène) : FRISETTE  (bal du Grand Chahut Collectif)
Vous voulez donner un coup de main ? Merci de contacter Alixe (felixelechat@hotmail.com) !
GUYANE
Les événements récents en Guyane démontrent la porosité du nouveau gouvernement aux arguments des pétroliers et gaziers. Nicole Bricq avait suspendu les forages au large de la Guyane par 6000 m de fond : elle a été démise de son ministère (du développement durable), remplacée par Delphine Batho dont le directeur de cabinet et Pierre Cunéo. Ce jeune énarque est aussi l'ancien président du directoire de l'institut de "réflexion et d'échanges" ASPEN France, dont on retrouve parmi les partenaires GDF-Suez ou Total...(http://www.aspenfrance.org/-Partenaires-.html). Moralité : à la tête du consortium qui dirige ce projet (où l'on retrouve Total), Shell a annoncé que les forages commenceront cette semaine (http://www.romandie.com/news/n/_PetroleGuyane__les_forages_commenceront_la_semaine_prochaine_67230620122039.asp). Rappelons que la ligne officielle de Hollande sur les gaz de schiste est la même que celle de l'UMP : pourquoi pas, si on arrive à exploiter "proprement"...

Bien à vous,
Martial Suteau
26 Saillans 
Collectif Val de Drôme Non au Gaz de Schiste
Blog  http://stopaugazdeschistevaldedrome.eklablog.com/
Mail  nonaugazdeschistevaldedrome@gmail.com

Tél  06-01-77-59-30
L'antenne http://www.radiosaintfe.com/rsf/index.php?option=com_content&view=article&id=158:lantenne&catid=37&Itemid=86

Nous détruirons jusqu' au dernier animal, pour l' économie totalitaire...


Vers la disparition de la grande faune africaine ?
Vingt ans après le Sommet de la Terre fondateur de 1992, «Rio + 20», la conférence des Nations unies sur le développement durable, va tenter jusqu'au 22 juin de faire avancer les négociations.
Vers la disparition de la grande faune africaine ?
A l’occasion du sommet de l’ONU qui s’ouvre à Rio, les gouvernements vont se féliciter des avancées de la protection de l’environnement. Déjà, à Nagoya (Convention sur la diversité biologique), en 2010, le monde entier s’était congratulé de l’atteinte de 13 % d’aires protégées (AP) terrestres sur la planète. Curieusement, au même moment, nous assistons à la disparition de la grande faune africaine, en particulier en Afrique francophone. Les massacres récents d’éléphants au Cameroun, en sont une illustration. Le rhinocéros noir d’Afrique centrale s’est éteint dans l’indifférence, les populations de grands singes s’étiolent, l’hippopotame, espèce pourtant commune, régresse…
La vision d’Out of Africa n’existe plus qu’à Hollywood. La population humaine a dépassé le milliard d’individus en Afrique, avec des problèmes prioritaires de sécurité alimentaire et de développement économique et social. Avec une empreinte humaine croissante sur ce continent, c’est donc le réseau d’AP qui devra garantir la survie de la grande faune dans les décennies à venir. Cela est lié au maintien de grands espaces protégés, bien gérés sur le long terme et connectés entre eux. Notre vision romantique de l’Afrique s’en trouve écornée.
La réalité des AP sur le terrain est bien différente des données fournies par les organisations internationales. Beaucoup de ces parcs nationaux ou réserves n’existent que sur les cartes (d’où leur nom de Paper Parks). Particulièrement en Afrique francophone. Ces AP sont soumises à de multiples pressions (disparition des habitats due à l’agriculture ou à la foresterie, pression démographique et spirale de la pauvreté entraînant la surexploitation des ressources naturelles, instabilité politique et oligocratie), la liste est longue… Outre ces externalités défavorables à la biodiversité, la mauvaise gestion des parcs nationaux en Afrique francophone tient aussi à un système international de financements basé sur un triangle vicieux qui conduit les projets de conservation des AP à des échecs systémiques et récurrents.
D’abord, les grands bailleurs de fonds publics, qui apportent la majeure partie des financements, soutiennent les projets sur des cycles courts de trois à quatre ans (qui répondent à un temps politique d’attribution des fonds, mais pas au temps biologique nécessaire à la mise en œuvre des projets), avec des critères d’éligibilité déconnectés de la réalité et soumis à des stratégies à géométrie variable, des volumes financiers très (trop ?) importants sur des durées courtes d’exécution, des procédures de décaissements complexes (on privilégie la gestion administrative et financière plutôt que les résultats de terrain).
Deuxième pointe du triangle, les projets de ces bailleurs sont négociés et signés avec les administrations en charge de la faune des pays concernés, ce qui est normal. Mais ces ministères manquent de capacités techniques et humaines pour instruire les projets. Ils ont souvent pour priorité leur propre survie, plutôt que celle de leurs parcs nationaux, ceci étant compréhensible vu leur manque de moyens. Cela se passe dans un contexte institutionnel de népotisme, voire de corruption, qui rend vain tous les efforts de renforcement des capacités. Certaines administrations africaines se sont d’ailleurs si bien adaptées à ce modèle qu’elles préfèrent attendre les «bons» projets (qui vont payer véhicules, voyages, indemnités de leurs cadres, etc.), plutôt que d’accepter un projet qui assurerait la pérennité d’une AP du pays.
Enfin, pour mettre en place les projets, vu que les services de l’Etat ne peuvent le faire, les bailleurs procèdent souvent à des appels d’offres pour sélectionner un bureau d’étude. Celui-ci va recruter le personnel, assurer les activités, et faire le reporting administratif et financier du projet. Or leur modèle économique est de gagner de l’argent et ce, sur la période courte du contrat. Ils vont donc faire ce qu’il faut pour réaliser des marges sur la facturation des consultants internationaux, de grands équipements et infrastructures et sur les frais de gestion, au lieu de répondre aux priorités de la gestion de la biodiversité, qui demande moins d’argent, mais un engagement financier et moral sur le long terme.
Finalement, le modèle actuel ne permet pas de répondre aux impératifs de conservation d’une AP. Peu d’argent arrive sur le terrain, les communautés locales ne sont pas ou peu associées, aucune gouvernance partagée n’est mise en place régionalement, et le court terme et les réalisations visibles ou études coûteuses sont privilégiées par rapport à une vision de long terme. Tout s’arrête à la fin du projet quand il n’y a plus de financements. Quelques années plus tard, à l’arrivée d’un nouveau bailleur, on répète les mêmes erreurs. La grande faune, elle, n’a pas attendu et a disparu sous les effets du braconnage…
Le modèle de soutien des AP en Afrique francophone doit évoluer vers des projets financés sur le long terme, peu coûteux (en moyenne, la bonne gestion d’une AP coûte un euro par hectare et par an, mais indéfiniment), gérés au niveau local, avec une gouvernance impliquant l’Etat, mais aussi la société civile, les ONG africaines et internationales et les collectivités régionales, et recherchant un équilibre entre sauvegarde de la biodiversité et développement communautaire. Même si cet équilibre est complexe, il est essentiel que chacun se mobilise pour trouver des solutions. La sauvegarde de la grande faune d’Afrique francophone est à ce prix. L’éléphant, fruit de millions d’années d’évolution, symbole mondial de notre patrimoine naturel, dernier carré de liberté dans notre monde normé, bouée de sauvetage de l’imaginaire des enfants de la planète, mérite la même attention de la communauté internationale que nos cathédrales ou les pyramides d’Egypte.
ARNAUD GRETH, Noé Conservation

Jean Jacques Rousseau...toujours dérangeant...


Rousseau toujours dérangeant
(Photo : Dessin anonyme sur Rousseau et la Terreur, début du XXe siècle.
Institut et Musée Voltaire)
A Genève, une exposition en trois volets retrace la réception contrastée de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau: plongée dans la richesse d’une pensée qui n’a pas fini d’interroger.
«Vivant ou mort, il les inquiétera toujours.» La citation est tirée du troisième dialogue de Rousseau juge de Jean-Jacques, que le citoyen de Genève rédige à la fin de sa vie pour répondre à ses détracteurs. Elle est aussi le titre de l’exposition en trois volets qui retrace la réception des écrits de Jean-Jacques Rousseau (lire ci-dessous). C’est que l’influence de sa pensée a longtemps été liée aux polémiques qu’elle a soulevées, et la vivacité des réactions éclaire les enjeux propres à chaque époque. Sous-titrée «Amis et ennemis de Rousseau (XVIIIe-XXIe siècles)», l’expo genevoise montre ainsi, documents originaux à l’appui, les débats que cette pensée a suscités dans les domaines autant politiques que religieux ou littéraires.
«Choisir cet angle était pour nous une manière passionnante de montrer à un public non spécialiste comment l’œuvre de Rousseau s’est développée et a marqué les esprits, à son époque et pendant les presque deux siècles et demi qui ont suivi sa mort en 1778», explique Gauthier Ambrus, spécialiste des Lumières et commissaire de l’exposition avec Alain Grosrichard, professeur honoraire de l’université de Genève et président de la Société Jean-Jacques Rousseau. Entretien.
Comment expliquer que l’œuvre de Rousseau ait donné lieu à autant de polémiques, sur des sujets aussi divers?
Gauthier Ambrus: C’est qu’il avait développé une critique très poussée de la civilisation, de l’éducation, de l’anthropologie, de la culture au sens large. Il n’y a pas d’approche «neutre» de son œuvre: les arguments s’insèrent dans un contexte historique qui les conditionne, Rousseau devenant une sorte de baromètre des fièvres politiques du moment. Reste que sa pensée politique fit surtout débat après sa mort, au moment de la Révolution française et ensuite, après la chute de Robespierre: il restera associé aux réussites et aux échecs de la Révolution. Une association qui perdure aujourd’hui encore, puisqu’elle est au cœur de l’une des deux expositions que la France consacre à Rousseau – celle de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale.
Ce lien entre Rousseau, révolution française et Terreur est-il justifié?
Le lien avec Robespierre fait sens, car ce dernier revendiquait directement l’influence de Rousseau – tout comme les Jacobins. Ils n’étaient pas les plus radicaux mais se sentaient proches de ses principes sur la démocratie ou l’égalité sociale. Rousseau est ensuite critiqué sur le plan théorique, par Benjamin Constant notamment, la tradition libérale voyant dans le projet démocratique du Contrat social des contradictions qui risquent de mener au despotisme – à replacer dans le contexte de la démocratie en devenir du XIXe siècle. Il est aussi la cible des milieux hostiles à toute démocratie. Mais un penseur contre-révolutionnaire comme Bonald est fasciné par le Contrat social.
Enfin, dans les années 1950, l’historien israélien Jacob Talmon accuse Rousseau d’être à l’origine de la «démocratie totalitaire», soit un totalitarisme qui prend les apparences de la liberté: cela fait sens dans le cadre précis de la guerre froide et la crainte de la démocratie soviétique, qu’il oppose aux démocraties libérales occidentales.
Quel a été l’impact de la République de Genève sur la pensée politique de Rousseau?
Le rapport à la politique y était beaucoup plus immédiat, ce qui a eu une grande importance dans sa sensibilisation à la politique et la formation de ses idées. Il a grandi auprès de son père horloger, dans un milieu de petits artisans fiers de leur état et de vivre dans une république.
Que peut-on dire de son influence sur la pensée moderne?
Rousseau a instauré un nouveau rapport à l’individu. Quand on lit le procès verbal du Parlement de Paris qui l’a condamné pour l’Emile, on a l’impression qu’il décrit la société contemporaine: on craint à l’époque la mauvaise influence du texte qui pourrait donner lieu à une société où primeraient les intérêts égoïstes, l’abandon aux passions, le rejet de la religion, une tendance à l’anarchisme. L’Emile est l’ouvrage de Rousseau le plus lu au XVIIIe siècle après La Nouvelle Héloïse...
L’influence de Rousseau a été telle sur les plans littéraire, philosophique et culturel qu’il est difficile de voir en quoi il marque encore: on en vient, on y est immergé. En ce qui concerne la conception de l’Histoire par exemple, impossible d’imaginer Marx sans Rousseau: il a jeté les bases d’une conception matérialiste de l’homme qui anticipe Darwin et propose une critique radicale de la société. Le Contrat social est fondateur dans la rupture qu’il instaure, dans sa réponse strictement politique aux problèmes de société. Il pose encore des défis à nos démocraties, davantage par les questions qu’il soulève que par les solutions qu’il propose.
Son roman La Nouvelle Héloïse a marqué son temps: quel a été l’apport littéraire de Rousseau?
C’est la première fois qu’on trouve dans une même œuvre une telle ambition intellectuelle et littéraire: La Nouvelle Héloïse est à la fois un roman philosophique (au sens large du terme) et l’un des actes de naissance du romantisme. Rousseau décrit les étapes de la relation amoureuse et ses déchirements, et lie cette vision à l’imaginaire et au roman lui-même, inaugurant un nouveau rapport à l’amour qui passe aussi par un nouveau rapport à la littérature – vers laquelle on déplace ses aspirations. C’est le cas pour l’auteur (il l’expliquera dans ses Confessions) et pour ses lecteurs: le livre marque en cela une sorte de révolution culturelle.
On y lit aussi une défense des petites sociétés, de la simplicité, de ce qui est en marge des grandes voies d’échange. Rousseau est le premier romancier à lier la question amoureuse à la nature, et à un paysage réel. Pour incarner cette histoire, il a choisi le lac Léman de la rive vaudoise, à Clarens, où était née Madame de Warens. Ce lien affectif au réel a contribué au grand intérêt des lecteurs pour le roman: ils ont voulu croire que l’histoire était véridique, un peu romancée, et sont allés sur ses lieux dès la fin du XVIIIe siècle. C’est la naissance de la tradition touristique du Léman! Montreux, village de pêcheurs à côté de Clarens, s’est développé grâce aux touristes anglais au XIXe siècle.
Le style de Rousseau varie d’un texte à l’autre. En quoi a-t-il innové dans le domaine de la langue?
Elle est d’une grande qualité et révèle une forte correspondance entre fond et forme. Précise et fluide dans le Discours sur l’inégalité, elle est un flot, abondante, dans La Nouvelle Héloïse. Il donne ici une ampleur encore inconnue à la langue littéraire et prend des libertés avec l’usage des termes. Ce nouveau souffle marquera Bernardin de Saint-Pierre (auteur de Paul et Virginie) puis Chateaubriand.
Le style est plus immédiat et plus simple dans les Confessions, première autobiographie. Raconter des détails aussi intimes était nouveau. Il mûrissait depuis un moment un projet de Mémoires, qui a rencontré son désir de se justifier: il pensait qu’en se dévoilant, il lèverait les malentendus autour de son œuvre. Cela a eu l’effet inverse – aujourd’hui et à l’époque.
Aujourd’hui, quelle importance revêt le Rousseau écrivain?
On l’aborde surtout en tant que philosophe, il est plus difficile d’accès du point de vue littéraire. La Nouvelle Héloïse demande un gros effort de lecture, du point de vue de la longueur et de la langue. On lit les Confessions ou les Rêveries d’un promeneur solitaire, sans forcément connaître le reste ni le contexte, et on peut être désarçonné par leur côté égotiste. Car les Confessions sont l’œuvre d’une victime: Rousseau est persécuté sur les plans judiciaire et politique, attaqué par ses anciens amis.
Sa pensée politique et sociale continue-t-elle de stimuler la réflexion et de faire débat?
On le célèbre en 2012 de manière patrimoniale, rendant surtout hommage au rôle historique qu’il a joué. En 1878 puis en 1912, à Genève et Paris, il s’agissait de le réhabiliter et de réconcilier autour de lui les diverses tendances de la société – ce que refusaient ses opposants. En 1978, le bicentenaire de sa mort est déjà consensuel.
Mais on peut faire de 2012 une lecture plurielle. Genève donne une grande ampleur à ce tricentenaire, grâce notamment aux efforts de François Jacob et Dominique Berlie, qui pilotent le projet «Rousseau 2012». En France, ce sont d’abord les spécialistes qui se sont mobilisés, et son anniversaire passe un peu inaperçu. En revanche, son impact reste très fort au niveau international avec l’accès à la modernité d’autres régions du monde – la Chine, les pays arabes, l’Amérique latine. Enfin, il est très lu aux Etats-Unis: depuis la crise de 2008, sa théorie économique est à nouveau pertinente. Rousseau était un grand critique de la richesse, sur le plan moral, et des rapports conflictuels entre économie et politique.
Trois siècles de débats en vitrine
Située sur trois sites, l’exposition genevoise «Vivant ou mort, il les inquiétera toujours» sonde la manière dont Jean-Jacques Rousseau a été reçu, par ses contemporains et jusqu’à nos jours: près de 300 ans de débats dans des domaines aussi variés que la politique, l’économie, la religion, l’éducation et la philosophie. 
On démarre à la Bibliothèque de Genève (BGE), où les trente vitrines de la salle Ami Lullin s’attachent «Au siècle des Lumières». En 1751, Rousseau devient célèbre avec son Discours sur les sciences et les arts, qui suscite aussitôt la polémique en paraissant condamner les acquis de civilisation. «Homme à paradoxes», le philosophe sera condamné en France comme en Suisse pour avoir dit ce qu’il pensait sur la religion, la politique, l’éducation, mais aussi sur lui-même dans ses Confessions. La BGE expose des manuscrits exceptionnels et des éditions originales signés Rousseau, Voltaire, Diderot, Hume et d’autres partisans ou détracteurs du «maître des âmes sensibles».
La Fondation Martin Bodmer se concentre quant à elle sur «Les Révolutions». Après sa mort en 1778, l’auteur de La Nouvelle Héloïse et d’Emile devient l’objet d’un véritable culte en Europe, notamment en Allemagne avec Kant et Hölderlin. Dès 1789, c’est de l’auteur du Contrat social que se réclameront les révolutionnaires – dont Robespierre. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, réactionnaires et conservateurs l’accuseront d’être responsable de la Terreur. Les fondateurs de la IIIe République craignent que la souveraineté du peuple qu’il a théorisée ne dégénère en «despotisme de la volonté générale». Son œuvre marque pourtant les principaux écrivains du siècle, notamment les Romantiques. 
L’Institut et Musée Voltaire se focalise, lui, sur les «Temps modernes». Au début du XXe siècle, les écrits de Rousseau font enfin l’objet d’études critiques non partisanes. La Société Jean-Jacques Rousseau est fondée à Genève en 1904 (Léon Tolstoï y adhérera un an plus tard) afin d’en préparer une édition complète. 
Mais le citoyen de Genève continue de diviser: lors du bicentenaire de 1912, la droite nationaliste (Barrès et Maurras) se déchaîne contre ce «métèque» responsable de la «décadence morale et politique de la France», tandis que la gauche défend le fondateur de la démocratie moderne. L’expo montre d’édifiantes «unes» de la presse de l’époque. Le débat s’étend à l’échelle européenne avec la montée des totalitarismes et continue pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Depuis, des interprétations nouvelles et non idéologiques prennent en compte l’œuvre de Rousseau écrivain et philosophe.
Anne Pitteloud
- Jusqu’au 16 septembre, www.ville-ge.ch/bge
- Visites publiques commentées: les premiers samedis du mois à 10h15 (7 juillet, 4 août et  1er septembre) et les mercredis à 12h15 (20 juin, 18 juillet, 8 août et 12 septembre).
- Catalogue: Vivant ou mort, il les inquiétera toujours. Amis et ennemis de  Rousseau (XVIIIe-XXIe siècles), collectif dirigé par Gauthier Ambrus et Alain Grosrichard, 2012, 341 pp.

lundi 25 juin 2012

GRAINE DE SAVOIR : MINI-STAGES D'ETE

Graine de Savoir prévoit qu'après des vacances d'été bienvenues et reposantes,
une petite remise à jour pourrait être profitable à certains enfants avant la
rentrée de septembre.

L'association propose donc d'organiser un (des) mini-stage(s), du 20 au 24 août
et/ou du 27 au 31 août, par groupes de 4 enfants maximum, à raison de 5 matinées
par semaine (du lundi au vendredi), de 9 h à 12 h (horaires éventuellement
modifiables). Le tarif sera de 100 € pour la semaine.

L'objectif est de reprendre les apprentissages, là où en est l'enfant, en
utilisant la pédagogie Montessori et les travaux d'Elisabeth Nuyts, (basés sur
les connaissances actuelles sur le fonctionnement du cerveau et des modes
d'apprentissage), en s'appuyant sur des jeux éducatifs et sur un matériel
concret que les enfants manipulent à leur rythme.

Vous pouvez téléphoner pour plus d'information et/ou pour inscrire vos enfants
dès maintenant, au 04-75-22-05-78 (Claire Francillon) et laisser un message si
besoin. Date limite d'inscription au 31 juillet (en juillet, les inscriptions se
feront sur répondeur téléphonique).

Saint Nazaire le Désert : Désert Numérique...


Saint-Nazaire-le-Désert : Festival du Désert Numérique Du Vendredi 29/06 au Samedi 30/06/12 et un peu le Dimanche1/07/12 .
Ce rendez-vous artistique rassemble des créateurs et des publics régionaux et internationaux autour de pratiques liant art, sciences et technologies.
La 3e édition du festival Désert Numérique vous invite tous à 3 jours de programmation téméraire dans un cadre insolite : concert dans l'église, ateliers et échanges, projections nocturnes sur vitrines, façades et rochers, exposition et installations curieuses à la chapelle ou au détour d'une ruelle... Toutes sortes d'expériences entre formes analogiques et numériques.
VENDREDI 29 JUIN : Ouverture du Festival, avec : - "Le Système tentaculaire" d'Oli_Lab (Lyon) - La présentation d'"Isotropie de l'Ellipse Tore" de Julien Clauss (Bordeaux): prototype d'une installation en cours de réalisation - Les oeuvres de Nil Yalter et de Samon Takahashi, de la Collection de l'Espace Multimédia Gantner (Bourogne). 17h > 20h, à l'Église: - Projection des films courts de la série "Eyes For Ears" de Jérôme Fino (Marseille) - Performance audio-visuelle de Valentina Vuksic (Zurich) - Concert de Jérôme Noetinger (de la Cellule Metamkine, Grenoble). Au crépuscule, en extérieur: Alejo Duque (Suisse/Colombie) et Alexander Tuchacek (Zurich): performance en plein air sur la capture des signaux satellites, la transmission radio-électrique et les phénomènes électromagnétiques. En fin de soirée, à la Chapelle: Performance Cinéma "Quelques minutes après minuit" de Xavier Quérel (de la Cellule Metamkine, Grenoble). Exposition de nuit: - Projections nocturnes sur les façades des maisons: "La Poésie nuit à l'obscurité" de Michèle Lision (Besançon) et Bernard Dermineur (Saint-Nazaire-le-Désert); les photos du jour, et autres surprises. - Installation sonore interactive: "Harmonie", de Maxime Foisseau et Alexandre Dechosal (Étudiants de l'ESAD-GV, Valence).
SAMEDI 30 JUIN : Petit déjeuner dans la Salle des fêtes, ouvert aux présentations spontanées. À 14h : Parcours sonore de l'École à l'Église et concert des élèves de la classe unique de l'école du village: "Plug&Play Orchestra", Avec leur institutrice Alice Dubief et les artistes Ursula Gastfall et Arnaud Rivière. > À ne pas manquer! 15h > 18h, à l'Auberge du Désert: Atelier de redécouverte ludique du numérique avec des jeux collectifs sur Internet: "Hype(r)Olds, Gangs de séniors connectées" Par les artistes: Albertine Meunier, Julien Levesque (Paris) et Nicolas Frespech (Montélimar). > Réservé aux séniors! 15h > 20h, à la Salle des fêtes, aux Éditions Références /cf /et Place du Clédan: Ateliers et démos sur les transpositions sonores/visuelles/tactiles de: tskz avec "Phonolux" (collectif suisse), Réso-nance (Marseille); RYBN, Projectsinge, Valentina Vuksic, Sarah Brown, et autres surprises. 15h > 20h, à l'Église: Projections de films: eRikm (Marseille), Christopher Kirkley (Niger/Nigeria), Film Flamme (Die), Trajet Spectacle (Marseille-Die), et étudiants de l'ESAD-GV. Exposition, dans tout le village, avec: - L'installation-performance de l'artiste pionnière du netart: Annie Abrahams (Montpellier) à la Chapelle - Une installation sur le jeu de pétanque d'Alexandre Castonguay (Montréal) sur la place de l'Église - "Le Système tentaculaire" d'Oli_Lab (Lyon) - Les oeuvres de Nil Yalter et de Samon Takahashi, de la Collection de l'Espace Multimédia Gantner. 22 h, place de l'église "Androïd Wall": Performance en réseau d'Ivan Chabanaud (Marseille). Du samedi au dimanche, toute la nuit et sur votre radio: "Modulation": création et diffusion radiophonique (pour contribuer au programme: inscription et participation libre > sur place) Avec notamment la participation de: CarlY (Mulhouse), Dadadata (Damien Bourniquel et Matthieu Junquet - Paris), Valentin Durif (Lyon), Julien Pauthier (Besançon), Yi-Ping Yang (Lyon/Taipei), et autres surprises... > Apportez vos sons, instruments, micros, et n'oubliez pas votre poste radio portable!! Exposition de nuit: - Projections nocturnes sur les façades des maisons: "La Poésie nuit à l'obscurité" de Michèle Lision (Besançon) et Bernard Dermineur (Saint-Nazaire-le-Désert); les photos du jour, et autres surprises... - Installation sonore interactive: "Harmonie", de Max
Ouverture :
Site web :
Coordonnées :
26340 Saint-Nazaire-le-Désert
04 75 27 52 59 - 06 87 30 20 80
Du 29/06 au 01/07/12.

Les pétroliers saccagent le ministère de l'Ecologie...


Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie
L'"affaire" de la suspension des forages de Shell au large de la Guyane aura duré une semaine. Et aura fait une victime : Nicole Bricq. A la faveur du premier remaniement du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, jeudi 21 juin, la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie est mutée au ministère du commerce extérieur, une dépendance de Bercy.
Impossible de ne pas faire le lien entre ce désaveu et la décision surprise de Mme Bricq, jeudi 14 juin, de retarder l'exploration du bassin pétrolier de Zaedyus, à 150 kilomètres des côtes du département d'outre-mer (DOM). Le ministère avait alors stoppé à la signature deux arrêtés préfectoraux nécessaires au lancement des travaux, mettant en avant "une nécessaire remise à plat de l'instruction des demandes de permis afin de ne plus sacrifier l'environnement".
Nicole Bricq souhaitait donc refondre le Code minier français qui jusqu'à maintenant ne prend guère en compte l'impact sur la nature des permis miniers accordés par l'administration.
LE BATEAU DE FORAGE SUR ZONE
Las, on sait que la page est désormais tournée. "Les arrêtés préfectoraux ont été signés", annonce au Monde le sénateur guyanais Jean-Etienne Antoinette (apparenté socialiste). Shell devrait donc lancer les forages en début de semaine prochaine. La compagnie avait pris garde de ne pas stopper ses opérations préparatoires. Le bateau de forage loué - on parle d'un coût de 1 million de dollars par jour (790 000 euros) - par le pétrolier à la société suédoise Stena est arrivé mardi 19 juin dans la zone d'exploration. Un navire de ravitaillement a accosté le même jour au port de Dégrad-des-Cannes, et mercredi, des premières équipes ont été acheminées par hélicoptère vers le bateau-plateforme.
Comment expliquer cette volte-face gouvernementale ? Par une double mobilisation. Celle des élus de Guyane attachés à la poursuite des forages et à leurs retombées fiscales et économiques. Victorin Lurel, le ministre des outre-mers, fut leur relais parisien. Mais c'est surtout la voix des groupes pétroliers et des industriels qui semble avoir pesé. La colère de Shell a été suivie de celle de Total, de l'Union française des industries pétrolières (UFIP) et de Laurence Parisot, présidente du Medef, qui en ont appelé directement à Matignon, voire à la présidence de la République. "Au-delà d'une querelle avec un ministère en particulier, nous avons expliqué deux ou trois petites choses au gouvernement, précise Jean-Louis Schilansky, président de l'UFIP. En l'occurrence, le respect de la parole de l'Etat français. Shell disposait d'un permis en bonne et due forme et avait déjà engagé 250 millions de dollars dans cette opération... La décision du ministère de l'écologie était un signal négatif donné aux investisseurs étrangers. Sans parler de l'absence de toute concertation..."
Erreur de jeunesse d'une ministre tout juste nommée ? Il est clair en tout cas que Nicole Bricq a "foncé" dans cette opération, oubliant, par exemple, de prévenir Shell de sa décision et forçant visiblement la main, en tout cas en partie, à son collègue Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif.
ENJEUX ÉCONOMIQUES
L'ex-ministre de l'écologie avait-elle aussi mesuré les enjeux économiques du dossier ? Selon les chiffres de Shell, l'exploitation du bassin pétrolier guyanais, à 6 000 mètres de profondeur, pourrait produire 300 millions de barils. De quoi diminuer en partie la facture énergétique française en diminuant les importations d'or noir. Le coût du projet, de l'exploration à l'exploitation, a été évalué entre 5 et 10 milliards de dollars. Et en cas d'exploitation, si les premiers sondages révèlent un gisement de bonne qualité, les retombées pour le DOM ne sont guère négligeables : plus de 1 000 emplois et une taxe de 12 % sur la production répartie à part égale entre la région et l'Etat, votée fin 2011 par l'Assemblée nationale.
"Le départ de Nicole Bricq du ministère de l'écologie est une surprise pour tout le monde, y compris sans doute pour son cabinet", a estimé, jeudi 21 juin, France Nature Environnement. Au sein d'un large collectif d'associations, l'ONG avait indiqué le même jour que "Mme Bricq avait perdu son premier arbitrage puisque les forages guyanais allaient reprendre". Au Parti socialiste, certains expliquaient que "le dossier Shell a eu la peau de Nicole Bricq".
"Le gouvernement est passé à côté d'une décision courageuse, surtout au moment du sommet Rio + 20", déplore Christian Roudgé, le coordinateur de la fédération Guyane Nature Environnement. "Nous avions identifié plusieurs faiblesses dans le dossier, dont l'absence d'étude d'impact, la superposition de l'exploration avec la période de plus grande présence des cétacés en mer, et l'utilisation d'un procédé de forage polluant - des boues avec des huiles de synthèse - interdit par le Code de l'environnement", résume-t-il, se réservant la possibilité d'attaquer les arrêtés préfectoraux au tribunal administratif.
Le dossier guyanais échoit désormais à Delphine Batho qui succède à Mme Bricq. Une seule question désormais : que va devenir l'indispensable réforme du Code minier ? Ou plus encore, quelle politique environnementale le gouvernement veut-il porter ? Un débat qui ne manquera pas d'avoir lieu, au moins, avec son allié politique d'Europe-Ecologie-Les Verts.
Marie-Béatrice Baudet et Laurent Marot (à Cayenne)

Il n'y a pas de développement Durable sans justice sociale...


Vingt ans après le Sommet de la Terre fondateur de 1992, «Rio + 20», la conférence des Nations unies sur le développement durable, va tenter jusqu'au 22 juin de faire avancer les négociations.
A Rio, il y a aussi la lutte contre la pauvreté
Le sommet de Rio suppose un nouvel effort de la part de la communauté internationale afin de négocier les politiques visant à fixer deux frontières prioritaires à la croissance économique : la protection de l’environnement et la lutte contre la pauvreté et la faim.
Ces trente dernières années, l’extrême pauvreté a reculé dans le monde, passant de 50% de la population globale affectée à 17,5%. Ce chiffre est spectaculaire mais encore insuffisant. D’ici à dix ans, nous devrions réaliser le rêve tant de fois formulé que la faim cesse d’être l’une des principales causes de mortalité sur la Terre.
Ceci est le mandat des Objectifs du millénaire, qui reste aujourd’hui encore d’actualité, même si ses avancées se font - et il faut le dire clairement - à un rythme insuffisant, surtout en raison de la crise internationale actuelle. C’est pourquoi, à Rio, il s’agit de renouveler avec force cet engagement mondial en faveur de l’éradication de la faim.
Au cours de ce sommet, sera débattue la conviction que le futur de l’humanité dépend de notre capacité à préserver le milieu naturel dans lequel nous vivons. En moins de quarante ans, la population mondiale sera multipliée par deux. La biodiversité ne peut donc continuer à se détériorer de cette façon, car nous mettrions en danger aussi bien le développement des pays les plus avancées que les perspectives de sortie de la pauvreté des pays les moins développés.
La communauté scientifique a démontré que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est primordiale. Politiquement, il s’agit d’un défi majeur pour la gouvernance mondiale, car nous devons trouver le chemin par lequel peuvent s’équilibrer les sacrifices réalisés par les pays développés d’une part, et les pays émergents d’autre part.
J’ai participé à de nombreux sommets internationaux au cours desquels la principale difficulté pour atteindre un accord était l’exigence des pays émergents que les pays développés respectent leur droit à une croissance sans entrave : «Laissez-nous d’abord atteindre un niveau de développement similaire au vôtre et nous réduirons ensuite nos émissions.»
Je comprends ces revendications, mais nous n’avons pas le temps. La Terre n’a plus le temps. Il est urgent de trouver un consensus entre développement et réduction des émissions, entre développement et énergies renouvelables, entre développement et économies d’énergie, entre développement et transfert de technologie…
Aujourd’hui, les gouvernements et organismes internationaux savent que l’aide au développement doit nécessairement être une aide au développement durable. Dit d’une autre façon, il nous faut enraciner de façon irréversible l’idée que l’éradication de la pauvreté et la préservation de la nature vont de pair, car elles sont l’expression d’un même paradigme : celui de la défense de la dignité humaine.
Quel que soit le résultat du sommet de Rio, dès à présent, nous avons rendez-vous avec un sommet de la Terre, un rendez-vous avec le destin de notre espèce. Et je n’ai pas l’ombre d’un doute que ce sommet quotidien débouchera sur une réduction progressive de la pauvreté en équilibre avec l’environnement. Des retards et contretemps peuvent surgir sur le chemin, mais l’humanité ne cessera d’avancer car elle ne cesse d’apprendre.
C’est cette même conviction dans le progrès que nous offrent chaque jour les coopérants qui, aux quatre coins du monde, sauvent une vie, projettent la lumière de l’éducation sur les ténèbres de l’analphabétisme et permettent que la perspective d’une vie digne devienne tangible.
JOSÉ LUIS RODRIGUEZ ZAPATERO, Président du gouvernement espagnol de 2004 à 2011

dimanche 24 juin 2012

Ouverture de la période estivale dans le Diois...

La Transhumance de Die au Vercors

Le 22, 23 et 24 juin - Die

Fête de la Transhumance de Die au Vercors
Samedi 23:
Le coin des moutonniers avec les animations autour de l’élevage ovin et des métiers agricoles,
le coin des gourmands avec le marché artisanal;
Le coin des artisans de la laine avec des démonstrations de tissage, filage/cardage, tricot, feutrage,
Le coin des souvenirs avec une exposition de collection de machines agricoles
et le coin des enfants avec des jeux en bois géants.

Le traditionnel défilé des moutons en centre-ville aura lieu en fin d'après-midi.
Toute la journée, le pays Basque sera mis à l’honneur avec la présence de la troupe Erro Bat, choeurs et ballets de Bayonne. Grand spectacle en fin de journée près le départ du troupeau en direction du Vercors.
Buffet, buvette, spectacles et concerts.

Dimanche 24,
Rendez vous au Col de Rousset à partir de 10h avec l’arrivée du troupeau sur le plateau pour profiter du marché paysan, du télésiège panoramique et d’un spectacle/promenade « Rousseau des Champs ».
Renseignements au : 04 75 22 03 03 – contact@diois-tourisme.com -

Jean Jacques Rousseau, penseur d' aujourd'hui...


Penseur du changement radical
Pour Rousseau, un autre monde est possible. Le citoyen de Genève peut aussi constituer une source utile pour les militants révolutionnaires, estime Luc Vincenti, professeur de philosophie.
En 1978, pour le bicentenaire de la mort de Jean-Jacques Rousseau, les publications – y compris à gauche – avaient été nombreuses. Les commémorations des 300 ans de sa naissance sont en revanche plus discrètes. Le citoyen de Genève reste-t-il une référence dans le champ de pensée radicale? Peut-il encore être invoqué pour tracer les lignes d’une émancipation humaine réinventée? Nous avons posé la question à Luc Vincenti, professeur de philosophie à l’université de Montpellier III.
Rousseau a beaucoup été invoqué durant la Révolution française. Il semble davantage absent dans la (re)construction d’une pensée radicale.
Luc Vincenti: ce n’est pas tout à fait exact. Il y a par exemple des penseurs comme Fredric Jameson, une figure importante de la gauche radicale et un grand spécialiste de la modernité qui se réfère beaucoup à Rousseau. Ce dernier peut utilement être invoqué lorsqu’il s’agit de théoriser l’idée de révolution ou de changement radical. Pour reprendre le slogan «qu’un autre monde est possible», cette idée doit beaucoup à Rousseau, qui n’a de cesse de penser une autre société, que ce soit dans le Contrat social ou dans son Discours sur l’inégalité entre les hommes.
Un participant au Forum social mondial pourrait donc puiser dans Rousseau?
Il pourrait s’inspirer de la notion de hasard, très présente dans l’œuvre de Rousseau. C’est l’idée que les  bouleversements surviennent de manière impromptue. Pour l’institution des sociétés politiques, la bonne idée survenue au bon moment peut faire basculer le cours des choses.
En même temps, Rousseau admettait que la révolution l’effrayait.
Les moments où Rousseau développe ces craintes se trouvent surtout dans des textes  sur la paix. Il dénonce alors le politique comme une accumulation de la puissance. Et contre cela, il ne voit qu’une révolution totale, qui lui fait peur. Mais Rousseau pense néanmoins des réformes profondes dans ses œuvres politiques.
On trouve des auteurs – notamment au sein d’une droite réactionnaire – qui font remonter le totalitarisme à Rousseau.
C’est une lecture insensée de Rousseau. Il est l’un des premiers à définir l’humanité par la liberté, et non plus seulement par la raison.
La question de la liberté revient d’actualité dans la mesure où, avec des législations comme le Patriot Act aux Etats-Unis ou la vidéosurveillance, on voit que la population est prête à abdiquer des droits fondamentaux au nom d’une prétendue sécurité.
Si un Etat développe des pratiques et des législations sécuritaires en mêlant la guerre au politique, puisque tel est le cas du Patriot Act, c’est en fait qu’il doit lutter contre cet élan de liberté. La liberté est toujours en train de se frayer un autre chemin pour resurgir. Essence première de la nature humaine, elle est, comme la volonté générale, «indestructible» (Livre IV du Contrat social).
Cela fait-il de Rousseau un penseur optimiste ou déterministe?
On qualifie souvent Rousseau de pessimiste. Il constate la dégénérescence des sociétés humaines. De fait, la liberté peut se tromper. Mais si la liberté est là dès le départ, cela veut dire que les conséquences qui en découlent, même nécessairement, peuvent toujours être reprises. L’optimisme que permet Rousseau se situe dans cette possibilité fondamentale.
On n’est pas loin de la métaphore shakespearienne, chère à Marx, de la taupe qui surgit inopinément là où on ne l’attendait pas après avoir creusé patiemment des galeries, et miné le monde.
Chez Marx, le poids de la nécessité joue un rôle plus déterminant. La possibilité d’infléchir ou de renverser le cours des sociétés humaines est inscrite dans la nécessité même de leur devenir. C’est la fameuse contradiction dialectique. Par exemple, le capitaliste s’enrichit en appauvrissant le monde.
C’est en soulignant ces contradictions qu’il est possible d’inverser le cours des choses, en s’organisant, en militant. Chez Rousseau il y aussi de la dialectique, mais elle apparaît surtout à certains moments de l’histoire, lorsque la liberté se manifeste et inaugure une nouvelle époque. La Révolution française par exemple.
Rousseau contribue à définir la notion de souveraineté. A l’heure où l’économique est mondialisé et le politique se déploie d’abord au niveau de la nation, y aurait-il des pistes à explorer?
Oui, dans la mesure où pour Rousseau le politique est bien issu de l’économique: le contrat social met fin à l’état de guerre provoqué par l’accumulation de la propriété. Parce qu’il vient résoudre les conflits provoqués par l’économique, le politique est placé au-dessus. Rousseau préserve ainsi la souveraineté politique.
Mais le politique provoque de nouveaux conflits. Rousseau était conscient qu’il sépare les hommes en Etats. Il exclut. C’est alors nécessaire d’aller au-delà des oppositions politiques et de viser l’universel. Dans l’ordre, l’économique est soumis au politique qui est lui-même soumis à la raison, la morale ou la sagesse.
La défense de la souveraineté ne conduit donc pas nécessairement au nationalisme. Contre des lectures de droite qui mettent l’accent sur la souveraineté au niveau de la nation, une pensée progressiste vise une coexistence universelle.
Dans le Contrat social, Rousseau pose la question de l’information, condition nécessaire à la démocratie. Est-il un précurseur de la critique des médias?
Rousseau a conscience que le peuple doit être informé. Mais il sait très bien aussi que nous ne fonctionnons pas forcément à partir de la raison. L’information n’apporte pas seulement la vérité, elle forme aussi l’opinion que le politique sait utiliser. L’apport de Rousseau est aussi de relever l’irruption de la passion dans le champ public. Il pense déjà les multiples faces de l’information.
Le Rousseau naturaliste est parfois cité par des penseurs de l’écologie politique, y compris par des tenants de l’écologie profonde, les antihumanistes.
A tort, à mon avis, pour ce qui est de ces derniers. La pensée de Rousseau est en rupture avec le passé en ce qu’il inscrit l’homme dans la nature. Ce qui est très moderne. Il est partie intégrante de ce tout. La pensée de Rousseau peut être utile lorsqu’on aborde des thèmes comme la décroissance. On y trouve à la fois cette inscription de l’homme dans la nature, dans une perspective égalitaire, et un rappel des libertés et du respect de l’humanité.
Philippe Bach

Rio enterre l'intérêt général ...


Sommet de la Terre à Rio
Vingt ans après le Sommet de la Terre fondateur de 1992, «Rio + 20», la conférence des Nations unies sur le développement durable, va tenter jusqu'au 22 juin de faire avancer les négociations.
Rio 2012 : le sommet enterre l’intérêt général
L’accord final de la conférence, très décrié, est déconnecté des enjeux environnementaux.
Depuis deux jours, le Rio Centro, où s’est achevée vendredi la Conférence des Nations unies sur le développement durable, baignait dans une atmosphère surréaliste. Tandis que chefs d’Etats et de gouvernement se succédaient à la tribune de l’assemblée plénière pour une brève allocution, beaucoup de leurs homologues avaient déjà quitté les lieux. Et les autorités brésiliennes avaient résolument choisi d’éloigner à 50 km du lieu de la Conférence officielle le sommet alternatif des peuples, où les ONG ont réuni quelque 20 000 personnes durant dix jours.
«Rio + Vain». Vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, qui a donné naissance aux conventions sur le climat, la biodiversité ou la désertification, l’édition 2012 a déçu. Rebaptisée «Rio + Vain» ou «Rio - 20», elle souffre d’une cruelle absence d’ambition. Dès mardi soir, sous la houlette du ministre brésilien des Affaires étrangères, les négociateurs, au travail depuis le 13 juin, avaient trouvé un accord, échappant à l’arbitrage politique des chefs d’Etat arrivés le lendemain. Vendredi, les 191 pays représentés à Rio ont ratifié le projet de déclaration finale, 49 pages intitulées «Le futur que nous voulons». «Ce futur n’est pas dans ce texte», ont rétorqué les leaders de la société civile, parties prenantes de la préparation de la conférence, mais qui ont adressé jeudi une lettre aux Nations unies pour se désolidariser d’un texte dénué «d’engagements concrets». Parmi les signataires : Marina Silva (ancienne ministre brésilienne de l’Environnement), Kumi Naidoo (patron de Greenpeace), Ignacy Sachs (l’économiste à l’origine de l’éco-développement) ou la philosophe et militante indienne Vandana Shiva.
Les principales ONG ont exprimé leur colère face à ce qu’elles qualifient d’échec. Au final, la déclaration de Rio frappe par la place mineure qu’y tient l’environnement. «Les Nations unies portent une grande responsabilité dans cette minoration, estime Lucien Chabason, conseiller à la direction de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Elles n’ont pas établi, en préalable à la conférence, le rapport introductif habituel. Un diagnostic [...] qui aurait montré que, si les aspects économiques et sociaux du développement durable ont progressé, celui environnemental est en panne.» Au final, la déclaration acte un «renforcement» du Programme des nations unies pour l’environnement (Pnue). Loin du projet d’organisation mondiale de l’environnement, porté par la France, l’UE et les pays africains, qui visait à hausser le Pnue au rang d’agence onusienne. La gouvernance mondiale du développement durable devrait être confiée au Conseil économique et social des Nations unies.
L’économie verte, qui avait été présentée comme le fer de lance de Rio + 20, a, elle, fait un bide. Appuyée par le Pnue, vantée par les pays industrialisés et les multinationales, elle a été balayée par les pays émergents qui la considèrent comme un greenwashing (écoblanchiment) du capitalisme, masquant des freins à leur développement et des entraves au commerce international. Le thème de la protection des océans, porté par une coalition d’ONG, soutenu par la France et le Brésil notamment, a réussi à émerger. Mais le lancement du processus de négociation sur la protection de la haute mer a finalement été torpillé par les Etats-Unis, qui ont notamment réussi à repousser toute décision à 2015.
«Anesthésiant». Seul l’accord sur la création d’Objectifs du développement durable, destinés à prendre le relais des Objectifs du millénaire pour le développement qui arrivent à échéance en 2015, est salué comme un point positif. Applicables aussi bien aux pays du Nord qu’à ceux du Sud, ils seront définis d’ici 2015. Reste néanmoins à trouver les financements pour les atteindre (le groupe des 77 pays en développement et la Chine attendent des engagements financiers de leurs homologues du Nord), et à inventer les clés d’une répartition équitable des efforts entre pays. «La crise économique a eu un effet anesthésiant sur Rio + 20», estime Pierre Radanne, président de l’association 4D sur le développement durable. Elle a provoqué une logique de repli sur les intérêts nationaux au détriment de l’intérêt général.
Démonstration de diplomatie, la déclaration de Rio + 20 semble déconnectée de l’état de la planète, ignorant l’épuisement des ressources naturelles, les défis démographiques ou de sécurité alimentaire. On peut aussi s’interroger sur l’état de la gouvernance mondiale et de l’adaptation du processus onusien aux bouleversements géopolitiques : une Europe affaiblie, un Brésil émergent, mais qui ne veut pas quitter son statut de pays en voie de développement, une Chine très discrète qui s’est abritée derrière les pays du Sud à la manœuvre, un Canada en pleine régression environnementale à la remorque des Etats-Unis. A Rio, on a assisté à l’émergence d’«un monde de nations plutôt que d’institutions internationales», conclut Laurence Tubiana, fondatrice de l’Iddri.
Éliane Patriarca Envoyée spéciale à Rio de Janeiro

samedi 23 juin 2012

La Roche sur Grane : Journée "Porteurs d'espoirs", ce 07 juillet...


« Journée Porteurs d'Espoirs » ce 07 Juillet 2012.
Bonjour et un grand merci à nouveau pour votre soutien à la Journée Porteurs d'Espoirs,
Voici ci-joint un communiqué et une affiche numérique à l'intention des jeunes de 16-25 ans de votre réseau de diffusion en ligne (ainsi que de leurs parents et autres personnes susceptibles de relayer l'information).
Pour rappel, l'intention de cette journée organisée par Les Amanins, membre fondateur de la marque Biovallée, est d'amener des jeunes en quête de sens pour leur vie et pour l'avenir à rencontrer des structures associatives qui peuvent les motiver à concrétiser leurs envies, leurs rêves en leur transmettant des idées, des engagements et en leur proposant des expériences encadrées (formations, services civiques, volontariats…).
Comme je l'expliquais dans mon email précédent, pour qu'une réelle rencontre entre jeunes porteurs d'espoirs et structures engagées puisse avoir lieu, Porteurs d'Espoirs propose, plutôt qu'une collection de stands avec leurs flyers, un programme participatif et festif sur toute la journée du 7 juillet, de 10h30 à 19h (voir communiqué). Il est donc souhaité que les jeunes participants soient présents dès le début de l'événement et nous organiserons pour cela des transports collectifs (covoiturage, minibus) en début et fin de journée.
Nous espérons, pour cette première édition de Porteurs d'Espoirs, faire venir une cinquantaine de jeunes et comptons sur vous pour atteindre cet objectif en pleine période estivale !
Votre structure peut donc aider à l'organisation de la journée, selon ses moyens et disponibilités, en :
1) diffusant l'information ci-jointe ;
2) contactant directement les jeunes qui pourraient être intéressés ou en organisant une réunion d'information (notre intervention est possible si un nombre suffisant de personnes comptent venir) ;
3) nous communiquant les contacts du ou des quelques jeunes intéressés ;
4) proposant un transport collectif si elle dispose d'un véhicule à cet effet (minibus pour les MJC, etc.).
Je vous remercie d'avance pour votre précieuse coopération qui, nous l'espérons, permettra une expérience différente et enrichissante à de nombreux jeunes.
Je me tiens par ailleurs à votre disposition si vous avez des questions/suggestions.
Cordialement,
Emmanuel Cappellin
Chargé d'organisation, avec Camille Bordes, de la Journée Porteurs d'Espoirs pour les Amanins
06 41 99 13 37
04 26 58 81 29

Fukushima : une catastrohe qui n'en finit pas...


Où irez-vous si Fukushima explose ?
Tandis que le club des journalistes parisiens nous bombarde de gros titres sur le dernier tweet de Valérie Trierweiler (passionnant !), les mésaventures de Ségolène (navrant !), le départ de Laurence Ferrari (émouvant !) ou encore les déclarations des (ir)responsables européens sur la crise des dettes publiques, la situation à Fukushima tourne à la catastrophe sans que cela ne mérite une ligne dans nos journaux ni même quelques secondes d'antenne.
Et pourtant, si l'objectif des journalistes officiels est de « vendre du papier » ou « faire de l'audience », puisque beaucoup d'entre eux ne s'en cachent même plus, parler de ce qui se passe réellement à Fukushima leur permettrait d'exciter les foules, à juste titre pour une fois.
Mais pour l'instant, c'est le silence... de mort.
Une question de survie de l'espèce humaine
Lorsque la centrale nucléaire de Fukushima fut ravagée par le tremblement de terre puis le tsunami en mars 2011, les autorités japonaises et les agences spécialisées dans le nucléaire ont eu une seule priorité : minimiser de façon obscène l'impact sanitaire de la catastrophe, pour empêcher tout mouvement de panique.
L'explosion d'une centrale nucléaire libère pourtant dans l'atmosphère une grande quantité de radionucléides radioactifs. Il en va de même des retombées radioactives après l'explosion d'une bombe atomique ou d'une « bombe sale ». L'un des composés radioactifs les plus communs est alors l'iode 131 (131I). Et c'est ce qui s'est passé à Fukushima (plus à ce sujet ci-dessous).
Par chance, il existe un moyen rapide, très efficace, très bon marché, et sans effets indésirables graves, d'immuniser votre organisme contre l'iode 131, ce qui n'est pas le cas des autres composés radioactifs (césium par exemple).
Il vous suffit de prendre, dans les deux heures qui suivent l'accident nucléaire, un comprimé d'iode, ou de vous badigeonner 2 mL de teinture d'iode sur la peau (1 mL pour les enfants). Si vous n'avez pas d'iode dans votre armoire à pharmacie, vous pouvez utiliser de la bétadine, en doublant la dose. L'application est à renouveler trois jours plus tard. De cette façon, vous saturez votre corps d'iode non radioactif et vous diminuez de 97 % votre absorption d'iode radioactif, et ce sans effets indésirables graves.
En effet, votre glande thyroïde est programmée pour emmagasiner et concentrer rapidement l'iode qui passe à sa portée. Si c'est de l'iode radioactif, votre thyroïde l'absorbera et vous serez exposé à des rayonnements internes, qui augmenteront votre risque de cancer de la thyroïde et de nodules bénins. Les enfants et les bébés sont encore plus vulnérables que les adultes.
Mais si votre thyroïde est déjà saturée d'iode non radioactif, alors votre corps n'en absorbera plus. Et vous pouvez obtenir ce résultat en vous badigeonnant de la teinture d'iode sur votre peau.
Cela ne coûte quasiment rien. Mais encore faut-il en avoir dans son armoire à pharmacie.

Attention, il existe des dangers à utiliser de la teinture d’iode, qui n’est pas un produit anodin. Il convient, avant de l’utiliser, de demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Il ne faut pas l’associer à des antiseptiques à base de mercure. Les femmes enceintes et les bébés de moins d'un moins ne doivent pas l'utiliser sans avis médical. De même, toute personne qui présente une certaine sensibilité à l'iode, qui est atteinte d'une maladie thyroïdienne et qui souffre de troubles cardiaques ne devrait pas s'appliquer de teinture d'iode.
Il est vital d'agir rapidement
La rapidité d'administration de l'iode après une exposition à de l'iode radioactif est un facteur décisif d'efficacité. L'effet protecteur est de 97 % lorsque la teinture est administrée au moment de l'exposition, mais passe à 85 % une heure après, et à 50 % entre 3 et 4 heures après l'exposition. Après 6 heures, vous êtes « out ».
Pour ces raisons, il semble raisonnable de vous préoccuper aujourd'hui de mettre dans votre armoire à pharmacie une bouteille de teinture d'iode. Il ne vous en coûtera que quelques euros.
La bombe à retardement n'est pas du tout désamorcée
Contrairement à ce qu'ont reconnu les autorités au moment de l'accident, des dizaines de milliers de personnes au Japon et dans le Pacifique ont été affectées par les émissions de césium 137 radioactif suite au tsunami de mars 2011. Des déchets de la centrale de Fukushima ont été retrouvés jusque sur les côtes de la Californie. Alors qu'on craignait que l'accident fût pire que celui de Tchernobyl dans les jours qui suivirent, personne n'imaginait à quel point ce serait pire en effet.
Si les estimations actuelles sont exactes, Fukushima a déjà relâché autant de radiations dans l'atmosphère que Tchernobyl. La différence est que la société TEPCO et le gouvernement japonais n'ont pas voulu construire de sarcophage en béton autour de la centrale, comme ce fut fait par les soviétiques, à un coût humain il est vrai gigantesque.
Aujourd'hui, on se retrouve donc avec des installations nucléaires à nu, et le risque d'un désastre encore dix fois plus grand si un nouveau tremblement de terre devait se produire. Ce scénario est malheureusement probable dans cette région à forte activité sismique.
Nous sommes donc aujourd'hui à la merci de la nature. Le gouvernement japonais le sait, et prépare actuellement des plans pour l'évacuation totale de l'agglomération de Tokyo, un exode aux conséquences humanitaires apocalyptiques qui concernerait 40 millions de personnes ! En fait, d'immenses territoires aujourd'hui densément peuplés dans l'hémisphère nord deviendraient inhabitables, pour des siècles voire des millénaires.
Nier les faits ne sert à rien
Il n'existe aucun moyen de nier cette réalité. Prétendre que la menace n'existe pas ne peut ni écarter le danger, ni vous protéger vous et votre famille. Le seul effet sera de vous laisser démuni le jour où le désastre se produira.
Il faut que vous ayez en tête les faits suivants :
La centrale de Fukushima-Dai-Ichi contenait six réacteurs nucléaires. Le tsunami du 11 mars 2011 provoqua l'inondation des générateurs produisant l'électricité du système de refroidissement, ce qui entraîna, dans les jours qui suivirent, la fusion de trois réacteurs sur les six (« full melt down »).
Chacun d'entre eux va alors connaître des explosions d'hydrogène, qui détruiront leur toit et leur partie supérieure.
À partir de ce stade, des rejets massifs vont se produire dans l'atmosphère et l'environnement. Le gouvernement japonais prend alors une décision dramatique : demander que de l'eau de mer soit utilisée pour refroidir les réacteurs, ce qui acheva de les détruire complètement, et à relâcher des millions de litres d'eau contaminée dans le Pacifique.
La catastrophe fut donc classée au niveau 7 (le plus élevé) de l'échelle internationale des événements nucléaires.
Le cauchemar des piscines
Mais la pire menace actuellement concerne les « piscines ».
Il faut savoir que, dans une centrale nucléaire de type Fukushima, les barres de combustible usé sont stockées dans des piscines remplies d'eau. Ce combustible émet des rayonnements qui sont extrêmement dangereux pour l’homme et dégage une énorme chaleur. Dans les conditions normales, l’eau permet de bloquer les rayons, et de refroidir les barres de combustible usé. Des machines permettent en outre d'examiner les barres, de les déplacer, etc.
Le problème est que, suite à l'accident, le système de refroidissement a cessé de fonctionner, ce qui a d'abord produit l'évaporation de l'eau puis un incendie dans la piscine du réacteur n°4, produisant de nouvelles émissions de vapeurs radioactives. Les installations pour déplacer les barres ont été détruites. Aujourd'hui, plus aucun être humain ne peut s'approcher de ces piscines.
Une catastrophe imminente ?
Aujourd'hui, mardi 19 juin 2012, la radioactivité a tellement monté dans la piscine n°2 qu'il n'est plus possible de la mesurer. (Oui, vous avez bien lu : la radioactivité est
trop forte pour être mesurée). L'eau étant en train de s'évaporer, la chaleur et les radiations pourraient augmenter fortement et déclencher de nouveaux incendies.
La piscine n°4 est à 30 mètres au-dessus du sol et elle est exposée à l'air libre. La structure qui l'entourait et qui la soutenait est fortement endommagée. Si un nouveau tremblement de terre se produisait et qu'elle s'effondrait ou se mettait à fuir, un incendie radiologique catastrophique se produirait qui pourrait provoquer des émissions de Césium dix fois supérieures à Tchernobyl.
Il est de plus impossible de retirer ces barres radioactives car le système prévu a lui aussi été détruit lors du tsunami. Les retirer avec une grue provoquerait des émissions de radiations destructrices, des incendies et potentiellement aussi des explosions, qui ne peuvent être évités qu'en les maintenant en permanence dans l'eau, dans des structures renforcées (ce qui n'a encore jamais été pratiqué nulle part, ajoutant une forte dose d'imprévisibilité à l'opération).
Certains scientifiques pensent même que l'effondrement des piscines serait si grave que l'ensemble du Japon devrait être évacué. Cela représenterait 125 millions de réfugiés, ce qui causerait un désastre humanitaire sans précédent.
Une des plus grandes accumulations de radioactivité de la planète
Avant que vous ne balayiez de la main ces informations en les attribuant à quelque réseau antinucléaire extrémiste, voici ce qu'a déclaré Robert Alvarez, haut conseiller à l'environnement et à la sécurité nationale au ministère de l'énergie des Etats-Unis (Senior Policy Adviser to the Secretary for National Security and the Environment for the US Department of Energy) :
« Le total des stocks de combustible nucléaire usé sur le site de Fukushima Daichi contient près de la moitié du montant total du Césium 137 libéré par tous les essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère, Tchernobyl, et les usines de retraitement du monde entier (environ 270 000 000 curies ou 9,9 E +18 becquerels).
Il est important que le public comprenne que les réacteurs qui fonctionnent depuis des décennies, comme celui du site de Fukushima-Dai-Ichi, ont produit un des plus grandes accumulations de radioactivité de la planète. »
Les agences nucléaires du monde entier sont en alerte face à l'éventualité d'une nouvelle dégradation des réacteurs de Fukushima et des piscines de combustible usé, et des retombées radioactives qui s'ensuivraient. Une série d'explosions se produiraient qui entraîneraient des radiations dans l'ensemble de l'hémisphère nord, qu'il serait impossible de limiter.
Ne comptez pas sur les autorités pour vous « prendre en charge »
La morale de cette histoire est que, quoi que l'avenir nous réserve, ne comptez pas sur les autorités pour vous protéger, et encore moins pour vous « prendre en charge ».
Si, dans un domaine aussi crucial que la sûreté nucléaire, elles sont capables de laisser une telle catastrophe se produire (difficile de prétendre qu'au Japon, personne ne connaissait le risque de tremblements de terre et de tsunami...), et si elles sont capables de si mal gérer les conséquences, dites-vous bien qu'elles agissent de la même façon, et pire encore, dans d'autres domaines, y compris celui si crucial de la santé publique.
La réalité est que les experts des gouvernements ne sont tout simplement pas préoccupés, en premier lieu, par le bien public, et encore moins par votre cas particulier ou par le mien.
Pour eux, comme pour beaucoup de monde, la priorité est avant tout d'assurer leur propre avancement, leur propre prestige. Et s'il faut pour cela contribuer, de façon active ou passive, à mettre en place un système dangereux et inhumain, beaucoup, malheureusement, n'hésiteront pas. L'histoire l'a prouvé, et combien de fois.
Je vous tiendrai informé
Je continue à recevoir, au jour le jour, des informations exclusives de Fukushima. Vous serez donc parmi les premiers à être informé dès que ce produira un événement important, et sans que les informations ne passent par le filtre des agences officielles. Cela vous permettra, si vous le souhaitez, d'être parmi les premiers à réagir.
C'est ce qui fait, en général, toute la différence.
Bien à vous,
Jean-Marc Dupuis